CHAPITRE 25 : ESCAPADE

Alors que les élèves rentraient pour le repas, Hermione intercepta Aline.

-Je dois te parler, j'ai appris des choses ce matin sur ce dont nous avons parlé. Rendez-vous à la bibliothèque à quatorze heure.

-D'accord, je te rejoins tout à l'heure.

Les deux amies se rendirent dans la grande salle pour le déjeuner auquel Aline ne fit pas grand honneur, inquiète de ce qu'Hermione avait à lui apprendre.

A l'heure dite, la jeune bibliothécaire retrouva son amie au cœur de la réserve, celle-ci étant vide de tout élève.

-Alors, qu'a-tu à me dire ?

-C'est confirmé, le professeur Rogue a bien reprit son rôle d'espion pour Dumbledore. De quelle façon, je ne sais pas mais il se rend bien aux réunions des Mangemorts.

-Je m'en doutais ! Oh, Hermione, j'ai réfléchi, je dois absolument retourner chez moi le temps de prendre quelque chose. Crois-tu que cela serait possible ? Il faudrait que quelqu'un me fasse transplaner, je n'en aurais que pour quelques minutes !

-Je vais en parler à Harry. Il nous aidera. Nous pouvons lui faire confiance, s'empressa-t-elle d'ajouter pour prévenir toute objection de la part de son amie.

-Si tu en es sûre…Pourrais-tu lui demander s'il pourrait m'accompagner rapidement ?

-Oui, il faut juste trouver le bon moment…Oh, la, la…Il faut que le professeur Rogue soit avec des élèves, que le directeur soit absent ou occupé, que nous n'ayons pas cours, que tu ne sois pas de garde à la bibliothèque…Réfléchissons…!

-Oh, mon dieu ! Cela fait beaucoup de conditions !

-Mardi ! Mardi, le professeur Dumbledore se rend au ministère pour rencontrer Kingley Shacklebolt. Severus sera en cours, nous avons étude de huit à dix heure. Vous pourrez vous cacher sous la cape d'invisibilité pour atteindre les grilles de Poudlard et vous pourrez transplaner de là ! C'est le seul moment où toutes les conditions seront réunies !

-Merci Hermione ! Tu as raison, ce sera le meilleur moment. Vas vite voir Harry pour lui parler, je te fais confiance pour lui dire l'essentiel sans entrer dans les détails.

-Ne t'inquiète pas. Harry est très intuitif, il comprendra. Je te confirmerai tout dans la journée. A plus tard.

Hermione s'empressa de rejoindre sa salle commune, laissant Aline à ses occupations, soulagée d'avoir résolu ce problème.

Peu avant la fermeture de la bibliothèque, ce soir là, Hermione et Harry déboulèrent dans la salle.

-Bonjour Mademoiselle Détroit. Hermione m'a fait part de votre souhait. Je suis ravi de vous aider. Nous pourrons nous retrouver à huit heure trente dans le grand hall. J'aurais ma cape et nous nous rendrons chez vous. Que voulez-vous rapporter exactement ?

-Quelque chose que j'ai en ma possession et qui pourra peut-être nous être utile lors de la bataille finale. Vous savez que je ne suis pas sorcière mais cet objet moldu pourra nous servir je pense.

-Bien, j'en saurai certainement un peu plus à ce moment là, conclu-t-il malicieusement.

Ils prirent congé les uns des autre et regagnèrent leurs quartiers respectifs.

Enfin, le mardi matin arriva. Le petit déjeuner terminé, les septième année Grifondor se rendirent pour certains dans la salle d'étude, pour d'autres dans leur salle commune. Aline et Harry allèrent discrètement dans le grand hall où il sortit la cape de son sac. Il les en recouvrit. Ainsi, sans être vus, ils gagnèrent les grilles d'où ils transplantèrent, selon leur plan. La seconde d'après, ils se retrouvèrent dans le couloir de la maison de la française. Celle-ci se précipita dans sa chambre récupérer l'objet et rejoignit Harry. Ils soufflèrent de soulagement en franchissant les grilles. Leur escapade avait duré en tout et pour tout cinq minutes mais ils étaient essoufflés comme s'ils avaient couru un marathon. Ils réintégrèrent leur espace habituel, la salle des Griffondor pour Harry, les appartements de Severus pour Aline. Elle était soulagée que leur voyage soit passé inaperçu et d'avoir récupéré ce dont elle était sûre d'avoir besoin dans quelques temps. Au moins, elle se sentirait moins inutile.

La semaine s'écoula doucement avec des nouvelles peu réconfortantes du monde moldu en Grande Bretagne. En effet les attaques se succédaient, des catastrophes arrivaient tout les jours qui faisaient de nombreuses victimes sans qu'il n'y ait d'explications. Les grands experts étaient tous d'accord pour incriminer soit les dérèglements climatiques, soit la montée de la criminalité. Les sorciers enrageaient de voir les moldus sourds à leurs discours sur Voldemort. Le premier ministre britannique était en relation avec le ministre de la magie mais n'acceptait pas ce qui se déroulait dans le monde sorcier. Ou tout au moins ne voyait pas l'impact sur son propre monde.

Ce jeudi soir, Severus ne regagna pas ses quartiers après le diner. Il avait une dernière réunion de l'Ordre dans la bureau de Dumbledore. Les mêmes participants que la dernière fois se trouvaient réunis chez le directeur de Poudlard, chacun ayant des propositions pour en révéler le moins possible au mage noir, tout en lui donnant quelques informations, fausses bien entendu.

Après maintes discutions, il fut convenu que le Maitre des potions ne parlerait pas des statues et gargouilles mais qu'il pouvait expliquer le bouclier lancé par les professeurs. Après tout Voldemort s'attendait à ça ainsi qu'à la neutralisation des sous-terrain. Il pourrait aussi lui dire qu'une dizaine sorciers étrangers avait élus domicile à Pré-au-Lard alors qu'ils étaient en fait une centaine répartis aux alentours. La réunion se termina et Severus put regagner son salon avant le retour d'Aline. Il lisait quand elle rentra à dix heure et demie, selon son habitude. Pendant qu'elle prenait sa douche il leur servit à chacun un verre de whisky pur feu qu'ils dégustèrent sur le canapé, se laissant bercer par la chaleur et les crépitements du feu de cheminée. Quand ils eurent terminé leur verre, le professeur prit son amante dans ses bras et l'emporta dans leur chambre où il lui fit oublier tout ce qui n'était pas lui…

Ils se réveillèrent tard, leur nuit passée à s'aimer les ayant fait s'endormir au petit matin. Après un copieux petit déjeuner prit dans leurs quartiers, ils vaquèrent chacun à leurs occupations. Dans l'après-midi, aucun élève n'ayant émis le souhait de se rendre à la bibliothèque, Aline trouva un petit mot de Severus l'informant qu'il rentrerait tard, une réunion de l'ordre étant prévue le soir. Etrangement, Hermione ne semblait pas au courant de cette séance. Cela lui mit la puce à l'oreille. Elle avait décidé un peu plus tôt de ne pas lui poser de question mais elle avait conscience que cette ignorance la minait et avait changé d'avis. Elle l'attendrait et le questionnerait à son retour.

Après le souper que le Maitre des potions avait partagé avec Albus et Crabbe dans le bureau du directeur, Severus avala le poly nectar dés que la marque du jeune homme le brûla. Il disparut sous les traits de Crabbe.

Arrivé dans la grande salle de réception du manoir des Malefoy, il eut la surprise de ne trouver que quelques Mangemorts présents. Evidemment, le premier cercle des adorateurs de Voldemort était là, entourant leur maitre.

-Ah, Vincent ! s'exclama l'homme à la face de serpent. Dis-moi ce que Dumbledore a prévu pour me contrer.

-Bonsoir, maitre. J'ai appris que les professeurs allaient ériger un grand bouclier pour recouvrir Poudlard. Ils doivent aussi neutraliser toutes les arrivées des sous-terrain.

-Bien, je suis content de toi. Retourne vite à Poudlard. J'ai besoin de toi là-bas pour pister Potter et je compte sur toi pour l'isoler quand nous attaquerons. Ce sera ton rôle . Tu n'as pas besoin d'en savoir plus. Vas t'en maintenant.

Severus hésita, puis finalement s'inclina et quitta la pièce, frustré de ne pouvoir en apprendre davantage sur les plans de Voldemort. Mais il savait bien que, alors que le seigneur des ténèbres le congédiait, il risquait beaucoup en cherchant à s'imposer dans la réunion. Il gagna donc la grille du manoir et transplana dans le bureau de Dumbledore.

Son arrivée si tôt surpris le vieil homme qui lui demanda des explications. Le directeur de Poudlard fit une grimace.

-Tu es sûr qu'il n'a pas deviné qui tu était ?

-S'il avait su que devant lui se trouvait le traitre et non pas Crabbe, il ne m'aurait jamais laissé repartir !

-C'est vrai, tu as raison. Bien, nous ne savons rien de nouveau et même pas si l'attaque aura bien lieu samedi prochain.

-Il n'y avait que quelques mangemorts aujourd'hui, ce qui laisse à penser que les autres ont été envoyés en mission pour rabattre le plus de partisans possible. Je ne pense pas qu'il ait changé ses plans. Si cela avait été le cas, tous auraient été là ce soir.

-Espérons que tu ne te trompe pas. Je vais réunir l'Ordre lundi soir pour mettre au point les derniers détails des défenses. Vingt et une heure dans mon bureau. Vous pouvez regagner votre dortoir, Monsieur Crabbe. Bonne nuit Severus.

Le professeur et son élève regagnèrent chacun leurs quartiers. Quand le Maitre des potions entra dans son salon, Aline l'attendait, les yeux dans le vague, perdus dans les flammes de la cheminée.