Titre : Des « vacances » en famille…

Titre : Chute (ou "Chut")

Auteur : Ashura-Kageboushi

Disclaimer : Les personnages appartiennent à Maki Murakami, pas à moi ^^

Genre : Au début, c'était censé être une yaoific. Mais euh… j'ai lu tellement de trucs débiles ces temps-ci que ça a dû m'influencer, et du coup… c'est devenu du grand n'importe quoi… ^^ Désolée ! =3

Nombre de mots : Environ 5000.

Notes : Je viens juste de finir de l'écrire, je suis désolée d'avoir mis aussi longtemps (j'ai une excuse : j'étais chez ma grand-mère (en vacances)). Ce chapitre n'est pas l'un de mes préférés, en fait, je ne l'aime pas vraiment. Mais bon. J'avais aussi dit qu'il y aurait une partie dans le jour la dernière fois.

Désolée, ce sera pour le chapitre suivant (mais combien de temps elle va durer, cette fiction ?), et cette fois, c'est vrai ! (Il faut juste que je n'oublie pas l'idée que j'ai ^^)

Merci pour tes corrections Chawia ! Ta carte (que tu m'as envoyée en pièce jointe) est vraiment magnifiiiiiiique ! x)

Il me semble qu'on m'a demandé plus de Shûichi/Eiri (je ne sais plus qui, désolééééée !). ^^ Moi, je veux bien, (d'ailleurs, Eiri a embrassé Shûichi vers le chapitre 13, non ?) mais je vous préviens : je préfère le Suguru/Hiro, donc ce n'est pas de ma faute si je le fais mal.

De toute façon, ce sera pour après, parce que ce chapitre tourne essentiellement autour de Tatsuha et Shûichi.

Il n'y a qu'un seul renvoi en bas de page cette fois-ci ! =D

Ah, oui, encore une chose, il y a pas mal de dialogues dans ce chapitre. En fait, je crois que c'est le seul dans lequel il y en a autant. Je précise aussi que je me suis ramassée à vélo le jour de Noël (beau cadeau, n'est-ce pas ?) et donc, si dedans, il y a des choses qui vous paraissent étranges (comme un Tatsuha un peu OCC par exemple), ce n'est pas ma faute. Et puis, je viens de me taper 35 exercices de maths en plus (je les ai comptés !)

J'arrête de vous ennuyer. ^^ Bonne lecture !


~ ArTiChAuT ~

Voyant que Ryûichi s'impatientait, Tatsuha se jeta à l'eau. Tant pis si cela le blessait.

― Tu te souviens de ce qu'a dit Seguchi ce matin ? Quand tu étais dans le parking et que j'ai… insulté une clôture… fit-il peu fièrement.

Les yeux du chanteur devinrent graves. Il serra un peu plus fort Kumagorô contre sa poitrine. Bien sûr qu'il se souvenait. Comment aurait-il pu oublier de telles paroles ?

― Il a dit… que tu me détestais de toute ton âme, que tu m'exécrais, et que tu ne pouvais pas me voir sans que des envies de meurtre n'envahissent ton esprit… Mais c'est pas vrai, hein ? C'est pas vrai ! continua-t-il plus haut, comme pour s'en persuader.

Tatsuha mit un doigt contre ses lèvres.

― Chuuuut ! Seguchi va se ramener, et il risque de me tuer si jamais il me voit ici !

― J'ai fermé la porte à clé, dit Ryûichi en haussant les épaules, comme si cela pouvait empêcher le machiavélique blond directeur de NG Productions de s'introduire dans sa chambre.

― Euh… là n'est pas le problème…

En effet, Tatsuha était totalement persuadé que son beau-frère pouvait passer où il voulait s'il le voulait. Il aurait été capable d'entrer dans un coffre-fort fermé par une porte en acier blindé avec scanner à œil, reconnaissance de la voix et code secret intégrés, protégé par une triple épaisseur de béton armé et une couche de matériau ignifuge pour la forme. Et il était sérieux. Une fois, sans que le brun ne sache comment, Tohma avait réussi à s'immiscer dans sa chambre – pourtant fermée à clé – et l'avait fait sursauter quand il avait surpris son reflet dans le miroir devant lequel il était agenouillé. Cet homme devait avoir des gènes en commun avec Arsène Lupin, voire avec le Père Noël. Enfin, en ce qui concernait sa capacité à pouvoir passer partout comme il le voulait. Tohma n'était pas vraiment quelqu'un qu'on pouvait qualifier comme souffrant d'embonpoint. Le jeune moine fut tiré de ses réflexions pour le moins « shûichiesques » – imaginer son beau-frère en costume de papa Noël avec une hotte sur le dos, une longue barbe blanche et faisant « HO HO HO » est quelque chose plutôt digne du chanteur de Bad Luck que de Tatsuha – par une frappe sur la tête de la part de Ryûichi.

― Tat-chan, j'attends toujours mes explications ! s'exclama celui-ci.

― Mais moins fort nom de D… euh… Nom d'un chien ! Seguchi va se ramener et…

TOC. TOC. TOC.

Les deux hommes se figèrent, et tournèrent lentement leur tête vers la porte. Tatsuha, qui s'était redressé et agrippé aux draps pour que ses yeux et ceux de Ryûichi soient bien face à face, se ratatina soudainement sur lui-même.

― Mais Tat-chan, si ça se trouve, ce n'est pas Tohma ! dit le chanteur dans une tentative désespérée de calmer son ami.

― Ryûichi ? fit une voix étouffée bien connue derrière le battant. C'est moi ! Je t'apporte ton aspirine !

― C'est gentil Tohma, mais je dors ! argua Ryûichi.

― Allons, allons, qu'est-ce que tu racontes ? Tu dors avec la lumière allumée maintenant ? Allez, va, laisse-moi entrer. Qu'est-ce que tu ne veux pas que je voie ? Ton nouveau pyjama rose à pompons avec des motifs en forme de lapins dessus ?

Tatsuha lança un regard affolé au chanteur. Il allait mourir. Mais avant, il serait certainement torturé. Enfermé dans une salle obscure dans les profondeurs inquiétantes de la société NG Productions, où personne ne pourrait entendre ses hurlements. Il allait mourir dans d'atroces souffrances. Quelle idée, mais quelle idée il avait eu de vouloir expliquer à son aîné que son beau-frère était un épouvantable menteur et qu'il ne le détestait pas du tout, au contraire ?

Soudain, le regard de Ryûichi s'éclaira. Il pointa la fenêtre avec un grand sourire.

Tatsuha s'en approcha et l'ouvrit. Le souffle du vent frais contre son visage le rasséréna légèrement. Il regarda alors en contrebas.

Une minuscule corniche d'une dizaine de centimètres de large se tenait environ un mètre plus bas que la fenêtre et courait le long du mur à dix mètres du sol. Un seul faux pas, et ce serait la mort assurée. Mais elle était sans doute préférable à la sentence que lui réserverait Tohma pour l'avoir surpris dans la chambre de son meilleur ami.

Le jeune moine n'hésita pas et enjamba le rebord. Il se retrouva le corps plaqué contre le mur.

― Décale-toi un peu ! Tu es tellement grand qu'on voit ta tête par la vitre !

― Je veux bien, mais je risque de tomber, moi ! s'exclama le brun.

― Chuuuuuut, Tat-chan !

Tatsuha se tut et se mût (1) prudemment sur la minuscule corniche, un pied après l'autre, à la manière d'un crabe handicapé.

― Ryûichi ? J'ouvre !

Sur ces mots, la porte de la chambre s'ouvrit avec fracas, et dans l'encadrement apparut Tohma, le sourire aux lèvres, un plateau dans les mains contenant un verre d'eau et des gélules à l'aspect étrange, la jambe levée.

Il avait visiblement défoncé la porte avec son pied, pour ne pas lâcher son chargement, si modeste soit-il.

Ryûichi se retourna brusquement et entreprit de refermer la fenêtre discrètement, en se plaquant violemment dessus.

― Ryûichi ? Qu'est-ce que tu faisais avec cette fenêtre ?

― Euuuuuh… fit le chanteur en cherchant rapidement une excuse crédible.

Après tout, il n'avait pas vraiment envie que Tatsuha se fasse torturer par son meilleur ami. Il aimait bien Tatsuha.

― Tu sais qu'il ne faut pas s'exposer au vent lorsqu'on a de la fièvre ? continua le blond sans prêter attention à son ami. Je parie que c'est pour cela que tu as fermé ta porte à clé : pour ne pas que je te surprenne… n'est-ce pas ?

Saisissant la perche que Tohma lui tendait sans s'en douter, Ryûichi baissa les yeux comme un petit garçon fautif, et déclara « qu'il ne le ferait plus, que c'était simplement pour regarder les étoiles ».

Le directeur de NG Productions soupira. Il était décidément incapable d'en vouloir à son ami.

― Ce n'est rien. Mais tu ne le feras plus, promis ?

Ryûichi acquiesça.

Tohma s'avança vers la fenêtre.

Le chanteur se crispa. Tatsuha cessa brusquement de respirer et se prépara à une mort lente et douloureuse.

Heureusement, le blond ne regarda pas à travers et la ferma tout simplement.

Puis il sortit une clé de sa poche.

― Euh… Tohma ? Qu'est-ce que…

― Je suis certain que tu n'es pas un menteur, Ryûichi, le coupa-t-il en agitant la clé dans sa main, mais je veux que tu te soignes. Pour cela, il faut minimiser les risques, et donc, je vais fermer cette fenêtre à clé pour ne pas que tu t'exposes encore une fois à ce vent néfaste à ta santé.

― Aaaah, euuuuuh… Mais c'est pas la peine ! Je ne le ferais pas ! Mais ne ferme pas la fenêtre, Tohmaaaa !

Etonné par la réaction du chanteur, Tohma haussa les sourcils.

― Bien sûr que si. On a un concert dans deux semaines à peine. Imagine que tu attrapes une angine ! Que ferions-nous, nous les Nittle Grasper, sans notre chanteur ? Et puis, Noriko me tuerait si elle apprenait que j'ai mal veillé sur toi, ajouta-t-il plus pour lui-même que pour Ryûichi.

― Mais…

― Bon, je vais me coucher, soigne-toi bien !

Sur ce, le directeur de NG Productions sortit de la chambre sans demander son reste, ferma la porte derrière lui, et laissa Ryûichi seul.

Ce dernier était désespéré.

Comment Tatsuha allait-il pouvoir rentrer ?

oOo

Tohma jubilait. Il avait enfin réussi à coincer cette saleté de moine pervers qui rôdait autour de son meilleur ami tel un loup autour d'appétissants agneaux. A présent, le « loup » avait deux solutions.

Soit il lâchait le mur contre lequel il se tenait plaqué et tombait dans le vide : à ce moment là, il y avait de grandes chances qu'il se casse la moitié des os et il serait hors de nuire pour un bon bout de temps, ou bien il se tuerait tout simplement, et là, il serait hors de nuire pour l'éternité ; soit il passait la nuit contre ce mur, sur cette minuscule corniche, mais ses muscles engourdis finiraient par lâcher à un moment où un autre, et cela reviendrait à la première solution.

Oui, Tohma jubilait vraiment.

― WAAAAAAAAAHHHH, NOOOOOOOOOOON ! TATSUHAAAAAAA !

Le cri le fit sursauter si fort qu'il brisa le verre qu'il tenait dans sa main. Il contempla un instant les débris de cristal qui scintillaient sur le sol et lui renvoyaient son image. A propos, qui donc avait poussé cet affreux hurlement ?

« Ryûichi… » pensa le claviériste. « C'était Ryûichi… Que se passe-t-il encore ? »

Le blond poussa un soupir et tourna les talons en direction de la chambre de son ami.

Il ouvrit la porte et le trouva en train de frapper la fenêtre de toute la force de ses poings. Heureusement, la vitre était blindée.

― Tohmaaaa ! C'est HORRIBLE ! hurla le chanteur en se tournant vers le blond, les yeux exorbités, un air de frayeur extrême plaqué sur son visage blanc comme un linge.

« Allons bon… » pensa l'insensible directeur de NG Productions.

― Quoi donc ? fit-il, souriant.

― Tatsuha a lâché prise et il est tombéééééé ! Ooooh, Kuma-chan, c'est ma faute ! C'est ma faute ! Je n'aurais jamais dû lui dire d'aller dehors ! répondit Ryûichi en s'adressant au lapin en peluche rose qui ne le quittait jamais d'une semelle.

― Oh. Comme c'est fâcheux, dit le blond sur un ton qui montrait bien qu'il n'en pensait strictement rien.

― Qu'est-ce qu'on va faire, Tohma ? demanda Ryûichi, inquiet.

Les yeux du claviériste des Nittle Grasper scintillèrent. Il joignit ses mains gantées et esquissa un sourire carnassier.

― Mais rien, voyons. Rien.

Le regard choqué que lui lança le chanteur le suivit toute sa vie.

oOo

― Aïe ! Mais qu'est-ce que…

― Shûichi ?

― Tatsuha ?

Le jeune moine se redressa et regarda en dessous de lui. Il se tenait assis sur une sorte de bosse marron verdâtre dont la texture évoquait à la fois le cuir usé depuis plusieurs siècles et le tissu détrempé, et dont l'odeur de vieille bouse de vache, associée à d'autres senteurs qu'il n'arrivait pas à déterminer, était tout simplement assez abominable. Puis il regarda mieux, et s'aperçut que la bosse bougeait.

― Tatsuha, t'es trop lourd, j'étouffe.

Tatsuha se pencha encore un peu pour voir d'où provenait le son. Il entendait la voix de Shûichi, mais curieusement, il ne parvenait pas à trouver son propriétaire. Il était pourtant certain qu'elle venait de sous lui.

Puis il vit… un bras. Un bras ? Etonné, il se souleva de l'étrange monticule, qui soupira.

― C'est pas trop tôt !

La chose se redressa lentement. Tatsuha commençait à devenir nerveux. Non seulement son beau-frère avait tenté de l'assassiner – enfin, ça, il n'en avait aucune preuve, mais s'il n'était pas entré dix mille fois dans la chambre de Ryûichi, Tatsuha n'aurait jamais été obligé de se cacher sur une toute petite corniche de rien du tout sous la fenêtre, et il ne serait pas tombé –, il avait fait une chute d'au moins dix mètres et en avait réchappé en atterrissant sur cette étrange chose, qui maintenant parlait avec la voix du chanteur aux cheveux roses et bougeait ! En plus, il faisait nuit et c'était la pleine lune.

Shûichi se changeait-il en tas dégoûtant et puant lors de la pleine lune, un peu à la manière des loups garous, sauf que lui, c'était en un truc bizarre ? Tatsuha secoua la tête pour remettre ses idées en place. Non, ça, c'était justement le genre de chose que le chanteur serait capable de penser. Il n'allait pas se mettre à son niveau ! Un seul Shûichi, c'était suffisant.

― Euh… Ca va, Tatsuha ?

L'adolescent leva les yeux et tomba nez à nez avec la jolie petite bouille ronde surmontée de cheveux roses du chanteur de Bad Luck. Puis il regarda derrière le chanteur, et vit qu'en réalité, la chose qu'il avait prise pour un tas immonde était un énorme sac à dos immonde.

― Tu pars en rando ?

― Hein ? fit Shûichi, n'ayant pas saisi le sens de la question de Tatsuha.

Ce dernier décida de faire plus simple.

― Qu'est-ce que tu fabriques à minuit passé dans le jardin avec un truc énorme sur le dos ?

― Ca s'appelle un sac à dos, précisa Shûichi. Il est beau, hein ? Il appartenait à mon grand-père.

« Ah, d'accord… Ca explique pourquoi il parait si usé… » songea Tatsuha. « S'il est passé par trois générations de Shindô, évidemment… »

― Euh… oui, très beau, balbutia le moine qui n'en pensait pas un mot.

Après tout, le chanteur avait des goûts déjà spéciaux en matière de vêtements – le manteau jaune fluo, passe encore, mais le short allemand vert kaki associé au sweat orange vif qui jurait atrocement avec ses cheveux… –, alors le fait qu'il apprécie un sac à dos aussi moche n'étonnait pas vraiment Tatsuha. Ce qui l'intriguait, en revanche, c'était pourquoi il se baladait en pleine nuit avec ce sac à dos.

― Mais qu'est-ce que tu vas faire avec ?

― Avec le sac ? Ben, je vais transporter des affaires.

« D'accord, alors déjà, un Shûichi en temps normal, c'est dur, mais si en plus il fait exprès de répondre en me prenant pour un imbécile… »

― Et tu vas , avec ce fichu sac ? demanda patiemment Tatsuha.

― Dans la forêt ! dit le chanteur, comme si c'était l'évidence même.

― Dans la forêt… répéta l'adolescent. D'accord. Et tu vas faire quoi en forêt ? Cueillir des champignons ?

― Pas des champignons, mais tu y es presque ! C'est pour faire une surprise à Yuki, fit-il avec un clin d'œil.

― Une surprise à mon frère ? Dans la forêt ? Je ne suis pas sûr qu'il apprécie… dit pensivement Tatsuha, plus pour lui-même que pour Shûichi.

― Bien sûr qu'il appréciera ! s'offusqua la boule rose. Il aime les edelweiss, non ?

― Tu vas aller en forêt… pour cueillir des edelweiss ?

― Ben oui.

A ce moment là, Tatsuha se demanda si le cas du chanteur était vraiment désespéré, ou s'il restait encore un peu d'espoir.

― Dis-moi… Ton manque de culture générale, c'est de naissance ou c'est simplement parce que tu n'écoutais pas en cours ?

― Hein ?

― Ben tu sais… les edelweiss, ça pousse en montagne, et en plus, il est interdit de les cueillir.

― Ah bon ? Oh, mince…

L'air déçu du chanteur était tellement irrésistible que Tatsuha se mit à rire bêtement.

― Allez viens, on rentre.

oOo

Arrivés dans le vestibule, Shûichi attrapa soudain le bras de Tatsuha.

― Aaaahhhh, mais ça va pas ? s'exclama celui-ci, qui, ne s'y attendant pas, s'était payé la peur de sa vie.

― Chut ! On va réveiller tout le monde !

Tatsuha leva les yeux au ciel et commença à avancer prudemment dans le noir.

PAF.

― Aïe ! Saleté !

Tatsuha se retourna d'un bond.

― Mais tais-toi ! chuchota-t-il. C'est pas toi qui disait qu'on allait réveiller tout le monde ?

Le chanteur lui lança un regard de reproche.

― C'est pas ma faute si Fujisaki laisse traîner ses synthés un peu partout dans la maison !

― Non, mais ce n'est pas une raison pour te cogner dedans !

― Tu peux parler ! Qui est-ce qui m'est tombé dessus sans prévenir tout à l'heure ? Tu m'as fait super mal !

― Désolé.

Les deux jeunes gens continuèrent à tâtonner dans le noir le plus complet.

― Tatsuha, il est où l'escalier ?

L'intéressé haussa les épaules.

― Aucune idée. Faut chercher.

PAF.

― Aïe ! C'est bon, cherche plus, je l'ai trouvé, fit le chanteur en se tenant le mollet droit.

― Mais c'est pas vrai ! Tu fais exprès d'être aussi bruyant ou quoi ? Tu as envie de réveiller Seguchi ? Il a déjà essayer de m'assassiner tout à l'heure, alors imagine s'il me retrouve ici et bien vivant en train de crapahuter dans son salon, dans le noir et avec toi ?

― On serait morts ?

Pour une fois, l'hypothèse émise par Shûichi était complètement exacte et bourrée de bon sens. Et pour éviter la réalisation de cette hypothèse plus que désagréable à leurs yeux, les deux jeunes hommes s'escrimèrent à monter l'escalier silencieusement.

Soudain, une marche grinça.

― Shûichi ! le réprimanda Tatsuha

― Quoi ? J'ai rien fait !

― Ce n'est pas toi qui as fait grincer l'escalier ?

― Non. Je croyais que c'était toi.

― Non.

Ils s'immobilisèrent.

― Tu penses que c'est Seguchi ? chuchota Shûichi à l'oreille de son ami.

Pour toute réponse, Tatsuha posa un doigt sur ses lèvres. Un nouveau grincement se fit entendre.

La tension dans l'escalier devenait presque palpable.

― Tatsuha, tu arrives à discerner qui c'est ?

Les nerfs de Tatsuha lâchèrent.

― Mais la ferme à la fin ! s'exclama-t-il. Il va t'entendre !

― Ben maintenant que tu as hurlé, c'est sûr qu'il t'a entendu, lui fit judicieusement remarquer Shûichi.

― Tatsuha ? Shûichi ?

Les deux jeunes hommes se retournèrent d'un bond. La lumière s'alluma.

― Hiro ? Qu'est-ce que tu fais debout à cette heure ? s'étonna Shûichi.

L'intéressé regarda le gros sac à dos de son ami avec scepticisme.

― Ce serait plutôt à moi de poser cette question. Je suis descendu après avoir entendu Sakuma hurler, il y a bien cinq minutes, et j'ai entendu des voix dans le jardin. Qu'est-ce que vous foutiez ?

Tatsuha monta quelques marches et se retrouva juste à côté du guitariste. Pendant que le chanteur racontait sa vie en disant qu'il « était descendu cueillir des edelweiss dans la forêt pour Yuki, et que Tatsuha lui était tombé dessus, et que ça lui avait fait super mal », etc., le jeune moine se pencha vers l'oreille de Hiroshi.

― Tu ne cherchais pas Fujisaki, plutôt ? lui demanda-t-il en murmurant.

Le guitariste devint aussi rouge qu'une écrevisse, il éteint précipitamment la lumière en s'exclamant « Mais pas du tout ! Qu'est-ce qui te fait croire ça ? ».

― Oh, tu trouves aussi que le bleu va bien à Yuki, Hiro ?

― Hein ?

― Je viens de dire « Yuki ne met jamais le pull bleu que je lui ait offert, c'est sûrement parce qu'il trouve que ça ne lui va pas », et tu as répondu « mais pas du tout, qu'est-ce qui te fait croire ça », répéta le chanteur.

― Euh, oui, c'est exactement ce que je pensais. On monte ?

Les trois jeunes gens étant arrivés au palier du premier étage, Tatsuha secoua négativement la tête.

― Non, je vais voir Sakuma-san. Il faut qu'il sache que je ne suis pas mort et que son meilleur ami est une vipère de la pire espèce.

― Ok. A demain alors.

― Bonne nuit Tatsuha !

Les deux meilleurs amis s'éloignèrent dans la pénombre de l'escalier qui menait au deuxième étage.

oOo

Tatsuha se mût (1) de nouveau dans le long couloir, passa devant la porte de la chambre de son beau-frère en silence, marcha sur des débris de verre – ce qui fit des petits crissements et n'apaisa pas la nervosité du moine –, longea le mur tel un assassin, et arriva devant la porte de son idole. La lumière était allumée.

Ryûichi était assis sur son lit, la tête basse, pendant que Tohma faisait les cent pas devant lui.

A un moment, il passa si près de la porte que Tatsuha se rejeta en arrière, de crainte d'être vu.

Puis le chanteur leva la tête pour demander à son ami d'arrêter de tournicoter ainsi devant lui, ça lui donnait la nausée. Il s'interrompit en plein milieu de sa phrase et un grand sourire heureux se peignit sur son visage.

Tohma le regarda étrangement et suivit la direction du regard du chanteur.

Avant qu'il ait pu faire quoi que ce soit, celui-ci avait déjà bondi vers la porte. Il l'ouvrit en grand et sauta au cou de Tatsuha, qui tomba par terre sous le choc.

― Tatsuha ! Tu es vivant ! Tu es viv… Tatsuha ?

Ryûichi baissa les yeux vers le jeune moine qui, étendu sur le sol, ne bougeait pas d'un pouce, les yeux dans le vague, un sourire niais sur le visage, une seule pensée hantant son esprit : « Sakuma-san m'a sauté dessus… Sakuma-san m'a sauté dessus… Sakuma-san… ».

― Tat-chan ? Tu vas bien ? s'inquiéta Ryûichi.

― Il va très bien, le rassura Tohma. Ecarte toi, tu vas voir comme il va bien.

Docile, Ryûichi se souleva de Tatsuha, qui avait toujours le même sourire sur les lèvres, et qui semblait ne plus se rendre compte de rien.

Machiavélique, Tohma le releva et le prit dans ses bras. Tatsuha, toujours souriant, s'apprêta à refermer ses bras sur son beau-frère, lorsqu'il s'aperçut que ce n'était pas Ryûichi qui se serrait contre lui.

Il hurla et se jeta en arrière.

― Non mais ça va pas ?

― Je te demande pardon ?

― Je veux juste dire à Sakuma-san que je vais bien et que je ne le déteste pas, et… et… urgh, fit Tatsuha en arborant une moue dégoûtée et en pointant le directeur de NG Productions du doigt.

Tohma s'apprêta à répliquer, lorsque Ryûichi s'interposa entre eux deux.

― Ah, non ! Vous n'allez pas vous disputer ! Alors voilà, on va se faire un câlin tous les trois, et…

― Oh non, Sakuma-san, s'il vous plaît…

― Ryû-chan, je ne suis pas sûr que ce soit absolument nécés…

― Tout de suite ! s'exclama Ryûichi.

Incapables de résister à un Ryûichi en colère, les deux beaux-frères s'avancèrent l'un vers l'autres, et le chanteur les prit dans ses bras.

― Ben voilà ! fit-il, joyeux.

― Ouais, ben c'est vraiment pour vous faire plaisir, Sakuma-san.

― Rhôôôô, Tat-chan, ne dis pas ça ! C'est méchant pour Tohma !

― Non non, assura l'intéressé, je ressens exactement la même chose.

― Tohma ! s'offusqua Ryûichi.

― Oui ?

― Vous êtes vraiment impossibles tous les deux ! s'exclama le chanteur.

― On peut peut-être se détacher maintenant ? demanda Tatsuha.

Avant que Ryûichi ne réponde, un flash blanc illumina la pièce. Les trois hommes se retournèrent d'un bond.

~ ArTiChAuT ~


(1) Il s'agit du verbe « se mouvoir » au passé simple. x)

oOo

Aaaaah, ce flash, qu'était-ce donc ? Les martiens qui débarquent ? Une ampoule qui pète ? Un kangourou en costume de lapin qui a mangé trop de vers luisants ? Un paparazzi ?

Vous le saurez dans le prochain épisode...

Non, en fait, ça fait trop série télé si je dis ça... ^^' Désolée, je me tape un délire toute seule, mais j'ai l'habitude, ne vous en faites pas.

Oui, et donc, je vous le JURE sur la tête de Suguru (Suguru : Pourquoi moi ? *désespéré*) - la ferme, toi - que dans le prochain chapitre, je ne m'égare pas et je le fais DANS LE JOUR.

Par contre, soit il sera plus petit, soit il sera plus long. On verra bien.

Sur ce, bonnes vacances (à ceux qui en ont ^^), joyeux Noël (en retard), et bonne année ! (en avance)