Voici le nouveau chapitre.
Merci à ceux qui ajoutent cette fic à leurs favoris ou alertes, ainsi qu'aux revieweurs anonymes, ça fait chaud au coeur ! :D
Je lis vos reviews, mais par manque de temps, je ne peux y répondre. Donc un grand merci à Lovepeopleandcowboys, PassionOfImbattables, Tardis Sherlock, Laure Marez, LayaCaldin, BluElectre et EleaSasha. Vous êtes géniaux.
Disclaimers: Merlin ne m'appartient pas, ça se saurait.
Rating: T
Pairings: Merdred
Je tiens à préciser que ce chapitre n'était pas prévu au départ. Vous savez tous, si vous avez lu mes notes en début et fin de chapitres, que je comptais m'arrêter dans les alentours de "Trahison" pour cette fic. Ceux qui viennent après ont été fait dans un élan d'inspiration assez traître... mais tous ont finalement été inclus, de même que le prochain chapitre, qui sera le dernier. Celui que vous allez lire, en revanche, n'aurait pas dû être inclus, puisque écrit juste comme ça.
Cependant, à la relecture je l'aimais tellement que j'ai décidé de le garder. Il faut le dire, le fait que je l'ai écrit avec une musique de fond aide. Ce genre de chapitres sont importants pour moi (Monde, par exemple). Je ne peux que vous encourager à écouter la musique en même temps, puisque sans elle cela perd un peu de sens.
Il s'agit de "Say my name" de Olafur Arnalds, une mélodie sublime mais un peu déprimante, je préviens.
Sur ce, bonne lecture.
Enjoy ! :D
Enchanted
Say my name
Ils étaient dans l'arène. En plein combat. Tout allait tellement vite, Mordred n'était pas certain de tout comprendre. Et puis soudain il sentit la magie d'Emrys s'enrouler autour de lui. Mais loin d'être cette présence rassurante et réconfortante qu'il aimait, elle était soudain froide, oppressante, violente. Elle ne l'enveloppait pas gentiment, mais à la façon d'un serpent, étouffant sa proie, la paralysant lentement. Comme un poison.
Le chevalier, qui s'était détendu juste l'espace d'un instant en sentant la présence familière, commençait à paniquer. Ce n'était pas Emrys, ce ne pouvait pas être lui, c'était un piège. Un piège dangereusement connu, qui l'attirait dans une étreinte magique et mortelle. Mordred sentit son souffle s'accélérer. Il tenta de se débattre, de se soustraire au pouvoir de son amant. Et son cœur rata un battement alors qu'il constatait avec effroi qu'il était complètement immobilisé.
- Que- Commença-t-il, tentant sans succès de tourner la tête pour voir Emrys, pour lui demander d'arrêter.
- Shhh. N'aies pas peur. L'interrompit un murmure. C'est pour Arthur. Pour le roi.
La voix d'Emrys, si proche, si douce, le fit frissonner. Mais elle était si froide et si cruelle que le frisson ne fut pas de plaisir mais de peur. Mordred resta silencieux, attendant de voir son amant sortir des ombres. Son cœur s'enfonça dans sa poitrine, comme de plomb. Emrys se tenait là, devant lui, ses yeux brillant d'un doré glacé, un sourire tranquille et cruel sur les lèvres. C'était lui, mais en même temps ce n'était pas lui. C'était son apparence, sa magie, sa présence... pourtant il n'y avait pas moyen que ce soit le même homme que celui qu'il aimait. Pas quand il le fixait ainsi. Il ouvrit la bouche pour parler à nouveau, demander des explications, demander qu'il arrête. Il avait peur. Emrys posa un doigt sur ses lèvres, en un geste presque innocent. Mordred frémit.
Sa voix se coinça dans sa gorge.
La pression de la magie sur lui s'accentua encore, commençant à être douloureuse. Mordred se demanda s'il allait exploser, se faire écraser comme une noix sous une semelle de chaussure. La pensée l'horrifia. Il voulait que cela cesse, il ne pouvait pas, ne voulait pas ! Il tenta de se débattre, de laisser sa magie repousser le sort posé sur lui. En vain. Le sourire de Merlin, qui le fixait comme si ses efforts vains pour se libérer de ses entraves l'amusaient grandement, l'effrayait de plus en plus, mais il ne parvenait toujours pas à bouger.
Son cri terrifié resta muet, sa bouche s'ouvrant sans qu'aucun son ne sorte.
Mordred constata avec effroi qu'il était rendu muet par le sort.
Il tenta de se débattre plus violemment, inutilement, ne parvenant pas même à bouger d'un milimètre. Et ses demandes incessantes - arrêtes ça, Emrys, ce n'est pas toi - se muèrent en suppliques désespérées et terrifiées. Muettes. Merlin lui sourit plus largement, presque follement, devant ses tentatives de mouvement ou de parole. Il posa une main sur sa joue. Une main gelée et fine. Presque osseuse. Mordred cligna des yeux. Soudain ce n'était plus Emrys, mais un squelette qui se trouvait devant lui, un doigt blanc sur ses lèvres.
- Shhh. Susurra le squelette, de la voix d'Emrys pourtant. N'aies pas peur. Fais le pour Arthur.
Une goutte de sueur glacée coula sur le front du druide. Peur. Terreur. Horreur. Peur. Effroi. Panique. Peur. Il avait tellement peur. La pression s'accentua encore. Ses yeux restaient désespérément ouverts, malgré son envie de les fermer. Sa voix restait silencieuse, malgré ses cris mêlés de sanglots. Le squelette était redevenu Emrys. Le froid l'envahit. La magie l'étouffait. Il ne parvenait toujours pas à bouger.
Il sentit la peur et la panique s'insinuer encore plus profondément en lui, dans ses os, dans son cœur et dans ses entrailles, comme un fluide glacial.
Il allait mourir.
Merlin sourit, doucereux.
- C'est pour Arthur...
Mordred se réveilla en sursaut en entendant un hurlement de détresse, sa magie réagissant au quart de tour, l'enveloppant comme une armure, repoussant tout ce qui était proche de lui, le protégeant. Ses yeux dorés scannèrent l'obscurité sans comprendre, alors qu'il continuait d'entendre un cri déchirant. Il sentit quelque chose l'agripper, et sa magie se hâta de tenter de déloger l'agresseur. Mais la chose ne lâcha pas prise – au contraire, elle sembla s'accrocher plus fortement. Le cri continuait, emplissant ses tympans. Et soudain une voix, un mot, un nom, lui fit reprendre conscience de la réalité.
- Mordred !
Le druide cessa immédiatement de se débattre et laissa sa magie retomber. Le cri s'arrêta, et Mordred comprit avec confusion que c'était sa propre voix qu'il entendait depuis le début, il n'y avait personne d'autre qui hurlait. Une part de lui, se trouva soulagé de savoir qu'il avait retrouvé la parole. Il n'était plus dans ce cauchemar. Mais il y avait toujours quelqu'un près de lui et...
- Mordred. Répéta la voix plus calmement.
Mordred se tourna. Et reprit immédiatement pied sur terre en voyant Emrys, les bras enroulé autour de son torse, qui le serrait contre lui. Le dos du druide était contre le torse du sorcier, et ce dernier ne cessait de murmurer d'une voix douce.
- Mordred. Ça va Mordred. Je suis là.
La magie d'Emrys les entourait, dorée et chaleureuse. Tout le contraire de son rêve. Rassurante. Protectrice. Il commença à se détendre juste un peu.
- Tout va bien, c'était un rêve. Tu es là, tu vas bien. Continua de murmurer Emrys. Mordred, tu es vivant, personne ne t'attaque, personne ne veut te tuer. Tu es vivant, Mordred. Tu ne vas pas mourir. Tout va bien.
Mordred comprit alors qu'il avait dû parler dans son sommeil ou quelque chose du genre. Comme tous les soirs depuis maintenant un mois. Une semaine à peine après qu'ils soient partis d'Ealdor, les cauchemars avaient commencé. Ils ne s'étaient pas arrêtés. Toujours les même. Emrys, le tuant, de toutes les façons possibles et imaginables. Il se souvint de ses mots. Pour Arthur. Et à cette pensée il se sentit se tendre, il sentit ses entrailles se nouer, il sentit le froid le pénétrer à nouveau, ainsi que la peur, et s'insinuer jusque dans ses os. Alors il fit la seule chose qu'il pouvait faire. Il agrippa de toutes ses forces les bras de son amant, si fort que cela pourrait laisser des bleus, et il ouvrit la bouche pour parler.
- Emrys. Fit-il, la voix suppliante – mais soulagé de constater qu'il pouvait parler, encore. S'il te plaît, Emrys, parles moi. Dis mon nom.
Pas celui d'Arthur, non, le sien. Qu'il lui prouve que ce n'était plus ce cauchemar où il mourrait pour ce roi qui lui avait tout prit. Il ne le disait pas, mais Merlin semblait le comprendre. Et le sorcier lui répondit doucement.
- Bien sûr, Mordred.
Et il s'exécuta, continuant à murmurer des mots de réconfort. Il continua à lui parler comme une litanie, comme une prière, comme une berceuse. Jusqu'à ce que Mordred s'endorme. Même après, Merlin continua de murmurer alors que le sommeil l'avait réclamé depuis longtemps, restant éveillé, veillant sur lui. Il continua, presque jusqu'à l'aube, de ne prononcer qu'un seul mot sans relâche. De prononcer son nom. Parce que Mordred n'était pas le seul à faire des cauchemars, à revoir sa mort se jouer chaque nuit. Parce que le manque de sommeil n'était rien face aux craintes qui l'attendaient quand il fermait les yeux. Parce Merlin avait parfois l'impression que s'il cessait de dire son nom, Mordred disparaîtrait d'entre ses bras, et redeviendrait froid et immobile, sans vie. Qu'il le tuerait à nouveau. Parce que dire son nom était la seule façon de le rendre plus réel.
Alors il continuait de murmurer son nom inlassablement. Encore et encore.
Tbc...
Oui, les cauchemars et les tourments sont un motif récurent de cette fic. Que voulez vous, ils en ont trop vu, et trop vécu, pour dormir tranquilles. J'attends vos commentaires sur ce chapitre (et sur la chanson, tant qu'on y est ?) avec impatience. Vraiment, j'aime beaucoup ce chapitre imprévu, et je serais heureuse de savoir qu'il vous a plu (et sinon, pourquoi, que je m'améliore) !
Bref, fin de l'avant-dernier chapitre ! bon sang, comme cela passe vite, plus qu'un chapitre et c'est terminé... déjà... Je ne parviens pas à réaliser.
Donc le prochain sera le dernier chapitre de cette fanfiction, vous saurez enfin comment cette histoire va se terminer. Suspens. Angst, Fluff, Fin en queue de poisson, Fin à chute, Fin humoristique, Fin avec une morale, Fin niaise, Bad Ending, Happy Ending ? Je ne dévoilerais rien !
A vendredi prochain pour le chapitre final ! ;)
