[II] Chapitre 9 : Envers et contre tout


Depuis quelques semaines, Izuku rentrait de plus en plus tard.

Katsuki l'avait remarqué et n'était pas tranquille. Les cernes visibles sous les yeux d'émeraudes ne le rassurait guère. Son instinct le martelait que son ancienne victime s'était encore fourrée dans une situation potentiellement risquée.

Ils parlaient finalement assez peu ensemble, se voyaient à peine. Katsuki sortait travailler le matin ces temps-ci, tandis que Deku rentrait et repartait aussi rapidement qu'il était venu. Le soir venu, le cendré mangeait souvent seul, l'ami d'enfance partit vagabonder il ne savait où. Il ne voulait pas savoir, n'en avait pas le droit. Selon leur accord tacite, l'un ne se mêlait pas des affaires de l'autre. Bien que la tentation était grande, il avait résisté à l'envie de le suivre pour savoir ce que le tacheté cachait.

Il fut surpris de s'apercevoir qu'en fin de compte, le rôle d'Izuku au sein de l'unité se rapprochait plus à celui de consultant, que membre à part entière. Il n'avait d'ailleurs pas menti sur les objectifs de sa venue : Les Battle avaient cessé et les membres présent étaient épié dans leurs faits et gestes, en toute discrétion, cependant.

L'explosif remarqua dans le même temps, plusieurs changements dans le caractère du vert. Un en particulier était le catalyseur de son inquiétude : Son agressivité. Ce fut pour lui l'indice ultime de cette cachotterie. Deku avait beau avoir changé jusqu'à la couleur de ses cheveux, il ne rechignait jamais, les premières semaines de son arrivée, quand quelqu'un lui demandait de l'aide pour comprendre telle chose en rapport avec son domaine d'expertise. Petit à petit, cela changea.

Il ne criait pas mais son énergie sombre et négative en disait assez. Quelque chose ou quelqu'un le mettait à fleur de peau, sans cesse sur ses gardes, tendu et cet étrangeté repoussait la plupart des membres qui finirent par ne plus s'en approcher.

Katsuki aurait aimé en parler à All Might avant de se raviser. Même s'il était au courant, il doutait être mis dans la confidence. Il voulait à tout prix éviter tout contact avec celui qu'il surnommait "la baguette" ; avec lui, seulement avec lui, il se sentait redevenir cet adolescent explosif et belliqueux. Il détestait sa tête, la forme de son visage, son rire... Absolument Tout. Et il savait pertinemment pourquoi. Il avait été avec Deku ces cinq dernières années, vu des choses de lui, lesquelles seraient toujours inaccessible pour celui qui a été abandonné ; ils ne pourraient pas rattraper ce maudit chiffre, cela même s'ils se racontaient tout, idée que le scientifique semblait finalement avoir abandonnée, tout comme celle de dormir avec lui, dès le lendemain de leur nuit ensemble.

Un soir où Izuku était rentrer plus tôt que d'habitude, en passant devant la salle de bain, Katsuki entendit des gémissements plaintifs. En état d'alerte, oreilles tendues, il s'approcha de la porte et l'ouvrit. Il vit, les mains appuyées sur le mur carrelé de la douche, son ancien amour de dos, tête basse, l'eau lui tombant dessus à pleine puissance. De loin, Katsuki eut l'impression qu'il cherchait à se noyer.

Les gémissements ne cessaient pas et en le regardant plus en détail, Katsuki en comprit la cause.

Son dos était couvert de coupures ouvertes et fines d'où le sang coulait encore.

- Deku, putain ! cria-t-il, les yeux exorbités par le choc.

Katsuki se fichait bien à cet instant de surprendre Izuku, totalement dénudé sous la douche. Il avait vu une pelleté d'hommes nu, celui en face de lui ne le troublait pas plus que ça pour le moment, esprit concentré sur les lignes gravées sur la peau du haut de la colonne. Aussitôt, il avait oublié qu'il s'était promis de ne pas chercher à savoir ce que l'autre faisait, se questionnant déjà sur leurs provenance et surtout qui, avait bien pu faire une chose pareille.

Sans se retourner, Izuku murmura :

- Fous-moi la paix.

Le sang de l'explosif ne fit qu'un tour et il s'approcha à pas contrariés de lui. Seule la porte de la cabine de douche les séparait.

- Qui t'a fait ça ?

- C'est pas tes affaires, asséna Izuku en grimaçant.

Le blond serra les poings.

- Dis-moi qui t'a fait ça ! exigea-t-il, plus fort qu'il ne l'aurait voulu.

Brusquement, Izuku se retourna. Un visage empli de douleur mêlé d'agacement avait soudé son regard au sien.

- Je t'ai dit que c'était pas tes affaires !

Il avait crié. Interdit quelques secondes, Katsuki ne fit pas un geste. Quand il eût recouvré l'usage de ses fonctions motrices, il ouvrit la porte, rentra tout habillé dedans, se saisissant des bras du colocataire.

- Qu'est-ce que tu me caches ? demanda-t-il avec fougue.

Izuku tenta de se débattre mais la fatigue, la douleur rendaient ses mouvements paresseux. Il finit par ne plus bouger et offrit à la place un sourire indéfinissable à son oppresseur trempé, lui et ses vêtements.

Les lèvres restaient scellées, la voix ne sortait pas non plus.

Katsuki retenta :

- C'est quoi, ces coupures ?

Il attendit encore et encore, les lèvres d'Izuku hermétiquement closes, se contentant d'être bizarrement étirées.

Ils se regardèrent de longues minutes, la température de l'eau chaude s'infiltrant petit à petit dans leur propre corps. Les cheveux mouillés, les yeux brillants, les lèvres entrouvertes, ce sourire qui se faisait tendancieux...

Barre-toi. Vite, hurla cette voix.

Il ferma les yeux un instant, essayant de calmer les battements de son cœur, cette excitation qui le faisait vibrer de l'intérieur, lâcha sa prise, rouvrit ses paupières et se pencha vers lui, bras étendu pour fermer l'eau.

- Tu t'es lavé, ça y est ? questionna-t-il d'une voix plus calme, sors et attends-moi dans la chambre. J'arrive avec la trousse de soin.

Il n'aurait pas dû lui demander de cette façon, Izuku ne dira rien de toute évidence. C'était à lui de comprendre de quoi il retournait. Maintenant qu'il avait vu ça, il allait devoir investiguer, seul.

Sans doute à cause de la fatigue, Izuku sembla se résigner et passa devant lui en évitant soigneusement le moindre contact visuel. Après s'être séché, nullement perturbé par le feu vacillant sous le souffle froid de l'inquiétude qui l'entourait, il sortit.

Avec un soupir las, Katsuki retira ses vêtements mouillés qu'il mit à sécher...

Après une douche expresse et froide, il se changea puis alla retrouver Deku allongé sur le ventre, vêtu d'un simple jean de couleur noir. Ses plaies avaient arrêtées de saigner, la douleur qui s'était lu plus tôt sur son visage avait été remplacée par une expression somnolente, tête posée sur ses mains croisées.

Katsuki déposa le kit au sol, prit place sur le bord du lit et entreprit de commencer. Dans le silence, Izuku apprécia les gestes délicat de son ami. Une telle douceur venant de lui était étonnante... prudent, sensible dans sa façon de faire, comme si...

Il craignait de lui faire mal ?

- Qu'est-ce qu'il y a de drôle ? Demanda Katsuki en entendant le rire léger du blessé.

- J'étais juste en train de me dire qu'il y a encore pas si longtemps, tu me donnais des coups et là, tu panses mes blessures, ça fait drôle...

Mal à l'aise, le soigneur se racla la gorge.

- Je me suis excusé pour ça, tu te rappelles ?

- Comme si tout pouvait s'effacer avec des excuses... Soupira Izuku.

Katsuki la senti, la pointe de reproche dans sa voix mais ne s'en formalisa pas.

Lui plus que quiconque avait conscience que des excuses ne suffiraient pas ; une vie entière n'était pas assez pour réparer tout le mal causé... Izuku était partit avant qu'il puisse essayer de se racheter, rendant la moindre tentative impossible.

Rien n'avait réellement changé, leur relation était toujours aussi compliquée. L'un comme l'autre ne se voyait pas parler de tout ça pour le moment, malgré ce désir qu'ils éprouvaient mutuellement.

Présentement, leurs priorités étaient ailleurs.

Peut-être, quand tout sera terminé si une occasion leur est donnée...

Tout en apposant des pansements sur ses blessures, Katsuki se garda de lui redemander qui l'avait mutiler et pourquoi, bien que la question était au bord de ses lèvres.

- Merci, dit Izuku quand il eut terminé.

Il se leva et s'habilla d'une chemise assorti à son jean. Ses mains ne tremblaient pas, pourtant, il le sentait nerveux.

- Je ne rentrerai pas avant un moment, avertit Izuku, se dirigeant vers la porte. J'ai d'autres engagements que je me dois d'honorer.

Le cendré eût un vague hochement de tête, sans chercher à en savoir plus.

[*]

Il observait, ravalant la rage qui commençait à former une boule dans son ventre, à mesure qui ne le lâchait pas des yeux. Riant joyeusement aux blagues du très connu sur internet, "Present Mic", il patienta qu'il se fut éloigner pour approcher sa proie.

- Hé, la baguette.

Mirio releva la tête, ne parvenant pas à cacher sa surprise que Katsuki daigne enfin lui adresser la parole, après que lui ait essayé pendant de longues semaines de lui parler, avant de passer outre, ayant deviné sa jalousie du fait de sa proximité avec Izuku.

Son cadet lui avait souvent parlé de ce blond cendré au tempérament explosif.

- Faut qu'on cause.

Quittant momentanément les écrans des yeux, il plongea son bleu calme dans le rouge enflammé.

- C'est à propos de Deku, annonça-t-il de but en blanc.

- Désolé Bakugo, s'excusa-t-il, je ne dois rien te dire.

- Donc tu sais quelque chose, pointa-t-il, les yeux plissés.

- Tu vas me demander ce que fais Deku, pas vrai ? Je ne peux pas répondre à cette question.

Katsuki se pencha légèrement vers lui et murmura.

- Deku et toi... Vous êtes proches à quel point ?

Mirio resta de marbre. Sans perdre son expression souriante, il répondit silencieusement au regard de défi, tandis que Katsuki dû faire appel à tout le calme dont il se savait parfois capable pour ne pas déclencher une dispute qui pouvait très vite dégénérer.

Il avait changé, il n'était plus comme ça.

Il finit par laisser tomber et se détourna.

- Aie confiance en lui, il sait ce qu'il fait.

Il serra les dents et les poings en entendant cette phrase.

Il avait changé, il n'était plus comme ça... Sans un mot, il s'éloigna.

Ses pas résonnèrent aux oreilles du blond aux yeux bleus qui reportait son attention sur son travail.

[*]

Le bruit métallique des chaînes qui s'entrechoquaient entre elles commençait à ressembler à une douce musique qui le berçait. Cela faisait combien de temps qu'il n'avait pas chercher à s'en défaire ? À hurler de toute la force de ses poumons qu'on le libère ? Et ces odeurs corporelles qui lui donnaient continuellement envie de vomir, depuis combien de temps sentaient-elles aussi fortement ?

Il avait l'impression d'être un animal en cage, enfermé, avec pour seule compagnie les rats et la moisissure qui pourrissait les murs. Toute dignité humaine avait été perdu. Il s'urinait dessus, mélangé à ses matières fécales qui débordaient. Au tout début de son calvaire, il avait essayé de résister, il était un être humain. Puis, comprenant doucement que personne ne l'entendait ni ne viendrait à son secours, sentant chaque jour, cette dignité le quitter, il s'était laissé aller.

Aujourd'hui, il ressemblait vraiment à un animal ; ce constat le submergeait de tristesse et d'horreur mais paradoxalement, sa volonté s'en trouvait plus solide que jamais.

Coûte que coûte, il y arriverait.

La porte de sa cage s'ouvrit avec violence. Sa vision de noire, devenu son monde, mis quelque temps à s'habituer à la lumière. Malgré tout, il ne parvint pas à voir distinctement la silhouette de l'homme qui s'avançait vers lui.

- On va te refaire une beauté, tu pues, résonna la voix déformée par le pincement de nez.

Il sourit :

- J'avais pas remarqué... articula-t-il, la voix enrouée.

- Réjouis-toi. Tu as un visiteur aujourd'hui.

La silhouette défit les chaines du prisonnier. Ce dernier n'eût même pas le temps de savourer la sensation du sang circulant à nouveau dans ses veines qu'il fut saisit par le bras et hisser tel un sac à patate sur l'épaule.

- C'est moi ou t'as maigris ?

- Faut dire que c'est pas vraiment un quatre étoiles ici...

Le bourreau lui donna une petite tape sur les fesses.

- C'est toi qui a été vilain.

[*]

La pluie se déchaînait sur la ville.

Tout l'extérieur du quartier avait des allures de flaque géante. La foule s'abritait partout où elle le pouvait.

Le bruit spongieux des paires de basket mouillées en exaspérait plus d'un.

Certains s'accrochaient vainement à leur parapluie, accessoire futile, quand d'autres couraient, les mains au-dessus de la tête, criant, pestant contre ce déchaînement survenu d'un coup, les surprenant dans leur activité diverse et variée de ce début de soirée.

Dans son bureau, l'inspecteur Toshinori Yagi entendait les gouttes s'écraser sur le carreau d'une oreille distraite, le regard perdu dans les prunelles émeraudes de l'homme en face de lui, impressionné par le calme avec lequel il lui avait annoncé une bien étrange nouvelle.

- C'est ça ton plan ? Finit-il par demander.

Izuku confirma de la tête.

Le silence s'installa à nouveau entre les deux, pesant, de longues minutes durant.

- Je ne sais pas si je dois être impressionné ou m'inquiéter pour ta santé mentale, mon garçon... Soupira finalement le blond.

- Vous nous aviez dit le jour de la réunion de présentation, qu'infiltrer le laboratoire était l'un de vos objectif. Il se trouve que j'ai les compétences et je connais quelqu'un qui a pu... M'aidé.

- Shigaraki Tomura, c'est ça ? Je le connais au travers les dires de Shōto... Comment t'a-t-il retrouvé ?

Le vert haussa les épaules.

- Ça, je l'ignore... C'est même très étrange qu'il me témoigne autant d'intérêt. Je pense néanmoins savoir pourquoi je le fascine à ce point.

- Et donc, tu vas travailler dans ce laboratoire, c'est ça ?

- Travailler est un grand mot. Je vais me constituer prisonnier, du moins au début. Shigaraki est loin d'être stupide. Il sait que je me suis servi de lui et le verra comme une trahison. Il m'enfermera dès que j'aurai mis les pieds là-bas.

Malgré toute l'affection que Toshinori lui portait, il trouvait cette idée absurde et dangereuse, un peu comme une souris allant délibérément dans une tapette, sachant d'avance qu'elle n'en ressortirait pas.

- C'est justement ce que je cherche. Je vais résister les premiers jours et ne montrer aucun signe de rébellion par la suite, comme il le souhaite. Il finira par craquer et je pourrai sans doute revoir le créateur des SCM.

Là, il lui posa enfin la question, déjà au bord de ses lèvres depuis qu'ils s'étaient retrouvés :

- Jusqu'où iras-tu pour retrouver Shōto ?

- Et vous ?

Izuku se pencha légèrement.

- J'ai acquis les compétences pour infiltrer le laboratoire. J'ai travaillé dur pendant cinq ans pour les avoir. Je peux le faire et je vais y arriver, peu importe les moyens. Même si je me fais prisonnier, le Docteur Todoroki ne se débarrassera pas de moi. Il sait que c'est grâce à moi si ses dispositifs sont partout. Il finira par m'intégrer.

Le chef de l'unité resta silencieux.

- N'en parlez pas à Katchan, s'il vous plaît, pria le tacheté, le regard suppliant, s'il savait ça, il serait fou de rage, je n'ai pas le temps de me heurter à lui pour le moment. Je lui expliquerai tout quand ce sera fini.

Poussant un soupir, Toshinori hocha la tête. Le regard de son vis-à-vis indiquait qu'il était inutile pour lui d'essayer de lui faire changer d'avis.

Izuku sortit de sa poche une petite clé USB.

- Avant de le rencontrer, j'ai eu le temps de fouiller un peu et j'ai trouvé ça.

Il la posa sur le bureau.

- Je vous laisse regarder son contenu.

L'homme à l'allure squelettique prit l'objet et le regarda attentivement.

- Tu as une idée de qui est la taupe de mon équipe ?

L'ébouriffé secoua la tête.

- Quelques pistes mais rien de concret.

- Izuku...

Il plongea son regard dans le sien.

- Fais attention à toi.

[*]

- Les blessures que je t'avais faîtes avec amour, le premier jour de ta venue ici, ont été soignées... Constata Shigaraki, irrité à la vue du dos de Izuku. L'autre qui vivait avec vous ? Si j'avais su, je ne t'aurais pas laissé repartir...

- Quelle importance ? répliqua le jeune homme, je suis revenu et tu m'as enfermé de toute manière. C'est toi qui m'a piégé.

- Certes... consentit l'autre, J'ai juste horreur qu'on touche à ce qui m'appartient.

Après un moment de silence, il haussa les épaules.

- Je n'aurai qu'à repasser par-dessus, déclara-t-il.

Izuku ne dit rien. Lavé, toujours enchaîné, le décor avait changé : Désormais dans une nouvelle salle de caisson bien plus grande que l'ancienne, un mur de verre laissait largement entrevoir une autre, plus petite faisant office de poste de travail.

Il gravit absolument toute la configuration de la pièce dans sa mémoire, jusqu'au moindre détails.

- Si tu savais que je me servais de toi, pourquoi tu t'es laissé faire ? Demanda Izuku, pour détourner son attention.

Un soupir de fatigue passa entre les lèvres de l'assistant.

- Parce que je m'ennuie... Les travaux du Doc ne m'amusent plus vraiment, c'est toujours pareil... SCM, encore et toujours. Je connais ton objectif et je ne vais pas t'aider à le réaliser sans dommages mais si jamais tu y parviens... Je m'y opposerai pas. Je suis fatigué de tout ça...

Il semblait l'être en effet, avec cette allure de cadavre ambulant : joues plus creusées, mine ennuyée... ses yeux, uniquement brillaient encore du même éclat.

- L'époque où j'étais artiste me manque vraiment... Enchaîna-t-il tristement.

Il regarda sa montre.

- Il ne devrait plus tarder.

La porte automatique s'ouvrit presque aussitôt après et le massif Docteur Enji Todoroki fit son apparition. Il n'avait pas vraiment changé tout ce temps, hormis une énorme cicatrice qui recouvrait la partie gauche de son visage, jusqu'à la naissance du menton, le rendant plus effrayant.

- Ravi de te revoir, gamin... Dit-il une fois à hauteur d'Izuku.

- On m'a dit que vous ne vous souveniez plus de moi...

- J'ai menti, fit Shigaraki derrière lui, un rictus cruel sur le visage.

Izuku eût un sourire de dépit.

Evidemment.

- Tu veux retrouver Shōto, c'est ça ? demanda Enji, je suis au regret de t'annoncer qu'il nous a quitté.

- C'est faux.

L'enchaîné ne tremblait pas, était parfaitement calme. Trahir le moindre signe de panique pouvait entraver la réussite de son objectif.

- Tu crois ça ?

Il tourna la tête vers la porte.

- Tu peux venir, numéro un !

Des pas lents résonnèrent, qui pour une raison abstraite le fit trembler légèrement.

Un jeune homme étrangement familier et à la fois totalement inconnu s'arrêta dans l'embrasure de la porte.

Izuku écarquilla des yeux, une sueur froide lui parcourant l'échine.

- Shōto... souffla-t-il dans un murmure horrifié.

C'était lui.

Le Shōto qu'il cherchait désespérément.

Il le reconnaissait.

Il ne ressemblait en rien à l'adolescent qu'il avait connu autrefois : Grandis, ses cheveux devenus épais étaient à présent brun, coiffé en pique sur sa tête. Ses yeux vairons disparus, deux orbes turquoise le détaillaient froidement.

Certaines parties de son corps semblaient calcinés et reliés par des agrafes...

Izuku sentit des larmes glisser le long de ses joues alors que celui qui avait été appelé "Numéro un" se plaça aux côtés du Docteur Todoroki et le gratifia d'un sourire.

Un sourire mauvais.

- Mon nom est Tōya.