Chapitre 23
Quelques heures après la déclaration de Reade toute l'équipe ainsi que les agents Novak, Bishop, Kennedy, Kick et James se retrouvèrent à l'appartement de Jane et Kurt pour passer une soirée entre amis. L'ambiance était au beau fixe et tout le monde s'entendait à merveille.
-J'ai appris que vous étiez en ville pour une enquête. Avez-vous retrouvé la personne disparue? Demanda la jeune tatouée curieuse. Elle était près du bar en compagnie de Tasha ainsi que de Franck pendant que les autres agents étaient au salon poursuivant une conversation sur les différents endroit que leur travail leur avait permis de visiter.
-Heureusement oui, ce petit garçon peut dormir dans son lit ce soir et chose rare dans ce type d'enlèvement, il n'a pas été violenté. Ce genre de dénouement c'est toujours un soulagement.
-J'imagine, franchement je ne sais pas comment tu fais pour continuer ce boulot après plus de vingt ans de services. Surtout que la plupart de vos victimes sont très jeunes. Ça doit être dur à supporter en particulier quand les missions se finissent mal. D'ailleurs comment est-ce que Kick a géré l'enquête ? Elle avait l'air perturbé tout à l'heure, l'interrogea Zapata concernée. La brune avait énormément conversé avec la jeune consultante ces dernières semaines. Elles avaient partagé leurs expériences personnelles et s'étaient rapprochés.
-L'enquête concernait la fin du démantèlement de Légion alors ça l'a un peu remué mais elle va bien. Plus le temps passe et plus elle arrive à faire face à son passé. Elle m'a également dit que vous aviez pas mal parlé depuis un mois.
-Oui j'ai eu un peu de mal à m'adapter après être rentré de l'hôpital et j'ai décidé de suivre ton conseil. Tu avais raison, ça fait du bien de se confier à quelqu'un qui comprend vraiment.
-Même si je saisis tout à fait ce raisonnement tu sais que tu peux compter sur nous, de jours comme de nuit, fit remarquer Jane bienveillante.
-Je le sais ne t'inquiète pas. Ce n'était pas grand-chose, juste quelques cauchemars. En plus de ça je n'étais pas vraiment seule, avoua la brune, tournant son regard vers son partenaires. En comprenant ce qu'elle voulait dire son amie se mit à rire.
-A ce que je vois Kick et toi avez vraiment beaucoup plus de point en commun que je ne le pensais. Enfin je ne peux pas dire que ça soit une surprise, énonça l'homme en souriant malicieusement.
-Alors tu as remarqué ? Supposa l'hispanique peu surprise. Même si leurs collaboration n'avait duré que quelques semaines dix ans auparavant elle avait immédiatement remarqué l'intuition sans faille de son ainé.
-Tu parles du fait qu'elle et Bishop se tournent autours depuis des mois ou que tu sois amoureuse de ton coéquipier. Je ne suis peut-être plus tout jeune mais je suis loin d'être stupide. Puis-je me permettre un conseil ?
-Je ne suis plus à un près. Puis ce n'est pas comme si toute l'équipe s'y était mise.
-On ne veut que votre bonheur. Après tout vous êtes tellement adorables. Je te promets que si tu pouvais vous voir d'un point de vue extérieur tu comprendrais. Pendant le repas de ce midi il était littéralement en admiration. En plus après la discussion que vous avez eu tout à l'heure je pense que tu peux considérer que ses sentiments pour toi sont réels.
-Je suis complètement d'accord. Dans nos enquêtes on côtoie un grand nombre de proches terrifiés par la peur et l'incertitude mais ce que j'ai vu dans ses yeux au moment où l'on visionnait la vidéo était bien plus fort qu'une simple amitié. Ta peur est légitime mais il ne faut pas que tu la laisses t'empêcher d'avancer.
-Tu as traverser tellement d'épreuves avec un courage incroyable. Je me rappelle au début de ma relation avec Kurt je ne pensais pas mériter un tel bonheur. Tu te souviens ce que tu m'as conseillé ?
-Je t'ai dit d'arrêter de trop réfléchir et profiter du moment présent parce que tout le monde a le droit au bonheur.
-T'es plutôt douée pour donner des conseils. Tu devrais penser à les suivre. Enfin je ne suis pas du genre à donner mon avis dans un domaine que je maîtrise très mal. Mesdames je vais vous laisser pour m'assurer qu'ils ne soulent pas James parce qu'il est hors de question que je le gère ivre mais penses-y s'il te plait, conclut Franck en partant rejoindre les autres.
-Je comprend pourquoi il t'avait fait une grande impression. Ce sont des personnes géniales. Son comportement me fait d'ailleurs un peu pensé à celui qu'à Kurt envers Sarah, Patterson et toi.
Les deux jeunes femmes discutèrent pendant quelques minutes quand elles furent rejointes par leurs deux collègues féminines.
-Je vois qu'on s'amuse bien ici. Est-ce qu'on a loupé quelques choses ? Demanda Patterson guillerette.
-En dehors de Franck qui a fait son Franck rien de spécial. Juste en passant, la chose dont on a parlé l'autre fois, il a remarqué, exposa Zapata.
-Je n'irais pas jusqu'à dire que ça m'étonne. Enfin ce que moi j'aimerais bien savoir c'est ce qu'il se passe. Au dernière nouvelle vous étiez plus proche que jamais ? Interrogea la seconde blonde intriguée.
-Oh rien de spécial en dehors du fait que Reade a voulu se la jouer mâle alpha ultra protecteur. Quand Tasha a voulu une explication il s'est transformé en Roméo pour lui faire une jolie déclaration d'amour mais il est parti juste après, expliqua l'informaticienne en prenant un verre.
-Tu es ivre, fit remarquer l'hispanique en parlant à sa collègue.
-Non c'est pas vrai.
-Tu es bien ivre et pour l'instant de l'eau te ferra le plus grand bien. Elle a néanmoins globalement bien résumé la situation, éclaircie Jane à la jeune consultante en retirant le verre des mains de sa coéquipière.
-Vous ne vous êtes pas parlé depuis ?
-Non sa déclaration m'a vraiment surprise et il a dû prendre ça pour de la gêne parce qu'il ne m'a pas laissé le temps de répondre. Je sais qu'il faut que j'aille lui parler mais aussi irrationnel que ça puisse paraître c'est la chose la plus effrayante que je n'ai jamais eu à faire. Même si ses sentiments sont réciproques et qu'on tentait le coup il y a environ un million de choses qui pourraient mal tourner.
-C'est vrai et personne ne peut garantir que tout ira bien seulement je pense que ça vaut quand même le coup d'essayer. Si j'avais la chance de passer ne serait-ce que quelques jours de plus avec David je prendrais le risque. A l'époque j'ai laissé ma peur prendre le dessus et j'ai gâché un temps précieux. Vous vous aimez alors même si l'on risque de mourir à tout moment dans notre travail ça ne veut pas dire que l'on ne doit pas saisir le moindre petit moment de bonheur.
-Patterson est-ce que tu vas bien ? Questionnèrent ses amies d'une seule voix, préoccupées par son discours.
-Oui ne vous inquiétez pas. L'alcool me rend mélancolique mais je vais bien, rassura la blonde. Elles se regardèrent sceptiques mais n'insistèrent pas sachant qu'elle n'était pas en état de parler. Cependant les deux agentes se promirent de garder un œil sur leur collègue.
-Tu sais quand Mel s'est évadé j'étais terrorisée. Cet homme était littéralement ma plus grande peur.
-C'était ton bourreau alors ça me paraît naturel, interrompit Tasha.
-Je sais mais ce n'est pas là où je veux en venir. J'étais terrorisée mais je me suis battue. Ce n'était même pas pour moi mais pour la petite fille qu'il avait kidnappée. Une enfant à laquelle je tenais et qui aurait très bien put devenir comme moi, ou même pire. Dans cet entrepôt tu as fait face à ton pire cauchemar mais tu t'es battue pour libérer ta famille de son emprise. Même si on ne se connait pas toutes très bien je suis certaine c'est que l'on sait à quel point les sentiments peuvent être à la fois effrayants et merveilleux. Personne peut te blâmer d'être effrayée. Seulement cette fois-ci la seule question qu'il faut que tu te poses c'est est-ce que tu es prête à te battre pour ton bonheur avec la même force que tu le ferais pour sauver une personne que tu aimes ?
-Si jamais tu ne fais pas carrière au FBI tu devrais penser à devenir avocate. Tu es très convaincante.
-Ne te rabats pas vers l'ironie elle a raison, rétorqua Jane en souriant.
-C'est vrai, les vielles habitudes ont la vie dure. Je le ferais. Je vous le promets. J'ai vraiment besoin que les choses changent. Il faut juste que je me sente prête.
Les quatre acolytes continuèrent à discuter de chose et d'autres pendant un long moment, apprenant à faire plus ample connaissance, sans se douter qu'elles étaient aussi le sujet de conversation des hommes de leurs équipes respectives.
-Vous et votre femme avez un très bel appartement. Tout à l'heure j'ai aperçu une chambre d'enfant, vous en avez ? Interrogea James.
-J'ai une petite fille mais elle vit avec sa mère dans le Colorado. J'essaye de la voir le plus souvent possible mais ce n'est pas facile avec nos travails.
-J'ai connu ça c'est vrai que ce boulot complique énormément la vie privée, annonça Franck.
-Une vie privée, comme si l'un de nous en avez une, ironisa Bishop.
-Parle pour toi et puis sincèrement ce n'est qu'une question de choix, sous-entenda le jeune informaticien en parlant de la relation ambiguë qu'entretenait ses deux amis.
-Je suis tout à fait d'accord, approuva Kurt en regardant son collègue. En apercevant le manège de ses cadets l'agent Novak se mit à rire.
-Il n'y a rien de drôle, déclara John.
-Moi je trouve la situation assez ironique. Vous travaillez dans des conditions extrêmement dangereuses tout les jours mais dès que cela devient personnel c'est tout de suite plus compliqué, ajouta Rich avec son air habituel oscillant entre provocation et vérité générale. Etonnement les hommes présents dans la pièce se mirent à rire sachant très bien que le consultant était dans le vrai. Ils dialoguèrent pendant une bonne dizaine de minute. A un moment donné Edgar fut pris d'une envie de contempler sa collègue. Il put s'apercevoir qu'elle l'observait. Quand leurs regards se croisèrent les deux jeunes gens comprirent qu'il était temps de faire face à des années de non-dits. La brune se leva de sa chaise et se dirigea vers les cinq hommes.
-On peut parler ? Demanda-t-elle timidement.
-Bien sûr, murmura-t-il. Il se séparèrent du groupe pour se diriger en direction de la terrasse, le tout sous les regards attentifs de leur famille de cœur. Il n'avait aucune idée de ce qu'allait lui dire sa meilleure amie mais ils savaient tout les deux que cette discussion pouvait changer leurs vies de bien des manières.
