Chapitre XVII: Du progrès (2/2)

Point de vue de Scorpius

"C'était quoi ça?" nous demanda Al, principalement à Dom et moi.

L'ignorant complètement, je frappai légèrement Dom à l'arrière de la tête. "Pourquoi t'as dit ça?"

D'accord, je savais que je n'aurais pas du frapper une fille, mais ce n'était pas méchant et et ce n'était pas pour lui faire délibérément mal; j'étais agacé.

"Allez!" dit Dom en roulant des yeux. "Il était temps que quelqu'un vous le fasse remarquer à vous deux."

Je ne savais pas quoi dire alors j'optai pour simplement marmonner quelques débuts de phrases. "Mais je... Tu devrais... Quand - si ... Même si... Dom!"

"Scorpius", Dom me regarda droit dans les yeux. "Regarde-moi et dis-moi sans mentir que tu n'as pas de sentiments pour ma chère cousine, Rose?"

Al éclata de rire avec Roxanne et Dom alors que je bégayai.

"Rose a laissé son sac", nous informa Lily, volant à mon secours pour que je n'aie pas vraiment à répondre à Dom.

"Je vais lui amener", dis-je en secouant ma tête comme par déception, faisant un clin d'œil seulement à Lily pour la remercier de m'avoir tiré de cette situation. "En plus, j'en ai marre qu'on se foute de moi."

Cela ne les fit que repartir de plus belle alors que je partais pour aller chercher Rose, et je pouvais encore les entendre rire bruyamment par dessus le brouhaha de la Grande Salle pendant que je montai le Grand Escalier.

Elle allait être à la bibliothèque. Et je le savais non seulement parce qu'elle avait dit qu'elle allait aider Alice, mais surtout parce que c'était Rose. Et je la connaissais tellement bien.

Bien sûr qu'elle était à la bibliothèque.

Heureusement, la foule des élèves s'était dispersée et il n'y avait presque plus personne dans les couloirs.

Ils étaient sans doute tous en train de manger.

Dès que j'entrai dans la bibliothèque, je remarquai Madame Pince endormie sur son bureau dans le coin le plus proche de moi, à droite. Une voix très familière s'élevait depuis les profondeurs de la bibliothèque, se plaignant bruyamment d'Al et de 'cette abrutie de Dominique' dans le, auparavant calme, silence.

Je n'avais pas fait plus de trois pas sur la vieille moquette défraîchie quand j'entendis la voix de Alice lancer à Rose "Et bien, si tu ne veux pas que les gens se moquent de vous deux, pourquoi est-ce que tu n'arrêterais pas de fourrer ta langue dans sa gorge en cachette et annonçais l'heureuse nouvelle publiquement?"

Je me précipitai vers leur coin, faisant un signe poli de la tête aux quelques autres élèves qui étaient désespérément en train d'essayer de finir un important devoir, m'excusant pour la scène que Rose et Alice étaient inconsciemment en train de faire.

Je tournai au coin d'une des étagères du fond pour voir Rose taper furisieument du pied sur le tapis grisonnant, faisant s'envoler un nuage de poussière, et Alice en train de chercher un livre particulier en étant tannée par Rose.

"Est-ce que vous réalisez à quel point vous parlez fort?" leur soufflai relativement bruyamment.

Elles se tournèrent toutes les deux et je vis leurs expressions passer de l'irritation mutuelle à une autre expression alors qu'elle remarquait qui j'étais; les lèvres de Rose se fendirent d'un sourire soulagé alors qu'Alice eut l'air encore plus irritée.

Je tendis son sac à Rose, incapable de m'empêcher de lui piquer un petit baiser sur la joue et de lui faire un grand sourire.

"Je ne parle pas fort," se défendit Alice. "Elle, si."

Je n'avais jamais vu Alice particulièrement énervée avant alors je trouvais ça plutôt amusant, mais elle avait l'air du genre de fille, comme Rose, qu'il ne fallait pas agacer quand elle était en colère, alors je ne ris pas.

Alice soupira d'irritation et se tourna vers nous deux, me fourrant un livre à la reliure épaisse dans les mains en nous lançant un long regard.

"Est-ce que vous réalisez à quel point je galère en ce moment?" nous souffla-t-elle, ayant clairement décidé que nous devions savoir quelques choses qu'elle nous avait cachées. "Chaque fois que vous disparaissez pour faire Merlin sait quoi, je suis celle à qui tout le monde demande où vous êtes!"

Je regardai Rose et nous sûmes tous deux que nous nous demandions la même chose: Est-ce que les gens parlaient de nous?

"Et je dois trouver une idée pourrie pour expliquer pourquoi vous avez tous les deux mystérieusement disparu en même temps. Vous n'avez aucune idée du nombre de fois où j'ai dû sauter sur Al pour le distraire ou de combien de parties de bataille explosive j'ai dû commencer pour me débarasser de tout le monde."

"Je suis désolée, Alice", marmonna Rose à sa meilleure amie.

"Et bien..." Alice cherchait ses mots. Elle n'était pas de nature colérique ou méchante, aussi elle ne savait pas quoi dire. "T'as intérêt. Tu sais", elle se tourna vers moi. "Si tu ne lui demandes pas de sortir avec toi bientôt, je vais juste dire aux gens que vous passez autant de temps ensemble parce que vous commencez un club de pogonophobie."

Elle soupira théâtralement une dernière fois, reprenant le livre relié de mes mains, et alla en bougonnant à la prochaine rangée d'étagères.

J'échangeai un regard confus avec ma petite amie et, essayant de nouveau de ne pas rire, nous suivîmes Alice.

"Et... La 'pogonophobie', c'est...?" demanda Rose à Alice alors qu'elle continuait à chercher un livre.

"Tu ne sais pas ce que c'est?" demandai-je à Rose, n'ayant presque pas besoin de feindre la surprise. Rose savait tout, normalement.

"C'est la peur des barbes, merci beaucoup," nous informa Alice, à notre grand amusement.

Je secouai ma tête de stupéfaction. "Whoa, imagine, avoir peur des barbes..." marmonnai-je, mon imagination partant assez loin.

"Bref," dit Rose pour attirer de nouveau mon attention. On aurait dit qu'Alice avait également commencé à ignorer notre conversation. "On est ensemble", siffla-t-elle, jetant un regard par dessus son épaule pour vérifier que personne n'écoutait notre conversation.

Elle savait qu'il n'y avait personne, après tout nous étions désormais plutôt enfoncés dans les profondeurs de la bibliothèque, là où se trouvaient tous les livres poussiéreux que personne d'autre qu'elle ne lisait, alors je me penchai vers elle et chuchotai à son oreille, d'une voix deux octaves plus haut que d'habitude, "Parano."

Rose se tourna et me frappa gentiment le bras. "La ferme, toi," sourit-elle.

"Alors vous..." Alice abandonna finalement sa recherche de livres pour nous regarder tous les deux. "Vous êtes vraiment ensemble maintenant? Officiellement?"

"Officiellement," déclarai-je.

"En quelque sorte..." ajouta Rose.

"Qu'est-ce que tu veux dire, 'en quelque sorte'?" demanda Alice avec lassitude.

"Et bien, c'est toujours assez secret", lui dis-je.

"Oh... sans blague?" se plaignit Alice, mais elle plaisantait, redevenant elle-même.

Je ris silencieusement avec les deux filles. Une pensée me vint à l'esprit, quand était la dernière fois que j'avais passé un peu de temps avec quelqu'un de mon dortoir? Avec quelqu'un de Serpentard?

J'imagine que les préjugés disparaissaient.

Alice et Rose avaient commencé une nouvelle conversation pendant que j'étais plongé dans mes pensées et j'attirai doucement l'attention de Rose alors qu'Alice s'exclamait triomphalement qu'elle avait peut-être finalement trouvé le livre qu'elle cherchait.

"Hé," murmurai-je alors que Rose s'avançait de trois pas vers moi pour que je puisse entourer sa taille de mes bras. "On se voit ce soir? Après la retenue, je veux dire?"

Je lui lançai mon sourire le plus éclatant. Elle me sourit en retour. "J'imagine que je peux trouver un peu de temps dans mon agenda surchargé..."

"Tu imagines," répétai-je pour la taquiner. "T'as d'autres petits amis à voir aussi?"

"Un tas", acquiesça-t-elle pour rire.

"Menteuse," soufflai-je dans son oreille alors qu'elle se rapprochait de moi.

"Quoi?" se plaignit Rose. "C'est pas une manière de parler à ta petite amie."

"Bon, bah je vais aller parler à ma multitude d'autres petites amies...", la taquinai-je à nouveau.

"Mais où serait l'intérêt?" demanda-t-elle. "Vu que je suis ta préférée."

"Et pourquoi ça?" souris-je encore. On était niais à vomir, mais je m'en foutais. J'étais heureux avec Rose.

"Parce que tu m'aimes plus", rit-elle dans mon oreille avant de m'embrasser tendrement.

"Quand vous aurez à peu près fini de vous allumer de façon totalement inappropriée..." commença Alice et nous nous séparâmes rapidement.

"Oups", sourit timidement Rose.

"Désolé, Alice", lui dis-je avec un sourire charmeur, qui marchait sur tous mes profs quand j'oubliais un devoir et sur toutes les filles quand je voulais les pétrifier pour pouvoir m'échapper. Bien sûr, Alice me sourit en retour comme une petite fille à qui on aurait donné une sucette.

"Heum, Alice?" Rose secoua sa main devant le visage de son amie. Alice cligna des yeux et les tourna vers Rose. "Qu'est-ce que tu disais?"

"Oh, heeu... J'allais dire que garder une relation secrète, c'est assez difficile à Poudlard."

"Les nouvelles vont vite", acquiesçai-je.

"Et bien..." lutta Rose pour trouver une réponse. "Les gens vont sans doute le savoir assez vite de toute façon."

"Quoi?" demandai-je, choqué.

"Comment ça?" Alice était tout aussi perdue.

"Alice, si tu voulais répandre une rumeur dans l'école le plus vite possible, à qui tu en parlerais?"

"Frank Hillside", répondit Alice sans hésitation.

"Exactement..." dit Rose, supposant que nous ayons saisi ce qu'elle voulait dire.

"Attends", le puzzle s'assemblait dans ma tête. "Frank Hillside? Comme dans le frère d'Amelia Hillside? Comme dans la copine d'Oliver Farrow?" Rose acquiesça. "Oh... Merlin."

"Je crois que j'ai loupé quelque chose..." marmonna Alice alors que je mettais ma tête dans mes mains.

"On... a peut-être ... fait preuve d'affection mutuelle... en Runes Anciennes pendant que le Professeur Moore n'était pas encore là-" commençai-je.

"Espèces... d'idiots", rit Alice.

"On le sait bien, Alice," soupira Rose.

"Et Olivier a commencé un truc à propos de nos familles et puis tout le monde s'est mêlé à la conversation", ajoutai-je.

"Alors... Oliver Farrow sait?" essaya de clarifier Alice.

"Oui."

"Et il a son dernier cours avec Amelia, alors elle le saura d'ici-là. Alors... théoriquement, tout le monde sera au courant demain matin..." recommença Alice.

"Oh... super," marmonnai-je sarcastiquement.

"Et bien..." Alice avait l'air un peu gênée. "Je vais finir mes devoirs pour le Professeur Londubat."

"Je vais t'aider", soupira Rose.

"Merci, Rose," sourit Alice. "Ça me prendra sans doute moitié moins de temps. J'aurais peut-être même le temps de dîner rapidement."

"Bah, je suis un miracle pour étudiants", plaisanta Rose alors qu'elle s'éloignaient pour trouver une table.

Je pensai retourner à la Grande Salle pour manger un peu, même si Dom était toujours là-bas. Si elle voulait me taquiner, elle le pouvait. Je me vengerais bien assez tôt.

Je fis quatre pas devant deux étagères et soudainement, surgie de nulle part, Tara était là.

Je reculai d'un pas, terrifié.

"Scorpius", s'exclama-t-elle, faisant sans doute semblant que nous nous étions rencontrés par pur hasard. "Ça me fait plaisir de te voir."

"Ouais..." marmonnai-je alors qu'elle entortillait autour de son doigt une des ses boucles soigneusement sculptées. "Quelle... surprise."

Elle gloussa hystériquement. "T'es tellement drôle."

"Heu, bien sûr", acquiesçai-je, m'avançant d'un pas en diagonale pour pouvoir m'échapper dès que possible

Elle plaça rapidement une main sur mon torse. "Hé, hé, pourquoi est-ce qu'on ne ... resterait pas ici, pour bavarder, et... tout ça."

"En fait", dis-je en me mordant la lèvre, essayant de trouver un moyen de m'en sortir. Tara était très tenace quand elle avait un gars en vue. Et elle craquait pour moi depuis un bon bout de temps, alors sa façon de flirter devenait de moins en moins subtile et même pressante à chaque fois que nous nous voyions. "Je dois aller quelque part."

"Oh, je suis sûre que ce n'est pas important", dit-elle, mais on aurait dit qu'elle me le dictait plutôt qu'elle ne me le suggérait. Je ne lui répondis pas - je n'aurais pas su quoi dire. Après quelques moments de silence gênant, de mon côté, elle prit la parole à nouveau, dans ce que j'imaginais être ce qu'elle pensait être un murmure séduisant. "J'adore la bibliothèque, pas toi?"

Je décidai d'opter pour une autre tactique, plutôt que d'être poli. "Non."

"Oh", le sourire disparut de son visage. "Moi non plus. Je ne sais pas comment cette Weasley peut y passer autant de temps."

"Elle est intelligente", répondis-je brutalement.

"Elle fait flipper", commenta Tara, pour paraître cool. En réalité, cela eut l'effet inverse - cela m'énerva.

"Tu ne sais pas de quoi tu parles", déclarai-je fermement.

"Et bien", elle se rapprocha de moi. Je n'avais pas encore décidé ce que j'allais faire alors je ne bougeai pas. J'avais peut-être besoin de l'élément de surprise pour m'enfuir si elle se jetait sur moi comme elle l'avait essayé maintes fois. "J'étais en train de me dire, vu que que la bibliothèque est toujours si... pleine de gens, peut-être qu'on devrait... aller dans ma chambre, si tu veux?"

"Heum", j'hésitai une seconde. Devais-je être grossier? Ou direct? "Non."

Elle cligna des yeux. "Quoi?"

"Non... non, désolé."

Soudainement, Tara était énervée. "C'est quoi ton problème, Malefoy? Je suis superbe, je sais que je le suis, il suffit de me regarder. Et ça fait des siècles que je veux qu'on soit ensemble et tu ne fais qu'ignorer tous les signes. On serait parfaits ensemble! Regarde-nous, on règnerait pratiquement sur tous les élèves de Poudlard. Alors c'est quoi ton problème?"

"Je, heeu," on aurait dit que Tara allait pleurer, et c'était la dernière chose que je voulais. Je m'avançai et lui plaçai une main sur l'épaule pour la réconforter. "Écoute, Tara, je suis désolée de te blesser mais... mais j'ai une copine et je l'aime, et même si je n'en avais pas, les ASPICs sont importants alors je ne serais probablement pas à la recherche d'une relation."

"Tu... ne le serais pas?" renifla-t-elle.

"Non." Un instant, je crus qu'elle avait finalement saisi le message, mais soudainement, elle releva les yeux vers moi avec un regard déterminé et terrifiant, me poussa contre le mur formé par les étagères et essaya de m'écraser les lèvres des siennes.

J'essayai de marmonner quelque chose et de la repousser mais je ne voulais pas lui faire mal, et elle était étonnamment forte, alors cela me prit un moment pour décoller ses main de mon t-shirt.

"Tara, qu'est-ce que tu-"

"Tu sais que tu as envie de moi, Malefoy," souffla-t-elle, se débattant contre moi et, de nouveau, essayant de m'embrasser.

"Scorpius", entendis-je une voix appeler quelques mètres plus loin.

Finalement, Tara se détacha de moi, me gifla et s'exclama soudainement, "Je n'arrive pas à croire que tu viens de faire ça."

Et, balançant théâtralement ses cheveux par dessus son épaule, elle sortit de la bibliothèque d'une démarche de mannequin, tous les yeux rivés sur elle. Tous, sauf ceux de Rose.

Rose était figée, me regardant, l'air choquée. J'étais presque sûr que mon expression était le miroir de la sienne.

"Rose..." commençai-je doucement, m'avançant.

"Je n'arrive pas à croire ce qui vient de se passer, Scorpius," souffla-t-elle.

"Je te promets, Rose, que je ne l'ai pas embrassée," la suppliai-je. Elle devait me croire, hein? Honnêtement, je ne savais pas ce que j'aurais fait si elle ne m'avait pas cru.

"Je... je sais", marmonna-t-elle à nouveau. "J'ai tout vu, mais je... elle a quand même... c'est quand même une surprise."

"Je sais, Rose", je me précipitai vers elle, lui prit les mains."Je n'ai vraiment rien fait. C'est tout Tara, elle est folle... Tu me pardonnes?"

"Oui", déclara-t-elle.

"Oui?" dus-je répéter pour confirmation. "Merlin merci."

"Juste une chose, Scorpius", Rose me regarda droit dans les yeux. "Tu pensais vraiment ce que tu as dit?"

"Ce que j'ai dit?" demandai-je, perdu.

"Que tu m'aimes?" me demanda-t-elle à nouveau. "Je sais que tu me l'as dit plusieurs fois mais... tu m'aimes vraiment?"

"Bien sûr que oui, imbécile", dis-je avec un petit sourire narquois.

"Bien, parce que je crois que je t'aime aussi", sourit-elle.

"Tu crois?" Je fis semblant d'être blessé.

"Je suis sûre que je t'aime", modifia-t-elle. "Et la prochaine fois que je vois Tara, je lui fous une claque."

Je ris. "Tu sais ce qui est bizarre? Je pense vraiment que tu pourrais le faire."

"Elle l'a bien cherché," sourit Rose. "Personne ne me pique mon mec."

"Tu es ma meuf alors?" dis-je avec un sourire. "Attends, où est Alice?"

"Elle finit sa dissert Je lui ai dit d'écrire sa conclusion elle-même."

"Dur", commentai-je. "Tu veux aller dîner alors?"

"Oui", approuva-t-elle et nous partîmes de la bibliothèque.

Dès que nous fûmes sortis dans le couloir, je mis mon bras sur ses épaules.

"Laisse-moi porter ton sac", lui dis-je doucement.

Elle rit. "Pourquoi?"

"Parce que je suis ton chevalier servant en armure brillante et c'est seulement par politesse."

"Je peux le porter", sourit-elle. "Mais merci de l'offre."

"Allez, Rose", lui dis-je en souriant et nous nous arrêtâmes de marcher. "Laisse-moi être charmant."

"Tu es toujours charmant", soupira-t-elle, une ombre de sourire passant sur son visage alors qu'elle posait ses mains sur mon torse.

"Je sais, mais j'aime bien faire des choses gentilles pour ma copine, surtout si ça veut dire que je gagne des point bonus et ... et quoi?"

Elle me souriait, ce qui me faisait perdre le fil de mes pensées. Elle pointa du doigt le plafond du couloir. Je lui souris également. "Du gui?"

"Du gui", approuva-t-elle, enroulant ses bras autour de mon cou et se rapprochant encore plus de moi. "Et je suis la seule fille à avoir le droit d'être aussi proche de toi."

Je l'embrassai joyeusement, plaçant mes mains autour de sa taille. Ses lèvres avaient le goût de fraise et c'était un soulagement d'enlacer quelqu'un de familier et d'agréable. Être proche de Tara avait été une expérience désagréable.

Très vite, je la serrai de près dans mes bras et ses mains étaient fermement glissées dans mes cheveux. Je la repoussai vers un des murs pour que son corps soit penché en arrière puis fermement coincé entre le mien et le mur en pierre du couloir.

Je levai mes mains pour empoigner tendrement son visage alors que je l'embrassai passionnément. L'embrasser m'avait manqué, et à elle aussi de toute évidence. Non pas que nous ayons été séparés bien longtemps, mais nous n'avions eu le temps de nous voir en cachette que quelques minutes à la fois, à part en Runes Anciennes, et soudainement les hormones adolescentes reprenaient le dessus.

Des fois, j'étais embarrassé de voir à quel point j'étais un adolescent typique.

Ses mains s'introduisirent sous mon t-shirt et me rapprochèrent encore plus d'elle alors que la mienne remontait doucement sur sa cuisse.

"Hé, enlève tes mains de ma cousine!"

Nous nous séparâmes à la vitesse de l'éclair et un sortilège du bouclier me frappa et m'envoya dans les airs. Je m'écrasai contre le mur opposé et finis en vrac sur le sol.

"Ouch!" m'exclamai-je, touchant précautionneusement le haut de ma tête où je ressentais une douleur aiguë. Quand je retirai ma main, je vis du sang sur mes doigts. "Bordel, c'était quoi ça?"

"C'était quoi ça?" me beugla Fred. "C'est quoi, ça?"

"Si tu ne m'avais pas éclaté contre le mur j'aurais été heureux de te le dire", lui criai-je en me relevant. "Baisse ta baguette, Fred."

"Fred!" s'exclama Rose, choquée, quand il ne le fis pas. "Fais-le."

"T'as intérêt à ne plus la toucher", me menaça-t-il alors qu'il lui obéissait.

"Ou quoi?" J'en avais assez de ses menaces en l'air et de son air de dur à cuire.

"Arrêtez!" nous hurla Rose, tapant du pied d'énervement. "Calme-toi, Fred."

"Moi?" dit Fred en se tournant vers sa cousine. "Et lui? Il avait ses mains partout sur toi!"

"Bien sûr que oui!" Rose secoua la tête. "C'est mon petit ami."

"Oh que non!" cria Fred. Quelques personnes étaient sorties de la bibliothèque ou des salles où elles traînaient pour évaluer la situation.

"Écoute, Fred", dit Rose en attrapant son bras. "Partons d'ici et je t'explique tout ça dans une minute."

Fred eut l'air d'hésiter, comme s'il voulait des réponses immédiatement, mais opta pour marmonner, "Bien, je marche entre vous deux."

"D'accord," approuvai-je alors que nous nous dépêchions vers la salle commune de Gryffondor. "Mais je n'ai pas apprécié que tu m'éclates la tête comme ça."

"Hé!" se plaignit Fred. "Je n'apprécie pas tout ça en ce moment. T'avais tes mains partout sur elle."

"N'en fais pas toute une histoire", s'énerva Rose contre son cousin.

"Ah oui?" demanda Fred.

"Écoute, Frederick", Rose se tourna pour lui faire face, bloquant son chemin. Je m'arrêtai également. "Si je n'avais pas voulu de ses mains sous mon t-shirt, elles n'y auraient pas été. Tu saisis?"

Fred déglutit et opta pour acquiescer d'un signe de tête. Rose se tourna vers moi et s'avança pour pouvoir juger des dégâts sur ma tête. Je vis les yeux de Fred se plisser alors qu'elle plaçait ses mains sur mon visage. "Ça fait mal?"

Je lançai un regard à Fred. "Oui."

"Ça saigne, mais je pense qu'un bandage suffira," m'informa Rose.

"T'es sûre?" marmonnai-je. Je me comportais comme un bébé parfois.

"Hé!" rétorqua Fred alors qu'on continuait à marcher. "Je veux d'abord des réponses."

"Tu les auras," lâcha Rose avant de donner le mot de passe à la Grosse Dame, puis nous entrâmes dans la salle commune.

Elle était vide mais nous ne nous assîmes pas. Dès que nous atteignîmes la cheminée, Fred se tourna vers moi. "Qu'est-ce que tu fais avec elle, exactement?"

"Je.. quoi?"

"C'est pas quelqu'un avec qui tu peux jouer", me prévins Fred. "Si tu lui fais du mal je te jure que nous t'en ferons deux fois plus."

Je remarquai rapidement l'emploi du pluriel. "Je sais, Fred. Mais je ne vais pas lui... lui faire du mal."

"Je peux m'occuper de moi-même, Fred," protesta Rose.

"Depuis combien de temps ça dure?" l'ignora Fred, continuant à s'adresser à moi d'un air accusateur.

J'échangeai un regard avec Rose. "Quelques semaines."

"Semaines?" Fred eut l'air extrêmement surpris.

"Oh, n'aie pas l'air si choqué, Fred", lâcha à nouveau Rose. "C'est exactement pourquoi on ne te l'a pas dit, ni à personne d'autre. Vous allez en faire tout un plat. La seule personne à qui on pouvait faire confiance, c'était Alice."

"Alice sait?" fut distrait Fred.

"Oui", confirma rapidement Rose. "Et maintenant toi aussi."

"Mais tu ne peux le dire à personne", ajoutai-je.

"Bien sûr que je le dirai", s'exclama soudainement Fred.

"Si tu le dis", Rose sortit sa baguette et la coinça sous le menton de Fred, "Je m'occuperai personnellement de te jeter du haut de la tour d'Astronomie."

Fred déglutit à nouveau. "D'accord, je vous laisserai le faire", acquiesça-t-il. "Mais ça a intérêt à être bientôt."

Avant que l'un de nous n'ait pu répondre, le trou du portrait s'ouvrit et Roxanne, Dom, Lily, Hugo et Angie entrèrent, s'esclaffant à propos de quelque chose qui concernait apparemment Hugo.

"Qu'est-ce qu'il se passe?" demanda Hugo; probablement pour distraire tous les autres de ce à propos de quoi ils le taquinaient.

"Rien", répondit rapidement Rose, s'asseyant sur l'un des fauteuils en rejoignant les autres.

"Tu n'as pas une retenue bientôt?" demanda Roxanne.

"Ou peut-être que tu as une annonce à faire avant", marmonna Fred.

"Non", Rose coupa rapidement sa réplique.

"Une annonce à propos de quoi?" demanda Lily, entendant clairement leur discussion..

"Vous voulez leur dire, ou je m'en occupe?" nous dit Fred à tous les deux, avec un petit sourire satisfait.

"Tu as raison, Fred, on a une retenue", grommelai-je, aidant Rose à se lever.

"Tous les deux?" demanda Angie.

"Qu'est-ce que vous avez fait?" ajouta Roxanne.

"Heu, j'ai été pisté en train de copier un devoir de Rose", mentis-je efficacement.

"Ouais", approuva Rose. "A plus. Et Fred, rappelle-toi de ce dont on a parlé."

Et, sur cette dernière menace, nous nous dépêchâmes de sortir de la pièce pour nos trois heure de retenue, confiants dans le fait que Fred ne dirait rien à moins qu'il ne veuille boire du Poussos pour les deux mois à venir.


Et voilàààà mes loulooooous! (craquage total dû à une journée de 10h de cours, arrrrhhh!) Merci beaucoup beaucoup toujours à ceux qui reviewent, même un simple mot, ça fait plaisir, vraiment :) Et ça motive... ;)