Chapitre 25 : Tentative d'évasion

« On peut faire quelque chose pour lui »

Cette phrase prononcée par Reno intriguait Rude, son partenaire. Il devait bien avouer que cela ne le surprenait guère. Il fonçait toujours tête baissée, toutefois, le jeune roux affichait un sérieux sans égal.

-Rapproche-toi, chuchotait Reno.

Sans une deuxième sommation, Rude s'exécutait, permettant ainsi à son partenaire de commencer ses explications.

-Il faut que l'on sorte de là et que l'on retrouve Sephiroth au plus vite.

-Il ne sera pas facile d'attirer le garde, lui rappelait Tseng. Comment comptes-tu t'y prendre ?

-En faisant diversion.

-Comment ? Il n'y a rien qui puisse nous servir, ici... soulignait Rude.

-Rude a raison, Reno. Personne n'a jamais réussi à sortir d'ici.

-Tu es trop défaitiste, Tseng, répliquait Reno. Pour ce qui est du garde, j'ai la solution. Rude et toi vous allongerez sur le sol. J'appelle le garde et quand il ouvre la cellule, je l'assomme. Et le tour est joué !

Rude et Tseng se regardèrent, sceptiques. L'idée de Reno leur semblait intéressante mais avait-elle la moindre chance de fonctionner ? Ils doutaient que le soldat, même si ce n'était qu'un simple Deuxième Classe, se fasse aussi facilement piégé.

-On peut toujours essayer, concéda Tseng.

Reno acquiesça et de concert, ses deux amis s'étendirent sur le sol froid alors qu'il se dirigeait vers la porte métallique.

Un cri déchirant le stoppait.

-Ca a déjà commencé...

Ce cri l'avait paralysé de peur. Figé, comme dans l'impossibilité de bouger, son cerveau imaginait les pires scénarios en ne pouvant que deviner la souffrance qu'endurait Sephiroth. Cette pensée suffit cependant à le motiver et l'aider à reprendre son sang-froid.

Avant de mettre son plan à exécution, il tournait une nouvelle fois son regard vers ses alliés et amis, déchiffrant la douleur dans leurs traits.

Il faut qu'on se dépêche de sortir de là, sinon il ne tiendra pas longtemps... songea-t-il en faisant de nouveau face à cette porte qui lui faisait obstacle.

-Je me lance...

Ses mains se posaient sur la porte, sans bruit. Il voulait à tout prix sortir de cette pièce qui le retenait et aller secourir Sephiroth, mais il n'arrivait pas à se détacher de ce cri qui résonnait encore dans sa tête.

-Qu'est-ce que tu fabriques ? chuchotait Tseng.

-Rien, ça va...

Bien sûr, il ne leur dirait pas. Il ne voulait pas les inquiéter mais il semblait que ce soit déjà trop tard.

Tiens bon, Sephiroth... On arrive...

L'image torturée de Sephiroth qu'il se représentait termina de le secouer. Son courage lui était revenu. Enorgueulli, Reno plaquait son visage contre la paroi de sorte que sa voix puisse traverser le métal.

-Hey, soldat !

Il hurlait, encore, encore. Ses poings tapaient contre le solide battant sans qu'il ne s'en rende vraiment compte. C'était un geste plutôt inconscient mais qui, toutefois, provoquait un vacarme assourdissant.

-C'est quoi, ce cirque ?! Qu'est-ce qu'il y a ?

Interpellé par cet appel, le soldat se levait en soupirant, visiblement agacé d'avoir été dérangé dans la lecture d'un épais livre pour suivre la voix.

-Qu'est-ce que tu veux, moustique ?

-Les deux autres sont tombés dans les pommes ! Il y a un serpent dans la cellule ! Aidez-nous !

-Ils ne sont pas morts... rétorquait le soldat, blasé.

-Le serpent non plus n'est pas mort ! braillait Reno.

Le garde resta un moment interdit. Des serpents ? C'était nouveau. Jamais il n'avait été signalé que des serpents rôdaient à l'étage des prisons. Cette question l'intriguait malgré tout et il décida, par curiosité, de vérifier par lui-même.

Saisissant les clefs une fois encore, il insérait l'une d'elle dans la serrure, la faisant tourner d'un habile jeu de doigts. Alors déverrouillée, il l'ouvrit.

Dès le moment où il avait entendu la clanche de la porte s'abaisser, Reno avait fait un pas en arrière. Il était prêt à affronter le soldat.

A mains nues, ça va être autre chose...

Il y penserait plus tard. Pour l'instant, ils devaient s'échapper.

Allez... Du nerf, mec...

Intérieurement, Reno soupirait. La porte s'ouvrait trop lentement à son goût, si bien qu'il fallut quelques secondes supplémentaires avant que le soldat n'entre enfin dans la cellule d'un pas prudent. Comme l'avait fait remarqué le rouquin, les deux hommes avaient bel et bien perdu connaissance, ce qu'il constatait sans mal. Cependant, aucune trace d'un éventuel serpent.

Il s'apprêtait à se redresser lorsqu'un violent coup venait s'abattre derrière la nuque sans qu'il n'ait eu le temps nécessaire pour comprendre ce qui se passait.

Satisfait, Reno esquissait un sourire victorieux lorsque les deux Turks se remettaient sur leurs jambes.

-Tu ne peux pas t'en empêcher, hein ? ironisait Rude.

-D'être fier ? Je le suis depuis toujours ! Tu devrais savoir ça mieux que personne !

-Nous bavarderons plus tard, les coupait Tseng. Sortons de là.