JOYEUX NOEL, OHOHOHOHO !

Comme j'ai pas les moyens de me payer un traineau volant et une équipée de rennes, option GPS, j'ai décidé que le seul cadeau que je vous offrirai c'est un nouveau chapitre... voilà, hein, je suis désolée, c'est la crise !

Allez, bonne lecture et bonnes fêtes de fin d'année ! 3


Chapitre 25 : Tu sais, cousine, Cousine ça ne veut rien dire

Je regarde Miliana courir, bousculant la seule fille qui ne s'était pas poussée sur son passage, et quitte la salle qui se répand aussitôt en rire, brisant sans pitié le silence glacial et lourd, à la fois, qui s'était instaurée. Le fantôme de Grand-père se joint aux rires des invités, ne sachant absolument rien de la situation, seulement ravi de l'ambiance manifestement joyeuse de la salle. On ne tarde pas à rallumer la musique et, tout en dansant et continuant à rire, chacun commente la scène qui vient de se dérouler. Chacun y trouve de quoi s'amuser, de quoi se scandaliser et de quoi critiquer.

Et dire que la majorité des personnes présentes faisaient des bras et des mains devant la bouille adorable de Miliana. Elle n'a eu qu'à se prendre une gifle publique pour que chacun la descende avec bonheur. Oui, Milie, joyeux anniversaire.

Je me détache un peu de Tommy avec regret. Et aussi assez mal à l'aise. J'étais en bon –très bon…- chemin de l'embrasser avant que ça parte en esclandre et alors… comme un ballon qu'on éclate, un château de carte qui s'effondre, brusquement… on ne sait plus vraiment comment réagir. C'est censé être mon meilleur ami. J'étais comme déconnectée des réalités, pour surement la première véritable fois de ma vie. Plus une seule once de lucidité. Je n'ai fait que suivre une impulsion et maintenant que tout est retombé brusquement, que le ballon a éclaté… je me sens juste affreusement mal à l'aise.

J'ai vraiment voulu l'embrasser. Je veux dire, vraiment ! Je me souviens encore de la chaleur se rependant dans tout mon corps… d'une façon tout sauf innocente. Et puis, il faut bien le dire, Lydia disait vrai… Tommy est… canon !

Je toussote.

-Il faut surement que j'aille… enfin…, fis-je, la voix désagréablement rauque.

Je toussote, une nouvelle fois, dans l'espoir de reprendre contenance et d'éclaircir ma voix.

-… que j'aille la voir.
-Oui, approuve-t-il.

Je risque un regard vers lui alors que, jusqu'à présent, je ne fixais que son torse et je regrette aussitôt quand je tombe sur ses magnifiques yeux noisettes, avec leur vert pistache et… oui, bon, passons, très mauvaise idée. Je replonge dans l'observation de son torse, me sentant rougir. Je ne rougis jamais ! Oh, bon sang mais qu'est-ce qu'il m'arrive ?! D'ailleurs, je ne bégaye jamais ! Et je n'ai jamais peur de regarder quelqu'un dans les yeux !

Tommy brise beaucoup trop d'habitude en une tentative absurde de baiser, en plein milieu d'une piste de danse et un taux d'alcoolémie appréciable dans le sang. Beaucoup, beaucoup trop !

Je quitte ses bras pour de bon alors qu'il me demande si je vais bien. Ne désirant pour rien au monde réentendre cette voix rauque et incertaine sortir de ma bouche, je préfère juste opiner du menton et je pars pratiquement en courant dans la même direction que ma cousine, quelques minutes avant.

Toute la bonne humeur liée à ma semi-sobriété s'est changée en maussaderie et je rentre dans la cuisine dans laquelle je trouve Potter faire face à une Lily boudeuse, les bras croisés sur sa poitrine obstinément, appuyée contre l'un des meubles. Tata fait plus ou moins d'autres toasts, en espionnant leur conversation, alors qu'elle ne connait ni l'un, ni l'autre. Tata est décidemment bien curieuse…

Ils se retournent tous vers moi et je me force à leur lancer un sourire pour les encourager à revenir à leurs occupations précédentes, sans tenir compte de ma présence. Je vois alors Miliana, assise sur un banc en bois moisi, dehors, à la simple lueur des guirlandes magiques que Maman et Grand-mère ont posés autour de la grande maison. Elle est seule, plus une ombre dans le jardin qu'autre chose et, pour une fois, elle a le dos vouté.

Je prends la porte qui mène au jardin et Tata semble alors repérer sa fille dans le jardin puisqu'elle s'écrie :

-Oh ! Qu'est-ce que Milie fait dehors, Cass' ?

J'hésite un instant mais je décide de cacher la vérité, sachant que Miliana ne voudrait surement pas que nos parents apprennent ce qui s'est passé. Heureusement pour elle, aucun d'eux n'était dans le salon, à ce moment-là.

-Elle doit avoir la tête qui tourne, tu sais…

Elle rit gaiement et je lui dis que je vais la voir. Elle semble ravie, pensant qu'elle et moi sommes en meilleurs termes. Ouais, bon, on ne s'est pas encore écorché vive, quoi…

Je referme donc la porte et m'enfonce dans l'obscurité tamisée du jardin, me dirigeant vers elle. C'est une belle nuit d'aout. Les étoiles brillent dans un ciel noir encre, la lune nous observe, presque totalement ronde. Il y a une légère brise et les arbres semblent danser doucement au rythme de la rumeur musicale qui s'échappe du tapage de la fête. Mes pas sur l'herbe ne font presque aucun bruit et les criquets s'enfuient sur mon passage, au son des hululements des chouettes. Oui, c'est une belle nuit.

Ses sanglots me parviennent, donnant la cadence aux soubresauts de ses épaules. Accoudées contre ses genoux tremblants, elle recouvre son visage, de ses mains, dont le maquillage doit être dévasté. Elle n'a surement pas opté pour le waterproof, ne pensant pas pleurer pour ses dix-sept ans. Mais voilà, être la reine de la soirée ne signifie pas que le trône ne peut pas s'écrouler avant l'aurore. Surtout quand on en teste trop témérairement les limites.

Je m'assois à ses côtés, en silence, attendant qu'elle se calme. Et les minutes s'égrainent ainsi, dans ce faux-silence, dans cette fausse-obscurité et dans cette fausse-ambiance de fête. Mes idées redeviennent parfaitement lucides. Je ne fais aucun geste vers elle. Je ne suis pas ici pour la consoler, ni la rassurer. Elle a eu ce qu'elle méritait et pleurer toutes les larmes de son corps ne changera rien à ça. Elle fêtait sa majorité, ce soir, ce n'est plus une enfant. Elle ne peut plus justifier ses actes par un « je le voulais ! », « j'en rêvais ! » ou « il me le fallait ! ». Le temps des caprices est terminé et si c'est la seule façon pour qu'elle le réalise alors, oui, qu'elle pleure, qu'elle ait mal.

Finalement, ses sanglots se calment puis, ses larmes se tarissent et elle se redresse. Elle me lance un regard, dans lequel se mêle douleur et reproche. Je l'accueille avec indifférence. Elle détourne les yeux et observe la maison éclairée devant nous.

-Tu viens apprécier le spectacle ? claque-t-elle, sans me regarder.
-L'acte principal m'a suffi amplement.

Elle hoche la tête, en grimaçant, retenant une autre vague de larmes, je suppose. Elle renifle.

-Tu as eu ce que tu voulais, m'accuse-t-elle. Que je souffre.
-Et tu t'es fait ça, toute seule, comme une grande… comme une adulte, raillais-je. Alors, ça fait quoi d'avoir dix-sept ans ? Les tant attendues dix-sept ans ?
-Si c'est pour m'enfoncer, vaudrait mieux que tu t'en ailles, Cassie.
-Ce n'était pas pour t'enfoncer.

Elle me regarde à nouveau, cherchant sans doute à voir si je mens. Je soupire.

-Je te l'ai dit, Milie, je ne voulais plus me venger et c'est toujours le cas. Ceci étant dit, tu m'as vengée par toi-même…
-C'est un cauchemar, gémit-elle.
-Lupin n'est pas à toi, on ne s'approprie pas les gens comme ça.
-Cette Oliveira…, gronde-t-elle avec rage, comme si elle ne m'avait pas entendu.
-Miliana, soupirais-je à nouveau.
¬-Je vais lui faire vivre un tel enfer que cette pétasse ne…
-MILIANA ! m'énervais-je en la prenant par les épaules.

Elle écarquille ses yeux rougies, étonnée que je m'emporte et la saisisse de cette façon. Je la regarde droit dans les yeux.

-Mais réveille-toi, enfin ! m'agaçais-je. Je pensais que tu avais enfin compris mais, en fait… grandis, bon sang ! Grandis un peu ! On n'est pas tes poupées ! On n'est plus dans ta chambre et on a plus dix ans !

Je marque une pause alors qu'elle a toujours cet air hébété collé au visage.
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-Encore un an et on quitte Poudlard, on rentre dans la cour des grands là où il n'y a plus de pitié ! Là où il n'est plus question de caprices ou de crises de larmes ! Tu peux pas toujours avoir ce que tu veux !
-Je… je suis désolée, dit-elle.
-Ca non plus, ce n'est plus suffisant, répliquais-je, en la lâchant. Tu ne peux pas blesser les gens, les manipuler et juste… juste t'excuser, après !

On s'adosse contre le banc, d'un même mouvement et le silence reprend ses droits. Je la regarde du coin de l'œil. Elle semble pensive.

-Tu me détestes vraiment, Cass' ? me demande-t-elle enfin.

Je prends quelques secondes avant de répondre en soupirant :

-Je suppose que non…
-Je me disais aussi, dit-elle en souriant légèrement. Je suis ta cousine, quand même…
-Tu sais, cousine… « Cousine » ça ne veut rien dire…

On échange un regard et son sourire tombe.

-Mais je ne te déteste pas, repris-je. Ne t'attends pour autant pas à ce que tout…

Je me stoppe dans ma phrase avant de poursuivre :

-J'allais dire que « tout redevienne comme avant » mais, en fait, notre relation a toujours été fausse donc…
-On peut…, commence-t-elle en se tournant complètement vers moi, m'attrapant les mains. On peut prendre un nouveau départ !

Je la fixe avant de jeter un coup d'œil à nos mains liées. Je pense à notre famille, à notre passé, à notre dispute explosive au dîner, à nos menaces respectives… je pense à nos quelques bons moments quand on était enfant, quand on riait vraiment mais aussi, à cette ombre qu'elle jetait constamment sur moi, toute cette place qu'elle prenait, me menant à me refugier contre un coin et essayant de me satisfaire moi-même, en m'aimant assez moi-même pour éviter de devoir attendre que les autres le fassent.

-Ca ne va pas être facile…
-Je sais, je sais ! fait-elle en serrant plus fort mes mains. Mais je vais faire des efforts ! Je vais m'améliorer ! Je vais… je vais changer !

J'hoche de la tête, ne trouvant rien à dire qui puisse ne pas la blesser. Je lui ai dit la vérité, tout à l'heure, je ne suis pas venue ici pour l'enfoncer…

-Je ne veux pas que tu me détestes, Cassie…, souffle-t-elle, me suppliant de ses beaux yeux de biche.
-Je ne te déteste pas, répétais-je.

Je la vois ouvrir la bouche, dans l'intention d'ajouter quelque chose, mais je me lève d'un bond, coupant le lien entre nos mains.

-Bon ! dis-je avec un enthousiasme feint. Faudrait mieux qu'on rentre, maintenant !
-Je… je n'ai pas vraiment envie de…
-C'est ton anniversaire, Miliana ! Tu n'as qu'à dire que… tu n'étais pas vraiment toi-même, que t'étais bien éméché et tout le monde passera à autre chose !

Elle me regarde, comprenant que je veux vraiment rentrer, et elle finit par opiner.

xOxOxO

Je me sépare de Miliana qui se dirige vers la salle-de-bain pour arranger son apparence dévastée par les pleurs. Je retourne dans la grande salle qui connait exactement la même ambiance qu'avant l'accident. Si ce n'est qu'il y a un peu plus de danseur et que le style de danse est largement plus dévergondé. J'hésite entre l'amusement et la gêne lorsque j'aperçois Lydia, Billie et Tommy danser comme une bande Chimpanzés surexcités au beau milieu de la piste. Je me demande un instant où en est notre relation, à Tommy et à moi… à l'idée que l'on est toujours et encore de simples amis qui se sont juste laissés allés à cause de la fête et de l'alcool, je sens une vague de frustration me tordre l'estomac.

Tout bonnement génial. Voilà que je me mets à goûter aux petits effets charmants des hormones et des sentiments…

-Hey, frangine ! m'accoste Chace, deux verres à la main.

Je me retourne vers lui. Il a un large sourire aux lèvres, a déboutonné excessivement sa chemise grise et ses cheveux noirs sont plus que décoiffés. Il me tend un verre et je reçois cette offre avec reconnaissance ; je n'aurais jamais cru penser ça un jour mais… ma semi-ébriété me manque !

-Comment va Lia ? me demande-t-il.
-Mieux, répondis-je.
-Cool, fait-il avant de boire quelques gorgées, observant la piste de danse.

Je repère Janet qui danse toujours avec ses amis et ceux de Chace. Elle a le rythme dans la peau, c'est le cas de le dire… ça doit aller de pair avec son exotique accent des îles. Je lance un coup de coude coquin à Chace qui l'observe aussi et lui dis sur un ton suggestif :

-Vous avez l'air de bien vous être rapprochés, tous les deux…
-De qui tu parles ?
-C'est ça, joue la carte de l'innocence ! raillais-je.
-On est potes, c'est tout ! se défend-il. Je l'avais mal jugé… Janie est cool, en fait…
-Janie, heeeiiin ?
-La ferme, banane ! marmonne-t-il.

Je ris sous cape avant de porter mon propre verre à mes lèvres avant de grimacer. Du whisky-pur-feu ! J'avais oublié que quand mon frère avait décidé de se beurrer, il n'y allait pas par quatre chemins ! Mais bon, au moins, je suppose que c'est efficace… je me force donc à en boire un peu. J'en ai vraiment, vraiment besoin !

-Et toi, alors, avec l'autre abruti ?

Prise par surprise, j'avale de travers et le whisky me brûle jusqu'aux narines. M'étranglant à moitié, je tousse, les larmes aux yeux. J'entends à peine Chace ricaner à côté.

-Toi, par contre, j'vois que tu piges direct de qui j'veux parler ! En même temps, « abruti »… pas très subtile…, ironise-t-il.

C'est vrai que Chace n'a jamais aimé Tommy… enfin, tout du moins, pas depuis qu'il est sorti avec notre cousine.

J'arrive finalement à respirer à nouveau et je foudroie Chace du regard alors qu'il me répond par un sourire hypocrite.

-Bon, alors ? insiste-t-il.
-Quoi ? m'énervais-je.
-Joue pas la carte de l'innocence ! se moque-t-il.

Je lui lance un énième regard noir et il éclate de rire avant d'entourer mes épaules d'un bras. Malgré ma volonté, mes yeux accrochent la silhouette musclée de Tommy qui continue de danser comme un fou… entouré de son lot de poules caquetantes. Je n'avais encore jamais vraiment prêté attention à l'effet que son physique avantageux faisait sur la gent féminine. En même temps, je n'avais encore jamais vraiment prêté attention à son physique avantageux… ah, bon sang, mais dans quoi me suis-je embourbée ?

-Petit écart de conduite, marmonnais-je de mauvaise humeur, me risquant à reprendre une gorgée de ce poison alcoolisé qu'il m'a servi.

Que ça me tue rapidement. Et proprement, aussi. Que je close cette courte existence pleine de succès, de gloire et de génie avec dignité.

-Un petit écart de conduite qui t'a bien plu, pas vrai ?
-Laisse-moi périr en paix.
-Ouais, c'est ça ! piaffe-t-il. Je vais t'avouer que j'suis pas trop pour que tu finisses avec ce boulet mais bon… comme je désespérais de te voir caser, un jour, je…
-Enflure ! protestais-je en lui lançant un coup dans le ventre, riant à moitié.

Il rit avec moi, un instant, avant de parler plus sérieusement :

-Ca te ferait surement du bien d'être avec un mec, tu sais.
-Peut-être, hasardais-je, peu convaincue.

J'ai toujours été sûre de mes théories. Selon quoi, par exemple, se tenir à l'écart de tout semblant de relation, de sentiment et de mélodrame à l'eau de rose était très bon pour ma santé mentale et, sait-on jamais, physique. Après tout, ce n'est pas inconnu que certaines se laissent grandement allé après une déception amoureuse… boulimie, tentative de suicide, dépression… merci bien, vraiment !

-Je crois pas, en fait !
-Banane ! se plaint-il.
-Cornichon !
-Banane, reprend-il, imperturbable. Tu comptes rester vierge et seule, toute ta putain de vie ?
-Laisse ma vie tranquille !
-BANANE !

Deux mecs qui passaient devant nous, ne tenant pas très bien debout et titubant, se tournent vers nous, ouvrant de grands yeux. L'un explose de rire tandis que l'autre crie :

-J'ai une grosse banaaaane !
-C'est bien, mec, lui assure en riant mon frère alors que je cache plus ou moins bien le mépris que cette exclamation m'inspire.

On regarde nos deux camarades s'éloigner et Chace revient à mon cas, m'arrachant un soupir et me menant à prendre une autre gorgée de whisky.

-Il te plait ? Fletcher ? me demande-t-il, avec une légère moue de dégoût à cette pensée.
-Non ! m'indignais-je.

Pff ! Personne ne m'a jamais plu et ne me plaira jamais ! Il me prend pour qui, celui-là ? Pour l'une de ses groupies de quatorze ans qui s'émoustille et s'amourache pour un rien ? Sérieusement…

Mes yeux tombent une nouvelle fois sur Tommy et un gémissement de frustration m'échappe lorsque la triste et accablante vérité me gicle au visage. Je bois cul-sec le verre, portant une main à ma bouche alors que ma gorge est en feu et que mes yeux me piquent.

-Okay…, se moque Chace en me tapotant amicalement le dos.
-Je suis dans la… merde.
-C'est clair que tu aurais pu choisir mieux que ce blaireau…

Je lui lance un regard venimeux.

-Okay, okay, j'arrête, me promet-il. Qu'est-ce qui te met dans un état pareil, Cass' ? Vous êtes super proches tous les deux et il t'adore !
-C'est mon meilleur…
-Ouais, bah ton meilleur ami semblait pas trop contre le fait de te rouler un patin, tout à l'heure !
-Il était aussi beurré qu'une tartine… et il l'est surement encore. Je suis certaine qu'il tripoterait McGonagall… ou même… Severus Rogue…
-T'as du souci à te faire, question concurrence, ma vieille ! plaisante-t-il.
-Ah ouais, ya ça, aussi…, marmonnais-je.
-Quoi ? s'étonne-t-il.
-Regarde-le ! Non mais, je veux dire, regarde-le ! m'écriais-je. Et regarde toutes ces filles autour ! Et, après, regarde-moi…

Je me tourne vers lui, écartant les bras et il lève les yeux au plafond.

-T'es très bien, frangine…
-Non, je suis pas très bien, répliquais-je avec agacement. Je suis très intelligente, très perspicace et très pragmatique mais je ne suis pastrès bien. Miliana est très, très bien mais pas moi et ça, tout le monde l'a toujours parfaitement remarqué et je suis sûre et certaine que Tommy aussi.

Il ouvre la bouche pour parler mais la referme, se mordant la lèvre inférieure. Il se passe alors la main sur le visage avant de s'approcher de moi et me toucher le bras gentiment.

-Je sais que… enfin, j'ai compris que t'avais un complexe d'infériorité avec Lia, dit-il lentement. Mais t'as tort, Cassie. Elle est pas mieux que toi, elle est juste différente… et c'est pas parce qu'elle est très belle –ce qu'elle est !- que t'es pas belle, pour autant… ya toujours mieux que soi, de toute manière.
-Je suppose.
-T'es jolie, Cassie, m'assure-t-il. Bien assez pour ce crétin, ça, c'est sûr !
-Arrête d'être aussi méchant avec lui, m'agaçais-je.
-Va l'embrasser alors !
-Je vois pas le rapport ! m'indignais-je.
-Bah alors, c'est un putain de crétin à deux neurones !

J'explose de rire.

-C'est quoi ce genre de chantage ridicule ?
-C'est un chantage ridicule, répond-il avec un grand sourire hypocrite.

Il me pousse alors vers la piste de danse.


Donc, va falloir aller danser ! :p