Auteur : kayly silverstorm

Traductrice : Moi

Spoilers : -

Rating : T

Genre(s) : Adventure/Drama

Disclaimers : Tout l'univers de Harry Potter appartient à JK Rowling. L'histoire que vous allez lire appartient à kayly silverstorm. Quant à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.

Bêta : Sophia...Merci Sophie!

Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.

Je rappelle que vous pouvez désormais me trouver sur Facebook sous le nom de Saw Trombone... Si vous voulez discuter de mes fics ou vous tenir au courant de ma vie :D Vous êtes les bienvenus!


- Chapitre 25 -

Une fois de plus, Lily n'arrivait pas à dormir - la maternité était censée faire ça, mais Lily avait toujours pensé que c'était à cause des pleurs de bébés et des biberons au beau milieu de la nuit, pas parce que le désespoir de votre enfant devenait le vôtre et vous rendait complètement folle - et donc elle se retrouva à errer dans les couloirs du Manoir, submergée par de vieux souvenirs et de nouvelles inquiétudes.

À l'aube, elle se dirigea lentement vers la salle du petit-déjeuner, espérant que les elfes aient au moins préparé du café, pour découvrir qu'elle n'était pas la seule à avoir eu cette idée.

Hermione était assise à un bout de la table, une tasse de thé à moitié vide et une assiette vide devant elle, le nez plongé dans un livre. Lily étudia le livre d'un œil critique, mais découvrit à sa plus grande satisfaction que Hermione avait suivi son conseil. Elle lisait 'Le Vent dans les Saules'.

Mais la plus grande surprise l'attendait à l'autre bout de la table.

Draco et Neville. Buvant un café. Et discutant.

Les yeux de Neville se posèrent sur elle avant même qu'elle n'entre complètement dans la pièce, mais dès qu'il fut sûr qu'elle n'était pas une menace, toute son attention retourna à la conversation. Draco releva la tête considérablement plus tard et lui fit un hochement de tête et un sourire, mais lui aussi, était concentré sur leur conversation et donc Lily se servit une tasse de café et une assiette de toasts et d'œufs brouillés avant de rejoindre Hermione à l'autre bout de la table, suffisamment près pour entendre la conversation des garçons, mais trop loin pour être intrusive.

"...Je ne peux pas me rappeler d'une époque où nous n'étions pas amis, toi et moi," disait Draco, d'une voix sincère et absolue que lui seul pouvait produire. "On a eu nos difficultés - j'étais sérieusement jaloux de ce truc de Survivant - j'étais un gamin envieux en général, je pense. Mais on est passé outre, puisque tu étais bien trop patient pour ton propre bien, Neville."

Neville gigota un peu, mais contrairement à la veille, il ne semblait pas tendu. Touché, plutôt, absorbé par l'histoire de leur amitié, et sa façon d'écouter semblait étrangement impliquée, comme s'il avait vu tout ça arriver, bien qu'il n'avait pas fait partie de cette histoire.

"Enfin bref," continua Draco, d'une voix plus basse. "Quand tu...quand l'autre Neville est mort, j'ai juste... Sirius a ramené son corps, là-bas, au beau milieu de l'arène du tournoi, et il pleurait tellement... Sirius pleurait, je veux dire...je ne l'avais même jamais vu ne pas rire, et il était là, le serrant contre lui, pleurant toutes les larmes de son corps..."

"Oui," dit Neville, tout aussi doucement, d'une voix douloureusement rauque. "Je sais."

Et étrangement, il savait, et Lily se demanda comment cette scène s'était déroulée dans leur dimension. Qui avait été tué, cette nuit-là. Qui avait pleuré toutes les larmes de son corps.

"Ça a changé les choses," dit Draco. "Ça m'a fait voir des choses. Tu me manquais... il me manquait...terriblement, mais j'ai aussi commencé à comprendre à quel point j'étais chanceux, d'être en sécurité, d'être aimé. D'avoir Neville. Très peu de gens ont de tels amis."

Il sourit à Neville, et sans lui demander, remplit à nouveau sa tasse de café. Ils semblaient presque trop proches, considérant qu'ils ne s'étaient rencontrés que la veille et que leur relation avait commencé plutôt violemment.

"Ça fait des heures qu'ils discutent," commenta Hermione à voix basse, sans même relever la tête de son livre. Lily ne fut pas surprise. Hermione ne manquait jamais grand chose. "Je crois qu'ils n'ont pas dormi de la nuit."

"Et toi?" lui demanda Lily, et bien que Hermione ne lui sourit pas, le regard qu'elle lui lança ne fut pas non plus entièrement négatif.

"Après que je me sois occupée de l'épave émotionnelle qu'était Harry, oui, j'ai dormi."

"Comment va-t-il?"

Comme elle l'avait fait la veille dans la bibliothèque, Hermione soutint le regard de Lily pendant un long moment, empli de tension, comme si c'était une fois de plus un test surprise.

Trop tard, Lily réalisa qu'elle venait de demander à la personne la plus privée et protectrice qu'elle avait jamais rencontré (et elle était mariée à Remus!) des informations sur l'esprit de son meilleur ami. Il y a une semaine, Hermione aurait ignoré sa question. Il y a trois jours, elle lui aurait craché une remarque cassante.

Aujourd'hui, elle lui répondit.

"Il est submergé. Et affligé, en colère, et complètement honteux de la façon dont il t'a traité. Il essayera probablement de s'excuser avec une terrible maladresse."

"C'est moi qui devrait lui présenter des excuses," dit doucement Lily.

Il lui avait fallut un long moment de douleur et de rejet et de pure colère pour comprendre ce que Harry lui avait dit et pourquoi il lui l'avait dit. Puis elle avait compris l'implication de ses mots, et la culpabilité qu'elle avait vu dans ses yeux, et elle avait été horrifiée par ce qu'il portait en lui. Ça expliquait beaucoup, vraiment.

"Je n'avais pas l'intention de toucher à une blessure."

Hermione haussa les épaules épaules.

"Chez Harry, il n'y a pas beaucoup d'endroits où tu ne trouveras pas une blessure," dit-elle nonchalamment. "Mais ça n'a pas d'importance. Il aime bien plus le contact qu'il redoute la douleur."

Elle haussa à nouveau les épaules, puis ajouta d'une voix qui indiquait clairement qu'elle ne lui avait pas pardonné l'incident de la grotte:

"Parfois, je pense qu'il se moque complètement de la douleur."

Lily décida d'ignorer ça pour le moment.

"Je n'avais pas réalisé qu'il se sentait coupable de la mort de ses parents," dit-elle à la place.

Hermione renifla.

"Est-ce que tu as rencontré Harry? Il se sent coupable de tout." Elle devint soudainement sérieuse. "Mais la mort de sa mère fut la première, et, à l'exception de celle de Sirius, la seule qu'il n'a jamais vraiment surmonté. Ce n'est pas comme si tu pourrais y faire quoi que ce soit, Lily."

Touchée et surprise par cette gentillesse, Lily hocha la tête et se concentra sur son petit-déjeuner.

Les garçons à l'autre bout de la table étaient devenus silencieux, les écoutant probablement comme elle les avait écouté, mais maintenant que les yeux de Hermione était à nouveau posés sur son livre, ils reprirent le fil de leur conversation facilement.

"Et comment t'es-tu tourné vers la guérison?" demanda Neville, honnêtement intéressé, la tasse de café dans sa main complètement oubliée. "Je trouve que ce n'est pas vraiment un choix de carrière normal pour un Malfoy."

Draco renifla.

"Je suppose que non, en effet," confirma-t-il. "Mais je...j'avais besoin de faire quelque chose d'utile, tu vois? Et je ne voulais pas me battre - je suis un lâche, pour être honnête - tu aurais dû me voir pendant l'entraînement de l'Ordre."

Il rigola, amusé par lui-même, incluant facilement Neville dans son amusement.

"Père est l'un des principaux financeurs de Ste Mangouste, et après la mort de Neville, j'ai commencé à m'y rendre avec lui. Les choses que j'ai vu...tant de vies ont été ruinées par cette guerre, et jamais assez de bras pour aider. Alors voilà pourquoi, je suppose."

"Je sais," répéta à nouveau Neville.

Il s'agita à nouveau, ses mains s'enroulant autour de sa tasse, avant de la remplacer par une serviette. Étendant ses main sur le tissu avec indécision pendant un instant, il reprit la parole d'une voix étrangement rauque.

"Dans ma dimension," dit-il à Draco. "Mes parents ont aussi été attaqués. Mais ils ne sont pas mort."

Lily sentit Hermione se tendre à ses côtés, mais elle n'aurait pas eu besoin de ce signal pour comprendre l'importance de ce moment. Le visage de Neville lui l'indiquait bien assez clairement.

"Ils ont été torturé par le Sortilège du Doloris jusqu'à ce qu'ils perdent la tête. Ils ont vécu à Ste Mangouste jusqu'à ce que Voldemort attaque et tue tout le monde. Je ne les ai...jamais connu, d'une certaine façon, et ils ne m'ont jamais connu. Mais ça me manque de leur vendre visite. Les petits cadeaux que ma mère me donnaient, alors qu'elle ne savait probablement même pas qui j'étais me manquent énormément. Ils...me manquent."

Sa voix était détachée, calme et ferme, mais son désespoir brillait dans chacun de ses mots.

Draco resta silencieux un moment.

"Mon Neville," dit-il ensuite. "Il... on avait ce truc qu'on faisait, à chaque Halloween. On se rendait sur la tombe de ses parents, enfin, je restai principalement en retrait pour garder un œil sur lui, mais il passait des heures là-bas, à leur raconter tout ce qui lui était arrivé cette année-là. Parfois, on buvait une bièraubeurre à leur mémoire. Ça semblait lui faire du bien."

Il hésita.

"Je pourrais t'y emmener, si tu veux. Je veux dire, peut-être que ce n'est pas ta tasse de thé, mais il a trouvé une paix intérieure comme ça, je pense, donc..."

Neville sourit, et ses mains, toujours étendues sur la table, se détendirent.

"Je ne sais pas si on aura le temps pour ça," répondit-il prudemment. "Mais merci, Draco."

Draco ouvrit la bouche, mais sa réponse fut interrompue par le bruit de portes qui claquèrent et de pieds trépignants dans le couloirs. Sachant ce qui arrivait, Lily leva les yeux au ciel et Draco lui sourit. Puis les portes de la salle furent ouvertes en grand et Sirius apparut, les regardant tous.

"Les cadeaux, tout le monde!" cria-t-il, toujours en pyjama. Il souriait comme un fou, et ses cheveux pointaient dans tous les sens, le faisant paraître encore plus fou. "Lily, Draco, Neville, Hermione, les cadeaux! Venez! C'est Noël!"

Hermione semblait plus qu'un peu sceptique, mais Neville croisa volontairement le regard de Sirius pour la toute première fois, avant de lui faire un large sourire.

"On arrive, Sirius," répondit-il, et les yeux de Sirius s'écarquillèrent sous l'effet de la surprise. "Draco?"

"Absolument," approuva Draco, et ensemble, les trois hommes se précipitèrent hors de la pièce, laissant Lily et Hermione les suivre.

Comme prévu, Lucius et Narcissa les attendaient déjà dans le salon. Lily soupçonnait Narcissa, il y a des années de ça, d'avoir ordonné aux elfes de maison de la prévenir dès que Sirius commencerait à se réveiller, afin qu'il les trouve prêts et présentables dès qu'il ferait irruption dans leur chambre au petit matin. Severus et Remus étaient là aussi, et son ami avait encore les yeux vitreux et une expression endormie au visage, alors que Remus la salua avec un petit sourire privé auquel Lily répondit joyeusement.

Luna dansait autour de la pièce, dans un pyjama couvert de sapins volants, dont les branches tournaient sur elles-même avec une vitesse alarmante.

Seul Harry brillait par son absence.

Le corps de Neville passa de détendu à tendu en moins d'une seconde - un fait qui surprit Draco et fit soupirer Hermione avec irritation.

"Il est dans la cuisine," lui expliqua-t-elle. "À la recherche d'un certain elfe. Je l'ai laissé là-bas il y a une heure environ - il allait parfaitement bien, Neville."

Mais Neville ne fut pas aussi facilement convaincu.

"C'est Noël," dit-il de sa voix calme et ferme. "Il devrait être là."

Hermione soupira à nouveau.

"Rien de ce qu'il veut n'est dans cette pièce, Neville," dit-elle platement. "Il n'y a pas la moindre raison."

"Nous sommes dans cette pièce," la contredit Neville. "Il devrait être là. Je vais le chercher."

Il partit sans un autre mot, Luna sautillant à sa suite.

"C'était quoi tout ça?" demanda Draco dans le soudain silence, pas du tout dérangé par le regard noir que lui lança Hermione.

"En quoi ça te regarde, Malefoy..." Elle commença une phrase qui aurait probablement été aussi mordante que possible, mais ensuite sa bouche se referma, elle fit un pas en arrière et cligna deux fois des paupières.

Confuse, Lily croisa le regard de Severus, qui posa les yeux sur Lucius, Narcissa et Draco, avant de les tourner vers l'autre bout de la pièce.

Et Lily comprit. Pour la première fois depuis son arrivée dans ce monde, Hermione se retrouvaient en présence des Malfoy sans aucun de ses amis présents.

Sans même prendre une décision consciente, elle approcha de Lucius et se plaça directement entre Hermione et lui. Elle vit Severus s'approcher de la fille, si proche que son bras touchait le sien, alors qu'au même moment, la voix douce et calme de Remus résonna dans la soudaine tension.

"Pourquoi ne commencerais-tu pas à ouvrir tes cadeaux, Draco?" proposa-t-il. "Les autres seront de retour dans une minute, mais je pense que nous pouvons commencer sans eux, considérant que c'est Noël, non?"

Les yeux de Draco se posèrent sur Hermione, qui se tenait très, très droite et immobile. Il regarda Remus, puis Lily, et hocha la tête. Il y avait de la tristesse dans ses yeux, une compréhension qui était incomplète et pourtant douloureuse. Pendant un court instant, il ressembla à l'homme qu'il pourrait devenir.

Puis la bonne humeur et l'amusement réapparurent sur son visage, et il commença à exiger ses cadeaux d'une voix juste assez forte pour couvrir la respiration sifflante de Hermione. Lily regarda Narcissa et vit une fierté féroce sur ses traits magnifiques et soigneusement étudiés. Lucius ne montra aucune émotion, mais il s'était renfoncé sur son fauteuil, avait croisé les jambes et entrelacé ses doigts comme pour montrer très clairement qu'il ne se lèverait pas et qu'il n'attraperait pas non plus sa baguette. Venant de Lucius, c'était comme s'il reconnaissait sa culpabilité.

Avec l'aide de Sirius, Draco maintint une atmosphère légère jusqu'à ce que Neville fasse irruption dans la pièce avec Luna et un Harry mécontent sur les talons. Les yeux de Neville se posèrent immédiatement sur Hermione, et il ne put pas dissimuler son soulagement lorsqu'il la trouva calmement assise à côté de Severus.

"Désolé," dit-il à la ronde, mais les mots étaient pour Hermione. "Je n'aurais pas dû partir comme ça."

"Tout vas bien," lui répondit Hermione d'une voix basse, mais Harry, pâle, de grande cernes sous les yeux et regardant partout sauf Lily, passa à côté de Neville avec une expression sombre sur le visage.

"Rien ne va," la contredit-il, boudeur, avant de se jeter par terre dans un des coins de la pièce. "Dobby porte un torchon et est amoureux des Malfoy, je n'aurais pas mon pull, et cet endroit était bien moins flippant après que je l'ai brûlé."

Un silence gêné s'abattit sur la pièce. Narcissa haussa un sourcil.

"Charmant," commenta-t-elle.

Malgré la colère qu'elle éprouvait toujours contre Harry, Hermione se hérissa, se préparant clairement à le défendre. Mais Neville la prit de vitesse.

"Draco m'a dit que j'ai passé la plupart de mes vacances de Noël et d'été ici, Harry," dit-il doucement. "Apparemment, le Manoir était le Terrier de l'autre Neville. Alors c'est comme recevoir un pull. Mais pas pour nous."

Ça n'eut aucun sens pour Lily, ni, à en juger par les expressions confuses qu'elle vit dans la pièce, pour qui que ce soit d'autre. Mais ça eut clairement du sens pour Harry. Ses épaules s'affaissèrent.

"Un Terrier pourri, Neville," dit-il, boudeur, sans relever les yeux. "Il n'y a même pas de goule dans le grenier."

"Mais il y a des portraits de famille," intervint Luna. "Et des elfes de maisons contents. Et des fantômes dans les donjons, mais ce ne sont pas des fantômes récents, Harry."

Harry se ratatina encore plus.

"Allez-y alors," leur ordonna-t-il avec humeur. "Cadeaux et sucreries. Youpi."

Et donc ils y allèrent, alors que Harry observait le sapin, les murs et les personnes présentes d'un œil sinistre. Il refusa d'ouvrir ses cadeaux parce qu'il lui manquait ce mystérieux pull, mais les autres voyageurs ouvrirent les leurs, prudemment, comme s'ils n'étaient pas sûrs que les paquets emballés avec attention n'allaient pas leur exploser au visage.

Ils n'avaient préparé aucun cadeaux et ils ne s'en excusèrent pas, mais ils ne refusèrent pas les objets et l'équipement que Lily et les autres leur avaient acheté non plus, et Lily considéra ça comme une victoire.

Comme mes standards ont changé, songea-t-elle distraitement en regardant Neville essayer le nouveau holster à baguette que Sirius avait choisi pour lui. Une semaine plus tôt, elle aurait été insultée par la réception peu enthousiaste de leurs cadeaux. Aujourd'hui, elle voyait la présence des quatre voyageurs comme quelque chose de formidable.

Mais il y avait tellement qu'elle n'avait pas su, une semaine plus tôt, tellement qu'elle n'avait pas encore compris au sujet des voyageurs et de leur capacité à interagir avec les autres.

Nous devons considérer la limite de chaque patient, lui avait une fois dit un guérisseur, et de ce point de vue, les voyageurs essayaient, s'ouvraient autant que possible, et chaque instant dans cette maison avec eux devaient être un terrible effort.

Une fois de plus, ses yeux les cherchèrent, se posant sur Luna, qui essayait le collier de perles colorées que Remus avait trouvé pour elle; sur Hermione, qui agrippait la grosse paire de chaussettes en laine qu'Albus Dumbledore avait envoyé à chacun d'eux avec une expression étrangement dévastée sur le visage; sur Harry, qui évitait son regard avec une détermination boudeuse; jusqu'à Neville, qui surveillait attentivement ses amis tout en discutant d'herbes médicinales avec Draco.

Elle se rappela de cette première rencontre dans le bureau d'Albus, de la crainte de Hermione vis-à-vis de la situation et de l'énergie nerveuse de Harry, et réalisa qu'ils avaient, en effet, fait un bout de chemin.

Lorsque tous les cadeaux furent déballés et convenablement admirés, Narcissa demanda du chocolat chaud et en distribua à tout le monde (Harry refusa, bien sûr, et Hermione lança une volée de sort de détection pas vraiment subtiles sur le sien).

"En ce qui concerne le bal de ce soir," commença Narcissa, s'adressant aux quatre voyageurs d'une voix distante. "J'ai pris la liberté de vous procurer différentes robes dans vos tailles, puisque je doute que ce soit une part de l'équipement du parfait fugitif. Vous connaissez tous les sorts d'ajustements nécessaires?"

Hermione hocha brusquement la tête.

"Merci, mais ce n'était pas nécessaire," dit-elle sur le même ton. "Nous aurions pu métamorphoser quelque chose."

"Non!" protesta Luna depuis l'autre bout de la table, d'une voix étonnamment forte et déterminée. "Non, non, non, Hermione! Ce soir, je serai une princesse. Et nous danserons, n'est-ce pas, Neville?"

Neville n'avait pas l'air autant emballé que ça par la suggestion, mais ses yeux et sa voix furent chaleureux lorsqu'il répondit.

"Bien sûr, Luna."

Les lèvres de Narcissa tressaillirent.

"Alors je t'enverrai mon elfe de maison personnel, ma chère," offrit-elle. "C'est une excellente coiffeuse."

"Peut-elle me faire une coupe ressemblant à un Nid de Nargoles?" lui demanda très sérieusement Luna. "Avec des ailes et des griffes et des pattes de poulet?"

Narcissa sembla légèrement perturbée par cette image mentale, à en juger par la façon dont son nez se plissa. Mais elle maintint son calme.

"Je suis certaine qu'elle le peut," répondit-elle, tout aussi sérieusement, et elle fut récompensée par l'un de ces lents sourires doux que Lily n'avait que rarement vu et qui transformaient Luna en véritable beauté.

Prudemment, la jeune fille se délivra des emballages, des chaussettes en laine et de Neville, et s'approcha des trois Malfoy. Avec un air de cérémonie, une gravité pas le moins du monde réduite par les sapins volant sur son pyjama, elle étreignit d'abord Draco, puis Narcissa, et après un instant d'hésitation, Lucius.

"Merci," dit-elle solennellement, ses yeux bleus écarquillés et étrangement sages. "Je vous pardonne tout. Vous n'êtes absolument pas horribles, et vos tapis sont vraiment très jolis!"


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