07/12/14 - 01/02/15
Bon bon bon, que vont-ils tous faire ? On se fait un résumé à la série américaine ? (PVIL= tu ne vas pas leur infliger ça tout de même ?) Bah si ! Alors... Comment Sirius va-t-il réagir ? Poursuivra-t-il ses efforts ? Pourra-t-il pardonner à Lutha son attitude ? Et elle, est-elle vraiment aussi ignoble qu'elle le montre ? Jonathan est-il aussi neutre qu'il le paraît ? Et surtout... que va-t-il se passer maintenant ? La réponse... rien du tout, l'histoire est finie, je vous l'avais pas dit, mouhahahahaha ! (PVIL= elle déraille, faites pas attention, on va pas vous laisser en plan comme ça)
Allez, on se lance, en espérant vous offrir un petit chapitre pour les fêtes mais c'est pas encore fait ;D (carrément pas, même ^^')
A mon petit poisson rouge, j'ai pas pu résisté à un clin d'œil à Au Temps Des Maraudeurs, je suis sûre que tu ne vas pas le louper ;p
Quant à mon retard, sachez que j'ai juste eu énormément de travail avec mes partiels et les rapports de fin de semestre à rendre, les oraux à préparer et tout et qu'étant crevée, du coup, j'ai pas vraiment eu l'occaz d'écrire régulièrement même une fois passé le plus dur. J'essaye de faire de mon mieux et de réduire l'écart entre les chapitres, admirant votre patience (forcée), mais comprenez que mes études c'est mon avenir donc je dois parfois retarder mon écriture :/
Bonne lecture ! ET BONNE ANNÉEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE !
- Debout.
Un grognement indistinct s'échappa de sous la couette rouge sang.
- Sirius, même Queudver s'est levé. Si tu ne te décides pas maintenant, on va être sacrément en retard. Et Flitwick a beau avoir été élève il n'y a pas très longtemps, je doute qu'il soit très heureux de nous voir arriver quasiment à la fin de son cours.
Une main émergea du lit et s'agita en direction de James comme pour lui signifier de s'en aller.
- Patmol, ne me force pas à utiliser un levicorpus contre toi. Tu vas encore être d'humeur massacrante, sinon.
Le jeune homme sortit enfin la tête de sous ses draps et l'attrapeur le regarda avec un amusement perplexe.
- Tu es sûr que tu as dormi ?
Sans lui répondre, Sirius tituba jusqu'à la salle d'eau et en ressortit cinq minutes plus tard, l'air un peu plus réveillé.
- Parfois, Cornedrue, je te déteste vraiment.
- On devrait vraiment y aller, maintenant. On ne doit pas laisser soupçonner quelque chose, pour Remus, proposa Peter d'une voix un peu nerveuse.
- Tu as raison, reconnut James. Allons-y.
Ils mangèrent en route des gâteaux qu'ils avaient pris la veille aux cuisines et filèrent directement jusqu'au cours de sortilèges. Toute leur classe ainsi que les Serpentards étaient déjà là. James et Sirius s'installèrent côte à côte, laissant Queudver tout seul à côté de la place vide du loup-garou. A peine furent-ils assis que le batteur croisa les bras sur la table et enfonça son menton dans le creux qu'ils formaient, l'air renfrogné. Son meilleur ami le regarda avec inquiétude. D'ordinaire, il n'était pas si épuisé les lendemains de pleines lunes, étant habitué à veiller tard.
- Je peux savoir ce qui se passe ?
Sirius se contenta de hausser les épaules sans répondre.
- C'est... en rapport avec Layos ?
James eut du mal à déchiffrer l'expression qui passa fugacement sur le visage de son ami. Une sorte de mélange de lassitude, d'énervement et autre chose de moins distinct. Voyant qu'il n'en démordrait pas, le sang-pur poussa un petit grognement et lâcha :
- Je vous en parlerai ce midi, quand on ira voir Remus.
L'attrapeur fronça les sourcils mais n'insista pas et se décida à aider Peter qui prenait tout seul des notes pour le loup-garou, voyant qu'ils ne suivaient pas.
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- On a combien de temps ?
- Oh, jusqu'à quatorze heures. J'ai dit à Lily que je la rejoindrai directement en cours.
Queudver hocha la tête et ils continuèrent à discuter sous le regard sombre de Sirius. Celui-ci n'avait quasiment pas décroché un mot de toute la matinée, excepté lorsqu'il avait dû répondre à des questions des professeurs. Muré dans ses pensées, il tournait et retournait la situation dans sa tête sans trouver de solution. Peut-être que les autres auraient une idée. Il les suivit donc lorsqu'ils poussèrent la porte de l'infirmerie et s'approchèrent des rideaux qui isolaient le lit de Remus afin de cacher sa présence aux éventuels visiteurs. De toute évidence, en entendant des voix, ils réalisèrent que leur ami n'était pas seul.
- Il n'y a pas quelqu'un ? S'inquiéta une voix masculine.
- Ça ne fait rien, ce sont mes amis, répondit la voix douce de Remus.
- Dans ce cas, je pense qu'on va te laisser.
Cette voix-là, il la reconnut sans le moindre mal et son sang se mit à bouillir. Les rideaux s'écartèrent et les deux Serdaigles apparurent face à eux.
- Layos, Float, les salua James avec amusement.
Le jeune homme lui sourit ironiquement en retour mais le petite Grecque lui passa devant sans lui accorder la moindre attention. Pas plus qu'elle n'en accorda à Sirius. En revanche, le grand blond lui lança un regard perçant en le croisant, comme pour lui demander ce qu'il comptait faire. Dès qu'ils eurent refermé la porte derrière eux, les quatre Gryffondors s'isolèrent autour du lit du loup-garou et Cornedrue laissa échapper sa surprise :
- Là, j'ai vraiment besoin de comprendre ce qu'il s'est passé hier soir ! Enfin ce matin très tôt, plutôt.
- Hier soir ? S'étonna Remus.
- On a croisé Layos en rentrant à la tour, elle voulait parler à Sirius et depuis ce matin, il est comme ça.
Ils se tournèrent tous vers lui, dans l'expectative d'une explication. Il soupira et s'assit sur le bord du lit en appuyant sa tête dans ses mains.
- Elle a tout découvert. Elle nous a vus, hier soir.
James et Peter échangèrent un regard affolé mais le loup-garou se contenta de froncer les sourcils.
- Et alors ? Elle sait pour moi depuis longtemps mais elle a toujours gardé le secret, non ? Pourquoi ce serait différent ?
Le jeune homme regarda par la fenêtre d'un air amer.
- Elle a bien l'intention de le garder, en effet... Mais elle y a posé des conditions. Enfin, pour comprendre, il faut que vous sachiez tout depuis le début parce que je n'en ai parlé qu'à James. Il y a quelques jours, lorsqu'on allait partir et que tu es rentré avec elle, Remus, nous avons eu une de "ces conversations" et si on n'avait pas dû prendre la fuite pour échapper à Rusard, je crois bien qu'elle aurait fini par céder. Enfin, qu'à cela ne tienne, j'étais prêt à être patient et il y a trois jours, c'est arrivé sans même que je l'ai cherché. Elle m'est tombée dessus et on a eu une discussion plutôt agitée. Je pensais avoir réussi, elle n'arrivait plus à se camoufler et je me suis dit que ce n'était qu'une question de temps avant que ça se généralise, mais de toute évidence, elle cherchait un moyen d'empêcher ça et elle a trouvé. Si je lui parle à nouveau, si j'essaye d'en savoir plus sur elle, elle nous dénoncera tous les trois. Du moins, c'est ce qu'elle a dit.
Ébahis, les trois autres ne réagirent pas tout de suite, réfléchissant sûrement à tout ce qu'ils venaient d'entendre.
- Mais..., commença Peter d'une voix hésitante. Est-ce que tout ça ne va pas un peu trop loin ? Après tout, ce n'est qu'un jeu, non ? Je... je pensais que vous vous chamailliez comme ça pour vous amuser, pas que c'était sérieux.
Il ouvrit la bouche pour rajouter quelque chose mais un hochement de tête négatif de James le réduisit au silence. Sans chercher à en savoir plus, Sirius se tourna vers le loup-garou.
- Tu es celui qui la connaît le mieux. Tu crois qu'elle est capable de mettre sa menace à exécution ?
Remus hésita un instant.
- J'aimerais pouvoir te répondre non sans l'ombre d'un doute, mais... je ne pense pas qu'elle soit du genre à faire des menaces en l'air.
- Alors elle a bel et bien trouvé un moyen pour m'évincer de sa vie et rester dans son mensonge !
Il ferma les yeux. Il ne connaissait que trop bien la sensation qui lui brûlait la gorge. Lorsque son frère lui avait fait comprendre que sa place était parmi les Black et qu'à ses yeux, il n'était qu'un déchet, il avait ressenti la même.
- Pourquoi est-ce que c'est si important pour toi ? On dirait que ça te tient vraiment à cœur, fit remarquer Peter à voix basse.
- Ce... ce n'est pas si important. C'est juste que je ne voulais pas échouer, finit-il par répondre sans conviction.
Ils ne répondirent pas. Sirius se sentait étrangement vide. Ces derniers mois, découvrir et décortiquer la vie de Lutha Layos avait été son passe-temps, ce à quoi il consacrait la plupart de ses pensées. C'était devenu son objectif. A présent que cela lui était interdit, il réalisait l'ampleur qu'avait prise cet objectif et à quel point il s'était attaché à sa réussite.
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Le dîner était plutôt silencieux, ce soir-là, Lucy étant installée avec Natacha, Lutha et John étant chacun perdus dans leurs pensées. Le jeune homme regardait Black assez fixement depuis sa place, celui-ci lui tournant le dos, sans doute pour ne pas voir la chat-garou. Un choix qu'il comprenait en imaginant le tumulte qui devait faire rage sous le crâne du sang-pur.
- Lutha ?
- Mmh ?
Jonathan cessa d'observer le Gryffondor par dessus l'épaule de son amie pour la regarder avec un air assez sérieux.
- C'est d'accord, je te promets de ne pas chercher à avoir de nouvelles de toi si je n'en ai pas, et de ne pas décider moi-même de venir en Grèce essayer de te rendre visite.
Elle cessa de manger et le dévisagea avec perplexité.
- Puis-je savoir pourquoi maintenant ?
Il se contenta de lui sourire en réponse.
- J'ai mes raisons. Mais je ne tirerai jamais de trait définitif sur notre amitié, ça aussi, je te le promets.
Elle sourit à son tour avec amusement. Le jeune homme la scruta attentivement. Pour quiconque ne la connaissant pas, il était quasiment impossible de décerner le léger affaissement de ses traits. Il avait l'impression que l'étincelle malicieuse de son regard avait perdu en intensité et il savait très bien pourquoi. Il se demandait si Black pouvait encore réussir mais doutait qu'il en eût vraiment envie. Personne n'aimait se prendre des claques, et celle qu'elle lui avait assénée était plutôt intense.
Il se concentra à nouveau sur le groupe de Gryffondors, voyant que la petite Grecque s'était de nouveau absorbée dans ses pensées. Il ne doutait pas que Black eût parlé à ses amis de la menace qu'elle avait fait peser sur eux et il se demanda ce qu'en penserait Remus. Après tout, leur amitié était récente et il trouverait normal que celui-ci s'indigne de l'attitude de la chat-garou. Il porta ensuite son attention sur Potter. Celui-ci avait échangé quelques mots avec la jolie Lily Evans au début du repas et se concentrait plutôt sur son meilleur ami, semblant veiller à ce qu'il ne manquât de rien. John se demandait dans quelle mesure Black avait été atteint par ce qui s'était passé le matin même. Il finit par regarder Pettigrow. Il l'avait toujours identifié comme un être manquant plutôt de personnalité, cherchant à tout prix des amis "cools et populaires". Mais à présent qu'il savait, que, comme Black et Potter, le garçon avait risqué sa liberté pour s'adonner à une pratique illégale et dangereuse de la magie, simplement pour aider Remus... il devait revoir son jugement. Pettigrow valait peut-être bien plus qu'il n'y paraissait.
- Que fait-on, ce soir ? Finit-il par demander en se détournant.
- Je pensais qu'on pourrait discuter bouquins, ça fait un moment qu'on n'en a pas eu l'occasion, non ?
- Moi, ça me va. D'autant que je viens de finir de lire celui que tu m'avais passé.
- Le Monde de Narnia ? Enfin ! Tu as mis le temps ! Alors ?
Elle avait à nouveau le regard brillant et il sourit avant de lui répondre.
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Il s'était écoulé trois semaines. On voyait de plus en plus fréquemment les élèves de septième ou de cinquième année en proie à des crises d'angoisse, révisant dès qu'ils en avaient le temps. Lily s'étant plongée avec sérieux dans un programme de révisions intense, James jouissait d'un peu plus de temps pour s'occuper de son équipe de Quidditch et pour tenter de distraire Sirius. Ce dernier était devenu beaucoup plus silencieux que d'ordinaire. Il avait cessé de se renfrogner à chaque fois qu'il croisait Lutha Layos, mais son ami voyait bien qu'il n'était pas serein pour autant. Il restait de longues minutes plongé dans ses pensées, l'air un peu perdu. Bien sûr, il passait encore d'excellents moments avec eux, riant quand l'occasion se présentait, explorant le château la nuit et discutant de tout et n'importe quoi, mais il n'était plus ce Sirius-là tout le temps. La première semaine suivant la cessation de tout contact avec Layos, il avait atteint une humeur si morose qu'elle avait rappelé à James la période avant la fugue de son meilleur ami. Malgré tous ses efforts pour lui remonter le moral, le Gryffondor ne réussissait que brièvement à lui rendre le sourire et il était un peu vexé de n'avoir pas été le déclencheur de la remontée.
Huit jours après la menace de Layos, alors que l'attitude de Sirius était des plus négatives, il venait de se coucher et son ami lisait encore pour tenter de se changer les idées. La porte du dortoir s'était alors ouverte en grinçant.
- Ah, tu es là ? Je pensais qu'après t'avoir fait peur, tu ne voudrais plus me voir. Au moins, toi, tu ne m'as pas abandonné.
Surpris, James s'était redressé pour voir à qui son ami parlait et il l'avait vu, câlinant Noisette avec un air attendri. Le lendemain, il avait commencé à faire des efforts pour améliorer son humeur et avait commencé à redevenir "Sirius". En voyant cela, l'attrapeur se demandait à quel point l'affection silencieuse des animaux de compagnie pouvait surpasser celle entre humains. Il aurait pu être contrarié de ne pas en être la cause, mais le retour de la bonne humeur de son ami était une trop bonne nouvelle pour qu'il pût y trouver quoi que ce fût de négatif. Mais malgré cela, Sirius restait parfois abattu et James songeait que la petite Layos avait pris une place bien plus grande qu'il ne le soupçonnait dans l'esprit de son ami.
Le voyant une fois de plus le regard dans le vague, il s'avança vers lui avec un grand sourire et se pencha à son oreille d'un air conspirateur, vérifiant que sa petite amie était hors de portée d'oreille.
- Tu sais ce qu'on devrait faire ? Demain, il y a un week-end à Pré-au-Lard. Au lieu de rester cloîtrés à travailler comme tout le monde, on devrait aller s'amuser et taquiner quelques Serpentards, si tu vois ce que je veux dire. Et puis tu pourrais sortir avec une fille, ça fait une éternité que tu ne l'as pas fait ! Petit Sirius se porte bien ?
Il lança un regard moqueur équivoque à son ami, qui se prit aussitôt au jeu.
- Petit Sirius ?! Petit Sirius ?! Je vais te montrer, moi, s'il se porte bien. Demain on joue à "Désigne-moi quelqu'un" ?
James éclata de rire, ravi par l'enthousiasme qu'il avait provoqué.
- Ok, mais pas de fille pour moi, comme toujours.
- Pffff ! Homme marié, va !
- Briseur de cœurs !
- Coincé !
- Infidèle !
- Peureux !
Ils continuèrent sur leur lancée un bon moment comme ils ne l'avaient pas fait depuis longtemps.
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- Ce n'est pas négociable.
- Ah ! Mais je ne cherche pas à négocier, c'est non.
- Sérieusement, il ne fait pas si froid !
- Beaucoup trop pour moi, en tout cas.
- Et je t'offre une gaufre bien chaude au village ?
- Mmh... tu me paies aussi la bièraubeurre ?
Jonathan jeta un coup d'œil au contenu de sa bourse et finit par acquiescer en soupirant. Aussitôt, sa meilleure amie s'élança vers le dortoir des filles.
- Je prends un deuxième pull, une écharpe et des gants et j'arrive !
Il leva les yeux au ciel. Il serait curieux de voir une fois le climat en Grèce pour savoir si elle était juste frileuse ou s'il faisait vraiment à ce point plus froid au Royaume-Uni. Quelques secondes plus tard, elle était de retour, ayant doublé de volume sous les multiples couches de vêtements qu'elle portait. Ils passèrent devant le concierge et montèrent dans l'une des diligences se rendant au village.
- Je suppose qu'on commence par ta boutique favorite ? Sourit Jonathan en désignant un magasin de la rue principale.
Sans même lui répondre, elle s'y précipita et il la suivit, amusé. Décidément, il ne connaissait rien qui motivât plus la jeune fille que la perspective de manger du bon chocolat de chez Honeydukes. Une fois qu'ils eurent refait leurs réserves de sucreries, ils passèrent rapidement dans quelques autres magasins pour acheter des carnets pour le jeune homme, des nouvelles plumes et un bonnet bien chaud pour Lutha. Puis ils allèrent s'installer pour au chaud aux Trois Balais, s'asseyant dans un coin afin de discuter.
- Ah, ça fait du bien de sortir un peu de Poudlard et de l'ambiance "élèves en stress", non ?
- Oui, je le reconnais, admit-elle en souriant. Et puis je vais pouvoir entendre toutes tes théories sur les gens qui vont passer dans le bar toute la journée, ça promet d'être amusant.
- Histoire de commencer tout de suite, qu'est-ce que tu penses de ce type assis tout seul à côté du feu ?
Ils l'observèrent longuement. L'homme était enroulé dans une couverture, assis à la table la plus proche de la cheminée, quatre tasses de thé et trois bouteilles de bièraubeurre vide devant lui. Il tenait une longue plume noire et écrivait frénétiquement, s'arrêtant parfois quelques instants pour se frotter le menton d'un air pensif.
- Facile, répondit la chat-garou en levant les yeux au ciel. C'est un écrivain qui est inspiré et que la patronne a à la bonne car il lui parle de ses histoires avec passion.
- Et comment sais-tu qu'il n'a pas simplement son manuscrit à rendre et que c'est pour ça qu'il écrit à cette allure ?
- Franchement, tu aurais cet air détendu si tu étais en retard dans tes délais ?
- Non, admit-il avec un sourire. Celui-là était facile, pour te tester. A toi.
- Le groupe de filles à côté de la radio.
Jonathan tourna ses yeux gris dans la direction indiquée. Il releva d'abord chaque détail physique de chacune des filles, avant d'étudier leurs attitudes. Lorsqu'il fut à peu près sûr de lui, il se lança :
- C'est un groupe de sixième années, elles sont toujours ensemble et partagent une amitié très intime, au point de se livrer tous leurs secrets. La blonde aux tâches de rousseur doit être assez folklorique, au vu de sa tenue.
La jeune fille en question portait en effet un assortiment de vêtements oscillant entre un orange éclatant et un violet aveuglant.
- De toute évidence, elle aime la photo et je crois pouvoir affirmer que le classeur devant elle est l'un des albums qu'elle a dû réaliser. La fille aux cheveux auburn est une élève modèle. Son sac a l'air plein de livres qu'elle a pris au cas où elle trouverait un moment pour réviser ses examens. Elle espère être nommée préfète-en-chef l'année prochaine et aime les garçons turbulents, même si elle ne le reconnaîtrait pour rien au monde.
- Et ça, tu te bases sur quoi pour le dire ?
- La manière dont elle semble parler de façon répétée du groupe d'idiots à la grande table est significatif. Si elle ne les appréciait pas, elle se contenterait de lever les yeux au ciel lorsque l'un d'entre eux ferait un peu trop de bruit. Au lieu de ça, elle a l'air de ne parler que de ça, vu les fréquents coups d'œil qu'elle leur jette.
- Moui, on va dire que je te l'accorde. Et la brune ?
- Bon, on peut deviner sans être sorcier, et sans mauvais jeu de mots tant que j'y pense, qu'elle est dans l'équipe de Quidditch de Gryffondor. Vu ses épaules, elle doit être batteuse, voire gardienne, mais je ne connais pas très bien le sport donc je n'affirme rien. Elle est probablement riche puisqu'elle fournit allègrement ses amies en boissons et nourriture sans même regarder ce qui lui reste dans sa bourse. Ah, et elle est amoureuse de Black.
Il observa avec un petit sourire narquois les sourcils de son amie se froncer.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- Oh, je l'ai vu lui faire une déclaration dans un couloir qu'elle croyait désert, il y a quatre jours. Mais il a poliment refusé ses avances, si tu veux tout savoir.
Elle haussa les épaules avec un air faussement détaché qui ne le convainquit pas le moins du monde. Elle avait obtenu du Gryffondor qu'il sortît de sa vie, mais elle n'avait ni les moyens, ni probablement l'envie que Jonathan cessât de la taquiner avec ça.
- C'est à moi.
- Mmh... La femme toute seule habillée en rose.
Il la vit lui jeter un regard en grimaçant de dégoût. Il la comprenait. La femme en question était particulièrement laide mais était parée d'habits entièrement roses très voyants.
- De toute évidence, c'est une célibataire. Aucun homme sain d'esprit ne voudrait d'un horrible crapaud comme elle dans sa vie. Elle a l'air très sûre d'elle, voire imbue d'elle-même. C'est sans doute le genre de personne incapable de se remettre en question ou de se dire qu'elle s'est trompée. Je pense qu'elle a un travail officiel, vu l'air important qu'elle se donne, mais qu'il n'est pas aussi essentiel qu'elle le voudrait. Elle doit être très ambitieuse. Elle semble être ici pour une sorte d'inspection vu la façon dont elle regarde autour d'elle. Qu'est-ce que tu en penses ?
- Je pense que tes capacités se développent grâce à mon génialissime enseignement.
Ils continuèrent leur petit jeu jusqu'à avoir passé en revue toutes les personnes présentes dans le bar. A l'heure du déjeuner, il sortirent une partie de leurs provisions de chez Honeydukes et se mirent à manger tout en discutant avec animation des implications des sorciers dans les guerres entre moldus. Cela faisait un moment qu'ils n'avaient pas eu un de ces longs débats durant lesquels ils défendaient tous deux des points de vue extrêmes, développant ainsi leurs capacités d'argumentation et obligeant l'autre à réfléchir à toutes les opinions possibles.
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- Le gars, là-bas, devant Zonko.
James jeta un regard périphérique dans la rue et tendit sa baguette en marmonnant une formule. La victime désignée se mit aussitôt à glousser, tressaillant tellement qu'il fit tomber tous ses paquets au sol. Une mamie qui passait par là se précipita pour l'aider mais trébucha sur l'un des sacs et les deux s'étalèrent par terre.
Riant comme des idiots, les deux Gryffondors s'éloignèrent en quête d'une nouvelle cible. Toute la matinée, ils avaient fait se produire divers petits accidents désagréables dans le village, visant de préférence les Serpentards lorsqu'ils en croisaient. Une cinquième année de Serdaigle marchait toute seule pas très loin devant eux. L'attrapeur la désigna du doigt à son ami.
- C'est l'heure du défi de midi.
Sirius retint un rire et accéléra le pas en faisant un signe de victoire à son meilleur ami. En quelques secondes, il fut au niveau de la jeune fille qu'il bouscula soigneusement, faisant tomber son sac de cours.
- Eh, vous ne pourriez pas reg... ?! Ah, mais tu es un élève.
- Excuse-moi, s'écria-t-il d'un ton contrit en se penchant pour l'aider à ramasser ses affaires. Je n'ai pas fait attention, je suis désolé.
Il lui adressa un sourire éblouissant et elle rosit légèrement.
- Ce... ce n'est rien, c'est pas grave. Tu... tu es Black, c'est ça ?
- Oui, Sirius Black, à votre service, plaisanta-t-il en s'inclinant. Et tu es ?
- Juliette McField.
Il profita de quelques secondes pendant lesquelles elle remettait son sac en ordre pour lever les pouces en direction de James qui l'observait, quelques mètres plus loin. Celui-ci riait silencieusement.
- Pour me faire pardonner, accepterais-tu que je t'offre ma compagnie puisque tu sembles être venue seule ?
- Oh, euh... je...
Elle jeta des coups d'œil autour d'elle, comme pour vérifier qu'il ne pouvait s'adresser qu'à elle.
- Si je t'embête, je te laisse tranquille, plaisanta-t-il. Je profite juste d'une occasion pour faire une nouvelle connaissance.
Elle se mit à sourire en retour et finit par hocher la tête avec enthousiasme.
- Et bien, oui, volontiers.
L'attrapeur choisit cet instant pour les rejoindre.
- Salut ! J'espère que mon ami s'est excusé, il voulait aller chercher ce truc là-bas.
Il désigna du doigt un frisbee à dents de serpent posé en équilibre sur une gouttière. Le fusillant silencieusement du regard, Sirius s'exclama avec un rire embarrassé :
- Et oui ! Il fallait bien le récupérer, le pauvre, tout seul, là-haut ! Il ne faudrait pas qu'il tombe entre de mauvaises mains.
Il jeta un regard en arrière, vérifiant qu'aucun préfet ou professeur ne se trouvait dans les parages et prit son élan, sauta sur le couvercle de la poubelle contre le mur et attrapa le frisbee. Souriant de soulagement d'avoir réussi son coup, il revint vers la fille qui semblait impressionnée. James lui adressa un regard moqueur.
- Un sortilège d'attraction n'aurait pas suffi ?
Sirius haussa les épaules pour masquer sa gêne. Il n'y avait pas pensé.
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- Tu ne crois pas que, à dix-sept ans, passer toute la journée dans un bar est plutôt malsain ?
Jonathan tourna un œil surpris vers son amie.
- Non, pourquoi ? Ça ne m'a jamais dérangé, moi. Et pourtant, des fois, je suis seul à une table du matin au soir.
- Personne ne t'a jamais rien dit ? Ça ne doit pas être commun, quelqu'un qui observe les autres. Tu as bien dû être interpellé par une ou deux personnes qui pensaient que tu leur cherchais des noises, non ?
Il haussa les épaules.
- Oh, tu sais, j'ai l'art de désarmer les conflits avec les mots.
- Voilà qui serait utile à bien des gens. Pourquoi n'essayes-tu jamais de mettre ton intelligence au service des autres ?
Il eut un petit sourire en coin. Il le faisait depuis longtemps avec elle mais il ne pensait pas qu'elle s'en fût rendu compte. Quant aux autres... il n'avait jamais particulièrement essayé d'apprécier qui que ce soit à part quelques membres de sa famille et la chat-garou et il trouvait beaucoup plus amusant d'observer les gens se débrouiller avec leurs problèmes. Il aimait également observer les actions de philanthropes manipulateurs car il retrouvait ce qu'il pourrait faire s'il choisissait d'améliorer les situations de chacun. C'était encore plus amusant dans le cas de Lutha puisqu'elle refusait d'assumer son envie d'aider.
- John ?
- Disons que ce n'est pas mon objectif. Les gens ont du mal à accepter de l'aide de quelqu'un qui pense de façon très différente d'eux. Parfois, ils ne perçoivent même pas qu'il s'agit de quelque chose de positif parce qu'ils trouvent plus confortable de stagner dans leur bourbier.
- Ce n'est pas un peu prétentieux ?
- C'est une simple constatation. J'ai pu observer que la plupart du temps, ma vision des choses et mes idées contrarient plus qu'autre chose.
- C'est sans doute parce que tes pensées sont tellement tordues que les gens se demandent où tu veux en venir.
Il sourit sans répondre et changea de position en observant son amie.
- Dis-moi, Lutha...
- Oui ?
- Est-ce que tu as vu Remus dans les périodes où je n'étais pas avec toi ou est-ce qu'il vient nous voir beaucoup moins souvent, maintenant ?
Elle haussa les épaules, les sourcils légèrement froncés.
- Il m'a parlé quelques fois, aussi aimablement que d'ordinaire, mais c'est vrai qu'il a pris ses distances.
- Je suppose que c'était inévitable. Il ne doit pas tellement apprécier le chantage.
- Mmh.
Voyant qu'elle commençait à arborer un air morose des plus convaincants, Jonathan jugea bon de la lancer sur un autre sujet, entamant la conversation sur les vestiges magiques des anciennes civilisations. Ils ne tardèrent pas à s'enflammer tout en discutant de la puissance des pharaons et de la probabilité que certains d'entre eux eussent été des sorciers.
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- C'est là que Remus lui a demandé d'un ton très poli s'il avait besoin qu'on lui indique le chemin des toilettes !
Ils éclatèrent de rire. L'attrapeur avait un talent exceptionnel pour raconter les histoires sous leurs meilleurs jours. Sirius était incroyablement détendu, comme il ne l'avait pas été depuis de nombreux jours. Un peu plus tôt, il avait proposé son bras à la jeune fille et elle ne l'avait pas lâché. Il se sentait agréablement léger, avec son meilleur ami et une fille à ses côtés. Son sentiment d'échec n'était plus qu'un souvenir alors qu'il lui suffisait d'une après-midi pour emballer une jeune fille.
- Et vos parents réagissent comment avec toutes vos retenues ? Moi, les miens m'étriperaient ! S'exclama Juliette d'une voix admirative.
- Oh, tu sais... Répondit Sirius en éludant la question.
- Les miens ont fini par abandonner l'idée de me réprimander, enchaîna James en riant. Du moment que je ramène des bonnes notes et qu'ils ne reçoivent aucun courrier trop alarmant de l'école, ils ne me disent plus rien.
Ils rirent à nouveau en s'engouffrant dans l'atmosphère agréablement surchauffée des Trois Balais, s'attirant quelques regards de la clientèle.
- Je vais commander ! S'exclama Cornedrue en s'avançant vers le comptoir. Trouvez une table !
Les yeux de Sirius survolèrent rapidement la salle en quête d'une table libre. Le pub commençait à être bondé à cette heure-ci, tous les élèves étant sortis venant finir leur journée ici. Il croisa soudain un regard gris perçant familier et vit Jonathan Float le dévisager d'un air impassible. Il se sentit se crisper avant même de poser les yeux sur sa voisine. Il avait profité de sa journée jusqu'à maintenant, mais voir que Layos l'ignorerait soigneusement, comme d'ordinaire, promettait de tout gâcher. Quelle ne fut donc pas sa surprise lorsque leurs yeux se rencontrèrent. Les pupilles d'un ambre particulièrement sombre, elle le fixait d'un air malheureux et mécontent. Qu'est-ce que...
- Euh... Sirius ? On ne s'assoit pas à une table ?
En l'entendant, l'interpeller, il réalisa que Juliette McField était toujours accrochée à son bras. Sans qu'il en comprît la raison, il se sentit brusquement mal à l'aise et eut envie de lui demander de le lâcher. Il n'en fit rien, toutefois, et entraîna la cinquième année un peu plus loin sans un mot, s'asseyant de façon à garder les deux Serdaigles dans son champ de vision. Ils l'observèrent encore quelques instants avant de se détourner en se penchant l'un vers l'autre pour discuter. A en juger par leurs mines préoccupées, ils s'étaient surement mis à parler de lui.
Il était déstabilisé. Cela faisait des jours que Layos avait rompu tout contact avec lui mais ce regard... Ses interrogations revenaient à toute vitesse. Elle semblait regretter sa décision, même si elle ne l'avouerait sans doute jamais. Il se demandait à nouveau s'il n'existait pas une solution alternative. Peut-être avait-il accepté la défaite trop rapidement ?
- Voilà ! S'exclama James d'une voix enthousiaste en posant trois bièraubeurres sur la table.
Sirius sursauta et attrapa deux bouteilles pour en tendre une à Juliette sans même y penser. Il n'avait plus du tout envie de jouer le jeu et il aurait voulu pouvoir discuter seul avec son meilleur ami.
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- Tu ne me demandes pas qui c'est ?
Jonathan arborait un visage plutôt neutre, comme à chaque fois qu'il ne savait pas encore quoi penser d'une nouvelle situation. Son amie haussa les épaules et but une gorgée de chocolat chaud pour éviter de répondre. Il allait le lui dire, de toute façon. Elle se sentait terriblement lasse et aurait bien laissé sa mauvaise humeur s'exprimer, mais John n'était en aucun cas responsable et elle n'avait pas envie de se mettre son seul ami à dos en ce moment précis. Comme elle s'y attendait, il lui fournit la réponse à sa propre question.
- Il s'agit de Juliette McField, une Serdaigle en cinquième année. Plutôt solitaire mais pas très farouche, brillante, drôle et plutôt gentille. Célibataire.
Lutha grinça des dents. Elle ne voyait pas comment la journée aurait pu s'achever de façon plus désagréable.
- Et que veux-tu que j'y fasse ? Ce ne sont pas mes affaires.
- Je t'en informe, c'est tout.
Elle releva les yeux vers lui. Il l'observait avec attention, curieux. Elle se demandait parfois s'il essayait vraiment de l'aider ou s'il ne faisait que l'étudier comme les autres. Elle se leva brusquement. Elle avait envie de se rouler en boule sous sa couette pour dormir.
- Rentrons au château. Je suis fatiguée.
Il soupira discrètement avant de se lever à son tour.
- Je vais payer. Tu m'attends dehors ?
Elle hocha la tête en s'éloignant, ne tenant pas à rester plus longtemps ici.
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James en était encore à se demander ce qui avait provoqué le brusque changement d'humeur de son meilleur ami lorsque Lutha Layos passa à côté de leur table sans leur accorder la moindre attention. Dès qu'elle eut franchi la porte, ils virent Jonathan Float se diriger vers eux.
- Potter, McField, Black, les salua-t-il d'une voix plutôt froide.
L'attrapeur n'en aurait pas juré, mais il eut l'impression de sentir un soupçon de reproche dans le dernier mot qu'il avait prononcé. Il fixait d'ailleurs le batteur de Gryffondor intensément.
- On dirait que ce que tu as entrepris dont nous avons parlé au nouvel an vire à l'échec, Black. Dommage que tu ne t'en sortes pas, tout seul. Et ça ne va pas t'aider à garder une bonne opinion.
Il avait incliné la tête très légèrement pour désigner la jeune Serdaigle. Celle-ci fronça les sourcils et James se sentit mal à l'aise pour elle. Elle aurait sans doute préféré continuer de se promener seule dans le village, au vu de la situation actuelle. Sirius l'ignorait complètement, à présent, alors qu'il n'avait pas hésité à se montrer charmeur jusque là.
Sans un mot de plus, le grand blond fila au comptoir régler les consommations et sortit du bar. Un silence gêné s'installa quelques instants. Sirius continuait de regarder la porte d'un air absent, comme déconnecté.
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Juliette finit par se racler la gorge, extrêmement mal à l'aise. Elle se sentait idiote, à présent. Lorsque les deux garçons l'avaient interpellée le midi, elle s'était dit qu'il n'y avait pas de mal à profiter de leur compagnie. Ils s'étaient avérés être drôles et très distrayants, et elle n'avait pu s'empêcher de se laisser séduire par le sourire en coin et l'air charmant de Sirius Black. D'autant plus qu'il lui avait accordé toute son attention, lui témoignant clairement un intérêt, qui, si elle se doutait qu'il n'avait rien de profond, n'était pas désagréable. Et maintenant ? C'était comme si elle n'était même plus là. Elle se sentait agacée et déçue de s'être laissée prendre au jeu comme la plupart des filles. Par dessus le marché, elle se sentait humiliée par son désintérêt soudain alors qu'il n'avait rien obtenu d'elle. Elle n'avait été qu'une distraction, un moyen de se changer les idées, pour lui et c'était rabaissant. Elle se redressa, peu désireuse de s'attarder.
- Bon. Et bien... c'était très sympa de votre part, mais... je vais devoir rentrer, des amis m'attendent au château. Je... Merci pour la proposition pour les étoiles, au fait, Sirius, mais je pense que je vais passer.
L'attrapeur lui sourit aimablement et son ami agita vaguement la main, comme si cela lui importait peu, ajoutant encore un peu à son sentiment d'humiliation.
- C'était très sympa de faire ta connaissance ! A une prochaine fois ! Lança James.
- A plus, marmonna Sirius.
Elle partit et s'empressa de quitter le bar, les joues rouges.
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James poussa un long soupir en voyant la jolie Serdaigle quitter les Trois Balais d'un pas précipité. Sirius était toujours l'air perdu dans ses pensées.
- Tu aurais pu être un peu plus cool avec elle.
Son meilleur ami pivota vers lui, surpris.
- Comment ça ?
- On a bien discuté. Elle était plutôt sympa.
- Et alors ?
- Tu réalises que tu l'as draguée ouvertement, tout de même ? Ou c'est une habitude ?
Le jeune homme haussa les épaules. Oui, c'était quasiment par réflexe qu'il avait flirté avec Juliette, bien qu'il eût sans doute à un moment donné véritablement envisagé de l'ajouter à sa liste de conquêtes. Ce n'était toutefois pas son sujet de préoccupation principal à l'heure actuelle et il se demandait comment James pouvait vouloir lui parler de cela. Bien qu'il n'appréciât pas de faire une fois de plus le parallèle, qu'il trouvait mal adapté, il songea soudain que son ami était sans doute aussi imperméable à son obsession qu'il l'avait été pour la sienne envers Lily.
- C'est important pour moi.
Même s'il n'avait pas précisé ce dont il parlait, Cornedrue comprit instantanément ce dont il s'agissait. A sa grande surprise, il esquissa un sourire amusé un peu désabusé.
- Alors qu'est-ce que tu vas faire ?
- Je n'en sais rien. Honnêtement, je suis coincé, et même si je peux bien le vivre, ça reste un échec, comme...
- Comme pour ton frère ?
Il hocha la tête. Il avait pourtant l'impression que c'était encore au-delà de ce qu'il avait ressenti lors de sa "rupture" avec Regulus. Peut-être était-ce l'accumulation de deux échecs cuisants.
- Je vais y réfléchir, mais je crois que j'ai baissé les bras trop vite.
Il se leva d'un air décidé pour aller payer et surprit le sourire de son ami. Celui-ci se leva à son tour et le suivit.
- C'est quoi ce sourire ?
- Oh, rien, je suis content de retrouver Sirius. Il m'avait manqué.
Ils échangèrent un regard amusé.
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- Tu n'as envie de rien d'autre ?
- Non.
- C'est vexant, tu sais ? Je veux bien admettre qu'il est sûrement plus qualifié que moi pour ça, mais que tu préfères raconter tes malheurs à Zephyr dans une lettre pour qu'il puisse te consoler dans deux semaines alors que moi, je suis là... comment dois-je le prendre ? Ricana Jonathan en observant sa meilleure amie emmitouflée dans sa robe de chambre violette devant la cheminée.
- Prends-le comme tu le sens. Es-tu seulement capable de te vexer pour de vrai ? Sourit-elle, amusée.
- Non, sans doute pas. Le commun des mortels ne m'affecte pas.
Elle haussa un sourcil.
- Je prends ça pour un défi, Ô ta sérénissime.
Il rit à nouveau et haussa les épaules avant de lui faire digne et de s'éloigner. Il avait un rendez-vous d'orientation avec Flitwick, qu'il lui avait lui-même demandé quelques jours plus tôt.
Il s'y rendit donc et discuta pendant de longues minutes avec l'enseignant de ses différentes options et de ce qu'il envisageait et comment le réaliser. Il souhaitait grandement promouvoir la psychologie dans le monde magique, bien que, discipline moldue, elle risquât d'être difficilement reconnue. Le professeur de sortilèges lui conseilla de partir sur des études de médicomagie et de réaliser un mémoire sur ses travaux, insistant sur les sorts de détente et d'apaisement, les potions de sommeil et autres artifices que l'on utilisait à l'instar de la psychiatrie et la psychologie chez les moldus. Plutôt satisfait de cette conversation, même s'il allait devoir rattraper une année d'ASPICs en potions s'il suivait effectivement cette voie, Jonathan repartit en sifflotant, s'offrant le luxe d'un petit détour pour profiter de la vue des différents côtés du château.
Alors qu'il reprenait enfin la direction de la tour des Serdaigles, il se sentit soudain happé et se retrouva debout dans le noir en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Perplexe, il alluma sa baguette d'un murmure pour éclairer celui qui l'avait attiré sans ce placard à balais. Non pas qu'il trouvât désagréable de se retrouver ainsi enlevé, mais il préférait connaître les règles du jeu avant d'abattre ses cartes. Il ne put contenir son sourire en découvrant le visage de son "agresseur".
- Allons bon, que me vaut ce plaisir ?
- Je...
Le sourire de Jonathan s'élargit. Il savait à présent exactement pourquoi il était ici et ce qu'il allait lui demander.
- Je... J'ai besoin...
- Allez, Black, crache le morceau.
Le Gryffondor inspira longuement. Il devait sans doute trouver difficile à avaler de devoir s'abaisser à ça.
- J'ai besoin de ton aide, Float. Je ne m'en sors par tout seul et je refuse d'en rester là.
Le grand blond se frotta la barbe en s'asseyant confortablement sur un seau derrière lui. Il risquait d'en avoir pour un petit moment.
- Que veux-tu que j'y fasse, Black ? C'est ton problème, tout ça.
L'autre le regarda en plissant les yeux. Il essayait probablement de savoir ce qu'il pensait, mais John n'en laissait rien paraître. Il voulait voir jusqu'où il irait par lui-même.
- Allez, Float, ne me fais pas croire que tu ne te sens pas concerné. Au nouvel an, tu as largement sous-entendu que tu souhaitais voir le masque de Layos tomber. Et avant-hier, tu insistes su le fait que je n'y arrive pas tout seul ? Tu poursuis le même objectif que moi, à la différence que toi, tu es son ami et tu connais ses secrets. Des choses qui pourraient m'aider.
Jonathan haussa les épaules en gardant un air neutre et poli.
- C'est votre faute si elle est au courant de votre petit secret et tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même de ne plus pouvoir continuer ton... "travail". Je ne trahirais jamais la confiance de Lutha en te révélant quoique ce soit à son sujet.
Il vit les sourcils du sang-pur se froncer et sa bouche se tordre en une moue mécontente.
- Je ne m'arrêterai pas là, Float ! Que tu m'aides ou non parce que tu as la trouille, je vais découvrir ce qu'il en est et finir ce que j'ai commencé.
Le Serdaigle esquissa un sourire faussement impressionné. Énerver Black était un jeu d'enfant, comparé à Lutha.
- Et par quels brillants moyens comptes-tu t'y prendre ?
- Je trouverai ! Il y a des tonnes d'autres moyens !
Il avait parfaitement perçu l'irritation un peu désespérée dans la voix de son interlocuteur, aussi jugea-t-il l'instant opportun pour réellement intervenir.
- Ecoute-moi bien, Black, parce que ça m'arrangerait que tu réussisses. Toutefois j'ai la confiance de Lutha et j'y tiens, donc tu devras te débrouiller tout seul. Tout ce que je peux te dire, c'est que si tu observes bien et que tu continues de chercher ce qui est caché, tu finiras sans doute par obtenir un résultat. Mais je m'arrangerais pour ne pas qu'elle s'en rende compte si j'étais toi, parce qu'elle n'est pas du genre à ne pas exécuter une menace.
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Sirius dévisagea Float avec perplexité. Il ne comprenait pas du tout quelles étaient ses intentions ou ses motivations, et chaque fois qu'il ouvrait la bouche, il se sentait déconcerté par ce qu'il disait.
- J'aimerais comprendre quel jeu tu joues.
Le jeune homme haussa les épaules en souriant, et le Gryffondor sentit que ce sourire serait le seul sourire complètement sincère qu'il obtiendrait jamais de sa part.
- Tout comme Potter pour toi, je serais prêt à beaucoup pour pouvoir aider une amie. La seule qui se montre à la hauteur.
Il hésita à poser une autre question mais songea que Float risquait de l'embrouiller plus qu'autre chose. Celui-ci se leva, époussetant le devant de sa robe.
- C'est bon, tu n'as plus besoin de moi ?
Sirius hocha négativement la tête, tout à ses réflexions.
- Tant mieux, parce que maintenant, je dois prendre une douche avant de la retrouver.
Sans lui laisser le temps de l'interroger sur cette dernière réflexion ou de lui dire quoique ce fût d'autre, il sortit du placard et s'éloigna dans le couloir d'un pas paisible en sifflotant. Le Gryffondor resta quelques minutes immobile, hésitant. Il se demandait bien ce que Float avait derrière la tête et ne savait pas vraiment comment s'y prendre pour découvrir le secret de Layos. Il devait demander aux autres maraudeurs ce qu'ils en pensaient. Ce fut donc avec cette idée en tête qu'il retourna dans son dortoir.
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- Attends, attends, laisse-moi résumer : tu ne viens pas à la soirée de Slug ce soir...
- Oui, mais...
- ...parce que tu aides Sirius...
- Tout à fait, et...
- ...à suivre et à espionner une fille...
- Euh... dit comme ça...
- ...et tu veux mon approbation ?
James hésita une seconde avant de hocher la tête. Les fins sourcils roux de Lily s'arquèrent encore plus sur son joli front couleur pêche.
- Vous ne croyez pas que cette histoire a assez duré ?
Le jeune homme secoua la tête.
- C'est important pour Sirius.
La jolie rouquine poussa un long soupir.
- Je ne pensais pas rester tard, de toute façon. Vas-y.
Il la remercia en déposant un baiser sur son petit nez, qu'elle fronça admirablement. Il rejoignit son meilleur ami qui l'attendait devant le portrait de la Grosse Dame.
- On y va ?
- C'est parti.
Ils sortirent et se recouvrirent de la cape dès qu'ils furent dans le couloir. Le couvre-feu n'était pas loin. A l'aide de Matt Hardwis, un septième année de Serdaigle qui leur devait un service, ils allaient s'introduire une fois de plus dans la tour de ceux-ci et comptaient bien fouiller les affaires de la petite Grecque.
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- Miss Layos ! Monsieur Float ! Entrez, entrez !
Souriant, les deux amis se glissèrent dans le bureau de Slughorn à l'invitation de ce dernier. Il leur serra la main avec chaleur et regarda Lutha d'un œil pétillant.
- Ma chère Lutha, j'ai déniché un ouvrage qui devrait beaucoup vous intéresser. Tenez, gardez-le le temps que vous voulez, je suis sûr qu'il va vous plaire.
La jeune fille saisit le livre qu'il lui tendait et jeta un coup d'œil au titre. Les plus héroïques des combats entre chats-garous et sorciers, par Kleon Solefios, déchiffra-t-elle. Jonathan se pencha pour observer le titre et haussa les sourcils avec perplexité. Elle réalisa que le livre était en Grec. Elle n'avait même pas fait attention, habituée à le lire.
- Merci, monsieur, je pense que je devrais y trouver des anecdotes très utiles, remercia-t-elle poliment l'enseignant.
Celui-ci lui fit un clin d'œil amical avant de retourner vers l'entrée pour accueillir Lily Evans avec chaleur. Les deux Serdaigles échangèrent un regard curieux. La jeune fille était seule, sans son petit ami, et, par extension, sans le meilleur ami dudit petit ami. Pourtant, Potter et Black ne manquaient jamais une soirée du club, en profitant toujours pour amuser la galerie. Lutha haussa un sourcil en observant John. Celui-ci leva les bras vers le ciel.
- Je n'en sais pas plus que toi. J'avoue que je suis curieux de savoir ce qu'ils font aussi, mais je doute que ça nous concerne, même si je suppose que ça satisferait une part de toi si c'était le cas.
Elle lui tira la langue avant de filer vers le buffet.
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- Je ne pensais pas que la salle commune serait si peuplée le soir, chuchota James à l'intention de son meilleur ami.
Ce dernier se mordit la lèvre, ennuyé. Ils allaient devoir passer au plan B et ils n'aimaient pas faire les choses dans l'urgence. Ils échangèrent un regard sous la cape et Sirius pointa sa baguette sur le feu tandis que l'attrapeur visait les fenêtres. Aussitôt, les flammes devinrent gigantesques et tous les carreau se brisèrent d'un coup, tirant des cris de surprise et de panique à tous les élèves présents. Dans l'affolement général, alors que les préfets se mettaient en avant pour réparer les dégâts, ils coururent vers le dortoir des filles et James leva vivement sa baguette en lui appliquant un mouvement du poignet. Son ami se retrouva pendu par la cheville au milieu des escaliers du dortoir. Il se tortilla et parvint à s'accrocher au bord du mur en haut. Aussitôt, il sentit le contre-sort faire effet et chuta. Tirant avec force sur ses bras, il se propulsa sur le palier avec un soupir de soulagement, essoufflé. Sans perdre de temps, il lança à son tour un levicorpus à James afin que celui-ci pût le rejoindre. Quelques secondes plus tard, alors que le calme revenait progressivement dans la salle commune et qu'un préfet interpellait d'une voix sévère et interrogative l'assemblée de Serdaigles, les deux Gryffondors se faufilèrent jusqu'au dortoir des septièmes années, prenant soin de remettre la cape au cas où il serait occupé.
Il était vide. Une fois à l'intérieur, ils jetèrent des regards circulaires, cherchant à identifier quel lit était celui de Layos. Ils délaissèrent celui autour duquel les affaires étaient impeccablement liées et rangées. Ils avaient depuis longtemps compris que ce n'était pas vraiment le genre de la petite Grecque. Ils n'accordèrent pas non plus d'attention à celui à côté duquel une coiffeuse et un large miroir se dressaient, entourés de lotions pour les cheveux. Chacun se dirigea vers l'un des deux lits restants et Sirius se détourna vite, ayant trouvé une photo de la fille avec qui Layos traînait quelques fois, la fameuse Lucy.
Ils se concentrèrent donc sur le dernier lit, au pied duquel était ouverte une impressionnante malle encore plus mal rangée que celle de Peter, et, pourtant, l'exploit était dur à accomplir. Ils retournèrent l'oreiller et la couette, dévoilant un pyjama large et informe illustré de la jaquette d'un disque des Rolling Stones. Sirius sourit d'un air incrédule. Il voyait mal la jeune fille écouter le même genre de musique que lui. Ne trouvant rien caché sous les draps, James se mit à farfouiller dans la malle tandis que son ami s'attaquait à la table de chevet, dont le tiroir était verrouillé magiquement. Il s'échina pour briser le sort et finit par y parvenir au bout de dix minutes d'essais infructueux. Un sourire de triomphe éclaira son visage en voyant la pile de lettres qui s'y trouvaient. Avide, il saisit la première et la porta devant lui. Son sourire se figea et il arbora une mine des plus déconfites. Il n'avait pas pensé à ce détail. Sa correspondance venait de Grèce et elle était Grecque. Ce qui était écrit sur cette feuille était illisible pour lui. Non seulement c'était une langue inconnue, mais même les lettres lui paraissaient étranges. Frustré, il en fit tout de même des doubles au moyen d'un sortilège de duplication, au cas où, puis il les reposa dans le tiroir.
Il sortit ensuite un petit cadre à photo qui était couché sous les lettres. Le retournant, il ne put retenir une petite moue attendrie. Il s'agissait d'une photo de deux enfants en train de lire. C'était une photo animée, comme chez les sorciers, mais quelque chose clochait. C'était comme si les personnages étaient englués et tous les mouvements étaient ralentis. Il se demanda si le sortilège qui avait donné vie à la photo était défaillant avant de se concentrer sur l'image. De toute évidence, la fillette n'était autre que Layos. Elle devait avoir cinq ans et arborait déjà les longues boucles blanches qu'elle avait en début d'année. Elle portait un short et un débardeur violet et il écarquilla les yeux en repérant un couteau de belle taille à sa ceinture. Quels parents pouvaient laisser une telle arme à une enfant ? Son regard passa sur l'autre enfant. Un peu plus âgé, il ressemblait beaucoup à Layos par certains aspects. Ses cheveux étaient également d'un blanc éclatant, quoique raides, et ses yeux étaient d'un ambre très similaire à celui des yeux de la petite Serdaigle. Il se demanda si c'était son frère. Un vague souvenir à propos d'un frère remonta dans sa mémoire, lors de leur rencontre le jour de la rentrée. Elle avait donné à Remus un message à transmettre à Lily, mais il ne se rappelait plus de quoi il s'agissait. En revanche, il nota mentalement de penser à interroger la rouquine à ce propos.
Un sifflement impressionné de James lui fit relever la tête. Celui-ci lui montra ce qu'il avait trouvé dans un sac plastique sur un bord de la valise. La jeune fille possédait une réserve de chocolat impressionnante. Elle valait très probablement celle du loup-garou. Mal à l'aise rien qu'en regardant l'aliment qui lui procurait cette horrible sensation d'étouffement, Sirius se rappela qu'elle l'avait déjà utilisé contre lui.
Abandonnant le tiroir, qui, de toute évidence, ne contenait rien d'autre d'intéressant, il rejoignit son ami et s'accroupit de l'autre côté de la malle pour fouiller à son tour. Hormis les dizaines de livres qu'elle contenait, il n'y avait pas grand-chose d'autre que les vêtements. Ceux si se résumaient à des pantalons, des chemises d'uniforme, des T-shirts informes qu'elle portait probablement le week-end, d'épais pullovers, des sous-vêtements violets sobres, la robe qu'elle portait au nouvel an, ainsi que deux tenues similaires à celle qu'elle avait lorsqu'il l'avait vue quand elle rentrait de Grèce.
- Tu as remarqué qu'il n'y a pas une seule jupe d'uniforme ? Ça explique pourquoi elle n'ouvre jamais sa robe de sorcier en cours, si elle ne porte que des pantalons, constata James à voix basse.
Sirius hocha vaguement la tête. Ses mains retournaient machinalement les vêtements tandis que ses pensées restaient fixées sur les lettres et la photo du tiroir. Soudain, ses doigts se refermèrent sur un objet étrange. Il le tira de la malle et l'examina attentivement. C'était une sorte de petite boîte reliée à des fils. De toute évidence, c'était une technologie moldue assez récente. Il n'en avait toutefois jamais vu de semblable, alors qu'il épluchait pourtant les magazines moldus et n'hésitait pas à rentrer dans les boutiques. Il se demandait bien ce que ce pouvait être. Il décida de l'emporter, quitte à devoir revenir le rapporter plus tard. Après tout, il l'avait trouvé au fond de la valise. Elle ne se rendrait sans doute pas compte de sa disparition. Ils fouillèrent encore quelques minutes avant de commencer à se dire qu'il n'y avait plus rien à trouver. La partie la plus instructive sur elle était probablement contenue dans le tas de lettres de sa table de chevet, mais ni l'un ni l'autre ne pouvait les déchiffrer. Ils se relevèrent donc et firent une dernière constatation. Après avoir passé plus d'une heure dans les affaires de la petite Serdaigles, ils étaient couverts de longs poils noirs de chat. Toutefois, il n'y avait aucune trace du félin dans la pièce à l'heure actuelle.
- Je te propose que nous rentrions, maintenant. D'autant que je n'ai pas envie de tomber sur elle, vu sa menace, suggéra James en ressortant la cape de sa poche.
Sirius hocha la tête et ils s'en recouvrirent soigneusement. L'arrivée dans la salle commune allait s'avérer des plus ardues. Ils ne pouvaient guère user du même stratagème qu'à la montée et seraient donc forcés de se laisser glisser sur le toboggan que formeraient les marches à l'instant même où l'un d'entre eux poserait le pied sur l'escalier. la difficulté résidait dans le fait de rester parfaitement cachés sous la cape lors de la glissade. De plus, il fallait compter sur le hasard pour espérer qu'aucune fille n'eût l'idée de monter se coucher au moment où ils dévaleraient la pente. Enfin, ils devraient rapidement s'éloigner car l'escalier se transformant ainsi sans raison ne manquerait pas d'attirer l'attention de quelques élèves présents. Décidément, il était injuste que les filles puissent accéder à leurs dortoirs tandis que l'inverse n'était pas vrai.
Ils parvinrent toutefois à sortir sans se faire remarquer et prirent le chemin du retour. Ils firent tout de même un détour par la bibliothèque, Sirius voulant voir si un dictionnaire de Grec se trouvait parmi les nombreux livres de Poudlard. Il n'en trouva pas, sans grande surprise. La Grèce n'était pas un pays très présent dans la culture magique. Il en commanderait un dès la première heure, le lendemain. Il comptait bien apprendre ce que contenaient les lettres et qui était le correspondant si régulier de la petite Serdaigle, puisque, de toute évidence, il s'agissait toujours de la même personne.
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Jonathan poussa un énorme bâillement, que son amie reproduisit aussitôt sas le vouloir.
- Et bien c'était plutôt amusant, ce soir, non ?
Elle hocha la tête, trop fatiguée pour répondre. Il lui sourit et ils se séparèrent sans un mot pour gagner leurs dortoirs respectifs. Malgré son pas léger, Lutha ne pouvait s'empêcher de traîner les pieds dans l'escalier tant elle était fatiguée. La veille, elle avait passé la nuit dans le dortoir des Gryffondors sous la forme de "Noisette", observant douloureusement Black dormir. Plus elle s'efforçait de rester détachée sous forme humaine, plus elle ressentait le besoin de compenser en allant le voir sous forme féline. Il la câlinait alors avec affection, son aversion pour les chats étant depuis longtemps oubliée avec elle. Elle avait même failli renoncer à sa douche matinale pour garder un peu son odeur, mais elle ne souhaitait pas laisser à John le loisir de deviner la raison de ce geste.
Perdue dans ses pensées, elle entra dans son dortoir. Les autres filles dormaient déjà. En approchant de son lit, elle réalisa immédiatement que quelque chose clochait. Sa couette n'était pas dans la même position que ce matin, et certains vêtements qu'elle avait mis à la surface de sa malle le matin n'étaient plus visibles. Comme un réflexe, elle se pencha et huma longuement ses affaires. Elle reconnut sans peine les deux odeurs et la panique fit tambouriner son cœur contre sa poitrine. Elle se précipita vers sa table de chevet. Le tiroir était parfaitement verrouillé, mais elle ne s'y fia pas. Annulant le sort, elle l'ouvrit et une bouffée d'odeur masculine lui effleura les narines. Elle vacilla légèrement, les pensées troublées.
Que devait-elle faire ? Était-ce une violation du marché qu'elle l'avait forcé à passer avec elle ? Oui, sans doute, mais elle était censée ignorer que ça s'était produit. Elle ferma les yeux. Il n'avait pas abandonné. Il continuait à s'entêter et à se concentrer sur elle. La vision qu'elle gardait en mémoire de lui et la jeune Serdaigle blonde à son bras aux Trois Balais se dissipa dans un coin de sa mémoire tandis qu'une chaleur horriblement agréable envahissait sa poitrine. Elle attrapa son pyjama et le serra contre elle, reniflant malgré elle l'odeur qui s'en dégageait. Sans doute pouvait-elle passer outre cette fois-là. Il serait toujours temps de mettre sa menace à exécution plus tard si cela s'avérait nécessaire. Oui, après tout, ce n'était pas grand-chose, tenta-t-elle de se convaincre.
Elle se changea et se glissa avec délice sous la chaleur de sa couette, ne pouvant s'empêcher de retenir son sourire, à présent. Elle avait toujours considéré l'obstination bête et méchante comme un trait stupide, mais aujourd'hui, elle était bien contente que Black soit affublé de ce stupide trait de caractère.
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AAAAAAAAAAH ! Deux mois ! C'est terrible ! Je me force donc à écrire les réponses aux reviews pour ne pas vous faire poireauter 2 jours de plus, bien qu'il soit déjà quasiment 4h du mat ^^.
Je ne m'excuserai pas une fois de plus pour le retard, hein, tout est là-haut.
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Erza Robin - Pourquoi elle a fait ça ? Et bien parce qu'elle est ***, je dirais :D. Mais c'était dans l'ordre logique des choses vu le personnage ^^. J'espère que ce chapitre t'aura plu. A la prochaine :)
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Dedellia - Je te pardonne pour cette fois, dans ma grande mansuétude. Je suis contente que le chapitre t'ait plu, et j'adore aussi le mot "délecter". Non, aucun de ces prénoms n'est le bon ^^. Un indice, j'ai en commun avec Lutha la première et la dernière lettre. Pour ce qui est de la suite, bah tu verras bien, ce serait pas drôle si je racontais ce qui va se passer, mais c'est sûr que, sans interaction, y a plus d'histoire ^^. Bref, j'espère que ce chapitre t'aura plu aussi, c'est un peu un chapitre de transition. Je t'attends pour le prochain avec une review :p
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Karo 1215 - Je suis contente que tu ne résiste pas, et oui, ça m'aide :D (même si là avec le travail bah au final ça a pas trop accéléré l'écriture ^^"). Moi aussi j'ai envie de frapper Lutha mais c'est parce qu'on s'identifie bien à Sirius. Cela dit, les raisons de la demoiselle sont parfaitement compréhensibles xD. J'espère que ça t'aura autant plu que les précédents. A bientôt ;)
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MMSSR - Ha ha, oui, pour ce qui est d'être chiante, c'est clairement la partie de Lutha que j'ai inspiré de moi. Mais c'est vrai que c'est plus drôle comme ça (c'est ce que j'essaye de dire à mes amis lorsqu'ils trouvent que je suis insupportable -"). Très bonne analyse pour la réaction de Sirius ;). Pas vu venir ? Alors ça ça me fait plaisir ^^. Créer l'effet de surprise chez le lecteur est toujours marrant pour un auteur :D. A la prochaine ? ^^
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betouni - déguster chaque mot ?! A ce point ? Waouh, ça ça fait plaisir :D. Non, au final j'ai bien fait de ne pas me pendre et je me suis bien rattrapée ailleurs. pas de risque pour que les études me détruisent, elles sont bien trop passionnantes ^^. Au prochain chapitre ;D
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Stilandra Black - Chalut ! Une nouvelle lectrice ?! Coooool ! Oui, c'est aussi la première fois que j'aborde le personnage de Sirius sous cet angle et c'est vraiment agréable à écrire. Un nouveau Sirius un peu plus mature que celui qu'on imagine et pourtant so stupid ! :D Je ne répondrai pas aux questions sur Jonathan, parce que c'est mon chouchou inspiré de tous mes meilleurs amis (tu auras peut-être le loisir d'avoir des réponses avant la fin - en général j'aime bien ne pas laisser mes lectrices dans le flou, mais bon faudra être patiente :p). Les conversations entre Lutha et John sont le sel de mal vie, même si ce chapitre en manquait, je me rattraperai au prochain, promis ! Pour James, ça dépend de mon inspiration, donc je promets pas d'en faire plus. C'est vrai que je l'aime bien :). Non, je ne te spoilerai pas, mais je te dirai simplement que j'aime être fidèle l'oeuvre de la grande, l'unique, l'inimitable JKR donc cela ne devrait pas influer sur la suite. A toi de supposer ce que ça peut donner en attendant la fin de l'histoire (non non, je suis pas sadique, je le jure). j'espère que ce nouveau chapitre t'aura plu et au plaisir de relire une review de toi :D
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CrappyFruit - Primo... j'adore ce pseudo, comme il sonne à l'oral, ça me fait rire ^^. Contente que ma fic te plaise :D. Soyons honnêtes, je n'ai pas la répartie de Lutha, pas plus que mes amis, sauf si on me donne dix minutes pour réfléchir à mes répliques (voilà, tu as une idée de comment j'écris xD). mais j'avoue qu'elle est trop cool ^^. Bah tant qu'à écrire une romance, autant s'amuser autour. Pour moi, l'écriture d'une romance HP est indissociable de l'humour et puis le contexte, bah... il faut bien une histoire, sinon ça sert à rien. Merci pour ce compliment, ça me fait plaisir. J'espère que ça va continuer à te plaire :). A plus !
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TheFanne - Bon, on va commencer par une petite liste non exhaustive des fics que tu dois lire, dans ce cas, en mettant en premier la fameuse traduite de l'Espagnol :
Lorsque je te remarquai
Parfois les seraigles aussi sont courageux / Parfois les gryffondors aussi ont peur (attention frustration pas de fin)
Perle grise
Voilà, si tu veux des bonnes fics, à mon humble avis, ce sont les mieux *_*. (et ça ne me gêne pas de faire de la pub, ça te fait de quoi lire entre les publications de chapitre ^^). Mon oreiller me demande en mariage tous les soirs, oui :D. Non, je ne respecte pas mes délais mais j'aime tellement mes études, même si c'est dur et que ça me prend du temps, désolée ^^. Les profs, c'est embêtant s'ils nous plaisent pas, mais l'important c'est la matière :D. Sur ce, à pluche pour le prochain chapitre ? :p
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Pepoune - Bonne année à toi aussi ! C'est quoi ce chapitre ? bah... c'est moi essayant de pas être trop sadique ? (air innocent). Non, les chapitres ont mis longtemps à arriver, en effet, mais le prochain devrait arriver plus vite, normalement. Tant pis si tu n'aimes pas ça, moi, la physique, c'est mon truc :p. Oui, je fais ça dans un but particulier - enseignante-chercheuse en physique subatomique ça me plairait bien ^^. Tu n'es pas la seule à vouloir frapper ma pauvre petite Lutha. J'avoue que je serais Sirius, j'aurais très envie de la gifler. Je ne dis rien pour la suite, tu verras bien par toi-même :D. J'espère que ça t'a plu, celui-là. Tchou !
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Chloris - Etant donné l'heure tardive, je ne répondrai qu'à l'essentiel (ça fera déjà beaucoup)^^
Merci pour ces reviews consistantes et revigorantes, ça me redonnait un moral d'enfer pendant mes révisions :D. Comme d'hab on part de la première, hein :p.
Hm, 15 jours après le dernier chapitre ? Tu étais optimiste ^^. Ma moyenne étant plutôt autour du mois, cela dit, j'essaye de faire de mon mieux, promis xD. Oui, je l'ai lu plusieurs fois aussi et ça reste ma troisième fic préférée :D.
J'en suis aux 2/3 de la fic, oui, en effet. C'est à la fois une approximation et j'ai un plan ^^. En gros, j'ai des scènes et des événements majeurs et je sais grosso modo combien de place ça prend et j'estime la quantité des textes que je rajoute au gré de l'inspiration au milieu. Mais niveau fil conducteur, oui, j'en ai fait 2/3.
John qui ne sait pas quoi dire, c'est vrai que c'est rare, et je me suis beaucoup marrée en écrivant cette scène. Moi aussi j'aime bien cette coupe de Lutha, même si je l'avais pas du tout prévue au début ^^. j'ai quelques images qui me font penser à elle mais elle est surtout dans ma tête et vu que je dessine très très mal, bah elle y reste :D. Et non, je n'ai pas vu les vidéos de Paint. J'ai manqué de temps ces derniers mois ^^.
Poster LE jour où tu regardes pas ? Bah évidemment que j'ai fait exprès ! La fin arrivait peut-être vite mais elle ne pouvait guère être ailleurs ^^. Rogue aux cheveux propres, oui, je sais, c'est étrange :p. Je vois qu'on est en symbiose avec nos oreillers toutes les deux ^^. J'avoue que recopier les notes d'histoire de la magie, je ne le ferais même pas en rêve xD.
Je n'ai pas lu, mais vu Death Note, il y a longtemps et j'avais bien aimé ^^.
Tu recommences avec John ^^. Même si je t'approuve : il est génial, trop cool, trop beau et trop intelligent. Vive lui ! Je vais pas me prosterner, c'était évident qu'il était dans la pièce :p. Sirius est trop classe, j'avoue, je le voix tellement la regarder d'un air médusé avant d'intervenir :D. merci pour le commentaire sur les changements de PdV, ça prouve que j'arrive à faire ce que je veux, même si c'est dur ^^. Teneös... je l'aime bien perso... c'ets un bon méchant, parce qu'il n'est pas "méchant", en fait. Du coup il m'éclate.
Pour les métaphores, John les éclaterait tous les deux et la question est réglée ^^. Oui, le fait de partir en courant, elle en pouvait vraiment plus, parce qu'en temps normal, c'est la dernière chose qu'elle aurait faite. xD
la référence à la mère de Fiona ? Comment oses-tu penser que je pourrais ne pas savoir ?! Honte à toi ! :p
Non, chat trop mignon elle aime pas trop. Sauf quand c'est Zephyr qui le dit, il a le droit de tout lui dire de toute façon, lui. Je me suis pris un gros fou rire en imaginant la chute de Sirius, en effet. Je le voyais dans ma tête super clairement, du coup je l'ai écrit xD.
Oui, Sirius est vraiment dégoûté. Je crois qu'après ça, il a juste envie de l'étrangler.
Et oui, je l'avais déjà écoutée ^^.
200eme ! Bravo ! j'ai réussi à comprendre ta phrase pas claire ^^. Mais là, elle a pris beaucoup d'avance, il va devoir sprinter pour la rattraper ;D. Traîner en pyjama, c'est le bien. Sur ce je vais m'y mettre, moi, et dodooooooooooooo 3 !
A p'luche !
