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J'espère que vous me pardonnerez le retard mais le travail et la maladie m'ont empêché de publier ce chapitre sans le relire au préalable.
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Voici donc la première rencontre entre le 5.0 et Tony que vous attendez avec impatience. Ce chapitre a été également rajouté à l'histoire originale.
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Bonne lecture et comme toujours, vos avis m'importent.
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Chapitre 24 : Rencontre épique
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Le lendemain matin, Steve s'éveilla avant Tony que le décalage horaire avait épuisé. Il glissa doucement hors du lit, passa dans la salle de bains pour soulager sa vessie avant de se laver les mains et se brosser les dents puis de revêtir un short et un tee-shirt. Revenu dans la chambre, il s'avança vers le lit, se pencha pour embrasser son homme avant de quitter silencieusement la pièce.
Il descendit dans la cuisine où il se versa une de ses décoctions qui faisait frémir Danny chaque fois qu'il le voyait en avaler une. Il sortit sous le porche pour respirer l'air et songea qu'il manquerait sa séance matinale de natation dans l'océan. Il ne voulait pas laisser son amant se réveiller seul pour la première fois qu'ils partageaient la maison. Il s'installa dans l'un des fauteuils, dégustant son verre et se perdit dans ses pensées.
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Il resta un bon moment dehors, rêvant à la tête de ses collègues lorsqu'ils constateraient que la personne qui retenait son intérêt depuis la conférence était bien différente de ce qu'ils pensaient. Certes, ils savaient que Steve batifolait les deux sexes mais jusqu'à présent, l'ex Seal n'avait eu que des femmes dans sa vie depuis son retour et la formation de son équipe. Ses aventures masculines étaient rares et toujours si discrètes que peu de personnes pouvaient les détecter.
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Cette fois, il avait bien l'intention que sa relation avec Tony soit durable et qu'elle dure jusqu'à la disparition de l'un d'eux, le plus tard possible. Sa certitude d'avoir rencontré celui qui deviendrait son compagnon pour le reste de sa vie était si vivace et si intense qu'il n'envisageait pas de ne pas l'avoir à ses côtés. Il patienterait le temps qu'il faudrait mais Tony partagerait sa vie d'une manière ou d'une autre.
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Il ne souhaitait pas que leur relation ne soit que temporaire, c'était certain mais si l'italien ne l'aimait pas autant que lui l'aimait, il ne forcerait pas l'homme à rester, aussi douloureux que ce serait de le voir s'éloigner. Il était si épris qu'il ferait passer le bonheur de son amant avant le sien, aussi cliché que ce soit. Pourtant, il ne perdait pas espoir d'entendre Tony lui dire que ses sentiments étaient identiques aux siens.
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Il avait senti que presser Tony n'aurait fait que l'éloigner de lui à la vitesse de l'éclair. Sa peur de s'engager à nouveau devait être si ancrée en lui qu'il fuirait comme s'il avait le diable à ses trousses. Cependant, s'il réalisait qu'il tenait assez à quelqu'un pour unir sa destinée à la sienne, alors là, l'ex Seal savait qu'il ferait tout pour préserver cette relation. Se donner à fond pour faire fonctionner cette union serait son objectif prioritaire.
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Il fut tiré de sa rêverie par l'arrivée d'un véhicule qui stationna devant la maison. Il se leva, rentra et se rendit dans la cuisine. Il mit la cafetière en route et attendit que son visiteur, qui ne pouvait être que Danny, le rejoigne. Il fut soulagé lorsque son partenaire franchit la porte et évita de la laisser claquer pour la refermer. L'homme de Jersey fit son chemin jusque dans la cuisine où l'odeur du café frais le guida.
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« Eh, salut Steve » lança-t-il d'une voix forte.
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Steve grimaça et espéra que l'exclamation n'avait pas réveillé l'italien. Il rendit brièvement le salut joyeux.
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« Danny ! »
« Tu nous as manqué hier soir » continua Danny qui lorgnait vers la cafetière. « Tu aurais pu amener ta compagne, nous aurions été ravis de la rencontrer. »
« A vrai dire, j'avais plutôt envie de passer la soirée de nos retrouvailles sans témoin » confia Steve.
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Il ouvrit le placard, sortit deux tasses, en posa une sur le comptoir et versa du café frais dans l'autre qu'il tendit à son collègue. Danny s'empara de la tasse et sirota le breuvage chaud et revigorant. Il observa Steve attentivement avant de poser sa tasse sur la table. Il s'apprêta à continuer la conversation lorsque des pas dans l'escalier se firent entendre.
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Dans un bel ensemble, les deux hommes se tournèrent vers le bruit et Steve bénit le ciel que Tony ait pris le temps d'enfiler un boxer même s'il aurait préféré qu'il soit un peu plus habillé. L'italien fonça vers la cafetière, attrapa la tasse vide et la remplit entièrement. Il avala plusieurs gorgées avant de croiser le regard calme et serein de Steve. Il lui sourit, s'avança et déposa un baiser… sur la joue de l'hawaïen.
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« Salut, toi » dit-il d'une voix profonde.
« Salut » lui répondit Steve en souriant et en lui rendant son baiser. « Bien dormi ? »
« Oui même si la nuit a été courte » souligna malicieusement l'agent.
« C'est souvent le cas avec le décalage horaire » improvisa l'ex Seal qui fit un geste de la tête indiquant à son homme la présence de Danny.
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Tony s'écarta un peu et buta dans la table obligeant Danny à le retenir de tomber. Steve comprit que le geste était calculé de manière à inclure le détective dans la conversation.
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« Merci » dit Tony. « Puisque ce rustre ne s'en donne pas la peine… Anthony DiNozzo » se présenta-t-il en tendant la main à Danny. « Ravi de vous rencontrer, Détective Williams. »
« Je vois que je n'ai pas besoin de me présenter » railla Danny en lui rendant sa poignée de mains. « J'ignore qui vous êtes pourtant. Un ami de Steve ? »
« Oui, en effet. »
« Curieux, jamais entendu prononcer votre nom. Il ne nous a jamais parlé de vous » remarqua le flic, le ton réprobateur.
« J'imagine qu'il ne connait pas non plus tous vos amis et connaissances, Détective ! » répliqua l'italien, les yeux brillants d'amusement. « Chacun a droit de préserver un jardin secret et d'y transporter ceux qu'il veut protéger. »
« Poète de si bon matin ! » maugréa Danny.
« Mauvaise nuit ? » supputa l'italien.
« On peut dire ça » grogna le détective.
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Steve observait l'échange sans intervenir, il savait que Danny devait se faire sa propre opinion sans qu'il ne l'influence. Le Jersey était prompte parfois à percer son interlocuteur mais cette fois, il avait affaire à forte partie. L'italien était un maître dans l'art de distraire ses vis-à-vis et Danny ne faisait pas le poids face à lui. Saurait-il s'en rendre compte ? Tony semblait décider à jouer un moment avec le flic sans pour autant l'aveugler complétement.
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« Alors, Détective, content d'être à Hawaii ? C'est plutôt loin de votre Jersey natal ? » demanda-t-il négligemment tout en sirotant son café.
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Danny le regarda avec des yeux ronds avant de se tourner vers Steve.
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« C'est toi qui lui a dit ? »
« Dit quoi ? » renvoya l'ex Seal.
« Que j'étais du Jersey, pardi » s'exclama le détective. « Comment pourrait-il le savoir si tu ne lui as pas dit. »
« Pose-lui donc la question, Danno » suggéra son chef.
« Alors comment le saviez-vous, DiNozzo ? »
« Votre accent vous a trahi, Détective Williams » expliqua Tony avec un grand sourire. « Je peux reconnaitre des dizaines d'accents et c'est un avantage dans ma profession. »
« Et votre profession, c'est quoi exactement ? »
« Ah, désolé, Détective mais si je vous le dis, je devrais vous tuer » déclara l'italien d'un ton si sérieux et le visage si grave que Steve faillit éclater de rire.
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A nouveau, Danny se tourna vers l'hawaïen.
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« C'est un espion, un foutu agent de la CIA ? » s'écria Danno. « Bon sang, Steve, tu ne crois pas que tu as assez donné de ce côté. Je pensais que tu serais un peu plus circonspect dans le choix de tes amis, je m'aperçois que tu es plutôt laxiste. »
« Oh, Danno, stoppe là, veux-tu ! » le contra Steve d'un ton brusque en se redressant pour dominer le détective. « Si tu continues de l'insulter, tu peux quitter ma maison où tu ne seras plus le bienvenu. Suis-je assez clair ? »
« Oh oui, Lieutenant Commander, c'est parfaitement clair » grogna Williams. « Je désire seulement que tu sois un peu plus prudent. Si je ne m'abuse, celui-ci ne fait pas partie de ta vie depuis bien longtemps. Sais-tu au moins qui il est vraiment ? » voulut-il savoir.
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Danny avait posé sa question sans même se préoccuper de blesser l'autre homme. Il avait eu affaire à tant de flics ripoux ou de fédéraux arrogants qu'il n'avait plus que faire de les ménager. Celui-ci semblait plutôt amical de prime abord et certainement abordable et… inoffensif mais avec Steve dans l'équation, allez savoir si ce n'était pas une erreur de le penser.
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Steve fulminait de voir Danny se méfier ainsi de son homme. Il prit de profondes inspirations lorsqu'il croisa le regard de Tony qui le suppliait presque de ne pas intervenir. L'italien avait sans doute une idée derrière la tête et il n'allait pas lui ôter l'envie de remettre son coéquipier à sa place. Il attendrait avec impatience de voir le blond se faire moucher même s'il savait que son attitude prouvait qu'il se souciait de lui.
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« Détective Williams, même si cette conversation semble intéressante, je vais vous laisser sur cette haute opinion » déclara Tony avec flegme.
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Il se tourna ensuite vers Steve et lui adressant un sourire rassurant.
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« Je vais passer un short et aller courir un peu, j'ai besoin de me dépenser et de m'éclaircir les idées. »
« Ok, je t'accompagne et nous pourrions aller piquer une tête dans l'océan ensuite » suggéra l'ex Seal avec espoir.
« Très bien, McSeal » concéda l'italien. « Même si tu sais que je suis plus un coureur qu'un nageur, je ne peux décemment pas refuser ta proposition. Je vais enfiler un maillot » lui accorda son homme. « Détective ! » salua-t-il brièvement le flic avant de tourner les talons et de monter l'escalier.
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Steve laissa l'italien disparaitre avant de confronter son coéquipier.
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« Tu peux me dire ce que tout ça signifie, Danny ? » gronda-t-il en pointant un regard orageux vers le détective.
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Ce dernier observa un instant son partenaire et comprit que le Seal était quelque peu en colère contre lui.
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« Je voulais juste pointer que nous ne connaissons ce mec ni d'Eve, ni d'Adam » se défendit-il. « Il apparait de nulle part dans ta vie et tu l'invites ici comme si tu le fréquentais depuis des années. Tu sais quoi ? Je vais demander à Chin de faire quelques recherches sur lui et voir ce qu'il en ressort. »
« Tu fais ça, Danny et vous pourrez vous chercher un autre boulot » l'avertit Steve sans détour. « Ne pense pas non plus contourner cette interdiction en te servir de tes contacts. Le résultat sera le même. Et avant que tu ne penses que je plaisante, je vais de ce pas avertir Chin. »
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Il attrapa son téléphone posé sur le comptoir et composa le numéro de Chin. Son subordonné répondit à la troisième sonnerie.
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« Chin, ici Steve » dit-il même si l'hawaïen savait qui était son interlocuteur. « Je suis avec Danny et nous venons d'avoir une sérieuse discussion au sujet de mon invité. Si j'apprends que tu as obtempéré à sa requête de faire des recherches sur lui et découvrir qui il est, Danny et toi pourrez vous considérer comme licenciés de l'équipe. J'espère que je suis suffisamment clair. Lorsque nous jugerons le moment approprié, vous en saurez plus. Jusque-là, je souhaite que vous museliez votre impatience et votre curiosité. »
« Entendu, Steve » concéda Chin sans argumenter. « Je respecte ton désir et je passe le mot à Kono également. Je briderai Danny du mieux que je pourrais. Sans notre aide, il ne pourra utiliser l'ordinateur. Peut-être tentera-t-il de faire appel à ses contacts ? Il faudrait mieux être… »
« Je l'ai déjà averti » l'informa son chef. « Nous pensions simplement organiser un repas pour l'équipe durant son séjour ici. Je me demande maintenant si c'est une bonne idée. »
« Pour ma part, j'aimerais le rencontrer. Kono est également assez curieuse pour le vouloir également. Nous essayerons de raisonner Danny de notre mieux si tu veux. »
« Ok, je compte sur vous pour ça. Merci, Chin. A plus » dit-il avant de couper la communication.
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Il reposa son appareil et fixa son collègue.
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« Très bien, je capitule » déclara Danny en levant les deux mains en signe de défaite. « Je voulais juste que tu prennes conscience de la situation. »
« Danny, je sais qui il est et si tu n'avais pas débarqué ici dans l'intention de te mêler de ma vie privée et de l'attaquer sans sommation, tu saurais déjà ce que tu brûles de savoir. Si tu avais eu un peu plus de patience et de retenue… »
« Ok, Steve, je suis désolé t'avoir foncé tête baissée comme ça » intervint le flic d'un air contrit. « Mais franchement, après ce qui s'est passé ces derniers mois, je voulais juste que tu saches que j'assure tes arrières. »
« Je n'en ai jamais douté, Danny mais je pensais que ma vie personnelle était du domaine privé » argua Steve. « Maintenant, si tu permets, je voudrais aller me changer et accompagner mon invité. Et inutile de te représenter ici à moins de recevoir une invitation expresse. »
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Sur cette déclaration sans équivoque, il fit pivoter Danny et le poussa vers la porte. Une fois le détective sortit, Steve s'appuya sur la porte et tenta de se calmer. Jamais… oh, grand jamais, il n'aurait pensé que son collègue puisse agir ainsi. Il était désappointé de constater que sa supposition de voir l'italien bien accueilli par son équipe risquait de tourner au désastre.
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Et que devait penser Tony ? Il avait déjà subi tant de semblables réactions de la part de ses propres collègues qu'ajouter celles de l'équipe du 5-0 n'était sans doute pas une bonne idée. Il allait devoir sérieusement faire une mise au point avec eux afin de prévenir de plus amples déceptions. Il comptait protéger Tony coûte que coûte de revivre pareille chose dans la mesure du possible.
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L'attitude de Danny l'étonnait et le rendait furieux. Comment son subordonné pouvait-il se permettre de critiquer et de dénigrer ainsi l'homme de sa vie ? Même si ce dernier fait n'était pas connu du détective, il n'avait pas pour autant le droit de l'insulter de cette manière.
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Il se détacha du support de la porte et grimpa l'escalier, il gagna la chambre et stoppa juste dans l'encadrement de la porte. Tony était assis sur le lit, le regard dans le vague. Il avait l'air pensif mais ne semblait pas triste. La rencontre avec Danny devait pourtant avoir laissé des traces négatives dans l'esprit de l'italien, comme un écho des relations chaotiques avec sa propre équipe.
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« Eh ! » dit-il doucement en s'approchant. « Je suis désolé » continua-t-il avant de s'asseoir. « Je n'aurais jamais pensé que Danny puisse réagir ainsi, ce n'est pas dans sa nature d'être aussi… impoli et médisant. »
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Tony tourna la tête vers lui et lui adressa un sourire timide.
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« Il est inutile de t'excuser pour quelque chose qui n'est pas de ton fait, Steve » déclara calmement Tony. « Dans le fond, je comprends sa réaction et je t'envie de la déclencher. Ça signifie que Williams tient à toi, que tu comptes pour lui, qu'il se préoccupe de ton bien-être… quelque chose que je n'ai jamais pu susciter de la part de mes propres coéquipiers. Ça en dit long sur l'importance que tu représentes pour lui, la force de votre amitié. »
« Peut-être mais il n'avait pas besoin d'être aussi agressif pour le démontrer » bougonna l'ex Seal.
« C'est sans doute la seule manière qu'il ait trouvé de le faire sans démériter à tes yeux » contra l'italien. « Ne t'en fais pas pour si peu, il changera d'opinion lorsqu'il me connaitra mieux. Ils le font tous » plaisanta-t-il encore.
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Il se leva, tendit la main à Steve pour l'aider à se relever et les entraîna tous deux vers la porte.
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« Tu m'as promis une baignade après mon jogging, si je ne m'abuse. Il est temps d'y aller. »
« Je vais passer un maillot et je te suis » signala Steve en se dirigeant vers la commode.
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Quelques minutes plus tard, les deux hommes quittaient la maison et s'élançaient pour plusieurs kilomètres de jogging. Ménageant leurs efforts et économisant leur souffle, ils courraient en silence, la compagnie agréable n'avait nul besoin de paroles pour l'agrémenter.
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Finalement, au terme de leur course, ils terminèrent par un sprint qui les mena juste derrière la maison. Ils abandonnèrent shorts et tee-shirts sur le sable, quittèrent les baskets avant d'aller plonger dans l'eau. Steve s'élança dans un crawl rapide avant de nager sous l'eau. Il refit surface et fit du surplace pour vérifier la position de l'italien.
Ne l'apercevant pas, il fit un tour complet avant de porter son regard vers la plage où il ne détecta pas plus la présence de son compagnon. Il fronça les sourcils, ignorant si Tony savait nager avant de se morigéner. Il paniquait sans doute pour rien, l'italien était un agent fédéral, il devait donc répondre à un certain nombre d'aptitudes physiques et la natation en faisait partie, n'est-ce pas !
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L'hawaïen allait repartir vers la plage lorsqu'il sentit quelque chose agripper ses chevilles, en un instant, il était attiré sous l'eau où il fut bientôt face au visage souriant de celui qui l'inquiétait une minute plus tôt. Tony colla son corps contre celui de Steve et s'empara de sa bouche pour un baiser aquatique. Le manque d'air les fit remonter à la surface et Tony sourit malicieusement à son homme avant de se dégager et de s'élancer dans un crawl rapide.
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Steve mit quelques minutes avant de le poursuivre et malgré sa bonne forme physique, il eut du mal à le rattraper. Il y parvint au moment où Tony atteignait le sable et se redressait pour sortir de l'océan. Il se releva et attrapa le bras de l'italien, l'attirant contre lui pour l'embrasser à son tour passionnément avant de s'écarter pour le scruter avidement.
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« Dieu, je ne serais pas contre faire ça tous les matins » soupira-t-il.
« Le sport maintient en forme et dans nos métiers, c'est presque vital » approuva Tony.
« Je ne parlais pas de ça mais de se réveiller à tes côtés, de te regarder dormir avant de se lever, de t'accompagner dans ton jogging avant de venir piquer une tête dans l'océan, d'aller prendre une douche commune avant de déjeuner » énuméra l'ex Seal d'un ton rêveur.
« Patience et tu seras récompensé » répondit son ami. « J'ai quelque chose à faire avant de pouvoir mettre un terme définitif à la situation, quelque chose qui requiert que je sois encore en poste un moment. »
« De quoi parles-tu, Tony ? » s'inquiéta aussitôt le chef du 5-0. « J'espère que ce n'est rien de dangereux. »
« Viens, allons nous doucher, prendre un petit déjeuner et je te mets au parfum » suggéra l'italien en l'entrainant vers la maison.
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Chacun reprit ses vêtements au passage avant de rentrer. La douche fut un moment de tendresse où tous deux se caressèrent et s'embrassèrent sans pousser plus loin. Ils sortirent et s'essuyèrent avant de passer dans la chambre pour se vêtir. N'ayant rien décidé quant à leurs occupations de la journée, ils enfilèrent t-shirt et short avant de redescendre. Steve enfila des chaussons tandis que Tony restait pieds nus.
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Le petit déjeuner fut un autre moment agréable où les deux hommes s'affairèrent pour préparer une omelette, des toasts, jus d'orange et café. Steve fut agréablement surpris de voir que son compagnon n'était pas manchon dans une cuisine. Et comme s'il avait lu dans son esprit, Tony confirma sa supposition.
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« Je ne suis pas italien pour rien, je sais me débrouiller et je cuisine lorsque l'envie m'en prend, ce qui est rare » indiqua-t-il. « Cuisiner pour une personne n'est pas suffisant pour me motiver à le faire. Cependant, cuisiner me relaxe lorsqu'une enquête a été difficile. Je me lance alors dans la confection de plats que je congèle pour un usage ultérieur. C'est ça
ou bien jouer du piano ou de la guitare durant des heures. »
« Chacun a sa propre méthode pour décompresser, je nage ou je surfe, je regarde un film ou je joue de la guitare » déclara Steve.
« Hum, chouette, nous avons des intérêts communs » nota Tony. « Je prédis que notre relation sera plus agréable si nous partageons des goûts identiques. »
« Ce n'était pas le cas avec Gibbs ? » osa demander l'hawaïen.
« Non » répondit Tony sans même hésiter un instant. « Il regardait rarement un film avec moi, il s'enfermait plus souvent dans son sous-sol pour travailler sur son bateau ou tout autre projet de ce style. Poncer et sculpter le bois étaient tout ce qu'il appréciait pour décompresser. »
« Comment as-tu pu mener une relation avec lui aussi longtemps, il est ton opposé en tout » s'étonna Steve. « Il est handicapé de la parole alors que tu es un moulin à paroles, il est plutôt un solitaire alors que tu es un être sociable, il est inculte en cinéma alors que tu es une encyclopédie vivante sur cet art. Il préfère les voitures pratiques alors que tu aimes les vieilles classiques. Il préfère les meubles en bois qu'il fabrique lui-même alors que tu aimes les meubles modernes. Il s'habille chez Sears quand tu fréquentes les grands couturiers. Ça me dépasse que vous ayez pu réussir à conjuguer vos deux modes de vie si diamétralement différents. »
« Tu parais en connaitre un bout à son sujet, c'est surprenant » nota simplement Tony.
« Tu parles peu de lui, aussi, lorsque tu le fais, je mémorise ce que tu laisses échapper » répliqua Steve en haussant les épaules. « Non pas que j'aime entendre mon homme parler de ses ex mais en l'occurrence, je suis curieux parce que je ne comprends pas que tu aies pu t'intéresser à un mec comme lui. Franchement, il est bien plus vieux que toi, il n'a aucun sens de l'humour, c'est un tyran et le pire bâtard qui soit. Que lui trouvais-tu donc ? »
« Il n'a pas toujours été ainsi, Steve » le défendit l'italien. « L'accident qui l'a rendu amnésique et lui a fait revivre la mort de sa famille a fait des dégâts qu'il n'est pas prêt à reconnaitre. Il a changé, est devenu plus dur comme s'il se punissait d'être en vie alors qu'elles sont mortes. »
« Si je le rencontre un jour en personne, je ne suis pas certain d'être aussi indulgent que toi, Tone même s'il a des circonstances atténuantes maintenant » contra Steve. « D'après nos conversations, j'en déduis qu'il était déjà dur bien avant cet accident. Tu es celui qui a le plus enduré de sa part parce que tu es son agent le plus ancien dans l'équipe. »
« Bien qu'il y ait certainement beaucoup à dire, je ne suis pas venu jusqu'ici pour discuter de l'équipe ou de ses membres » l'informa Tony.
« Oh ! Pour quelle raison es-tu donc ici ? »
« J'avais une furieuse envie de me faire dorloter ! » plaisanta à moitié l'italien.
« Et aurais-tu une petite idée de la manière de s'y prendre pour te dispenser un peu de tendresse ? » demanda innocemment Steve.
« Pourquoi seulement un peu ? Serais-tu en manque de générosité pour ne me donner qu'un peu… » demanda Tony en faisant une triste mine.
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Steve ne le laissa pas finir sa sentence et bondit sur ses pieds, contourna la table et vint entourer son homme de ses bras avant de s'emparer de sa bouche pour un baiser gourmand.
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« Je peux te donner autant que tu veux si c'est ce que tu désires, Tone » affirma-t-il avec fermeté. « Durant ton séjour, je vais faire en sorte de te prouver que tu as bien fait de venir ici. Et je vais te faire regretter de repartir, crois-moi. »
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Et sur ce, il entreprit de démontrer à son homme toute la portée de ses propos. Une demi-heure plus tard, ils étaient à nouveau sous la douche, repus et parfaitement contents, Steve plus que satisfait d'avoir entrainé Tony dans un voyage sensuel étourdissant. L'italien avait apprécié si les gémissements, les grognements et les exclamations en italien en étaient un bon indice.
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L'hawaïen était si fier de lui qu'il souriait de satisfaction chaque fois que son regard croisait celui de Tony. Les deux hommes finirent par éclater de rire avant de retourner s'allonger sur le lit, simplement pour être blottis l'un contre l'autre. Tony avait posé sa tête sur l'épaule de son homme et sa main traçait des arabesques sur le torse nu.
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« Je ne regrette finalement pas d'être venu » murmura soudain Tony. « Je suis bien. »
« Hawaï est une destination qui fait oublier le quotidien et les soucis » nota Steve.
« Non, je ne parlais pas de l'ile mais d'être ici, avec toi » contra son compagnon. « J'avais besoin de retrouver quelqu'un qui me comprenne et ne me juge pas. »
« Te juger ? » s'étonna Steve. « Qui te juge et pour quelle raison ? » grogna-t-il en se doutant de la réponse.
« Mes collègues se sont ligués contre moi pour me forcer à approuver une opération, en fait, un don d'organe en faveur de mon géniteur en oubliant trop vite que mon propre état de santé peut condamner quiconque recevrait un de mes organes » annonça l'italien, renforçant la suspicion de l'hawaïen.
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Et Tony expliqua ce que la gothique avait enclenché en dévoilant le contenu personnel de la requête de l'avocat de son père. Il relata les réactions de tous et le soutien de Ducky et Jimmy. Steve comprit que son homme arrivait au bout de ses limites et qu'il devrait bientôt prendre une décision radicale. Mais que pouvait-il faire lui-même pour l'aider ?
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Devait-il l'encourager à quitter le NCIS et venir travailler avec lui ? Devait-il envisager d'accepter la proposition du Directeur Morrow de rejoindre son agence et de diriger cette nouvelle équipe ? Devait-il laisser Tony décider seul de son avenir en espérant qu'il en ferait partie ?
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« Que souhaites-tu faire, Tone ? » finit-il par demander malgré lui.
« Je pense que je ne peux me leurrer plus longtemps, Steve » avoua doucement l'italien. « Plus le temps passe et plus je me sens indésirable… que ce soit au sein de l'équipe ou de l'agence. Il me reste une chose à faire avant de rendre ma plaque, une chose qui me tient à cœur parce que je sens que la situation peut provoquer de gros dégâts. »
« Quelle chose ? »
« Depuis plusieurs semaines… en fait, depuis l'accident de Gibbs et son départ pour le Mexique, Shepard se comporte étrangement. Elle m'a affecté à des missions sous couverture de courte durée en dehors de mes heures de travail normales. Le problème est qu'elle était mon seul renfort et que je devais assurer mon travail quotidien sans en toucher mot à quiconque. Une fois Gibbs revenu, elle a continué… Steve, j'ai la nette sensation qu'elle a observé mes réactions durant ces missions. »
« Un test selon toi ? Pour quelle raison à ton avis ? » s'enquit l'hawaïen.
« Je pense qu'elle a en tête une mission de plus grand importance qui requiert un expert spécifique » avança Tony.
« Un agent doué pour les missions sous couverture et qui obéit aux ordres sans poser de question » spécula alors son amant.
« C'est ce que je soupçonne et la conférence lui a donné de quoi réfléchir » renchérit l'italien.
« Tony, sois bien prudent lorsqu'elle viendra à toi pour son projet, ne t'emballe pas dans un sens ou dans l'autre » conseilla Steve.
« Je vais la laisser venir à moi, me laisser exposer la mission et lui imposer un temps de réflexion de ma part. Je vais aussi insister pour avoir plus d'un agent en renfort et certainement pas une directrice qui risque d'être prise dans des réunions politiques » expliqua Tony. « Steve, je sais que je pourrais tout simplement donner ma démission dès maintenant mais je veux aller au fond du problème. Si elle a véritablement un but particulier, je pense qu'il est personnel et non professionnel. Dans le cas contraire, elle aurait accepté de mettre Gibbs dans la confidence même si l'opération est confidentielle. Il a participé à plus de missions spéciales qu'elle-même et il connait la valeur du secret. »
« Dans la mesure où elle t'interdit d'en parler, ton impression me parait la bonne » nota le chef du 5.0. « Comment comptes-tu procéder ? »
« Je vais exiger de lire le dossier et d'étudier la couverture qu'elle aura concocté pour moi. Il ne fait aucun doute qu'elle a dû l'établir elle-même, il sera donc normal que je lui dise que je veux l'examiner attentivement pour détecter d'éventuels défauts. Elle va certainement râler mais elle accédera à ma demande pour ne pas éveiller trop mes soupçons. Dès que j'aurai le dossier en mains, j'appelerai certains de mes contacts et tenterai d'en apprendre un peu plus. Ensuite, si comme je le pense, la mission n'est pas sanctionnée NCIS, je mets le SecNav dans la confidence. A lui de donner la suite qu'il voudra à cette affaire. »
« Tu es vraiment certain de devoir procéder ainsi, Tone ? »
« Oui, je veux juste m'assurer qu'aucun autre agent ne sera sollicité ou pressuré pour y participer. Si quelque chose devait arriver à un autre agent parce que j'aurais choisi la prudence ou l'ignorance… je ne pourrais me le pardonner, Steve. »
« Je comprends et je te soutiens. Si tu as besoin d'un coup de main, n'hésite pas à appeler et la cavalerie arrivera dès que possible » assura son compagnon.
« Je n'y manquerai, mon chevalier blanc » plaisanta Tony avant de reprendre son sérieux. « Je serai prudent, je te le promets solennellement » déclara-t-il en plantant son regard sincère dans celui de son ami. « Sitôt cette situation résolue, je donne ma démission et je quitte DC. Ça aussi, je te le promets. »
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Steve étudia le visage de son homme un petit moment avant de finalement opiner de la tête et de l'embrasser passionnément. Tony venait implicitement de lui dire qu'il songeait sérieusement à venir le rejoindre et c'était la plus belle promesse qu'il pouvait lui faire.
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Première rencontre pour Tony avec une partie de l'équipe et non la moindre. Danny est sérieusement dans les ennuis avec Steve. Saura-t-il se racheter ? Et comment se comporteront Kono et surtout Chin sachant ce que Steve lui a ordonné ?
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Tony a annoncé enfin sa décision. Comment se déroulera donc les prochaines semaines ? A-t-il raison au sujet de Shepard ?
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Le prochain chapitre vous donnera la réponse à ces questions. Je ne promets pas de date de publication dans la mesure où il est en cours d'écriture puisque rajouté également à l'histoire.
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A bientôt et merci pour votre patience.
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Chtimi
