Notes : Mille mercis chères lectrices et lecteurs pour vos nombreux commentaires sur le dernier chapitre !

Merci pour la motivation que vous m'apportez :)

Dolores Ombrage fait régner sur Poudlard une ère de terreur. Pour les vacances de Noël, Hermione doit retourner au Square Grimmaurd ce qui ne l'enchante guère...

Je vous souhaite une Belle et Heureuse Année 2018 !

Avertissement : un lemon dans ce chapitre, si si ^^, alors que celles ou ceux qui n'apprécient pas, passent leur chemin ;) Excellente lecture !

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Chapitre XXV - I Want You

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Il y a une leçon utile à tirer, c'est que chez la femme, la perte de la vertu est irréparable, que sa réputation est aussi fragile qu'elle est précieuse, et que nous ne saurions être trop en garde contre les représentants indignes de l'autre sexe, Orgueil et préjugés, Jane Austen

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Arthur Weasley a été attaqué par Nagini, le serpent de Voldemort et est en convalescence chez Sirius Black. Hermione, en l'absence de Madame Weasley qui remplace son époux au sein de l'Ordre, est chargée de prendre soin de ce dernier.

"Lâchez-moi Monsieur Black ! ordonne Hermione à mi-voix car elle ne tient guère à ce que le repos du malade soit troublé par des éclats de voix.

- Allons chaton, appelez-moi Sirius, nous nous connaissons suffisamment à présent, n'est-il pas ? exige le sorcier d'une voix rauque en tenant fermement la jeune fille entre ses bras.

- Non, laissez-moi partir, je vous en conjure ! implore-t-elle encore.

- Je vous relâcherai lorsque ces douces lèvres prononceront mon prénom, chaton, susurre-t-il contre sa joue. Allons, faites un effort, ce n'est pas si difficile, n'est-ce pas ? ajoute-t-il sur un ton suffisant.

- Je dois m'occuper de Monsieur Weasley. N'avez-vous donc aucune pitié pour cet homme qui éprouve encore de grandes souffrances ? s'insurge-t-elle.

Hermione voudrait se dégager et prendre sa baguette pour lancer un Sort Cuisant sur le sorcier trop entreprenant mais ce dernier a profité que ses mains tenaient un plateau empli d'un bol de soupe et de potions de Guérison pour l'agresser dès sa sortie de la cuisine.

- Miss Granger vous demande de la laisser, Sirius. Obtempérez immédiatement ou je serai forcé de vous stupéfixier, ordonne une voix lasse mais ferme, la baguette du sorcier pointée en direction de Black.

- Allons Remus, vous voyez bien que je ne lui fais aucun mal. Je souhaite seulement qu'elle m'appelle par mon prénom. Ce n'est pas trop demander, il me semble ? rétorque sur un ton narquois l'interpellé en découvrant son ami dans l'entrée.

- Oh Remus ! Je suis si heureuse de vous revoir ! s'exclame Hermione, profondément soulagée que son ex-professeur de DCFM intervienne en pareil moment délicat.

- Je trouve vos manières déplaisantes mon ami. Sont-ce les années passées à Azkaban qui vous ont fait perdre toute galanterie et tout savoir-vivre ? déclare le loup-garou en s'avançant tout en s'adressant à son ami qui desserre alors son étreinte, et son visage perd toute la bonhommie qu'il affichait peu auparavant.

- Décidément mon cher ami, vous êtes toujours le rabat-joie que vous étiez lors du temps des Maraudeurs. Vous n'avez jamais manifesté un grand enthousiasme lors de nos facéties, et cela n'a point changé aujourd'hui...

- J'étais un spectateur silencieux et je m'en veux à présent de n'avoir point tenté de vous empêcher de commettre nombre d'exactions, James, Peter et vous, en particulier à l'encontre de...

- Servilus ? le coupe son interlocuteur. Vous n'avez certes pas participé à son harcèlement, mais vous ne l'avez guère plus défendu, et je pense qu'il ne vous apprécie pas plus que ma personne... affirme-t-il encore.

Servilus ? Est-ce ainsi que les Maraudeurs surnommaient mon tuteur ? Quel surnom dégradant ! Pourquoi existait-il une telle haine entre eux ? s'interroge Hermione.

- Brisons-là, voulez-vous ? Je ne doute aucunement que Miss Granger préfèrerait poursuivre son chemin et vaquer à ses occupations, déclare Remus. sur un ton très calme.

- Merci Monsieur, je dois me consacrer à Monsieur Weasley dont l'état nécessite une surveillance de tous les instants, en l'absence de son épouse.

- Je vous en prie Hermione, nous vous laissons, n'est-ce pas Sirius ?" s'enquiert d'une voix pressante l'ex-professeur de DCFM à l'adresse de son ami.

Ce dernier contient à grand peine son agacement mais s'exécute et s'écarte. La jeune fille s'élance aussitôt vers la chambre du convalescent, sous les regards appuyés des deux sorciers.

"Je vous conseille de la laisser tranquille, commence Lupin quand ils se retrouvent seuls.

- Oh Remus ! Vous n'allez pas recommencer ! réplique vertement Sirius. La donzelle a plus de seize ans et, par ma foi, ses courbes sont celles d'une femme, non point d'une enfant, et elle dégage une sensualité à laquelle je ne suis point insensible.

- Vous devez la respecter comme si elle appartenait à votre famille, insiste Lupin. Et puis, vous êtes un peu trop porté sur la consommation d'alcool, et cela nuit à votre caractère.

- Je la trouve à mon goût, et je la courtiserai que cela vous plaise ou non mon ami, soutient le brun en haussant les épaules de manière désinvolte.

- Contez-lui fleurette si cela vous chante, mais comportez-vous en gentleman, vos manières sont déplorables et elles ne vous conduiront qu'à vous faire haïr de la demoiselle, tente d'expliciter Remus. Hermione est une jeune fille qui a reçu une parfaite éducation, et qui ne cherche point la compagnie d'un butor. Elle a besoin d'un homme cultivé, qui puisse être à la hauteur de son esprit brillant, et ne vous en déplaise, je doute fort que vous soyez cet homme-là, achève-t-il un brin sarcastique.

- Parce que vous pensez l'être ? ironise Sirius en ôtant un pli imaginaire de sa redingote.

La subite rougeur qui se développe sur le visage de Lupin en dit long sur ses pensées.

- Ma cousine ne vous suffit point ? ajoute le sorcier brun sur un ton goguenard. Elle vous porte un intérêt auquel vous ne semblez point insensible..."

Le bruit de la porte d'entrée, suivi de celui de bottes sur le carrelage interrompt l'échange.

"Oh mon cher Snape, nous parlions à l'instant de votre délicieuse pupille, n'est-il pas vrai Remus ? distille Sirius en adressant un clin d'œil en direction de son ami dont la teinte du visage est à présent d'un joli rouge brique.

- Miss Granger est trop jeune pour se faire courtiser, d'autant plus par des hommes tels que vous... deux... déclare Severus d'une voix qui semble flegmatique, mais un muscle tressaute sous sa joue gauche, comme le signe d'une fureur contenue.

- Sacrebleu ! Elle est en âge de se marier, et je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions la courtiser, persiste Sirius en soutenant le regard meurtrier de Severus.

- Au lieu de perdre notre temps en palabres stériles, nous sommes attendus pour la réunion qui a certainement commencé, au vu de l'heure, répond le Serpentard en désignant le sous-sol.

- Bien, bien, rendons-nous y," condescend Black en esquissant une révérence moqueuse.

Mais Severus se dirige de son pas aristocratique déjà vers le lieu du rendez-vous, où les y attendent les autres membres de l'Ordre.

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Pendant ce temps, avant de pénétrer dans la chambre des époux Weasley, Hermione inspire plusieurs fois très profondément afin de recouvrer son calme suite à l'agression de Sirius Black. Elle parvient à chasser la sensation de frayeur émotionnelle qu'elle vient de subir, et son visage affiche une apparente sérénité quand elle s'approche du lit où le père de Ron est alité. Son dos est soutenu par un grand coussin pour lui permettre d'être en position assise, sur les recommandations du Guérisseur de Sainte Mangouste. Il est très pâle, sa respiration est hachée, et un bandage recouvre la blessure infligée par Nagini. Il est à présent hors de danger mais doit recevoir des soins réguliers.

"Bonjour Monsieur Weasley, je vous apporte votre repas et les potions. C'est Monsieur Snape en personne qui les a élaborées, explique d'une voix douce Hermione.

- Bon...jour... Miss... Gran...ger... coasse le sorcier en tentant un sourire qui s'apparente plus à un rictus.

- N'essayez pas de parler Monsieur, cela vous épuise, répond la jeune fille en déposant le plateau sur la table d'appoint. Il vaut mieux que vous conserviez votre énergie pour vous alimenter, vous avez besoin de reprendre des forces."

Faisant preuve d'une grande patience, la sorcière alimente l'homme avec une cuillère, comme le ferait une mère avec son enfant en bas âge, essuyant la bouche quand le liquide déborde sur les commissures des lèvres, nullement rebutée par la tâche que d'aucuns considèreraient comme ingrate. Elle l'aide également à absorber le contenu des flacons.

Il faut administrer régulièrement au malade des Potions Régénératrices de Sang, car ses plaies saignent abondamment chaque fois que ses pansements sont changés, à cause du venin de Nagini qui retarde la coagulation du sang. La jeune fille prend son rôle très au sérieux. Elle n'est point effarouchée par les soins, et se découvre des aptitudes en Médicomagie, au contraire de ses deux amis et de Ginevra que les émanations des potions et la vue du sang rebutent.

Hermione sait que l'homme doit la vie à Harry. De par sa connexion mentale avec Voldemort, le jeune sorcier lui a raconté avoir assisté en rêve à l'attaque du sorcier par le serpent. Il en a aussitôt informé Monsieur Dumbledore qui lui-même a prévenu les Aurors afin de porter secours à la victime qui était chargée à ce moment-là pour le compte de l'Ordre de veiller sur la Prophétie dans le Département des Mystères. Le Directeur savait que le Seigneur des Ténèbres tenterait de récupérer la Prophétie afin de l'entendre dans son intégralité, et a anticipé le vol qui fort heureusement a échoué.

Elle n'ose imaginer quelle aurait été sa réaction si à la place de Monsieur Weasley, ce serait son tuteur qui avait été attaqué par Nagini. Elle réprime un frisson désagréable qui traverse son corps et fait légèrement trembler ses mains. Elle secoue sa tête pour reprendre ses esprits et terminer ses obligations.

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Sacrebleu ! Que sont ces hurlements au milieu de la nuit ! s'agace Severus réveillé dans la nuit alors qu'il vient à peine de se coucher. L'on dirait que c'est la voix... d'Hermione !

Le sorcier est totalement éveillé la seconde qui suit de par sa fonction de double-espion. Il se saisit aussitôt de sa baguette, et allume les bougies de sa chambre, bien que partiellement éclairée par le feu qui brûle dans la cheminée. Il tend l'oreille : les cris de la jeune fille sont entrecoupés de sanglots et de pauses silencieuses avant de reprendre de plus belle. Il enfile sa robe de chambre et se précipite vers la chambre de sa pupille. Devant la porte il ressent les effets de la Magie Répulsive. Il commence par lancer un Sort de Silence afin de ne point éveiller tous les habitants de la demeure.

Au moins elle a écouté mes conseils, approuve l'homme en dirigeant sa baguette vers et en murmurant des incantations.

Les gestes gracieux de sa baguette défont minutieusement les Sorts complexes de Protection et quand il en a terminé, il pénètre dans la pièce en s'éclairant de sa baguette. Deux points ronds lumineux le contemplent fixement. Il comprend rapidement que ce sont les yeux fluorescents du chat qui lui renvoient la lumière de sa baguette, comme deux minuscules miroirs. Un miaulement mécontent confirme son hypothèse avant que les orbes fluorescents ne se referment et que le félin ne préfère ignorer l'importun en s'étirant et en se remettant en boule sur le coussin de la chaise. Severus ravive le feu mourant de l'âtre d'un simple coup de baguette.

Il découvre la sorcière sur son lit, la chemise de nuit relevée jusqu'aux genoux. Elle est en train de crier, de pleurer et montre tous les signes d'une agitation extrême.

"Non ! Non ! Je ne veux pas ! S'il vous plaît... s'il vous plaît... ne mourez pas... Ne me laiss..."

- Miss Granger !" l'interpelle-t-il, mais elle ne semble aucunement l'entendre.

Il ne veut point l'effrayer par un réveil brutal, alors il s'approche du lit et touche le bras de la jeune fille dont le corps spasme avant de se décontracter. Elle est tellement en sueur que sa chemise de nuit en est quasiment transparente. Le sorcier commence à se retirer lorsque deux mains s'agrippent à sa robe de chambre et le contraignent à rester sur place. Le visage s'approche du sien. Ses grands yeux ambrés sont humides et le dévorent, comme si elle le voyait pour la première fois.

- Monsieur," chuchote-t-elle avec ce qui semble être un fort soulagement.

Il sent son souffle chaud contre sa joue et il est incapable de réprimer le frisson qui descend le long de sa colonne vertébrale et qui fait se dresser tous les poils qui se trouvent sur son chemin, de sa nuque au creux de ses reins.

Elle possède un tel ascendant sur moi et elle n'en a aucune conscience, se rend compte le sorcier, complètement désarmé. Le plus doux de ses murmures me met à genoux...

"Oh Monsieur, c'est vous ? C'est bien vous ? sanglote-t-elle, mi-pleurant mi-riant en contemplant dans la semi-pénombre le visage de son tuteur, ses cheveux sombres ébouriffés, ce qui n'est point coutumier. Vous êtes vivant, je suis... tellement... heureuse !

- Vous avez fait un cauchemar Miss Granger, tente-t-il d'expliquer en tentant de reprendre le contrôle de sa personne, et je suis venu car vous étiez aux prises avec les affres d'un mauvais rêve...

- Je... je ne veux pas... dormir seule, l'implore-t-elle.

- Il est temps de vous recoucher Miss Granger, ordonne-t-il d'une voix éraillée par l'émotion.

- Non ! Ne me laissez pas seule ! J'ai eu si peur ! s'affole-t-elle. Vous étiez attaqué par le serpent de Vol..."

Il pose sa main sur sa bouche pour l'empêcher de prononcer le nom tant haï. Ils restent quelques instants dans la même position avant que Severus ne retire sa main avec douceur, mais Hermione la reprend et la conserve dans la sienne.

Elle est à moitié endormie et ne sait ce qu'elle fait...

"Il vous attaquait... encore et encore... J'étais là et... je ne pouvais rien faire... reprend-elle en se serrant contre lui, et il ressent les tremblements qui agitent la jeune fille.

- Vous vous trompez Miss Granger, c'est Monsieur Weasley qui a été attaqué, et non ma personne...

- Si si ! Je jure sur la quatre fondateurs de Poudlard que c'était vous ! Il y avait du sang partout, et vous étiez en train de mourir ! Oh c'était tellement horrible !

- Chuuuuttt... Tout va bien, je vous l'assure, il faut vous recoucher Miss Granger, " tente de la rassurer le sorcier.

Mais Hermione, toujours agrippée à l'homme tombe lourdement sur lui. La souplesse du matelas entraîne leur chute sur le lit, et Severus se retrouve couché, le corps souple d'Hermione sur le sien.

Oh Merlin ! Elle va sentir l'émoi physique qu'elle provoque en moi, s'inquiète-t-il en essayant de repousser la jeune fille qui n'a guère l'intention de le laisser agir à sa guise et le maintient fermement malgré sa force largement inférieure à celle du sorcier. Très aisément, il renverse les rôles et se retrouve au-dessus d'elle, en position dominante.

Il la contemple à loisir : ses courbes voluptueuses transparaissent et accentuent le violent désir qu'il a d'elle. Ses joues sont rouges, ses yeux le regardent avec une émotion qui s'apparente à du désir... N'est-ce point lui qui rêve à présent ?

Malgré lui, il se penche et enfouit son nez dans son cou pour inhaler le doux parfum de rose qui s'échappe des boucles indomptables. Sa voix de baryton gronde dans le coquillage de son oreille, et Hermione frémit tout contre lui.

A son tour il frissonne et sent ses genoux se dérober sous lui. Il ne se souvient plus du dernier contact physique qu'il a eu avec une femme : tout lui semble tellement loin maintenant qu'il est là, avec elle, contre elle !

Par Salazar ! Elle sera ma mort !

Sa main connaît une vie qui lui est propre, se soulève et s'approche du beau visage qui ne recule pas. le pouce du sorcier effleure puis touche légèrement la bouche, en traçant l'arc de sa lèvre inférieure qui tremblote sous son contact, aussi léger que celui d'une plume d'oie. Les narines de la jeune filles palpitent dans l'attente de quelque chose d'indéfinissable. Elle ne connaît rien aux choses de l'amour ou de la séduction. Les ouvrages de la bibliothèque de Poudlard ou du Manoir Prince ne contiennent point de ces œuvres sulfureuses - qui auraient pu lui fournir une expérience théorique - hormis l'une d'entre elle découverte par hasard cet été derrière la double rangée des livres interdits. Elle a pu y lire Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, mais cette opposition du libertinage à la pruderie l'a laissée perplexe et elle n'a guère été plus informée sur les relations charnelles entre un homme et une femme.

Enhardi par la chaude réponse, Severus abaisse son visage, et sa langue glisse malgré lui sur les lèvres roses. Il y a tellement longtemps qu'il espère goûter sa bouche et le gémissement qu'elle pousse aiguise son désir qui enfle et balaie tout scrupule.

Oh Hermione, laisse-moi vénérer ton corps ! Laisse-moi t'aimer comme tu le mérites !

Sa langue mendie l'autorisation de pénétrer dans le sanctuaire inviolé en passant avec lenteur sur les lèvres et quand elles s'écartent doucement pour lui laisser libre accès à la caverne brûlante, il s'insère sans brusquerie car il devine soudainement qu'il sera le premier à l'embrasser et cette certitude le remplit d'une joie féroce et possessive.

Elle est à moi, seulement la mienne... Elle est tellement innocente qu'elle ne sait que faire et ne bouge plus, en attente de mes directives.

Tout le corps de la sorcière est parcouru de délicieux frissons. N'est-elle point en train de rêver que l'homme qui fait battre son cœur depuis des années l'embrasse comme s'il éprouvait une véritable attirance pour elle ? Son cauchemar se serait-il transformé en le plus doux des rêves ?

Le baiser se poursuit et dure, l'un et l'autre prenant un plaisir intense bien que différent. Le sorcier possède une longue expérience, et malgré ce, il n'a jamais ressenti pareil plaisir. L'ignorance d'Hermione attise son désir, et elle cherche à apprendre, car elle ne veut point qu'il soit désappointé par sa maladresse. Elle a toujours été une élève à la recherche de l'excellence, et ce premier baiser, elle le veut inoubliable, autant pour lui que pour elle.

Severus sourit intérieurement. Il hésite, par crainte de ce qu'il peut y lire - le dégoût, la peur - mais plonge son regard dans celui de sa Princesse de Gryffondor et n'est pas déçu par les émotions qu'il découvre : les ambres brillent de désir contenu.

Elle me veut ! Elle a envie de moi ! exulte-t-il.

Sa langue trouve la sienne, l'aspire, s'enroule autour d'elle, quel goût succulent ! Tel qu'il se l'est toujours imaginé : la framboise sauvage, légèrement acidulée. Hermione répond avec toute l'ardeur de sa jeunesse et de sa passion pour cet homme qui lui fait perdre la raison et lui fait éprouver des sensations inconnues jusqu'alors.

Il commence à rouler son bassin contre les hanches de la jeune fille et son phallus raide et dur comme il ne l'a jamais été auparavant, malgré la barrière fragile de leurs vêtements, frotte contre ce petit bout de chair, centre de tous les plaisirs féminins. Inconsciemment, Hermione répond en remuant elle aussi son bassin dans un mouvement vieux comme le monde pour accentuer ce plaisir qu'elle ressent pour la première fois dans ses parties intimes et qui lui promet un bien plus grand, sans qu'elle sache exactement ce qu'il sera. Elle n'a jamais rien ressenti d'aussi intense, une pareille excitation qui la rend faible et désarmée entre les mains expertes de cet homme qui sait jouer de son corps avec une telle virtuosité.

Severus ne peut ignorer l'humidité brûlante qui croît contre son pénis et lui fait perdre la tête, comme un adolescent qui connaît ses premiers émois. Il sait qu'il ne va plus tenir très longtemps, mais il veut qu'elle éprouve son premier plaisir sexuel là, maintenant, avec lui, et lui seul avant le sien. Alors, pour accélérer la montée de son désir, sans cesser son mouvement de balancier, l'une de ses mains se pose sur un sein à travers le frêle rempart de tissu. Ô il est si parfait ! Il s'ajuste parfaitement... et ses doigts encerclent le mamelon corail qui durcit sous ses caresses insidieuses, puis il pince tendrement l'un des tétons impudents qui le nargue. Il retient difficilement un grognement de plaisir en sentant un nouvel afflux d'humidité contre son membre viril.

Elle apprécie mes caresses ! Oh oui, quelle délectation !

Désirant savourer d'autres parties de son corps délicieux, il cesse d'embrasser la jeune fille qui halète, et il abaisse sa bouche affamée vers la poitrine juvénile dont les pointes saillissent sous le tissu. Il choisit le sein droit et donne un coup de langue paresseux sur la pointe turgescente. Il recommence une fois, deux fois, se délectant de la chaude réponse physique. Après de longues secondes de ce traitement sensuel, il décide de passer à la vitesse supérieure en embouchant le téton et en le suçant doucement, prenant un plaisir pervers à le sentir durcir de plus en plus, tandis qu'Hermione balbutie des mots sans suite en basculant sa tête horizontalement. Encouragé, il inflige le même traitement à son globe jumeau qui lui offre la même réponse charnelle.

Soudain, Hermione pousse un petit cri. Ses yeux se révulsent. Sa tête se renverse en arrière et ses doigts se contractent sur ses épaules jusqu'à y laisser la trace de ses ongles. L'odeur suave et sucrée de sa cyprine envahit l'atmosphère. Le sorcier sait qu'elle vient de connaître son premier orgasme, et ce entre ses mains. Un fort sentiment de fierté s'empare de lui et son bâton de chair se contracte violemment alors qu'il accentue les frottements contre la douce et moite intimité. Il ne peut plus contenir la ruée de son propre plaisir et de longs jets de semence brûlante sortent en saccades à l'intérieur de son vêtement de nuit.

"Hermione !" s'écrie-t-il en fermant à demi ses yeux.

Dans son état semi-comateux d'épuisement post-coïtal, la jeune fille sent son cœur qui bat dans un rythme endiablé, se serrer de bonheur. Mon prénom ! Il a enfin dit mon prénom ! Et elle ne l'a jamais trouvé plus beau que prononcé par cette voix aux inimitables inflexions de baryton.

Toux deux reprennent difficilement leur respiration, le corps de l'homme reposant sur celui de la sorcière. Leurs fronts se touchent et leurs souffles se mêlent. Hermione se sent enveloppée par la chaleur, la force et l'odeur boisée de l'homme qui lui confèrent un sentiment de bien-être et de sécurité. Pourtant, peu à peu, le corps de Severus se raidit. Il se met à prendre conscience de la portée de ses actes.

Ventrebleu ! Qu'a-t-il fait ? Qu'était-il à deux doigts de commettre ? Ravir la virginité de sa pupille ? Lui ôter comme un soudard le bien le plus précieux que possède une jeune fille vertueuse ? Un goût de cendre emplit sa bouche et lui donne la nausée. Un puissant sentiment de honte l'envahit. Comment a-t-il pu perdre le contrôle de ses émotions ? Il s'écarte du corps encore brûlant comme s'il venait d'être marqué au fer rouge. Il ne lui reste qu'une chose à faire.

Elle ne doit pas savoir ce qu'il a commis. Jamais.

"Monsieur ?" s'inquiète Hermione dont le regard vacille en sentant le changement d'attitude de son tuteur.

Le visage de ce dernier affiche un regret mêlé d'horreur.

"Ai-je fait quelque chose de mal ?" ajoute-t-elle sur un ton désemparé en mordillant ses douces lèvres gonflées par ses baisers.

Oh la douce innocente ! Comment ai-je pu profiter de son inexpérience et surtout de son état de faiblesse ?

Incapable de lui répondre, il s'empare de sa baguette, la pointe aussitôt vers la jeune fille qui n'a pas le temps de réaliser ce qu'il se passe et, sans l'ombre d'une hésitation, jette un Oubliettes. Le visage féminin se modifie instantanément : le regard devient plus lointain et ses traits révèlent une expression d'indifférence rêveuse. Il l'allonge et recouvre le corps avec le drap et la courtepointe. Il dépose un baiser léger sur son front.

"Pardonnez-moi Hermione," chuchote-t-il avant de se relever.

Il sort en prenant garde de remettre les Sorts de Protection sur la porte et commence à s'éloigner lorsqu'il tombe sur l'elfe de la maison.

"Le Sang-Mêlé couche avec la Sang-de-Bourbe, ricane d'une voix dégoûtée Kreattur qui déambule sur le pallier en traînant ses longs pieds verdâtres. Pauvre Maîtresse, si elle savait ce qui se passe sous son toit...

- Taisez-vous, elfe de malheur !" murmure le Maître des Potions en dirigeant sa baguette vers la créature pour l'obliger à rester coite.

Pour la deuxième fois de la nuit, le sorcier lance le Sortilège d'Amnésie. Nul ne doit connaître son forfait.

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9 mars 1803

Chère Liz,

Depuis le retour des vacances à Poudlard, Madame Ombrage fait régner sur l'Ecole une véritable tyrannie. Il devient de plus en plus difficile pour nous, les membres de l'AD, de nous retrouver pour nos entraînements (qui pourtant s'avèrent réellement efficaces). La Milice qu'elle a créée ne cesse d'épier nos moindres faits et gestes. Ombrage a fini par renvoyer Madame Trelawney, mais Dumbledore a insisté pour qu'elle continue à habiter à Poudlard et a nommé le centaure Firenze pour la remplacer en Divination.

Harry m'a avoué avoir éprouvé plusieurs fois le désir violent d'attaquer Monsieur Dumbledore. Ce dernier, craignant que Voldemort ne parvienne à le manipuler au travers de leur connexion, lui avait informé durant les vacances de Noël que mon tuteur, dès la rentrée, serait chargé de lui enseigner l'Occlumancie : une discipline magique consistant à bloquer son esprit contre toute tentative de pénétration extérieure.

Ce qui explique que le Directeur, qui a deviné l'intrusion de l'esprit de Voldemort dans celui de Harry, est préféré rester éloigné de lui depuis plusieurs semaines, jusqu'à ce qu'il soit capable de contrer le Mage Noir, grâce à l'enseignement de Monsieur Snape.

Malheureusement, les leçons ne se déroulent guère favorablement. Les deux sorciers se détestent tellement que rien de bien profitable ne ressort de leurs séances. Mon tuteur, qui est sans nul doute un grand legilimens, essaie de pénétrer dans les pensées de Harry qui doit parvenir à bloquer les attaques, mais apparemment le manque de patience du premier et l'impulsivité du second freinent les progrès.

Harry ne cesse de faire de nombreux rêves sur le Département des Mystères, et cela l'inquiète. Il ne fait toujours pas confiance à mon tuteur. Il sait d'expérience qu'il lui faut éviter de le regarder en face, mais ce dernier, en cours de Potions, le nargue juste assez pour que Harry se détourne de son travail afin de le fixer et d'utiliser la Légilimancie sur lui pour le mettre à l'épreuve.

Une évasion massive a eu lieu à Azkaban : dix Mangemorts se sont enfuis, et malgré ce, le Ministre de la Magie continue à nier la présence du Seigneur des Ténèbres. Rita Skeeter a interviewé Harry afin qu'il puisse dire la vérité sur ce qu'il sait sur le retour de Voldemort, et l'entretien a été publié dans le Chicaneur, le journal dirigé par le père de Luna Lovegood, une élève fantasque de Serdaigle de quatrième année et qui fait partie de l'AD.

Mon tuteur m'évite. C'est flagrant. J'ignore quelle en est la raison, mais depuis mon séjour au Square Grimmaurd, il ne m'adresse plus la parole. Même lorsque j'essaie de lui parler, il se détourne de moi et prétexte un travail urgent. J'ai surpris plus d'une fois son regard posé sur moi, et je ne suis pas sûre de ce que j'y ai lu : le dégoût, la honte, le remords ? Qu'ai-je fait pour qu'il éprouve pareils sentiments négatifs à mon encontre ? Me suis-je mal comportée ? Je ne vois pourtant pas ce qui a pu le rebuter en moi, hormis les attentions indésirables du parrain de Harry, que j'ai pourtant évitées et repoussées de mon mieux...

J'ai hâte que cette année se termine, je ne supporte plus cette atmosphère pesante et la froideur de mon tuteur.

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Severus est excédé. Le Crapaud Rose ne cesse de lui tourner autour, et invente n'importe quel prétexte pour le retrouver : un besoin urgent de Véritaserum, une potion pour la migraine, un renseignement sur tel élève, une convocation pour l'une de ses innombrables réunions... de préférence quand il est seul dans son bureau ou sa classe. Descendre dans les cachots ne semble guère lui répugner et il prend un malin plaisir à faire descendre la température pour la voir claquer des dents. Elle ose même s'asseoir même à ses côtés lors des repas pris à la Grande Salle, et il brûle d'empoisonner son jus de citrouille ou son thé trop sucré. Le parfum dont elle s'asperge l'écœure et il a pris en horreur la couleur rose qu'il a bannie de son environnement, même dans l'élaboration de ses potions.

Il s'est aperçu que ses collègues s'amusaient à jeter des Sortilèges pour agacer Ombrage : les escaliers qui se détournent pour l'emmener dans la direction opposée, le bonbon qui lui fait pousser des furoncles, les plats qui prennent un goût infect... Sans compter les jumeaux Weasley qui ne sont pas en reste avec leur esprit facétieux et leurs blagues tonitruantes, tels les pétards qui explosent à son passage et la recouvrent d'une peinture vert pomme.

Même les fantômes mettent leur grain de sel et ne cessent de hurler "Ombrage est chauve !" à chacune de leur rencontre avec la Grande Inquisitrice et ce en présence des élèves, bien entendu.

Mais le plus dur, c'est de devoir éviter Hermione. Il voit la tristesse et l'incompréhension au fond de ses yeux ambrés. Mais c'est trop difficile pour lui de rester en sa présence, de lui parler. Il a la très nette impression que la marque de son infamie est gravée en lettres de feu sur son visage. Il ne peut lui dire qu'il lui a presque volé son innocence alors qu'elle se trouvait dans un état d'impuissance, à moitié endormie. Qu'il a profité de son manque de pleine conscience pour l'embrasser, la toucher, l'emmener à l'extase...

Son visage emporté par le plaisir le tourmente jour et nuit, son parfum le poursuit, et l'a imprégné de son empreinte olfactive : il sait immédiatement quand elle a occupé un espace, il le sent. Cela le tue à petit feu. Il doit l'oublier. Plus que quelques mois et elle sera majeure. Elle sera délivrée de sa tutelle. Pour toujours.

Et cette évidence, au lieu de le soulager, provoque en lui une sensation d'étouffement.

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Je suis tellement heureuse de votre fidélité sans faille ! Grâce à vous la Nouvelle Année démarre superbement !

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Etes-vous prêts à écouter le thereminvox ?