Ce titre est un petit clin d'oeil...
Chapitre 25 : Une nouvelle ère
Le soleil venait de se coucher, laissant place à l'obscurité latente de la nuit. Une journée de plus. Demain est un autre jour.
Mais pour faire quoi, une étape de plus vers le chemin de sa guérison, vers celui de l'oubli. Non, Elizabeth ne voulait pas oublier toute cette horreur qui rythmait son quotidien depuis plusieurs semaines. Oublier signifie accepter. Tolérer l'impensable. Comprendre les actes de cet homme.
Comment peut-on comprendre, aussi malade puisse t-on l'être, qu'une personne ôte la vie à autrui? N'étant pas comme Sarah berçait dans cette logique de soins, Elizabeth ne concevait pas l'idée du pardon, ni même celle de la compréhension. Teyla... est et restera une victime qui avait vu sa vie s'achever d'un seul coup.
La mort arrive toujours trop tôt... On est jamais prêt à partir. Même le malade en phase terminal ne trouve jamais la paix et la pérennité nécessaire pour faire ses adieux. Toujours la même question hante les esprits. Et si j'avais eu plus de temps qu'aurais-je fais?
Et moi?
La mort de Teyla avait amené la dirigeante à dresser une sorte de bilan de sa vie pour savoir si elle avait déjà accompli tout ce qu'elle espérait. Sur le plan professionnel, rien à redire, cela allait même au delà de ses espérances mais s'agissant de sa vie privée.. C'est une autre histoire.
Elizabeth ne se démarquait pas des petites filles qui ont pour rêve commun de se marier et d'avoir des enfants. Un rêve de petit fille. Un rêve de comte de fées. La pratique n'est pas aussi simple, encore faut-il rencontrer la prince charmant qui sache faire redevenir une femme à l'âge enfant. Et en y pensant bien, elle ne l'avait pas rencontré, ou du moins, les doutes et la difficulté de la vie ne lui permettaient pas d'être catégorique. Il y avait bien un homme qui faisait la différence avec ceux qu'elle avait connu dans le passé.
Leur relation était de toute façon vouée à l'échec, alors pourquoi se faire du mal inutilement en pensant ce que leur avenir aurait pu être. Mais, finalement, n'était-ce pas elle qui avait mis un terme à leur histoire avant même qu'elle ne débute? En repoussant John - qui pour la première fois de sa vie était prêt à construire quelque chose avec une femme, Elizabeth avait ruiné tout avenir entre eux. En occultant les paroles du militaire qu'elle qualifierait d'ignominie, la jeune femme arrivait à la triste conclusion que tout ce désastre était uniquement de sa faute. Du début jusqu'à la fin.
Une experte dans le travail, une anti-douée dans les relations amoureuses. Un peu comme lui, songea t-elle amèrement. Finalement, Sarah n'avait pas tord lorsqu'elle affirmait qu'ils s'étaient bien trouvées. Les mêmes problèmes de communication!
- « Cela fait trop longtemps » annonça une voix masculine à l'entrée du balcon menant à son bureau.
Elizabeth leva ses yeux émeraudes vers la personne la troublant dans ses pensées.
- « De quoi? »
- « Ce sourire, ça fait si longtemps »
John ne savait pas quoi dire au risque de subir les foudres de la jeune femme qui ne lui adressait la parole que pour le stricte nécessaire depuis près d'un mois. Un fossé s'était creusé entre eux à l'initiative de cette dernière, alors même si cette distance le pesait beaucoup, le militaire avait respecté sa volonté. En prenant sur lui, John s'était restreint à ne pas écouter son corps qui ne demandait que d'être auprès d'elle, de la prendre dans ses bras pour ne plus jamais la lâcher. Pour une fois, la raison avait conduit son comportement. La raison ou bien l'amour? Difficile à dire si ce n'est que l'amour pour Elizabeth l'avait poussé à respecter sa volonté et non la sienne. Mais le temps passant, la perte de Teyla : un déclic lui signalant que cette situation n'avait que trop perturbée, John avait pris la décision d'aller parler à Elizabeth, espérant qu'elle ne l'envoie pas sur les roses. Qu'elle lui laisse au moins le temps de lui dire pardon...
- « On a plus vraiment l'occasion de sourire effectivement... » répondit la jeune femme en repliant davantage ses genoux sous elle.
- « Tout va bien? » s'enquit-il inquiet en s'asseyant à côté d'elle sur le sol froid et humide. « Tu es si pâle... »
- « Un manque de sommeil et.. »
John approuva, comprenant aisément que toute cette affaire puisse l'empêcher de fermer l'oeil. Qui pourrait d'ailleurs dormir sur ses deux oreilles? Pourtant, son instinct lui soufflait qu'il ne s'agissait pas uniquement d'un retard de sommeil. John avait peur, d'espérer en vain, que la jeune femme soit revenue sur ses positions. Alors que tout son être lui ordonnait de poser la question qui mettrait fin à son supplice, l'expérience lui indiqua le contraire : mieux valait attendre que la jeune femme fasse le premier pas.
- « John... » appela t-elle d'une voix hésitante. « J'aurai.. j'aurai une question à te poser »
Tacitement, le militaire y consentit par un léger hochement de tête. Déjà, il en était fini des conventionnels et protocolaires colonel.
- « Lorsque tu m'as dis m'aimer, le pensais-tu vraiment? »
Je crois que je t'aime. Ces quelques mots ne cessaient de revenir dans ses oreilles. Un moment elle doutait de la sincérité de ces mots, et un autre, elle les prenait pour acquis. Après tout, on est pas sensé les dire à tout bout de champ!
- « A ton avis »
Elizabeth souffla d'exaspération.
- « Tu en doutes vraiment? »
- « En fait, je sais pas.. je sais plus. »
- « Mais la question n'est pas là mais plutôt de savoir si, toi, tu m'aimes. »
Voilà au moins la seule chose qu'elle savait. Sauf que parfois, l'amour n'est pas suffisant.
- « Ce n'est pas si simple » fit-elle sans fermant les yeux.
Tout mais ne pas croiser ces yeux jades qui lui avaient le pouvoir de lui faire dire n'importe quoi.
- « Au contraire » dit-il en réprimant une pulsion de la toucher, de poser un bras sur son épaule pour se coller à elle. « Pardonne moi. »
- « Fais attention à ce que tu dis »
John arqua des sourcils, ne comprenant pas l'insinuation de la jeune femme.
- « Je pourrai te prendre pour le tueur, lui aussi veut se faire pardonner... Désolé, c'est de mauvais goût. »
- « Et après on dit que c'est moi qui a un sens de l'humour douteux » fit-il, faussement vexé.
- « Tu n'as pas à demander pardon »
- « Je n'avais pas à te parler comme ça surtout que je n'en pensais pas un mot. »
- « Tu asdonc la réponse à ta question » murmura t-elle en le cherchant du regard.
Pas besoin de mots, il avait compris, pourtant, car John avait le besoin d'être rassuréou parce qu'il voulait être certain, il posa la question:
- « Tu m'aimes aussi? »
Ce qui s'apparenta pour un sourire naquit sur le visage de Elizabeth.
- « J'ai besoin de temps... entre nous c'est parti sur des charbons ardents et j'ai.. »
- « Tu as peur. »
John comprenait ses réserves pour les ressentir lui aussi. Aimer rend dépendant de l'autre. Il change vos priorités, il n'est plus question de penser pour un mais pour deux. Tout comme elle, John avait peur de changement qui s'opérait en lui, de sa vie future, mais il se sentait prêt à partir à la découverte. Rien ne dit que leur relation durerait toute la vie, pourtant, ce risque, John le prendrait sans hésitation. Alors que pour Elizabeth, si attentive au qu'en dira t-on, à son travail qui sollicitait tant de sa personne, il était légitime à ce qu'elle réfléchisse à deux fois avant de se lancer à corps perdu dans quelque chose dont elle ne pourra jamais maîtriser totalement.
Pourquoi ne l'avait-il compris que maintenant? Quel imbécile!
- « On ira à ton rythme »
C'est tout ce qu'elle avait besoin d'entendre. Timidement, elle vint se blottir contre John. Il s restèrent ainsi durant un long moment jusqu'à ce que la jeune femme ne se souvienne d'un rendez vous avec Keller.
- « Rien de grave, je t'assure. »
- « C'est sûr? » demanda t-il, septique.
- « Oui. »
- « Dans ce cas... je retourne aider Sarah bien que ma présence ne soit pas vraiment nécessaire. »
Elizabeth sourit face à la moue enfantine de John.
- « Je dois y aller. »
La jeune femme tourna des talons mais fit demi tour, juste le temps de déposer un rapide baiser sur les lèvres du pilote avant de partir, cette fois, définitivement.
