Ce chapitre est pour lolodu66530 qui est là depuis le début de l'histoire et qui adule Aaron Hotchner ! ;)
Aaron Hotchner, Bilings, Montana 7 h 33
Je n'avais pas dormi aussi mal depuis la mort de Haley. Toute la nuit je m'en étais voulu pour avoir laissé ma filleule se fourrer dans se guépier. Elle avait été seule une éternité avant qu'on arrive et je sentais que je ne me le pardonnerais jamais.
Je devais avoir une tête de mort vivant car Emily me tendit un immense gobelet rempli du café imbuvable du commissariat avec un mouvement de tête encourageant. Lorsque je les vis arriver, ils souriaient. Je savais que Reid était quelqu'un d'intensement solitaire et de perturbé. Le simple fait qu'ils soient venus ensemble dissipa quelque peu les remords qui me rongeaient.
Il y avait eu au moins un point positif dans cette affaire, celle de faire baisser la garde de Léna, rien qu'une seconde. Sur une moitié de son visage, un hématome noir ne parvenait même pas à ôter son charme sincère. Même sa lèvre fendue et rouge lui donnait l'air d'un enfant venant de se casser la figure.
Je ne pus m'empécher de constater qu'elle avait revêtu ses habituelles frusques voyantes et quelque part, ça me rassura. Elle était de nouveau elle même, capable de surmonter toutes les épreuves que la vie lui envoyait. Je savais que d'une certaine façon elle faisait ça pour se fuir ce qu'elle ressentait, mais ce faisant, elle se protégeait efficacement.
" Bonjour Aaron, me salua-t-elle avec de la tendresse au fond de ses yeux verts. Elle aussi devait savoir que je n'avais pas dormi. Tu as une tête de zombie, une nouvelle fois.
- Merci. Je savais que tu compatirais. Tu es sure que tu ne veux pas prendre quelques jours pour te remettre ?"
Elle ne daigna même pas me répondre, comme si je l'insultais, et elle me fit immanquablement penser à sa mère et à sa tête de cochon légendaire. Je poussais un soupire et me réinteressais au profil du tueur que nous essayions de coincer.
Au moins, grâce à Léna, nous avions un portrait robot partiel et quelques éléments d'où partir. Elle sortit un carnet de son sac et je devinais qu'elle avait passé un moment à noter tous les détails de la soirée au cas où.
" Sans être un génie, je peux dire qu'il est cultivé et que l'Angleterre est pour lui un point de repère fiable. Il avait un léger accent, mais il semblait comme appuyer dessus pour se différencier du reste du monde. Il mesure un mètre quatre vingt quatre, chausse du 44, chaussures italiennes.
- Et comment tu peux savoir tout ça ? Interrogea Rossi, fervent porteur d'italienne lui aussi.
- J'ai travaillé six mois dans une boutique de vêtement de luxe. Vous faîtes du 44, chaussez du 43 et je peux vous dire que vos chaussures valent moins chers que vous les avez payés. Léna eut un rictus et je ne pus m'empécher de la suivre en voyant David fixer ses pieds avec haine. Je crois qu'il est possible qu'il ait travaillé longtemps à l'étranger, notamment en Europe. Et si je devais extrapoler, je dirais qu'il a étudié à Oxford et qu'il est gay.
- Gay ? Ca ne colle pas du tout avec la nature sexuelle des crimes.
- Je sais bien, mais je crois qu'il avait une marque dans le cou. Et croyez moi, c'est le genre de chose qu'on vous fait là bas quand vous n'êtes pas aux normes. Vous cherchiez un déclencheur, je vous en offre un sur un plateau.
- Tu veux dire qu'en le 'marquant' comme sexuellement différent, il aurait pu craquer psychologiquement et entraîner ainsi une folie meutrière comme pour prouver sa puissance physique ? Ca se tient.
- Oui, je sais. Renchérit Léna, qui avait du penser au problème une bonne partie de la nuit. Je vais travailler avec Garcia sur le portrait robot."
Et elle se replongea immédiatement sur son Pc avec la blonde de Quantico. Derek et Rossi me regardèrent avec un rien d'admiration et je me rengorgeais. Oui, c'était de ma filleule dont il était question et je peux dire que je n'étais pas peu fier.
Je parlais avec Morgan du profil tout en surveillant le reste du groupe du coin de l'oeil. Rossi réfléchissait probablement en examinant ses chaussures, JJ discutait presque avec virulence avec un journaliste au téléphone. Emily revoyait les divers éléments de l'enquête tout en jetant des coups d'oeil bref vers Derek. Il aurait vraiment fallu que je sois aveugle pour manquer l'attachement qui les liait.
Reid machonnait le bout d'un crayon en associant des idées comme seul lui savait le faire. Une nouvelle fois, il était assis à côté de Léna et était tourné vers elle comme si elle était le soleil. Je ne savais pas si il s'en rendait compte, mais ça ne pouvait pas lui faire de mal de se confier enfin à quelqu'un d'autre que sa mère.
