Salut!

Nous sommes samedi, et voici le nouveau chapitre, comme d'habitude :)

Merci aux reviewer anonymes: kisis, Choupy, nepheria4, chloe, Guest, Sélènè, Shinan, Tsuki, Anonyme, ankana87. Merci à tous! Vos review me font super plaisir, même si je ne peux pas y répondre personnellement!

Je suis ravie que le chapitre précédent vous ait autant plu! J'espère que celui-ci vous plaira tout autant xD

Enjoy!

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Chapitre 25

L'échec est le fondement de la réussite

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Il était presque deux heures de l'après midi lorsque Harry pénétra dans la cuisine d'un pas hésitant. Il poussa légèrement la porte derrière lui, sans la fermer totalement, et s'avança doucement dans la pièce agréablement chauffée.

-Bonjour, murmura-t-il en rougissant automatiquement.

Il leur fit un sourire crispé, totalement mal à l'aise, et se dépêcha de venir s'asseoir à table afin d'échapper à leurs examens critiques. Il portait un pantalon en lin léger, qui tombait lâchement sur ses pieds nus, ainsi qu'un gros pull en laine, dont le col cachait les marques intimes sur son cou. Il savait que ses traits étaient tirés, que son visage était pâle, et que des cernes profondes soulignaient ses yeux.

L'image de Draco le caressant la veille, alors qu'il s'endormait, flottait dans son esprit. Le sentiment de bien être qu'il avait alors ressenti avait été si fort qu'une part de lui aurait aimé qu'il dure éternellement. Quand il y pensait, il s'en voulait de vivre des moments de volupté aussi puissants alors que ses amis dormaient paisiblement à quelques mètres à peine, un étage en dessous. Il était hanté à l'idée qu'ils puissent entendre ses gémissements ou, pire encore, ses suppliques, lorsqu'il exhortait désespérément le vampire à le mordre, comme ça avait été le cas trois jours plus tôt. Néanmoins, Harry connaissait la perspicacité d'Hermione, et il se doutait que la jeune fille au moins avait conscience de ce qui se passait dans cette chambre. Cette seule pensée suffisait à le faire rougir jusqu'à la racine des cheveux.

A peine fut-il installé à table que Kreattur apparut devant lui avec un plat rempli de saucisses. Soudain affamé, Harry se servit copieusement, et accompagna ses saucisses des choux de Bruxelles servis par l'elfe.

-Hé bien, nous n'avons pas eu droit à un tel festin, nous, fit remarquer Ron.

Harry releva la tête, la bouche pleine. Sans rien dire, il fit glisser les plats chauds vers son ami, qui après une brève hésitation, se servit à son tour.

-Tu as vraiment une sale tête, dit-il en guise de remerciement.

Harry grimaça.

-Pourtant, tu dors plus encore que Hermione et moi réunis.

Harry ouvrit la bouche, mais ne dit rien. Il la referma au bout de quelques secondes, et coupa l'une de ses saucisses en tranche. Cela semblait être une mauvaise idée que d'expliquer à Ron et Hermione pourquoi il avait besoin de dormir autant. Qu'ils sachent qu'il se faisait régulièrement mordre par un vampire était largement suffisant.

Harry se contenta donc de hausser les épaules. Il mâcha lentement sa viande, toutes ses pensées tournées vers son vampire. Il posa les dents de sa fourchette sur sa lèvre inférieure anticipant déjà le moment de la morsure à venir, dans quelques heures tout au plus, et qu'il attendait avec impatience depuis trois jours, date de la dernière morsure.

-Harry, il faut qu'on parle.

Arraché à ses pensées lubriques, Harry se tourna vers Hermione, soudain inquiet. Cette phrase ne lui disait rien qui vaille, et le ton grave de la jeune fille n'était pas pour le rassurer. Il regretta soudain de ne pas être resté dans sa chambre, à se prélasser dans son lit. Mais Draco l'avait effrayé, en devenant trop entreprenant. Harry avait été suffisamment horrifié lors de son réveil de se rendre compte qu'il avait laissé le vampire le toucher en dehors d'une morsure. Alors, lorsque les mains du vampire avaient commencé à glisser vers des endroits interdits, Harry avait paniqué, et avait lâchement pris la fuite. Maintenant que le lien était complet, il ne ressentait plus ce besoin irrépressible et douloureux qu'il avait eu de Draco pendant le premier mois de leur relation. Il savait, car Draco lui même le lui avait dit, qu'ils ne ressentaient plus le besoin d'avoir des relations sexuelles pour apaiser le lien. Les morsures suffisaient pour renforcer le lien, et elles suffisaient également à combler Harry. Il sentait néanmoins que le vampire, lui, avait très envie d'approfondir les choses et il n'était pas sûr de pouvoir le tenir à distance éternellement. Si Harry avait appris une chose au contact de Draco, c'était que le vampire obtenait toujours ce qu'il voulait et en un sens, c'était un fait assez effrayant pour Harry.

-De quoi veux-tu parler? Demanda-t-il innocemment.

La jeune femme soupira.

-Des Horcruxes, Harry.

Harry hocha légèrement de la tête. Il ne comprenait pas l'air grave qu'arborait son amie.

-D'accord, dit-il, peu contrariant.

Hermione soupira à nouveau. Elle jeta un regard plein de détresse à Ron, mais celui-ci était bien trop concentré sur ses saucisses pour lui prêter attention.

-Les Horcruxes ne vont pas venir à nous. Si nous voulons les trouver, nous devons aller les chercher.

Harry approuva, soucieux de ne pas énerver la jeune fille. Il mâcha ses choux, avala, puis dit:

-Mais nous n'avons aucune idée d'où ils peuvent se trouver.

-Je sais cela, Harry. Mais j'ai l'impression que...Que tu évites le sujet. Ou que tu l'oublies, même. Que, justement, tu ne cherches pas à savoir où ils peuvent se trouver!

-Non, pas du tout.

Hermione pinça les lèvres.

-Je sais que les choses ont changé autour de toi. Tu n'as plus les mêmes priorités qu'avant, et tu n'es plus vraiment toi même. Mais rien n'a changé à l'extérieur. Tu-Sais-Qui s'est emparé du Ministère. Il martyrise les nés-moldus. Ses Mangemorts font la loi partout. Poudlard est devenu une école de magie noire! Il est impératif d'arrêter Tu-Sais-Qui. Il est impératif de trouver ses Horcruxes.

-Je sais tout cela! S'exclama Harry en se resservant des saucisses. Mais je ne peux pas deviner où ils se trouvent.

Hermione l'observa durant quelques secondes, le mettant mal à l'aise. Harry n'avait pas oublié les Horcruxes. Certainement pas, il ne voulait rien de plus que détruire Voldemort. Néanmoins, sa nature de calice ne semblait pas être compatible à ce titre d'Elu que la Prophétie lui avait mis sur les épaules. Il était constamment fatigué, et il lui arrivait de dormir plusieurs heures dans la journée, en plus de ses nuits entières. Dans ces circonstances, il lui semblait difficile de se mettre sérieusement en quête des Horcruxes.

Mais, surtout, la dépendance qu'il ressentait envers Draco était si puissante qu'elle semblait le paralyser toute entière. Il ne pouvait s'empêcher de chercher le vampire, de désirer profondément sa présence, de vouloir constamment être à ses côtés. Draco avait le pouvoir étrange de tout éclipser, les Horcruxes compris.

Parallèlement, en plus de sa dépendance au vampire lui même, il était totalement et irrémédiablement dépendant de ses morsures. Il ne pouvait s'empêcher de la réclamer, alors même qu'il était extrêmement affaibli. Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer les crocs acérés de Draco se plantant dans sa gorge. Il était dépendant, totalement accro, et incapable d'être raisonnable.

Harry pensait aux Horcruxes, il ne les oubliait pas. Mais son obsession à Draco supplantait tout ce qu'il avait en tête, tant et si bien qu'il avait du mal à se concentrer sur autre chose que le vampire, ses crocs, sa voix, ses étreintes.

Harry vivait mal cette obsession. Il luttait contre elle presque constamment, mais elle terminait toujours pas gagner sur sa volonté, et il finissait inlassablement par s'endormir entre les bras puissants de son vampire. Pour rien au monde il n'aurait voulu que ses amis découvrent son obsession, et il s'employait à la dissimuler du mieux qu'il pouvait.

-Ron et moi avons réfléchi à cela pendant que tu...

Elle hésita, et Harry retint inconsciemment son souffle. Il était impossible que Hermione, perspicace comme pas deux, n'ait pas deviné à quel point sa condition de calice l'avait changé.

-...Etait occupé, acheva-t-elle sans sembler remarquer son trouble.

-Et alors?

-Nous comptons aller faire un tour du côté de l'ancien orphelinat de Tom Jedusor pour essayer de trouver un indice.

Ron, la bouche pleine, approuva de la tête.

-Son orphelinat, répéta Harry. Ce n'est pas vraiment un lieu qui rappelle à Vous-Savez-Qui sa grandeur et ses triomphes. D'autant plus que la grotte où Dumbledore et moi avons trouvé le médaillon était déjà liée à son orphelinat. Je ne sais pas quel genre d'indice vous pourriez trouver là bas.

A nouveau, Hermione pinça les lèvres. Harry enfourna une bouchée de choux et de saucisses.

-Si tu as une meilleure idée, je t'en prie, nous sommes tout ouïs.

Harry secoua la tête, navré.

-D'accord, d'accord, dit-il. Allons-y.

Hermione leva les yeux au ciel, l'air exaspéré.

Harry se sentit aussitôt stupide, comme un enfant ayant dit une bêtise devant un adulte. Il jeta un regard à Ron, qui lui fit une grimace des plus explicites.

-Nous ne pouvons pas y aller comme cela, Harry. Il faut se préparer. Nous devons au moins nous cacher sous la cape, au cas où. Puis nous devons repérer où il se trouve, exactement, dans Londres. De plus, si Tu-Sais-Qui a réellement caché l'un de ses Horcruxes ici, il y a peut être placé un espion, pour surveiller les alentours. Il doit y avoir des maléfices dangereux, comme dans la grotte. Je pense qu'il serait plus prudent de boire du Polynectar avant d'y aller.

-D'accord, répéta Harry, qui ne voyait pas bien en quoi tout cela allait prendre autant de temps.

Le silence s'installa dans la pièce. Les deux garçons mangeaient tranquillement, et Hermione se mit à feuilleter le dernier numéro de la Gazette. Lorsque Harry eut finit son assiette, il se resservit à nouveau quelques saucisses, accompagnés des choux de Bruxelles gratinés. Ron l'observa faire durant quelques secondes, l'air vaguement dégoûté, puis s'affala contre le dossier de sa chaise, repus.

-Tu as parlé à...ton vampire du médaillon? Demanda-t-il. Pour qu'il l'ouvre.

Harry, la bouche pleine, secoua la tête.

-Pourquoi pas? Interrogea Ron.

Harry haussa les épaules. Draco et lui n'avaient pas l'habitude de tenir des discussions au coin du feu, le soir. Le vampire n'était guère volubile, et le tenir fermement dans ses bras le contentait largement. Harry n'osait pas aborder le sujet des Horcruxes, car c'était un des nombreux sujets de discordes entre eux. Draco n'avait pas changé d'avis, et il ne comptait absolument pas le laisser partir à la recherche des Horcruxes.

-Nous ne savons pas comment le détruire, de toute façon, dit-il. Ca ne sert à rien de l'ouvrir.

Ron approuva d'un vague grognement.

-Si Scrimgeour avait accepté de nous laisser l'épée, comme l'avait prévu Dumbledore, nous n'en serions pas là.

Harry releva la tête.

-L'épée? Quelle épée?

Ron et Hermione échangèrent un long regard. Harry les observa, sa fourchette suspendue à mi chemin entre son assiette et sa bouche. Au bout de quelques secondes, Hermione finit par expliquer:

-Cet été, peu avant le mariage, Srimgeour est venu au Terrier, pour nous lire le testament du professeur Dumbledore.

Harry se redressa, soudain intéressé. L'idée que Dumbledore ait pu lui léguer quoique ce soit lui effleura l'esprit, mais il la chassa bien vite, tellement cela lui paraissait ridicule.

-Il t'a légué l'épée de Griffondor, Harry.

Harry ouvrit la bouche. Il fixa Hermione, puis Ron, attendant que l'un d'eux disent quelque chose. Mais devant leurs silences, il dut se rendre à l'évidence.

-L'épée de Griffondor, répéta-t-il, impressionné.

-Oui. Malheureusement, Scrimgeour a affirmé que cette épée était la possession de l'école, et n'a pas voulu te la laisser. En plus, tu avais disparu, ce qui n'a pas arrangé les choses.

-Pourquoi me l'a-t-il léguée?

Hermione soupira. Elle échangea un rapide regard avec Ron.

-Cette épée a été taillée par des Gobelins, elle a donc le pouvoir de n'absorber que ce qui la rend plus forte. Tu as tué un basilic avec, l'imprégnant de son venin. Ce même venin avec lequel tu as détruit le journal de Jedusor, qui était un Horcruxe.

Harry écarquilla les yeux. Son coeur s'emballa dans son poitrine.

-Dumbledore m'a légué un moyen de détruire ces horreurs, souffla-t-il, reconnaissant.

Ron et Hermione hochèrent la tête, un léger sourire flottant sur leurs lèvres face à la mine réjouie de leur ami. Tous trois s'observèrent pendant quelques secondes, et, simultanément, leurs sourires se fanèrent.

-Mais nous n'avons pas l'épée, soupira Harry en plantant rageusement sa fourchette dans une de ses saucisses.

-Non, dit Hermione. Mais nous savons où elle se trouve.

-A Poudlard, souffla Harry, l'idée germant soudain dans son esprit.

Hermione approuva.

-Nous ne pouvons pas aller à Poudlard, dit Ron qui se massait doucement le ventre. D'autant plus que l'épée se trouve certainement dans le bureau du directeur. Et ce directeur, c'est Rogue.

Harry faillit recracher ses choux de Bruxelles.

-Rogue! S'exclama Harry. Rogue est directeur de Poudlard.

Un frisson de dégoût mêlé à de la haine monta en lui. Il imagina Rogue assis au bureau même qu'avait occupé Dumbledore, ses traits étirés d'un sourire triomphant et sinistre. Harry esquissa un rictus désabusé.

-Tu as vécu dans une grotte ou quoi? Rétorqua Ron. Tous les journaux ne parlaient que de ça, il y a quelques semaines.

Harry haussa les épaules, sans commenter. Il ne voyait pas l'utilité d'expliquer à ses amis ses semaines de séquestration, d'enfermement et d'humiliation, soumis au bon vouloir d'un vampire autoritaire. Il en avait bien assez honte, il n'avait aucune envie de partager tout cela avec ses amis. Il se réfugia donc dans son assiette, et mâchonna sa saucisse sans entrain. Rogue directeur de Poudlard, à la place de celui même qu'il avait tué, il avait du mal à digérer la nouvelle.

Au bout de quelques minutes de silence, Ron interrogea:

-Pourquoi tu ne t'es pas enfui plus tôt pour nous retrouver?

Harry ouvrit la bouche pour répondre, mais aucun son n'en sortit. Il hésita durant quelques secondes et, pour se donner contenance, avala quelques bouts de saucisses.

-Je ne pouvais pas, finit-il par dire.

-Tu n'avais pas ta baguette?

-Non. Enfin si. Je savais où elle était, mais je ne pouvais pas m'en servir.

Ron haussa les sourcils. Harry fit un geste de la main signifiant que ça n'avait pas d'importance. Mais Ron insista:

-Je ne comprends pas. Si tu avais ta baguette, pourquoi tu n'as pas stupéfixé ce fichu vampire et fiché le camp?

Harry avala précipitamment sa viande, se retenant de lever les yeux au ciel.

-Ce n'est pas aussi simple, dit-il. Je ne pouvais pas m'éloigner de lui.

-Pourquoi tu ne pouvais pas? Qu'est-ce qui a changé depuis?

Harry écarquilla les yeux. Des souvenirs de ce qu'ils avaient fait le soir où ils avaient fermé le lien refirent surface dans son esprit. Il revit le vampire couché au dessus de lui, le plaisir extatique qui l'avait envahi. Harry rougit jusqu'à la racine des cheveux. Il posa sa fourchette et se leva précipitamment, laissant son assiette à moitié pleine sur la table.

Hermione et Ron le fixaient comme s'il était devenu fou.

-Je vais me...doucher, bégaya-t-il précipitamment.

Et, face aux regards surpris et abasourdis de ses amis, il quitta la pièce en coup de vent.

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Quand Harry pénétra sa chambre du deuxième étage, il trouva Draco debout au centre de la pièce, nonchalamment appuyé contre l'un des piliers du lit. Il faisait directement face à la porte, de ce fait le regard du jeune homme tomba aussitôt sur la silhouette immobile du vampire, il n'aurait pu le manquer pour rien au monde. Draco était torse nu, son torse pâle et musclé attirant la lumière et les rayons du soleil qui entraient à flot par la fenêtre. Ses cheveux étaient encore humides de la douche qu'il venait de prendre, et les gouttes d'eau glissaient le long de son torse pour se perdre à la lisière de son pantalon.

Harry resta hypnotisé par l'apparition surnaturelle en face de lui durant ce qui lui sembla des secondes interminables. C'était dans ces moments là qu'il se rappelait avec précision qu'il avait à faire à un vampire imprévisible, et non à un humain capricieux. L'aura de force et de charisme qui se dégageait de Draco imposait un respect certain, et Harry déglutit difficilement, un peu mal à l'aise.

Ils s'observèrent pendant quelques secondes, Harry totalement fasciné par le regard anthracite de son vampire posé sur lui. Il l'attirait inexorablement mais, par dessus tout, lui procurait un sentiment de sécurité et de plénitude des plus rassurants. Presque inconsciemment, il repoussa la porte derrière lui, et elle claqua contre son battant. Harry s'appuya contre elle, essayant de se rappeler pourquoi il était revenu se jeter dans les bras de ce même prédateur qu'il avait fuit quelques minutes plus tôt. Il avait à peine réussi à échapper aux griffes du vampire le matin même qu'il s'y précipitait à nouveau sans réfléchir aux conséquences.

C'était dans ces moments là qu'il se rendait compte à quel point Draco avait une emprise solide sur lui, et influençait ses décisions. Il commençait à venir vers son vampire de manière inconsciente, comme un réflexe inné, et cette réflexion l'effraya.

-Tiens, tu reviens, finalement, remarqua de suite Draco, ses lèvres incolores s'étirant en un sourire en coin narquois.

Harry ne dit rien. Avisant le regard prédateur du vampire, il prit conscience que celui-ci n'avait probablement pas dû digérer la manière dont Harry s'était enfui le matin même en repoussant sans pitié ses avances. Il s'en voulut instantanément d'être revenu. Sagement, il croisa ses mains dans son dos, et tenta de s'arracher au regard du vampire, sans succès. Il était évident que Draco se régalait de l'emprise qu'il exerçait sur lui, sans même avoir à le toucher. Et il ne semblait pas avoir l'intention d'abandonner son influence sur lui.

Lorsque le vampire se redressa et amorça quelques pas dans sa direction, Harry retint son souffle. Il le regarda avancer, tout son corps se tendant à l'idée du vampire s'approchant de lui, de plus en plus près. Lorsque Draco fut suffisamment près, ses doigts frais s'emparèrent du menton de son calice et lui relevèrent légèrement la tête. Il posa son front contre le sien, et inspira doucement.

-Puis-je savoir pourquoi tu es délicieusement aussi écarlate?

La question eut le mérite de le faire rougir encore plus. Il posa ses mains à plat sur ses joues, et les frotta légèrement sous le regard intense du vampire. Harry bafouilla quelques mots incompréhensibles. Draco frotta son front contre le sien, en un geste qui aurait pu paraître tendre en d'autres circonstances, et ses mains lâchèrent le menton de son calice pour se poser sur ses épaules. Il les caressa légèrement, presque inconsciemment, son regard toujours profondément ancré dans celui du jeune homme.

-Je n'ai pas compris ce que tu as dit, Harry, avoua-t-il doucement.

Harry laissa retomber ses bras le long de son corps, légèrement hébété. Les doigts agiles et froids du vampire remontèrent lentement le long de sa gorge, et vinrent caresser presque amoureusement les deux marques sur son cou. Soudainement haletant, Harry chercha une prise à laquelle s'agripper, mais le vampire était torse nu, et ses doigts ne firent que glisser le long du torse, griffant la peau sans laisser de traces. Draco massa les deux points rouges avec application, observant attentivement les réactions de son calice, ainsi que son expression extatique. Harry rejeta la tête en arrière, son crâne heurtant fortement la porte derrière lui. L'une des mains du vampire vint aussitôt caresser son cuir chevelu, et Harry ferma les yeux, toute douleur envolée.

-Ils m'ont posé des questions dérangeantes, souffla Harry qui pencha la tête sur le côté pour donner plus d'accès au vampire.

Draco griffa volontairement les marques, et Harry laissa échapper un gémissement incontrôlable, faisant sourire son vampire.

-Dans quel genre? Demanda-t-il.

Les mains de Harry glissèrent sur le torse imberbe, cherchant un endroit où s'accrocher, sans succès. Dans sa demi-conscience, il était agacé par les réflexions du vampire, qui cherchait sans aucune subtilité à le mettre mal à l'aise. Néanmoins, Harry se sentait incapable de céder à cet agacement, totalement pris sous l'emprise qu'exerçait Draco sur lui. Il ouvrit les yeux et se mit à fixer le plafond, cherchant à donner un sens à la dernière question du vampire. Il sentait le regard perçant de Draco fixer son visage, épiant la moindre de ses réactions, et il passa à nouveau l'ongle de son pouce à l'endroit de ses morsures. De quoi parlaient-il, déjà?

-Ce qui s'est passé...Entre le moment où je ne pouvais pas m'éloigner de vous et le moment où je le pouvais.

Draco laissa échapper un son compréhensif, et un sourire en coin narquois étira ses lèvres. Harry le saisit du coin de l'œil, et l'agacement monta en lui. Draco jouait avec lui, comme il le faisait toujours. Il le provoquait pour le mettre mal à l'aise, le faire parler de choses que Harry préférait oublier et il s'enivrait de ce sentiment de malaise et de honte qu'il lui faisait ressentir.

-Je vois.

Il lâcha le cou du jeune homme, et posa ses mains à plat sur la porte, de chaque côté de la tête de Harry. Et, après un dernier sourire en coin amusé à l'intention de son calice, il se pencha et enfouit son visage dans son cou. Soudain libéré de l'emprise de son vampire, Harry cligna des yeux. Une vague de lucidité monta en lui, et il reprit brusquement conscience de ce qui se passait autour de lui. Le corps puissant du vampire contre le sien, la porte froide dans son dos, le souffle frais dans son cou, le genou glissant contre sa cuisse.

Harry profita de ce moment de lucidité inattendu pour s'échapper. Il se baissa, passa habilement sous l'un des bras tendus du vampire et s'éloigna précipitamment de lui, contournant le lit pour mettre le plus de distance possible entre lui et le prédateur. Draco ne réagit pas et Harry put s'éloigner le plus possible, ce dont il fut satisfait. Il s'appuya contre la fenêtre, et observa le vampire, figé dans une immobilité des plus totale, et toujours penché contre la porte comme si Harry était toujours là. Au bout de quelques secondes, Draco finit par se retourner lentement, s'appuyant à son tour contre la porte, et croisant les bras sur son torse. Harry osa lui jeter un coup d'œil, et il s'aperçut qu'il arborait toujours son fameux sourire en coin totalement agaçant.

-Où comptes-tu aller, dis-moi Harry? Dit-il.

Harry ne dit rien, mais il jeta un regard circulaire autour de lui. La chambre n'était pas grande. Seuls quelques mètres et le lit le séparaient de Draco. Tentant vaillamment de cacher son inquiétude, Harry s'assit négligemment contre le rebord de la fenêtre, hautement satisfait d'avoir réussi à se soustraire à l'emprise puissante du vampire. Evidemment, il avait conscient que le manque de réaction de Draco durant sa fuite, sa totale impassibilité, lui avaient facilité la tâche. Néanmoins, il se sentait fier de lui. C'était la première fois qu'il réussissait à s'éloigner du vampire alors que celui-ci le touchait et le soumettait à son influence. Il lui semblait qu'il avait franchi un cap important, dans son combat contre lui même.

Draco du sentir sa satisfaction car il plissa les yeux, l'air soudain menaçant. Comme en réponse, Harry cessa de sourire.

-Tu sais que j'ai soif, déclara soudain Draco.

Harry déglutit. Sans même s'en rendre compte, sa main se porta à son cou, et, en face de lui, Draco hocha doucement la tête en se redressant subitement. Harry releva doucement la tête, et, chacun à un bout de la pièce, ils s'observèrent, impassibles. Conscient de son geste stupide, Harry laissa retomber son bras, mal à l'aise face à sa réaction.

-Et alors, défia-il.

Il croisa les bras sur son torse, bien décidé à tenir tête au vampire. Ou en tout cas à ne pas lui montrer à quel point il en avait envie, lui aussi. Il n'avait pas bravement réussi à s'échapper pour échouer quelques secondes après en se soumettant à son désir.

-J'ai soif de ton sang, précisa posément Draco, comme si c'était nécessaire de le rappeler à son calice.

Harry ne bougea pas. L'attitude de Draco était claire: il attendait qu'il vienne à lui, sagement. Harry hésita brièvement, et son cœur battait la chamade dans sa poitrine. Le regard, affamé, que Draco posait sur lui était une invitation, et donnait envie à Harry de s'approcher de lui, et de venir nourrir son vampire. Il en avait envie, parce qu'il anticipait pleinement le plaisir intense qu'il ressentirait lors de la morsure, et qu'il était dur d'y résister. Il savait que l'attitude froide et distance de Draco envers lui s'adoucirait, qu'il prendrait soin de lui, qu'il serait attentif à ses besoins, et désireux de le satisfaire autant qu'il le serait. Et c'était tout ce que Harry attendait de son vampire.

Néanmoins, il était décidé à ne pas céder à ses pulsions. Il ne savait pas exactement ce qu'il voulait, ou ce qu'il ne voulait pas, mais il était résolu à ne pas laisser le vampire le contrôler entièrement. Il voulait se prouver qu'il lui restait encore un semblant de volonté propre. Il avait envie de montrer à Draco qu'il ne lui était pas aussi soumis qu'il le pensait, et qu'il n'était pas disposé à lui obéir lorsqu'il claquait des doigts. Il voulait lui rappeler qu'il était Harry, qu'il était encore disposé à prendre ses propres décisions, et qu'il était capable de lui tenir tête, quelquefois. Il ne voulait pas être un calice obéissant, qui accourait pour donner son sang lorsque son vampire le réclamait. Et Harry était certain que c'était ce que Draco attendait de lui.

Face à son immobilité, et sentant probablement le sentiment de rébellion qui fleurissait en Harry, Draco haussa un sourcil.

-Qu'y a-t-il? Demanda-t-il.

Son sourire en coin avait disparu. C'était ce que Harry craignait le plus. Il abhorrait l'attitude froide et sévère que celui-ci arborait parfois à son égard, sans qu'il ne sache quelle en était la raison. Il se sentait alors si démuni qu'il était capable de venir de lui même se blottir entre ses bras en espérant qu'ils se refermeraient autour de lui, le rassureraient, le consoleraient.

-Potter, que t'arrive-t-il? Répéta-t-il plus sèchement.

Harry ne dit rien. Le regard sombre de Draco l'inquiétait un peu. Lui faisait peur. Mais il ne voulait pas se laisser faire. Sa dépendance au vampire commençait à l'inquiéter sérieusement, et il ne voulait pas vivre seulement pour le moment où Draco le mordrait. Il voulait se prouver qu'il était encore capable de décider, et de contrôler ce besoin irrépressible qu'il avait de Draco, et de ses morsures.

-Je n'ai pas envie, dit-il.

Draco haussa les sourcils.

-C'est à moi que tu essayes de faire croire cela? Sérieusement? Te rappelles-tu que je sais ce que tu ressens?

-Je m'en rappelle.

Draco l'observa, s'attendant visiblement à ce qu'il ajoute quelque chose. Harry était heureux de savoir que, bien que Draco lise ses émotions, ou ses envies, ça ne l'aidait pas à le comprendre. Harry ne désirait rien d'autre au monde que les crocs de son vampire plantés dans sa gorge, il était bien obligé de se l'avouer. Malheureusement, tous les deux en étaient bien conscients, et c'est ce qui rendait Draco si sûr de lui, et si satisfait, la plupart du temps.

Draco fit un pas en avant. Harry décroisa vivement ses bras, tous ses sens en alerte. Il descendit de son perchoir, prudemment, sans quitter le prédateur imprévisible des yeux.

-Ne vous approchez pas, prévint-il. J'ai dit que je n'en avais pas envie.

Ils s'observèrent fixement, chacun cherchant à deviner les pensées de l'autre. Draco se tenait droit, immobile, son regard anthracite fixé sur son calice. Son visage impassible était angoissant, et Harry s'attendait à tout moment à le voir lui bondir dessus. Draco patienta quelques secondes, attendant une réaction de son calice qui ne vint pas, puis dit:

-Si tu ne viens pas à moi...

Il s'interrompit, et sa langue vint caresser sa lèvre inférieure en un geste à la fois sensuel et prédateur qui effraya Harry. Il s'agrippa au montant de la fenêtre derrière lui, et prit une posture défensive. Le regard affamé de Draco posé sur lui ne lui disait rien qui vaille et Harry, malgré toutes ses bonnes résolutions de résistance et d'insoumission, se sentait sur le point d'échouer lamentablement, et de laisser Draco le contrôler une fois de plus. Le vampire ne s'était jamais restreint quand il avait soif. Il prenait, peu importe ce que lui, Harry, en pensait. Mais la morsure ne lui faisait plus peur. Il craignait surtout que son sursaut de rébellion ne donne envie au vampire de réaffirmer son autorité sur lui, et sa domination.

-Hé bien quoi? Se sentit-il obliger de demander face au silence prolongé du prédateur.

-Si tu ne viens pas à moi, c'est moi qui viendrais te chasser.

Le cœur de Harry manqua un battement. Il prit une brusque et courte inspiration, sur le qui-vive. Draco était totalement immobile, telle une statue de marbre posée au milieu de la pièce, mais son regard gris luisait d'une lueur un brin cruelle. Harry déglutit. Son corps puissant, ses bras musclés, son regard affamé, son immobilité totale, sa pâleur marmoréenne, le vampire était impressionnant dans son inhumanité. Pour la première fois, Harry vit le prédateur, le chasseur à qui aucunes proies ne pouvaient échapper. Harry était la proie. Il se déplaça doucement sur le côté, sans le quitter des yeux. Il serait face à Voldemort à cet instant, traqué et en danger, qu'il ne se serait pas mieux sentit.

-N'approchez pas, répéta-t-il et lui même perçut l'angoisse dans sa voix.

Son regard glissa sur la porte, derrière Draco. Ce dernier esquissa un sourire cruel.

-Tu crois pouvoir m'échapper, Harry?

Il plia soudain les jambes, comme s'il s'apprêtait à bondir, et Harry cessa de respirer. Mais il ne se passa rien. Draco le fixait toujours, immobile à nouveau.

-Ca fait longtemps que je n'ai pas chassé.

-Ce n'est pas un jeu.

-Ce n'en est jamais un pour la proie.

Harry fit à nouveau quelques pas sur le côté, se demandant s'il pouvait contourner le vampire sans se faire attaquer. Draco lui faisait peur, ainsi posté, l'air si sérieux, comme si tout cela n'était réellement pas un jeu. Comme s'il allait vraiment l'attaquer sauvagement, le morde violemment, et le laisser pour mort dans un parc obscur et silencieux.

-Arrêtez-ça, souffla-t-il.

Draco sentait sa peur, mais il ne bougea pas. Il suivait Harry des yeux, l'air impassible, satisfait de le voir perdre cette expression de pur défis qu'il arborait depuis quelques minutes. Il semblait se repaître de sa peur, de sa soumission involontaire, de son air de proie traquée et prise au piège.

Harry se répéta mentalement que le vampire ne pouvait pas lui faire de mal. Tout ceci n'était qu'un jeu pour lui, et il était sa distraction préférée, cela ne faisait aucun doute. Tous deux savaient par ailleurs que tout ceci finirait comme le vampire l'aurait décidé, et que Harry en serait le premier contenté. Néanmoins, Harry ne pouvait s'empêcher de se sentir angoissé. Il avait devant lui un prédateur en chasse, et l'attitude de Draco ne pouvait le rassurer. Et s'il avait sous-estimé le côté sauvage et impulsif du vampire, et que celui-ci l'attaquait réellement? S'il avait surestimé son statut de calice intouchable?

-C'est à toi d'arrêter, Harry, murmura Draco.

Harry leva les yeux vers lui, perplexe. Le vampire suivait chacun de ses mouvements avec une attention hors norme. Il pencha la tête sur le côté lorsque son calice le regarda, mais n'abandonna pas sa position.

-Tu es celui qui a commencé à jouer, tu te souviens?

Lorsque Harry comprit où Draco voulait en venir, les larmes lui montèrent instantanément aux yeux. Il battit des cils avec rage, à la fois agacé contre le vampire et son attitude détestable, et contre lui même, de se montrer si faible alors qu'il voulait seulement paraître plus fort.

-Pourquoi vous faites ça! S'exclama-t-il.

Draco ne cilla pas. Rien ne semblait jamais l'affecter, alors même qu'il sentait le désespoir de son calice enfler en lui. Il observa Harry se battre contre les larmes sans faire un geste, et sans s'en émouvoir. A ce moment là, rien ne comptait plus pour lui qu'il obtienne ce qu'il voulait par dessus tout.

-Pour que tu comprennes...

Draco se redressa soudain. Il ne bondit pas sur son calice pour l'attaquer, comme Harry s'y attendait, mais il franchit les quelques mètres qui les séparaient avec une vitesse surnaturelle. Il s'empara fermement du poignet de son calice et le tira vers le lit, sur lequel il le fit s'allonger de tout son long, sans un mot. Le calice se laissa faire sans un mot. Toute sa peur s'était instantanément dissipée lorsque Draco l'avait touché. Il se sentait rabaissé et humilié, et haïssait le vampire plus que jamais à cet instant. Et il se sentait honteux d'avoir pu imaginer que Draco allait réellement l'attaquer, comme s'il n'était qu'un vulgaire humain parmi tant d'autres.

Draco s'allongea au dessus de lui, le dominant de toute sa taille comme il en avait l'habitude. Il agrippa Harry à la gorge, avec force mais sans violence et le vrilla de son regard métallique.

-...Que tu peux toujours courir, fuir ou me défier, j'obtiens toujours ce que je veux...

De son pouce, il caressa les deux marques rouges sur le cou du garçon, ces marques qui étaient le symbole même de son appartenance, mais ce dernier, rageur et misérable, ne réagit pas.

-...Car c'est moi qui décide, et toi qui obéis, finit Draco en enfouissant son visage dans son cou.

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Bon, qu'en pensez-vous? Verdict! Cet excès de rébellion vous a-t-il plu, même si Draco finit pas avoir le dessus? Qu'avez-vous pensé du comportement de Draco? Il est coriace, le vampire, je le crains. Il va falloir plus de motivation et de détermination de la part de Harry s'il veut parvenir à ses fins. Mais qu'importe, il a essayé, non?

Est-ce que ceux d'entre vous qui voulaient de la rébellion sont satisfaits, ou est-ce bien trop insuffisant? Harry doit-il redoubler d'efforts? Ou cesser de lutter et...se laisser aller? xD

Sur ce, je vous laisse!

A la semaine prochaine, pour un chapitre dédié exclusivement à Draco, hé oui. Ca vous inspire?

Ciao!