Les vêtements furent des exutoires. Ils incarnaient ces couches, innombrables, séparant leurs deux peaux. Séparant leurs deux êtres, en manque.

Et le premier contact souffla comme un triomphe, ultime, ou une défaite terrassante. Jane ne put même pas dire la perfection entre ses bras. Sa douceur. Sa lumière. Elle ne put que penser, fort, submergée.

Elle ressentit une poésie éblouissante et les spasmes animaux dans son ventre. Et son souffle, absent, écrasé dans sa poitrine. Maura s'arqua contre elle, à demie nue, divine, ses lèvres entrouvertes contre sa peau en feu.

La rage palpita dans les veines de la brune et elle lui fit peur.

« Jane ? » interrogea la blonde, erratique.

Les yeux verts percèrent son âme et Jane ferma les yeux la mâchoire serrée.

« Il faut... il faut que je me calme une seconde » raisonna-t-elle, tendue. Maura, sous elle, se cambra davantage, ses cuisses ouvertes. Elle effleura son visage, pleine de désir.

« Et si je n'ai pas envie que tu te calmes ? »

Elle embrassa ses lèvres humides.

« Donne-moi ce que je veux Jane, enfin...».

Jane observa la larme dévaler le visage de la blonde.

« Au moins une fois... » supplia-t-elle.

Vaincue, elle lâcha prise.

Elle se perdit. Complètement.

Trembla. Se dispersa plusieurs fois, en cendre, en feu, en amour ou en fureur. Pour revenir, dure, en Maura. Fort.

L'imaginer pendant des années était une chose, faire l'amour à Maura Isles en était... une autre.

Il y avait évidemment le contact de son corps, mais il y avait aussi le reste. L'histoire. L'amour. La peine.

Tous mélangés dans cette perfection.

« Oh Jane »

Lorsque pour la première fois, Maura sentit la bouche de Jane sur ses seins, ses doigts s'enfoncèrent dans la chevelure noire. La langue sur ses pointes dures, cette sensation d'être aspirée dans sa bouche. Ses idées se noyèrent.

Pour mourir, oui, mourir, lorsque Jane commença à la prendre. Les doigts attendirent une seconde entre ses cuisses ouvertes. Puis ils la pénétrèrent. Et la danse la plus hypnotique de sa vie, convulsa dans son corps.

Le ravissement de sa peau contre une autre avait déjà quelque fois suspendu son souffle. Jamais il n'avait à ce point démuni son être. Ou suffoqué son esprit.

Maura sentit Jane s'accaparer de tout, sans même savoir. Sans même se rendre compte. Jane ne réalisait certainement pas et cette pensée rendit les yeux émeraudes humides. Avant que le plaisir ne dissolve le temps, encore, et ne l'emporte dans un nouveau tumulte.

Elle ondula ses hanches, ouvrit son corps, enfonça le contact aussi loin qu'elle put. Soumise, agressive parfois, elle oublia la pudeur qui aurait pu serrer sa poitrine. Pour être libre. Complètement libre. Ou pour la première fois de sa vie, complètement captive.

La puissance avait souvent couru sous sa peau, cette confiance, tranquille, l'avait initié à des plaisirs pluriels, fantasques. Formateurs. Pour n'être qu'elle, à cet instant, envahie par Jane. Et tout dans ce désordre prenait pourtant sens.
Sa voix perça le silence, commanda, supplia, susurra des paroles qu'elle avait l'habitude de dire pour séduire. Pour exciter et sentir un corps se tendre. Sans autre motif, dans cette étreinte, que la vérité, nue, qui s'extirpait d'elle. Enfin.

La jouissance explosa, encore et encore. Drainant et jaillissant même quand Maura ne l'attendait pas ou plus. Qu'importe.

Jane et Maura devaient se confondre, moites, liquides.

Et elle se dispersèrent, au milieu d'une fureur sans cesse renouvelée.

Jusqu'à ce que leurs corps leur semblent en lambeaux et incapables du moindre geste.

Et qu'elles s'endorment, en s'oubliant l'une dans l'autre.

N/A : avant dernier chapitre ^^