Bonjour tout le monde!

Voilà le chapitre 25, accompagné d'un bon gros rhume... atchoum ! Ce chapitre est beaucoup axé sur Edward et Bella, mais ça sera l'une des dernières fois où il y aura autant d'éléments autour d'eux. Après, ça sera des petites touches, des points de vue moins importants.

Je vous remercie beaucoup pour tous vos messages sur le précédent chapitre :

halay, ulkan13, JasperWife, amimi31, catiuski, lapiaf8 (La raison pour laquelle on a pas su si Edward et Bella avaient été averti des risques de fausses-couches par les médecins est que je n'ai pas axé le récit principal sur leur bébé. Après oui, ils se sont investis, probablement un peu poussés par l'enthousiasme de tout le monde, et surtout leur enthousiasme. C'est un peu "trop" peut-être, mais je sais que ma mère a beaucoup souffert de ses deux fausses-couches. Chaque femme réagit comme elle le ressent.), aude77, Elodiiie, fan de twilight x2, vinie65, So-me 8-P, lia3011, maho-33, fan-par-hasard21, Em 81, Fleur50, sarinette60, Nini Hathaway, ousna, Imaginaire-de-kiki, doudounord, Maya. Melanie, Annouk, julie, katner, samy940, Megaaan, Mariefandetwilight (Ca me fait bizarre aussi de poser des PDV Edward-Bella ici, mais j'essaie de garder la ligne directrice de Jardin secret : alterner un peu l'histoire de Jasper et Alice, avec celle d'Edward et Bella), Jolieyxbl, Habswifes, calimero59, Gawelle (J'espère bien que mon histoire perso aboutira à quelque chose =) Merci), Ilonka, DavidaCullen, LolaMiSweetlove, anger94, mmccg, Ptitewam, Nane2Bru, coco-des-iles, Cullen's familly, IsabellaMasenCullen, twilight007, EstL, erika shoval, Lily-Rose-Bella, Atchoum16, lena -lna933-, Caaroooooline13, Roselamignone, Onja, Lili Pattsy, Lapinou63, mamoure21, Grazie, Aliiice, Clairouille59, Louna21, Tinga Bella, Lily-pixie, bichou85, Butterfly971 et Clochette-la-fee.

Je vous souhaite une bonne lecture, une bonne fin de semaine.
Faites gaffe à ces changements de temps agaçants !

B'lecture!

Tiftouff.

Chapitre 25 : Les coeurs serrés.

Point de vue d'Alice.

- C'est pour cela que nous donnons de l'argent à des associations, tu comprends ?

L'initiative d'Alec et Tony était noble : aider les associations, au moyen de dons, pour apporter un soutien financier à ceux qui en avaient besoin.

- Nous estimons que l'argent n'est pas utile dans notre monde : c'est pourquoi nous le restaurons aux associations...

- C'est très généreux de votre part...

- Nous ne sommes que de passage ici, il faut savoir s'oublier pour aider les autres... Et je suis sûr que ta mère Clara aimerait que tu aides ceux qui vivent comme elle...

J'avais raconté à Alec et à Tony la situation de ma mère biologique : folle à lier, enfermée dans un asile. Mon cœur brisé en la voyant dans cet état il y a trois ans, et cette vision d'elle qui me hantait : assise sur un banc, entourée par trois personnes en blanc, se balançant d'avant en arrière. Ils avaient compati, et compris. Là où Jasper ne m'écoutait que d'une oreille distraite.

- Nous cherchions une autre association ce mois pour donner un peu... Peut-être pourrions-nous aider l'asile qui héberge ta mère ?

- Vous feriez ça ?

- Bien sûr, Alice. Tu fais partie de notre famille. Nous devons aider la femme qui t'a mise au monde !

Mon cœur se serrait. Qui aurait fait ça, de nos jours ? Qui se préoccupait de l'avenir de Clara Brandon, enfermée et sans souvenirs ? Personne. J'avais honte de ne pas avoir moi-même pensé à donner un peu d'argent, alors que j'en avais plus que raisonnable. Jasper me disait sans cesse que l'argent ne compte pas pour lui : pourquoi n'a-t-il jamais donné au site qui accueille et soigne ma mère, la maintenant en vie malgré son état ?

Et surtout... pourquoi ne l'ai-je jamais fait ?

- Je veux participer !

- Nous participerons tous à ce don, Alice ! M'informait Tony

- Merci beaucoup, Tony !

Il me souriait, apaisant.

- Nous allons faire un geste fort envers ta mère, en donnant cet argent ! Elle sera suivie dans les meilleures conditions grâce à notre don !

Clara m'avait donnée à l'adoption, sachant qu'elle serait dans l'impossibilité de m'élever, m'offrant ainsi une vie meilleure auprès de Renée et Charlie qui avaient su m'éduquer. Je ne pouvais pas espérer meilleure récompense que l'aider à alléger son quotidien, leur permettre des sorties, une aide plus personnalisée...

Ca sera génial pour elle... enfin dans la mesure du possible dans son état, bien sûr !

- Nous établirons le chèque en début de semaine prochaine. Je pense que chacun d'entre nous pourra donner entre 500 et 1000 $...

- Je suis d'accord... J'ai cet argent !

Alec et Tony acquiesçaient. Puis, Tony m'entraînait dans son bureau, murmurant à Alec de nous laisser tranquilles.

- Bien... Alice... Pouvons-nous discuter ?

- Bien sûr !

- Tu sais que nous t'offrons un soutien dans ta douloureuse séparation... J'ai vécu ce que tu vis, j'étais totalement sous l'emprise de mon épouse... Je l'aimais à en périr. Ce fut difficile pour moi de la voir partir. J'ai su reprendre foi en la vie, en m'investissant pour les autres : donner des aides financières et morales, faire comprendre aux autres que la vie ne s'arrête pas à l'amour, la procréation... Nous sommes là pour faire le bien... C'est Dieu qui le veut. C'est comme ça. Il faut que tu en aies conscience...

J'opinais.

- Bien sûr...

- Tu as souffert avec ton mari. Tu as été mariée très jeune, tu n'as connu que lui... Tu ne sais donc pas vraiment ce que c'est que vivre. Nous allons t'aider à découvrir la vraie vie.

- Alec a été très important pour moi dans cette difficile phase...

- Nous en avons conscience. Alec est un formidable garçon, plein d'écoute et d'aide. Dénué d'intérêts autres que le bien-être de ses amis. Tu comptes énormément pour lui, et il voudrait vraiment t'aider à t'en sortir ! Le mieux pour le faire, c'est de rester auprès de lui le plus souvent possible...

- J'apprécie vraiment Alec... et votre accueil...

Il acquiesçait, et restait impassible.

- Nous sommes là pour aider, Alice... C'est notre seul but...

Il me reconduisait jusqu'à la porte de son bureau, où Alec m'attendait patiemment. Je retrouvais mon ami et il me tendait la main.

- Tout ira bien, Alice. Nous sommes avec toi...

.. ::..

Point de vue d'Edward.

J'étais arrivé chez mon oncle depuis cinq jours. J'appelais chaque soir à la maison, où Bella était avec Esmé et Elisabeth, comme à mon souhait. Elle me parlait, mais peu. Elle se contentait surtout de répondre à mes questions. Abattue.

Son silence est insoutenable.

Je raccrochais mon téléphone et rejoignis ma tante dans la salle à manger.

- Comment va-t-elle ?

- Comme hier, et avant-hier, et avant-avant-hier...

- La pauvre petite chatte... Ca me fait mal au cœur pour vous deux...

J'opinais et m'installais à table. Mon oncle apportait une bouteille de rouge et la débouchonnait.

- Allez mon grand ! Te laisse pas abattre ! Bois un coup !

J'avalais d'une traite le verre de rouge qu'il venait de me servir. Jerry me le remplissait à nouveau.

- Ca passera mon grand, va ! C'est une difficile épreuve mais vous la surmonterez et vous serez encore plus amoureux après ça...

- J'aime Bella... Je l'aime toujours autant mais... tu vois... ce bébé... C'était notre bébé...

- Je sais, mais ni toi ni elle n'êtes responsables du fait que ce petit être ne se soit pas accroché suffisamment au ventre de Bella... Il faut vous rentrer ça dans le crâne...

- Ouais... Mais c'est dur quand même...

Comme à chaque fois que je repensais à ce petit bébé qui ne viendrait pas, la douleur se plantait dans ma gorge, à m'en faire vomir. L'oncle Jerry me tapotait dans le dos.

- Allez mon garçon ! Du nerf ! Ca passera ! Tu vas rentrer, dire à ta femme que tout ira bien, vous allez vous parler, vous réconcilier et vous allez nous refaire un autre joli p'tit bébé ! Ok ?

Un autre petit bébé... un autre bébé... alors que le premier venait de mourir...

- C'est trop tôt pour Bella... pour moi aussi !

- Oh allons mon Edward ! Quand on bascule de la selle, il faut remonter à cheval de suite ! Ton père te dirait ça, et ton oncle Anthony aussi ! Quand ils étaient blessés, ils serraient les dents et ils repartaient, là c'est pareil mon grand !

Ma tante grimaçait.

- Jerry ! Tout est très différent ! Ils ont perdu un bébé... Tu imagines si nous avions perdu James, Victoria, Laurent, Malika ou Matt ? Qu'aurais-tu dit si ton frère t'avait tenu ces propos ?

Ca eut le don de faire taire mon oncle. Dieu sait comme il aime ses enfants. Il a eu la chance d'en avoir cinq, et en bonne santé, qu'il chérit plus que tout ! Nous, nous n'aurons pas « Hugo », ou sa sœur.

Le dîner s'étalait, et bientôt, la deuxième bouteille de rouge fut vide. Mon oncle ouvrait la troisième et je m'affalais dans ma chaise. J'avais soudainement envie de leur parler. De leur dire toute la peine que j'éprouvais à l'idée de ne jamais avoir vu, et de ne jamais voir ce bébé.

- Vous savez le pire ? C'est que j'avais trouvé un prénom... et j'avais acheté ce pyjama qui...

Je me levais, allais à ma valise au fond de laquelle se trouvait le pyjama. Je n'avais pas eu le courage de le jeter. Et chaque soir, je le touchais, repensant à ces deux tests de grossesse que Bella avait achetés à la pharmacie... Les deux positifs... la prise de sang... l'annonce...

J'attrapais le tissu et le ramenais à mon oncle et ma tante.

- Je lui avais acheté ça... Je m'étais dit que vert était une couleur neutre et je trouvais ces lapins devant très drôles... et... je voyais déjà mon bébé dedans, après sa naissance...

Ma tante l'attrapait, le caressait et souriait.

- Il est très joli...

- J'ai pas pu le donner... le vendre... J'aurais pu... mais...

Elena me le remettait dans les mains, et fermait mes paumes sur le pyjama.

- Garde-le... Tu le donneras à votre enfant quand il arrivera...

Ils semblaient tellement sûrs que nous allions avoir un nouvel enfant. Actuellement, je ne sais pas si c'était possible... Mais peut-être qu'un jour... je pourrai être papa.

Sans réellement comprendre, les larmes me submergeaient, brûlant ma peau. Ma tante se leva alors et me prit dans ses bras, me calant contre elle.

- Allez Edward... Ta femme a besoin de toi... Ne craque pas... Vous aurez d'autres enfants, tout ira bien... Vous devez surmonter ça, vous y arriverez... Il faut que tu ailles la retrouver et que tu lui dises que tu l'aimes, qu'elle doit s'en sortir. Vous devez faire ça, tous les deux, ensemble. Partez tous les deux, concentrez-vous sur votre peine pour la percer... Ca ira, Edward !

Je me laissais bercer par ma tante, tandis que Jerry remplissait pour la dernière fois mon verre, m'étourdissant définitivement. Lorsque je me réveillais le lendemain matin, je me retrouvais dans mon lit, tout habillé, le nez dans le pyjama de mon bébé.

Ce pyjama peut encore servir...

Revoir mon oncle et ma tante m'avait fait du bien, plus que ce que j'imaginais. Jerry était toujours optimiste quand j'échouais... Et il est le seul dernier vrai lien avec mon père... Parfois, comme maintenant, je voudrais juste être avec mon père afin qu'il puisse me dire quoi faire... alors inconsciemment, je crois que son frère était ce lien...

Quand l'avion se posait à Los Angeles, j'avais l'impression que tout allait pouvoir s'arranger. Je ne voulais pas laisser ma femme s'enfoncer sans lutter et sans l'aider. Je ne voulais pas la lâcher, je voulais lui faire comprendre qu'on pouvait avoir un futur avec un autre bébé. Bien sûr, la perte du bébé serait une part de nous douloureuse, mais nous serons parents, d'une façon ou d'une autre.

Je fus déçu de ne voir que ma belle-mère m'accueillir. J'embrassais Esmé.

- Comment va Bella ?

Esmé ne me répondit que par un faible sourire. Et ça ne me disait rien de bon... Il me tardait d'arriver à la maison, pour voir ce qu'il en était. Esmé se garait sur le parking de ma résidence.

- Bella souffre... Tu lui as manqué... Elle a été chez le médecin hier, tout va bien pour elle, il lui a longuement parlé du fait d'éventuellement refaire un bébé pour se consoler et s'en remettre...

- C'est ce que mon oncle m'a dit aussi... mais je veux que Bella aille bien d'abord... Je veux qu'elle me parle...

Ma belle-mère me souriait et quittait le véhicule.

Je rentrais dans mon appartement, pour trouver ma femme repliée sur elle-même, sur le canapé. Elle pleurait tout son soul. Je m'agenouillais devant elle, le cœur brisé. Ca sera difficile...

- Bella... Mon Amour... Je suis là...

Elle regardait dans ma direction et se jetait dans mes bras. Elle me serrait contre elle tellement fort que j'en basculais au sol, me retrouvant assis sur le tapis avec mon épouse dans mes bras.

- Edward... J'ai mal...

Je caressais ses cheveux et embrassais sa joue.

- Je suis là mon cœur... je suis là...

Elle sanglotait vivement dans mes bras, mais j'étais « heureux » qu'elle le fasse, parce qu'elle acceptait de me montrer ce dont elle souffrait.

- Ne pars plus... sans... ne pars plus sans moi...

- Bien sûr que non ma chérie...

Elle pleurait tant et si fort que je craignais qu'elle ne suffoque.

- Calme-toi... Shhh... Calme-toi ma chérie...

J'embrassais sa tempe, sa joue, et son visage. Je voulais la noyer sous mon amour, pour qu'elle

oublie ce qu'elle traversait.

- Je t'aime, Bella... Je t'aime malgré tout... Je t'aimerai toujours... Il faut que tu acceptes ta peine, mon amour... que tu en parles... qu'on la surmonte... D'accord ?

Elle reniflait peu gracieusement, le visage rougi. J'encadrais ses joues de mes mains et embrassais sa bouche.

- Tu ne peux pas garder tout ça pour toi... On y arrivera ensemble... Tu m'as manqué, et j'étais fou de te savoir ici seule... Je veux être à tes côtés à chaque douleur qui te transpercera...

Elle se blottissait dans mes bras, et je la berçais comme j'aurais pu bercer notre enfant. Je ne remarquais même pas qu'Esmé et Elisabeth avaient quitté le domicile, nous laissant en tête à tête. Bella finit par s'endormir mais je ne voulais pas la quitter, je nous installais sur le sofa et la serrais contre moi. Elle ne mérite pas de souffrir autant. C'est inhumain, ça ne devrait pas exister. Surtout pas pour elle, qui m'a toujours soutenue.

J'aurais aimé me détendre lors de mon voyage, mais il n'y avait qu'elle qui comptait. Je restais le temps de son sommeil, une longue demi-heure, à la regarder dormir. Elle se réveilla lorsque ma mère revint et qu'Enso se mit à aboyer. La tête dans le cirage, elle relevait son regard vers moi et se serrait encore plus contre moi, son visage dans mon cou. Ma mère s'asseyait face à nous, sur la petite table basse du salon.

- Mes chéris... Vous allez avoir besoin d'aller de l'avant...

Elle attrapait la main de sa belle-fille et la pressait en souriant.

- Ma douce Bella... Tu as besoin d'Edward... Je sais que tu as souffert ma chérie, que tu te sens coupable. Mais vous serez plus forts à deux pour vous en sortir. Tu comprends ?

Bella opinait, blottie contre moi. J'avais bien l'intention de ne plus la laisser, même sur sa demande.

- Beaucoup de femmes vivent ce que tu vis, et c'est normal de se sentir oppressée... J'ai ressenti la même chose quand j'ai perdu mon bébé...

Attends... quoi ?

Ma mère me fixait avec ses yeux marron, et je connaissais ce regard. C'était le même regard qu'elle avait eu lorsqu'elle m'avait annoncée qu'elle allait devoir subir sa biopsie... Je déteste ce regard ! Je sentais la main de Bella sur mon bras qui compressait ma peau, alors que rien ne pouvait m'empêcher de rompre le contact visuel avec Elisabeth.

Un bébé. Ma mère a eu un autre enfant... et je n'ai jamais rien su...

Bella se redressait un peu, en reniflant.

- Vous avez perdu un bébé ?

Ma mère lui tendait un mouchoir, et Bella le prenait.

Un bébé...

- Oui... Edward était déjà là, et nous étions fous de bonheur et de joie avec son arrivée... Son père et moi étions les parents les plus chanceux du monde... Il était si beau, si souriant avec ses yeux vert et ses grands cils et ses bonnes joues et...

Je déglutissais en voyant le regard plein de larmes de ma mère.

- Nous avons très vite su que nous voulions un autre petit... Edward était un papa comblé... Quand il me prenait l'envie de te donner le biberon la nuit, je me faisais presque disputer quand ton père était en permission, parce qu'il voulait le faire ! Il t'a tout appris : même le craché de purée sur les vêtements !

Bella souriait mais je n'arrivais pas à me concentrer sur ce souvenir et son enthousiasme. Un bébé.

- Nous avons voulu un autre enfant... Nous en voulions autant que possible. Nous voulions des enfants qui crient et rient partout, Edward aurait été un pilier de notre famille, un grand-frère aimant et attentionné... Je suis tombée enceinte. C'était parfait. Mon mari était aux anges... Nous vivions sur un vrai nuage, nous aménagions la maison, faisions des projets pour déménager... Et puis une nuit...

Mon cœur se serrait. Elle avait perdu mon frère. Ou ma sœur.

- Je me suis sentie très mal, j'avais des contractions. Je suis allée aux toilettes et je me suis aperçue que je saignais... Nous avons appelé les pompiers... mais il était trop tard...

J'avais un frère, ou une sœur.

- Ca a été très dur pour nous d'accepter cette mort... J'ai eu une longue traversée à vide, et je crois qu'inconsciemment j'ai rejeté Edward... Son père a été formidable, il m'a poussée et un jour, j'ai eu le déclic en les regardant jouer. Mon petit riait à s'en déployer la gorge, et je me suis sentie entière. J'avais déjà mon fils... Je ne pouvais pas être malheureuse... Mon mari m'a soutenu, il m'a écouté et nous avons même fait une petite thérapie. Jusqu'à ce jour où Edward Sr m'a dit qu'il voulait un autre enfant. Qu'il refusait qu'on brise notre rêve d'avoir une grande famille. Il voulait qu'Edward ait des frères et des sœurs... Je n'étais pas stérile, c'était un accident qui n'était en rien de ma faute. Mon mari est monté dans la chambre avant son départ pour l'armée. Il m'a demandé à ce que nous recommencions... Il était persuadé qu'on allait avoir un bébé... Il m'a dit de revenir le chercher à l'aéroport lors de sa permission, avec un ventre rond...

Elle s'interrompait. Les mains de maman tripotaient les manches de son pull nerveusement.

- Je ne suis pas tombée enceinte... Après tout, ça ne marche pas à tous les coups...

Elle souriait nerveusement, les larmes menaçant de couler sur ses joues. C'était l'époque où papa n'était pas revenu... et ne reviendrait plus.

- Ce que je veux vous faire comprendre... c'est que vous aurez d'autres déceptions... Mais vous êtes jeunes, en bonne santé. Ni Edward ni toi Bella n'êtes stériles... Ce bébé n'était pas prévu, et il est arrivé... Ca veut dire que des enfants veulent vous rejoindre... que vous allez créer un petit bout de vous deux, peu importe les conséquences et peu importe le temps que ça prendra...

J'aurais pu avoir un frère ou une sœur... J'aurais DÛ avoir un frère ou une sœur... En l'espace d'un peu moins de trois semaines, j'ai perdu un bébé. Et j'ai appris l'existence d'un frère qui n'était jamais arrivé...

.. ::..

Point de vue de Bella.

Elisabeth a aussi perdu un bébé... Si je m'attendais à ça. J'avais toujours cru dans ma tête qu'Edward était le seul enfant du couple. Pour moi, il l'avait toujours été. Et en quelque sorte, c'est ce qui est réel : Edward a été leur seul enfant.

Je crois que cette annonce, destinée à me regonfler, avait assommé Edward. Il quitta le salon en silence, amenant Enso faire une promenade. Lorsque la porte claquait, Elisabeth fermait les yeux.

- Je n'aurais pas dû...

Ma belle-mère avait toujours été courageuse, et je l'avais toujours trouvé admirable. Je ne pouvais pas oublier son soutien, cette semaine où Edward était parti sur ma demande. Elle m'avait longtemps parlé, et m'avait suivie chez le médecin. Le docteur avait été rassurant, tout allait bien dans mon corps. Dans ma tête, en revanche... Je n'arrivais pas à m'ôter ce sentiment de culpabilité envers Edward... c'est pour ça que j'avais voulu qu'il parte... qu'il oublie ce que je lui avais fait en perdant ce bébé...

Le professionnel m'avait expliqué que la meilleure façon de m'en remettre était de concevoir un nouveau bébé, mais ça j'en étais bien incapable actuellement. Physiquement, j'étais rétablie en tout cas... mais je n'étais pas prête à revivre une grossesse dans l'immédiat. Le choc avait été trop dur à supporter...

- Ne vous inquiétez pas, Elisabeth... Edward s'en remettra, soyez-en sûre !

- Ma petite chérie... Je m'inquiétais tellement pour vous... Je pensais que vous comprendriez qu'il ne faut pas vous laisser abattre... Que vous pouvez avoir d'autres enfants...

- Je sais...

Je pressais la main de ma belle-mère.

- Edward a toujours été fils unique, alors imaginer avoir un frère... Ca a sûrement été un choc... Mais je vais l'aider...

Elisabeth me souriait et caressait ma joue, avant de m'attirer contre elle avec force.

- Je suis si fière de vous deux... de toi... Tu aides tellement mon fils...

Je lui rendais son étreinte avec autant de force que possible.

- Il fait aussi beaucoup pour moi... Je suis bien avec Edward...

- Je sais ma chérie... Je sais... J'espère qu'il me pardonnera de lui avoir caché ça...

- Bien sûr Elisabeth... Il ne peut pas en être autrement...

Elle s'éloignait de moi en souriant, et tapotait ma joue.

- Prenez d'abord soin de vous, je serai toujours là pour vous deux, mais occupez-vous de vous... Edward a mal de te voir triste et malheureuse... Tu as besoin de lui...

J'acquiesçais et me levais. J'attrapais mon téléphone et envoyais un texto à mon mari :

« Rentre s'il te plaît... J'ai besoin de toi...

Je t'aime et ta mère aussi t'aime. On t'aime tous »

..

Edward était rentré, assez silencieux. Il avait juste étreint sa mère un long moment sans paroles, et était parti s'installer sur le balcon. Elisabeth était peinée, mais elle savait qu'Edward ne lui tiendrait pas rigueur de cet aveu. Après tout, elle n'y était pour rien si elle avait perdu ce bébé... tout comme je n'y étais pour rien si j'avais perdu le mien...

Je quittais la salle de bains et passais mon vieux jogging et un tee-shirt. Edward avait laissé la baie vitrée ouverte, faisant rentrer le froid. Mon mari n'avait pas dîné, il était simplement resté dehors, perdu dans ses pensées. J'avais l'impression que cette période où la peine l'écrasait n'allait jamais finir... J'avais l'impression d'être totalement envahie par le chagrin, la peine, et la sensation de devoir se battre. Je passais devant le bureau, qu'Edward avait commencé à repeindre et à déménager. Les pots de peinture étaient encore ouverts, avec le rouleau à l'intérieur. Le dessus était pratiquement compact, laissé ainsi à l'air libre. Je soupirais en observant le pan du mur non achevé. Edward s'était investi...

J'attrapais le plaid et m'avançais vers le balcon. Elisabeth avait quitté l'appartement pour aller se promener en compagnie de mon père et de ma mère, qui résidaient toujours chez Jasper. Je crois que ni l'un ni l'autre ne voulait partir avant d'être sûrs que tout irait bien pour nous. En un sens, ça me touchait mais je me sentais opprimée, comme si cette grossesse avortée était la seule chose qui comptait pour l'heure. Et cela ne m'aidait pas à oublier...

Je m'approchais d'Edward.

- Le pot de peinture va se perdre...

Il soupirait.

- Ce n'est pas grave... C'est qu'un pot de peinture...

C'est vrai...

- Oui... t'as raison...

Ce n'est qu'un pot de peinture...

Je m'asseyais entre les jambes de mon mari, qui soupirait et passait ses bras autour de moi.

- Ca va, Edward ?

Il opinait.

- Je suis un peu sonné, mais ça va...

- Je comprends... Mais ta mère ne voulait pas te faire de mal...

- Je sais... C'est juste qu'en l'espace d'une petite seconde j'ai eu un frère ou une sœur et qu'on me l'a enlevé... peu de temps après avoir perdu mon fils... c'est...

Il eut un rire sans joie.

- C'est dur...

- J'imagine... Et je te demande pardon pour avoir perdu ton bébé...

Il m'attirait face à lui et ses yeux verts plongeaient dans les miens, me faisant vaciller comme la première fois. Comme la fois où j'étais tombée amoureuse de lui...

– Tu n'as rien à te faire pardonner mon amour, tu m'entends ? Tu n'as rien à te faire pardonner...

L'intensité de son regard me fit vaciller, comme s'il recollait mon cœur qui se morcelait. Je ne sus pourquoi, mais les larmes montèrent alors dans mes yeux, les humidifiant. Edward caressait ma joue du bout des doigts, et me souriait, mais je voyais, et sentais son émotion. Les pleurs tombaient sur mes joues, inarrêtables. Mais je me sentais bien à pouvoir laisser ma douleur glisser devant lui. Il m'attirait contre lui et me serrait fort sous les étoiles, sa joue contre mon front. Je sentais son pouce caresser ma nuque. Il embrassait mes cheveux. Je l'entendis renifler et me reculais, pour voir ses sanglots tomber sur ses joues.

Nous étions deux. A nouveau. Deux à avoir souffert. Je ne pouvais plus le rejeter. Nous avions tout vécu ensemble. Nous affronterions ça ensemble.

Il se penchait et m'embrassait doucement, lentement.

- Dès que tu te sentiras prête, on refera un bébé, je te le jure !

Un autre bébé...

- Je ne suis pas prête pour être encore enceinte maintenant...

- Je comprends... Je ne sais pas si je suis vraiment prêt aussi...

J'opinais.

- Mais je suis prête à être ta femme... à nouveau...

Et ça, j'en étais sûre. Je voulais être à nouveau avec lui, totalement.

- Je t'aime...

- Moi aussi je t'aime, Edward.

Alors, avec toute la tendresse du monde, nous restions un long moment assis sous les étoiles, à écouter les bruits de la nuit. Edward me serrait contre lui, m'embrassant longuement. Puis, ses baisers dérivèrent dans mon cou et peu à peu, nous n'étions plus que deux corps qui avaient besoin l'un de l'autre.

Edward me souleva dans ses bras et m'emmena dans la chambre. Il retira la couverture et lentement, m'enleva vêtement par vêtement. Il s'agenouillait sur le matelas alors que je me retrouvais en sous-vêtements devant lui, et je l'aidais à défaire les boutons de sa chemise bleue tout en l'embrassant. Nos langues se rencontraient, me faisant frissonner. L'angoisse me tiraillait, mais j'avais trop besoin de mon mari. J'embrassais son torse alors que mes mains frôlaient sa peau jusqu'à son bouton de jeans. Edward se dévoilait nu à mes yeux, qui avaient oublié sa perfection. Je me retrouvais vulnérable devant lui, mais amoureuse. Et plus que tout, j'ai besoin de lui !

Avec sa douceur caractéristique, il m'embrassa sur tout le corps, s'arrêtant sur ma féminité. Je frissonnais en sentant sa langue venir me procurer ce délice intime. Mais je le voulais, j'avais besoin de lui plus que tout. Etre unis, ensemble. Quoi qu'il advienne. Il glissa en moi avec tendresse, attentif à chacune de mes réactions et bientôt, je le sentais buter au fond de mon ventre, mordant ma lèvre pour ne pas crier. Il allait et venait lentement, tendrement, et je me détendais à son contact et à son corps chaud. Il me pénétrait plus vivement désormais, grognant de façon sexy, et mes parois intimes frissonnaient, se serrant sur lui.

- Oh... Edward...

Edward nicha son visage dans mon cou, et je croisais mes chevilles derrière sa taille pour le sentir davantage, mes doigts griffant son dos.

- Bella... je vais... Bella... Bellaaa !

Edward se cambrait, abandonné et ivre dans son plaisir. Je me resserrais sur lui, tremblante et criant mon bonheur d'être redevenue une femme. Il retombait à mes côtés, haletant et transpirant, et je ne pus m'empêcher de lui sourire. Il m'attirait à lui et embrassait mon épaule, avant d'accaparer mes lèvres.

- Je t'aime, Bella... Je t'aime tellement...

Je déposais un baiser sur sa paume et me serrais contre lui, pantelante. Son odeur me frappait de plein fouet et je cherchais à me blottir dans ses bras encore davantage.

M'éloigner de lui avait été ma plus grande erreur... Je ne voulais plus être seule... Plus jamais sans lui...

..::..

Point de vue de Jasper.

Une secte... Bordel ! UNE SECTE ! Le témoignage de Justin m'avait accablé, d'ailleurs, si je n'avais pas été assis, je serais fatalement tombé sur le cul !

Une secte.

Alice était-elle tombée là-dedans ?

Voilà pratiquement trois semaines que je ne l'avais pas revue. Je passais pourtant régulièrement devant chez elle, rien. Au centre commercial, rien. J'avais même appris à faire les boutiques avec mes nièces, pour tenter de la voir dans des rayons mode. Rien. Niet. Nada.

Ca me rend malade !

D'autant plus que je n'ai pas revu l'autre face de pet ! Et j'crois que ça, ça me fait autant flipper que pas revoir Alice... Elle est forcément avec lui... MAIS OU ? Je tournais en rond dans ma chambre chez mes parents. Carlisle et Esmé étaient revenus, souriants, annonçant que Bella avait repris du poil de la bête et qu'elle et Edward allaient partir faire un petit voyage au bord de la mer pour se retrouver.

Enfin quelque chose qui tourne rond à nouveau. Ma sœur récupère des couleurs. J'ose espérer que c'est le début d'un retour à la normale...

Mine de rien, ce n'est pas évident de tout gérer : le départ de ma femme, la fausse-couche de ma sœur, et mes Super-Nièces-Envahissantes, sans oublier ma petite sœur, aussi envahissante qu'Emma et Shanna... L'autre soir, j'ai testé de leur donner le bain à trois... autant dire qu'au bout de cinq minutes et dix-sept secondes, Karlyne était déjà sortie !

Mon téléphone portable sonnait. Bella. Tiens.

- A l'huile ?

- A l'eau !

J'entendais son rire, et je crois que rien ne me fit plus plaisir en cette seconde.

- Ca va mieux ma belle...

- Oui... Je t'appelais pour te dire qu'Edward et moi sommes bien arrivés à Galveston... C'est super beau !

- Bah vous êtes déjà partis ?

- Oui, on a pris l'avion après qu'Elisabeth soit repartie... J'ai voulu appeler à la maison mais le téléphone sonne occupé...

- Ouais, papa est en ligne avec le directeur de l'hôpital j'crois...

- D'accord... Tu leur diras ?

- Compte sur moi !

- Comment tu vas, toi ?

Comment je vais ? Honnêtement... J'en sais rien...

- Je végète un peu…

- Tu as des nouvelles d'Alice ?

- Non... Aucune... Ni d'Alec d'ailleurs... C'est ça qui m'inquiète le plus...

Je l'entendais raconter à Edward. Il s'inquiétait aussi pour son amie, car apparemment il n'avait pas plus de nouvelles d'elle que moi. C'est pas rassurant pour deux sous... Je comptais bien questionner Renée... Charlie lui, me refusait tout contact...

- T'as vraiment aucune idée d'où elle peut être ? Tu as été voir Renée et Charlie ?

- Ouais mais à chaque fois, elle est absente... Sauf si Charlie ouvre, là, il me claque la porte au nez...

Il y eut un petit silence au bout du fil.

- Tu veux qu'Edward et moi, on revienne ?

- Sûrement pas ! Profitez de vous deux, faites des saloperies... Je vais m'en occuper, vous en faites pas...

- Jasper ?

- Oui ?

- Alice est folle de toi... Fais tout pour la récupérer... Sans toi, elle est perdue...

- Ouais... c'est ce qu'on dit...

Mon téléphone bipait.

- Ah, tu m'excuses ? J'ai un double-appel...

- Vas-y, j'attends...

Je prenais la seconde communication.

- Ouais ?

- Monsieur Cullen ?

Y a qu'un mec qui m'appelle monsieur Cullen : UN SEUL. Mon banquier.

- Monsieur Evans... Que puis-je pour vous ?

- Pardonnez mon appel en cette fin de journée mais je voulais régler un détail avec vous... J'ai envoyé plusieurs courriers à votre domicile durant cette dernière dizaine, qui sont tous restés sans réponses...

- Je suis chez mes parents... Qu'est-ce qui se passe ?

- Ah... Vous n'avez donc pas eu état de votre relevé bancaire ?

- Euh... non... Pourquoi ?

- Vous avez fait plusieurs retraits ce mois-ci...

- Oui, comme d'habitude mais c'est pas de ma faute, ce sont mes nièces qui sont exigeantes en fringues !

- Je l'entends bien Monsieur Cullen... Mais permettez-moi de vous poser cette question... Vos nièces nécessitent vraiment trois à quatre retraits de 5000$ chacun en une semaine ?

Attatatatatateeends... Rembobine DEUX SECONDES ! QUOI ?

- Pardon ?

- Lundi, vous avez effectué un prélèvement de 4500$ à notre guichet pour...

- Impossible ! Je ne suis pas sorti de chez moi, lundi !

- Vous êtes sûr ?

- Certain !

- Votre épouse alors ? Elle a une procuration sur votre compte...

Quoi ?

- Attendez... Oui... oui, Alice a une procuration, oui... mais nous sommes séparés actuellement et...

- Si tel est le cas, je vous conseillerais de faire annuler la procuration, et de combler le vide sur votre compte... Il y a eu deux prélèvements de 5000$, un de 4500$, et ce matin, 500$ ont encore été retiré d'un guichet rien que pour cette semaine... Je ne vous parle pas des retraits de la semaine dernière...

- Je ne me suis pas servi de ma carte depuis au moins une dizaine de jours...

- Vous devriez passer à la banque dès que possible... Allez dans notre succursale chez vos parents et prenez contact avec un conseiller...

- Comptez sur moi !

Je coupais la communication avec mon banquier, et récupérais Bella au téléphone.

- J'te rappelle p'tite sœur...

- Un souci ?

- Ouais... ou non... je sais pas... Ecoute, j'te rappelle, ok ? J'ai un rendez-vous...

Je raccrochais. Putain mais c'est quoi ces trous là ? Ca veut dire quoi ? La seule à avoir une procuration, c'est ma femme. Mais Alice ne prendrait jamais ces sommes sur mon compte. Jamais elle ne se servait de sa procuration, sauf pour faire du shopping.

Elle a pas pété un plomb au point de dépenser 15000$ en fringues en une semaine quand même... si ?

J'attrapais mon blouson et composais en même temps le numéro d'Alice. Mais comme d'habitude depuis quelques temps déjà, je tombais directement sur sa messagerie. Y a un truc qui va pas... D'abord elle coupe son téléphone, ensuite elle disparaît, et maintenant mon compte se vide sans explications...

La secte.

« Tabitha s'est ruinée pour ces gens... Elle nous a même emprunté de l'argent... Ils lui disaient que le matériel ne comptait pas, et qu'ils devaient partager tous les biens ».

La secte...

Ca ne ressemble pas à Alice de prendre autant d'argent. Elle se fiche du pognon. Elle est très autonome, elle aime s'acheter ce dont elle a besoin avec l'argent qu'elle gagne. Ca ne lui ressemble pas...

Je rentrais dans la banque et une bonne heure plus tard, grâce à ma procuration que j'avais sur son compte, j'appris qu'elle n'avait plus un dollar d'économisé. A sec. Niet. Elle était même dans le rouge. La banquière me menaçait d'emblée, et je décidais de faire un petit virement... enfin petit... pour combler le trou de 2000$ quoi... et surtout pour voir si cet argent allait aussi disparaître...

En quittant la banque, plongé dans les relevés hallucinants, je me fis percuter par un mec qui marchait droit devant lui. Mon cœur se nouait quand j'aperçus ce connard d'Alec en compagnie d'une drôle de bande, et surtout au milieu de ces molosses, mon Alice...

Je ne l'aperçus qu'une seconde, peut-être deux tout au plus. Mais son visage était clos, et de larges cernes se dessinaient sous ses yeux. Elle semblait également avoir maigri. Je n'eus pas le temps de réagir, pas même d'esquisser un mouvement qu'ils entrèrent en compagnie d'une autre femme dans une voiture, et ils quittèrent rapidement leur place de parking.

Merde ! Mais putain ! C'est pas elle ça !

J'aurais aimé réfuter les pensées qui me venaient, mais tout semblait plus que clair.

Elle a l'air épuisée, elle a de larges cernes et est très pâle.

De l'argent disparaît, et ELLE disparaît...

Une secte.

Je fis demi-tour. Direction le commissariat. Le coeur serré.