Disclaimers :

Les personnages et tout l'univers "Harry Potter" appartiennent à JK Rowling.

Carmichael Zabini appartient à rickiss –qui me le prête, le temps de ce récit, et que je lui redonnerai juste après, avec plaisir, pour qu'elle puisse continuer ses formidables récits dans lequel il apparaît. -) – Luckyyyyyyyyyyyyyyyyy !

Le titre de la 2ème partie est celui d'un film de Pascal Chaumeil et celui de la 3ème partie est celui d'un livre de Katarina Mazetti.

Précision pour ce texte :

Personnages : Ron Weasley, Albus Potter, Scorpius Malfoy, Draco Malfoy, Blaise Zabini, Harry Potter, Rose Granger-Weasley, Lily Luna Potter, James Sirius Potter, Hermione Granger-Weasley, Hugo Weasley.

Rating : K+

Genre : Romance, Mystery, Humour – Se passe en 2022. Il y a donc quelques références à la pièce de théâtre « Harry Potter et l'enfant maudit »

NdSs : Ho ! Ho ! Ho ! Pour bien finir l'année 2018/commencer la nouvelle année, j'ai l'immense plaisir de vous offrir la suite et fin de la case 22 !

Ce texte combine également deux défis gentiment donnés par rickiss, il y a plusieurs années. Je suis ravie de pouvoir les dévoiler enfin dans ce calendrier.

Bonne lecture !


OoOo Warmer in the winter oOoO

Case bonus

(suite et fin de la case 22)

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Précédemment…

Ron était persuadé que sa fille avait un amoureux et que le nom de cet individu était inscrit quelque part entre ces symboles bizarres. Ron avait besoin de connaître le nom de sa future cible sur laquelle il jetterait un mauvais sort pour le dissuader de courtiser sa petite fille ! Il ne pouvait pas avouer cela à Zabini. À la place, il dit :

« Hermione est Ministre de la Magie, elle a assez de travail comme ça et puis vous êtes les meilleurs, non ? »

Le sourire que lui lança Zabini montrait à Ron qu'il avait visé juste. Blaise acceptait l'affaire.

*O*o*O*o*O*

Et maintenant…

2ème partie : L'arnacœur ©

Deux jours plus tard… 19 décembre 2022…

« James ! Ce n'est pas ici que la carotte doit être mise ! »

Ron observa son meilleur ami gronder son fils aîné. Harry, James et Lily construisaient un bonhomme de neige dans un parc sorcier londonien. James ne sembla pas du tout affecté par la réprimande de son père. Depuis son divorce, Harry tentait vainement de jouer une figure parentale autoritaire. Avec trois adolescents, la moitié du temps chez lui, ça n'était pas facile tous les jours.

Ron, qui mangeait des marrons chauds dans un cornet rouge estampillé de sapins verts, glissa un peu sur le banc pour se rapprocher de son neveu préféré assis à ses côtés.

Albus Severus lisait un livre d'arithmancie avec concentration. Ron avait presque des scrupules à le déranger. Presque.

Ron avait besoin de lui demander un service et il avait enfin l'occasion de le faire, à l'abri des oreilles indiscrètes. Il avait donné des pièces à Hugo et sa sœur pour qu'ils aillent chercher un chocolat chaud pour tout le monde.

« Dis-moi, mon petit Al, tu aimes bien le fils de Malfoy, n'est-ce pas ? »

Albus leva lentement la tête de son grimoire et la tourna vers son oncle. Ses grands yeux verts le fixaient avec étonnement et curiosité, mêlée à une appréhension. Il ajusta une mèche dans son bonnet d'hiver à pompon et dit :

« Euh, oui. »

« Bien ! Super ! Extra ! »

Albus sursauta devant l'enthousiasme soudain de son oncle. Il ramena le livre fermé contre sa poitrine et leva ensuite un sourcil interrogateur. Ron eut l'impression bizarre et familière de reconnaître quelqu'un d'autre. Il chassa cette pensée très rapidement pour en revenir au problème qui le taraudait.

« Je vais te parler honnêtement mon petit Albus… »

Albus vacilla légèrement mais garda pour lui la remarque qu'il n'était plus « petit » afin de ne pas blesser son oncle qui était lancé dans un laïus complexe, passionné et par moments conspirateur, qui dura bien cinq minutes.

Quand il eut fini, Albus demanda pour clarifier les choses :

« Tu voudrais que je courtise mon meilleur ami Scorpius car ça l'éloignerait de Rose que tu penses amoureuse de lui ? »

« Tu as tout compris, mon petit Albus. Alors, tu acceptes ? »

Albus cligna trois fois des yeux, lentement, puis éclata de rire. Un rire franc et joyeux qui dura plusieurs marrons chauds avalés. Ron ne comprenait pas ce qu'il y avait d'aussi drôle. Sa blague sur la harpie, le guérisseur et le Mimbulus Mimbletonia : ça, c'était à se rouler par terre ! Pas ce qu'il venait de dire. C'était une mission très sérieuse qu'il confiait à son neveu.

Ron avait d'abord pensé à Lily, mais cette dernière avait avoué, trois ans auparavant, lors d'un repas en famille, vouloir se marier plus tard avec Carmichael Zabini, le fils unique de Blaise Zabini. Ron avait rigolé et nargué Harry sur le fait d'avoir Zabini comme membre par alliance dans sa famille.

Flashback

« Tu mérites bien mieux que ce prétentieux arrogant qui drague toutes les filles qui croisent son chemin, Lily ! » protesta Rose.

« Tu dis ça uniquement parce que tu es jalouse. » riposta Lily.

« N'importe quoi. Je n'ai pas du tout envie qu'il s'intéresse à moi. J'ai bien assez à faire avec ce boulet de Scorpius qui me tourne autour. »

« Scorpius n'est pas un boulet ! C'est le plus adorable des garçons. Excuse-toi tout de suite ! » gronda Albus en se levant de sa chaise, faisant sursauter Hugo assis à ses côtés qui se servait un verre de grenadine et en renversa un peu sur la nappe blanche avec des bonhommes de neige.

« Les enfants ! Du calme, s'il vous plaît ! Albus, assieds-toi. »

Albus regarda son père, avec colère et tristesse. Sans un mot, il quitta la table et la salle à manger.

« Albus… Albus Severus Potter, le repas n'est pas fini, alors reviens ici ! » Harry se leva de table, pour courir après son fils, mais Hermione l'en empêcha. D'un coup de baguette, elle nettoya la tache que son fils, penaud, tentait de dissimuler avec une serviette en papier.

« Rosie, va présenter des excuses à ton cousin. Tout de suite. Et dis-lui de revenir pour le dessert. »

Avec réluctance, Rose fit ce que sa mère lui ordonna.

Cinq minutes plus tard, le dessert était servi dans un grand silence. Rose revint avec Albus qui s'excusa auprès des membres de sa famille.

Quand les premières bouchées furent avalées et les compliments donnés aux deux chefs pâtissiers du jour : Harry et Lily, Hermione demanda :

« Tu es bien calme, James. Un souci ? »

« Teddy me manque. » avoua le jeune garçon en picorant un morceau de tarte.

« Il était là hier et il reviendra demain. Sa grand-mère aussi a le droit de passer du temps avec lui. »

« Maman me manque. » lança Albus, le ton plein de reproches, envers son grand frère ou son père, nul n'aurait su le dire. « Je peux sortir de table, papa, s'il te plaît ? »

Harry soupira, puis acquiesça. Il suivit des yeux son fils qui monta l'escalier pour rejoindre sa chambre.

Deux semaines auparavant, Ginny et lui avaient annoncé à leurs trois enfants qu'ils avaient décidé de divorcer.

Harry questionna Hermione :

« Tu penses que je devrais aller lui parler maintenant ? »

« Hm. » Hermione pesait le pour et le contre. En entendant la musique venir de la chambre de l'adolescent, elle conseilla de lui laisser un peu de temps et de remettre au soir la discussion avec son fils cadet.

Elle lui posa une main réconfortante sur le bras avant de la retirer pour leur servir une autre tasse de thé.

Les conversations reprirent très vite après et la bonne humeur et l'ambiance chaleureuse regagnèrent leur place.

Alors que les assiettes, les couverts, les verres et les plats étaient magiquement débarrassés, et des manteaux boutonnés, Ron se tourna vers sa nièce pour lui dire :

« Tu ne veux pas avoir Blaise Zabini comme beau-père, crois-moi, Lily. »

Hermione soupira, exaspérée, derrière lui. Elle faisait les bises à Albus quand Ron avait parlé. Albus serra sa tante dans les bras.

« C'est vrai qu'il est beau. » admit Lily avec un soupir rêveur.

« Je… ce n'est pas… » tenta d'expliquer Ron, mais la jeune fille enchaîna :

« Il est beau et riche et assaisonné. »

Tous les regards se tournèrent vers Lily.

« Assaisonné ? » interrogea Hermione, avec curiosité.

« Tu veux dire attentionné, ma petite licorne ? » questionna Harry.

« Non, assaisonné. » dit-elle comme si c'était une évidence. « Il sent les épices comme le parfum de tante Luna. »

« Ah. »

Fin du flashback

C'était il y a trois ans, mais Lily avait toujours pour ambition d'épouser un Zabini. Ron croisa les bras sur son torse, plein de miettes d'écorces de marrons qu'il épousseta de la main, avant de recroiser les bras.

« Tu es trop drôle, tonton Ron. »

Pourquoi personne ne le prenait au sérieux ?!

Son esclandre eut le mérite de calmer le fou rire d'Albus.

« D'accord, calme-toi, tonton Ron… Je parlerai à Scorpius. Et si ça peut te rassurer, sache que Rose n'aime pas Scorpius de cette manière-là. Et inversement !»

« Ouais, bah je compte sur toi pour que ça le reste !... Ah voilà les chocolats chauds ! »

Hugo portait prudemment un grand porte-gobelet rempli de plusieurs gobelets contenant les boissons chaudes.

« Merci mon trésor. Où est ta sœur ? »

« Elle arrive, elle discute avec un ami. »

« Quel ami ? »

Ron se leva du banc et se retourna. Il vit sa fille en pleine conversation avec un individu grand, dont le visage était dissimulé sous une cape noire. Ron fronça des sourcils.

« Rose ! » cria-t-il, mais elle semblait ne pas l'entendre à cette distance. L'inconnu porta une main dans son manteau. Il allait peut-être agresser sa fille… Vite, Ron, posa les gobelets qu'ils tenaient en mains et alerta Harry. Ce dernier mit quelques secondes à réagir, mais en voyant son meilleur ami piquer un sprint dans la neige, baguette à la main, il lui emboîta le pas. L'inconnu, qui venait de donner quelque chose à Rose, n'avait aucune chance de s'échapper indemne de là.

« Papa ! Qu'est-ce que… »

L'agresseur fut plaqué au sol et ligoté, à l'aide d'un sort.

« Tout va bien, Rosie… Je maîtrise la situation… » indiqua Ron, qui reprenait son souffle, assis à moitié sur l'agresseur. Il enleva la cape de l'inconnu pour en dévoiler son visage :

« Malfoy ?! »

« Gjddfkk »

« Draco ? … Ron ! Tu peux lui enlever son bâillon ? »

« Finite »

« Non, mais t'es un grand malade ! Tu es lourd, dégage. » Ron s'exécuta et aida le blond à se relever. « Qu'est-ce qui t'a pris de te jeter sur moi comme ça, Weasley ?! »

« Draco, calme-toi. C'est un malentendu, n'est-ce pas Ron ? »

« Ne me donne pas d'ordre, Potter, et enlève-moi ces menottes. »

Harry obtempéra et, il rougissait légèrement –d'avoir couru, sans doute – et un drôle d'échange de regards passa entre Draco et lui.

Ron s'imaginait des trucs. La course de vitesse n'était plus de son âge.

« J'ai cru que… laisse tomber. J'ai fait une erreur et je… m'en excuse, Malfoy. »

« Excuses acceptées, Weasley. »

Son ton n'était pas des plus sincères, mais Ron supposait qu'il n'obtiendrait pas mieux de cet homme.

« Qu'est-ce que tu fais ici ? Tu n'étais pas cloitré dans un chalet de montagnes en France ? »

« Qui t'a dit ?... »

Draco tourna la tête vers Harry qui se grattait l'oreille. Il avait sa réponse.

« Quoi ? Tu voulais que ça aussi, ça reste secret ? » demanda Harry exaspéré.

Ron avait l'impression qu'il lui manquait une information capitale pour bien comprendre cette phrase énigmatique. Ron voyait des messages cachés partout ces derniers temps. Cela lui rappela la raison première à tout ça :

« Rose ! Tu vas bien ? C'est quoi ce… truc ? »

« C'est Bigoudi, le nouvel animal de compagnie de ma mère. C'est un croisement entre un Murlap et un Croup. »

Rose redonna la créature à Draco. Le Murlap se mit à lécher le visage de Draco qui réprima un sourire malgré son aversion.

« Il est trop mignon. » dit Rose, attendrie, en caressant la tête de Bigoudi.

« Je suis d'accord. »

Ron et Draco lancèrent un regard surpris à Harry qui fut pris d'une quinte de toux soudaine.

Draco secoua légèrement la tête, désabusé. Il expliqua :

« Je le promenais, quand Rose a croisé mon chemin. On parlait quand… vous connaissez la suite. »

Draco enfouit la créature dans son manteau pour le protéger du froid. Ron songeait plutôt que c'était pour le dissimuler, car il avait honte d'être vu avec cette bestiole ridiculement adorable qui aimait lécher la peau de Malfoy. Il lui fit remarquer :

« Il ne faut pas faire ça : c'est dégoûtant. Tu ne sais pas où il a trainé. »

« Ça va, ça chatouille juste. »

« Je parlais à Bigoudi.»

Malfoy le fusilla du regard, il serra les dents et se retint de mettre son poing dans la figure du rouquin.

« Monsieur Malfoy, j'ai été ravie de vous parler. A très bientôt. Papa, vient, ton chocolat chaud va refroidir.»

Rose emmena son père loin des deux autres sorciers qui vit-elle, en tournant la tête, échangèrent quelques mots puis la main de son oncle retint la manche du père de Scorpius… et le tira vers lui. Rose regarda devant elle, un sourire aux lèvres.

Harry et Draco rejoignirent toute la petite troupe, quelques minutes plus tard. Albus regretta l'absence de Scorpius, resté chez ses grands-parents au Manoir, mais se consola comme il put, avec Bigoudi.

Quelques minutes plus tard, Ron sentit le Gallion dans sa poche chauffer. C'était Zabini. Il l'informait qu'il avait réussi à traduire le journal de sa fille. Ron demanda à Harry s'il pouvait surveiller ses deux enfants, pendant son absence, qui ne serait pas très longue. Ron voulait juste avoir le nom du prétendant de sa fille. Le reste, il pourrait lire le reste plus tard.

« Pas de problème, Ron. Prends tout ton temps. »

Ron se leva du banc et se tourna vers les deux hommes entre lesquels il avait été assis et qui semblaient tendus. Ron réajusta son écharpe et dit :

« D'accord. Évitez de vous sauter au cou pendant mon absence. Okay ? »

Draco énonça en même temps que Harry, si bien que Ron ne comprit pas tout, juste l'essentiel… :

« Je ne peux rien promettre de mon côté. »

« Bien sûr ! Promis ! A tout à l'heure, Ron. »

Ron les salua et disparut, loupant à une seconde près le glissement tout en finesse, sur le banc, des deux hommes l'un vers l'autre.

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3ème Partie : Le mec de la tombe d'à côté ©

Ron transplana jusqu'au lieu indiqué par Blaise. L'endroit surpris Ron, mais il supposait que pour régler une affaire discrète, c'était un choix pertinent. Ils étaient seuls.

Zabini l'attendait debout devant une tombe. Ils étaient dans un cimetière. A Godric's Hollow.

Sans un bonjour, Blaise tendit une grosse enveloppe à Ron. Ce dernier l'ouvrit et fut surpris en découvrant les pièces d'or et d'argent avec la réplique du journal de sa fille.

« Pourquoi… ? » commença Ron.

« J'ai échoué à tout traduire et le peu que j'ai traduit m'a fait comprendre dans quelle sale affaire tu m'as embarqué, Weasley ! Je ne suis pas un expert en traductions anciennes sans scrupules. Le journal intime de ta propre fille ! Non, mais franchement ! Quel genre de père es-tu ?»

« Dis-donc, ne me fais pas la morale, espèce de vieux Mangemort ingrat. »

« Je n'ai jamais reçu la Marque, abruti ! Et j'ai six mois de moins que toi, alors si y'en a un qui est vieux ici, c'est toi ! »

Zabini transplana, sans un mot supplémentaire. Ron soupira, agacé. Il marcha un peu et vint s'asseoir sur un petit banc sans dossier, installé dans une allée. Il prit le carnet et l'ouvrit. Il le feuilleta rapidement et tomba sur une des dernières pages traduites. Il y avait plusieurs symboles avec un point d'interrogation à côté de chacun. Ce que Blaise n'avait pas réussi à traduire, semblait-il. Il y avait une autre annotation sur un post-it de l'écriture penchée de Blaise. Ça tu peux le lire, Weasley !

*O*o*O*o*O*

12 décembre 2022

Cher journal, aujourd'hui, je me suis rendue avec Albus et Scorpius au cimetière de Godric's Hollow…

Flashback

« Je ne sais pas pourquoi tu prends ces cours, Scorpius. C'est tellement ennuyeux. »

« Tu as le niveau buse, en arithmancie. Quand tu vas jusqu'au niveau requis pour les aspics, ça devient plus un rassemblement social qu'un cours formel. C'est plutôt fun. »

« Aucun des mots que tu viens de dire n'a de sens. C'est le truc le plus absurde que je t'ai entendu dire.»

« Tu devrais essayer de lire un des ouvrages que je t'ai conseillés, avant de critiquer. Je suis sûr que tu changeras d'avis.»

« J'en doute fortement. »

« Chut, tous les deux, je ne vous ai pas emmenés ici pour vous entendre vous disputer. »

« Tu ne nous as pas dit ce qu'on fait ici. Les cimetières me mettent mal à l'aise. »

« Albus ne te l'a pas dit ? »

« Il ne m'a pas dit quoi ? »

« Je euh… »

« Il pense que son père voit quelqu'un en secret. » Albus avait découvert – un peu par hasard - que son père prenait vingt minutes de sa pause-déjeuner, tous les jours, pour partir ailleurs. Où allait-il et que faisait-il pendant ce temps ? Albus se le demandait. Il avait enquêté, avec Rose. Scorpius l'avait accompagné sans poser de questions. Ils entrèrent dans un petit bâtiment en pierre et montèrent en file indienne l'escalier étroit menant au sommet.

« Ah, c'est une bonne nouvelle, non ? »

« Je ne sais pas trop. »

« J'ai dit à mon père que s'il voulait tomber amoureux de quelqu'un d'autre, ça ne me dérangerait pas. Maman voudrait qu'il ne soit pas tout seul. »

« Je ne comprends pas pourquoi mon père ne nous le dit pas simplement. »

« Pour la même raison que tu lui caches ta liaison avec Scorpius ? »

« Je… comment… ? »

« Pff, plus évident que le nez crochu du professeur Snape au milieu de la figure, tu meurs. »

« Tu peux parler, tu sors bien avec… »

« Chut ! J'ai entendu un bruit. Planquez-vous. »

*O*o*O*o*O*

Rose, Scorpius et Albus se tenaient près de la fenêtre de la petite bibliothèque où étaient stockés les archives et registres (classés par nom de famille) des personnes inhumées dans le cimetière, attenant à la chapelle. Ils avaient une vue parfaite sur l'ensemble du cimetière et en particulier les deux individus qui venaient d'y transplaner à dix secondes d'intervalle, qui marchèrent le long des allées. Ils déposèrent chacun un petit bouquet de fleurs sur deux tombes séparées de quelques mètres.

Rose lança un sort pour entendre ce qu'ils disaient…

*O*o*O*o*O*

« Qu'est-ce que tu as acheté ? »

« Des baies de goji. Tu veux goûter ? »

« Tu es sûr que ça se mange ? » questionna Harry.

Draco ne répliqua pas. Ils prirent place sur un petit banc dans l'allée et Draco donna le sachet à Harry qui hésita avant de piocher une baie et de la fourrer en bouche.

« Argh, c'est quoi cette horreur ? » Harry recracha la baie dans son gant et fit disparaître le tout d'un geste de la main. « Hop, disparu. »

« Hé ! Je les aime moi ! »

« Sois reconnaissant que je ne te jette pas toi pour manger des trucs aussi dégoûtant. »

« Tu es un crétin, Harry. »

Harry haussa des épaules puis lui donna un bout de papier.

Draco déplia la lettre et se mit à la lire en fronçant des sourcils.

« Je sais parler cinq langues, déchiffrer dix-huit types d'écritures différentes et pourtant je suis incapable de lire ce que tu as écrit sur ce parchemin, Potter. »

Perplexe, Harry indiqua : « C'est écrit en lettres majuscules : "Veux-tu dîner avec moi ce soir ?" »

Draco plia le papier et le mit dans la poche de son manteau d'hiver. Il répondit, avec un petit sourire en coin :

« Avec plaisir, Harry. 19 heures, au Lutin Farceur ? »

« D'accord… Tu avais réussi à le lire, n'est-ce pas ? »

« Bien sûr, je suis le meilleur cryptologue sorcier qui existe. Je voulais juste t'entendre me poser la question à voix haute. »

« J'hésite entre te jeter un maléfice Cuisant ou t'embrasser. »

Draco n'hésita pas et aida Harry dans son dilemme, en choisissant la seconde option.

*O*o*O*o*O*

Ron ferma le livre, choqué. Il transplana dix minutes plus tard. Il avait quelques questions à poser à son meilleur ami et Malfoy qu'il retrouva comme il les avait laissés – sur le banc dans le parc - et ne manqua pas de remarquer que leurs mains étaient jointes avant de se séparer abruptement.

Ron ouvrit la bouche, prêt à… à quoi, il ne savait pas vraiment. Ils étaient deux adultes libres et consentants après tout. Ce n'est pas ce qu'il dirait qui changerait quelque chose.

« C'est bon, vous avez le droit de vous tenir la main quand je suis là. »

Ron se mit assis sur le banc, à côté d'Harry, puis jeta un sort pour réchauffer son gobelet de chocolat chaud qu'il but en silence.

*O*o*O*o*O*

Une semaine plus tard…

« Weasley, je peux enfin savoir ce que je fais là ? » demanda Blaise.

Les deux hommes étaient aux Trois Balais. Ron commanda le premier truc qu'il vit sur la carte et offrit la même chose à Zabini. Ron montra les pages dupliquées avec les inscriptions que Blaise n'avait pas réussies à déchiffrer. Il l'informa :

« Ce ne sont pas des runes. »

« Alors c'est quoi ? »

Flashback

Ron lisait sa B.D. nouvellement acquise le matin même, à Noël, allongé dans son lit, quand Hermione apparut à la porte de la salle de bain attenante à leur chambre, dans une nuisette rouge transparente très sexy… Sa lecture des Aventures de Martin Miggs, le Moldu Fou, attendrait plus tard…

Fin du flashback

« Tu peux passer cette partie. Et en revenir à ma question… »

Flashback

« Ce ne sont pas des runes. » dit Hermione, une heure plus tard. Ron n'arrivait toujours pas à dormir. Il fallait qu'il sache ce que signifiaient ces gribouillis très ordonnés. Il les avait montrés à Hermione qui, du premier regard, sut de quoi il s'agissait.

« Alors c'est quoi ? »

« Un QR code. C'est moldu. C'est une sorte de code-barres qui se lit avec une application sur un smartphone. »

« Ma chérie, j'aime quand tu me parles de façon savante, mais là, j'ai besoin de comprendre ce que ça veut dire. »

« Je vais te montrer, ça sera plus simple. »

Hermione sortit un téléphone portable du tiroir de sa commode. (Elle l'utilisait pour communiquer avec ses parents) Elle fit glisser son doigt sur l'écran, appuya dessus à plusieurs reprises, puis elle prit en photo un des codes. Ron était impressionné.

« J'ai scanné le QR code et voilà le résultat. Huh, intéressant. C'est une inéquation. » Elle se mit à l'énoncer à voix haute : « 9x - 7 i 3 supérieur à (3x - 7 u) »

Génial, songea Ron. Encore une énigme…

« Passe-moi le bloc-notes avec le stylo s'il te plaît. »

… Qu'Hermione allait résoudre ! Parce que c'était la meilleure ! Elle griffonna l'équation mathématique et se mit à la calculer.

Pendant ce temps, Ron prit en photo son pouce… mince c'était sensible, cet appareil, puis un autre QR code.

Une image apparut. C'était Rose avec…Oh. Oh !

Fin du Flashback

« Avec qui ?! Bon sang, Ronald ! Crache le morceau. »

Flashback

« Ah ! J'ai trouvé ! Ron, regarde.»

Ron vit sans vraiment le voir les lignes de calculs écrites par sa femme.

9x - 7i supérieur à 9x - 21 u

-7 i supérieur à - 21 u

7i inférieur à 21 u

i (inférieur à) 3 u

i 3 u

« C'est mignon, le résultat veut dire « je t'aime ». Ron ? T'es tout pâle… tu trembles…»

Hermione prit sans peine le téléphone des mains de son mari et écarquilla les yeux puis cacha le téléphone contre sa poitrine.

« Ronald Weasley ! »

Hemione se mit à scanner deux autres codes QR .

« Où as-tu trouvé ces codes ? »

Ron était inquiet. Il ne pouvait pas lui mentir. Elle le saurait tout de suite.

« Dans le journal intime de Rose… »

« Dans le quoi ?! »

Hermione le gourmanda copieusement et elle lui fit la morale et un sermon qui dura des heures.

Ron, penaud, acquiesça à chacune de ses paroles. Son esprit était pourtant ailleurs. Il avait enfin le nom et le visage et le torse nu (oh Merlin, il espérait ne pas en découvrir plus) du prétendant de sa petite fille chérie.

Fin du flashback

« Mon fils ?! Avec ta fille ?! »

« Ne sois pas si surpris, papa. »

Blaise et Ron sursautèrent, surpris par l'intervention de Carmichael, qui tenait Rose par la main. Les deux adolescents venaient d'arriver à leur table.

« Tu m'as bien dit un jour que tu trouvais qu'on avait la Ministre de la Magie, la plus sexy de la planète. »

Blaise fit un grand sourire contrit à Ron qui le fusillait du regard et se justifia d'un simple : « J'aime ma femme. C'était il y a longtemps. Bah quoi, c'est la vérité, non ? Tu le penses aussi mon cher Ronald. Ose dire le contraire de ta femme. »

Ron n'eut pas d'autre choix que d'abdiquer et d'acquiescer.

« Moi, je trouve sa fille encore plus…»

Rose posa une main sur la bouche de Carmichael qu'elle tenait par le bras, pour le faire taire :

« Chut… il vaudrait mieux que tu ne dises plus rien. Papa, tu peux nous prêter la clef de ta voiture, s'il te plaît ? »

Ron aurait refusé s'ils n'avaient été que tous les deux, mais heureusement Albus et Scorpius les accompagnaient. Les deux garçons étaient en retrait un peu plus loin et se chuchotaient des choses à l'oreille. Un observateur attentif aurait vu les deux adolescents se tenir la main et rougir légèrement. Ron regrettait ce temps, quand il était encore un ignorant inattentif. Il balaya ses réminiscences et tendit la clef accrochée à un porte-clés fabriqué par les mains de sa fille quand elle avait à peine quatre ans. Merlin que le temps filait à une de ces vitesses. Ron la revoyait enfant lui donner son cadeau de fête des pères fait main et aujourd'hui elle avait l'âge de conduire la Ford Anglia. Elle le remercia d'un bisou sur la joue… qui n'était mouillée que parce qu'il faisait trop chaud dans ce bar et non parce que… okay, d'accord, Ron était un homme… un papa émotif. (Et alors ?) Il était également prévenant et il se souciait de la sécurité de ses enfants. Ron indiqua :

« Tu feras attention en passant les vitesses. Elle est capricieuse en ce moment. Et soyez rentrés pour onze heures ! »

« Tu veux dire : minuit ! »

Ron grogna. Ça lui apprendrait à se mêler des affaires qui ne le regardaient pas.

« D'accord, minuit. »

Les quatre adolescents quittèrent le bar.

Deux minutes plus tard, Draco et Harry rejoignirent leurs amis à table.

« Qu'est-ce qu'on a manqué ? » demanda Harry en s'asseyant à côté de Draco. Très près de lui. Plus près et il finirait sur ses cuisses. Ce qui n'avait pas l'air de gêner du tout Draco qui arborait un sourire hautement satisfait. Il avait l'air comblé. Ron ne voulait pas imaginer ce que les deux hommes avaient trafiqué ensemble pendant ses dix minutes dans les toilettes pour hommes.

Les boissons arrivèrent. Ils trinquèrent.

« Je meurs de soif. » annonça Harry en buvant la moitié de sa bieraubeurre bien fraîche.

« Tu m'étonnes. » répliqua Blaise, en écho aux pensées de Ron, qui recracha un peu de sa boisson par le nez.

Harry piqua un fard et donna un cou de coude dans le ventre de Draco qui rigolait. Ron avait envie de se venger et lui faire perdre son sourire. Aussi, il informa le… argh… Allez, il fallait bien qu'il l'admette un jour… le compagnon de son meilleur ami :

« Tu seras ravi d'apprendre, Malfoy, que ton fils ne court plus après ma fille… Ou les filles en général.»

Draco dévia son regard (il fixait amoureus… avec un air stupide, Harry) pour le poser sur Ron, avec un haussement de sourcil interrogateur qui se transforma en une moue de désolation.

« Ah Weasley, toujours aussi lent à la détente. Même Harry a compris, il n'y a pas si longtemps. »

Draco ignora les « Hé ! » de protestation des deux Gryffondors. Il passa un bras autour des épaules d'Harry, puis dit :

« Ce n'est un secret pour personne : les Malfoy ont toujours eu un faible pour les Potter mal peignés aux yeux verts. »

Draco attira Harry jusqu'à lui et l'embrassa ardemment.

Blaise et Ron s'offusquèrent en même temps de n'avoir aucune pitié pour leurs yeux et firent signe à un serveur de leur apporter une autre tournée.

Les quatre hommes rigolèrent et finirent par trinquer à la santé de leurs enfants.

FIN