Salut vous tous, nous revoili, nous revoilou… Vous avez cru qu'on était mortes ? Hé ben non on est toujours vivantes et on a pensé à vous, voici donc un nouveau chapitre de Far West, plus exactement le chapitre 25 qui, nous l'espérons, vous plaira…

Nous nous excusons encore pour notre retard, mais qu'est-ce que vous voulez, voilà ce que ça donne des jeunes filles overbookées hihihi. Mais ne vous inquiétez pas, nous continuerons cette fic quoiqu'il arrive, qu'il neige, qu'il pleuve ou qu'il vente (quoique ça on s'en fiche on n'écrit pas dehors hihihi).

Bon assez bavassé, on vous laisse à la lecture de ce nouveau chapitre. Bonne lecture à tous et toutes !!!!


Chapitre 25 : Du rififi dans le désert partie 2 : Faites vos jeux !

Assis sur sa paillasse, dans sa cellule, le maire de Py Town avait les yeux levés vers la petite lucarne qui lui permettait d'entrapercevoir un coin de ciel bleu. Le teint hâlé et les cheveux noirs et frisés, il inspirait le respect et dégageait un calme qui impressionnait ses gardiens. Peu d'hommes étaient aussi sereins quand ils se savaient au crépuscule de leur vie. Mais Monty, jadis l'homme le plus puissant de cette région de l'Ouest, accueillait son sort avec fatalité. Il ne tourna même pas la tête en entendant des pas s'approcher de sa cellule.

- Alors Monty, tu cherches un moyen de t'échapper ?

L'homme qui venait de prononcer cette phrase éclata de rire avant de passer sa main gauche dans ses cheveux coiffés en arrière et gominés. Son autre main avait été jadis remplacée par un crochet d'or, qu'il faisait grincer sur les barreaux à l'heure actuelle. Son sourire s'élargit, encadré par deux longues cicatrices qui barraient son visage. Mais s'il souriait, son regard était loin d'être amical.

- Tu es venu me narguer, Crocodile ?

- Moi ? répondit l'autre en feignant l'innocence. Je suis juste venu te soutenir dans cette épreuve… Et la population tient à ce que soit moi qui préside à ton… départ.

- Oh.

Crocodile fronça les sourcils. Il avait prévu d'avoir le triomphe modeste mais là ça ne se passait pas du tout comme prévu. Monty aurait dû protester, crier, pleurer, mais il n'avait aucune réaction.

- Tu prends ça plutôt bien, lança-t-il.

Le prisonnier eut un petit rire sans joie et se tourna enfin vers lui. Il y avait une telle majesté dans son attitude à ce moment que Crocodile grogna.

- Je m'incline devant la volonté du peuple, répondit Monty avec un sourire. Je l'ai déçu, je mérite sa colère. Si je dois mourir pour que mes concitoyens puissent être heureux, alors qu'il en soit ainsi. Je ne regrette qu'une chose, ajouta-t-il en regardant à nouveau par la fenêtre, c'est de ne pas avoir pu dire adieu à ma fille.

Crocodile allait répondre quand il entendit la porte s'ouvrir. C'était le shérif, accompagné du gardien de la prison. Ils approchaient lentement, et le bruit de leurs talons frappant le sol était comme un métronome funeste, rapprochant Monty de la mort à chaque pas. Finalement ils s'arrêtèrent près de Crocodile et firent face à leur ancien maire. Ils semblaient gênés et regardaient le sol, mais Monty leur sourit et les rassura d'un regard.

- Je suis prêt.

- C'est l'heure, monsieur, dit le shérif. Je dois vous conduire près du révérend, et vous allez être préparé. L'exécution est prévue à 16 heures, il vous reste quatre heures à vivre.

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Exécution – 4 heures

oOo

- Wouhouh Usopp ! J'ai gagné ! J'ai gagné !

Luffy exultait, il n'en croyait pas ses yeux. Autour de lui la foule des joueurs et des hôtesses criait de joie. C'était la première fois que le casino avait un aussi gros gagnant. Tout le monde voulait voir le gamin au chapeau de paille et sa chance insolente. Usopp, lui, s'était éloigné et regardait autour de lui, nerveux.

Nami avait pourtant été claire, ils devaient se faire discret et se mêler à la foule pour glaner des informations. Mais quand le chat n'est pas là les souris dansent comme on dit… Elle avait à peine le dos tourné que Luffy avait décidé de se mêler aux joueurs, pour essayer de comprendre le jeu du Black Jack, et éventuellement poser des questions. Mais il n'avait pas imaginé qu'il se prendrait autant au jeu…

- Usopp ! Hey ! Regardez, là, c'est mon copain Usopp !

Et voilà, tout le monde le regardait à présent. Le jeune homme fit un sourire contrit. Lui qui s'était donné du mal pour passer inaperçu… Son trouble s'accentua quand une hôtesse brune, à la robe plus que subjective, vint le prendre par la main pour l'emmener près de son ami sous les acclamations de la foule. On lui installa une chaise à la table, et il s'assit près de Luffy qu'il put ainsi observer.

Le jeune homme était comme enivré par ses succès. Il jouait n'importe comment mais son tas de jetons atteignait maintenant une taille colossale. Il était soigné par le personnel, on lui servait de l'alcool, remplissant régulièrement son verre sans attendre qu'il soit vide. Des femmes lui tournaient autour et, profitant de son début d'ivresse, une des hôtesses à la robe presque totalement transparente s'était installée sur ses genoux et tentait de le déconcentrer. Si elle savait que le cow-boy n'était pas le moins du monde concentré, et qu'il jouait sans y faire attention, que c'était sa chance insolente qui faisait tout.

Quelqu'un lui tendit un cigare et il s'y attaqua avec grand plaisir, il aimait la nouveauté. Il fut un peu surprit et toussa violemment au départ, faisant rire la foule qui appréciait de plus en plus ce petit gamin qui allait peut-être finir par ruiner le casino.

- Luffy, murmura Usopp. C'est une mauvaise idée…

- Tu nis gwoi ? demanda son ami avant de penser à se débarrasser de son cigare. Tu dis quoi ?

- Je dis qu'on devait pas se faire remarquer pour pouvoir trouver des informations…

- Qui se fait remarquer ?

A ce moment il fit un signe au croupier qui retourna ses cartes et une nouvelle clameur enfla dans la salle. Il avait encore gagné. Usopp se frappa le front. Comment pouvait-on être aussi bête ?

- Détends-toi, lui dit le cow-boy en avalant une nouvelle gorgée de whisky. Hey il fait chaud, non ?

- Luffy, tu devrais arrêter de jouer. Et arrêter de boire aussi…

- Il est pas marrant ton copain, dirent les trois jeunes femmes qui entouraient Luffy. Allez Long-pif, amuse-toi !

Il n'eut pas le temps de répondre, l'une d'elle monta souplement sur la table de Black Jack et entama une danse lascive autour des cartes et des jetons, sans en renverser un seul, sous les applaudissements du public. Luffy et Usopp, les yeux écarquillés et un sourire béat plaqué sur leurs visages, se mirent à siffler et applaudir comme les autres. D'autres danseuses rejoignirent la première sous les acclamations de la foule.

- Quand Nami va voir ça, chuchota quand même le conteur en avalant lui aussi le verre qu'on venait de lui servir.

- Qui ça ?

Soudain le cow-boy se figea et son sourire disparu. La bouche grande ouverte et les mains tremblantes, un long frisson lui parcourant l'échine, il paraissait complètement désemparé voire même… apeuré. Usopp, près de lui, le regarda, surpris. Qu'est-ce qui arrivait à son ami ? Il regarda la table et soudain il comprit. L'une des danseuses le fixait avec un regard chargé de colère et de menaces. Deux yeux marrons braqués doit sur Luffy. Les deux jeunes gens déglutirent avec difficulté.

Vêtue comme les autres danseuses d'un jupon très transparent et d'une bande de tissu couvrant sa poitrine, Nami arborait aussi de nombreux bijoux clinquants, certains accrochés à la ceinture de sa jupe, claquant les uns contre les autres au rythme de ses mouvements. Luffy était littéralement fasciné par le mouvement de ses hanches qui se mouvaient au rythme de la musique alors qu'elle s'approchait, slalomant entre les cartes et les jetons, comme les autres jeunes femmes. Ses cheveux et le bas de son visage étaient cachés d'un léger voile, mais le cow-boy l'avait reconnue tout de suite, en voyant son regard. C'était bien Nami.

Petit-à-petit, alors qu'il était incapable de la lâcher des yeux, elle s'approcha de lui sans cesser de le fixer. Il se rendit soudain compte qu'une hôtesse était toujours assise sur ses genoux alors qu'une autre lui massait les épaules et il piqua un fard monumental. Il regarda autour de lui et voulut faire partir ses nouvelles amies, mais elles ne voulaient rien entendre et il commença vraiment à paniquer. Et soudain une ombre le recouvrit. Trop tard.

- Hey les deux traînées. Barrez-vous.

Les jeunes femmes sentirent elles aussi un frisson les secouer et levèrent les yeux vers la danseuse qui, toujours montée sur la table, les toisait avec animosité. Elles allaient répondre quand elles croisèrent le regard de Nami, et elles battirent rapidement en retraite devant la menace contenue dans les yeux de cette fille. Même le public qui se trouvait près du cow-boy recula, sentant la tension qui était palpable autour de lui.

- Luffy ?

- Oui Nami ? répondit-il piteusement.

La jeune femme se laissa tomber de la table et atterrit souplement sur le sol avant de s'installer elle aussi sur les genoux de Luffy. Celui-ci, de moins en moins à l'aise et le souffle court, ne savait plus quoi faire de ses mains ni comment réagir. Nami lui fit un sourire en apparence éclatant et se pencha contre lui jusqu'à ce que ses lèvres frôlent l'oreille du cow-boy.

- Tu l'emporteras pas au paradis, souffla-t-elle sans perdre son sourire, mais avec un regard à glacer le sang. Et toi non plus, ajouta-t-elle à l'attention d'Usopp qui se tassait sur sa chaise. Je vous avais pourtant demandé de ne pas vous faire remarquer, c'est dingue ça, dans quelle langue il faut vous parler ?

- Mais c'est pas ma faute c'est…

- Tais-toi ! souffla-t-elle alors que son sourire se transformait en rictus.

Elle éclata soudain de rire, comme s'il lui avait lancé une plaisanterie, et se colla un peu plus à lui en papillonnant des cils. Autour d'eux, la foule riait, criait et buvait. La jeune femme était un peu rassurée, personne n'avait l'air soupçonneux, les garçons s'étaient bien intégrés aux joueurs. Ils avaient de la chance. Quels crétins…

Elle ne se rendit pas compte que, non loin de là, quelqu'un les observait avec un petit sourire. De la passerelle surplombant la salle du casino, une jeune femme ne les lâchait pas des yeux.

- Miss All Sunday ? appela un petit homme rondouillard en s'approchant d'elle.

- Vous avez ce que je vous aie demandé ?

L'homme lui tendit deux feuilles pliées en deux et qu'elle déplia avant d'y jeter un coup d'œil.

- Vous aviez raison, le cow-boy est recherché, ainsi que la nouvelle danseuse. Mais comment saviez-vous que…

- Vous ne voulez pas le savoir, se contenta de répondre la jeune femme sans quitter la salle des yeux. Ce sont des clients spéciaux, ajouta-t-elle en se tournant finalement vers lui. Vous savez ce que vous devez faire.

oOo

Ca faisait plus d'un quart d'heure. Et rien. Sanji et Zoro attendaient près du chariot tandis que Chopper examinait Vivi. Ils étaient tous inquiets, même si le chasseur de primes ne l'aurait avoué pour rien au monde. Si seulement elle réagissait normalement, comme une fille quoi. Elle venait d'apprendre que son père allait être exécuté dans quelques heures, elle aurait dû crier, pleurer, piquer une crise de nerf, se rouler par terre en s'arrachant les cheveux… Là Zoro aurait pu soupirer, se plaindre de devoir supporter des filles pénibles dans le groupe, il l'avait bien dit que c'était une mauvaise idée. Il aurait même pu lui mettre une claque pour la calmer. Mais là… Rien. Pas une larme, pas un cri. Elle n'avait pas bougé ni même cillé depuis un quart d'heure, il se demandait même si elle respirait. Ca devenait flippant…

- Qu'est-ce que c'est chiant une fille, marmonna-t-il en voyant le regard découragé de Chopper.

- Elle est en état de choc, expliqua le renne à ses deux amis qui approchaient. Elle n'a plus aucune réaction, je ne sais pas quoi faire.

- Si je lui préparais un bon petit plat ? proposa Sanji.

- Si je lui collais un pain ? lança Zoro.

- Ca va pas bien ? s'écrièrent les deux autres.

- Oh bah pour une fois que je voulais aider…

Toto, le père de Kohza, n'avait plus rien dit, lui non plus, depuis le départ de son fils. Il semblait épuisé tout d'un coup, il avait l'impression de porter le poids du monde sur ses épaules. Assis sur une souche d'arbre, la tête dans les mains, il n'osait pas regarder la jeune fille, encore moins lui parler.

La pauvre, non content d'apprendre la situation terrible de son père, elle se rendait compte qu'elle avait perdu son plus vieil ami. Sans compter la culpabilité qu'elle devait ressentir. Après tout, même si c'était pour la bonne cause, elle s'était enfuie au plus mauvais moment, laissant son père affronter seul les fourberies de Crocodile.

Le silence régnait devant la maison du vieil homme, juste troublé par le souffle du vent et les renâclements des chevaux. Les jeunes gens se regardaient, sans savoir quoi faire, ni quoi dire. Finalement ce fut Chopper qui trouva les mots.

- Ce n'est pas ta faute, murmura-t-il en posant sa main sur l'épaule de Vivi.

Au début elle ne réagit pas puis, finalement, elle tourna la tête vers lui, croisant son regard tendre et compatissant. Alors les yeux de la jeune fille se remplirent de larmes et elle se jeta dans ses bras en sanglotant, laissant enfin libre cours à sa peine. Sanji s'alluma une cigarette dont il souffla lentement la fumée, regardant en direction de la ville, tandis que Zoro observait Toto qui fixait toujours le bout de ses chaussures, comme s'il pouvait y trouver des réponses.

Au bout de plusieurs minutes, Vivi se détacha du renne en le remerciant d'un sourire et, en essuyant ses yeux humides du dos d'une main, elle s'approcha du vieil homme et s'accroupit devant lui.

- Toto, dit-elle doucement. Regardez-moi.

- Je suis désolé pour tout, murmura le vieil homme. Pour ton père, pour Kohza, pour…

- Je ne vous en veux pas, répondit-elle en lui prenant la main.

- Qu'est-ce que tu veux faire Vivi-chérie ? intervint Sanji en boitillant jusqu'à elle.

Elle se releva et soupira en tournant son regard vers la ville qu'on apercevait au loin.

- Je vais aller sauver mon père.

- J'espérais que tu dirais ça, répondit le blond.

- On va t'aider Vivi, ajouta Chopper. Je suis sûre que tout ira bien pour lui.

- Comment ça va se passer ? demanda Zoro qui voyait enfin un peu d'action se profiler à l'horizon, ce qui n'était pas pour lui déplaire.

- L'exécution est prévue dans moins de quatre heures, répondit la jeune femme. On n'a pas de temps à perdre, il va falloir pousser les chevaux au grand galop pour rattraper Kohza.

- Vous ne pourrez rien faire comme ça, intervint Toto.

Tous les regards se tournèrent vers lui et il se releva en grimaçant.

- Les hommes de Crocodile ne vous laisseront pas intervenir, ils vont sûrement tenir toutes les entrées de la ville pour éviter que quelque chose ne vienne perturber l'exécution.

- Et puis tu es trop connue Vivi, les gens vont tout de suite te reconnaître, ajouta Chopper.

- Et il y a cette femme qui nous a vus à Speakhand, réfléchit Zoro. On avait dit qu'on devait se faire discrets alors arriver au grand galop ça va pas trop le faire.

- Mais à pied il y en a pour des heures, dit Sanji. Et puis on se heurtera au même problème, les hommes de Crocodile nous mettront des bâtons dans les roues.

- Mais on doit faire quelque chose ! protesta Vivi qui se sentait de plus en plus impuissante.

Toto ne disait rien, se tordant nerveusement les mains. Finalement il posa une main sur l'épaule de la jeune femme qui sursauta et se tourna vers lui.

- Tu ne te souviens pas ? lui demanda-t-il.

- Quoi ?

- Rappelle-toi quand tu étais petite fille, insista-t-il. Tu avais trouvé un passage secret à l'hôtel de ville et tu t'étais perdue…

- Ah oui je me souviens, j'avais trouvé un vieux tunnel de mineur sous la maison, et j'étais terrorisée. C'était toi qui m'avais retrouvée. Mais où veux-tu en venir ?

- Et bien ce tunnel n'était qu'une partie d'un grand réseau de galeries qui courent sous Py Town ! Ils ont été creusés par les tous premiers mineurs qui ont trouvé le filon d'or, il y en a partout, jusqu'ici.

- Vous voulez dire qu'on pourrait regagner la ville ni vu ni connu ? demanda Zoro, intéressé.

- Exactement, vous pourrez rejoindre l'hôtel de ville. C'est devant, sur la grande place, que l'exécution aura lieue.

- C'est formidable ! s'enthousiasma Vivi. Merci Toto, tu es notre sauveur. Il n'y a pas de temps à perdre, prenez les chevaux et…

- Les tunnels sont trop étroits, la seule solution c'est d'y aller à pied, intervint le vieil homme. Et ça n'est pas le seul problème. C'est un vrai labyrinthe là-dessous, vous ne pourrez jamais vous y orienter, il vous faut un guide… Je viens avec vous !

- Quoi ? s'écria la jeune femme. Non Toto, tu es trop fatigué, et trop vieux. Je ne peux pas te demander ça.

- Tu ne me demandes rien du tout, jeune fille, c'est moi qui te le propose. Vivi, ajouta-t-il l'air grave. Je t'aime beaucoup, et ton père aussi. Je sais qu'il est innocent, et je refuse de rester les bras croisés alors qu'un honnête homme va mourir, accusé à tort. Je ne pourrais plus jamais me regarder dans un miroir si je laisse faire ça. Alors je vais vous guider, un point c'est tout.

Devant sa détermination, Vivi ne put que sourire et le serrer dans ses bras avant de se tourner vers ses trois amis.

- Ne tardons pas, dit-elle, sans les chevaux il va falloir se dépêcher.

- Tu as raison Vivi-chérie, répondit Sanji. Mettons-nous en route.

- Et où tu crois aller l'éclopé ? lança Zoro en le voyant grimacer.

- Comment tu m'as appelé ?

- Il va nous ralentir, insista le chasseur de primes. On va perdre trop de temps avec lui…

- Et puis il doit se reposer, ajouta Chopper. Il est encore convalescent, sa jambe est fragile.

- Mais la ferme tous les deux, je veux venir avec vous!

- Décide-toi vite, Vivi, lui dit Toto. Nous avons une longue route…

- Sanji, je suis désolée mais ils ont raison, dit la jeune femme en regardant le cuisinier avec gêne. Tu dois te reposer et…

- Non.

Pas de « Vivi-chérie », ni de « ma caille farcie » ou « mon ange aux cheveux bleus », comme elle en avait l'habitude. Il la regardait maintenant avec gravité et sérieux, elle ne l'avait jamais vu comme ça.

- Je vais venir avec vous, que vous le vouliez ou non. Pas seulement parce que je mourrais de honte en restant derrière. Pas juste pour ne pas perdre la face devant le concombre humain. Non Vivi, je veux venir parce que je veux me battre. Pour toi et pour ton père. Et rien de ce que vous pourrez faire ou dire ne m'empêchera de venir.

- On parie ? marmonna Zoro en lui lançant un regard affligé.

- D'accord, répondit soudain Vivi en lui souriant. Merci Sanji, je ne l'oublierai pas.

- Est-ce que ça veut dire que tu vas m'embrasser fougueusement et me serrer contre ta poitrine palpitante pour me remercier de mon courage et de mon abnégation ? s'écria le blond plein d'espoir.

- Ah bah voilà, je me disais aussi…, murmurèrent Zoro et Chopper.

- Zoro, lança la jeune femme sans lui répondre. Je suis désolée de te demander ça mais… Il va falloir que tu portes Sanji.

- Quoi ? Pas question ! s'écrièrent les deux intéressés.

- On n'a pas le choix, tu l'as dit toi-même il ne marchera pas assez vite pour nous suivre.

- Chopper pourrait me porter, lui ?

- Sous sa forme « humaine » il devra déjà marcher plié en deux car les tunnels sont vraiment petits.

- Et sous ma forme de renne je suis trop petit, je n'aurai pas assez de force pour te porter, ajouta le médecin.

- On n'a pas le choix, Zoro va devoir te porter.

- Pas question ! protesta le chasseur de primes. Je veux bien le traîner derrière moi par les cheveux si je peux pas faire autrement, mais c'est tout.

- Essaye un peu pour voir ?

- Zoro, lança Vivi d'un ton sec. S'il-te-plaît, si tu veux vraiment m'aider, fais-le.

Le jeune homme voulut protester mais le regard de Vivi l'arrêta. Il grogna et jeta un regard furieux au cuisiner avant de soupirer et de se placer devant lui en lui présentant son dos.

- Y a intérêt que la récompense vaille le coup, lança le chasseur de primes. Et si vous racontez ça aux autres je vous promets que je vous tue, et en vous faisant souffrir en plus.

- C'est noté, répondit Vivi en réprimant un sourire alors qu'elle observait Sanji qui se hissait péniblement sur le dos de son compagnon.

- Faudrait peut-être envisager un régime, ero-cook…

- C'est par là, intervint Toto en leur faisant signe. Dépêchons-nous, il nous reste très peu de temps !

Les jeunes gens se dépêchèrent de le suivre, l'un d'eux traînant la patte plus que les autres. Ils se dirigèrent vers un monticule rocheux qu'ils contournèrent et, alors que Toto entrait en allumant des torches, Zoro se baissa pour passer par l'ouverture très basse pour lui. Mais il ne pensa pas à Sanji qui se prit le rebord de pierre en pleine tête et hurla, alors que son porteur souriait.

- Tu l'as fait exprès, ducon !

- Si tu te plains je te laisse là, alors ferme-la.

- Grmph, marmonna le cuisinier.

- Tu disais ?

- T'es vraiment le cheval le plus moche que j'ai jamais vu, dit juste le blond. Allez hue cocotte, vas pas te perdre pour une fois, enfin si c'est pas trop te demander !

- La route va être longue, pensa Zoro en se retenant de balancer le blessé contre la paroi rocheuse du tunnel.

Vivi, elle, avait le cœur battant. Elle reprenait espoir, même si elle savait qu'elle ne devait pas se leurrer. Ils étaient à pied, à des heures de marche de Py Town. Il faudrait un miracle pour qu'ils y arrivent à temps. Mais à ce moment précis, elle avait furieusement envie de croire aux miracles…

oOo

- Regarde ça Nami ! Tu as vu la chance que j'ai ? s'exclama Luffy alors que la foule s'extasiait devant se réussite.

Des étoiles plein les yeux, Nami ne faisait pas exception et regardait son ami passer d'un jeu à l'autre sans rien perdre de sa chance insolente. C'était pourtant théoriquement impossible d'avoir une telle veine et pourtant, à en voir la tête du pauvre croupier qui voyait filer l'argent du casino, c'était bien réel.

Toujours installée sur les genoux de son ami et collée à lui comme une vulgaire entraîneuse, elle observait la disposition du casino, le placement des gardes et les sorties. Elle échangea un regard entendu avec Usopp en lui désignant le fond de la salle. Ils avaient tous les deux repéré l'imposante porte en acier située au fond de la grande salle et qui paraissait être le seul accès aux étages supérieurs où devait se trouver le maître des lieux. Ils devaient réussir à s'y introduire.

Ils furent tous les deux tirés de leurs pensées par l'arrivée d'un tout jeune garçon dans le casino.

- Nouvelle édition de la gazette de Py Town ! cria-t-il en brandissant une petite liasse de papiers. L'exécution du maire est prévue cette après-midi à quatre heures devant l'hôtel de ville ! Demandez la gazette de Py Town ! La maire va être pendu haut et cours pour payer ses crimes ! Nouvelle édition !

Usopp fit un clin d'œil à Nami et quitta sa chaise avant de se diriger le plus discrètement du monde vers le petit vendeur de journaux. A la table, personne ne sembla s'y intéresser car il y avait plus important. Luffy et sa cour étaient installés à la roulette depuis quelques minutes maintenant et la chance du cow-boy ne l'avait toujours pas abandonnée.

- S'il remporte ce nouveau tour il battra le record du joueur le plus chanceux de toute l'histoire du casino ! cria quelqu'un.

- C'est vrai ? s'exclama Luffy. Trop cool !

- Attends c'est un moment important, s'écria une femme. Petit, il faut que tu marques le coup. Si tu gagnes il faut que tu fasses quelque chose de dingue pour fêter ça.

- De dingue ?

- Bah oui comme courir à poil dans toute la ville, balancer tous tes jetons dans la grande fontaine de la mairie, rouler le patin du siècle à la rouquine sur tes genoux…

- Vendu ! cria Luffy en faisant un signe au croupier.

- De quoi ? demanda Nami en regardant autour d'elle, un peu perdue.

- Le rouge ! dit Luffy sans lui répondre. C'est parti !

- Hey mais qu'est-ce que…

- Les jeux sont faits, rien ne va plus, lança le croupier en coupant la jeune femme.

Le silence se fit dans le casino et seul le bruit de la roulette et de la bille rebondissant sur les cases se fit entendre. Tous retenaient leurs souffles en fixant la bille qui tournait, encore et encore.

- Rouge, rouge, rouge, souffla Luffy.

La roue ralentit enfin, prête à s'arrêter. La bille rebondissait toujours, semblant hésiter entre le rouge et le noir, et le suspense était à son comble.

- C'est…, commença le croupier en voyant la bille se stabiliser sur le noir.

- Rouge ! cria Luffy alors que la bille rebondissait une dernière fois pour atterrir in-extremis sur une case rouge.

Une gigantesque clameur explosa autour de la table et une pluie de confettis tomba sur le cow-boy. C'était officiel, Luffy était le plus gros gagnant de l'histoire du casino. C'était la liesse, tout le monde félicitait le jeune homme qui ne savait plus où donner de la tête et qui affichait un sourire radieux.

A l'étage, accoudée à la rambarde, Miss All Sunday sourit en voyant l'enthousiasme et la joie de vivre communicative du cow-boy. Elle ne se souvenait même pas de la dernière fois où elle avait ri aussi librement que lui, sans regrets ou craintes pour son avenir. Ce Luffy était décidément quelqu'un de chanceux.

Elle fut tirée de ses pensées par un toussotement, près d'elle, et elle se tourna vers le petit homme rondouillard qui la secondait.

- Comme vous l'avez demandé nous avons fait prévenir l'armée que des criminels recherchés étaient dans l'établissement. Il se trouve que le général Garp et ses hommes sont justement postés dans la région. Ils ne devraient pas tarder.

- Bien, se contenta de répondre la jeune femme brune.

- Que fait-on d'eux en attendant ?

- On les garde bien au chaud, répondit-elle avec un sourire sans joie.

En bas, la situation devenait intenable pour Luffy.

- Le baiser, le baiser, le baiser, scandait la foule.

- De quoi ils parlent, Luffy ? demanda Nami, un peu inquiète.

- Euh… Comment dire… J'ai peut-être éventuellement laissé entendre que si je gagnais ce tour je… enfin…

- Qu'il te roulerait la galoche du siècle ! lança un homme avant d'éclater d'un rire gras, imité par le reste du public.

- Pardon ? s'écria la jeune femme.

- Le baiser, le baiser, le baiser, continuait la foule impitoyable. Allez petit, te dégonfle pas !

Luffy hésitait, pris entre les encouragements du public et le regard noir de Nami, quand une main s'abattit sur son épaule.

Un groupe de gardes, accompagnés d'un petit homme bedonnant, les entouraient comme surgis de nulle part.

- Et bien, que voilà un jeune homme chanceux, susurra l'homme, l'air aussi cordial qu'un reptile prêt à mordre.

- Hey il n'a pas triché ! protesta Nami.

- Nous n'en doutons pas jeune demoiselle…

- Alors c'est quoi le problème ? demanda Luffy.

- Aucun problème, vraiment aucun, répondit l'employé du casino en se frottant les mains. Nous voulions juste vous convier à rejoindre le carré VIP où vous seront servis quelques rafraîchissements, ajouta-t-il en désignant la grande porte d'acier.

Aussitôt le regard de Nami s'éclaira, c'était l'occasion qu'elle attendait.

- Viens Luffy, dit-elle en commençant à se lever.

- Mais j'ai pas envie moi, je suis bien là, répondit-il avec un grimace. Et puis je veux continuer à jouer…

- Crétin, tu as oublié qu'on n'est pas là pour ça ? lui murmura-t-elle à l'oreille.

- Méheu Nami…

- En plus je suis sûre qu'il y aura plein de bonnes choses à manger, ajouta la voleuse avec un sourire purement diabolique.

- Mais qu'est-ce qu'on attend ? lança Luffy en se levant précipitamment et en l'entraînant derrière lui.

Il fit quelques pas avant de se retourner vers la foule qui le suivait depuis qu'il avait commencé à jouer.

- Merci pour tout les gars, vous êtes cools ! Ah et puis avant que j'oublie…

Il attrapa Nami par la taille et la renversa en arrière avant de lui donner un profond et fougueux baiser sous les acclamations des spectateurs. A l'étage, Miss All Sunday ne put s'empêcher de lâcher un petit rire.

- Bon bah ça c'est fait, dit le cow-boy en se redressant. A la bouffe maintenant !

Nami, un peu sonnée et essoufflée, eut juste le temps d'apercevoir Usopp, dissimulé derrière une statue et qui observait avec inquiétude l'air sombre et les armes menaçantes des gardes qui emmenaient ses amis. Il leva alors les yeux et aperçut la femme brune qui observait tout ça.

- C'est quoi cette histoire de salon VIP ? entendit-il soudain.

Il se glissa auprès de deux gardes qui discutaient près de la grande entrée.

- C'est un piège, ces deux jeunes sont des criminels recherchés.

- Quoi ? Ces gamins ?

- Ouaip, et la copine du patron vient de faire prévenir l'armée.

- Elle fait peur cette femme, murmura l'un des deux gardes en réprimant un frisson.

- Il paraît que c'est le général Garp lui-même qui va venir les cueillir.

- Mais où ils les ont emmenés en attendant ?

- Dans les cellules spéciales, celles d'en bas.

- Quand même, ça doit pas être n'importe qui ce gamin au chapeau de paille…

Usopp recula, paniqué. Ses amis emprisonnés ! Et il se retrouvait seul pour les délivrer. Il devait aller chercher du secours. Il sortit du casino de son air le plus nonchalant et dévala les marches. Il était arrivé au pied du grand escalier, soulagé de s'en être sorti indemne, quand quelqu'un l'attrapa par le cou. Une main se plaqua sur sa bouche pour l'empêcher de crier et il perdit connaissance quand un poing s'abattit sur son crâne.

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Exécution – 3 heures 30


Zoro : Hey pourquoi je suis obligé de porter le blondinet, il peut pas se démerder ? Et pourquoi je m'inquiète pour Vivi ? Les filles ça ne nous apporte que des embrouilles…

TiteNana : Ca y est t'as fini, oui ? Tu t'inquiètes pour Vivi car malgré ton sale caractère t'as un cœur en or, et puis tu portes Sanji ben parce que Vivi te l'a demandé et que t'as envie d'aller te bastonner, et encore te plains pas tu le portes sur ton dos, Elisha aurait pu te le faire porter dans tes bras comme une princesse, niark niark niark

Sanji et Zoro : Non mais vous êtes dingues…

Luffy : Moi j'adore le casino !

TiteNana : Normal tu fais que gagner, moi j'aime pas le casino…

Usopp : Oui et bonjour la discrétion, enfin heureusement je suis là pour veiller sur lui, qu'est-ce qu'il ferait sans moi, hein ??

TiteNana : Euh j'en sais rien, par contre Nami t'as eu droit à un sacré baiser, hihihi… Ben pourquoi tu rougis?

Nami : Je rougis pas et mêle-toi de ce qui te regarde…

TiteNana : Hey soit sympa, ou alors la prochaine fois on demande à Toto ou Sanji de t'embrasser, ou alors c'est Elisha qui embrassera Luffy à ta place…

Sanji : Oh oui ma princesse, laisse-moi t'embrasser, te montrer l'étendue de mon amour, oh Nami Chérie…

Zoro : Et voilà il s'enflamme, t'aurais pu trouver quelqu'un d'autre que lui, il va être intenable.

TiteNana : Tu préférerais être à sa place ?

Zoro : Quoi ? T'es dingue, moi la rouquine voleuse je la laisse à Luffy…

TiteNana : Bon ben si on allait boire un verre et manger un bout ?

Zoro et Luffy : Tu nous invites ?

TiteNana : Euh ben… Je crois que j'ai pas le choix… On y va ? Chopper, Nami, Usopp, Vivi et Sanji vous venez aussi ?? A la prochaine tous le monde…

Tous : A bientôt !!!