Chapitre 25 – Une Poufsouffle nommée Polly

Quelle potion déclenche chez le buveur un flot de paroles insensées ?

Le philtre de confusion

Quel usage fait-on de la potion tue-loup ?

Elle permet aux loups garous de rester inoffensifs durant la pleine lune.

Enoncez la troisième loi de Golpalott.

L'antidote d'un poison composé doit être égal à plus que la somme des antidotes de chaque composant.

Quels effets secondaires peut produire un élixir d'euphorie ? Comment les atténuer ?

Il peut donner l'envie de chanter. Ses effets diminuent si on ajoute de la menthe lors de la préparation.

Quel ingrédient ajoute-t-on en dernier durant la préparation de la potion du Polynectar ?

Un cheveu ou un ongle de la personne dont on prend l'apparence.

Combien de propriétés connaît-on du sang de dragon ? Citez-en deux.

Je trempai longuement ma plume dans l'encrier en quête d'inspiration. Autour de moi, les élèves avaient le nez penché sur leurs copies. C'était MacGonagall qui nous surveillait : croyant que je rêvassais, elle me fixa du regard. Je baissai aussitôt les yeux, et écrivis sur mon parchemin :

On connaît douze propriétés du sang de dragon, dont le récurage des fours et la guérison des aphtes.

Bon, je n'étais pas trop sûre pour le dernier, et, à vrai dire, je n'en avais aucune idée.

Je posai ma plume et relus une dernière fois mes réponses pour y dénicher des éventuelles fautes d'orthographe. La voix de MacGonagall rompit alors le silence :

- Il vous reste cinq minutes.

L'effet fut instantané : le bruit de la plume grattant le papier se fit plus pressant.

Lorsque le temps fut écoulé, MacGonagall fit un ample mouvement de baguette, et les parchemins volèrent jusqu'à son bureau. Je me laissai tomber sur mon siège, et me massai les tempes, fatiguée.

Je croisai le regard de Charlie qui me demanda silencieusement si tout s'était bien passé. Je levai mes deux pouces – symbole universel de « j'ai raconté n'importe quoi, mais ça devrait le faire ! ».

MacGonagall recompta ses copies, tança Tonks qui se balançait mollement sur sa chaise, et nous autorisa enfin à sortir.

Inutile de nous le dire deux fois !

Je ramassai mes affaires en un tournemain et bondis de mon siège pour rejoindre tout le monde dans le couloir.

- C'est fini ! s'exclama Tonks, brandissant un poing en l'air.

- Parle pour toi ! ronchonnai-je. J'ai Etude des Moldus cet après-midi !

Voyant que Charlie regardait ses notes de cours, je lui demandai ce qui n'allait pas :

- L'élixir d'Euphorie, marmonna-t-il. Je crois que j'ai confondu.

Je lui pris gentiment la main :

- Tu verras ça plus tard ! Allons déjeuner, d'accord ?

- Tu as raison, soupira-t-il. Inutile de refaire le devoir ! Et puis, connaissant Rogue, il va trouver la minuscule erreur pour nous coller à tous un T…

Arrivés devant les portes de la Grande Salle, je lui demandai si on mangeait ensemble ce midi. Charlie grimaça et m'expliqua qu'il avait promis à Will de lui faire réviser le cours de Soins aux Créatures Magiques. Je lui souris, lui dit que ce n'était pas grave, l'embrassai, mais, dès qu'il eut rejoint la table des Gryffondors, je fusillai Swann du regard, qui leva son verre vers moi.

- Je vais tuer ce type ! grondai-je en me laissant tomber sur le banc en face de Tonks.

- Qui ?

- Ce crétin de William Swann, pardi ! Il fait exprès de me voler mon petit ami ! maugréai-je en en me servant de purée. Hier, c'était parce qu'il devait absolument revoir un sortilège en métamorphose et avant ça, parce qu'il n'avait soit disant pas compris le principe d'un filet du diable ! Ce sera quoi demain ? « Tu peux venir m'aider Charlie ? Je ne sais pas comment marche ma baguette ! ».

- Tu l'imites vachement bien, me félicita Tonks.

- Je suis sûre que ce n'est pas intentionnel, dit doucement Rose. Et puis, je le comprends dans un sens!

J'interrompis mon geste et regardai Rose.

- Que veux-tu dire par là ?

Tonks, voulant donner un coup de pied à Rose, se trompa de destinataire et m'explosa le tibia à la place.

- Aïe ! Mais ça ne va pas la tête? m'exclamai-je. Qu'est-ce que vous avez toutes les deux à la fin ?

- C'est juste que, commença Rose en évitant soigneusement de croiser le regard de Tonks, que tu passes plus de temps avec Charlie. Ou à parler de lui à longueur de journée. On a compris à quel point il était merveilleux et tout ça, mais à force…

- C'est fatiguant, Polly, l'interrompit Tonks.

Tout en me massant la jambe, je regardai mes amies tour à tour, franchement surprise.

- Tant que ça?

- Un peu, avoua Tonks. Ne le prends surtout pas mal ! Enfin, vu comment ça a commencé vous deux… Enfin voilà quoi.

Je baissai la tête et triturai le contenu de mon assiette, pensive. Cela faisait un peu plus d'une semaine que j'étais sur mon petit nuage. Charlie était le plus adorable des petits amis et, comme le disait si bien l'adage, je vivais en ce moment d'amour et d'eau fraîche. Même la semaine d'examens n'avait pas été si éprouvante que ça.

Bon, il se pouvait aussi que je me sois un peu laissé emporter devant mes copines.

Je me demandai alors si Charlie parlait lui aussi continuellement de moi à ses amis (ce qui expliquerait le comportement de Swann envers moi), mais, le connaissant, sans doute devait-il garder ses pensées pour lui. Il était si réservé !

- Le TARDIS à Polly, le TARDIS à Polly, est ce que tu nous reçois ?

Je clignai des yeux plusieurs fois pour voir que les Nullos essayaient de capter mon attention depuis cinq bonnes minutes.

- Oui ?

- Etude des Moldus, maintenant ! dit Fey en tapotant sa montre. On va être en retard sinon.

Ma purée avait refroidi, et les plats avaient laissés place aux desserts.

- Partez devant, je vous rejoins ! m'exclamai-je en me servant de la dernière part de tarte à la citrouille.

Les garçons hochèrent la tête et quittèrent la table. Je demandai aux filles ce qu'elles allaient faire de leur après-midi de liberté.

- Rien ! s'exclama Rose. Je prends un bon livre et je vais me détendre près du lac. Tu es partante Tonks ?

- Ça me va !

- Ok. Je vous retrouve là-bas alors, proposai-je en glissant un muffin dans ma poche. A tout à l'heure !

Je me dirigeai vers la sortie, mais changeai d'avis et fis un crochet par la table des Gryffondors. Charlie eut un franc sourire en me voyant.

- Bon courage pour ton examen ! Et toi aussi Swann, dis-je poliment.

- Ouais, et joyeux noël, marmonna-t-il dans son assiette.

- On pourra se voir après ? Il faut que je te demande quelque chose, me dit Charlie.

- D'accord. Je serai avec les filles près du lac.

- Je te rejoins là-bas alors !

Je l'embrassai sur la joue et sortis de la Grande Salle, tout en regardant mon emploi du temps : l'examen sur l'Etude des Moldus se situait à l'autre bout du château ! Ne prenant pas garde où je mettais les pieds, je percutai sans faire exprès une élève qui venait en sens inverse. Elle tenait un pot d'encre dans les mains, et tout son contenu se déversa sur ma robe.

- Oh ! Je suis tellement maladroite ! s'exclama la fille.

Je regardai les dégâts s'égoutter sur le sol. Je ne l'avais pas loupée !

- Ce n'est pas grave, la rassurai-je.

Elle sortit un large mouchoir et voulut m'essuyer, mais ce fut l'effet inverse qui se produisit.

- Je suis confuse, vraiment ! ne cessa-t-elle de dire.

- Ca va aller ! lui dis-je. Un coup de baguette et ça va disparaître.

- Tu es sûre ? demanda-t-elle en se mordant les lèvres.

- Oui !

Elle s'excusa encore et fila. Je la regardai s'éloigner au petit trot.

Ma robe de sorcière était bonne à laver, mais je n'avais pas le temps d'aller me changer. Tant pis ! Ca attendra !

J'arrivai devant la salle d'examen et les Nullos me regardèrent avec des yeux ronds :

- Que s'est-il passé ?

- Accident d'encre. Vous pouvez…?

Kenway agita sa baguette pour enlever les taches, mais rien de se produisit.

- Tiens, c'est bizarre… On dirait que ça ne part pas !

Les deux autres Nullos essayèrent à leur tour, sans résultat concluant.

- De l'encre perpétuelle, grommelai-je.

Ce n'était pas un accident, pensai-je brusquement. Cette fille m'avait délibérément bousculée ! Et si c'était la folle au pus ? Mince, je n'avais pas fait attention à son visage.

L'arrivée du professeur Flitwick chargé de nous surveiller interrompit mes pensées. J'entrai dans la salle de classe à la suite des Nullos et des autres élèves et pris place à une table. Je déballai mes affaires et Flitwick nous distribua les copies.

- Tout va bien, miss McBee ? demanda-t-il, en voyant l'encre.

- Oui, oui ! éludai-je.

Il me tendit ma copie et lança de sa petite voix fluette que nous avions deux heures devant nous. Lorsqu'il donna le top départ, je tournai ma feuille et lus les questions. J'entendis les Nullos ricaner dans leur coin. Aucun doute que ces trois-là décrocheraient la note optimal !

1) Observez le dessin représentant les différents éléments d'un avion, et complétez la légende en plaçant au bon endroit les mots suivants :

Dérive – aileron – réacteur – fuselage – soute – train d'atterrissage – cabine de pilotage

2) À quelle époque a-t-on commencé à parler d'aviation ? Citez deux grands exploits de l'histoire de l'aviation.

3) Expliquez comment un avion peut voler dans les airs.

4) A quoi sert un avion aujourd'hui ?

5) Expliquez en quoi l'avion est le mode de transport le plus sûr pour un moldu.

Je trempai ma plume dans l'encrier et commençai à écrire les réponses.

oOo oOo oOo

- Par tous les mages d'Angleterre, qu'est-ce qu'il t'est encore arrivé ? s'exclama Tonks en me voyant arriver.

Je posai mon sac sur l'herbe, retirai mes chaussures et mes chaussettes, et allai tremper mes orteils dans l'eau du lac.

- Ça fait du bien ! dis-je poussant un soupir de soulagement.

- Polly !

- Quoi ? Bon d'accord. J'ai renversé sans faire exprès mon encrier sur moi. J'irais me changer après.

Les filles acceptèrent à moitié mon mensonge.

- Vous avez vu Charlie ?

- Derrière toi, dit Tonks en se replongeant dans la lecture de son magazine.

Il venait dans notre direction, son sac se balançant sur son épaule. Je remarquai aussitôt des traces de cendre sur son visage et ses vêtements.

- Serpencendre, expliqua-t-il quand il parvint à ma hauteur.

- Tu as réussi ?

- Moi oui, mais Brulôpot y a laissé sa barbe ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- De l'encre, rien de grave. Tu voulais me dire un truc, éludai-je.

Charlie rougit aussitôt, et jeta un coup d'œil à Rose qui ne ratait pas une miette de la conversation. Il me prit la main et m'entraîna à l'écart.

- Voilà, j'aimerais… Si tu es disponible bien sûr. Je comprendrais si tu ne pouvais pas… Enfin voilà : ça te dirait d'aller pique-niquer ce soir ? Rien que tous les deux ?

- Oh ! Euh… Oui, bien sûr, pourquoi pas ?

Pourquoi pas ? Pourquoi pas ? Charlie organisait rien que pour moi une soirée romantique, et tout ce que je trouvais à dire, c'était « pourquoi pas » ?

Je me serais donné des gifles.

- J'en serais ravie, rectifiai-je.

Il me donna rendez-vous dans le hall à l'heure du dîner, m'embrassa avec ardeur et me quitta, le pas léger.

Je revins auprès des filles, et Tonks ne put s'empêcher de se moquer de moi tellement je souriais :

- Tu as avalé un cintre ou quoi ?

- Tais-toi, la sermonnai-je.

- Et tu vas y aller comment ? demanda Rose en tournant distraitement une page de son livre.

- Je vais mettre un tee-shirt propre avant d'y aller, je ne suis pas une sauvage non plus !

Je sus aussitôt que j'avais dit une grosse bêtise : mes copines poussèrent un énorme soupir de désespoir, se levèrent d'un bond et m'entrainèrent de force jusqu'à l'intérieur du château.

Notre dortoir se retrouva noyé sous un flot de vêtements. Je me tenais en petite tenue au milieu de la chambre, tandis que Tonks et Rose se disputaient pour savoir de quelle couleur devait être la robe :

- Bleue ! tempêta Tonks. Ça ira très bien à son teint !

- Rose ! trancha Rose. Ça fera ressortir son côté féminin. Et Merlin sait qu'on a beaucoup de boulot de ce côté-là !

- Hé ! m'insurgeai-je.

- Et pourquoi pas en jaune ? songea Tonks.

- Mouais, pas bête.

Rose prit une de ses robes d'été au hasard et me la tendit :

- Euh, la robe est noire ! hasardai-je.

- T'occupe et mets ça !

Je m'habillai prestement et Rose leva sa baguette. Un sortilège plus tard, et la robe se colora en jaune.

- Parfait ! les cheveux maintenant !

- Ah non ! Vous les laissez tranquille ! Charlie les aime comme ça !

- Bah voyons ! ricana Tonks. Maintenant, tu restes tranquille, ou je t'attache ! Et j'en suis capable !

Lorsqu'elles eurent finis de me torturer, elles m'entrainèrent dans la Salle Commune pour demander l'avis des Nullos qui glandaient sur le canapé.

- T'as l'air d'une fille ! s'étonna l'un d'eux.

- C'est parce que j'en suis une, imbécile !

- Ouais, mais ça fait bizarre de te voir comme ça !

J'étais on ne peut plus d'accord avec eux : ma robe m'arrivait au-dessus des genoux, le chignon me tirait la peau du visage, et je portai une paire de ballerine qui me faisait vivement regretter mes converses.

Rose et Tonks me regardèrent comme si j'étais leur petite fille adorée, et les Nullos reluquaient un peu trop mes jambes.

- Bon, bah, j'y vais hein !

- Passe une bonne soirée ! s'égaya Rose. Et sois gentille avec lui !

- Dis donc, t'es pas censée me dire autre chose ?

- Comme quoi ?

- Je ne sais pas moi… Fais attention à toi ou quelque chose dans ce goût-là ?

- Te connaissant, ce serait plutôt à lui que je dirais ça…

Je levai les yeux au ciel et sortis de la Salle Commune, gênée par ma robe beaucoup trop courte, et sentant le regard des Nullos sur moi.

Charlie m'attendait en bas de la Salle Commune, un sac sur l'épaule. Il fut franchement surpris de me voir comme ça.

- Polly ! s'exclama-t-il. Tu es… ravissante!

- C'est vrai ? demandai-je en rougissant.

- Je me sens un peu nul à côté, déclara-t-il en tirant sur son tee-shirt et en passant une main sur ses joues qu'il n'avait pas rasées.

- Mais non, m'exclamai-je en lui prenant la main, tu es parfait comme ça !

Il m'entraina alors au dehors, en direction du stade de Quidditch.

- On ne va pas au lac ? m'étonnai-je.

- J'ai pensé que le stade te ferait plus plaisir.

- C'est original, concédai-je en grimpant les escaliers qui menaient aux tribunes.

La vue y était superbe d'en haut. Nous nous installâmes dans les gradins, et Charlie déballa de son sac deux bouteilles de Bièraubeurres, des sandwichs à la dinde et aux cranberries, des petites tourtes au poulet et au cheddar, et un assortiment de petits gâteaux aux fruits. Nous mangeâmes de bon cœur, parlant de choses et d'autres.

Lorsque nous eûmes fini, il sortit une large couverture et nous nous y emmitouflâmes tous les deux, serrés l'un contre l'autre.

- Tu sais, dis-je en réprimant un bâillement, on devrait faire ça plus souvent.

- Ça te plait ?

- Enormément… Oh regarde, on commence à voir l'étoile du berger !

- Tu es sûre ? On dirait un avion moldu.

- Mais non ! regarde bien !

- Polly, ton étoile bouge ! c'est définitivement un avion. Rappelle-moi sur quoi portait ton examen de cet après-midi ? ricana-t-il.

- Oh, ça va hein !

Il posa sa tête sur le sommet de mon crâne et me tint fermement serrée.

- Polly ?

- Mmh ?

- Si je t'invite à passer quelques jours au Terrier, tes parents n'y verront pas d'objections ?

- Non, je ne crois pas.

- Tant mieux. Tu viendras ?

- Bien sûr ! dis-je en souriant.

Nous restâmes dans les bras l'un de l'autre jusqu'à ce que les premières étoiles apparaissent pour bon, l'étoile du berger inclus.

oOo oOo oOo

J'ai toujours détesté la dernière semaine à Poudlard : c'était d'une tristesse !

Avec les filles, les Nullos et Bony, nous profitâmes de ces derniers jours pour paresser un peu, dans le parc ou dans la Salle Commune quand le temps ne s'y prêtait pas. Même les professeurs - pour certains - arrêtèrent de faire cours (sauf Rogue, toujours fidèle à lui-même). Nous jouâmes ainsi à un ASPIC (le baccalauréat moldu) lors d'un cours de Sortilèges, et il se révéla que Flitwick était imbattable.

Durant un cours de botanique, Chourave nous adressa les résultats de nos examens : je ne m'en étais pas trop mal sortie, et avais la confirmation que je passais en 7ème année. Je comparai mes résultats avec les autres durant le déjeuner, et Bony fut le seul à bouder : il aurait aimé qu'au moins l'un de nous les rate.

Je le consolai comme je le pouvais :

- Il nous reste encore un an à passer ensemble ! Et puis, si ça se trouve, un des Nullos va louper ses APSIC !

- Sympa, merci, grommelèrent-ils à l'unisson.

Le jeudi, Quirell nous fit la surprise en préparant un goûter dans sa salle de classe. Il s'agissait de son dernier cours à Poudlard : il avait décidé de prendre une année sabbatique pour faire le tour du monde :

- Et où irez-vous ? s'enquit Kenway.

- L'Europe d'abord, j'aimerais beaucoup visiter la France, l'Italie et l'Allemagne. Et pourquoi ne pas pousser jusqu'en Transylvanie ! Ce pays m'a toujours fasciné !

Quirrell allait me manquer. C'était un bon professeur qui connaissait très bien le monde des moldus. Je lui souhaitai un excellent voyage :

- J'espère que vous verrez pleins de choses fascinantes !

Quirrell ne fut pas le seul à qui je dus faire mes adieux : mon valeureux attrapeur Jamie Kennedy avait terminé sa scolarité. Ses ASPIC en poche, il allait commencer une carrière d'Attrapeur en intégrant l'équipe de Quidditch des Catapults.

- Ça a été un honneur de t'avoir pour capitaine, dit-il en me serrant la main. J'espère que tu trouveras un nouvel attrapeur !

- Je pourrais toujours demander à Chourave l'autorisation de te faire revenir pour les matchs ! plaisantai-je. Bon courage pour la suite, Kennedy. Et donne-moi de tes nouvelles !

- Je n'y manquerais pas, cap'.

Pour la dernière soirée, la Grande Salle était décorée de bannières vert et argent pour célébrer la victoire des Serpentards à la Coupe des Quatre Maisons. Les tables étaient pleines à craquer de nourriture, et j'engloutis le plus possible de part de tartes aux pommes (décidément mon dessert préféré). Les Nullos étaient partis dans un de leurs éternels débats :

- Végéta est le meilleur personnage de Dragon Ball Z.

- Non, c'est Broly.

- Mais non, c'est Gohan adolescent.

De son côté, Tonks essayait quant à elle de savoir quel était le projet secret de Rose :

- Je ne te dirai rien !

- Allez ! S'il te plait ! Je promets que je ne moquerais pas de toi !

- J'ai dit non !

A côté d'elles, Bonaparte secoua la tête, amusé.

Apaisée, je regardai mon petit monde se disputer joyeusement. J'avais des amis vraiment formidables. En plus de Tonks et Rose, j'avais appris au cours de l'année que je pouvais aussi compter sur ces crétins de Nullos (qui n'étaient pas si nuls que ça en vérité : ils vivaient juste dans leur petit monde), ainsi que sur Napoléon Bonaparte. J'étais heureuse de l'avoir intégré à mon équipe : en plus d'être un valeureux gardien, il était aussi devenu par la force des choses un ami que j'estimais (et ce malgré les nombreux coups de batte qu'il s'était reçu au cours de l'année).

Puis, je levai les yeux vers la table des Gryffondors pour croiser le regard de Charlie qui me souriait tendrement. Mon cœur bondit dans la poitrine, comme à chaque fois que je le voyais.

Dumbledore demanda alors le silence, et les conversations s'évanouirent :

- Une autre année s'achève, commença-t-il, et demain, vous allez tous reprendre le chemin des vacances ! Alors, à tous ceux pour qui ce soir est leur dernier soir à Poudlard, je vous souhaite beaucoup de bonheur dans votre futur ! Quant à ceux qui reviennent l'année prochaine, je vous dis à très bientôt ! Et essayez de ne pas oublier toutes les connaissances acquises durant cette année !

Le banquet toucha à sa fin, et les élèves se levèrent de concert pour quitter par petits groupes la Grande Salle, riant et chahutant. J'agrippai Rose et Tonks par le bras et nous suivîmes le mouvement.

Je remarquai que Rose avait le nez baissé, et lui demandai ce qu'elle avait :

- Rien, dit-elle, en essayant de nous cacher ses larmes. C'est juste qu'une nouvelle année se termine.

- Oh, Rose ! s'apitoya Tonks.

- Je ne dis pas que je n'aime pas rentrer chez moi, poursuivit Rose en reniflant, c'est juste que…

- Poudlard est ta maison, finis-je.

Elle hocha tristement la tête. Je la comprenais. Encore une année de bonheur dans l'enceinte de l'école magique et puis, ce serait terminé. Je fis apparaître un mouchoir de ma baguette et le lui tendis pour qu'elle essuie ses quelques larmes.

- Comme je le disais à Bony, on a encore un an devant nous ! On va en profiter un maximum ! Allez, venez ! On va aller se griller des chamallows avec les Nullos ! Tu sais ce qu'on dit : une chocogrenouille, et ça repart !

oOo oOo oOo

Le lendemain, les armoires furent complétement vidées et les valises presque prêtes. Comme chaque année, Tonks avait perdu la moitié de ses affaires (comme une paire de ses chaussettes fétiches, « les bleues avec des pois roses dessus ». Il y en a pour tous les goûts !). Elle eut du mal à boucler sa valise, et nous nous mîmes à trois dessus pour la fermer.

- L'une de vous deux pourrait au moins apprendre à maitriser le sortilège de Failamalle ! pesta-t-elle.

- Et c'est toi qui dis ça ? m'offusquai-je, le souffle court.

Lorsque notre dortoir se vida enfin (et que Rose eut fait un dernier tour pour voir si on n'avait rien laissé, trouvant au passage la fameuse paire de chaussette sous mon matelas), j'enroulai mon écharpe autour de mon cou et quittai la chambre, le cœur un peu lourd.

- A bientôt, chuchotai-je, en fermant doucement la porte.

Bonaparte nous attendait dans la Salle Commune, et nous prévint que les Nullos étaient partis les premiers pour réquisitionner un compartiment dans le train (typique des Nullos).

Une fois dehors, Tonks déploya sur nous quatre son parapluie

- A chaque fois qu'on part en vacances, tu peux être sûr qu'il pleut ! pestai-je. Chaque année c'est la même chose !

Nous attendîmes patiemment notre tour avant de pouvoir grimper dans une calèche, tout en devisant sur nos congés (triste constat : j'étais la seule qui restais sur le territoire britannique cet été). Bonaparte ferma la porte de la calèche, qui se mit aussitôt en marche. Je regardai Poudlard s'éloigner lentement, avant de disparaître dans un virage.

Nous arrivâmes à la gare de Pré-au-Lard, et je faillis me rompre le cou en glissant sur une flaque de boue :

- Ça commence bien ! ronchonnai-je.

Les Nullos nous firent de grands signes par l'une des fenêtres du train et nous les rejoignîmes prestement.

- Quelqu'un a vu Charlie ? demandai-je en m'installant sur la banquette.

- Il a dit qu'il passerait te voir plus tard, me répondit Fey.

- C'est vrai ça ? demandai-je, suspicieuse.

- Non, ricana ce dernier. Mais au fait, Polly, il se passe quoi exactement entre vous deux ?

Tonks, Rose et moi le contemplèrent longuement. Le faisait-il exprès ? Se moquait-il de nous ? Mais, comme les deux autres attendaient eux aussi une réponse, je répondis :

- On sort ensemble…

- Aaah ! s'exclamèrent-ils à l'unisson, comme si la plus grande énigme de l'univers venait d'être résolue.

Je regardai Tonks :

- Laisse tomber, soupira-t-elle.

Je retirai mon écharpe, qui se roula en boule sur mes genoux, laissant les Nullos chuchoter entre eux.

A onze heures, le chef de gare siffla le départ du train. Le Poudlard Express s'ébroua et se mit en marche, avant de prendre de la vitesse.

Pour éviter l'ennui durant le long voyage du retour, les Nullos avaient pensé à ensorceler un jeu de Monopoly moldu.

- Très ingénieux, fis-je remarquer. Vous devriez songer à le commercialiser chez les sorciers, ça aurait beaucoup de succès !

- Tu crois ?

- Oui ! Bon, allez qui commence ?

Le voyage tira à sa fin, et la nuit commençait de tomber quand nous arrivâmes à King's Cross. Nous collâmes nos sept visages contre la vitre pour tenter d'apercevoir nos parents sur le quai. Le train s'immobilisa enfin, et nous tombâmes tous à la renverse, dans une confusion de bras et de jambes.

- Bouge tes fesses, Hastings ! grondai-je à l'adresse du Nullos qui était tombé sur moi.

Je réussis à récupérer mon écharpe et mon sac, et nous quittâmes le compartiment. Quelqu'un m'attrapa le bras et je me retournai pour voir Charlie :

- Tu étais passé où ? lui demandai-je en me faisant bousculer.

- Je voulais tester un truc, expliqua-t-il. Regarde :

Il sortit sa baguette, fit un geste ample, et un superbe bouquet de fleurs apparut.

- C'est pour moi ? demandai-je, enchantée.

- Oui. Pas mal hein ? C'est Abby – tu sais, la sœur de Will - qui m'a appris ça.

Je respirai le parfum délicat du bouquet de roses, aux anges.

- Je suis désolée, Charlie, la seule chose que je sais faire apparaître, c'est les mouchoirs.

Il se mit à rire. Je tripotai mon bouquet, un peu triste. Je n'avais pas vraiment envie de le quitter tout de suite. Il allait tellement me manquer ! Je le dévorai du regard pour me rappeler chaque détail de son visage.

Il allait parler quand Tonks hurla mon nom :

- Polly ! Tes parents te cherchent !

Je soupirai et répondis que j'arrivais dans deux minutes. Charlie me prit dans ses bras, et me chuchota à l'oreille des choses très agréables que je choisis de garder pour moi…

- Passe de bonnes vacances, Polly, me dit-il en embrassant très doucement mes lèvres.

- Toi aussi. On se revoit très vite !

Je le quittai, le cœur gros et dus battre très vite des yeux pour éviter qu'ils ne pleurent tout seul.

Mes parents m'attendaient sur le quai. Tirant ma lourde valise, je me précipitai vers eux, heureuse de les retrouver. Maman haussa un sourcil en voyant le bouquet de fleurs.

- C'est une longue histoire, dis-je en souriant.

Je pris Tonks et Rose dans mes bras, leur promettant de leur écrire pendant les vacances. Même les Nullos et Bony n'échappèrent pas à nos embrassades. Je rajustai mon écharpe, et suivis mes parents qui traversaient la barrière magique

- A l'année prochaine ! m'exclamai-je une dernière fois, avant de rejoindre à mon tour le monde moldu.

FIN DU TOME 1


SURPRISE !

Oui, j'ai avancé la date de parution du dernier chapitre de Pensées Pittoresques. D'abord, parce que je viens de prendre un an aujourd'hui, et ensuite, eh bien, parce que c'est le dernier chapitre…

Pour être franche, ça me fait bizarre de savoir que j'ai terminé cette histoire. Cela fait tellement longtemps qu'elle cogite dans ma tête ! Et encore, le personnage a tellement changé au fils des années, que ce soit de nom, de physique et de caractère…

J'espère néanmoins que vous avez apprécié de lire cette fic autant que j'ai adoré l'écrire.

Un grand merci en particulier à AppleCherry Pie pour m'avoir conseillé, lu et corrigé, et pour m'avoir gentiment prêté quelques personnages de sa fic « d'Aulne et de Neige » (dont William Swann fait partie).

Je tiens à vous remercier, mes chers lecteurs du monde entier qui avez suivis les aventures pittoresques de Polly, et à tous ceux qui m'ont laissé des commentaires. C'est grâce à vous que j'ai tenu bon !

Donc, un grand merci à Elorah, Neifheim, AppleCherry Pie, Praxagora, Sugarfree, Hey Sappho, Elenweee, Wasa, m13a, Eylae, Khatanou, lyras zabooza, Yaml, DelfineNotPdfoot, Maia 30, Sissi Gina, Carolily29, Didi Fan Anonyme, la Mandragore de Nantes, BellarkeBB, Hogwartslife, Miss Veriginie, Katna, mes guests anonymes, Aventure, Lena, mello et Lypopette…

Les aventures de Polly ne s'arrêtent pourtant pas là : vous la retrouverez dans le Tome 2, les Secrets Saugrenus d'une Sorcière, à partir du 1er janvier 2016 !

Et comme je n'ai pas envie de vous faire trop attendre, je posterais entre Novembre et décembre 4 petites histoires qui annonceront la couleur du Tome 2, ainsi qu'un « épisode spécial » pour Noël.

Il y aura de quoi lire !

Il est temps maintenant de vous quitter – hélas !

Je vous fais à tous un milliard de bisous et vous dit à très bientôt !

Citrouille