Kikou tout le monde.
Bon ben ça y est on arrive aux 80 heures… donc pour ceux qui ne se rappellent plus, une relecture du prologue s'impose pour une tite mise à jour ^^ Le POV ne venant pas de la même 'personne' dans ce chap-ci…
Sinon le chapitre est un peu plus court mais pour cause, c'est une sorte de transition pour la suite…
En espérant que ça vous plaise quand même… mais faites le moi savoir ^^
D'ailleurs Merci infiniment à mes commentateurs, aux favoriteurs, aux followeurs et tout simplement aux lecteurs ^w^
Enjoy ^^
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Chapitre 24.
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Le verbe 'abandonner' ne faisait pas partie du vocabulaire de Dean Winchester, et quand il s'agissait en plus de son petit frère, ce mot était même totalement prohibé.
Il avait pourtant cru que son cœur et le monde entier s'était arrêté lorsqu'il avait réalisé que son cadet avait été enlevé par la créature meurtrière qu'ils étaient venus chercher au départ. Il ne s'était pas attendu à ce que ce soit elle qui les chasse et encore moins qu'elle remporte la partie. Mais malgré les faits non encourageants qui lui brouillaient l'esprit, il s'obstinait à penser que son petit frère était toujours en vie quelque part dans cette forêt immense, et qu'il allait le retrouver - par n'importe quel moyen, quoiqu'il lui en coûte.
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Il avait d'abord examiné le lieu où Sam s'était de toute évidence débattu. Les traces semblaient avoir été effacées mais il restait quand même quelques indices de ce qui s'était passé. En revanche, aucune empreinte ne ressortait de la scène et Dean en conclut que son frère n'avait pas été trainé ou tiré, mais emporté dans les airs - conscient ou non - ce qui n'était guère une bonne nouvelle puisqu'il n'avait de ce fait, aucune réelle piste à suivre.
Cependant il avait encore une alternative, et si son intuition était bonne, il pourrait peut-être retrouver son cadet. Son seul espoir demeurait donc dans les mines : des cavernes humides aux multiples galeries qui se perdaient indéfiniment dans le cœur de la montagne, mais qui restaient sans aucun doute l'endroit idéal pour une créature sanguinolente en mal de se faire un nid douillé Et c'est là qu'il se rendait. Evidement, la chose l'attendrait, il le savait. Ce monstre était de toute évidence loin d'être déficient mental et il savait qu'il était le prochain sur sa liste. Mais si son frère était effectivement là-bas, la réticence à se jeter dans la gueule du loup était minime voir inexistante : la vie de Sam en dépendait, et le reste, il fallait bien l'avouer, l'importait peu.
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Il avait donc ramassé un maximum d'affaires et avait mis le portable éteint de son cadet dans sa poche de pantalon. Il avait alors passé une fois de plus la main sur son visage avant de fixer l'horizon d'un œil critique, jugeant l'étendue de la route - bien trop longue pour atteindre son but.
Après avoir longuement inspiré, essayant de retenir la rage et la peur qui le consumaient de l'intérieur, il avait prit le petit sentier qui descendait en direction de la rivière avec pour seule pensée : 'J'arrive Sammy, tiens bon.'
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Il marchait donc déjà depuis un temps infini selon lui. Le vent s'était ravivé au moment où le soleil s'était totalement éclipsé de la région quelques heures auparavant, intensifiant grandement l'impression déjà persistante du froid glacial. Il n'avait pas fait de pause et avait mangé en marchant - une des barres de céréales que le sheriff leur avait fourrées dans leur sac à doc en bon randonneurs qu'ils étaient. Il ne voyait presque rien et trébucha un nombre incalculable de fois. Il n'utilisait sa lampe torche qu'en cas d'extrême urgence - le paysage étant réellement meurtrier par endroit - mais la bête pouvait roder et la lumière l'attirerait inévitablement.
Il ne savait pas trop comment il pouvait encore arriver à mettre un pied devant l'autre. Le sommeil le rongeait, les douleurs musculaires le tiraillaient sans compter que ses pieds devaient probablement être dans un état pitoyable. Mais son petit frère avait besoin de lui alors il continuait malgré tout.
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Il atteignit la rivière en plein milieu de la nuit. Pour lui le chant du ruissellement certifiait que les grottes se trouvaient tout prêt. Après une nouvelle heure de marche à suivre le cours d'eau, il se stoppa devant ce qui semblait être une falaise rocailleuse. Il écarta alors quelques branches et feuillages, la lampe torche tenue entre ses dents, et découvrit en contre bas une ouverture dans la roche, probablement creusée par des mineurs des dizaines d'années auparavant.
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Il reprit alors son propre portable, tritura quelques touches pendant un instant, le tout en grommelant un 'si les balles te calment pas, ça, ça va te détendre enfoiré' et remit son téléphone dans sa poche à porter de main. Il vérifia tout de même que son arme soit bien chargée, tapa la crosse de son chargeur contre sa paume, et entra alors d'un pas discret dans les cavernes, sa lampe torche placée sur son 45 en éclairage de visée.
Contrairement à ce qu'il aurait pu penser, le sol était couvert d'empreintes… en tout genre. Traces de pattes de loups démesurées, de griffes, de serres d'oiseaux probablement aussi grands qu'un ours, des ondulations plus larges les unes que les autres, des sabots de la taille d'un éléphant et d'autres qui ne représentaient vraiment rien de reconnaissable. Bref, même si la faible luminosité de sa lampe torche pouvait lui jouer des tours, il était évident que quelque chose de surnaturel - ou peut être même plusieurs - vivait ici. Dean était partagé par ses découvertes, le faisant grimacer d'incompréhension, mais il suivit tout de même ces empreintes - ou quoi que ça puisse être - dans les galeries. Il réfléchirait à ça plus tard, quand son petit frère sera en sureté à ses côté.
Le problème qui se posait maintenant à lui fût sans nul doute de savoir quelle route prendre puisque les multiples 'pistes' partaient vers des sentiers différents à travers la roche. Il suivit donc une fois de plus son instinct pour choisir un des passages - même si les relents de chair en décompositions avaient largement influencé son jugement. Il avançait donc avec une seule chose en tête : 'Pourvu que Sammy soit au bout de ce chemin'.
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Il faisait sombre, horriblement sombre. Mais ses yeux lui permettaient de voir comme en plein jour - quelques couleurs en moins peut-être - un atout que sa proie à l'autre bout de cette pièce de roche n'avait pas.
Ce dernier s'était d'ailleurs réveillé. Quel amusement de l'observer à chercher à comprendre où il était sans qu'il ne puisse voir quoique ce soit. Il le regarda se redresser pour se mettre assis, mais à en juger son état il ne pourrait pas lui fausser compagnie cette fois.
A quelques mètres de lui se trouvait les restes de sa toute première victime : un des jeunes randonneurs qu'il avait du déchiqueter et partager avec elle par manque de plus grosses proies animales il y a un mois de cela. L'humain s'était alors révélé être une viande plus que savoureuse est surtout abondante en protéines ce qui avait été un atout majeur pour lui… enfin surtout pour elle. Une aubaine pour son avenir. C'est d'ailleurs pour ça qu'il avait fait quelques réserves, mortes pour la plupart mais aussi vivantes : comme le sheriff, casé dans un autre souterrain un peu plus loin - et celui qu'il avait en face de lui bien sur. Mais il fallait admettre que pour celui-là, il n'y avait pas que le côté 'repas', il y avait aussi le côté 'vengeance' : ces deux frères étaient vraiment des emmerdeurs notoires et il en avait bavé à cause d'eux. Il ne comptait plus le nombre de blessures qu'ils lui avaient infligés. Il avait du changer ses plans, piocher dans ses réserves pour guérir, restait humain et subir la douleur, il avait du attendre, … et ça aurait pu avoir des conséquences pour elle. Mais heureusement elle allait bien, les quelques restes de viandes lui avaient suffit durant ce temps - même si ses besoins devenaient de plus en plus grand au fur et à mesure que la date approchait.
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Il le scrutait avec envie. Il avait l'impression que ce grand dégingandé avait du mal à respirer - mais au moins il respirait encore, c'était déjà pas mal… enfin bon, ça n'allait pas durer de toute façon. Il tâtait le sol de ses mains pour les mettre ensuite sur son visage et examina son corps par le touché, pensant probablement que ce liquide chaud coulant sur ses doigts venait d'une de ces blessures… ah s'il savait qu'il venait en fait de lui.
Il grimaçait, probablement du à l'odeur et peut-être aussi à cause de la douleur ou du froid que ce dernier pouvait ressentir : bien, il aimait le voir souffrir. Et quelle chance, il essaya même de se lever complètement - enfin juste essayer, puisqu'il lui avait cassé le tibia… par sécurité - mais son cri de douleur fût tout de même jouissif, ça valait le coup. Il se rassit donc malgré lui et posa sa tête contre la roche derrière lui pendant un long moment : trop long, c'était beaucoup moins divertissant pour lui.
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Du coup il s'avança, contourna silencieusement la carcasse des restes du randonneur par la gauche, puis grimpa sur le mur, toujours sans un bruit, et se positionna au dessus du corps de son butin vivant. A distance dans un premier temps, il gagnait du terrain vers la tête chevelue - la bonne odeur de chair fraiche qu'elle dégageait étant presque impossible à résister. Au moment où ses long crocs s'avançaient vers son crâne, sa victime se redressa et ses membres se contractèrent - il avait probablement dû penser à quelque chose d'important - peut être pensait-il à son frère, que lui aussi allait mourir… et être manger, doucement. Ce genre de réflexion pouvait en effet être préoccupante… enfin lui s'en fichait éperdument. Mais ce soudain soubresaut de sa proie l'avait quand même fait s'arrêter dans son élan.
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Il ne pouvait cependant, plus empêcher les râles d'envie de sortir de son gosier, ni la bave d'impatience de couler de ses babines terreuses. Il se demandait si son futur 'petit déjeuné' savait qu'il était là, juste au dessus de lui. … Oui, il le savait. Il pouvait entendre les battements de son cœur s'accélérer et sa respiration s'accentuer malgré lui. Il savait qu'il était tout près. Il savait qu'il allait être dévoré. Ses tremblements trahissaient son anxiété. Il roula même ses yeux vers lui mais il ne voyait rien… dommage, il aurait aimé que sa victime voit qu'elle tête avait vraiment son bourreau. Il descendit tout de même de son mur pour se placer devant son butin. En fait il préférait voir la tête terrorisée de son repas avant d'y planter ses crocs.
Il le regarda un seconde supplémentaire fermer ses poings et ouvrir sa bouche pour crier.
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- « DEAN ! ».
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Mais il pouvait hurler tant qu'il le voulait, cette fois s'en était fini pour lui. 'd'ailleurs par quel morceau il allait commencer…'
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