Noooo Aime : Non mais ne me plains pas, je vous réponds chacune à votre tour et à moins d'avoir un commentaire à faire, je réponds pas à ce que vous dites entre vous.

Une huile à base de plantes, une huile essentielle tu veux dire ? Je connais, ma mère ne jure que par ça et l'homéopathie. Tu lui mets sous le nez des preuves que ça peut aussi être dangereux, elle te dit que c'est un complot des industries pharmaceutiques pour vendre des antibiotiques.

En fait tu es un danger public toi au travail ! Je comprends que tes collègues se tiennent à carreau, du coup !

Je ne regarde pas TBBT, je l'avoue, il faudra que je m'y mette quand j'aurai rattrapé SPN... Et Grimm... Mais Flash faut pas le regarder avant d'avoir vu les 2 premières saisons de Arrow sinon tu vas pas tout comprendre !

Erebor dans un sac sans fond, d'accord, et pour le mettre dans le sac, tu fais comment ? Si tu arrives à déplacer la montagne je veux une vidéo pour le prouver.

Pour ton information les élans n'ont pas de cornes mais des bois, et en l'occurrence on ne parle pas des animaux, ce que tu sais très bien. D'accord personne n'aime perdre, mais les Durin sont particulièrement mauvais perdants !

Tu parles avec les portes ? Tu peux pas dire ça et ne pas nous raconter l'histoire ! On veut en savoir plus, je suis sûre que justelaura sera de mon avis et Arya Cahill aussi ! (les deux qui lisent tes reviews donc)

Erf cacher un message secret dans une chanson je suis pas sûre que ça s'improvise comme ça, personnellement ! Beaucoup d'efforts, trop peu de chances que ça marche ! Parce que va chercher un message secret dans une chanson pour enfants toi...

Non mais tu vois des allusions partout toi ! En fait le patron de SLG c'est un membre de ta famille, c'est ça ? Un frère, un cousin, quelque chose comme ça ?

Ça ferait peut-être passer le temps mais je doute qu'on lui réponde si elle se met en tête de demander des nouvelles du royaume entier... Y a quand même du monde là-dedans !

Non Dril n'a pas craqué pour Dis, simplement il l'admire beaucoup ! Pas d'histoire d'amour prévue pour Dril, et Dis est déjà veuve (et avec les nains et leur One – va falloir que je trouve comment traduire ça un de ces jours – elle risque pas de se remarier)

On rigole de Hildili et son dragon en peluche, mais je trouve ça super mignon en même temps ! Toute petite et déjà décidée à se battre !

J'aurais moi aussi adoré lire une histoire où Dis et Dernwyn reprennent la montagne à elles toutes seules... Genre à l'arrivée de la compagnie, 'Vous en avez mis, du temps ! On a eu le temps de mettre tout le monde dehors et de préparer un festin...' ! Mais malheureusement ce ne sera pas le cas ici.

Moi aussi j'imagine bien Dernwyn le regarder genre 'Mais qu'est-ce que tu fous ? C'est pas le moment de rester là à rien faire !' et lui dire de se secouer ! Elle en serait capable en plus XD

Sérieusement vivre 100% végétarienne j'y arriverais pas perso... J'aime trop la viande pour ça, même si j'ai rarement les sous pour en acheter !

Je veux bien filer de quoi tricoter à Bilbon, mais rien ne dit qu'il sache faire ! Sa mère, oui, mais lui on sait pas ! Et je suis pas prof de tricot moi ! Encore que, je pourrais apprendre les bases.

J'adorerais avoir un pouvoir de télépathie, franchement – à condition de pas tout le temps entendre les pensées de tout le monde. Sinon c'est un coup à se filer la migraine. Mais pouvoir se parler mentalement ce serait cool.

C'était pas les Elfes qui planaient dans les airs mais les Aigles, grâce à ton commentaire sur le fichier j'ai modifié avant de publier... Sinon ça ferait bizarre !

Je ne dirai rien pour l'influence de Bilbon sur l'avenir des Durin... Ni sur celui de Frodon et sa sœur (parce que y en a deux maintenant, des enfants de Primula, pour mémoire ! Enfin Frodon est pas né mais voilà)

T'inquiète pas, Ori a officiellement été épargné et ne mourra pas dans la Moria comme dans le canon. On va se contenter de Balin...

Arya Cahill : Tout d'abord, une information que j'ai oublié de te donner la dernière fois : tu as mis la centième review ! Tu as donc gagné une question sur la saga à me poser en MP... La seule condition étant de ne pas donner la réponse aux autres. Tu peux la poser quand tu veux.

Ah oui lire sur le portable ça aide ! Et je reçois encore les alertes pour les reviews qui tombent sur les autres fics, dont je les aurais vues quand même, mais je comprends le raisonnement^^

Parce qu'en plus tu lis les pavés des deux autres ? Justelaura, en apprenant ça, a déclaré que tu méritais une statue en cookies à ton effigie... Je me dis qu'elle a pas tort !

Je vais pas encore te répondre sur chacun des personnages et des couples, hein, sinon on aura jamais fini et je saute directement à la partie qui concerne le chapitre !

Ah, les inoubliables Merry et Pippin... Beaucoup de fans se disent que si ces deux-là avaient rencontré Fili et Kili, ils se seraient un peu trop bien entendus !

Non mais ils ont pas un bon instinct de survie, les membres de la compagnie, en fait ! C'est pour ça qu'ils savent pas prendre soin de leur santé...

Personne n'a pensé à ça pour les cauchemars de Bilbon^^ Mais oui c'était bien des visions de ce qui aurait dû se produire... Pour les réactions de la compagnie, c'est dans le chapitre du jour !

Dame Marianne : Je me doutais que les paroles de Galadriel allaient vous faire peur, c'est pour ça que j'ai précisé ! Et j'aime ta façon de voir le destin...

justelaura : Mais avec les enfants le truc le plus idiot marche si tu le fais avec conviction ! C'est comme le coup des bisous magiques quand ils sont tout petits ça ! Toi, tu sais que tes bisous n'ont rien de magique, mais eux, ils le croient que ça les fait aller mieux !

Ah non mais Aventures et Naheulbeuk même combat, sérieusement ! Mélange de pas doués et de pas de chance, pour notre plus grand plaisir ! J'ai confiance dans la santé de mes lectrices, c'est pas une petite blague sur Valinor qui va les tuer !

Non mais Dwalin il fait ça avec des portes fermées, Dis a le mérite de fusiller du regard une porte ouverte ! C'est un progrès dans un sens !

En même temps toute la montagne est occupée (toute ? Non ! Un village peuplé... oui bon j'arrête) où tu veux qu'ils aillent ? Ils peuvent aussi bien laisser la porte ouverte ! Hihi ta remarque sur Merlin m'a tuée...

Il est pas muet le nain, l'ignorer c'est une façon silencieuse de lui dire d'aller se faire voir en fait... Histoire de l'énerver et de jouer son rôle.

Oh je crois que les lectrices peuvent supporter beaucoup plus que Dis et les autres, moi ! Mais oui quand tout sera fini on fera la fête pour célébrer la mort de Dekir et Rutar. On sortira les cookies et le thé xD

Et oui, Hril est le cousin de Dril et les trucs qu'il dit à voix haute c'est au cas où quelqu'un les entendrait, pour pas brûler sa couverture ! Des traîtres parmi les traîtres ça s'appelle des agents doubles, tout simplement ! :p

Le signal c'est de hululer deux fois comme une chouette hulotte... Moi aussi je peux faire des références au Hobbit si je veux !

Ah bah forcément Dernwyn elle est plus avec le groupe de débiles, du coup elle a retrouvé son cerveau ! En fait la débilité c'est contagieux...

Non mais les Durin dans le film en fait je crois qu'ils ont utilisé le mithril pour fabriquer leurs espèces de chèvres ! Je vois que ça comme explication !

Je garantis rien pour voir Dis se battre avec les meubles, désolée ! Ça fait trop longtemps que j'ai pas relu les chapitres !

Ah bah on a eu la même idée je vois, pour Dis et Dernwyn qui reprennent la montagne toutes seules ! Ce serait bien remarque, ça éviterait une BOFA-10 ans plus tard !

Tout le monde a aimé le passage où Fili imagine sa femme en train de le sermonner, je crois ! Faut reconnaître qu'il est génial ! Non mais Bilbon on va lui offrir des somnifères quand la fic sera finie, je crois ! Et oui les voir dormir ensemble, rien que ça c'est mignon après ce qu'ils ont vécu !

Le miroir, quelqu'un l'avait réclamé en arrivant dans la Lorien, je crois ! Je sais plus qui c'était mais le miroir a fini par arriver^^ Mais non ça va pas l'aider avec son insomnie, malgré les bonnes intentions de Galadriel !

Je suis bien d'accord, Bilbon devrait arrêter de culpabiliser tout le temps, mais bon... C'est Bilbon, que veux-tu ! On le changera pas !

Je suis pas sûre non plus que la chaleur du Balrog soit une bonne chose, mais en anglais y avait marqué thanks to, alors j'ai gardé ! Tu as très bien compris pour ce que montrait le miroir...

Je crois que tous les fans auraient bien aimé que les Durin restent en vie à la fin du troisième film... Mais en même temps tu pouvais pas changer un truc aussi majeur dans le film... C'est une adaptation, pas une réécriture ! Je t'ai pas déjà dit qu'il fallait respirer en lisant cette fic ? Il me semblait pourtant !

Ne t'inquiète pas, pas de hécatombe de MCD prévue ! Aucun personnage important ne va mourir (sauf probablement Caila) dans cette fic !

Et oui, le destin peut être changé, n'en déplaise à certains ! Les Durin ne mourront pas dans cette fic, c'est promis ! Mais au contraire, il faut leur dire pour qu'ils soient conscients du danger !

Julindy : Tu es loin d'être la seule ! Cette histoire de destin ne plaît à personne... Et comme tu dis gros dilemme pour Bilbon... Mais de l'espoir du côté de la montagne !

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Chapitre 25 : L'avenir remis en question

Résumé : Bilbon partage la vérité au sujet du destin avec les autres. En privé, il partage plus de vérités avec Thorin sur leur avenir et tout ce qu'il donnerait pour son mari.

Legolas et Kili ont un bref répit pour eux-mêmes.

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En grandissant, Aragorn s'était souvent vu comme un pion sur un plateau, déplacé dans tous les sens par la main du destin et les vents de la destinée. Il avait fait tout ce qu'il pouvait pour éviter ce qui était prévu pour lui depuis le début. Il était devenu un Rôdeur, avait renoncé à son nom et maudit sa lignée. Et pourtant, au final, il s'était quand même vu offrir le trône du Gondor, et il portait encore maintenant l'épée autrefois brisée. Elrond lui avait dit assez souvent que c'était son destin, son rôle à jouer, qu'il ne pourrait jamais vraiment l'éviter. Il avait un rôle à jouer, et ce devait être fait.

Apparemment, il n'était pas le seul que le destin déplaçait à sa guise.

Les feuilles dansaient au-dessus d'eux dans la brise, le mouvement du feuillage et des branches pour tout bruit. Sous leur couverture, se cachant du soleil, se tenait la compagnie, tous en divers états de choc. Dwalin avait un regard bien trop spéculateur sur son visage, comme s'il en savait plus sur l'énigme que d'autres, et Bilbon faisait de son mieux pour éviter de le regarder, restant concentré sur son mari. Thorin semblait stupéfait, presque impuissant, ses yeux passant de Bilbon à ses fils-sœurs, qui étaient tous deux assis avec Éomund et Legolas. Aucun ne savait quoi dire, mais la prise de Legolas sur la tunique de Kili était si forte que ses phalanges étaient blanches.

Ils avaient failli les perdre dans la Moria, et ils pourraient tous les perdre à nouveau.

Enfin Gandalf s'avança, soulageant la pression sur Bilbon.

« Cela explique bien des choses, dit-il à mi-voix. Car je savais que le voyage vers Erebor aurait pour résultat la ruine de Sauron, mais laisserait aussi beaucoup de chagrin dans la Montagne Solitaire. Et bien que j'aie retiré la présence de Sauron de Dol Guldur, je n'ai jamais trouvé le chagrin qui était censé atteindre Erebor. J'avais supposé, avec le passage du temps, qu'il s'agissait de la douleur de Thorin et Bilbon au sujet de l'Arkenstone, mais ça n'avait jamais semblé juste.

- Vous saviez ? Demanda Ori, abasourdi. Et vous ne nous l'avez pas dit ?

- Ce n'était pas quelque chose que je pouvais dire, dit Gandalf en secouant la tête. Il n'y avait rien que je puisse dire. Car le dire aurait été prendre le risque d'en condamner d'autres à un sort encore pire. Et je ne savais pas avec certitude, ajouta-t-il avec hâte. »

Bilbon était devenu pâle et Thorin fusilla le magicien du regard pour cela.

« Quand c'est seulement le fil d'une idée, plus une idée et une impression qu'une image claire, on fait plus de mal que de bien en en parlant. Cela, je l'ai appris avec mes nombreuses années.

- Est-ce pour cela que vous gardez tout secret ? Demanda Fili à mi-voix. »

Aragorn marqua une pause à cette idée, et une compréhension soudaine sembla venir à la compagnie. Toujours, le magicien leur avait caché des secrets et parlé en énigmes, mais ils l'avaient simplement attribué au fait que ce soit Gandalf. Pourtant si c'était une ancienne douleur et un ancien souvenir qui avaient rendu le magicien ainsi, c'était une toute autre affaire, et le cœur d'Aragorn alla à Gandalf.

« En partie, dit Gandalf, avant de hausser les sourcils. Et en partie pour vous empêcher de trop avoir la grosse tête. Mieux vaut toujours vous laisser deviner. »

Alors ça, ça ressemblait plus à Gandalf.

« Vous auriez juste pu dire que vous aimez nous tourmenter et ça aurait été une réponse acceptable, aussi, marmonna Kili. »

Legolas eut enfin un bref sourire et déposa un baiser sur le front de Kili.

« Qu'est-ce qu'on fait ? Demanda Esmeralda au bout d'un long moment. Qu'est-ce qu'on peut faire ensuite ? »

Cela changeait certainement tout en ce qui concernait Erebor. S'ils essayaient de reprendre lamontagne, leurs vies étaient déjà en danger. Mais maintenant, avec le destin se rapprochant d'eux, les vies de Thorin, Fili et Kili étaient encore plus en péril.

« Nous ne pouvons pas vous laisser sur le champ de bataille, dit Éomund. Ça peut être aussi simple.

- En supposant que vous croyez à cette histoire de destin en premier lieu, dit Nori en croisant les bras. Et s'ils restent en arrière, comment savoir qu'ils ne rencontreront pas leur destin une autre fois ? Ou ne vont pas se retrouver poussés dans la bataille quand même, sans en avoir l'intention, et se retrouver sans défense ? »

Bien qu'il ait l'air assez déterminé pour frapper le destin derrière les oreilles s'il en avait l'occasion, Bilbon avait quand même l'air de vouloir être n'importe où ailleurs qu'ici. Ses mains ne cessaient de tiquer, comme s'il voulait se couvrir les oreilles et ne pas écouter une seconde de plus. Aragorn leva rapidement les mains pour arrêter le bruit qui commençait à monter.

« S'il y a une chose que j'ai apprise pendant toutes ces années, c'est que le destin ne peut pas être arrêté, dit-il quand ils se turent. Le destin aura ce qu'il veut. Mais. Le destin peut être détourné et mis de côté pour un temps.

- Pour qu'on puisse, quoi, mourir dans une bataille différente ? Demanda Kili avec incrédulité.

- Pour que vous puissiez passer dans les salles de Mandos quand vous serez vieux et que le trône sera dans les mains de quelqu'un qui viendra après votre temps, dit Gandalf – et Kili marqua une pause. Le destin n'est pas inconstant, mais il peut être dissuadé de son but, pour un temps. Si sa seule intention est de prendre vos vies, alors il lui suffit d'attendre. Même les immortels ne sont pas protégés de la fin de la vie, si cette vie est compromise ou prise. »

Personne n'eut besoin de parler pour savoir qu'ils pensaient tous à Tauriel dans les salles de guérison.

Dwalin continuait de se tenir trop raidement, ses yeux perçant des trous sur le côté de la tête de Bilbon, jusqu'à ce qu'enfin le hobbit se tourne vers lui.

« Est-ce que Balin était censé être pris ? Demanda-t-il, les lèvres serrées. Est-ce que le sort de Balin...

- S'il vous plaît, ne me demandez pas ça, implora Bilbon. Dwalin, ne le faites pas. »

C'était une réponse suffisante. Dwalin se retourna et partit, avec Ori lui courant après. Bilbon pressa un poing contre sa bouche, le visage peiné. Il était clair qu'il n'avait pas eu l'intention de laisser échapper cette information, ne serait-ce que pour épargner à Dwalin la peine de savoir. La vie de Balin avait toujours été destinée à être perdue, alors, et très probablement perdue dans la Moria.

Ça ne rendait pas la vérité plus facile à accepter.

« Alors qu'est-ce qu'on fait ? Demanda Bofur à nouveau, quand personne d'autre ne le fit. Qu'est-ce qu'on peut faire ? »

Au bout d'un long moment, Fili se leva.

« Je vais à Erebor, dit-il. »

Kili émit un léger bruit, et Fili secoua la tête.

« Non, non, j'y vais. Si je n'y vais pas, Dernwyn et les enfants... »

Il déglutit mais quand il leva la tête, son regard était absolu.

« J'y vais, dit-il à nouveau. »

Il avait l'air d'un guerrier déjà sur le champ de bataille. Il avait l'air d'un roi.

« Et s'il le faut, je me tiendrai seul.

- Tu ne le feras pas, dit Thorin. Je viendrai avec toi. Le destin peut faire ce qu'il veut de moi. Mais je ne laisserai pas ma sœur, ou mes enfants, ou ma belle-fille seule. Ni mon peuple. »

Il regarda en direction de Bilbon, et bien qu'il y ait des excuses dans son regard, il y avait aussi une position ferme qui refusait de changer.

Bilbon hocha enfin la tête.

« Et je viens avec vous. J'ai fait la différence, auparavant, entre votre vie et votre mort, et je la ferai à nouveau. »

Thorin n'avait pas l'air particulièrement enchanté de savoir cela, mais le regard de Bilbon ne tolérait aucun argument de sa part.

Lentement ils se levèrent tous, un par un, jusqu'à ce qu'il ne reste que Kili et Legolas. Legolas refusa de bouger jusqu'à ce que Kili le fasse, mais à en juger par la façon dont le regard de Kili ne cessait de passer de son frère à ses oncles, il semblait que son choix ne prendrait pas longtemps.

Quelques instants après cette pensée Kili était debout, soigneusement, avec l'aide de Legolas.

« S'il y a une façon dont je peux aider, je le ferai, dit-il. Galadriel a dit que j'étais assez guéri pour voyager. Si je peux voyager, je peux me battre.

- Kee-

- Il y a peut-être un moyen pour vous d'aider sans voir le champ de bataille, dit Aragorn, coupant la protestation de Fili. Nous avons besoin que la montagne soit libérée. Gandalf ?

- Votre 'dragon' progresse de façon splendide. Il s'avérera une puissante distraction, c'est certain. Il ne durera pas longtemps, cela dit. »

Le magicien se caressa la barbe, perdu dans ses pensées.

« Vous devez entrer, et vite. Quelqu'un doit pénétrer dans la montagne pour aider à libérer les nains à l'intérieur.

- Si nous pouvons libérer la montagne, nous pouvons coincer Caila entre notre armée et celles à l'intérieur d'Erebor, acquiesça Thorin. Elle n'aura nulle part où aller. Il ne faudra pas beaucoup de force pour entrer dans Erebor, mais beaucoup de ruse et de dissimulation. »

Il regarda de nouveau Bilbon, et cette fois, Aragorn sut qu'il ne pourrait pas être dissuadé.

« Un cambrioleur pourrait nous être très utile, poursuivit-il. »

Bilbon pinça les lèvres mais acquiesça.

« Très bien. Kili peut m'aider à rentrer dans Erebor. Puis je ressors pour rejoindre la bataille. Kili pourra rester à l'intérieur pour aider à ce que la montagne reste entre les mains des nains. »

Kili n'avait pas l'air ravi à ce sujet, mais avec Legolas et Fili hochant la tête avec enthousiasme devant l'idée, il n'y avait pas grand-chose qu'il puisse faire à ce sujet.

« Je devrais pouvoir tirer quelques flèches par au-dessus, selon l'endroit où sera la bataille, offrit-il. »

Mais il rencontra un silence étourdissant et des regards durs. Il souffla et s'appuya contre Legolas, fronçant les sourcils dans leur direction à tous. Legolas lui donna une tape consolatrice sur l'épaule, et heureusement Kili manqua son soulagement évident.

« Honnêtement, Kee, dit Fili en adressant à son frère le plus noir des regards. Tu as failli mourir. Je préférerais que tu ne sois pas là-dehors en train de lutter pour ta vie, merci beaucoup.

- Bien sûr, parce que c'est tellement mieux que ce soit toi, répliqua durement Kili.

- Ce n'est pas moi qui me suis fait poignarder et qui essaye de me faire poignarder encore une fois ! Cria Fili.

- Assez, rugit Thorin. »

Ils se turent tous les deux. Il était clair que la peur était leur seule motivation, et Thorin, aussi, sembla le sentir. Il poussa un soupir et baissa la tête.

« Chaque bataille a toujours eu un potentiel pour la mort. Ceci n'est pas différent. Il y a eu une douzaine de chances pour que le destin nous frappe ces dix dernières années, et il ne l'a pas fait. Voyez cela comme n'importe quel autre combat.

- Alors, quoi, tu veux dire que mes rêves, le destin, rien de tout ça n'est réel ? Demanda Bilbon avec colère. »

Thorin saisit son mari par l'épaule, son regard passant de féroce et royal à doux et inquiet.

« Je dis que nous ne pouvons pas nous permettre de penser que ça l'est, dit-il. »

Toute envie de se battre sortit de Bilbon en un souffle.

« Nous serons toujours prudents, mais si c'est notre destin de rejoindre les salles de nos ancêtres, alors-

- S'il te plaît, juste, arrête, dit Bilbon d'une voix tremblante. »

Il prit une inspiration, puis une autre, puis carra enfin les épaules.

« Nous pouvons croire ça, d'accord. Juste... n'écarte pas ce que j'ai vu.

- Crois-moi, aucun de nous ne le fera, lui assura Thorin. Et je suis content que tu nous l'aies dit. J'aimerais seulement que tu n'aies pas eu à subir les cauchemars si longtemps.

- S'ils s'exaucent, est-ce que ça fait de Bilbon un prophète ? Est-ce que tu peux me dire si je finirai par avoir une barbe ? Demanda Kili. »

Fili se retourna enfin et le frappa sur le bras pour ça. Kili lui adressa un grand sourire, et Fili sembla avoir du mal à ne pas le lui rendre. Gandalf roula des yeux et souffla quelque chose sur 'les nains', mais la tension parmi eux était rompue. Même Bilbon adressait à Kili, un regard exaspéré, ses lèvres se retroussant contre sa volonté.

« Nous irons bien, dit Thorin. »

C'était vraiment une promesse vide, mais Aragorn put voir Bilbon s'y accrocher comme le grand espoir que c'était.

« Je te le jure, tout n'aura été qu'un horrible rêve.

- Et je serai juste là à tes côtés, lui dit Bilbon. Je ne partirait pas. »

Cela, Aragorn savait qu'il ne pouvait pas le promettre non plus. Car si le destin ne pouvait pas avoir celui qu'il voulait, il prendrait une autre vie tout aussi facilement.

Et s'il ne pouvait pas prendre Thorin, qui pouvait dire qu'il ne prendrait pas Bilbon ?

Il garda ses idées sombres pour lui-même tandis que Thorin, Bilbon, Fili, Gandalf et lui partaient chercher Haldir et établir d'éventuels plans de bataille. Chaque coup, maintenant plus que jamais, pouvait faire la différence entre la vie et la mort.

(-)

La Lorien l'avait fait se sentir paisible, dix ans plus tôt. Alors même qu'il s'inquiétait pour Bilbon et Oncle Thorin et la fièvre de l'or, Kili avait senti une paix dans la forêt à laquelle il ne s'était pas attendu. Ça avait été avec des elfes, pour l'amour du ciel ! Mais il l'avait quand même trouvée.

Cela dit, sa plus grande paix était avec son mari, son elfe. Il n'aurait pas dû être surpris.

Il était de nouveau au lit, pas parce qu'il pensait en avoir particulièrement besoin, mais parce que tout le monde l'avait quasiment supplié de se reposer pendant qu'il le pouvait. Ils partaient dans quelques heures, et la chevauchée serait difficile pour son corps fatigué. Non que Kili s'en souciait particulièrement. Non, il ne pouvait penser qu'à Erebor et sa mère, Dernwyn, et sa nièce et son neveu, tous piégés sous la main de Caila. Il aurait voulu pouvoir la frapper quand il avait l'occasion.

Il n'en avait pas exactement eu l'occasion. Il avait à peine eu le temps de se mettre devant Bilbon, un choix qu'il ne regretterait jamais. Mais s'il y avait une chose qu'il aurait voulu pouvoir faire dans la Moria, c'était de frapper Caila.

Derrière lui, Legolas l'attira plus près de lui, et Kili céda sans histoires. Après avoir eu Legolas à côté de lui mais quand même si loin, il se sentait avide, désespéré d'en avoir plus. Il entremêla sa main avec celle de Legolas presque sur la blessure. Ça ne faisait plus aussi mal, maintenant. Quoi que les elfes aient fait, ça l'avait rendu capable de respirer, de marcher. Il se souvenait vaguement de Galadriel et Gandalf penchés sur lui, chacun aussi brillant que le soleil, et quand il s'était réveillé, il s'était senti plus vivant que jamais.

Ensuite il avait essayé de s'asseoir, et ça avait en quelque sorte ruiné l'humeur. Cela dit, il avait réussi à remettre ses pieds sous lui, et c'était tout ce qui comptait. Ça, et trouver Legolas et Fili et Bilbon. Ça avait probablement compté plus que sa propre santé. Voir son oncle vivant et entier, quand Kili n'arrivait à se souvenir que de la douleur et du visage trop pâle de Bilbon au-dessus de lui, avait été un baume sur son âme. Fili qui respirait et Legolas qui se tenait à ses côtés, ça avait aidé aussi.

Puis les nouvelles de Tauriel et Bard, d'Erebor, étaient tombées sur lui, contrebalançant la pure joie de les avoir tous trouvés vivants et en bonne santé. Et il avait été tellement évident que Legolas voulait partir avec Tauriel que Kili avait dû demander.

« Tu peux encore, se surprit-il à dire. Legolas, si un jour tu changes d'avis quand je vieillis-

- J'ai fait mon choix, dit Legolas d'une voix douce mais ferme. Je ne partirait pas. Quand tu seras parti, alors seulement je prendrai congé d'Arda. »

Il semblait peiné, mais il pressa un baiser dans les cheveux.

« Dernwyn l'a bien formulé, dans la Moria, quand nous étions séparés de Bilbon et toi. Elle a dit qu'elle préférerait avoir une journée avec Fili, juste une journée de plus, que d'être séparée de lui. »

Penser à sa sœur faisait mal. Penser à elle entre les mains de Caila, comme l'avaient été Kili et Bilbon, lui faisait rouler l'estomac. Il savait de quoi elle était capable. Il savait à quel point elle était folle, ce qu'elle ferait. Il ne pouvait qu'espérer qu'ils trouveraient Dernwyn, Dis, les enfants, et tous les autres encore entiers.

Legolas le tira vers lui jusqu'à ce qu'il soit tout contre son mari, son dos contre la poitrine de Legolas.

« Je préférerais une vie avec toi que d'être forcé de faire face aux âges tout seul, murmura-t-il . »

Kili ferma les yeux et resserra sa prise.

« Cette vie pourrait être plus courte que tu ne penses-

- Tu ne vas pas tomber à Erebor, dit Legolas. Je ne te laisserai pas faire. Tu seras à Erebor, protégé par une multitude de nains loyaux, Bofur, Esmeralda et Bilbon. Et tu trouveras Dis et Dernwyn qui te protégeront aussi. Je resterai avec Fili et Thorin sur le champ de bataille et veillerai sur eux. Le destin n'a pas pu vous prendre il y a dix ans, il ne vous prendra pas maintenant. »

Kili prit une grande inspiration, sentant une légère pulsation de sa blessure avant que la douleur ne disparaisse.

« Est-ce que tu crois au destin ? Demanda-t-il doucement. À ce que Bilbon a dit ? »

Legolas fut silencieux un certain temps, assez pour que Kili tourne afin de pouvoir lever la tête vers son mari. Son elfe n'avait pas l'air perplexe ou inquiet, simplement songeur, et Kili se détendit. Même s'il aurait détesté, détesté, voir Legolas disparaître de sa vie, il l'aurait laissé partir. D'une façon ou d'une autre, il avait trouvé la force de dire les mots qu'il méprisait le plus, et avait même trouvé la force de les penser.

Puis Legolas lui avait pris les mains et banni ses peurs, et son monde s'était réaligné. Enfin, Legolas parla, le tirant de ses pensées.

« Le destin, pour moi, signifie que le monde doit suivre une certaine route : naissance et mort sontdes forces naturelles, comme le bien et le mal. Ils sont changés par les choix, mais que ces choix soient de notre fait ou par la main du destin, je ne sais pas. »

Il marqua une pause avant de dire :

« Je crois que le monde a en effet changé, quand Bilbon a fait ce petit choix. Et je crois qu'un jour, tout est destiné à s'effondrer. C'est en partie ce qui faisait de Sauron une abomination : il ne suivait pas les règles du destin, mais imposait plutôt les siennes.

- Cela ne veut pas dire que Bilbon a tort, cependant, dit Kili. »

Legolas secoua rapidement la tête.

« Non. Tu as entendu ce qu'il a dit : l'Anneau a toujours été destiné à être détruit, les batailles que nous avons livrées étaient destinées à se produire, et des vies étaient destinées à être perdues. Bilbon a simplement... réarrangé l'ordre. Supprimé certains événements pour permettre à d'autres de se produire avant. Ce qu'il a changé, quelles vies ont été créées, épargnées, ou perdues parce qu'il a tordu le sort, je ne pense pas que nous le saurons jamais, pas complètement. Mais je crois que, jusqu'à présent, il a fait beaucoup de bien, et nous a tous laissés dans un endroit meilleur. »

Holdred et Hildili, Kili réalisa avec un sursaut, n'auraient jamais existé si Bilbon n'avait pas fait ce qu'il avait fait. Ou peut-être que si ? Et Dernwyn ? Qu'en était-il de sa mère, d'Erebor, de Legolas ?

« J'ai mal à la tête rien qu'en y pensant, gémit-il en se frottant les tempes. »

Legolas eut un rire et le serra contre lui.

« Alors n'y pense pas. Pense à un futur, où toi et moi nous tiendrons aux côtés de Fili et Thorin, Dernwyn et Bilbon, après avoir repris Erebor. Toi et moi iront dans la Forêt Noire et la nettoierons une bonne fois pour toutes, prendront les halls de mon père pour nous, et ramènerons Vertbois à son statut légitime. Nous apprendrons à Holdred et Hildili comment grimper aux arbres comme les elfes et les nains, et écouterons Tauriel taquiner Gimli quand il ne dépassera pas les branches du bas... »

Kili ferma les yeux et écouta le futur qu'il voulait, dont il avait besoin, se laissant glisser dans le sommeil, en sécurité dans les bras de Legolas.

(-)

« Tu n'es pas en colère contre moi, n'est-ce pas ? »

Pendant un long moment, Bilbon ne répondit pas. Les arbres et les feuilles étaient verts autour d'eux, et c'était mieux que de regarder Thorin. C'était presque comme s'il était ailleurs, s'occupant d'autres choses, plutôt que d'être au bord d'une guerre qui était menée en avant par le destin. Une guerre qui pourrait prendre son mari et ses neveux en un seul coup.

« Bilbon, murmura Thorin. »

Deux mains vinrent caresser ses bras. Il n'avait toujours pas le droit de bouger l'épaule autant qu'il voulait, mais ce que les elfes avaient utilisé pour l'aider à guérir avait fait un travail formidable.

Et Bilbon était là, à essayer de penser à tout sauf la question à laquelle il ne voulait pas répondre, parce que ça signifiait penser à pourquoi la question avait été posée. Ça voulait dire qu'il devait penser à Thorin au combat.

« Je savais que tu irais, dit Bilbon à mi-voix. Je savais ça. Bien sûr que tu allais partir à Erebor. C'est juste... Je devais vous le dire. Vous deviez savoir. »

Il regrettait presque de l'avoir dit à Kili et Fili, aussi effrayés qu'il aient été par cette idée, mais ils méritaient de savoir. Galadriel l'avait encouragé à leur dire, alors il l'avait fait. Il ne pouvait qu'espérer qu'il n'avait pas pris la mauvaise décision.

Thorin déposa un baiser sur le sommet de sa tête.

« S'il y a quelqu'un qui peut m'aider à reprendre Erebor, c'est bien toi. Savoir que tu es à l'intérieur, en sécurité et loin de la bataille, me laissera me concentrer, me fera continuer de me battre. »

Bilbon ferma les yeux et s'autorisa à juste ressentir. La brise, le soleil à travers les arbres, son mari derrière lui, les mains de Thorin courant le long de ses bras. C'était tout ce qu'il voulait. Et bientôt, ils allaient laisser tout cela derrière pour faire face à Caila et Erebor.

Il avait encore tellement de choses à dire à Thorin, assez pour durer une vie, et il ne pourrait peut-être pas les dire. Il sentit sa respiration suivante trembler, et il se força à l'expulser aussi calmement que possible. Il pouvait en dire une partie, au moins. Il pouvait dire celles qui comptaient le plus ici, maintenant, à ce moment, avant qu'ils ne partent.

Bilbon se retourna jusqu'à faire face à Thorin, toujours dans ses bras.

« Tu sais, commença-t-il, tu sais, si je n'avais pas su que l'Anneau était ce qu'il était, je ne serais quand même pas parti, après... l'Arkenstone. »

Thorin sembla peiné à cette évocation, ce qui poussa Bilbon à se précipiter.

« Les orques seraient allés à Erebor, et je ne serais pas parti. »

Il pouvait le voir maintenant : lui sur le champ de bataille, se battant au milieu d'une épaisse vague d'orques, d'hommes, et d'elfes, afin d'atteindre Thorin. Même avant de l'avoir vu dans le miroir, il savait que c'était ce qu'il aurait fait. Il pourrait encore devoir le faire, quand ils atteindraient Erebor à nouveau. Et il ne s'enfuirait pas.

« Je me serais dressé entre toi et n'importe qui d'autre, dit doucement Bilbon. Je t'aurais défendu avec tout ce que j'avais, j'aurais utilisé mes mots et mes énigmes de mon mieux pour te protéger et quand ils m'auraient fait défaut, j'aurais utilisé Dard. Et quand ma lame m'aurait fait défaut, eh bien. »

Il croisa le regard de Thorin avec certitude, ne ressentant qu'une vérité calme dans son être tandis qu'il parlait une fois de plus.

« Je me serais dressé entre toi et n'importe quel danger jusqu'à ce que je ne puisse plus tenir debout.

- Et tu te demandes pourquoi je refuse de te laisser sur le champ de bataille, dit Thorin d'une voix rauque, le regard hanté. Je ne te verrai pas perdu pour moi.

- Je ne vais pas te laisser, dit Bilbon d'une voix étouffée mais encore ferme. Je refuse. Tu devras me tirer au loin toi-même, et au final j'obtiendrais quand même ce que je veux parce que tu serais éloigné du mal, toi aussi. »

Thorin donna l'impression d'avoir été éventré par Bilbon. Bilbon saisit les mains de Thorin, et les pressa contre sa poitrine.

« Si tu n'es pas là, dit-il doucement, alors ceci ne battra pas. Tu ferais aussi bien de me laisser me tenir à tes côtés : le résultat est le même. J'entrerai à Erebor, mais je ressortirai tout de suite.

- S'il te plaît, ne fais pas ça, implora Thorin. L'idée que tu sois au combat inspire une terreur dans mon cœur que même les Portes Noires du Mordor n'y ont pas mise. »

Il commença à parler de nouveau, puis s'arrêta, déglutissant péniblement.

« Tu es mon cœur, dit-il d'une voix misérable. C'est moi qui dois me tenir entre toi et le danger. Legolas n'est pas le seul qui tombera si son mari le fait. »

Il semblait qu'ils en reviendraient toujours à cette idée, de se protéger mutuellement, mais ce qui l'avait autrefois agacé le réconfortait désormais, et le rendait déterminé à se tenir aux côtés de son mari.

« Je ferai la même chose pour toi, à chaque fois, répondit Bilbon. »

Il le ferait maintenant, aussi, il pouvait le faire. Il l'avait fait, même, et bien que son cœur soit douloureux à l'idée d'avoir pris une vie sans hésiter, l'idée de perde Thorin faisait presque hurler son âme. Gandalf lui avait dit autrefois que le vrai courage n'était pas de prendre une vie, mais de savoir quand en épargner une.

Il avait su ne pas épargner Rutar. Pas une deuxième fois, quand la vie de son mari avait été en jeu. Thorin pressa son front contre celui de Bilbon, le geste bien connu un réconfort.

« Sache que je me tiendrai entre toi et n'importe quel danger, jura Thorin. Tu es mon Bilbon, mon bien-aimé. »

Son époux, son brave Thorin puissant et aimant. Bilbon ne répondit pas pour offrir la même promesse. Elle était suspendue entre eux, implicite mais quand même présente. Il suivrait Thorin au combat, et si on arrivait là, il se tiendrait entre Thorin et n'importe quel danger. Il l'aurait fait dix ans plus tôt, et il le ferait maintenant. Même si ça lui coûtait sa propre vie.

Bilbon ne pouvait pas imaginer une meilleure façon de finir sa vie. Soixante ans était jeune, à peine plus de la moitié de sa vie, mais il avait déjà plus vécu que n'importe quel autre hobbit. Il avait un mari, des neveux, une petite-nièce et un petit-neveu, une sœur, et tout ça simplement par alliance. Les nains qu'il connaissait, il les comptait comme sa famille, maintenant, tout comme Legolas, Tauriel, et Dernwyn.

Si on en arrivait là, il mourrait pour eux. Et il mourrait sans regrets.

Comme s'il sentait ses pensées, Thorin l'attira impossiblement plus près jusqu'à ce que leurs nez se frôlent. Bilbon laissa toute sa concentration se porter sur son mari en détresse. Il n'y avait aucune parole de réconfort qu'il puisse lui offrir : chaque mot serait un mensonge, et Bilbon n'était pas enclin à mentir à Thorin. Il resta assis en silence, à la place, serrant son mari dans ses bras et partageant sa respiration avec lui.

Ce fut ainsi que Dwalin les trouva, bien plus tard, encore nez contre nez, s'agrippant l'un à l'autre. Le nain s'éclaircit la gorge, et ils se tournèrent vers lui d'un même mouvement.

« Nous sommes près, dit Dwalin, presque avec réticence. »

Il fallut un moment à Thorin pour trouver sa voix.

« Alors nous chevauchons, dit-il. »

Sa voix était rauque comme s'il avait pleuré. Peut-être qu'il l'avait fait et que Bilbon et lui n'avaient pas remarqué. Il serra la main de Thorin et sentit une prise ferme en retour.

« Vers Erebor, dit Bilbon. »

Thorin hocha la tête.

« Vers Erebor. »

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Ce fut un large groupe qui quitta la Lorien ce jour-là. Haldir conduisait les elfes sur leurs chevaux, en direction des plaines. Des chevaux furent aussi attribués à la compagnie, qui chevaucha en formation serrée, craignant l'avenir sans ceux autour d'eux et n'osant pas formuler de telles peurs à voix hautes. Éomund envoya un corbeau voler vers l'est, dans l'espoir d'envoyer des nouvelles aux Rohirrim de ce qui était arrivé. Un autre corbeau fut envoyé à Edoras, pour avertir le peuple du Rohan d'un danger potentiel à ses frontières. Qui savait comment fonctionnait l'esprit d'une folle ? Car si elle avait pris Dale et Erebor, elle pourrait tout aussi facilement frapper ailleurs.

Depuis les forêts de la Lorien, Tauriel les regarda partir, solennelle et immobile. Galadriel se tenait à ses côtés, voyant bien plus que l'autre elfe ne le pourrait jamais. Le destin continuait de tisser une nouvelle tapisserie, des fils tirant dans tel et tel sens, afin de se lier aux vies de ceux qui chevauchaient maintenant vers Erebor. Bilbon avait tout déchiré dix ans plus tôt, avait exigé sa propre création, et le destin avait cédé.

Maintenant, cependant, le destin pourrait ne pas accepter de refus. Car il avait un but, un plan, un objectif, et même la forte volonté de Bilbon Sacquet, Porteur de l'Anneau, pourrait ne pas suffire à le changer à nouveau.

« Pouvez-vous voir ce qui arrivera ? Osa enfin demander Tauriel. Quand ils passeront au-delà de notre vue ? »

Galadriel maintint son regard sur les voyageurs.

« Non, dit-elle enfin. Je ne peux pas. Le destin ne peut être écarté qu'un certain nombre de fois. »

Et elle craignait qu'il soit impossible de retenir ce que le destin ferait cette fois.

Pourvu qu'ils restent en vie, ne serait-ce que pour le bien de son petit et cher ami. Car même s'ils tombaient et Bilbon non, elle craignait que ce ne soit quand même la fin du petit hobbit.

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Bon je vais pas vous faire le coup à chaque fois non plus, donc je vous le dis une dernière fois, il n'y aura plus de MCD dans cette fic.