Je me possède aucun des personnages des livres ou des adaptations au cinéma. Par contre Idelwën et Gohenlass sont des créations qui m'appartiennent.
Faisant suite à ma série « L'histoire d'un roi », voici une série de plusieurs moments prenant place dans la jeunesse de Legolas.
Dans ce 25éme chapitre, alors qu'Arenor est aux mains des orcs, Legolas tente de le retrouver et Thranduil se hâte pour rentrer chez lui avant qu'il ne soit trop tard.
Bon alors voilà, j'avais vraiment envie de rattraper mon retard de publication donc, voici la deuxième partie de ce moment qui va en compoeter trois, un dernier chapitre sera publié à la suite.
Je voudrais vous mettre en garde sur la violence qu'il contient et la description de tortures physiques. Si cela vous gêne, vous pourrez reprendre l'histoire au prochain.
En espérant que cela vous plaise
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)...
L'HISTOIRE D'UN PRINCE
Chapitre 25 : La promesse brisée
La douleur se diffusa dans tout son corps malmené lorsque Arenor heurta violemment le sol. Il gémit doucement et se recroquevilla sur un côté pour tenter de se protéger des coups. Sa pommette droite était ouverte comme son arcade et le sang coulait sur son visage. Avec les mains attachées dans le dos, le prince ne pouvait pas se défendre, ni se protéger, mais il n'était pas prêt à céder, ce qui, vu le ton de l'imposant orc qui se pencha au-dessus de lui, commençait vraiment à l'exaspérer…
- As-tu conscience de me faire perdre mon temps ?
Arenor frémit et parvint à se retourner pour faire face à son bourreau.
- J'en suis désolé, répondit-il en crachotant du sang.
L'orc frémit de rage et son poing explosa un rocher à côté de la tête du jeune elfe sans le faire sourciller. Arenor refusait de laisser la peur prendre le pas sur le reste. Quoi qu'il fasse, il savait depuis longtemps qu'il allait mourir ici, mais il refusait de lui laisser avoir cette satisfaction. Il n'aurait pas peur… La mort n'était pas effrayante. Il retrouverait sa mère dans les cavernes de Mandos. Il savait qu'elle l'attendait… Par contre, il était bien plus inquiet pour ceux qui allaient rester… Son père, son frère, son meilleur ami… Il regretterait de ne plus pouvoir combattre à leurs côtés.
Au-dessus de lui, l'orc le cramponna par le collet.
- Vas-tu te mettre à parler ?
- Jamais… Répondit Arenor d'une voix plus faible qu'il le pensait.
L'autre poussa un cri de rage en le tirant à lui.
- Est-ce que tu as conscience que si tu le fais, je pourrais te tuer plus vite ?
- Quelle importance puisque le résultat sera le même ? Lui répliqua l'elfe en tentant de maîtriser ses tremblements de douleur.
- Tu n'as aucune idée de ce que je peux te faire endurer !
Arenor lui répondit par un léger sourire qui finit de mettre en rage l'orc.
- Vas-tu me donner l'accès secret au palais, misérable elfe !
- Rhachon le (Je te maudis !) ! Labo vi Orodruin (va sauter dans la montagne du Destin !) !
- Tu ne devrais pas me défier, elfe !
- Cherche-le toi-même, répliqua Arenor bien conscient de ce que sa réponse allait entraîner.
L'orc rugit de rage et lui asséna un coup-de-poing à la poitrine d'une rare violence. Le craquement de ses côtes résonna dans toute sa poitrine et lui arracha un cri de douleur qu'il ne put contenir. Son souffle se fit court et juste avant que le noir ne l'enveloppe, l'image des siens passa devant ses yeux, lui déclenchant une dernière pensée.
« Je vous aime... »
OoooO
Thranduil vacilla si dangereusement qu'il fit immobiliser son cheval avant de se laisser glisser au sol. Il se mit à genoux, incapable de tenir debout et ignorant les cris dans son dos. Avant qu'il ne s'effondre totalement, Elrond et Gohenlass étaient à genoux à côté de lui.
- Mellon nìn (mon ami), que se passe-t-il ? Lui demanda Elrond qui le sentait trembler sous ses doigts.
Le roi frémit en redressant la tête vers son meilleur ami, laissant ses doigts se refermer sur la main de Gohenlass qui venait de prendre la sienne.
- Toute cette douleur… Je n'aurais jamais dû partir… Je ne rentrerais pas à temps…
- Que se passe-t-il ?
- Arenor se meurt… Murmura Thranduil dans un sanglot. Mon petit garçon qu'est-ce qu'on est en train de lui faire ?
Thranduil frémit, luttant difficilement contre ses larmes et Elrond pressa plus fort son bras.
- Ce ne sont que les reflets de vos angoisses.
- Non, j'ai toujours eu ce lien étrange et que je ne m'explique pas avec mes fils… Je ressens leur douleur physique, comme s'ils étaient une partie de moi… Et Arenor… Courage, mon enfant… Accroche-toi à la vie… Je vais te retrouver…
OoooO
Debout devant la porte, Galion ne semblait pas décider à frapper. L'échanson savait qu'il aurait dû le faire, il était de son devoir de prévenir son prince, mais Legolas était encore si faible, fallait-il réellement qu'il lui inflige ça ? Totalement perdu dans ses pensées, il sursauta lorsque la porte s'ouvrit sans qu'il n'ait frappé. Son regard fixa sur les yeux bleus de glace qui le dévisagèrent et, à ce moment-là, il fut frappé par la ressemblance entre son roi et le plus jeune de ses fils, tellement ce dernier semblait froid et déterminé.
- Que se passe-t-il que tu n'oses frapper ?
- Votre… Votre frère, murmura Galion.
A son ton, Legolas comprit que quelque chose de terrible venait de se passer. Ses jambes faillirent céder et il se cramponna à la porte pour ne pas s'écrouler.
- Parle ! L'encouragea-t-il.
Galion déglutit péniblement et posa une main sur le bras de Legolas pour le retenir si la nouvelle le faisait défaillir.
- Les orcs leur ont tendus un piège, ernil nìn (mon prince). La compagnie a été massacrée, pas un n'a survécu.
- Et non frère ? Demanda Legolas a deux doigts de s'écrouler sur le sol.
- Nous ne l'avons pas retrouvé.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? Demanda le jeune elfe en laissant ses larmes exploser, sachant très bien la réponse.
- Nous pensons qu'il est prisonnier.
- Non ! Gémit Legolas pendant que ses jambes cédèrent.
Galion le rattrapa et se laissa tomber à genoux en le tenant contre lui. Il sentit les tremblements de son jeune prince, bouleversé par la nouvelle et le berça doucement. Il avait participé à l'éducation de ces enfants. Les deux princes étaient des personnes importantes dans sa vie. Le voir souffrir de cette manière lui déchirait le cœur en deux.
- Nous devons le retrouver…
- J'ai demandé à une patrouille de…
- Dis-leur de m'attendre, le coupa Legolas en se redressant.
Galion l'observa essuyer ses larmes avant de prendre un regard dur.
- Est-ce bien raisonnable ?
- Les orcs ne l'ont pas emmené sans une bonne raison. Ils sont en train de le torturer alors… Je refuse de rester ici… pendant que mon frère, lutte pour survivre.
L'échanson hocha la tête. S'il avait bien appris quelque chose sur la lignée d'Oropher au fil des siècles, c'était qu'ils étaient bornés voire têtus comme des mules. Une fois leur décision prise, ils ne revenaient jamais dessus, et en l'occurrence, il ne pouvait le blâmer. Arenor et Legolas s'aimaient tellement… La blessure presque mortelle du plus jeune et la mort de Narufinnel, encore trop récemment avaient prouvé, si besoin l'était, à quel point ils étaient là pour se soutenir l'un l'autre.
OoooO
Le craquement de ses os, lui arracha un cri de douleur plus faible que les précédents. Sous les coups de ses bourreaux, c'était sa clavicule qui venait de céder. Arenor gémit… Il avait repris connaissance juste pour subir une nouvelle séance de torture et ses forces commençaient à décliner sérieusement… Malgré sa stature imposante, malgré sa force et sa robustesse… Il était en train de céder… La mort devenait de plus en plus présente dans son esprit. Il en arrivait même à l'appeler de ses vœux, mais les orcs savaient comme torturer un prisonnier sans le tuer et ils s'appliquaient à bien le faire.
Un tremblement parcourut son corps épuisé, pendant qu'il haleta. Respirer devenait de plus en plus difficile. Il savait que ses côtes brisées lui avaient perforée un poumon… Il y avait la brûlure et le goût du sang dans la bouche… Du sang dans lequel il était en train de se noyer… lentement… douloureusement… Un gémissement lui échappa et l'orc se pencha au-dessus de lui.
- Alors ? Je veux connaître le passage secret qui nous permettra de rentrer dans la ville souterraine. Je sais qu'il en existe un. Parle !
- Tue-moi, je ne dirais rien, murmura Arenor, prenant comme une victoire la courte inspiration qu'il réussit à prendre.
L'orc frémit de rage.
- Oh non ! Tu vas parler ! Crois-moi !
Il cramponna Arenor et fit signe à ses hommes de l'aider. Ils le manipulèrent pour détacher ses mains, se moquant bien de ses plaintes de douleur. Une fois qu'ils eurent fini, ils l'immobilisèrent sur le sol pendant que l'orc prit un marteau de guerre en souriant.
- Je te laisse une dernière chance.
- Je ne dirais rien…
- Comme tu voudras !
Il fit signe à ses hommes et deux ignobles créatures lui empoignèrent le bras droit, le forçant à déposer sa main sur une pierre plate. Arenor comprit et se cabra pour tenter de se libérer, mais ses forces étaient si faibles.
- Alors, il paraît que les mains des elfes sont d'une importance capitale pour tirer à l'arc non ?
- Ça ne sers à rien, parce que je ne dirais rien, répondit Arenor ne pouvant empêcher malgré lui, ses doigts de se mettre à trembler.
- Tu en es sûr ? C'est ta dernière réponse ?
Arenor ne dit rien, s'autorisant même à fermer les yeux pour ne pas voir l'air satisfait de son bourreau, pour ne pas voir le marteau se lever avant de s'abattre sur sa main, lui broyant brutalement. Le cri qu'il poussa se répercuta dans toute la clairière et le priva de son souffle. Il haleta… presque mort et ne réagit pas tout de suite quand ils empoignèrent son autre bras, quand ils le forcèrent à allonger la main et quand le marteau s'abattit une nouvelle fois, le faisant hurler à nouveau avant que ses forces ne cèdent et qu'il bascule dans le noir.
OoooO
La douleur fut si violente que Thranduil faillit tomber de son cheval. Il parvint à éviter la chute et observa ses mains qui venaient de se mettre à trembler de manière incontrôlable. Son cœur battait trop vite dans sa poitrine. Une main sur son épaule le fit sursauter. Il se tourna vers Gohenlass qui murmura avec douceur.
- Adar (père) ?
Thranduil frémit. L'inquiétude de cet enfant qui acceptait enfin de l'appeler « père » quand ils étaient ensemble était profonde, mais il ne savait pas quoi lui dire.
- Nous n'arriverons pas à temps.
- Nous sommes si proches. Il ne faut pas perdre espoir.
- Comme j'aimerais te croire… Je n'aurais pas dû partir…
OoooO
La brume… Le brouillard… Tout était flou, tellement flou… Il avait l'impression de nager dans un océan de douleur, l'impression que chaque os de son corps avait été brisé… Les orcs possédaient un produit étonnant qui arrivait à lui faire reprendre connaissance, pour qu'ils puissent continuer leur interrogatoire. Depuis le temps, ils n'avaient donc pas compris qu'il ne parlerait pas… Il était prêt à mourir pour protéger son peuple, son meilleur ami, son père, son frère… Son petit frère auquel il avait fait une promesse qu'il ne pourrait tenir…
- Goheno nìn… Je ne voulais pas te mentir… Je ne voulais pas t'abandonner…
Sans s'en rendre compte, il avait murmuré et ce simple son avait attiré les orcs. Arenor frémit… Ses poumons ne fonctionnaient plus vraiment. Chaque respiration était une lutte et une victoire pour son corps brisé alors, quand l'orc posa la main sur lui, il pria pour que se soit la fin.
- Vas-tu parler misérable !
- Non !
Dans ce simple mot, Arenor fit passer toute sa détermination et les forces qui lui restaient. Des forces visibles dans son regard gris acéré. Un regard qui n'avait cessé d'interpeller le chef des orcs. Il avait beau le briser, il y avait tant de détermination dans ses yeux que cela finissait par le troubler, mais il avait une idée !
Poussant un cri de rage, il se rapprocha du feu et empoigna une longue et fine dague à la lame rougie.
- Je veux l'emplacement de ce passage ! Dit-il en approchant la lame de l'œil droit d'Arenor.
L'elfe déglutit… Cette fois, il le savait… Il ne se réveillerait pas. Alors, il se concentra sur les gens qu'il aimait, tentant de ne penser qu'à eux et à l'amour qu'il leur portait tout en répondant.
- Tu as perdu…
L'orc frémit.
- Toi aussi !
Il apposa sa lame rougie sur l'œil d'Arenor, lui arrachant un dernier cri de douleur qui emplit la clairière, puis un silence de plomb se fit…
OoooO
Thranduil n'avait jamais monté les marches de son palais aussi vite. Il se précipiter pour rejoindre Galion qui l'attendait lorsqu'une douleur terrible lui déchira la poitrine. Le roi s'écroula sa main droite crispée sur son cœur et Galion eut juste le temps de l'accompagner dans sa chute.
Tout en frémissant, il redressa la tête vers son échanson lui demandant sur un ton paniqué peu habituel.
- Où sont mes fils ?
OoooO
Legolas était épuisé. Il savait qu'il n'était pas remis de ses blessures, mais il refusait d'abandonner son frère. Il devait le sauver… Il devait le retrouver…Il…
Ses pensées furent interrompues par le cri d'un elfe parti en éclaireur.
- Des traces d'un campement orc !
Le cœur de Legolas se serra… Il ne savait pas pourquoi, mais cela le terrorisa. Il piqua donc sa monture pour la faire accélérer et dépassa l'éclaireur.
Ce dernier avait raison. C'était un campement d'orc. Un campement dans lequel le feu n'était pas tout à fait fini… Ils les avaient manqués de peu… Par contre… Il ne manqua pas la vision d'un corps étendu à côté du feu… Un corps recouvert de terre et de sang à la chevelure tirant sur l'argenté, comme celle de leur père et cette vision le terrorisa.
- Non !
Le cri qui jaillit de sa gorge était rempli de désespoir. Legolas sauta de sa monture et se précipita.
- Non ! Arenor !
Le jeune elfe se jeta à genoux sur le sol, imbibant son pantalon dans une flaque de sang… une flaque de son sang…
- Arenor !
Les larmes jaillirent sans qu'il ne puisse les arrêter pendant que son regard détaillé le corps de son frère… Un corps brisé et mutilé qui le bouleversa.
- Par Eru… Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?
Legolas posa une main sur la joue d'Arenor, ne pouvant quitter la vision terrible de ses yeux crevés et du sang qui avait coulé sur ses joues.
- Tes yeux… Ce n'est pas possible… Arenor…
Le jeune elfe secoua doucement son frère, tentant de lui faire reprendre connaissance, car il refusait d'être arrivé trop tard pour le sauver.
- Ça va aller… Réveille-toi…
- Mon prince, lui murmura l'un de ses hommes. Cela ne sers plus à rien... Il est mort !
Legolas frémit pendant que les larmes devinrent plus violentes et qu'il glissa les mains sous le corps de son frère pour le prendre dans ses bras où il se mit à le bercer en hurlant de désespoir.
- Non ! Ce n'est pas possible ! Arenor ! Non ! Tu m'avais fait une promesse ! Tu ne peux pas mourir ! Tu m'avais fait une promesse ! Tu ne peux pas mourir ! Arenor ! Réveille-toi ! … Je ne peux être arrivé trop tard ! Grand frère !... Par pitié… Je ne veux pas te perdre ! … Tu m'avais promis… Tu m'avais promis…
Legolas s'effondra totalement sur le corps de son frère, un frère qu'il avait mis trop de temps à retrouver et qui était mort…
- J'aurais dû trouver les mots pour te retenir… Je t'aime… Ne m'abandonne pas…
Les autres elfes n'osèrent pas bouger, totalement bouleversés eux aussi par la détresse de leur jeune prince et par la perte de l'aîné des deux fils. Les traces de torture que portait son corps étaient si nombreuses… Ses os brisés, ses mains mutilées, ses yeux crevés… Tout était si horrible…
A l'arrière du groupe, une jeune elfe rousse sauta de son cheval et se dirigea vers Legolas. Tauriel le connaissait bien. La perte d'Arenor était une lame dans son cœur, mais elle ne pouvait pas laisser Legolas dans une telle détresse.
La jeune elfe s'agenouilla aux côtés de son ami, et passa une main autour de ses épaules pour lui faire lâcher le corps sa vie de son frère et l'attirer dans ses bras. Legolas se laissa faire et s'effondra contre elle en pleurant et en tremblant. Tauriel le berça doucement dans ses bras.
- Je suis là…
- Je n'ai pas été assez rapide… Je l'ai abandonné.
- Il ne faut pas dire ça… Les orcs nous ont tendu un piège…
- Mais j'aurais dû le retrouver avant !
- Ce n'est pas de votre faute…
Legolas frémit sans lui répondre. Bien sûr que c'était de sa faute ! Il aurait dû l'accompagner, se battre à ses côtés, le protéger… mourir à sa place s'il l'avait fallu… Mais il avait échoué sur tout… Une erreur et une déception de plus…
OoooO
Ce fut lentement, comme un convoi funèbre que les elfes rentrèrent au palais. Le corps d'Arenor était étendu sur un chariot. Il avait était recouvert d'un drap jusqu'aux épaules, pour cacher les contusions et les mutilations de son corps malmené. Legolas avait également noué un fin morceau de sa cape autour de ses yeux, pour éviter aux gens de bloquer sur les orbites mutilées de son grand frère. Toutes ces tortures…
Le jeune elfe était tellement bouleversé et épuisé qu'il ne savait pas comment il pouvait encore tenir en selle. Au fur à et mesure qu'ils avançaient, la nouvelle se répandait et des cris résonnaient dans tout le palais… Des cris et des pleurs… Legolas tremblait. Il avait tellement de mal à réaliser que c'était la vérité… que ce drap recouvrait bien le corps de son frère et qu'il était mort… Mort, parce qu'il n'avait pas pu le sauver… parce qu'il l'avait abandonné… Legolas se mit à trembler… Il avait froid… Mais ce n'était pas un vrai lié au temps, il avait froid parce que quelque chose s'était brisé en lui… Quelque chose qu'il ne pourrait jamais reconstruire… Son frère… Son grand-frère était mort… Des dizaines de souvenirs l'assaillaient… Des moments de rire ou de peine… Des moments dans ses bras… Des moments qu'ils ne partageraient plus jamais… Il était mort… Il l'avait abandonné… Il était mort…
C'était cette culpabilité qui lui donnait froid et qui le brisait… Il était mort et pas lui…
Legolas frémit et redressa la tête, croisant au loin, le regard de son père… Un regard plein de douleur qu'il posa sur le corps de son frère avant de pousser un cri et de se jeter sur sa dépouille pour le serrer dans ses bras.
- Ion nìn !
Les hurlements du roi emplirent la salle.
- Ce n'est pas possible ! Mon enfant, ce n'est pas possible ! Mon fils ! Mon fils ! Non ! Mon fils !
Tout à sa peine, le roi redressa la tête tout en continuant de bercer le corps sans vie de son enfant.
- Mais que s'est-il passé ?
Legolas frémit et répondit en baissant la tête.
- Je n'ai pas pu le sauver… Je suis désolé…
