Bonjour bonjour mes poussins !

Quel temps ! Quel soleil ! AAAAAAh quel plaisir de s'habiller autre qu'en mettant des pulls :) je sais pas vous mais j'espère que ça va durer !

Gros merci aux reviewseuses ;p normal ! Dean a un costume pour l'hiver grâce à vous, c'est généreuuuuux !

Bonne lecture !


Chapitre 25

Le score grimpe vite, le souafle vole d'un bout à l'autre du stade à une vitesse folle. Gryffondor est en tête. Largement. Je suis tendue comme un arc à scruter le moindre déplacement de Kelly qui se démène avec Théophile à ne pas céder un pouce de terrain. J'ai mis une échappe et un bonnet jaune et rouge et j'applaudis à m'en bruler les mains au moindre point de Gryffondor. Assise dans les gradins de Serpentard, je passe pas inaperçue. Je n'allais pas être aux côtés de ceux qui m'ont trahi et m'on jeté sans le moindre remord. Et au fond de moi j'ai l'égoïste envie qu'ils perdent, qu'ils se prennent la raclée de leur vie pour me venger. Mais surtout, pour qu'ils prennent conscience que j'étais importante dans cet équipe, qu'on formait un tout solidaire et que sans ça on ne peut pas fonctionner.

Jake à ma droite pioche dans mon paquet de chocogrenouille tandis qu'à ma gauche Fingal est en train de tenter de lire sa revue, ayant déclaré que ce sport et cette équipe ne méritait pas son attention. Crix suit silencieusement le match. Brusquement un mouvement craintif collectif se fait entendre dans les gradins des Poufsouffles lorsque Kaori manque de se faire éjecter de son balai par un cognard, rentre dans Kelly qui lui envoie un coup de pied. Elle évite la chute in extremis. Je retiens mon souffle.

« Ça c'est bien envoyé ! approuve Jake fièrement.

- Elle l'a carrément assommé ! hoché-je la tête.

- Une pichenette, contre Crixus.

- Peut être mais une pichenette qui a failli envoyé Kaori au tapis, défendé-je.

- C'est pas bien difficile en même temps, commente Fin par-dessus son magasine.

- Elle a juste failli, me réplique Crix.

- Elle va réussir, sourié-je. Ai un peu confiance !

- ET BAM DANS SA GUEULE ! ricane Jack. »

J'ai juste le temps de voir Thibault renvoyer le cognard, qui ils ont touché ? Mais aussitôt mon attention est reportée sur Lana et Iris, qui se sont soudain lancés dans un sprint en rase-motte. Mon cœur se contracte, c'était ma place. Je n'ai pas le temps de m'appesantir sur le poids posé sur mon ventre car aussitôt elles tourbillonnent aux pieds des anneaux de Max. Et d'un coup les voilà qui s'envolent vers le ciel grisâtre. Merlin, supplié-je, faites que Lana l'attrape. Faite que cette peroxydée à la manucure digne d'une gamine de douze ans montre pourquoi elle est capitaine. Elle et Iris sont au coude-à-coude, le stade hurle et je reste complètement muette. Je me lève, comme pour mieux voir. Et soudain, Iris s'arrête et lève le poing. On ne peut pas voir son visage mais j'entends d'ici Linus Caul s'écriait dans le microphone :

« Sullivan Iris récupère le vif d'or et Pouffsouffle remporte ! 200 à 190 !»

Je me laisse tomber sur le banc. Toute la tension me quitte. Ne laissant derrière elle qu'un goût amer au fond de ma gorge. Alors c'est fini. Ils ont gagné. A dix points près mais ils ont gagné. Sans moi. Ils n'ont pas eu besoin de moi. Je n'étais pas si importante que ça au final. Je reste un instant prostrée à revenir soudain dans mes chaussures, à me rendre compte que je me suis surestimée. Un peu trop avancée. Encore. Jake à côté de moi s'écrit que ya faute mais personne ne l'entend. Moi-même c'est à peine si je me rends compte de ce qu'il dit.

Oh Kelly… Elle qui voulait tellement gagner pour moi. Je ne peux pas m'apitoyer, ça ne ferait qu'enfoncer le clou. Je me braque, et accroche un air calme à mon visage tandis que Jake lance :

« On va voir Kelly ?

- D'accord, hoché-je la tête.»

Je me détourne du terrain où tous les membres de mon équipe se sautent les uns sur les autres en criant victoire. La boule au ventre et les yeux rivés sur le sol. Je ne sais pas si je vais arriver à supporter la sortie tapis rouge du stade de mon frère. Je ne sais pas, j'ai envie de pleurer de colère. C'est tellement injuste. J'en ai les mains qui tremblent. Pourquoi tout semble toujours sourire à Dean ? Pourquoi ? Pourquoi alors qu'il m'a fait si mal ?!

« Ouais non c'est bon !grommelle soudain Fin, moi j'en ai assez vu de c'te merde, on se tire. Allez-y sans nous ! »

Il me fait sursauter en attrapant mon bras et m'entraînant à sa suite dans les escaliers. Je le laisse fermement nous sortir de là, j'espère que Kelly comprendra. Je peux pas les regarder sortir, les regarder se faire acclamer. Je ne peux pas. Instinctivement je serre les doigts de Fin. Le nœud se relâche dans mon ventre.

« T'allais y aller en plus ! s'exclame-t-il énervé, pour bien te faire piétiner ! Non mais tu le fais exprès ou quoi ?!

- J'allais juste voir Kelly, secoué-je la tête. »

Il me relâche aussitôt. Et s'arrête alors qu'on est à mi-chemin du château. Je ne peux pas me décrocher de ses yeux bleus tandis qu'il marmonne un en détournant son regard.

« Okay. »

Je souris. Ça sonne fort dans ma poitrine. Ça sonne frétillant et heureux. Et je n'aurais qu'à faire deux pas pour le prendre dans mes bras.L'embrasser. Céder et renvoyer l'amitié. Mais j'ai trop peur. Trop peur de le perdre. Terrorisée à l'idée d'avoir mal. Peur de ça parce que c'est trop fort, trop nouveau. Et que je ne sais pas si ça ne va pas me faire plus de mal que de bien. Et c'est mieux comme ça. J'ai plus confiance en l'amitié. De ça au moins je suis sûre.

« On a qu'à l'attendre ici, proposé-je.

- Ouais, grommelle-t-il sans me regarder, comme tu veux. »

On s'assoit sur un des bancs qui jalonnent le parc. Le stade est bien loin, on n'entend pas les cris de victoire. Kelly sera là avant Dean, qui sera retenu par toute notre maison et embrasser par sa si délicieuse petite amie. Et comme ça j'évite d'assister à ça, même si ça fait lâche. Au moins, ça me préserve un peu. Avant la fête de ce soir dans notre salle commune.

« Merci, lâché-je alors légèrement. On est mieux ici.

- Ouais, de rien, hausse-t-il les épaules. »

OoOo

Le trajet du retour est toujours trop long à cette période de l'année où une couche de gel recouvre les campagnes humides d'Ecosse. On attend juste une chose, d'enfin arriver et d'oublier toutes ses notes et ses cours pour se vautrer dans son canapé avec un bon thé brûlant pamplemousse framboise – pour ma part. Je jette un coup d'œil à Kelly qui feuillette avec attention un magasine à la recherche d'une jolie robe pour les fêtes. Moi je pense que je vais ressortir une de mes vieilles. De toute façon pas la peine d'en faire des tonnes, Fin me connait. Pas besoin de faire semblant, il me rôderait tout de suite.

Fin somnole d'ailleurs contre la fenêtre, tandis que Jake agite sa baguette pour lui chatouiller le nez, ce qui à coup sûr va pas tarder à éveiller sa colère. Crix fixe la banquette en face de lui, autrement dit au dessus de ma tête, dans ses pensées. Je me demande s'il pense à Théophile, Kelly a dû lui dire que Théo n'avait pas du tout compris ce qu'il avait derrière la tête. Et qu'il semble le considérer comme un « pote ». Je compatis un peu, être engoncer dans le statut de pote est tout sauf une partie de plaisir. Le pire surement pour lui c'est que mis à part un salut dans le couloir et quelques vagues paroles sur la prochaine interrogation de Vergnes, rien n'a vraiment changé.

Mon estomac me rappelle alors qu'il n'a rien avalé depuis ce midi. Je décide d'aller faire un tour à la recherche du chariot confiserie, histoire de me dégourdir les jambes par la même occasion. Kelly lève les yeux, je lui fais un clin d'œil. Promesse de lui ramener des choco-grenouilles. Alors que je referme la porte du compartiment, Fingal s'écrie avec fureur :

« Bordel de merde ! Tu me les brises Jack ! »

J'ai un rire, sacré Jake on peut toujours compter sur lui pour faire sortir Fin de ses gongs. Très facilement d'ailleurs.

Je repère le charriot et la vendeuse, qui d'ailleurs fait sensation sur la gente masculine. On dirait en fait un bonbon qui ne demande qu'à être déballer. Jake prétend avoir son tiqué mais j'en doute fortement, elle est tellement naïve qu'elle ne comprendrait rien à sa drague. Aussi peu subtile qu'elle soit. Elle me fait signe – je suis assez connue pour raffoler de ses yeux de cytale en sucre acidulé – et ses boucles bondes tressautent.

« Alors qu'est-ce que ça sera Florence ? me fait-elle avec un clin d'œil.

- Des yeux de cytale ! Et trois paquets de choco-grenouilles, commandé-je avant de me pencher sur son stock. Et deux de caramels ! »

Fin les adore.

« Tu as de la chance, c'est les derniers !

- Quoi ! s'écrit soudain la voix de Théophile. C'est les derniers ?! »

Je me retourne vers lui, lui lançant un regard triomphal. Il se précipite sur le chariot pour vérifier ces dires et Je l dévisage un instant, repensant à Crix. Puis m'exclame.

« Tu fais quelque chose pour le nouvel an ?

- Euh, non… fronce-t-il les sourcils.

- Je fais une soirée chez moi, tu veux venir ? proposé-je. Y'aura Kelly, Crixus…

- Ouais, carrément, sourit-il, ça serait cool !

- Super ! sourié-je, Kelly te dira où c'est ! »

Ravie, je m'éloigne pour retrouver notre compartiment. Ouvre la porte, un sourire malicieux plaqué sur mes lèvres. C'était presque trop facile ! Je m'assois, à côté de Kelly prête à lui faire part de mes trouvailles. Histoire de lui ôter de la tête sa défaite. Et Crixus qui ne se doute de rien, ça sera encore plus drôle !

« Tu veux que je te dise Kell ? J'ai trouvé de quoi t'amuser !

- Vrai ? fat-elle en ouvrant le paquet de choco-grenouilles que je lui tends.

- Poussin, Théo vient pour le nouvel an chez moi ! lui faisé-je avec un clin d'œil, il ne tient qu'à ton esprit sadique et tortueux d'élaborer un plan !

- J'ai déjà une idée, sourit-elle malicieusement, avec du gui. »

J'aime quand elle prend cette tête là, on dirait Hannibal Lecteur prêt à déguster un foie humain que je viens de lui servir. Je lève alors les yeux sur Fin qui semble très énervé, la mâchoire serrée, à fusiller Jake du regard. Il est encore plus irrésistible quand il s'irrite. Allez savoir pourquoi, j'ai des papillons dans l'estomac rien qu'à le contempler dans tout son air furieux le plus fameux. Je voudrais aller déposer une pluie de baisers sur son visage, juste pour dérider. Le voir bougonner et céder. Me faire complètement fondre. A la place j'envoie le paquet de caramels sur ses genoux. Il lève ses yeux bleus sur moi.

« Boude pas Fin, sourié-je. »

Il grommelle, ouvre le paquet et lâche un merci. Qui fait exploser de rire Jake.

OoOo

« Dean ! Dean ! Dean ! Porte-moi ! »

Grégory trépigne au pied de Dean, ses cheveux bruns et bouclés s'agitent en tous sens alors qu'il brandit une étoile à paillettes dorées pour le sapin que toute la famille décore dans notre salon. Un immense vrai sapin que papa et tonton Ric sont allés chercher hier après midi et qui embaume la pièce d'une odeur de noël. Je suis callée dans le canapé, un thé brulant à la main à regarder Greg poser son étoile avant de décider qu'embêter Alain en l'entortillant dans une guirlande était vraiment le jeu le plus amusant de la journée. Surtout quand Al s'énerve.

« Un cookie ma puce ? »

Je lève les yeux sur maman qui me tend le saladier, en prends un en forme de sapin de noël alors qu'elle le repose pour s'assoir à côté de moi. Je pose ma tête sur son épaule, respire son odeur familière de banane alors que le chocolat fond dans ma bouche et qu'elle me caresse affectueusement les cheveux.

« Ça va ? me demande-t-elle.

- Vous m'avez manqué.

- Toi aussi ma chérie, toi aussi, m'embrasse-t-elle le sommet du crâne. Et avec ton frère ? ça c'est un peu arrangé ?

- Pas vraiment non. »

La nouvelle a vite fait le tour de la maison, avant même qu'on ne revienne de Poudlard, sur le quai de gare papa a été très sec avec Dean. Il n'avait plus rien à ajouter en plus de la beuglante qu'il lui a envoyé. Maman quant à elle n'a rien exprimé de manière aussi explosive mais je sais qu'elle lui a parlé. Je l'ai entendu tenter de comprendre. Et lui dire fermement sa façon de penser. Qu'il était avant tout mon frère, avant même d'être capitaine et que les potes de Poudlard on les perd de vue mais jamais sa famille. Maman n'a pas fait une scène comme mon père, mais avec sa touche discrète elle donne aussi son avis. Et ça a souvent plus d'effet que la fureur de papa. Même si ça fait toujours chaud au cœur de le voir aboyer pour vous défendre. On l'entend de la cuisine faire le repas spécial japon avec la mère de Shino.

« Ça ira, me promet-elle, il lui faut du temps pour que sa tête se dégonfle.

- On verra, hoché-je la tête.

- Flo ! Flo ! s'exclame Greg, allume les bougies ! »

J'agite ma baguette et les bougies flottent dans l'air et diffusent une lumière chaleureuse. Shino s'exclame soudain en sortant des cartons notre guirlande clignotante.

« Mais elle est complètement emmêlée !

- C'est Flo ! accuse Greg.

- Quoi ?! m'exclamé-je.

- Pourquoi ça ne m'étonne même pas ?darde-t-il un regard vers moi.

- Parce que t'es coincé dans des préjugés, me défendé-je en riant, un vrai petit snob !

- Le vexe pas, me souffle Gregory à l'oreille, sinon t'auras pas de cadeau.

- En voilà un qui a tout compris ! rie maman.

- L'apéro est servi ! s'écrie tonton en débarquant dans le salon. »

Je me détourne de notre sapin qui brille de mille feux et vais porter un toast avec Alain et Shino.

« A la famille ! »

OoOo

« SHIIIIIIN ! »

Qu'est-ce qu'il fabrique ? On se le demande ! Pour un peu on dirait que c'est lui la vraie fille ! Je mets le four en route pour le préchauffer avant de mettre mes deux flammekuche et ma pizza faites maison. Avant de mettre au frigo mes canapés. Je nettoie ensuite le plan de travail avec fierté, j'aime bien préparer des petits plats pour les personnes que j'aime. D'ailleurs Kelly devrait pas tarder à arriver, elle a promis d'être la première et de m'aider à remplir les bols de chips et à me préparer. Enfin j'ai déjà enfiler une robe vert sapin, des collants et mes petits escarpins – que je ne mets en fait que pour Noël et le Nouvel depuis trois ans du coup ils ne sont même pas usés ! J'ai tenté le chignon mais mes boucles ont sauvagement refusé de coopérer et sont donc libres de gesticuler comme elles veulent dans mon dos.

« Flo ?

- T'es pas encore parti ? me retourné-je sur Dean.

- Ouais si j'y vais, fait-il en se recoiffant devant le miroir. »

Je goûte mon guacamole en l'observant du coin de l'œil, comme toujours il est éblouissant dans sa chemise toute neuve. Il croise mon regard dans le miroir.

« Je suis désolé de t'avoir renvoyé, lâche-t-il soudain. »

J'hoche la tête. Désolé mais c'est tout. Pas de « je vais arranger les choses » ni rien, on évite de se compliquer la vie et puis pourquoi donc ? Iris assure alors pas besoin d'aller chercher Florence. Et puis il est poussé par papa et maman, je suis sûre que ce n'est pas si honnête de sa part. Je n'ai pas envie d'aborder le sujet, j'ai fait une croix dessus. Qu'il joue, qu'il gagne. Ça ne me concerne plus. Il ne me concerne plus.

« Shino ! m'écrié-je.

- Toujours aussi pressée, soupire-t-il en débarquant dans la cuisine.

- Tout ça pour ça ? rié-je en le détaillant des chaussures à la coiffure. »

Les deux meilleurs amis de Shin se font un tête-à-tête en amoureux pour le nouvel an alors il a accepté de rester avec moi. M'enfin il est resté sobre, c'est pas trop son truc de s'habiller et de faire classe. Pourtant il est loin d'être moche, il a de quoi mettre en valeur ! Il a opté pour une chemise d'un gris assez sombre et a juste passé un coup de peigne dans ses cheveux jais. Soudain, on sonne à la porte. Dean nous souhaite une bonne soirée.

« Vous êtes sûrs de pas vouloir venir ? propose-t-il.

- On s'amusera tout aussi bien ici, merci bien, réplique sèchement Shin. »

Dean ne réplique rien, soupire et transplane. Je me précipite à la porte en ordonnant à mon cousin de finir l'assaisonnement. C'est le pro du guacamole, ils vont tomber raide en le goûtant ! J'ouvre alors la porte d'entrée sur le beau visage de Kelly. Elle a fait un chignon lâche. Elle aurait pu bien sortir de la douche qu'elle aurait été magnifique. Comme d'habitude, elle a un style classique mais est toujours pleine d'éclats. Elle me saute dessus.

« Coucou Flo ! »

Avant de tout de suite attaquer en nous faisant entrer.

« Pourquoi t'as pas mis ton parfum ?! s'exclame-t-elle, va le chercher vite avant qu'il arrive! »

J'éclate de rire en la voyant sortir sa petite trousse à maquillage, et dégainer un rouge à lèvre d'un beau rouge foncé. Je grimace, j'ai toujours peur qu'on voie plus que ma bouche qui est déjà assez épaisse. Mais elle semble si sûre d'elle…

« Tu es super belle Flo, c'est juste la touche finale ! »