Chapitre 24 : Les Briefs (Bulma)
Bulma leva le bras pour se protéger du soleil cuisant qui tombait directement sur ses yeux. Elle distingua la silhouette tranquille de Goten debout sur son porche. Elle lui sourit.
- Ton quartier est vraiment…, commença-t-elle.
- Pas comme le tien ? finit-il.
- Je ne sais comment tu as fait pour que ma fille décide de s'installer ici, conclut-elle en remontant l'allée jusqu'à lui.
Il se contenta de pencher sa tête de côté.
- Bra n'est pas là ? demanda Bulma sur un ton suspicieux.
- Elle est chez Pan, comme je te l'ai dit au téléphone, répondit Goten.
Bulma toussota un peu, attendant qu'il l'invite à entrer.
- C'est minuscule et bordélique chez moi, on sera mieux sur le porche. Comme tu as pu le constater les voisins sont discrets, précisa-t-il.
- Tu as quelque chose à boire ? enchaina Bulma, un peu mal à l'aise.
- Absolument rien. De l'eau du robinet si elle n'est pas encore coupée, proposa-t-il sur le ton de la plaisanterie.
- Ca fera l'affaire.
Elle constata qu'il n'y avait même pas de mobilier de jardin pour s'installer sous le porche et se résolut à s'assoir sur une des marches en bois poussiéreux. Il la rejoignit bientôt en lui tendant son verre. Elle but une gorgée, comme pour se donner de l'élan et se tourna vers lui.
- J'ai su que les charges étaient abandonnées, reprit-elle.
Goten hocha la tête. Il s'était rendu avec Bra au poste de police le matin même. Ils y étaient restés toute la matinée.
- L'avocat que j'avais embauché pour Bra m'a dit que c'était grâce à toi. Je voulais te remercier.
- C'est rien Bulma. A la vérité, c'est pour Bra que je l'ai fait.
- Quand même, je crois que je te dois des excuses. Il m'a dit que ton taux d'alcool était à zéro ce soir-là.
- J'ai des défauts mais je ne suis pas rancunier, tu le sais. D'ailleurs je te dois trop pour exiger quoi que ce soit, la rassura Goten.
Elle sourit et posa sa main sur son bras.
- Je t'ai vu grandir, Goten, mais je dois bien admettre que j'avais perdu foi en toi, insista-t-elle.
- A part ta fille, tout le monde avait perdu foi en moi. Je ne peux pas t'en vouloir.
Bulma se tortilla et se leva finalement, trop nerveuse pour rester inconfortablement assise sur la marche à côté de lui.
- En parlant de Bra…murmura-t-elle.
Elle laissa sa phrase en suspens et il la dévisagea avec inquiétude, sentant son ton changer. Elle tira une enveloppe de sa poche.
- Elle est admise dans une grande université de la capitale du Nord, annonça Bulma avec une grande solennité. C'est une chance inespérée pour décrocher le diplôme qu'elle vise.
Il se raidit un peu et baissa la tête. Bulma se mordait la lèvre avec embarras. Elle redoutait que Bra ne refuse la place qu'on lui offrait là-bas. En réalité, elle comptait franchement sur Goten pour lui vendre l'opportunité. Après la dispute qu'elle avait eue avec elle, Bulma n'avait pas la plus maigre chance de faire valoir sa voix.
- Maman ? s'écria une voix derrière elle.
Bra venait d'ouvrir le portillon de la maison et se tenait à l'entrée du jardin. Elle scruta le spectacle qui s'offrait à elle avec méfiance. Ses yeux passaient de Goten à sa mère.
- Qu'est-ce qui se passe ? Tu es venue t'excuser?
- Je me suis excusée auprès de Goten, chérie. Et toi ? répliqua Bulma renvoyant instinctivement son air de défi à sa fille.
- Ha ! Moi je ne l'ai pas injustement traité comme un moins que rien ! s'étouffa Bra.
Elle s'approcha de Goten et enroula ses bras autour de son cou pour montrer à sa mère qu'elle avait l'avantage sur le sujet.
- Bra, assis-toi, marmonna Goten tranquillement.
Elle fut un peu surprise de son ton qui tranchait avec la tension de la discussion entre sa mère et elle et s'exécuta en continuant à fusiller Bulma du regard. Goten passa son bras sur son épaule et la marqua d'une pression qu'elle savait signifier « calme-toi ».
- Ta mère a une bonne nouvelle pour toi, Princesse, annonça-t-il.
- Oh, vraiment ? s'étonna Bra, soudainement radoucie.
Bulma brandit avec hésitation l'enveloppe qu'elle tenait à la main.
- L'université du Nord accepte ta candidature, chérie.
Bra ne réagit pas et fixa sa mère d'un œil vide. Ca faisait deux ans qu'elle postulait à ce programme sans espoir.
- Tu as fait jouer tes relations ? demanda Bra avec méfiance.
- Non ! s'indigna Bulma, je t'assure que non ! De toute façon, j'avais déjà essayé et ça n'avait pas marché. Tu as eu des très bonnes notes ces deux dernières années, c'est tout.
Bra ne répliqua pas. Elle se contenta de se lever et de rentrer dans la maison en claquant la porte. Bulma serra les dents au son sec. Elle fixa Goten.
- Tu le sais, toi, que c'est le mieux pour elle, plaida-t-elle d'une toute petite voix.
Il lui rendit un regard triste et hocha la tête.
- Si tu me laisses le temps de digérer le fait qu'il faille que je me sépare d'elle, je lui parlerai.
- Mais il ne s'agit pas vraiment de vous séparer, tu sais. Elle reviendra et tu pourras aller la voir, protesta Bulma.
- Bulma, tu pourras servir ça à Bra. Moi je suis un grand garçon. Je sais que je l'aime et que c'est merveilleux en été à la lumière du soleil mais si elle part là-bas, elle en a pour trois ans. C'est une vraie épreuve pour n'importe quelle relation. Je ne vais pas être naïf. Elle a 20 ans, elle est belle et brillante et elle rencontrera plein de gens comme elle.
- Ne sois pas si pessimiste ! coupa Bulma.
- J'ai fini d'être pessimiste, rassure-toi. Quand doit-elle donner sa réponse ?
- Ahem...J'ai déjà accepté pour elle, lâcha Bulma avec une certaine gêne, il faudrait qu'elle parte dans une semaine.
Bulma empocha piteusement son enveloppe. Elle avait conscience d'en avoir demandé beaucoup d'un coup à Goten. Elle était venue avec une demande d'excuse et une requête pour un sacrifice. Elle n'avait pas escompté une telle écoute de sa part. Elle le retrouvait comme il était avant toute cette histoire avec Valèse et ça l'attendrissait un peu.
- Je vais y aller, annonça-t-elle avec embarras. Oh ! Et ne t'inquiète pas pour Végéta, j'en fais mon affaire.
Elle lui sourit et l'abandonna sur son porche le regard dans le vague. Il lui fallait aussi se préoccuper de Trunks.
