Bonjour , chers lecteurs,
Je remercie tous ceux qui ont lu et suivi cette fiction et y ont posté leurs commentaires,leurs interrogations, leur ressenti.
Dans ce chapitre, Hermione laisse libre cours à sa colère contre l'attitude du professeur de potions par rapport au divorce des Weasley. Elle aura une conversation très sérieuse avec l'homme au nez crochu.
Bonne lecture,
26 janvier 1992, Salle commune des Gryffondor, 10 h00
Hermione était furieuse. Le professeur de potions avait osé dire à Ron que le divorce de ses parents était la meilleure chose qui pouvait leur arriver. Il avait entièrement tort, de son point de vue.
En effet, les conséquences fâcheuses de ce divorce allait être que les parents devraient se partager la garde des enfants. Tant qu'ils étaient à Poudlard ou majeurs, cela ne posait aucun problème, mais pour ceux qui étaient mineurs,pendant les vacances, cela allait être ne parlaient pas du cas de Ginny qui commençait à faire une dépression nerveuse.
Elle réalisait à présent la chance qu'elle avait d'avoir une famille harmonieuse et unie, et se promit de faire tout son possible pour aider Ron à supporter cette n'avait pas besoin d'aider Harry à le faire, parce qu'il écoutait attentivement ce que lui disait son meilleur ami.
Bureau du professeur des potions. 10h00
Severus, quant à lui, avait d'autres soucis en tête. Premièrement, il avait réussi à identifier le meurtrier de Sophie Rope, qui n'était autre que Quirrell. De ce côté,ses intuitions s'étaient révélées justes. Or, il avait du prévenir les parents, qui avaient menacé de faire un procès à l'école, pour le meurtre.
"-Nous pensions que Poudlard était le lieu le plus sûr de l'univers sorcier, s'étaient-ils indignés devant Snape, environ deux jours après la nouvelle de la mort de la fillette.
Par rapport à Quirrell, il ne savait que faire. Certes, il savait que c'était lui qui avait assassiné l'enfant, et il ne le lui pardonnait pas. Cependant, il fallait être prudent. Dumbledore avait admis Quirrell à Poudlard pour enseigner la Défense contre les Forces du Mal. Si jamais on découvrait que Quirrell était le coupable,le ministère de la Magie demanderait qu'une enquête soit faite, à Poudlard. Et là, la toute-puissance de Dumbledore serait remise en question.
Cette situation serait alors inquiétante parce que Severus, en tant qu'ancien Mangemort, dépendait de l'appui de Dumbledore. Si ce soutien venait à être remis en question, Severus serait contraint d'effectuer la peine à Azkaban qu'il aurait dû faire si Dumbledore ne s'était porté garant de lui. Il serait alors traité en réprouvé, exclu de la société sorcière, alors qu'il avait dû déployer tous les efforts possibles pour s'y intégrer.
Il était alors d'une humeur singulièrement massacrante. Devoir dépendre de quelqu'un qu'on horripile n'est pas de tout repos.
Cours de potions, 27 janvier 1992,
"-Miss Granger, je vous ai dit que je ne me mêlais pas de cette affaire. Dix points en moins pour Gryffondor, lança Severus d'un ton sec, lorsqu' Hermione vint le voir à la fin du cours.
Elle était seule, à présent, avec lui, dans le vaste cachot noir de poussière. Elle s'était permis de lui dire qu'elle avait trouvé son attitude dans le bureau du professeur McGonagall absolument révoltante. Il n'avait pas à tirer son plaisir des malheurs qui s'abattaient sur autrui.
"-Dans ce cas, puis-je vous demander, pourquoi avez-vous demandé à Ron de ...d'écouter ce que Percy et moi disions, plutôt que ce que... Harry... "
Elle avait perdu le fil de sa pensée. Il la regardait à présent, de ses yeux noirs profonds.
"-Je vous ai dit en début d'année, Miss Granger, que Harry Potter n'est pas la personne la plus recommandable. Il...
A ce moment là, Hermione ne put tenir davantage. Il exagérait. Harry Potter n'était pas un monstre.
"-Vous savez, professeur, rétorqua-t-elle. Harry n'est pas le bellâtre arrogant que vous imaginez. Il a souffert durant toute son enfance, à Privet Drive, vous avez pu le constater. Alors, vous devriez cesser de vous acharner sur lui."
Elle s'interrompit, voyant le regard furieux que lui adressait le maître des potions, qui était devenu affreusement pâle.
Elle eut soudain peur. Allait-il la gifler, comme il l'avait fait quelques mois auparavant?
Il se contenta de la fusiller du regard, et commença d'un ton velouté qui n'était pas dénué d'ironie:
"-Quel revirement de situation spectaculaire, Miss Granger. Vous prenez la défense de deux garçons que vous vouliez envoûter et tuer il y a quelques mois. Je dois avouer que je suis surpris de voir une telle attitude."
Elle le fixa du regard, l'air hostile. Elle le savait, oui. Elle avait en effet voulu tuer Ron et envoûter Harry.
Mais à cette époque, elle était encore une gamine rancunière, amère, et déçue de voir que la scolarité à Poudlard ne lui avait pas apporté tous les avantages qu'elle souhaitait.
Elle regarda l'homme en face d'elle, les lèvres pincées. Se pouvait-il qu'il eût eu une enfance?
il lui semblait déjà tellement sombre, tellement aguerri par la vie, et par les années. Elle ne savait pas pourquoi mais elle n'arrivait pas à se l'imaginer en enfant. Elle avait l'impression qu'il était né adulte, avec toute les misères et le poids des responsabilités du monde sur son dos.
Soudain, elle l'entendit dire, d'une voix sèche:
"-Je ne sais pas. Miss. Pour vous dire, je ne sais pas."
Elle faillit sursauter. Pourquoi lui disait-il cela, justement?
Puis il reprit d'une voix sévère, celle de l'enseignant qui leur donnait les instructions à suivre.
"-Maintenant, Miss Granger, je vais vous confier une mission de la plus haute importance. Vous devez soutenir Weasley autant que possible, afin de le mettre de notre côté. Pour Potter, c'est déjà perdu, il est manipulé par Albus Dumbledore."
"-Le directeur. Co..."
"-Miss Granger, le directeur n'est qu'un homme, avec ses atouts, ses faiblesses, sa part de lumière et sa part d'ombre. Il est vrai que je suis sous sa protection. Mais on peut être sous la protection de quelqu'un sans toutefois adhérer entièrement à ses idées et à sa façon de gérer les choses. Il est nécessaire de maintenir cette distance. Si on ne le fait pas, on demeure esclave de cet individu."
Les paroles qu'il avait prononcées avaient de quoi faire réfléchir. Le cerveau d'Hermione tournait à cent à l'heure, à présent.
"-Molly Weasley est en admiration aveugle devant lui. Pour le cas de son mari, je dois vous avouer que je ne sais pas. Au niveau des frères aînés, je suppose qu'ils doivent respecter profondément ce manitou suprême, continua Severus d'une voix chargée de mépris. Par contre, j'ai remarqué que Perceval prend de la distance par rapport à Dumbledore. Il se méfie de sa mère et du directeur. En outre, il sera majeur dans deux ans, ou plutôt un an et demi. C'est pourquoi je le pense de meilleur conseil pour guider le plus jeune."
Hermione était éberluée. Comment ce professeur faisait-il pour en savoir autant sur la famille Weasley? Elle avait l'impression qu'il lisait dans les pensées.
"-Pourquoi vous-mêlez-vous autant des Gryffondor? Vous vous invitez aussi dans cette affaire..."
"-Je ne m'invite pas dans cette affaire. Je reste en dehors de tout cela. Je vous indique la marche à suivre, et les gens sur qui vous pouvez compter dans votre maison. L'avez-vous compris, petite..."
"-Oui, répondit Hermione avant qu'il ait eu le temps de l'insulter.
"-Vous devez empêcher Ron et ses frères de se laisser aveugler par les promesses du directeur. Beaucoup de gens ont payé le prix fort pour y avoir cru. Pour le cas de la petite dernière, j'ai l'impression qu'elle est déjà envoûtée, malheureusement, comme Potter. Ne vous préoccupez pas d'eux et tentez de mettre de votre côté les quatre Weasley qui étudient à Poudlard.
Hermione était estomaquée. A quoi jouait Severus Snape? Cherchait-il à rassembler des partisans pour Lord Voldemort? Dans ce cas, il pouvait parler , elle ne le rejoindrait pas...
"-Vous faites erreur, lui dit-il, lui laissant comprendre qu'il avait lu dans ses pensées. Je ne soutiens pas le Seigneur des Ténèbres, bien que j'aie été l'un de ses anciens partisans. Cependant, nous devons nous méfier d'Albus Dumbledore. Cet homme occulte volontairement la part d'ombre qu'il porte en lui."
Hermione acquiesça d'un ton bref. Elle ne savait plus ce qu'elle pensait à propos du professeur de potions. Elle n'était pas sûre de l'aimer toujours. De toute façon, elle savait qu'il en avait aimé une autre, plus profondément qu'elle-même. Qui était-elle pour aimer un tel individu?
Cependant, elle ne pouvait pas se l'expliquer, elle éprouvait une profonde attirance pour lui. Le problème était qu'elle n'arrivait pas à déterminer la nature de cette attirance. Était-elle amoureuse, ou pire, revendiquait-elle inconsciemment un statut privilégié dans le cœur de la chauve-souris des cachots?
Elle avait de plus en plus l'impression que leur relation évoluait vers quelque chose de plus fort, comme s'il s'agissait d'une relation père-fille.
En effet, elle le respectait et le craignait, conformément à l'image traditionnelle du Père véhiculée par les représentations collectives.
Soudain, elle s'aperçut que Severus Snape la regardait, attentivement, une lueur blanche au fond de ses yeux noirs, l'air grave.
Elle fut prise de panique. Pourvu, pourvu qu'il n'ait pas regardé dans ses pensées. Il ne fallait surtout pas qu'il découvre qu'elle l'imaginait comme un substitut paternel. De toute façon, elle n'en avait pas besoin, tentait-elle de se avait déjà un père.
"-Miss Granger, bien que votre compagnie m'ait été fort utile, je vais vous demander de me laisser. Je vous souhaite un bon week-end. Vous devez avoir faim, alors allez à la Grande Salle! Vite."
Il avait parlé d'une voix grave, sérieuse. Elle partit aussitôt, perdue dans un tourbillon de pensées et de questions sans réponses.
Pourquoi avait-t-il agi ainsi? Serait-il...? Pourquoi?
Elle ne parvenait plus à mettre de mots sur ce questionnement. Il faudrait qu'elle veille à sa santé; Dès le lendemain, elle irait voir Mme Pomfresh, l'infirmière et lui demanderait quelques potions contre le surmenage.
Même s'il ne voulait pas l'avouer, Severus était terrifié de ce qu'il avait vu dans les pensées d'Hermione. La petite le voyait comme un substitut du père. Elle n'allait pas bien, se disait-il. Il n'avait rien d'un père. Il avait eu d'ailleurs de fort mauvaises expériences dans ce domaine.
Il avait de plus en plus l'impression que son destin se liait à celui d'Hermione, comme deux fils entrelacés. Toutefois, pensait-il, elle ne devrait pas rêver aussi haut. Il resterait fidèle au souvenir de Lily et ne le tromperait sous aucun prétexte. Hermione n'aurait jamais la place qui avait été dévolue à Lily dans son cœur.
Néanmoins, il n'était pas impossible qu'il tisse une relation d'un nouveau genre avec elle. Car il devait l'avouer, elle l'attirait profondément aussi. Or, il ne s'agissait pas de la même attirance.
Il espérait profondément que, le temps passant,il verrait plus clair dans cette affaire.
Pour le moment, la nuit était noire, mais à un moment l'aube se lèverait, et il espérait de toute ses forces qu'elle ne l'aveuglerait pas. Il avait besoin de conserver son autocontrôle et sa capacité de discernement.
Alors, chers lecteurs, comment avez-vous trouvé ce chapitre?
Je me ferai un plaisir de répondre à vos reviews ( pour peu qu'elles soient construites) et vos questions.
A la prochaine,
Mononoke-chan8
