Bonjour tout le monde.
Oui deux semaines de retard... et ça va continuer je pense...
Je n'avais pas entré le facteur "travail à la fac" quand j'avais dit "un chapitre par semaine". J'avoue que je n'ai pas assez de temps pour écrire. Donc... le prochain chapitre (et ceux d'après par conséquent) seront publiés dès que je les aurais fini en fait. Cependant ils seront plus longs que les précédents et plus complets.
J'avoue que j'en avais un peu marre de publier alors que je n'avais pas mis la moitié de ce que je voulais dans les chapitres ^^'
Donc voilà... c'était la nouvelle concernant cette fic.
Bientôt le fin ^^
Enjoy ;)

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Mes doigts me font mal. Ils sont presque en sang tant je joue. Ce n'est pas comme si je pouvais m'en empêcher en même temps. C'est presque maladif. J'ai dut partir du manoir, si j'étais resté père et mère seraient devenus fou d'entendre ça à longueur de journée. Bien sûr ils n'ont rien demandé à ce propos, protocole oblige. Mais j'ai préféré partir avant que de les gêner vraiment.

Ça fait un mois... Un mois que je suis retourné au château, avec Harry et Tom. Un mois que je n'ai absolument aucune nouvelle de Mordred. Et dans quelques temps il faudra que je trouve un autre endroit pour jouer. Tom a la sensibilité d'un sang-pur face à cette musique. Il la ressent... beaucoup plus que ce n'est supportable. Tant qu'à déprimer ce n'est pas la peine que je l'entraîne avec moi.
Bien sûr Harry et lui ont essayé de me faire penser à autre chose. Mon projet concernant les mangemorts, l'orphelinat,... Des choses qui pourtant me tiennent à cœur. Mais rien n'y fait, dès que j'ai un moment de libre je me remet à jouer, presque automatiquement. Ça devient maladif presque. Il n'y a que quand je dors que je m'arrête... Ou dans les moments comme celui-là...

Des moments comme celui-là c'est à dire au manoir... J'y reviens presque tous les soirs, peut-être qu'un jour Mordred sera là... Dans sa chambre, à dormir tranquillement... Je le regardais presque tous les soirs quand il était encore là. Je ne pouvais pas le voir la journée, alors je le regardais la nuit. Au moins je le voyais, c'était déjà pas mal, c'était déjà quelque chose. Je sais que je m'apitoie sur mon sort de ne plus le voir, de savoir qu'il est avec grande-mère, mais j'en ai marre de bouger tout le temps, je suis fatigué.
Et puis cette histoire d'initiales me traquasse. Je ne sais pas si père avait un autre prénom, mais j'en doute, je l'aurais su. Du moins je pense, en général ces choses là se savent de générations en générations... et au moins jusqu'aux arrières grand parents... Et je n'ai pas le souvenir que premier-père ait jamais eu de deuxième nom...

J'entends la porte de la chambre s'ouvrir doucement. Un bruissement d'étoffe.

- Tu ne devrais pas être là Drago.

- Je le sais père... je le sais. Mais c'est un des seuls endroits qui ne me forcent pas à jouer. Et j'en ai assez de jouer tout le temps. Harry et Tom aussi doivent en avoir assez... à l'instar de mère et toi d'ailleurs. Je suis désolé pour ça, je sais que je devrais aller le voir, lui demander de revenir, faire en sorte que les choses changent. Mais il faudrait pour ça que je trouve la force de faire face à son mépris et ça... ça je ne l'ai pas encore.

Je n'ai fait que chuchoter. Pourquoi parler fort alors qu'il est là, à quelques centimètres, une main posée sur mon épaule. Il ne sait pas ce que je ressens. Ne fait même pas semblant de savoir, il ne dira pas "je comprends" parce qu'il sait qu'il ne comprendra pas. Et il remerciera Morgane de lui avoir épargné ça je pense. Ce droit qu'on nos enfants de nous destituer du droit parental, du privilège de les voir et de les élever est injuste envers nous. Envers eux aussi souvent. Parce que bien souvent ces enfants fuient aussi loin qu'ils peuvent et jamais ne retrouvent le chemin du retour. J'ai cette chance de savoir où Mordred vit pour le moment. J'espère juste qu'il reviendra... mais de jour en jour mon espoir s'amenuise au son de ce violon... Ce violon qui n'est pas à moi. Je ne sais même pas s'il est à la famille. A.J.M. Abraxas Malfoy sans doute, premier père... A qui appartient ce J ? Qu'en sais-je? Et j'ai peur de savoir dans un sens. Savoir entraîne souvent d'autres questions qui font fouiller les passer. Souvent troubles, que l'on veut cacher. Et qui amènent à leur tour d'autres questions insolubles. Je n'ai pas envie de chercher, encore et encore, pour me rendre compte que ce n'est pas important au final. Qui sait, ce n'est peut-être qu'un surnom qu'il s'était trouvé étant jeune, il y a bien longtemps. C'était peut-être son deuxième prénom que j'ignore. Le nom de famille de son propre père qui n'était pas Malfoy. Le nom de jeune fille de Grande-mère. Le nom d'un amour qu'il aurait-eu à Poudlard. Ou alors rien de cela et autre chose encore. Quelque chose que je n'imagine pas pour le moment, que je n'arrive pas à saisir...

- Père...?

- Oui.

- Est-ce que ton père avec un deuxième prénom?

- Pas à ma connaissance. Pourquoi?

- Pour rien... Je n'aurais peut-être pas dut l'appeler Mordred. Le destin du premier à être nommé ainsi a été assez tragique non. Tu crois en cela père? Qu'un nom peut influer sur la personnalité de quelqu'un.

- Non je n'y crois pas. Et le destin du premier à avoir été appelé Mordred sera bien différent de celui de ton fils Drago. Ils n'ont rien en commun, si ce n'est qu'ils descendent de la même personne. C'est tout.

- Fils d'alliance tous les deux.

- Le premier était fils de Beltane, le tien ne l'est pas. N'essaie pas de leur trouver des points communs, il y en a, mais cela n'avance à rien.

- Sans doute as-tu raison père... Je peux... dormir ici?

- Tu es chez toi.

Sa main se serre un peu sur mon épaule, une légère pression puis il s'en va. J'entends la porte qui se referme sur lui. Pourquoi est-ce que j'ai posé cette question? Par Morgane qu'est-ce qui m'a pris? Tom pourrait peut-être savoir, après tout ils étaient à Poudlard ensemble. Si ce J signifie quelque chose rattaché à cette époque il est peut-être dans la confidence. Sinon je demanderais à grande-mère, elle a passé sa vie auprès de père après tout... elle peut savoir elle aussi ce que cela signifie.

Foutue curiosité, elle me perdra j'en suis certain. Je sais déjà, d 'avance, que cette lettre va m'apporter des ennuis. Je le sens. C'est forcé... Je demanderais à Tom demain. Il doit savoir... J'espère qu'il sait. J'aimerais tant savoir moi ce que ça veut dire ce J … Sans doute rien d'important... peut-être quelque chose qui va tout changer dans ma vie. En bien ou en mal.
Si c'est en bien alors ce sera une bonne chose que d'avoir demandé. Si c'est en mal... j'aviserais à ce moment là, je ne sais pas comment je pourrais réagir face à une autre mauvaise nouvelle. J'y songe... toute la nuit, enfin ce qu'il en reste. Il est très tôt lorsque père me laisse seul avec mes pensées, tôt le matin s'entend... J'y songe... je ne sais lorsque ces songes m'emmènent vers le sommeil. Je ne m'en suis pas rendu compte, mais ce n'est pas plus mal. C'est l'odeur d'un petit déjeuné qui me sort de ce sommeil qui m'a englouti sans que je m'en aperçoive. Il fait cela depuis que je reviens au manoir. Chaque matin père demande aux elfes de m'apporter quelque chose à manger. Il sait que je ne mange plus beaucoup... il en a peur je pense... Je ne peux l'en blâmer. Il faut dire qu'il a des raisons de craindre et de veiller à ma santé. Après cette histoire d'éther... il a toutes les raisons de craindre pour moi... Enfin non pas vraiment, il aurait toutes les raisons de craindre à cause de mes antécédents, c'est logique. Mais je ne compte pas essayer de nouveau d'atteindre l'éther. Y plonger est douloureux, en revenir est pire. Une fois m'a suffit je pense... Mais c'est vrai que mon état n'est pas des plus reluisant.

Je suis pathétique en vrai. J'en ai assez de réagir à tout de façon si excessive. Donner une Raiponse, l'éther, ma haine envers Tom, ma réaction rapport à Mordred... Tout est tellement excessif. Il faut que je change ça... tout va changer dans peu de temps.

Après m'être levé, lavé, habillé, et bien sûr avoir fait honneur au petit déjeuné histoire de rassurer père, je retourne au château. Il est tôt, ils doivent encore dormir... du moins Harry doit certainement dormir, Tom c'est difficile à dire mais je suppose que oui encore. Peu importe. Pour une fois je ne regagne pas ma chambre et vais directement dans les appartements de Tom.
Cependant ce n'est pas eux que je vais voir, je vais directement dans le bureau de Tom. J'ai des choses à faire. J'en ai marre de jouer tous les jours. Je dois mettre mes idées en place.

L'idée générale est simple. Me servir des mangemorts de base comme d'un genre de milice secrète. Je m'explique. Au niveau de la justice, au ministère, on trouve les Auror et ensuite le Magenmagot. Le problème c'est que tout ce beau monde se doit d'être... dans la plus extrême légalité. Ce que je compte mettre sur pied c'est quelque chose de parfaitement illégal qui ne servira pas le ministère mais Tom.

Vous me direz... les mangemorts font déjà ça. Oui certes, ils obéissent à Tom, c'est vrai. Mais jusqu'ici leur rôle ne consistait qu'à être une armée. Là ce que je veux c'est plus compliqué. Pour le moment Tom n'a pas fait passer la majeur partie de ses idées au ministère. Et pour cela il faudra du temps. Ces mangemorts que je vais remettre en activité vont appliquer les idées pure de Tom. Ils ne vont pas tuer (ou si peu). Mais ils vont faire appliquer une certaine loi dans les rues. Par la peur si cela doit arriver.

Ils auront des missions simples, certains objets interdits vont être remis en circulation, certains sorts vont refaire surface, l'économie qui fait venir et partir tous ce qui est illicite pour le moment va peu à peu refaire surface,... des chose à peu près comme ça. Petit à petit cela va revenir dans les habitudes, on s'habitue très vite aux nouvelles choses qu'on peut utiliser pour faire souffrir son prochain. Cependant il y aura une forte répression pour les meurtres commis avec ce qui va revenir. Et c'est cette "milice" de mangemorts qui va s'en charger. Les Aurors ne sont pas assez efficaces pour ça, les voies administratives et légales sont trop lentes... et la loi du Talion est tellement plus exemplaire.

Et c'est pour ça que je suis là ce matin. Pour rechercher les mangemorts qui pourraient faire partie de ce groupe... de ces groupes. J'ai demandé les moyens de pression dont disposait Tom sur chacun des siens. Et ça va m'être amplement utile. Les mangemorts les moins fidèles à la cause se sont rangés, ils en ont eu le temps, il faut donc que je les fasse bouger. Je ne veux pas prendre les favoris, ceux qui étaient en première ligne à l'époque. Pourquoi...? Parce que ceux là auront sans doute une utilité et une importance bien plus grande dans les années qui viennent. Ceux là savent penser par eux même et savent servir comme il se doit. Ils font preuve d'initiative mais toujours en suivant la volonté de Tom. C'est ce qui les différencie des autres. Les autres sont soit indisciplinés sans menace, soit se sont de simples moutons qui suivent sans se poser de questions... Dans toute armée il y a des fantassins, des officiers, et un chef... En gros c'est la seule hiérarchie visible chez les mangemorts. Après quand on est dans le système c'est un peu plus compliqué mais le public n'a pas à savoir cela.

Au moins ces recherches, tout ça... ça a le mérite de me vider la tête, de me faire penser à autres chose. Autre chose que Mordred en somme... Et puis c'est utile dans l'absolu non? Si ça l'est, ça l'est forcément.

- Drago? Qu'est-ce que tu fais là?

Je sursaute assez violemment, je ne l'ai pas entendu approcher du tout, pas le moins du monde. Quand je disais que cette histoire m'occupait l'esprit.

- Bonjour Tom je... J'en avais assez de m'apitoyer sur mon sort, je me suis dit qu'il fallait que ça change. Donc je reprend ce que j'avais commencé avant que Mordred ne parte.

- Tu m'inquiètes Drago.

- Pourquoi? C'est fou ça. J'inquiète quand je déprime, j'inquiète quand je ne veux plus déprimer. Il faut que je fasse quoi pour ne plus inquiéter personne...?

- Ce sont tes changements brusque d'humeur qui m'inquiètent, ce n'est pas normal.

- Pas normal par rapport à ce que j'étais avant l'éther. Si c'est normal, j'ai changé, l'éther m'y a forcé, la naissance de Mordred m'y a forcé, vous revoir Harry et toi m'y a forcé. C'est normal si j'ai changé.

- Je ne dis pas le contraire, mais que tu passes d'un extrême à l'autre avoue que c'est troublant.

- Peut-être... je le vis de l'intérieur je ne sais pas ce que ça donne pour vous. Tu me laisseras continuer quand même...?

Il s'approche de moi, m'embrasse comme si c'était tout à fait naturel, comme s'il avait effacé ces années.

- Si cela peut te permettre d'aller mieux.

Puis il sort de la pièce. Là c'est moi qui suit troublé. Vraiment... Je savais que je n'allais pas lui en vouloir toute ma vie de m'avoir ramené de l'éther, je suis rancunier mais jusqu'à un certain point seulement. Mais là c'est... c'est rapide pour moi. Enfin... je ne le déteste pas, du moins plus. Je sais que je l'aime, ça c'est une constante. Mais... ça c'était trop rapide... Enfin je veux dire je ne connais pas son sentiment à propos de cette histoire, je ne veux pas présumer et finir par me rendre compte que je me suis trompé. Ça fait mal de se tromper vous savez...

Je n'ai pas envie de souffrir encore... Pourquoi je pense à ça? J'ai d'autres priorités pour le moment, il faut que je termine ce que j'ai commencé. Il faut absolument que je continue, et que je ne pense qu'à ça. Penser à autre chose peut ne pas être une bonne idée en fin de compte. Penser c'est assez pour ceux qui n'ont pas de problème... C'est utile quand ça peut servir... Penser à soi quand la situation n'est pas géniale n'avance à rien. Alors penser à autre chose est plus utile je trouve pour le moment.

Je passe la journée dans cette pièce à chercher, compiler, retrouver, j'envoie des hiboux au ministère... enfin à nos contacts du ministère. Je me vois mal envoyer des demandes sur des personnes du commun aux employés du ministère. En plus de me répondre non ils mettront du temps à me répondre. Et donc des démarches pour rien, profondément inutiles. Alors que là j'ai toutes mes informations en un temps recors. Et comme ça je peux continuer à travailler. Il le faut, pour ne pas penser... juste ne pas penser que Mordred n'est pas là, qu'il n'est pas non plus au manoir... qu'il est avec Grande-mère qui ne le garde que pour une basse vengeance... Se venger contre moi qui ait eu l'audace de donner un enfant à Tom qu'elle hait plus que tout... Et ce pour une raison qui m'est totalement obscure. Il y a tant encore que j'ignore sur Tom, et que père sait sans doute... C'est comme s'il connaissait toute sa vie. Et ce qu'il ne sait pas il semble le deviner. C'est fou ça... S'ils ne m'avaient pas assuré tous les deux qu'il ne s'était rien passé j'aurais été paranoïaque jusqu'à la fin de ma vie. Mais bon... c'est juste que père le connait depuis qu'il est tout jeune, il est devenu mangemort plus tôt que les autres en général. Il avait choisi sa voix très rapidement. Allez savoir pourquoi? Peu importe ce n'est pas le sujet. Il faut que je continue ces fichues recherches.

Il doit y avoir une ironie cosmique dans ce que je fais... Je me lance à corps perdu dans quelque chose pour oublier que mon fils est partit... précisément parce que je me jetais à corps perdu dans ces recherches... Enfin c'est d'une ironie cruelle tout de même... Il faut le reconnaître...

Je pars dans un rire sans m'en rendre compte, sans presque m'entendre moi-même. Un rire entre l'hystérie et les larmes. C'est minable. Vraiment. De mon point de vue ça l'est en tous cas.

Après un temps que je ne saurais définir, je ne sais pas ce qui a alerté Tom... m'entendre rire tous seul comme un fou ou la magie que je dois dégager. Et de la magie je dois en dégager... privilège des sang-pur sans doute, faire partager vos états d'âme à tous ceux qui vous entourent si vous avez le malheur de ne pas vous contrôler un minimum. Ce qui est entrain de m'arriver d'ailleurs... allez savoir pourquoi.

En moins de temps qu'il ne m'en faut pour le réaliser je suis entrain d'avaler une potion, sans doute pour me calmer... sans doute. J'ai dut arrêter de rire non...? Peut-être pas. Harry a l'air inquiet... qu'est-ce qu'il fait là? Depuis quand il est là? Pourquoi...?

Pourquoi j'ai envie de pleurer maintenant? Pourquoi j'ai envie de jouer? Pourquoi il faut absolument qu'à chaque fois que les choses changent je n'arrive pas à suivre? Pourquoi... pourquoi toutes ces questions? Je crois que c'est du désespoir qui se mêle à ma peur de presque tout. Un bon mélange si jamais j'avais envie de me tuer... Ce que je n'ai pas envie de faire soit dit entre nous. Je me sens faible... Pourquoi je ne dors pas déjà? Normalement ce que j'ai bu là... il y a quelques secondes ça devrait déjà faire effet si c'était une potion de calme ou de sommeil. Et pourtant j'ai toujours l'impression de naviguer entre fou rire et crise de larme, c'est désagréable... Avec l'impression d'être au bord d'un immense gouffre prêt à m'engloutir au moindre mouvement de ma part... Un gouffre, sans fond, noir...

Un noir qui m'envahit peu à peu, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que ça, les réconfortantes ténèbres de l'inconscience.

A mon réveil la crainte ne m'a pas quittée. Mais elle est toute autre. Avant je ne savais la définir... là j'ai peur d'ouvrir les yeux parce que je sais ce qu'il y a autour de moi. Je sais que la main qui repose sur mon ventre, qui bouge un peu de façon aléatoire et désordonnée, inconsciente, c'est celle de Tom, je sens également sa chaleur dans mon dos, son souffle dans ma nuque, sa puissance qui irradie aussi, qui me réchauffe... Et je sais que la main qui tient la mienne juste à côté de ma tête sur l'oreiller, c'est celle de Harry, ainsi que ce souffle chaud qui s'échoue sur mon visage... Je ne sais pas pourquoi je suis avec eux et pas dans ma chambre, de l'autre côté du château. Je ne sais pas certaines chose et j'ai parfaitement conscience d'autre... et c'est ça qui m'effraie. Ce que je sais et ce que j'ignore, les deux combinés...

Peur d'une idée... non c'est même pire que ça anticipation de la peur d'une idée. C'est pathétique. J'en ai vraiment assez d'être...ça. Quelque chose d'à peine fichu de se concentrer quelques minutes pour oublier qu'il a foutu sa vie en l'air. Parce que c'était bien de ma faute non...? C'est moi qui ai déconné avec Harry. Pourquoi j'ai voulu de lui à la base? Parce qu'il me fascinait. Sans doute. Et pour ça j'ai tout foutu en l'air avec Tom... Tom lui qui voulait faire une Alliance, qui l'avait déjà prévue... Et qui a tout arrêté suite à la découverte de la plus monumentale connerie de ma vie... que je n'ai même pas le bon goût de détester... Ça je n'y arrive pas. Je ne peux pas détester Harry. Autant que je ne peux pas détester Tom... Voire je les aime mais ça ce n'est pas une nouveauté n'est-ce pas? Ça fait juste quinze ans que je les aime et combien de temps j'ai passé avec eux deux... je veux dire eux deux ensemble. Environ deux mois au maximum si je me souviens bien et ils n'arrêtaient pas de se crier l'un sur l'autre. Quelle joie.... Et maintenant que ce rêve peut exister j'en ai peur. Combien de temps ça peut durer? Mordred il dira quoi s'il revient? Que diront père et mère? Severus? Quelles incidences cela pourra voir sur l'image de Tom au ministère. Son couple avec Harry est un bon point de son côté, avec deux hommes tout de suite c'est autre chose. La donne change totalement. Et j'en ai d'autre des questions comme ça beaucoup je pense. Je peux en trouver à volonté ou presque je pense, ce n'est pas un problème.

- Pourquoi tu es si tendu Drago...?

En voilà une autre question. Et pourquoi il a fallu qu'il se réveille aussi lui? Sa main sur mon ventre se fait plus présente. Pas désagréable ni gênante mais juste plus présente. Il faut que je trouve une réponse. Une réponse à ne pas dire fort, Harry doit toujours dormir sa respiration n'a pas changé du tout.

- Parce que j'ai ruiné ma vie peut-être? Que la seule personne avec qui j'ai dormi depuis ces foutues dix années c'est Mordred, c'est un peu différent de vous deux...

- Détend toi. On n'a pas voulu te changer de chambre hier, tu dormais trop tranquillement pour qu'on y pense.

Je baisse la tête, pourquoi je n'en sais rien, sûrement une sorte de réflexe...

- N'attend rien de moi Tom.

- Je ne te demande rien...

- Le violon de père est toujours dans ma chambre?

- Oui... Pourquoi tu n'as pas joué hier?

- Je sais l'incidence que cela peut avoir sur la magie. Sur les sang-pur cela peut-être désastreux, de même que sur les demi-sang qui ont une magie résonante. Tu as ce genre de magie, Harry je ne sais pas... je n'ai pas envie de le découvrir.

- Si cela empêche une réaction comme celle d'hier je pense que nous devrons accepter de t'entendre jouer Drago. Et ne t'en fais pas pour nous.

- Je vais essayer.

Sur ce je me lève, le plus doucement possible. Comme je l'avais supposé Harry dort toujours. Il est adorable comme ça, il a un air innocent. Un air qu'on ne retrouve pas chez ceux qui ont vécu la guerre, quand bien même elle s'est plutôt bien finie si on s'y attarde un peu... C'est vrai, la paix avec Tom, les mangemorts inactifs, les créatures magiques assimilées aux sorciers, les guerres intestines arrêtées,... C'est plutôt positif en fin de compte.

Et Tom... toujours égal à lui même. Il me regarde, sans que ses yeux disent quoi que ce soit en bien ou en mal. Il analyse simplement, avec un regard froid. Un regard froid et un sourire qui me réchauffe, qui dit que ce n'est pas grave... Un sourire que je n'aime pas parce que... même si ce n'est pas de la pitié, moi je le vois comme ça...

Finalement je sors de la chambre, doucement. Tom s'est recouché, le soleil n'est même pas encore levé... Je traverse le château froid. C'est étrange de ne plus y voir personne alors que mes souvenirs le montre plein de gens... C'est presque triste... ou glauque au choix. Je retourne dans ma chambre. Je reprend le violon et sans attendre plus je sors. C'est encore dehors qu'ils m'entendront le moins je pense.

La falaise... c'est magnifique... Je commence à jouer sans m'en rendre vraiment compte. Je n'ai plus mal aux doigts à force de jouer, je pourrais en saigner que je ne le sentirais pas je pense. Et puis cette musique... Je n'ai jamais appris à jouer de ma vie, jamais, et pourtant les notes que je sors sont justes, et la mélodie se tient...Ils disent que c'est le sang. Cela doit être vrai. Le sang ou l'instinct. Le fait est que jouer me calme. Chaque note allège mon esprit d'une préoccupation. Mordred, Tom, Harry, père, mère, Severus, les mangemorts, Poudlard, Grande-mère, l'orphelinat,... et tant d'autres choses me sortent de l'esprit pour qu'il n'y reste plus que la musique, cette mélodie sortie de nulle part. Peut-être d'un souvenir inconscient. Quelque chose que mère chantait ou jouait alors qu'elle était enceinte. Peut-être que c'est une musique qui est charriée par le sang... Peu importe, le fait est qu'elle me soulage de tout. Et ça fait du bien... beaucoup de bien. Je sais que c'est dangereux, je ne vois pas passer le temps. Mais c'est quantité négligeable je trouve... Il y a bien pire que de ne pas voir le temps passer je pense. Enfin sans doute. Peu importe.

Enfin... c'est un peu inquiétant tout de même. La seule personne que je vois après Tom aujourd'hui, c'est Harry... Il vient me dire que je devrais arrêter de jouer et rentrer... Il fait nuit de nouveau. Il me dit que c'est le soir et plus le petit matin... Quand je disais que je ne voyais pas le temps passer. Ce n'est pas grave. Je suis encore un peu ailleurs alors que la soirée passe. J'ai toujours cette musique dans les oreilles, toujours je l'entends. Des fois je surprends mes doigts à bouger encore comme si j'avais le violon entre les mains... C'est étrange mais pas tellement dérangeant, du moins pour moi. Je vois bien les yeux de Harry quand je me perds à faire ça... Il s'inquiète. Encore, comme tout le monde...

Je n'ai pas été élevé comme ça moi... Ce n'est pas dans ce but que j'ai été élevé... Je dois pouvoir pourvoir à mes besoins moi-même quels qu'ils soient. Et là je suis juste dépendant, faible, incapable de rester seul sans me morfondre jusqu'à la déprime. Et cet état me déprime encore plus que je ne le suis... Un cercle vicieux comme il en existe peu je pense...

Je l'ai dit avant : une ironie cosmique. Morgane m'en veut à mort sans doute, je ne vois que cela. Et quand je commence à rire de mes délires mentaux Harry et Tom me regardent comme si j'avais perdu la tête. Ce qui doit être le cas finalement. Je n'ai pas d'autre explication à mes changements d'humeur sinon. Je suis constamment au bord du rire comme au bord des larmes. C'est fatiguant comme situation quand on regarde de plus près. Ça m'épuise... Mes nerfs me lâchent les uns après les autres, ça doit être ça... Et on ne peut pas dire que ce soit très positif. Quand ils m'auront tous lâché ça fera quoi? Je suis curieux en général, mais là je n'ai pas envie de savoir étrangement. Il y a des informations qu'il vaut mieux se garder de connaître. Je reprends pied dans la réalité en face de deux lacs verts inquiets. Encore...

Avec un sourire, peut-être doux, peut-être simplement faible, je pose une main sur sa joue, rassurant. Et dans un élan que je ne contrôle pas je pose mes lèvres sur les siennes. Doucement. Il sursaute, se recule un peu.
Mais quel con je fais des fois...

- Je suis dés...

Enfin peut-être que j'aurais pu être désolé... si sa bouche n'était soudée à la mienne. Si sa main n'était sur ma nuque. Si sa magie ne rayonnait pas... Si tellement de choses qui ne sont pas. Lorsque ses lèvres délaissent les miennes sa tête se pose contre mon épaule. Je le sens sourire, je sens sa magie si calme, si paisible... Il s'assoit ensuite au sol, sa tête reposant, avec un demi sourire, sur mes cuisses. Si calme... Une de mes main va distraitement caresser ses cheveux, naturellement. Je croise le regard de Tom, il sourit. C'est étrange pour moi, très rapide et en même temps agréable.

J'aimerais tant pouvoir croire à ce rêve...

Tom s'approche, pose une main sur ma joue. Sa peau est tellement chaude...

- Tu penses pouvoir nous supporter pendant une nuit?

C'est très clairement une référence à ce matin. Il sait que j'ai eu peur. Pas d'eux, mais de leur présence. Ça fait dix ans que les seuls contacts que j'ai sont avec Mordred, grande-mère ou peut importe quelqu'un de la famille... Eux c'est différent. Surtout maintenant qu'ils me font croire à nouveau que c'est possible...

Sa main me fait tourner la tête, jusqu'à ce que je rencontre ses yeux.

- Si tu ne t'en sens pas capable...

- Je viens. Puisqu'il le faut.

- Dray t'es pas obligé...

Je leur souris. Si il le faut si je veux que les choses changent. Je sais pourquoi je joue de ce fichu violon. Parce qu'il me manque quelque chose. Si je retrouve ça avec eux, peut-être que j'arrêterais de déprimer autant... Peut-être que tout rentrera dans l'ordre, que j'irais mieux...

Aidant Harry à faire de même je me lève. Le sommeil ne pourra pas me faire de mal de toute façon. Mais pour le moment je suis... tendu. J'ignore simplement quoi faire. Avant avec soit Tom, soit Harry c'était simple... Maintenant, après dix ans, ça n'a plus rien à voir... C'est bête je sais... mais on ne choisi pas des fois...

Mais le bras de Tom qui passe autour de ma taille, la main d'Harry dans la mienne me rassurent. Ça se voit tant que ça?

Arrivés dans la chambre Harry s'affale sur le lit, il est déjà à moitié en train de dormir... il n'est pourtant pas si tard que je sache. D'un sort Tom le change, je souris alors qu'Harry ronronne presque, sans le savoirs sans doute. La magie a cet effet agréable sur chacun... Je fais de même. Je ne me sens pas bien... c'est viscéral. Oui c'est de la peur aussi... mais... c'est compréhensible non?

Au final cette fichue nuit se passe tranquillement. Je pense que la fatigue de ne pas avoir arrêté de jouer doit être une cause de ma plongée dans le sommeil somme toute rapide.

Pendant deux mois cette situation dure. J'apprécie. C'est différent d'avant, mais j'apprécie... beaucoup. Je joue de moins en moins, mes recherches sur les mangemorts ont avancé à une allure folle, si bien que je peux demander à Tom de les convoquer. J'avoue être un peu inquiète à ce propos. Ce n'est pas devant Tom qu'ils vont transplaner, mais devant moi. Toute cette histoire est de mon fait, pas de lui. C'est moi qui suit l'origine de ça, l'idée est de moi,... Commander n'est pas un problème en soi, s'imposer à la place de Tom c'est autre chose. C'est à lui qu'ils ont prêté serment, pas à moi. Mais tout ira bien...

Jouer sur les cordes sensibles, faire chanter un peu, insister sur le fait qu'ils ont prêté allégeance et ce à vie,....

Tout devrait bien se passer... Et puis il faut bien que cette situation bouge aussi... Toma recommencé à jouer avec le ministère, à appuyer sur les points sensibles, à insinuer beaucoup de choses. Faire réfléchir est toujours une solution, engager le chemin de réflexion est bien plus pratique pour que les gens vous suivent. Surtout si vous avez des arguments convaincants... Du genre : ce serait bête que tes enfants n'aient plus de mère/père suivant qui j'ai en face de moi. Menacer sur la famille fonctionnez assez souvent, ça renforce les serments d'allégeance en général.

Ça m'aura prit en tout une semaine pour rallier tous ceux que j'avais en tête. Une longue... très longue semaine. Il y en a beaucoup qui disaient que cela faisait longtemps qu'ils étaient passés à autre chose, que le Maître c'était du passé, une ancienne histoire qu'ils voudraient oublier, une erreur de jeunesse pour certains. Ils ont rapidement changé d'avis en voyant que je pouvais mettre mes menaces à exécution... Tant pis pour eux. Et puis leurs marques sont un souvenir assez présent dans leurs vie pour qu'ils ne l'oublient pas. C'est ce qui est bien avec ce genre de marquage à vie, ça fait un peu bestiaux... mais ça ravive certains souvenirs. Ce n'est pas plus mal...

Je suis fatigué. Mine de rien c'est éreintant de parler pendant une semaine, de répondre à des questions par des menaces, entre autre chose... Et Tom a tenu ça pendant des dizaines d'années... Moi après une semaine je me sens vidé. C'est fou... ou alors c'est moi qui suis faible, au choix. En sortant de la Grand-salle je retourne directement aux appartements de Tom. J'ai un demi-sourire (froid hein on ne peut pas tout avoir non plus), les couloirs se remplissent peu à peu. Bientôt le bouche à oreille aura fonctionné et tous sauront que certains mangemots ont repris du service. D'autres viendront ensuite... ceux qui sont vraiment fidèles mais trop peu influant pour avoir fait quoi que ce soit, ou pas grand chose du moins. Et ceux là sont intéressants. Ils peuvent aider. Et ils aideront. Toute place est bonne à donner dans le cas qui nous concerne.

Bon... le moins évident sera de travestir la réalité pour que Harry l'accepte... Et ça ne sera pas très simple j'imagine. Bien qu'il ait vécu aux côtés de Tom pendant longtemps je doute qu'il ai changé de morale. Mais bon, en biaisant un peu on devrait réussir non? Je n'ai pas envie qu'il parte pour cette histoire, mais cette idée de voir Tom un jour réaliser ce rêve me tient aussi à cœur. Deux opposés presque parfaits dans leur façon de penser. Ils ne pouvaient pas se détester jusqu'à la fin de leurs jours, ensemble ils feront tellement plus que chacun de leur côté à se combattre. Et moi je serais là pour voir l'avènement de cette nouvelle façon de penser, de ce changement radical dans notre monde. Pouvoir contempler ces mouvements depuis les plus hautes sphères est une chose magique, vraiment... tellement impressionnante... Je crois que c'est sur cette pensée que je m'endors, cette semaine aura été très longue, et d'autres vont venir, plus longues encore...

Je me réveille au cœur de la nuit, j'ai froid et je suis seul. Qu'ils ne soient pas là m'inquiète. Je me lève et me rassure vite en ouvrant un peu la porte qui donne sur le salon. Ça fait un peu mal... Comprenez bien, ce n'est pas de les voir soudés l'un à l'autre, ou de voir les mains de Tom qui disparaissent sous le haut de Harry, de le voir onduler pour demander plus, ni leurs soupires, la tête de Harry rejetée en arrière, les lèvres de Tom qui parcourent sa gorge avec un mélange de dévotion et de passion... Rien de ça... ça ce n'est pas douloureux, c'est logique. C'est ne ne pas pouvoir les rejoindre qui fait mal. Pourquoi ne pas aller vers eux dans ce cas? Parce que j'ai peur...

La dernière fois que j'ai eu une nuit avec eux, le lendemain je décidais de partir et dix ans ont passé jusqu'à ce que je revienne. Je n'ai étrangement pas envie que cela se reproduise une fois de plus. La première fois m'a suffit amplement. Et puis... dix ans c'est long mine de rien... très long. Je referme le plus doucement possible la porte. Il n'est pas besoin que je les dérange... Je fini par retrouver le sommeil très tôt ce matin... enfin je crois...

Deux mois de plus passent. Le temps d'expliquer, en long en large et en travers aux mangemorts quelles seront leurs missions. Des les assigner chacun à un poste précis, dont ils ne doivent pas bouger et faire juste ce qui leur est demandé. De leur rappeler que les serments qu'ils ont prêté sont toujours d'actualité et le seront jusqu'à leur mort, et que la marque n'est pas juste un joli tatouage sans histoire et banal. C'est épuisant...
Ça a l'avantage que je n'ai plus touché à ce violon depuis deux mois mais quand même. J'ai à peine le temps de dormir, de somnoler serait plus exact, ne parlons pas de manger ça c'est quand j'ai le temps... et surtout quand Harry vient me sortir de tout ça pour me dire qu'il faudrait que j'avale quelque chose avant de m'évanouir. Quand il s'inquiète comme ça, pour une raison valable, c'est agréable...

Je les entends parler des fois... ils disent que je vais mieux, mais qu'il faudrait que je retrouve un rythme de vie normal... Mordred revient souvent dans leurs conversations aussi... Il me manque, mais je pense que je n'ai pas trop le choix pour cette histoire. Et puis il est avec Grande-mère, il ne risque rien. Elle peut dire ce qu'elle voudra cet enfant est de son sang quand même. Et il a tellement besoin de quelque chose de structuré autour de lui... Il comprends plus vite et plus facilement qu'un enfant de son âge ne le devrait, c'est un fait, mais ça implique aussi qu'il supporte plus qu'un enfant de son âge ne le devrait. J'aimerais qu'il revienne... que mon état se stabilise enfin et que j'arrête de déprimer pour un rien. Et puis avec lui je suis certain que ce que m'a montré Tom pourra se réaliser, enfin. C'est un beau rêve, mais je voudrais que ce soit plus qu'un rêve. Une réalité ça pourrait être pas mal. Je pense que je pourrait m'acclimater à ce genre de réalité assez facilement.

Je sens deux bras m'envelopper les épaules. J'ai un mauvais réflexe de sursauter, alors que je sais très bien qui c'est... Ça m'énerve ça.

- Dis moi quand je pourrais récupérer mon bureau Drago.

- Je ne sais pas Tom. Pour ce soir ça sera tout je pense...

- Tu ne devrais pas travailler autant, tu te fatigues beaucoup.

- Tu as fait ça pendant des années sans montrer de grande fatigue.

- Les circonstances n'étaient pas vraiment les mêmes tu sais. J'avais avec moi une puissance qui n'a toujours pas trouvé d'équivalence, j'avais une ambition pure, les idées claires, je ne faisais pas cela pour oublier, et j'étais seul. Cela n'a rien à voir avec toi. Depuis des années Drago tu n'as rien fait qui te prenne autant de temps. Si ce n'est Mordred, et encore une fois c'est bien différent d'élever un enfant que de conduire une armée, si réduite fut-elle.

Je baisse la tête. Qu'est-ce que vous voulez répondre à ça? Il a raison, et nous le savons tous les deux. J'aimerais retrouver mon aplomb d'avant, un regard que je pourrais dire fier, une assurance à toute épreuve. J'aimerais bien retrouver le caractère que j'avais avant, et pas rester cette chose soumise qui tremble à chaque changement et qui fuit pour oublier.

Je sursaute une nouvelle fois lorsque je sens le souffle de Tom dans mon cou. Je me détends rapidement. Depuis deux mois qu'il tente de m'approcher doucement, calmement, sans me brusquer... deux mois que je fuis encore...

Ses lèvres se joignent à son souffle et me font frissonner. Néanmoins je me repose contre le dossier du fauteuil, me détendant plus encore, une main passant hésitante derrière sa tête. Je n'ai pas envie qu'il parte... ou qu'il ne me laisse partir. Ça fait du bien... mes yeux se ferment seuls alors qu'un sourire étire mes lèvres. Ça faisait longtemps...

Ses lèvres dérivent doucement jusqu'aux miennes pour les ravir avec un empressement contenu. Il me laisse au bord du souffle, mais toujours avec ce sourire. Il me fait lever et dans un geste que je ne suis pas s'assoit à ma place, m'attirant contre lui. J'aimerais me fondre dans sa chaleur, maintenant. Ses mains remontent sur ma peau, jusqu'à me faire retirer ma chemise. J'ai besoin de lui... maintenant...

En peu de temps, et ne demandez pas comment je serais incapable de le dire, je me retrouve au creux de draps en satin, sur un lit que je connais très bien. Cela fait trop longtemps pour mon bien. Je ne suis que gémissements et plaintes étouffées entre ses mains, sous ses doigts qui me parcourent sans répit, sous ses lèvres qui me torturent...

Du moins jusqu'à ce que ses mains parviennent à une barrière qui m'effraie toujours. Je sursaute alors que ses doigts se glissent sous la ceinture de mon pantalon, tentant de me défaire de lui. Ses mains se serrent sur mes hanches alors que son regard se plante dans le mien, à la fois menaçant et amusé.

- Tu n'as pas changé, quelque soit la raison tu n'as jamais apprécié cela...

- C... c'est que...

- Ce n'est pas la peine de te justifier. Tu n'as pas changer c'est tout.

Et comme si rien ne venait de se dire il reprend où il en était. Sans que je m'en rende compte le reste de mes habit n'est plus qu'un lointain souvenir. Je frissonne, je ne sais si c'est de froid, d'anticipation... ou si c'est de sentir son souffle qui me parcoure... ou de peur simplement... J'ignore d'où ça vient mais le résultat est le même, je sens son sourire conte mon aine. J'ai peur... c'est très clair... et pour rien au monde je ne voudrais qu'il arrête.

Je pense me briser le dos alors que ses lèvres se referment sur moi. J'avais oublié le bonheur... Sa chaleur, sa puissance, ce qu'il me donne, ce qu'il ignore... l'importance de ce qu'il fait pour moi... que ça a pour moi...

Je ne me rends pas compte que mes mains se sont perdues dans ses cheveux, que des larmes roulent silencieusement de mes yeux... Ça faisait tellement longtemps... La chambre résonne de mes gémissements que je ne parviens pas à retenir... en même temps ce n'était pas comme si j'en avais envie...

Et pourtant je le retiens, le ramenant à mes lèvres alors que je me sens partir. Pas comme ça, pas déjà... Il prend ma bouche, impérieusement, conquérant,... seigneur en ses terres...

Ses mains repartent à l'exploration de mon corps... une fois de plus j'ai du mal à me retenir de tenter de m'échapper. Je sens ses doigts aller différemment lorsqu'il passe sur mes cicatrices, celles qu'il m'a fait... Celles dont j'aurais honte jusqu'à la fin de ma vie je pense, celles que je tenterais de cacher aux yeux du plus grand nombre...

- Tu es magnifique, quoi que tu penses.

J'ai envie d'y croire... l'esthétique dans la famille, chez les sang-pur est importante... Et ces cicatrices sont tellement...

Je me crispe dès que je sens un de ses doigts s'enfoncer en moi. J'avais oublié... encore... oublié tant de choses... Ce n'est pas douloureux juste... trop étrange pour moi maintenant. Mais ses lèvres me rassurent, me font oublier l'espace d'un instant, me calment. Je me détends doucement. Avant de recommencer le même manège sous l'intrusion d'un second doigt. A force de sa patience, de son calme et de ses paroles je parviens à nouveau à me relaxer. Pour le dernier doigt par contre ce sont les yeux d'Harry, embués de désir qui distraient mon attention.

Je le vois retirer ses vêtements, un à un, lentement. Ses yeux ne quittant pas les miens. Je me sens faible ainsi soumis devant lui... Lui semble seulement n'attendre qu'une chose, le moment de nous rejoindre. Je l'attend aussi. Vraiment... Comme dans un rêve... mon rêve.

Je souris, qu'importe l'inconfort, alors qu'il approche, d'une démarche qu'il veut mesurée alors qu'il est plus pressé que jamais je pense. Il applique son idée dès que je tends une main vers lui. Il approche alors, mais avant qu'il n'ait pus être assez près pour que je ravisse ses lèvres, Tom le fait. Il le retient dans son élan lui faisant tourner la tête et s'en suite un baiser que je n'aurais jamais espéré voir. Puis Harry se détache de Tom et m'embrasse à mon tour.

J'étouffe un cri entre ses lèvres lorsque je sens Tom me prendre. Mes larmes par contre je ne peux les dissimuler. Une main les essuie alors que d'autres sont déjà sur ma peau, me distrayant de la douleur.

Mais ce qui me fait totalement occulter cette sensation et ouvrir les yeux, que je n'ai même pas remarqué avoir fermé, c'est Harry qui s'empale sur moi. Ses lèvres me ramènent à la réalité et me font me rendre compte que je ne respirais plus. Lorsqu'il abandonne ma bouche ce n'est que pour aller quémander celles de Tom. Tom qui accède à cette demande avec un sourire rare. Cette vision, et les sensations qu'ils me font ressentir pourraient me faire me rendre dans l'instant. Nous restons dans cette position, eux à s'embrasser, moi à me repaître de ce spectacle, pendant quelques instants, le temps pou nous de nous habituer. Puis mes mains viennent se poser sur les cuisse de Harry qui à ce moment plonge ses yeux dans les miens. Ses yeux pratiquement noirs à ce moment là. Et Tom amorce un premier mouvement qui nous arrache un gémissement, à mi-chemin entre la douleur et le plaisir.

Puis s'ensuit une danse effrénée, ponctuée de soupirs, de gémissements, de cris parfois. Les mains se meuvent, parcourent tout ce qu'elles peuvent trouver, chaque morceau de peau est honorée. Parfois nos mains s'enlacent. Mais dire à qui appartient laquelle relève pour moi de l'impossible. Mais qu'importe je ne suis attiré que par les sensations que je donne et reçois.

Lorsqu'un moment une de mes mains se retrouve dans une de celles d'Harry je le sens se crisper. Il a la tête rejetée en arrière, le souffle court. La main que j'ai de libre vient alors flatter son sexe. Ses plainte redoublent. Lorsqu'une des mains de Tom vient se joindre à la mienne et en quelques gestes Harry se rend entre nos doigts enlacés. Je viens à mon tour le sentant se resserrer autour de moi, entrainant Tom par la même occasion. Nous finissons par nous écrouler les uns sur les autres, essoufflés, les yeux fermés, nos mains n'en finissent pas de parcourir nos peaux, sans relâche mais doucement. Puis Tom fini par se retirer de moi et vient s'allonger à mes côtés, Harry fait de même.

Je pense que je suis juste heureux à ce moment là... juste heureux que Tom m'ait ramené de l'éther, heureux qu'il m'y ait envoyé sinon la situation serait toute autre. Il n'y a aucune ombre dans le tableau de cette nuit. Aucune... Je me tourne vers Harry, la tête contre sa nuque, respirant son odeur. Tom peu après se colle à mon dos. Je me demande si une situation peut durer toute une vie... ça serait bien... tellement bien... Le sommeil vient me prendre alors que je pense à ça.

Je suis réveillé par les lèvres de Tom qui parcourent ma gorge. Doucement, son souffle me fait frissonner. Des réveils de ce genre j'en veux bien tous les jours. Alors que je souris et que je me tourne vers lui il vole mes lèvres dans un baiser impérieux, intense... qui achève de me tirer du sommeil avec délice.

- Comme ça, tous les jours Tom.

- Si tu veux. Je n'y vois aucune objection.

Je souris puis reprends les lèvres de Tom brièvement. Je me tourne vers Harry et fais de même avant de me lever. Étrangement une certaine partie de mon anatomie proteste contre mes mouvements. Tant pis, il faut que je bouge si je veux que cela passe. Je vais prendre une douche, appréciant le calme et ce que je viens de retrouver. C'est tellement étrange, comme un rêve éveillé. Juste de la chance... Une foutue chance. Dont je suis pleinement heureux.

Il me reste deux petites choses à régler et tout sera pour le mieux. Premièrement, la plus importante, à laquelle je dois absolument parvenir, faire revenir Mordred. Et ensuite je demanderais à Grande-mère pour les initiales sur le violon de père. Mais si elle ne sait pas j'abandonnerais sans doute. Ce n'est pas très important. Juste que j'aimerais savoir...

Après cette douche qui me réveille complètement, me remet quelques idées en place, je dis à Tom et Harry, qui s'est réveillé entre temps, que je sors. Je ne pense pas rester dehors très longtemps mais je préviens tout de même. Et enfin je pars pour Londres. La dernière fois que j'ai fait ça, ça m'a pris 10ans pour revenir. Un sourire un peu ironique se dessine sur mes lèvres alors que je frappe à la porte.

Un elfe me fait entrer et assoir dans le salon. Grande-mère arrive.

-Tient donc... Tu es acharné Drago.

-Pour ce qui me tient à cœur Grande-mère oui. Où est Mordred? J'aimerais lui parler.

Elle soupire et le fait appeler. Les yeux de mon enfant s'éclairent un instant quand il arrive dans ce salon. Mais ils ont quelque chose de gris qui m'inquiète... Ça passera, je le ferais passer s'il revient. Grande-mère se retire et nous laisse seuls. Pendant... pendant longtemps nous parlons. Très longtemps. Il faut que je le convainque, que je réussisse à le faire me suivre. Il est rancunier, très rancunier. En même temps il a de quoi l'être. J'ai des tords. Je le confesse, l'avoue, tant qu'il veut...

Je lui explique ce qu'il s'est passé pendant ces trois moi. Les changements au château, avec Harry et Tom, les changements qu'il va y avoir dans peu de temps. Sans doute aussi son entrée prochaine à Poudlard. Le ministère n'a pas arrêté d'insister auprès de l'autre chouette qui dirige l'endroit. Elle finira bien par céder un jour ou l'autre. Sans doute, et puis c'est pour la bonne cause, un enfant à instruire, même s'il est un peu jeune pour entrer dans cette école. Peu importe. J'arrive à obtenir, après une forte insistance de ma part, à ce qu'il revienne avec moi. Enfin. Il est loin d'être stupide, il sait ce que j'ai fait, pourquoi je l'ai fait et ce que je suis prêt à lui donner pour qu'il revienne. Si c'était possible je dirais qu'il me connait mieux que père. En tous les cas il n'en est pas loin. Je souris à l'idée.

Une fois que nous avons convenus de son retour je lui demande de faire ses bagages et vais chercher Grande-mère. Je fini par la trouver dans son salon privé. Seule la famille peut y entrer.

- Grande-mère?

- Qu'est-ce que tu veux Drago?

- Juste savoir une petite chose sur premier père.

- Demande toujours mais on n'était pas vraiment un couple amoureux. Je n'ai pas toutes les informations sur lui.

- Oui... peut-être mais tu le connaissais à Poudlard. J'ai commencé à jouer quand Mordred est partit, au violon. Un que j'ai trouvé dans ses affaires.

- Jusque là tout va bien, à part la faiblesse de ton esprit.

- Grande-mère... Peu importe, il y a des initiales sur ce violon que je n'arrive pas vraiment à comprendre. Et je pense qu'elles ont été faites quand il était à Poudlard.

- AJ.M. Sans doute je me trompe? Dis tu sais que Abraxas a eu une vie avant son mariage? Il était même amoureux à cette époque. Très amoureux si j'en crois ce qu'il racontait. D'un autre homme, un qui a failli faire annuler mon mariage d'ailleurs.

- Grande-mère...

- Abraxas Jedusort Malfoy. Voilà ce que ça veut dire ces initiales. Ton cher Tom a été l'amant de ton grand-père pendant près de cinq années.

Ça fait comme une douche froide... très froide... glacée... voire plus. L'éther me manque...