Vous devez me haïr. Pourtant ce n'était en aucun cas mon but. Je devine vos regards malsains. Je dois avouer que j'ai des excuses certes, mais elles sont pitoyables. Entre autre, une connection internet défaillante et une flemme incomparable. Le manque d'inspiration, surtout. Enfin, juste pour cette histoire.

Je vous laisse lire, à present. J'espère que ce chapitre vous plaira.

Bonne lecture ! :)

Chapitre 25 : Délivrance.

POV Emily Grant

Les pas se firent fluides, les souffles étranglés. Mes yeux restaient fixés sur les jambes de James, qui marchaient d'une allure ralentie. Je sentais le vent hurler, les feuilles crisser. Droit devant nous, un manoir somptueux surplombait la vallée. Des pelouses et des arbres s'étendaient de tout côté. L'enfer avait un bien jolie visage. James s'arrêta soudain. Je le percutai en ravalant un sanglot.

« Tu vois la chapelle là-bas ? » murmura-t-il en levant sa main.

Au loin, à peine visible, une petite église ancienne se cachait derrière le manoir. D'apparence miteuse, il semblait que personne n'y soit rentré depuis des lustres. Des branches de lierres serpentaient sur les vielles briques. James me donna un coup de coud et j'acquiescerai rapidement. Ses yeux trahissaient sa nervosité. Il essayait de rester droit et fort, mais son regard ... son regard ne pouvait que me conforter dans ma terreur.

« Lily et Remus sont là-bas, ils attendent le signal. J'espère que ... »

Je sentis l'ombre d'un sanglot dans sa voix. Je pris sa main chaude dans la mienne, essayant de transmettre l'espoir auquel je m'accrochais depuis si longtemps. Il avait peur. Nous avions tous tellement peur. Peur de perdre quelqu'un. La plupart des membres de l'ordre du Phénix faisait parti de notre cercle d'amis, nous avions été camarades durant sept années entières. Au fil du temps, des liens s'étaient tissés. Des liens fraternels et parfois même amoureux.

Alice était tombée amoureuse de Franck. Franck l'avait demandé en mariage. James, dans une folie

démente, s'était accroché au moindre sourire de Lily, dans l'espoir qu'un jour, il entre dans son coeur. Des couples s'étaient formés et construisaient leur vie. Des amis en quittaient d'autres en ces temps sombre. Les humeurs devenaient massacrante. Peter était parti. Les Maraudeurs étaient désormais deux, mais gardaient l'espoir de retrouvé Sirius Black. Sirius Black, cet homme dont j'étais tombé amoureuse, comme on tombe malade. Quelque chose qui s'apparente à un cancer du coeur. Impossible à soigner.

Un cancer bruns aux yeux gris, d'une beauté à damner les saints. Un cancer à la fois doux et dur. Complexe et maladroit. Mon cancer attitré, retenue prisonnier depuis sept mois. Un cancer vital, une présence pesante. C'était avant, aujourd'hui cette maladie ressemblait plus à une drogue qu'à autre chose. Une drogue, qui lorsqu'on vous l'enlève, devient douloureusement manquante. Les besoins quotidiens d'une dose d'amour, d'un désir ardent dans les veines. Un manque profond auquel on ne s'habitue jamais. Un manque qui ne cesse de geindre, de pleurer. Le coeur sursaute, les membres tremblent jusqu'à ce que tout s'éteigne.

Soleil couchant, sans aube ni jour levant. L'amour manque, on plonge dans des ténèbres vide de sens. La vie devient pâle et froide, sans couleur, sans chaleur. On ère pathétiquement dans ce manque. On tente d'espérer, encore, on prit le ciel que cette dose revienne un jour, qu'elle illumine à nouveau la nuit. J'espérais ardemment que ce jour soit celui-ci. Mon coeur battait plus fort que d'habitude, comme s'il sentait sa présence, par delà cette vaste pelouse. Nous étions plus proche que jamais, pour la première fois depuis sept mois. A quelques mètres l'un de l'autre. Si j'avais écouter mon coeur, j'aurais accourue droit devant, ignorant la mort et le plan foireux que nous avions construit. Mon courage aurait pris le dessus. Mon souffle se fit plus haletant, comme si je suffoquais. James me serra dans ses bras.

« Tout ira bien. Tout ira bien. »

Était-ce moi ou lui qu'il essayait de convaincre ?

Un sifflement retentit, qui résonna en moi comme le début d'un calvaire. Tout allait se jouer maintenant. J'empoignais la main de James fermement. Il hocha la tête. Nous sortîmes nos baguettes en même temps.

« C'est à toi de jouer, James » dis-je d'une voix sûre.

Je plongeai une main dans ma poche. Mes tremblements avaient disparus maintenant que nous étions dans le feux de l'action. Je tendis une fiole à James. Son visage se figea de concentration. Tout reposait sur lui à présent, nos rôles à nous n'étaient que secondaires. Il porta sa main jusqu'à ses cheveux et en arracha quelques uns. Méthode pas très originale, mais sûre. Le bouchon tomba à terre et quelques secondes plus tard, le flacon le rejoignit alors que les traits fins de James devenaient grossiers et bouffis. Bientôt, je dû baisser le regard pour contempler la fin de sa transformation.

« Au moins là, Lily ne sera pas tenté de te sauter dessus pour t'embrasser à pleine bouche. Tu es affreusement laid, James. Navrée de te l'apprendre. »

Il me jeta un sourire éclatant, sans doute heureux que je trouve encore le courage de faire de l'humour, en ces temps si sombres.

« Déshabilles-toi maintenant. Dis-je, en attrapant mon sac par terre »

Il me jeta un regard d'incompréhension.

« Au cas où tu ne l'aurais pas remarquer, tu as l'air d'un clochard avec tes vêtements trois fois trop grand. J'ai tout prévue.

-Ok. Retournes-toi alors, s'il-te-plaît.

-Heureusement que je vais me retourner, je n'ai pas envie de contempler tes nouveaux bourlets »

Il pouffa et s'habilla, dans un silence total.

En effet, impossible que Lily se jette sur lui. Il m'interrogea du regard.

« C'est bon, tu es prêt. Soufflai-je

-Je suis comment ? Demanda-t-il en prenant une pose grotesque.

-Heum. Beauté incarnée, rien à dire la dessus.

-Espérons que Lily ne m'aperçoive pas dans cet état.

-James, tu es venue pour faire un concours de beauté ou sauver ton meilleur ami ? Dis-je, énervé. »

Il baissa le regard. Je comprenais très bien ce qu'il essayait de faire. De l'humour. Seulement, autant le dire, ce n'était pas drôle. Surtout lorsque nous étions si près du but. Je plantais mon regard dans le siens, la gorge sèche, essayant de faire passer tout ce que j'avais à lui dire. Il le savait déjà au fond de lui-même. J'avais l'impression de voir un gamin. Un gamin, qui avait trop vite grandi. Son regard étincela, puis il hocha fermement la tête et avant même que j'ai eu le temps de lui sourire, il avait disparu.

J'écartai quelques branches du buisson derrière lequel nous nous étions cachés, afin d'élargir ma visibilité. James avançait droit devant lui, à une allure ralentit. Il ne falait pas qu'il est l'air de quelqu'un de trop pressé. Je me rabattis dans ma cachette, fermant les yeux. Il n'y avait aucune raison pour que tout foire.

« Alors ? Il a réagi comment ? »

Je sursautais, ravalant un cris. Lorsque j'ouvris les yeux, Lily et Remus me faisait face.

« Oh ! Dis-je, il redoutait que tu le vois dans sa nouvelle apparence. »

Lily acquiesça en se mordillant la lèvre puis se jeta contre les feuilles de l'arbuste, afin d'apercevoir James avancer, toujours droit devant lui.

« Ok, maintenant c'est à nous. Vous vous souvenez ? Dés qu'il arrivera au portail et qu'un mangemort fera son apparition, James essaiera de gagner du temps en lui racontant une histoire farfelue. Pendant ce temps, je me glisserai sous la cape d'invisibilité afin d'aller le rejoindre et de stupefixer le mangemorts. Franck a vérifié les alentours. Le manoir ne possède aucune protection exterieure, ce qui est bon pour nous. En revanche, il nous rejoindra moi et James et nous verifirons que la voie est libre. Vous, vous attendez le signal, ok ? »

Nous acquiesçâmes d'un hochement de tête. Plan foireux. En fait, nous ne pouvions pas qualifier cette mise en scène comme un véritable plan, puisque nous allions tatoner dans le noir la plupart du temps. Un sifflement retentit à nouveau. La voie était libre pour Remus. Je lui lançai la cape d'invisibilité, que j'avais amené dans mon sac et aussitôt, il s'en recouvrit. Puis plus rien.

« Tout va tomber à l'eau. On est fichu. On va tous mourir »

Lily se rongeait les ongles, murmurant, sanglotant. Je lui jetais un regard sévère et elle se redressa.

« Désolée » dit-elle.

« Ressaisis-toi. Tu es une Gryffondor ! Dis-je, alors que j'étais moi-même morte de trouille »

Je la sentis se détendre aussitôt.

Quelques secondes plus tard, toujours plantées derrière notre arbuste, nous observions attentivement ce qu'il se passait aux alentours du manoir.

De chaque côté du portail, à quelques mètres de James, Franck Londubat et Caradoc Dearborn avaient fait leur apparition, baguette en main. Ils semblaient avancer au ralentit, le corps plaqué contre les murs de la propriété. Ils sursautèrent lorsque le portail s'ouvrit et qu'un homme encapuchonné s'avança vers James. Remus réagit au quart de tour, avant qu'il n'ait eu le temps d'apercevoir les deux autres intrus. Un éclair de lumière rouge scintilla, sortit de nul part, et le Mangemort s'écroula face contre terre, inerte.

Un troisième sifflement s'éleva dans les airs, parvenant jusqu'à nos oreilles. Je pris Lily par la main à la hate et ne lui laissai pas le temps de protester. Je crois n'avoir jamais couru aussi vite de ma vie. Les hautes herbes fouettaient nos jambes et trempaient nos chaussures. Nous étions essoufflés, mais c'était maintenant que tout se jouer. James attrapa la main de Lily lorsque nous arrivâmes et lui jeta un regard un peu fade. Je me tournais vers Remus, qui donnait les instructions.

« Là-bas, dans la chapelle. Disait-il à Caradoc. Il y a une sorte d'encoche dans le mur, prend le avec toi et jette lui un sort de désillusion. Débrouilles-toi pour qu'il demeure invisible. »

Samuel hocha la tête puis leva sa baguette vers le corps inerte, en lançant un Mobilicorpus. Remus se tourna vers moi et me tendit la cape d'invisibilité.

« Franck est passé devant. S'il y avait eu le moindre maléfice, nous aurions été prévenu. La voie est libre. Dit-il, finalement en me tendant la cape. »

Je fis glisser la texture fluide de la cape entre mes doigts, le regard soudain vide. Qu'allais-je dire à Sirius ? Qu'allait-il me dire ? Dans quel état était-il ? Mais il ne falait pas y penser ... ou du moins pas maintenant.

« Fait attention à toi, Emily. Si tu te sens en danger ne tente rien de stupide. Me dit James.

-Et c'est James Potter lui-même qui me dit ça ? »

Nous pouffâmes puis je rabattis la cape pour qu'elle enveloppe totalement mon corps.

J'ouvris la porte et à peine étais-je entrée, que des éclats de voix parvinrent à mes oreilles. Le hall d'entrée était immense et je ne fus guère surprise d'apercevoir Franck à mon opposé, une oreille collée contre une porte en bois, qui devait mener dans le salon. Je m'avançais discrètement vers lui, priant pour ne pas le faire sursauter. Mais il n'en fit rien, lorsque j'extirpais ma tête de la cape. Il leva son doigts contre ses lèvres, m'intimant le silence absolue. Je l'imitais et rapprochait mon oreille contre le bois.

« ... Dans dix minutes voyons. Termina une voix d'homme.

-Il faut qu'on amène Sirius, Walburga et que ... commença une autre.

-Je t'ai déjà dit qu'il resterait ici, Orion. Jusqu'à ce qu'il croupisse, s'il le désire. Tant qu'il ne s'est pas décidé.

-Tu parles de ton propre fils ! Dois-je te le rappeler ?

-Un traître, Orion. Il n'est rien d'autre qu'un traître et tant qu'il n'aura pas eu la lucidité nécessaire et fait de bons choix, il continuera de croupir ici comme un rat.

-Tu n'agis pas dans nos intérêts Walburga. Tu te butes, tu sait très bien qu'il n'entrera jamais dans nos rangs, quoique tu fasses ou dise. Tu n'aspire qu'à ta vengeance.

-Peut-être bien, répondit-elle en haussant légèrement le ton. Tu sais très bien ce qu'on afflige au membre qui s'écarte du droit chemin. On coupe la branche, Orion. On la fait disparaître.

-Je le sais très bien, mais nous parlons de notre fils.

-Ce garçon n'est pas mon fils. Cracha-t-elle. Les traîtres à leur sang ne font pas partie de ma famille. Il n'a que ce qu'il mérite.

-C'est donc ça ? Tu n'attends pas vraiment qu'il change d'avis. Tu cherches à le faire souffrir, à le torturer jusqu'à qu'il t'ordonne de le tuer ? Hurla une autre voix.

Il y eut un silence pesant. Je sentis Franck remuer contre moi, impatient d'en apprendre d'avantage. Un rire jaune retentit.

« Oui, Regulus. Sirius a eut la chance de naître dans une famille noble, digne de faire partie des intimes du Maître des Ténèbres. Cette chance, il n'a pas su en connaître la valeur. Je ne supporterai pas qu'il s'en sorte indemne. Le refus d'un Black, c'est la pire honte que j'ai connu. Je ne désire pas qu'on se souvienne de notre famille ainsi.

-Torturer ton fils, ton propre fils est un acte dont je ne t'aurais jamais cru capable. Si au moins il te reste encore du respect pour lui, tue-le. Rugit Orion, sans doute le père de Sirius.

-Pas avant qu'il n'ait comprit ce qu'il a fait. Se buta-t-elle. Maintenant, il faut partir. Regulus, va chercher Mr et Mme Carrows ainsi que tout les autres, ils sont dans le salon. Cette conversation est close, si l'un d'entre vous désire encore faire part de son avis, je serais tout ouïe à un autre moment. Tachez d'oublier ce que vous venez de dire devant le seigneur de Ténèbres. »

Un raclement de chaise, puis une porte qui s'ouvre. J'entendis des pas claquer contre le vieux carrelages et j'attirai rapidement Franck dans un placard.

« Quelle cruauté ! Murmura-t-il »

Je lui murmurai de se taire. Il fallait prévenir les autres. Dans quelques minutes, une dizaine de mangemorts allaient sortir de ce manoir et James, Remus, Lily et Samuel devaient le savoir. Nous n'imaginions pas qu'il y est autant de mangemorts.

« Il faut les prévenir, dis-je le plus bas possible. On est dans la merde, Merlin !

-Je ... je vais le faire, calmes-toi s'il-te-plaît.

-Vite ! Dis-je en entendant les voix se rapprocher. »

Il brandit sa baguette et murmura des paroles, trop basses pour que je puisse en saisir le sens. Je jetai la cape sur nos têtes, sachant pertinemment qu'elle ne nous recouvrirait pas entièrement. De brefs éclair argenté surgir de la baguette. Le sort du Patronus. Je l'attirais vers le sol, afin d'être tout les deux accroupis. Désormais, nous étions entièrement invisible.

« Voilà, il est parti les prévenir. Murmura-t-il. »

Soudain, une porte s'ouvrit et nous nous baissâmes davantage, attendant qu'ils s'en aillent au plus vite.

Un brouhaha s'éleva dans le hall, mais soudain nous nous figeâmes lorsque une voix haussa le ton.

« Quelque chose ne va pas. »

Je me mis à trembler comme une feuille. Nous étions en sécurité sous la cape et dans notre placard. Mais dehors, les autres n'avaient aucune cachette et tôt ou tard, s'ils se mettaient à leur recherche, les Mangemorts allaient les découvrir.

« Où est Travers ? Rugit la voix de Walburga Black. »

Le silence se fit dans le hall d'entré. Nous restâmes silencieux, désireux de fondre dans le sol. Cette femme m'inspirait une terreur morbide, plus que la orde de décérébrés qui l'accompagnée.

« Que personne ne bouge. Il y a des intrus ici. Carrows, tu fais un tour à la cave et tu vérifies si le prisonnier est toujours enchaîné. Goyle et Nott, vous vérifiez les étages. Les autres sortent, avec moi. »

Des pas, puis plus rien. Je restais figée, bien malgré moi. Franck me secoua puis la lucidité revint. Sirius. Cave. Il fallait agir maintenant.

Franck passa sa tête dans l'entrebâillement du placard, puis en sortit avec une exclamation de stupeur.

Je me débattis quelques instants avec la cape puis sortis finalement, trébuchant à moitié, baguette brandit. Hestia Jones nous faisait face, un petit sourire en coin.

« On attend quoi pour aller sauver Sirius ? Dit-elle »

J'écarquillai les yeux.

« Comment es-tu entrée ? Les Mangemorts ...

-Je me suis cachée la dedans, dit-elle en montrant un porte-manteau où nombre de cape s'entassaient dans un équilibre précaire. Un sort de dissimulation et le tour est joué. Ils sont aveugles !

-Tu as surtout eu de la chance, ils étaient trop préoccupé par Sirius et Travers qui avait disparu. Murmura Franck. Tu aurais du attendre le signal, comme nous l'avions dit.

-Maintenant, je suis là et je ne me suis pas fait prendre. On ... on croyait qu'il était arrivé quelque chose ... comme vous tardiez à envoyer le signal.

-Franck a envoyé un patronus vous prévenir, mais tu devais déjà être entrée. Dis-je. Allons-y et rester silencieux, s'il vous plaît. »

POV Sirius Black

La porte en vielle ferraille s'ouvrit à la volée. Je sursautai. Celui que je devinais être Carrows entra et pointa sa baguette sur moi. Je retins mon souffle durant les quelques secondes silencieuses qui précédèrent son geste. Ses petits yeux noirs scrutèrent la pièce, cherchant quelque chose, qui n'existait pas. Je ne comprenais rien. Il n'y avait que moi dans la pièce, pourtant il se butait à explorer chaque recoin moisi, avec une lueur étrange dans le regard.

« Si tu cherches quelqu'un ou quelque chose, je suis navré de te l'apprendre : il n'y a personne. » dis-je en ricanant à moitié.

Il baissa sa baguette et s'approcha des grilles qui nous séparait. Avec un regard hautain, il cracha sur le sol. Je reculais mes jambes alors qu'une haine incomparable s'emparait de moi. Ce simple geste avait suffit à faire fondre mon sourire arrogant. Jamais on ne m'avait traiter de la sorte.

« Range ta salive. Dis-je en me levant.

-Tu n'es pas en position de me donner des ordres, Black. Siffla-t-il, en pointant à nouveau sa baguette sur ma poitrine.

Je ne reculais pas. Maintenant, mes mains étaient accrochées aux barreaux et sa baguette prenait un malin plaisir à s'enfoncer dans ma poitrine.

« Déshérité, bafoué et séquestré. Le grand Sirius Black, couché comme un vulgaire chien sur la poussière. Jamais je n'ai eu de si grande satisfaction.

-J'aurai du me douter que tu étais devenu un Mangemort. Il est bien loin le temps où tu me faisais sauter sur tes genoux, les soirs de Noël.

-Nostalgique ?

-Un tantinet. Je me doutais bien qu'on t'avait, toi aussi, ramollit le cerveau. Pas bien difficile, vu ce qu'il en restait avant.

Sa baguette remonta le long de ma clavicule, s'enfonçant toujours plus. Ma gorge était sèche mais un espoir infime était apparut. Pour la première fois, depuis longtemps. La venue de Carrows. Je n'aurais jamais espéré mieux. Cela signifiait qu'il se passait des choses en haut et qu'il était peut-être temps pour moi, de m'échapper. Je devais continuer de le rendre furieux. Il était aussi bête que ses pieds, mais ça il ne le savait pas.

« Ne siffle pas devant moi Black, tu sais très bien que tu n'es pas en position pour le faire. Un geste et ...

Il passa sa langue sur ses lèvres puis un rire sortit de sa bouche alors que sa tête se pencher inexorablement en arrière. Le moment idéal. J'arrachais sa baguette de mon cou et reculait au fond de ma cellule. Il me regardait à présent, terrifié.

« Un geste et ... je te tue. Dis-je. »

Il avala difficilement sa salive.

« Je sais très bien qu'aucun sort ne pourra me libérer de cette cellule. Je connais ma mère. Maintenant, si tu connais le moyen d'ouvrir cette porte, il serait temps d'ouvrir la bouche. J'attends. »

Mais sa bouche resta close et ses poings se serrèrent. Il savait que s'il me révélait le moyen de retrouver ma liberté, il serait tué. D'un autre côté, j'étais en position de force et lui avait promit le même sort s'il ne faisait pas ce que je lui avais demandé.

J'étais incapable de le tuer. Mangemort ou non. L'idée même d'arracher le souffle de vie à un homme me répugnait. Je ne désirais pas tomber aussi bas que les Mangemorts. Il fallait seulement qu'il ne s'en rendre pas compte. Dans le cas contraire, j'étais fichu. L'opportunité de m'échapper ne se représenterait pas de sitôt, voilà pourquoi il devait resté en vie et conscient. Il savait comment faire, car plusieurs fois il était venue me rendre visite pour me lancer quelques banalités morbides ou me donner du pain rassi.

« Parle ! Ordonnais-je. Je ...

-Tu ? Tu vas me tuer Sirius Back ? Siffla-t-il. Ce n'est pas contraire à ta morale ça ? A la morale de Dumbledore ? Je ne t'ai pas attaquer.

-Je t'assure que je n'hésiterai pas une seule seconde. Dis-je, avec une accent sûr. »

Mon visage était de marbre et je savais que mon regard ne trahissait pas mes sentiments. J'étais déterminé, aujourd'hui plus que jamais. Il ouvrit la bouche, mais ne sachant que répondre, il la referma.

« Levicorpus ! » pensai-je.

Carrows s'éleva dans les airs, pendue par une cheville.

« C'est tout ce que tu sais faire, gamin ? Beugla-t-il

-Idiot. Dis-je. J'attendrais le temps qu'il faudra. Toi en revanche, si tu ne veux pas que la totalité de ton sang afflue dans ta minable tête, tu ferrais mieux de ne pas le gaspiller, ton temps. »

Un éclat d'horreur apparut dans son regard. Il savait qu'il était fichu. Déjà, son visage devenait écarlate.

« Il y a une clés là-haut.

-Formidable. Où exactement ?

-Un tiroir. Le tiroir dans le buffet du petit salon, celui ...

-... où vous vous réunissez pour parler meurtres et autres saloperies ?

-Je ... oui. »

«Liberacorpus». Il tomba dans un énorme vacarne sur le sol. Puis se releva, tous les sens en alerte. Il me jeta un regard lourd de sens. Puis ...

« Impero ... » murmurai-je.

Son regard devint vide et il disparut de mon champs de vision.

POV Emily Grant

Dehors, des cris et des sorts sifflaient. Même dans le manoir, nous entendions tout ce qu'il se passait avec une terreur à peine dissimulait. Nous devions retrouver Sirius, mais lorsque nous entendions rugir un hurlement désespéré, nos jambes refusaient d'avancer, hésitant entre accourir vers les combattants et continuer notre chemin. Plusieurs fois, Franck s'arrêta, en proie à un combat interieur. Sa femme, Alice, était dehors, en danger et combattait contre les forces du mal.

« Elle sait se battre, la rassura Hestia en lui mettant une main rassurante sur son épaule. N'oublie pas, que c'est une très bonne Auror. »

A présent, nous étions dans une sorte de cuisine austère. Depuis environ une demie-heure, nous tournions en rond. Le manoir était immense et les pièces communiquaient entre elles. J'avais l'impression d'être enfermée dans un immense labyrinthe. Chaque porte que nous ouvrions donnait sur une salle que nous avions déjà visité. Jusqu'à maintenant. Heureusement, nous étions tombé sur aucun visiteurs mal intentionné. De l'autre côté de la pièce cependant, un vacarne monstre régnait. Nous restâmes immobiles, puis le silence revint. Nous longeâmes la grande table en chêne qui trônait au milieu de la cuisine, le coeur battant. Derrière cette porte. Juste derrière cette porte, peut-être y avait-il Sirius. Ou un mangemort prêt à nous sauter à la gorge. Franck l'atteignit le premier, mais il se figea, sa main entourant la poignée, prêt à l'ouvrir. Il agita son autre main, nous faisant signe de nous cacher.

Je me glissais sous la table, poussant quelque chaise, tenant fermement la main d'Hestia qui tremblait légèrement. J'eus le temps de voir, les pieds de Franck se glisser derrière la porte avant que celle-ci ne s'ouvre dévoilant une autre paire de jambe. Un homme. Les pans de sa cape glissait sur le sol. Il semblait avancer au ralentit, pas sûr de ces gestes.

Il s'arrêta à l'endroit même où nous étions caché et s'accroupit devant le buffet qui nous faisait face. Je retins ma respiration et espérais que les couinements que poussaient Hestia ne dévoileraient pas notre position. Mes paupières étaient fermées, j'attendais avec peur qu'il nous découvre. J'entendis la porte du placard s'ouvrir puis un tintamarre d'objets tomber. J'ouvris les yeux et vit avec horreur que l'un d'eux, une tiare très ancienne, était arrivé jusqu'à mes pieds. Le dos du mangemort se figea, puis lentement, il se retourna.

Son regard nous jaugea sans nous voir, comme aveugle. Ses yeux vides continuèrent de nous fixer pendant que sa main glisser sur le sol, à la recherche de la tiare. Nous restâmes immobiles, terrifiées. C'est à ce moment que je compris. Il était sous l'effet d'un sortilège. L'imperium, sans aucun doute.

Il se releva finalement et se mit à chercher dans d'autres tiroirs. Je sentis Hestia s'affaisser sur elle-même et je laissais un soupir de soulagement échappé de ma bouche. Nous avions eu de la chance, beaucoup de chance.

« Qui le commande ? Me souffla Hestia, d'une petite voix à peine audible. Tu crois que ... que c'est Sirius. Je veux dire ... il est fort possible qu'il soit dans la pièce derrière la porte. Lorsque ce mangemort la ouverte, il y avait des escaliers qui descendaient. Ils doivent mener à la cave.

-Ce mangemorts doit être Carrows.

-Celui qui devait aller vérifier si le prisonnier était toujours à sa place. »

Un bouffée de joie s'empara de moi. Sirius était vivant, sain et sauf. C'était lui qui contrôlait de loin Carrows. Un sourire se dessina sur mes lèvres. J'avais envie de sortir de notre cachette et d'accourir vers lui, mais je n'en eu pas l'occasion.

Une porte s'ouvrit à la volée et des pieds surgirent.

« Que fais tu là ? Je croyais que tu devais être à la cave, toi ! Rugit une voix stridente. »

Un hoquet m'échappa. Je connaissais très bien cette voix. Lily davantage car celui qui venait de parler, n'était autre que Rogue. Severus Rogue autrefois son meilleur ami, celui auquel elle révélait toutes ses peines et ses secrets. Ce même garçon qui l'avait un jour traiter de « sang de bourbe » à la suite d'une mauvaise blague des Maraudeurs. Je me souvenais de ce jour comme si c'était hier. Le jour même où Lily et moi étions devenues amies. Puis par la suite meilleures amies.

Hestia me secoua silencieusement.

« Rogue, ferme-la et va-t'en. Dit d'une voix morne Carrows. »

Rogue fit un pas en avant, mais à nouveau la porte s'ouvrit laissant entendre d'autres sons de bataille au dehors.

« Qu'est-ce-que vous fichez là tout les deux ? On a besoin de vous ! Ces imbéciles ont augmenté en nombre. Dépêchez-vous !

Je ne reconnus pas la voix. Rogue et Carrows ne bougèrent pas, puis l'autre homme s'avança vers eux, à la hate.

« Je crois que Mr Carrows fouille, à la recherche de profits. Sussura Rogue. A moins qu'il ne cherche une clés, celle-ci même ? »

Il y eut un silence pesant, durant lequel aucun des trois hommes n'osa bouger. Je devinais leur baguette dégainée et Rogue tenant dans sa main, à la vue de tous, la fameuse clés que devait chercher Carrows depuis un moment.

« Donne la moi ! Dit celui-ci.

-Pourquoi faire ? Répliqua l'autre homme, qui avait soudain des accents hautain.

-Il est sous l'imperium, Jugson. »

Un nouveau silence. Nous devions agir maintenant, avant qu'ils ne descendent tous à la cave et découvre qui contrôlait le mangemort. Je pris ma baguette en main, tout en me concentrant sur les sorts que m'avait appris Lily. Il n'y avait aucune formule, je devais juste penser etessayer de contrôler les emotions des autres.

Mes doigts se serrèrent autour de ma baguette. Je sentais. Rogue jubilait. Carrows ne ressentait strictement rien, étant sous un sortilège et le dénommé Jugson était furieux. Je tentais de faire revenir une atmosphère plus calme. Les baguettes tombèrent à terre dans un claquement sourd. Je vis Jugson valdinguer et se rattraper à une chaise. Ma tête tourna et je sentis mon sang battre plus fort dans mes veines.

« Maintenant ... soufflai-je à Hestia. »

Elle ne se le fit pas répéter deux fois. La chaise devant nous explosa et elle sortit en trombe de la table, lançant un stupefix à Jugson. Je la suivis pantelante et ramassais les trois baguettes et la clés qu'avait fait tomber Rogue.

« Tiens donc, la meilleure amie à Evans, quelle surprise ! Dit-il d'une voix de bien-heureux. »

L'effet ne durerait pas éternellement. Pour l'instant chacun d'entre eux nageait dans une sorte de vague de bien être, comme ivre de bonheur et trop faible pour réfléchir correctement. Comme un sortilège d'allégresse, mais beaucoup plus puissant. L'avantage avec ce que Lily m'avait appris, c'était que je pouvais désormais faire naître toutes les émotions que je connaissais et j'avais déjà expérimenté moi-même, comme la colère, la haine, la démence ... Oui, la démence.

« Stupefix ! Lançai-je. »

Rogue tomba à terre, toujours souriant. Je me tournais vers Carrows qui avait toujours le regard vide.

« On en fait quoi de celui-là ? Demanda Franck, qui était aussi sortit de sa cachette.

-La même chose qu'aux deux autres. Dis-je. »

Une seconde plus tard, trois corps reposaient au sol, inertes.

« Incarcerem, murmurai-je. »

Des cordes les ligotèrent. Franck et Hestia se tournèrent vers moi et dans un même hochement de tête, nous nous dirigeâmes à la hate vers la cave. Nous dévalâmes les escaliers à une vitesse effrénée. Puis soudain, je m'arrêtai. Nous étions arrivé dans la sale et j'entendais un souffle.

Hestia me percuta et je m'accrochais aussi fort que je le pu aux parois du mur. J'appréhendais, maintenant que nous étions là. Dans ma main, je détenais la clés qui rendrait à Sirius sa liberté. J'étais heureuse. Mais au fond de moi, une petite voix continuait de me hurler que Sirius m'avait sans doute oublié, me maudissant de ne pas être venu le chercher plus tôt. Peut-être que ses sentiments avaient changé envers moi ? Peut-être qu'il me détestait à nouveau de l'avoir lâchement laisser tombé ?

Je sentis Franck me pousser en avant, peut-être avec un peu trop d'enthousiasme. Je trébuchais contre une sorte de tabouret miteux et me retrouver à genoux sur le sol. Un hoquet de surprise me fit relever la tête. Il était là.

Devant moi. Ses deux mains férocement agrippées aux barreaux de sa cellule. Son visage creusé tournait vers le sol, vers moi. Des larmes coulèrent sur mes joues. Il resta immobile, sans mot dire, droit comme un mur dans ses vêtements devenus trop grands.

Et puis d'un coup je me levais. Ma tête tourna mais mes yeux restèrent accrochés au siens, humides de larmes. Je sortis la clés de ma poche, l'enfonçant dans la serrure comme une forcenée. Il s'était rapproché, je sentais son souffle caresser ma nuque à travers les barreaux. Mon coeur explosa, les larmes redoublèrent. Je n'arrivais pas à tourner la clés. Ses doigts se posèrent sur les miens tendrement et dans une sorte de transe, la porte s'ouvrit. Nos deux corps fondirent dans un même mouvement vers l'autre, s'entrechoquant comme deux aimants. Son coeur battait contre le miens.

Ils battaient à l'unisson. Je le sentais en moi, dans ma poitrine. Je le tenais dans mes bras, à nouveau, mouillant sa vielle chemise de larmes. Ses mains encerclaient mon corps, comme un étau me rapprochant toujours plus près de lui, jusqu'à m'en étouffer. M'étouffer d'amour. Mes sens se troublèrent, je sentis mon corps devenir mou. Il était là. Vivant. Il me tenait dans ses bras, comme si sa vie en dépendait. J'en faisais de même. J'étais vivante, pleinement. Moi-même. Je sentais mes entrailles danser, mon coeur sauter. Dans un dernier soupir, je levais la tête vers son visage, si maigre et pourtant. Nos lèvres se scellèrent dans une explosion. J'avais l'impression de vivre une crise cardiaque.

Une belle et merveilleuse crise cardiaque. Une délivrance, enfin.