RAR Zone
Ayuki : Pou le simple plaisir de titiller ta curiosité... C'EST PAS FRERIIIIIN ! Mais c'est rudement bien imité... *intense réflexion*
So-DarkCorleone : Bien le bonjour, Patronne. J'ai eu deux reviews pour le prix d'une, dites donc =) Bofur ne pige rien. Mais bon, on ne crache pas sur une deuxième portion de bouffe, surtout quand elle est offerte par un morfal comme Bombur ! XD Diable, si Bilbo allait gifler Dwalïn je crois bien qu'il se ferait péter un bras ou deux ! Et c'est uniquement parce que j'aime bien Bilbo, et que je n'ai aucune envie de l'amocher, que Dwalïn n'a pas vraiment réagi, pour le coup. Balïn, il les a vu grandir, tous autant qu'ils sont (à part Oïn et Dori qui, selon moi, on à peu près le même âge que lui). Alors forcément, il a vu tous les changements opérés en Thorïn depuis Erebor, et les souvenirs sont encore vivaces dans sa mémoire. Il se souvient que Thorïn a été incapable de rire réellement depuis que Frerin est mort, alors oui, il a peur de ce que signifie ce rire. Il sait parfaitement que ce n'est pas un retour à la vie, mais il ne comprend pas exactement ce qui se passe, malgré ses doutes. Thorïn aime ses neveux, en effet. Mais il ne leur a pas rendu service. Fili, en l'état actuel des choses, n'est pas près à être Roi. S'il le devient un jour... Niark niark niark ! Pour t'éclairer, oui les rêves se passent en même temps, mais ils n'ont aucune incidence l'un sur l'autre. Et celui de Daenerys se termine un peu avant celui de Thorïn, c'est pour ca qu'il l'entend l'appeler alors qu'il parle avec l'autre Daenerys. Mouahahahahahahah je suis contente. Réfléchis autant que tu voudras, ma belle ! Pourtant, je l'ai déjà dit qui était ce grand méchant. A plusieurs reprises, même. Je vais te faire un spoil, rien que pour toi. S'ils survivent, Dwalïn roulera la pelle du siècle à Ori devant tout le monde. Ah, le cri de joie final, c'est le Super Vilain qui le pousse. Reste à savoir qui c'est ! AH AH AH AH AH AH !
Pour finir, je crois que je ne peux te dire que merci. Merci pour tes compliments, ca me fait vraiment plaisir, et ca me redonne du courage. Parce que mine de rien, je manque vraiment de confiance en moi, pour le coup... Mais grâce à toi, ca va mieux. Je prends peut-être plus de temps pour écrire (la faute à mon taf) mais je finirai cette fiction. Et j'espère que le final, tel que je me l'imagine, te plaira autant que le reste de la fiction, et que tu ne seras pas déçue de m'avoir suivie jusque là.
Alors merci. Merci beaucoup.
ME REVOILA ! Deux semaines plus tard, on change les persos et on recommence !
Ce chapitre, mes chères, suit notre bon Gandalf le Gris, comme je vous l'avais promis. A la base, j'avais prévu de ne faire qu'un seul chapitre sur lui, mais, vu les événements qui se déroulent ici, un deuxième ne sera pas de trop !
Nous retrouvons donc Gandalf, Radagast, Thranduil, Legolas (que les fangirls cessent de crier, merci) et... et Tauriel. Qui a été unanimement haïe dans les chapitres précédents (j'ai donc réussi mon taf, pour le coup) et qui, nous montre une autre facette de son visage saccagé =)
Je vous souhaite une bonne lecture, mes très chères. En espérant, toujours.
Chapitre 25 : Vieux amis
Alors que les tresses de Gloïn disparaissaient dans l'ombre de la Forêt Noire, Gandalf talonna son étalon. L'animal partit au grand galop, droit vers le sud. Beorn ne serait pas content du tout, et lui risquait de se prendre un bon coup de patte la prochaine fois qu'il croiserait la route du Métamorphe, mais c'était bien le cadet de ses soucis. Il fallait qu'il se dépêche. Il ne lui restait plus beaucoup de temps. Il avait tant et tant de choses à faire, et si peu de temps... D'aussi loin qu'il se souvienne, le temps avait toujours joué contre lui. Il avait déjà passé près de trois cents vie d'Hommes sur cette Terre, mais voilà que le temps lui manquait, maintenant. C'était un fâcheux coup de sort, mais il était vrai qu'ils avaient toujours été capricieux, l'un comme l'autre. Le Destin ne valait vraiment pas mieux que le Temps. Mais s'ils pouvaient se jouer de tout et de tous, lui n'admettait pas qu'on se paie sa tête impunément. Et puisque ses adversaires ne savaient pas jouer fair-play, il ne voyait pas bien pourquoi lui devrait se cantonner au rôle du magicien gentil et honorable.
Un murmura s'échappa de ses lèvres pour voler jusqu'aux oreilles du puissant cheval. Ce n'était pas Gris-Poil, certes, mais c'était une brave bête, et le meilleur destrier qu'on puisse rêver. Il était simplement un peu trop lent à son goût. Alors il lui donnait juste un petit coup de pouce. Les Elfes n'étaient pas les seuls à pouvoir user de magie pour améliorer la vitesse de leurs destrier. Bientôt, le cheval alla si vite que ses sabots ne touchaient presque plus le sol. Il volait, avalant les kilomètres sans efforts apparents. C'était un pied de nez au Temps et au Destin, certes.
Mais ils le méritaient bien, pour ce qu'ils s'apprêtaient à faire.
Radagast, à son côté, tremblait de peur. La noire citadelle de Dol Guldur, depuis son éminence rocheuse, se dressait devant eux. Il pouvait sentir, jusque dans la moëlle de ses os, la sombre magie qui était à l'oeuvre ici. Radagast n'était pas habitué à une telle débauche de magie noire, malgré la maladie qui se répandait en Vert-Bois. Sa peur était compréhensible, bien que dangereuse. Cela dit, lui non plus. Mais il contrôlait mieux ses émotions que son petit camarade.
- Resaisissez-vous, mon ami. Il se nourrit de votre peur. Vous lui donnez des forces.
Le Mage Brun secoua la tête, l'air halluciné, peu sûr de savoir ce qu'il faisait là, ce qu'il devait faire maintenant, et ce qui l'avait amené dans un tel endroit. Le Magicien Gris détourna le regard, attristé par cette vision. Tous les champignons hallucinogènes de la Terre du Milieu ne lui permettraient pas de fuir indéfiniment la réalité de son destin. Son cousin et ami n'en avait pas encore conscience, ou en n'en avait que trop conscience au contraire, mais son heure viendrait bientôt. Il était venu à bout des capacités de cette enveloppe charnelle et, bientôt, il devrait la laisser retourner à la terre qu'il aimait tant. La magie noire qui envahissait Vertbois n'avait fait qu'accélérer le processus, dévorant sans scrupules les dernières décénies qu'il restait au petit Radagast pour se nourrir de la puissance d'un Istari. Cela le peinait. Bientôt, il devrait dire adieu à cet homme qu'il chérissait. Bien sûr, il savait pertinement que Radagast renaîtrait ailleurs, dans un autre corps plus vaillant, et qu'il recroiserait un jour sa route. Il doutait cependant de le revoir dans cette vie-ci...
- Gandalf, et si c'était un piège ? demanda le Mage Brun dans un murmure.
- Oh, c'est sans aucun doute un piège.
Le Vagabond Gris dégaina Glamdring, la légendaire épée du Roi Elfe de Gondolin, et la lame d'acier refléta la lumière de la Lune, illuminant le chemin. Son bâton, au sommet duquel brillait un cristal, vibra bientôt de magie, tout comme celui de Radagast.
Repoussant la peur dont les doigts noirs et froids rampaient sur son échine, il fit un pas sur le pont de pierre menant à Dol Guldur.
Il régnait un silence mortel, surnaturel. Même le bruit de leurs pas était totalement étouffé, alors qu'ils n'avaient rien fait pour ca. Quelque chose n'allait pas. Il comprit quoi à l'instant où quelque chose lui tomba dessus. Radagast poussa un hurlement strident et, par réflexe, tendit son bâton. Un éclair d'énergie pure jaillit du cristal bleu à son sommet et frappa l'assaillant de Gandalf en pleine tête, l'arrachant à sa victime.
Le Mage Gris se releva, sonné, et fit face à son adversaire alors que son cousin se placait dans son dos. Il s'apprêtait à se lancer dans le combat quand il se rendit compte. Le choc le stoppa dans son mouvement et il resta parfaitement immobile, l'épée et le bâton baissés, à regarder le visage de son ennemi. Comment était-ce possible ? Existait-il réellement une magie capable de faire ca ? Le Pouvoir qu'il respectait tant, qui faisait tant de bien entre ses mains et celles de Radagast, pouvait-il vraiment faire une chose aussi immonde à un être vivant ? Son vieux coeur se brisa quand son ennemi releva la tête, ses yeux morts voilés illuminé d'une magie mauvaise.
- Oh, mon ami, que vous ont-il fait ?
Thraïn retroussa les lèvres et un grognement sourd jaillit de sa gorge, juste avant qu'il ne se jette sur le Vagabond Gris.
"Gandalf Maison-Grise, je vous présente Thraïn, fils de Thror."
Sa chère amie Valmora avait été si fière, si heureuse, de lui présenter son fils, l'héritier tant attendu du trône d'Erebor. Il se souvenait d'un jeune homme qui avait hérité des cheveux blonds de son père et des yeux d'orage de sa mère. Un jeune homme grand et fort, beau et vigoureux. Il se souvenait d'un homme promis à un avenir radieux. Il se souvenait de la poignée de main ferme et accueillante qu'il lui avait donné pour le saluer et lui souhaiter la bienvenue en son Royaume, et il se souvenait avoir tout de suite apprécié ce garçon, malgré son visage froid et son sourire hautain. Ce n'était qu'une facade, s'était-il dit en le regardant sourire avec douceur au Nain brun qui le suivait comme son ombre. Une facade imposée par son tyran de père. Il se souvenait des regards et des sourires échangés avec Balïn, quand personne ne les observait pour rapporter les faits et gestes du Prince héritier au Grand Roi sous la Montagne. Il se souvenait avoir plains ces deux garçons, que le Destin et le Temps ne faisaient que séparer quand tout devrait les rapprocher.
"Permettez moi de vous présenter mon épouse, Luàn fille d'Alaric."
Plus tard, bien plus tard, alors que sa chère amie Valmora se mourrait doucement, il était revenu à Erebor et se souvenait d'un Roi brisé par le déclin de sa femme et la folie qui couvait dans sa tête. Il se souvenait d'un jeune homme qui avait vieilli trop vite, et dont les yeux d'orage autrefois si vivants s'éteignaient avec la vie de sa mère. Il se souvenait aussi de la pâle jeune femme aux longs cheveux noirs et aux yeux plus bleus que les cieux du Sud qui s'était inclinée devant lui et lui avait souhaité la bienvenue. Il se souvenait aussi de Balïn qui, noyé dans l'ombre de son Prince, soutenait son regard vaillamment et souriait encore avec douceur malgré les coups que le Destin s'amusait à lui infliger. Il se souvenait du regard qu'il portait sur la belle Luàn, sombre mélange de passion et de haine, et de celui qu'il posait sur Thraïn, tendre et résigné. Et il se souvenait de l'amitié, à défaut de l'amour, qui unissait les deux époux et futurs régents du plus grand Royaume de la Terre du Milieu. Il se souvint s'être dit, devant ce couple uni et souriant malgré l'adversité, que le monde avait de beaux jours devant lui s'il était gouverné par ces trois-là.
"Je vais être père, Gandalf. Je vais être père !"
Il se souvenait des larmes de joie contenues qui rallumaient les yeux d'orage à l'idée de cette future paternité. Il se souvenait du bonheur sans borne de Luàn, dont le ventre s'arrondissait à mesure que les mois défilaient, et des sourires radieux de Balïn, que sa bienveillance naturelle poussait à se réjouir d'une telle nouvelle. Il se souvenait avec une grande joie, également, que Valmora avait récupéré santé et force à l'idée de devenir grand-mère, et que Thror était enfin parvenu à s'arracher à sa folie naissante. Il se souvenait aussi des cris, du travail qui se passait mal, de l'angoisse de Thraïn toujours fidèlement soutenu par son meilleur ami, des pleurs du nouveau-né. Il se souvenait qu'une incroyable tempête de neige recouvrait le monde d'un manteau blanc en cette nuit qui avait vu naître Thorïn fils de Thraïn. Il se souvenait des larmes qui avaient coulées sur le visage grave du Prince héritier quand il avait serré son fils aîné contre lui pour la toute première fois. Et de celles qu'il avait versé, des années plus tard, lorsque naquirent Frerin, puis Dis. Et si l'aîné ressemblait en tout point à sa mère, les deux derniers avaient tout pris de Thraïn. Il se souvenait de la complicité des deux frères, aussi infernaux qu'adorables, de la beauté de leur petite soeur, de la vie qui avait ranimé les couloirs glacés d'Erebor.
"Lorsque le moment sera venu, mon ami, vous lui donnerez ceci."
Il se souvenait de la tristesse qui planait continuellement dans les yeux d'orage depuis de nombreuses années. Depuis la mort de sa mère, sa chère Valmora, depuis celle de sa femme, la douce Luàn, depuis l'attaque de Smaug et la Chute d'Erebor, depuis la Bataille d'Azanulbizar qui lui avait ravi son père et son second fils. Depuis que le coeur de Thorïn s'était brisé, transformant le jeune prince souriant et charmeur en une muraille de glace. Depuis que sa petite fille était partie mener sa propre vie avec son mari, loin de lui. Il se souvenait avoir voulu le dissuader d'entreprendre une Quête aussi folle, mais ne pas l'avoir fait. Le Destin, toujours aussi cruel, lui avait soufflé à l'oreille qu'il fallait laisser faire, que tout était prévu et, qu'au final, il y trouverait son compte, mais qu'il devait les laisser s'amuser un peu, le Temps et lui. Il se souvenait avoir pris la Carte et la Clé en jurant de les remettre à Thorïn lorsque le temps serait propice - et que le Temps le lui autoriserait, mais cela il ne l'avait pas dit. Il se souvenait avoir regardé le Prince devenu Roi, dont les blonds cheveux s'étaient depuis longtemps parés de gris, chevaucher au loin sans son fidèle ami Balïn, resté veiller sur les derniers membres de la lignée de Durïn, vers la Montagne Solitaire qui l'avait vu naître en sachant parfaitement que le Destin ne lui permettrait jamais de la revoir. Il se souvenait de tout, malgré le temps passé.
"C'est primordial, Gandalf, Thorïn doit savoir pourquoi je suis parti. Je vous fais confiance, mon ami, guidez-le."
Il se souvenait de tout. Et surtout de sa trahison.
Les yeux d'orage avaient pris une teinte noire suintante de malfaisance, et le voile opaque qui les recouvraient ne pouvait être que l'oeuvre de la Mort. Les cheveux, autrefois si lumineux, étaient sales et emmêlés, pendants sur les épaules décharnées comme des lianes desséchées. Ce qu'il avait sous les yeux, s'il avait un jour été Thraïn, ne l'était plus depuis longtemps. Thraïn n'était pas capable de haine, il ressemblait trop à Valmora pour ca, et l'influence de Balïn sur lui avait été trop forte pour qu'il suive les traces de son père. Non, c'était ce qui animait son cadavre qui le regardait avec tant de haine à travers ses yeux morts.
- Traître, entendit-il murmurer d'une voix d'outre-tombe.
Il regarda les lèvres de Thraïn remuer, mais c'était dans sa tête que la voix basse et glacée parlait. Une voix qui n'était pas celle de Thraïn, selon ses souvenirs.
- Ce n'est que du vent Gandalf, murmura Radagast dans son dos avec une sagesse et une lucidité que le Vagabond Gris s'étonna de trouver en lui.
Glamdring para un coup d'épée tandis que son bâton vibrait en lancant un souffle chaud qui balaya tout sur un rayon de cinq mètres. Thraïn s'écrasa contre un pilier à moitié détruit dans un nuage de poussière. Un cri à glacer le sang s'éleva et un froid mordant s'insinua en lui. Il sentit venir le Nazgul avant qu'il n'arrive et se prépara au combat. Mais ce n'était pas lui, la cible de ce nouvel ennemi. Thraïn revenait à la charge alors que l'Ombre fondait sur Radagast, qui para le coup d'épée spectrale avec son bâton déjà bien malmené. Après une éternité à entendre l'acier crisser en se heurtant, le soleil se leva à l'Est pour éclairer de ses rayons écarlates les deux duels qui se jouaient dans les Halls de Dol Guldur. Mais tout mages qu'ils étaient, ni Gandalf ni Radagast ne pouvaient abattre leurs adversaires. Comment tuer un mort ? Comment disperser l'ombre ? La solution s'imposa à l'esprit du Vagabond Gris. Il leva haut son bâton, et le cristal qui couronnait son sommet réfracta la lumière solaire. Le Nazgul que Radagast tenait en respect depuis longtemps, maintenant, s'enfuit en hurlant lorsque les rayons brûlants de l'astre diurne le touchèrent. Seule la lumière, bien sûr, pouvait repousser l'ombre, et seule la vie pouvait vaincre la mort.
Mais il ne pouvait pas ramener Thraïn à la vie. Alors il fallait le détruire. Irrémédiablement. Son cher ami ne retournerait pas à la pierre comme ses ancêtres mais périrait par le feu. Au risque d'être privé des Halls d'Aulë, Gandalf en avait bien conscience. Mais il n'avait pas le choix. Le Destin devait bien rire de ce spectacle. Il le lui paierait cher, Gandalf le jurait sur son âme immortelle d'Istari.
- Je vous reconnais bien là, Nécromancien... Nul respect, ni pour la mort, ni pour la vie.
Aidé de son ami, Gandalf combattit Thraïn jusqu'à l'acculer au précipice qui entourait la forteresse. Sans échappatoire, il ne put rien faire pour esquiver l'attaque qui suivie. Le grand bâton du mage Gris vibra à l'unisson de celui de Radagast alors que le feu jaillissait des cristaux de Magie pour entourer le Nain mort, enflammant les vêtements rapiécés dont il était vêtu et les cheveux emmêlés. Le Vagabond Gris regarda brûler son ami, dans ce même silence surnaturel qui les avait accueilli et, s'il crut voir un sourire de reconnaissance éclairer le visage décharné de celui qui fut Thraïn, fils de Thror, il préféra ne pas y voir autre chose qu'un tour de son esprit. Il le regarda brûler, brûler, brûler jusqu'à ce qu'il ne reste plus que des cendres.
Alors seulement, il fut certain que son ami reposait en paix, loin des sombres manigances du Nécromancien. Libre.
Alors qu'ils s'enfoncaient dans les entrailles de Dol Guldur, le monde se mit à trembler autour d'eux. Le Hasard jouerait-il pour eux contre le Temps et le Destin ? Il lui semblait bien que oui. Et tandis que le regard du Nécromancien se tournait vers l'armée elfique qui déferlait sur sa forteresse, Gandalf avancait jusqu'à lui.
A l'instant où ils pénétraient tous deux au cœur de la forteresse où attendait le Seigneur des Ténèbres, Thranduil voyait son coup d'épée paré par un bras fin de métal. Il recula d'un pas pour jauger son nouvel adversaire et le trouva aussi horrible que laid.
Au même moment, Gandalf et Sauron entamaient la première passe d'un combat qui se répéterait encore et encore dans les décennies à venir tandis que Thranduil et Azog se lançaient à l'attaque.
Sa Lumière seule ne pouvait rien contre lui. Il était bien trop fort. Comment était-ce seulement possible ? Il n'avait même pas recouvré la totalité de sa puissance ! Il n'avait même pas son anneau ! Comment pouvait-il les écraser comme de vulgaires insectes aussi aisément ? Comment ? Tout simplement parce qu'il était seul. Radagast avait perdu sa Lumière dès l'instant où il avait pénétré dans cette salle circulaire où se régénérait lentement celui qui se faisait appeler le Nécromancien. Radagast s'était retourné contre lui, manipulé depuis qu'ils avaient mis un pied dans Dol Guldur. Et, seul face à Sauron et Radagast, lui n'avait pas la moindre chance. Il allait se faire tuer et Sauron aspirerait son pouvoir hors de lui pour accélérer son retour en Terre du Milieu. Et que dirait-il aux Valar lorsqu'il se retrouverait face à eux ? Que pouvait-il dire pour qu'ils lui pardonnent son orgueil démesuré, qui l'avait poussé à combattre Sauron malgré l'effroyable écart de puissance qui existait entre eux ? Et surtout, que pourrait-il dire pour qu'ils le renvoient ici bas continuer la tâche qui lui avait été confiée des siècles auparavant ?
Il n'y aurait rien à dire, semblait-il, puisqu'il ne mourrait pas là.
Alors que, vaincu, il regardait le Nécromancien lever son épée noire au-dessus de sa tête, prêt à la planter dans son coeur pour aspirer sa magie, il entendit une voix s'élever faiblement derrière lui. Les mots qu'elle prononçait ne lui étaient pas inconnus, même s'ils pénétraient difficilement son esprit en déroute. Ils suffirent néanmoins à stopper le Mage Noir, qui releva sa tête ombreuse vers le possesseur de cette voix fragile et basse. La lame fouetta l'air tandis qu'il enjambait Gandalf, marchant droit sur le petit Radagast qui, à genoux au sol, murmurait ses incantations en se balançant d'avant en arrière, son cristal bleu serré dans ses mains tremblantes. Les yeux fermés, il refusa de regarder sa mort venir à lui. Sa voix se fit de plus en plus forte, bien que vacillante, et, au fur et à mesure que les mots s'écoulaient de sa bouche, se chargeait de puissance. Celle de Sauron s'éleva bientôt, murmurante, pour contrecarrer la magie de Radagast.
La Lumière revenue du mage brun brillait, haute et clair, dans le sombre tourbillon de magie noire qui émanait de Sauron et Gandalf, cloué au sol par une force plus grande que lui, ne pouvait qu'observer ce duel qui scellerait le sort de son existence et de la Terre du Milieu. Radagast avait toujours été le plus faible des Istari, le meilleur aussi. Bon et incapable de la moindre félonnerie, il était destiné à être abattu le premier. Mais il n'avait jamais été dit qu'il devrait mourir seul et terrifié. Il le voyait bien, maintenant, qu'il ne pourrait jamais participer à cette guerre qui couvait, qu'il ne pourrait jamais aider et soutenir son ami Gris comme lui le faisait depuis toujours. Son unique tâche était de veiller sur les Forêts du monde et même cela il n'avait pu le faire correctement. Il le voyait bien, maintenant que la Mort le prenait dans ses bras. Néanmoins, il ne voulait pas que ca se passe ainsi. Et alors que le Destin riait de lui, alors que le Temps filait entre ses doigts comme la lumière qui émanait de son cristal de pouvoir, Radagast vit, parfaitement, ce qu'il pouvait faire. Pas pour la Terre du Milieu, pas pour les Valar non plus. Pour son ami, pour son frère. Et pour lui, aussi.
Alors, quand Sauron fut assez près de lui pour le frapper, il leva les yeux vers le Seigneur des Ténèbres et sourit. Pour son ami. Pour son frère. Il devait mourir, c'était écrit ainsi. Mais il ne partirait pas seul. Non, pas seul. Pour son ami, pour son frère. Pour Gandalf. Et pour lui. Le cristal bleu, qui brillait dans ses mains d'une lumière divine, glissa entre ses doigts et vola en éclats au contact de la pierre du sol. Un vent brûlant monta alors, tourbillonnant rageusement. Radagast croisa un regard gris et son sourire se fit d'une infinie tristesse. Pour son ami, pour son frère. Les lames de vent se refermèrent sur lui et sur Sauron, dispersant la sombre magie. Le Nécromancien, qui n'avait pas encore pris forme physique, subit sans broncher la tempête qui tentait vainement de le renvoyer d'où il venait. Le magicien brun ferma les yeux, comprenant qu'il faudrait plus que le sacrifice de son pouvoir et de sa vie.
"Ô ma Mère, puissiez-vous avoir pitié de mon âme"
Et le vent devint feu. Un feu blanc, lumineux et purificateur, qui détruisit le Mal sur son passage.
Il sentit des bras se refermer sur lui et l'attirer dans une étreinte chaude et réconfortante. Il y eut un froissement et un tissu doux et soyeux l'entoura, comme une couverture posée sur lui pour le réchauffer. Il ouvrit à demi les yeux, et croisa un regard vert si brillant qu'il en fut aveuglé. La femme lui sourit avec douceur et tendresse.
- Yavanna, ô ma Mère...
"Dors, mon enfant. Je suis fière de toi..."
Elle déposa un baiser sur son front et il laissa des larmes de bonheur couler sur son visage épuisé. Il referma les yeux, souriant. Et heureux.
L'obscurité qui s'abattit soudainement sur la large salle blessa les yeux de Gandalf qui, enfin, parvint à se relever. Immédiatement, il accourut près de son ami. Il le trouva étendu au sol, un sourire de bien-être aux lèvres, des perles de larmes luisant encore sur ses joues parcheminées. Entre ses mains, croisées sur son ventre rond, deux petites branches d'arbre, l'une argentée et l'autre dorée, serrées l'une contre l'autre par un lien de soie vert émeraude. Le Vagabons Gris ferma les yeux et serra les dents, mais ne put empêcher ses pleurs. Au moins, se dit-il, Radagast était auprès de sa mère.
Quand ses pleurs se tarirent, il se rendit enfin compte de quelque chose.
Il eut beau fouiller toute la salle, puis toute la forteresse, il ne trouva pas la moindre trace de la présence néfaste de Sauron.
Epuisé, Thranduil enleva son casque et secoua la tête pour détacher de son front ses cheveux blonds collés par la sueur et la crasse. Il parcourut le champ de bataille d'un regard grave, passant sur les cadavres des araignées géantes, passant sur les orcs, pour ne voir que les pertes elfiques. Tant de ses hommes étaient morts ici, eux qui avaient pourtant l'éternité devant eux. Eux qui étaient encore si jeunes... A part lui-même, cependant, il se félicita d'avoir laissé Legolas au palais, de lui avoir interdit de venir. De même que Tauriel. Elle n'était peut-être qu'une elfe de rang inférieur, mais elle lui était chère. Elle était la fille que sa tendre épouse avait tant voulue sans jamais l'obtenir. De fait, il ne parvenait pas à s'en vouloir, en regardant les visages de certains elfes morts au combat trop jeunes pour porter une épée. Ils étaient morts, trop tôt, mais au moins, Legolas et Tauriel étaient en sécurité. Ils seraient toujours en sécurité, désormais. Et c'était bien là tout ce qui comptait. Thranduil rengaina son épée et, sans plus jeter un seul regard aux cadavres qui jonchaient les Halls de Dol Guldur, s'en fut vers sa Forêt.
Gandalf restait obstinément silencieux tandis qu'ils marchaient côtes à côtes vers son palais. Il avait demandé où était le Magicien Brun, et n'avait reçu qu'un regard insondable et un hochement de tête attristé pour toute réponse. Aussi fût-il incroyablement soulagé lorsqu'enfin apparut la cascade qui masquait l'entrée de son Royaume souterrain. Revigoré par la seule vue de sa demeure toute proche, il accéléra le pas et distanca le Vagabond Gris. Les elfes qui gardaient l'entrée s'inclinèrent profondément, lui souhaitant un bon retour chez lui, mais il ne leur adressa qu'un vague signe de la main. Il voulait voir son fils. Et sa fille. Thranduil détacha rapidement la ceinture où pendait le fourreau de son épée et la lança avec son casque à un serviteur, qui attendait patiemment dans le hall les ordres de son maître. Il retira les attaches de son plastron et enleva la plaque d'écailles pour la laisser tomber dans les mains tendues d'un garde. Enfin, il poussa les lourdes portes qui fermaient la Salle du Trône, et s'arrêta dans son embrasure. Assis sur le trône, bien droit et d'une grande prestance, Legolas écoutait les paroles sûrement soporifiques d'un serviteur avant de lui répondre avec empressement en fronçant les sourcils. Puis il le congédia d'un geste de la main et porta son regard clair jusqu'à la porte où attendait son père. Le sourire lumineux qui étira ses lèvres réchauffa le coeur fatigué de Thranduil, qui avança d'un pas calme jusqu'à l'estrade. Legolas se leva à son approche et s'inclina, lui aussi, quand il s'installa dans son trône qui, il fallait l'avouer, allait fort bien à son fils.
- Bienvenue chez vous, Majesté, murmura Legolas en le regardant droit dans les yeux. Bienvenue chez vous, Père.
Thranduil sourit, pour la première fois depuis longtemps, avec une chaleur réelle.
- Dis moi, mon fils, où est Tauriel ?
La nuit était tombée depuis longtemps quand il poussa la porte de la chambre de son Capitaine de la Garde. La chambre de sa fille. La pièce était plongée dans l'obscurité, mal éclairée par le seul chandelier qui, posé sur la table de chevet, baignait de sa lumière d'or le visage endormi de Tauriel. Il s'approcha du grand lit de bois et regarda la jeune femme sommeiller. Son coeur se serra à la vue des blessures atroces qui défiguraient son beau visage. Mais même malgré ca, elle était belle, sa fille. Elle serait toujours belle, à ses yeux. Toujours. Quoi que les Nains aient pu lui faire subir. Soucieux de ne pas l'éveiller, il s'assit doucement près d'elle et caressa les cheveux roux étendus sur l'oreiller blanc d'une main aussi délicate que possible. Mais malgré tous ses efforts, les yeux mordorés s'ouvrirent et se plantèrent dans les siens. Il sourit avec douceur.
- Tout va bien, mon enfant. Rendors toi. Je suis revenu.
Il regarda son sourire se transformer en grimace de douleur et sentit poindre une vague de fureur. Alors il se pencha sur elle et déposa un baiser sur son front, puis sur ses joues ravagées. Il attendit que ses yeux se fussent refermés pour se lever et s'en aller, la laissant à son repos.
Legolas l'attendait dans le couloir. Il referma la porte et s'y adossa le temps que son rythme cardiaque se calme. Puis il fit un signe à son fils et se rendit dans le salon où il avait invité Thorïn, juste avant son départ pour la bataille. Il s'installa dans un fauteuil et se servit immédiatement une coupe de vin, avant d'en tendre une deuxième au prince.
- Qui, demanda-t-il. Qui lui a fait ca ?
Legolas but une petite gorgée, les sourcils fronçés, pour se donner un peu de courage.
- La Naine, Père. Daenerys, fille de Naïn. La compagne d'Oakenshield.
Thranduil grinça des dents et reposa brutalement sa coupe sur la table une fois qu'il l'eut vidée. Il se releva et marcha de long en large, sa longue cape dorée balayant le sol à chaque demi-tour qu'il effectuait.
- Je veux tous les détails, fils. Je veux tout savoir !
Alors, après avoir bu une seconde fois, Legolas raconta tout à son père. L'évasion, le duel entre Tauriel et Daenerys, le jeu macabre auquel la Naine s'était livrée pour marquer la Capitaine de la Garde. Il expliqua avoir préféré sauvegarder la santé de Tauriel, précaire après son supplice, que poursuivre les Nains.
- Tu as bien fait, mon fils. Tu as bien fait. Nous attendrons qu'elle soit complètement remise, puis nous nous lancerons à leur poursuite. En espérant que Smaug ne les aie pas dévoré avant que nous ne leur mettions la main dessus...
Penché sur le lit de Tauriel, Gandalf murmurait des paroles incompréhensibles. Il fouillait sa mémoire pour trouver les informations dont il avait besoin. Il revit les tortures de Daenerys, puis la captivité des Nains. Il revit l'évasion et le courage de Bilbo, puis la rage de la Naine, et sa vengeance. Il n'aimait pas cela. Il ne comprenait pas, non plus. Comment Thorïn et la jeune femme avaient-ils pu changer aussi radicalement en aussi peu de temps ? Il soupçonnait l'oeuvre d'une force malfaisante, malgré les ricanements insistants du Destin. Encore une autre. Pris d'une curiosité sinistre, il écarta les draps frais et souleva légèrement la tunique de l'elfe, dénudant son ventre. Elle garderait ces cicatrices jusqu'à la fin de ses jours, nulle magie ne pourrait l'empêcher. Elle devrait, pour le restant de sa vie, voir le nom de son ennemie gravé dans sa chair, sans pouvoir l'effacer. C'était une honte qu'elle allait devoir surmonter seule, ou qui la détruirait. Attristé, indécis, le Vagabond Gris s'en fut de la chambre sombre et rejoignit la sienne.
Quelques jours plus tard, ils recevaient un message de Laketown.
Thranduil reposa le parchemin sur la surface polie de la table et caressa sa lèvre inférieure de son index, réfléchissant à la conduite à tenir. Legolas, penché sur la table, finissait à peine de lire les quelques lignes tracées sur le feuillet qu'il se tournait déjà vers lui, dans l'expectative. Le roi elfique leva les yeux vers son fils et lui intima de faire quérir son Capitaine de la Garde. Il ne fallut que deux minutes à Tauriel pour arriver. L'elfe rousse s'était remise de ses blessures et du choc qu'elles avaient provoqué. Et si, désormais, elle portait constamment un foulard vert émeraude remonté jusque sous son long nez fin pour masquer ses cicatrices, elle ne se terrait plus dans l'obscurité de sa chambre personnelle, et vaquait à ses occupations comme si de rien n'était.
- Mon enfant, dit immédiatement le roi en tendant la main vers elle. Comment vas-tu, aujourd'hui ?
Tauriel s'inclina respectueusement et noua ses doigts à ceux de Thranduil pour presser sa main brièvement avant de la relâcher. Sur un geste de Legolas, elle s'assit sur un troisième siège qu'il avait amené jusqu'à la table, et répondit d'un ton clair et aimable que tout allait pour le mieux. Les deux gardes qui veillaient sur eux, de chaque côté de la porte, ne cessaient de s'émerveiller des changements radicaux de personnalité qui s'opéraient en leur Roi, leur Prince et leur Capitaine dès l'instant où ils se retrouvaient tous les trois en privé.
Thranduil était connu pour être un Roi juste mais sévère, et particulièrement froid envers tout et tout le monde. Legolas, s'il était proche du peuple, était toujours un peu distant et ne se mêlait que rarement aux autres. Tauriel, elle, était un véritable dragon, d'une sévérité confinant à l'implacabilité, et menait ses hommes d'une main de fer. Mais aussitôt qu'ils étaient ensemble, réunis dans le secret de cette salle à manger ou d'un salon privé, ils laissaient tomber les masques que leurs statuts respectifs imposaient, et montraient enfin leurs vrais visages. Tauriel vouait au Roi et au Prince un respect et une dévotion qui frisaient dangereusement la vénération. Legolas aimait celle qu'il nommait sa soeur malgré l'absence effective de liens du sang entre eux, et ferait absolument n'importe quoi pour voir son père sourire. Et Thranduil, qui ne savait plus la signification du mot "bonheur" depuis le départ de son épouse pour le Valinor, ne vivait plus que dans l'espoir de voir ses enfants heureux et en bonne santé. Les deux gardes se savaient particulièrement privilégiés de pouvoir les observer interagir entre eux.
- Ma fille, nous avons reçu une missive de Laketown, annonça le Roi après avoir versé une coupe de vin à son capitaine.
Tauriel baissa son foulard, dévoilant son honte à son Roi et à son Prince les cicatrices qui ravageaient son beau visage et but une gorgée, interrogeant Thranduil du regard.
- Le Maire nous informe avoir réussi à capturer les Nains. Il les retient prisonniers en sa cité, et nous invite à venir l'y rejoindre pour les récupérer.
La coupe de métal entailla le bois quand la femme aux cheveux roux la reposa brutalement sur la table. Elle se laissa aller contre le dossier de son siège et croisa les bras, adoptant une posture renfrognée.
- Cet humain est d'une arrogance inqualifiable. Croit-il réellement réussir là où nous avons échoué ? Pense-t-il sérieusement parvenir à garder les Nains sous sa garde bien longtemps ? siffla Legolas en avalant une gorgée de vin.
- Que sa prétention soit fondée ou non, le fait est qu'il a les Nains.
- Que devons-nous faire, Majesté ? s'enquit Tauriel en se redressant.
- Je te retourne la question, ma fille. Que désires-tu ?
Le Capitaine de la Garde haussa les sourcils, l'incompréhension se peignant sur les traits autrefois harmonieux de son visage.
- Je me fiche de ces Nains, Smaug les dévorera jusqu'au dernier, et ce sera tant mieux, expliqua Thranduil en faisant tourner son vin dans sa coupe, le regard perdu dans ses profondeurs carmines. Mais toi, ma fille... Ce que tu as subi appelle à une vengeance aussi implacable qu'immédiate. Si tu le veux... Nous poursuivrons ces Nains, jusque dans les entrailles d'Erebor, pour débusquer cette Naine. Et tu pourras prendre ta revanche. Ou nous pouvons refuser l'aimable invitation du Maire de Laketown, et en rester là.
- C'est à toi de décider, Tauriel, renchérit Legolas en lui prenant la main.
L'oubli et la paix. La vengance et la guerre. Le choix était très simple, et infiniment complexe. Et il reposait entièrement sur ses épaules. L'oubli, et vivre pour le restant de ses jours avec ce sourire rouge sur son visage et le nom de son bourreau sur son ventre, ou la vengeance et la possibilité de faire payer à la Naine son affront. L'oubli et la honte éternelle d'avoir été vaincue, ou la vengeance et la satisfaction de pouvoir laver son honneur dans le sang de Daenerys, fille de Naïn. L'oubli ou la vengeance. La paix ou la guerre. Tauriel releva les yeux de ses mains fines, cessant de triturer les cals de ses doigts, et fixa sur son Roi un regard où brillait la flamme de la haine.
- Je veux qu'elle paie, Père. Je veux pouvoir plonger ma lame dans son coeur et la regarder agoniser à mes pieds, murmura-t-elle d'un ton grave.
- Tu as conscience, ma soeur, que Thorïn ne nous pardonnera jamais d'avoir tué sa compagne ? Tu as conscience que Daïn des Monts de Fer nous déclarera la guerre pour avoir assassiné sa soeur bien aimée ? demanda Legolas.
- Parfaitement. Et je suis navrée de vous entraîner là-dedans. Mais je... Je ne peux pas oublier, Père. Ni pardonner.
- Très bien, trancha Thranduil en se levant. En ce cas, ce sera la guerre.
Il fit un signe de la main à un de ses gardes, qui s'éclipsa immédiatement. Moins d'une heure plus tard, l'armée elfique de Mirkwood se préparait aux combats à venir sous le regard insondable de Gandalf le Gris.
Voilà, fin du chapitre.
Dans le prochain, qui sera dans deux semaines, nous retrouverons Bard. Ouais, je l'aime bien celui-là. Et il est dans une sale histoire, là. MAIS QUELQU'UN L'AIDERA PEUT-ETRE ? (non, ceci n'est en rien une manière d'attirer l'attention sur Gandalf. Vous vous faites des idées...). Nous retrouverons aussi le Maire (on rigole moins) et nous verrons apparaître, pour la première fois, un personnage ultra important de l'histoire du Hobbit.
Je ne vous en dis pas plus, mais j'espère bien que ca vous donnera envie de revenir me voir dans deux semaines !
Je vous embrasse, mes très chères, et je vous dis à la revoyure !
Aschen (at your service)
