Chapitre 25 : Le dernier passage sur le sentier.

Lorsqu'ils atteignirent les grilles du château, ils virent Bernard Cramer qui semblait passablement furieux que deux de ces aurors aient quitté leur poste.

– Qu'est-ce qui vous prend, on peut savoir ? rugit-il.

– Désolé Monsieur Cramer, dit Hermione. Mais nous devons partir, Harry et Ron aussi.

Cramer regarda le groupe qu'il avait devant lui, stupéfait.

– Je veux un rapport de tout ce que vous allez faire aujourd'hui, je vous rappelle que c'est sur votre temps de travail, dit Cramer à Ron et Harry.

Puis le directeur du bureau des aurors s'éloigna vociférer contre des badauds qui observaient le travail des guérisseurs.

Il y eut quelques secondes de silence, Harry était trop stupéfait par ce que Soazick venait d'avouer, pour songer à programmer le voyage jusqu'aux Forêts de Kodrulles. Neville se trouva forcé de prendre les choses en mains.

– Harry tu fais transplaner Ginny, Luna tu viens avec moi, dit Neville. Ron et Hermione vous allez avec Soazick.

Ginny se rapprocha d'Harry, il passa un bras autour de sa taille pour la faire transplaner avec lui.

Harry sentit les battements du coeur de Ginny, ils étaient rapides, Ginny avait peur. Subitement Harry ne voulut plus qu'ils aillent tous ensemble dans les forêts, c'était beaucoup trop dangereux. Ils étaient sept, il y avait trop peu de chance pour qu'ils reviennent à sept.

Déjà, Soazick et Neville tranplanèrent avec leurs passagers.

– Harry ? dit Ginny surprise qu'il n'ait pas encore bougé.

– Je ne veux pas, répondit Harry.

– Qu'est-ce que tu racontes ? Tu y as déjà été plusieurs fois, c'est moi qui devrais être inquiète.

– Je ne veux pas que tu y ailles, dit Harry. Je pourrais pas, si... Tu es la seule personne que j'ai.

Harry ne s'en rendit jamais compte, mais à cet instant, les nerfs de Ginny se décontractèrent pour la première fois depuis des mois.

– Harry, beaucoup de monde pense que sept est un chiffre magique. Qu'on soit là ou pas, ils entreront dans les Forêts de Kodrulles, c'est bête à dire, mais un peu de superstition pour une fois... on ne sait jamais. Transplane Harry.

Harry regarda Ginny dans les yeux. Une seconde plus tard, ils étaient en face d'Hermione.

– Vous avez pris votre temps, dit-elle. On allait retourner vous chercher.

Soazick et Neville étaient déjà devant l'entrée invisible. Ils l'ouvrirent sans attendre qu'Harry les ait rejoint. Tous les sept se rassemblèrent devant l'entrée.

– Elles vont vous envoyer des hallucinations, il suffit de le vouloir et elles disparaissent, dit Neville. Il faut juste ne pas oublier de garder le contrôle.

Tous semblaient attendre, les recommandations de Soazick. Mais elle resta muette, figée sur le sentier face à elle.

- Bon, dit Harry en prenant la parole. On essaye de rester de plus possible ensemble, bien que cela me semble irréalisable si on reste trop longtemps à l'intérieur. Il faut trouver la Rampante et la détacher du sol si elle l'est toujours. Dès que l'un d'entre vous trouve la Rampante, il envoie des étincelles vertes. Et s'il y a un problème des étincelles rouges. Si vous vous réveillez au milieu des Forêts seul et que vous n'êtes pas directement menacé, envoyé des étincelles bleues. D'accords ? Verte, c'est la Rampante, rouge c'est un danger et bleu c'est une position.

Ils acquiescèrent, hormis Soazick toujours figée sur le sentier.

Harry avança le premier entre les deux arbres, il sortit sa baguette, tous les sens en éveil. Prudemment les six autres le suivaient de près, Soazick et Neville fermaient la marche.

– A part les hallucinations qu'est-ce que les forêts peuvent nous envoyer ? demanda Ginny derrière Harry.

– Des morts, répondit Neville. Elles t'envoient des personnes pour te faire croire qu'elles sont encore vivantes et semer le doute dans ton esprit.

Harry préféra ignorer la réponse de Neville. Sirius, lui, n'était pas mort d'une mort naturelle et puis, son corps n'avait jamais été récupéré.

– Hermione ? dit soudain Ron.

Aussitôt le groupe s'arrêta, Harry fit volte face. Hermione avait le regard fixé sur un arbre. Des larmes se mirent à couler sur ses joues. Elle semblait terrifiée par ce qu'elle voyait.

Neville se rapprocha vivement d'elle.

– Ce n'est pas réel, dit-il à son oreille. Reviens Hermione.

Ron se mit à son tour à murmurer à Hermione de revenir.

Soudain Harry entendit un crissement terrifiant. Comme personne à part lui ne semblait l'entendre, il regarda discrètement autour de lui.

Son regard s'attarda sur un coin de la forêt qui semblait plus flou aux yeux d'Harry. Puis il se vit, lui même, en train de courir, les vêtements déchirés. Il se voyait courir dans cette zone plus floue, il se vit tomber, jeter un regard terrifié vers le ciel, se relever, et repartir en courant. Harry vit son double passer derrière un bosquet, et ne pas réapparaître de l'autre coté où la zone floue s'arrêtait.

– Pourquoi dites-vous ça, comme si j'avais le choix, je suis une sorcière et je ne peux rien y faire, couina Hermione.

Harry se retourna vers son amie en pleine détresse. Ron et Neville tentaient désespérément de la ramener. Harry remarqua que Luna s'était légèrement écartée du groupe, elle scrutait les arbres. Pensant qu'elle voyait peut-être elle aussi la zone floue. Harry se rapprocha d'elle.

– Il y a quelque chose là, dit-elle à Harry.

Il regarda dans la direction désignée, beaucoup trop loin de la zone floue.

– Il y a une chose qui gratte, continua Luna.

– Une hallucination, dit Harry, je ne vois rien, sort ça de ta tête.

– Non, persista Luna, une chose bouge derrière ce fourré. Regarde...

Harry regarda, mais il ne vit rien, le visage de Luna devint brusquement blafard, elle sortit sa baguette et se mit à jeter des sortilèges dans la direction qu'elle fixait.

– Luna ! cria Harry, ce sont des hallucinations.

Luna tomba lourdement en arrière et continua de jeter des sorts.

– Experliarmus, lança soudain Soazick.

La baguette de Luna vola jusque dans les mains de Soazick.

Luna tenta alors de s'enfuir, Ginny la retint en l'agrippant dans ses bras.

– Calmes-toi, dit-elle doucement. Il n'y a rien...

Au bout de quelques secondes, Luna cessa de se débattre. Ginny la relâcha, et Soazick lui rendit sa baguette.

– Des Ronflaks Cornus, expliqua simplement Luna.

Hermione continuait de parler aux arbres en face d'elle, qu'elle semblait prendre pour ses parents.

– On ne peut pas rester là, dit Harry. Il faut continuer à marcher, il faut traîner Hermione.

Ron passa un bras autour de la taille d'Hermione et la poussa doucement en avant pour la faire avancer. D'un pas plus lent, le groupe progressa sur le sentier en s'enfonçant un peu plus dans la forêt.