Chapitre 24.

La Chute.

- C'est Sébastian! Sébastian a été touché!, cria Charlie.

Ciel ouvrit alors grand la bouche et les yeux, morte de peur.

- Ah! Sébastian!...Sébastian!

L'expression de Sébastian était identique à celle de Ciel. Il sentait clairement le sang couler de sa plaie. Effrayé, il décolla des bras supporteurs d'Axel et Charlie et boita vers Ciel, ses mains ensanglantées tendues vers elle.

- Ciel!...Ciel…Cie…ahhh…

Et il s'effondra sur les pierres du pont. Ciel descendit aussitôt les quelques marches qui les séparaient et se jeta sur lui en le secouant désespérément.

- Sébastian! Sébastian!...SÉBASTIAN!

Elle se pencha sur son cœur…il battait toujours.

- Ah!...Vite! Il faut le faire soigner! Pitié! Y aurait-il un médecin parmi nous?!

- Ciel!, s'écria Axel. Il faut le faire transporter à nos anciennes barricades. Nous ne sommes pas bien installés ici pour le soigner.

- Mais…

- Ciel!

Clac! Axel lui mit une gifle pour lui ramener les idées en place. La jeune femme secoua la tête et tonna aux fidèles de la Reine.

- Écoutez tous! Les gardes royaux, restez ici avec la famille royale et les hors-combats! Axel, ma tante, Bard, Finny, Charlie, et une dizaine d'hommes m'accompagneront pour faire soigner Sébastian!

Tous acquiescèrent et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, les 17 hommes et femmes filèrent comme le vent vers leurs anciennes défenses. Rien n'aurait pu freiner Ciel pour sauver Sébastian…rien. Pas mêmes mille fusils braqués sur son cœur. Il lui semblait que c'était une part d'elle qui s'envolait. C'était comme si elle ne luttait pas contre des hommes, mais contre des ténèbres.

Les barricades n'étaient pas trop endommagées. Doucement, ils transportèrent Sébastian à l'intérieur et un médecin s'occupa de lui. Pendant ce temps, les autres montaient la garde. Mais Ciel ne pouvait s'empêcher de se faire un sang d'encre pour Sébastian. En le transportant jusqu'ici, il avait l'air si pâle et souffrant. Elle priait de tout son être que ce n'était pas grave.

. . .

Une heure plus tard, Ciel s'étant endormie, le médecin alla voir Axel et Charlie.

- Alors docteur, demanda Axel. A-t-il une chance d'en rescaper?

- Hélas, la balle est logée trop près du cœur. Tenter une opération relèverait du suicide et ne servirait qu'à l'achever. J'ai le déplaisir de vous dire qu'il y a peur de chances qu'il soit encore en vie demain.

- Oh non! Oh non!, pleura Charlie dans les bras d'Axel.

- Chuuut! Ce n'est pas nous qui devrions pleurer, Charlie, mais Ciel. Réveillons-la doucement pour qu'elle reste avec Sébastian jusqu'à la fin.

Charlie hocha doucement la tête et alla secouer Ciel. Celle-ci émergea de son sommeil léger.

- Alors? Va-t-il bien?

- Pourquoi n'iriez-vous pas le voir, se détourna Charlie.

Ciel haussa un sourcil et se précipita au chevet du blessé. Sébastian était pâle comme la mort et transpirait à grosses gouttes en haletant dans son modeste lit de paysan. Quand il la vit, un sourire illumina son visage et il tendit la main vers elle difficilement. Ciel l'attrapa aussitôt et la serra dans la sienne, s'assoyant à ses côtés. Son autre main caressait ses sombres cheveux.

- Ciel…Ciel…dis-moi, fait-il encore jour?

- Oui, pleurait Ciel…Il fait un soleil magnifique.

- Mais qui a-t-il?...Pourquoi pleures-tu?...Je t'en prie Ciel…

Les larmes doublèrent d'intensité devant les yeux toujours aussi brillants et remplies d'amour de Sébastian.

- Oh Sébastian…promets-moi une chose. Je t'en supplie…Quand tout cela sera fini et que ce ne sera qu'un mauvais souvenir, pro…promets-moi que tu m'emmèneras loin de cet enfer et qu'on se mariera…Pitié…jures-moi qu'un jour, je serai ta femme…Si tu savais comme je t'aime, Sébastian. Tu es tout pour moi. Sans toi, je suis perdue.

- Aaahhhh…moi aussi Ciel. Je peux bien te l'avouer….Tu as toujours été le seul être qui me retient à la vie…Je t'aime tant…tant Ciel.

Les larmes de Sébastian s'ajoutèrent à celles de Ciel qui ne semblaient plus pouvoir s'arrêter et qui augmentaient toujours.

- Je t'en prie Ciel…dis-moi…est-ce que…est-ce que je vais mourir?

Un lourd silence s'installa dans le régiment de la Résistance. Ciel l'ignora et dit.

- Mais où vas-tu chercher de pareilles sottises? C'est ridicule.

- Oui…tu as raison…je ne peux mourir quand tout commence…Ce serait trop bête…alors que…nous découvrons enfin notre…notre amour…et qu'une nouvelle ère s'ouvre…Oui, trop bête…alors que j'ai perdu tant d'années à t'aimer en silence…Tu es enfin à moi…pour l'éternité…Je ne veux pas mourir…Ciel…

- Oui…Tu vivras Sébastian et nous irons par monts et par vaux où bon te sembleras. Nous aurons des moments de peine et de joie. Nous nous aimerons comme personne ne s'est jamais aimé…Nous serons heureux…Toi et moi, rien que nous…libres…Libres de nous aimer et tu découvriras tous les trésors d'amour que j'ai pour toi…

Ciel garda alors le silence, s'attendant à ce que Sébastian lui réponde…mais le seul sifflement du vent lui répondit. Elle eut alors très peur…

- Ah!...Sébastian! SÉBASTIAN!...

Sébastian était complètement immobile. Sa poitrine ne se soulevait plus au rythme de la respiration…la vie l'avait quitté.

- AH!

Charlie, comprenant la situation, éclata en sanglots contre la poitrine d'Axel qui lui caressa le dos de réconfort. Les autres présents ôtèrent leurs couvre-chefs et baissèrent la tête. Mais Ciel était certainement la plus atteinte. Perdant toute dignité, elle s'effondra sur lui en serrant ses vêtements.

- SÉBASTIAN! MON AMOUR!…Sébastian, je t'aime Sébastian! Reste avec moi! Nooonn!...Sébastian je t'aime…ne pars pas…pitié…