J'ai une nouvelle super bêta heu :) D'elle dépend la lisibilité de ce que vous allez lire ^^
10- Les derniers choix
Severus regarda avec agacement une bordée de filles de deuxième année sortir en gloussant de la salle où le « si séduisant professeur Orion » dispensait ses cours. Leurs rires cependant s'interrompirent lorsqu'elle croisèrent l'œil noir du redouté professeur de potion. Soudainement refroidies, les gamines accélérèrent le pas sous le rictus moqueur de Rogue, pas fâché de constater qu'il faisait toujours son petit effet. Parce qu'à force de fréquenter Sirius, il avait un peu peur de s'amollir. Caractériellement parlant, bien sur, par ce que pour le reste... Hum hum. Quittant ses pensées dont la tournure devenait de plus en plus douteuse, Severus entra dans la salle de classe où se trouvait toujours le professeur Madlive, et se concentra pour que son expression ne change pas alors qu'il croisait les yeux bleu sombre de Sirius. Mais bon, en tant qu'espion il avait tout de même un minimum de confiance en soi et la femme ne vit que du feu. Enfin non. Elle ne vit que le professeur Rogue s'avançant vers elle avec son habituelle expression renfrognée et, quand j'y pense, pas la moindre flamme.
- Madame, salua t-il, Orion, je vous rappelle que nous avons des recherches à faire ce soir. Et qui ne sauraient attendre.
- Ah ? Vraiment, fit Sirius en feignant l'indifférence. Bon... Je vous accompagne alors.
Il fit un sourire chaleureux à sa collègue, qui lui envoya en retour une mimique compatissante alors qu'il emboitait le pas de l'austère Rogue.
Ils étaient obligés d'être excessivement prudent quant à leur relation : pour rien au monde Voldemort ne devait apprendre qu'ils s'étaient remis ensemble, Severus n'aurait pas pu le justifier de manière convaincante. Heureusement, le Seigneur des ténèbres avait d'autre choses en tête en ce moment, mais au cas où, officiellement, ils vivaient toujours séparé et s'efforçaient de se comporter comme deux collègues vaguement distant en dehors des appartements du maître des potions. Sirius attrapa la main blanche de Rogue et la porta à ses lèvres. S'efforçaient, j'ai dit.
- Si…Orion ! Un peu de tenue.
- Désolé, j'ai pas pu résister, tu es tellement élégant quand tu marches à grandes enjambées comme ça.
Trois répliques cinglantes passèrent l'une après l'autre dans la tête du potioniste qui finalement choisit l'option de se contenter de secouer la tête, inconscient de la douceur de son regard.
- Aïe ! s'exclama une voix à sa droite.
- Oh, navré Miss, s'excusa Rogue en regardant la brune de Poufsouffle qu'il venait de renverser.
- Il…il n'y a pas de mal professeur. Vous quittez le château ce soir ? Demanda-t-elle.
Sirius et Severus échangèrent un regard surpris avent de reporter leur attention sur la jeune fille. Son visage était parfaitement neutre et Severus avait beau stimuler sa mémoire, son nom lui échappait. Finalement, lui revient en tête le surnom que lui donnait ses amies : Cléo.
- Ça ne vous regarde en rien, fit-il sèchement.
- Surement que non, acquiesça la jeune fille, pourtant ses yeux semblaient dire autre chose. J'espère seulement que vous aurez fini de faire…ce que vous avez à faire avant 21h30.
- Pourquoi ? ne put s'empêcher de demander Sirius.
La Poufsouffle haussa les épaules et répondit d'une voix maniérée qui contrastait avec le timbre grave qu'elle avait il y un instant :
- Parce que c'est l'heure du couvre feu et que nous espérons toutes vous apercevoir avant d'aller se coucher, professeur !
Elle eut un gloussement fort peu naturel, réajusta son sac sur son épaule et s'éloigna.
- Drôle de gosse, remarqua Sirius. Donc, que fait-on ce soir ?
- Tu verras, répondit Severus d'un ton sévère.
Finalement ils entrèrent jusqu'aux appartements de Rogue.
- Change toi et habille toi élégamment, ordonna-t-il, et il s'enferma dans sa chambre.
Sirius était perplexe mais il obtempéra, appelant un elfe pour qu'il lui amène une tenue de soirée appropriée. Le pauvre elfe en question fut obligé de faire trente-sept aller-retour différents avant que Sirius ne s'estime satisfait. Il enfila un pantalon noir plutôt serré, porté avec des bottes hautes, un haut bleu sombre brodé au col et mit par dessus une robe ouverte d'un bleu plus doux, ajustée aux épaules mais s'élargissant sur les manches. Puis il attacha ses cheveux avec une demi queue de cheval et, devant le miroir, souligna ses yeux bouleversants par un trait noir Se mirant, il s'adressa à lui même un sourire ravi : il était vraiment trop beau. Et pourtant lorsque Severus sortit de la chambre, il se sentit aussi maladroit qu'un[e] adolescent[e] face à l'homme de ses rêves. Le maître des potions portait sous une cape noir doublée de vert sombre, une chemise noire aux reflet vert émeraude et un pantalon noir pincé, sur des chaussures noires vernies. Ses cheveux étaient simplement lâchés sur ses épaules et il resplendissait d'un charisme qu'il était le seul à posséder avec une telle intensité.
- J'avais dit : habille toi élégamment, dit-il finalement, pas habille toi indécemment.
- Pourquoi toi tu aurais le droit d'être indécent et pas moi ? Tu vas détruire mon fan club si tu sors comme ça.
- Aucun risque que je sorte comme ça à Poudlard, ricana Rogue.
Ne pouvant plus se retenir Sirius se rapprocha de lui et posa une main sur son bras et effleura ses lèvres des siennes.
- Mais sortir avec moi tu veux bien ?
Les joues pâles du professeur se halèrent un peu et il hocha la tête avant de se détourner précipitamment, loupant le sourire trompetant de Sirius.
Le maitre des potion alluma un feu magique puis y entraîna Sirius. Il l'enlaça tendrement et murmura sa destination. Pendant quelques instants, il n'y eut plus que le tourbillon des cheminées, floues autour d'eux. Puis, il arrivèrent dans une cheminée à haut linteau, qui donnait sur un genre de hall d'accueil, plutôt élégant avec un bar en face et des tables rondes entourées de banquettes, dans les tons cuivrés et rouge sombre. Un homme en costard d'une quarantaine d'année s'approcha et s'inclina.
- Bonsoir, Gentlemen, salua-t-il respectueusement.
Les deux hommes sortirent de la cheminée et l'homme tapa dans ses mains, faisant disparaitre toute la cendre qui les couvrait. Puis ses yeux se posèrent sur Severus et il eut un sourire :
- Ah, Mr Black, cela faisait bien longtemps ! Nous vous avons réservé votre table favorite, bien sûr.
Et d'un geste courtois, il invita les deux hommes à le suivre. Galamment, Severus proposa son bras à Sirius, qui eut un brusque sourire nerveux qu'il étouffa rapidement pour ne pas avoir l'air trop stupide, et posa sa main au creux du coude du professeur. Le maître d'hôtel les guida jusqu'à une alcôve avec une baie vitrée d'un coté, donnant sur une mer d'encre dont l'écume blanche paraissait presque lumineuse dans la pénombre. Une table ronde garnie les attendaient, avec deux fauteuils confortables de chaque coté. Severus tira le fauteuil de droite, y invitant Sirius avant de s'installer en face. Le maître d'hôtel leur tendit deux menus puis dans une courbette, s'éloigna. Sirius jeta un coup d'œil rapide à la carte des plats avant de revenir à Severus et de pouffer :
- Mr Black ?
Le maître des potions leva les yeux au ciel.
- J'ai découvert ce restaurant peu après la disparition de Voldemort et j'ai préféré ne pas donner mon vrai nom. J'ai dit le premier qui me passait par la tête.
- Et c'était le mien, sourit Sirius.
Et Severus pour toute réponse ouvrit la carte du menu qui cachait très opportunément son embarras. Un serveur, venu prendre leur commande, adressa un sourire lumineux à « Mr Black ». Cela agaça profondément Sirius, qui cependant, demeura impassible. Tandis qu'ils mangeaient en discutant, le chien fixait les gestes élégants du professeur, détaillant les mouvements de ses longs doigts et les moindres expressions de son noble visage.
- Sirius, je ne voudrais pas être désobligeant mais c'est un peu agaçant.
- Hein? Fit très élégamment le chien.
- Je peux savoir ce que tu regardes depuis tout à l'heure ? Tu m'écoutes à peine et tu viens de rater ta bouche deux fois !
- Je regardais tout ce que j'ai manqué par bêtise depuis des années, répondit Sirius d'une voix séductrice en le regardant droit dans les yeux.
Severus haussa un sourcil.
- Les restaurants chics ?
- Oui aussi, pouffa le chien, mais là je parlais de toi.
- Allons bon, soupira Rogue.
- Dis-moi Sev, si quand on était au collège je t'avais demandé de sortir avec moi, tu aurais répondu quoi ?
- Hum... « va te faire soigner Black », je suppose, répondit le maître des potions.
- Ah... Oui, rigola Sirius, effectivement c'est probable mais si, par miracle, j'avais eu l'air sérieux et convainquant ?
- Je t'aurais véritablement recommandé à St Mangouste ? A quoi rime cette question ? Où veux-tu en venir, au juste ?
- Hé ! C'est moi qui pose les questions, ne triche pas ! S'indigna Sirius.
Severus lui jeta un regard condescendant que le chien parvint à tenir cinq minutes avant d'éclater de rire. Le maitre des potions eut un sourire satisfait et retourna à son plat. Mais Sirius revient rapidement à la charge :
- Je voulais juste savoir si tu étais amoureux de moi à l'époque.
- Il me semblait que tu avais déjà ton opinion sur la question.
- Mon opinion oui, mais maintenant qu'on est intimes, je voudrais la tienne, précisa Sirius avec un sourire angélique.
Severus s'essuya la bouche, s'étant étouffé avec son vin au mot « intime ». C'était évidemment le cas, mais l'entendre prononcé à haute voix n'en n'était pas moins très perturbant.
- J'attends... chantonna Sirius.
- Mais pourquoi tu veux le savoir ? Tenta Severus. De toute façon, à l'époque, la moitié de Poudlard était amoureux toi !
Mais Sirius ne mordit pas à l'hameçon de cette basse flatterie et continua de fixer son vis-à-vis avec insistance.
- Tu m'exaspérais, répondit finalement Severus. Tu me tapais sur les nerfs dans un rayon de cinquante kilomètres. Mais je crois que... J'étais fasciné par ta personnalité. Ton habileté pour les charmes, ta beauté, ta popularité...
- Et c'est tout ?
- C'était déjà trop ! Tu n'imagines même pas l'angoisse de réaliser qu'on pense à son ennemi juré d'une manière autre que négative !
- Moui effectivement. Moi j'étais plus malin que ça, je me contentais de songer que je te détestais pleinement comme ça, je pouvais te matter pendant des heures sans mauvaise conscience.
- Oui, vraiment, très malin...
Et Sirius éclata de rire de nouveau. Il aurait bien voulu lui demander : et maintenant ? Juste de la fascination ? Mais il y avait des questions à ne pas poser. Dans la série de celles qui brûlaient la langue de Sirius, entre « aimes-tu la nouvelle odeur de mon shampoing? » et « veux-tu qu'on parte en vacances à la plage ?» il y avait « pourquoi m'as-tu emmené au restaurant ? ». Peut-être était-ce juste pour lui faire plaisir... Ce qui serait déjà bien.
- Sirius, tu es encore en train de me regarder avec un sourire niais.
- Pardon, tu as dit quelque chose ?
- Oui : que veux-tu comme dessert ?
Sirius réalisa alors que le serveur était repassé pour débarrasser leurs assiettes et qu'une nouvelle carte était posée devant lui.
- Tu sais, dit Severus sans le regarder, si tu t'ennuies ou si cet endroit te met mal à l'aise, on peut rentrer ou aller ailleurs.
Silence.
Silence de mort.
- Tu t'inquiètes pour moi ? C'est trop mignon ! Oh allez, s'il-te-plait, refais-moi cette voix-là : « rentrer ou aller ailleurs » ! Personne ne voudra jamais me croire que tu es capable d'avoir cette intonation !
- Excuse-moi d'en avoir marre de manger en face d'un légume béat ! Coupa sèchement Severus, soucieux de contenir son chien avant qu'on ne le mette à la porte.
- Oh, désolé, fit Sirius plus calmement. Je suis ravi d'être ici avec toi, je te trouve magnifique, je suis définitivement amoureux de toi et et je voudrai un sorbet citron vert vanille, avec un petit parasol !
Il faut préciser que cette phrase était dite sur un ton plus posé que la précédente, ce qui la ramenait au niveau de surexcitation moyen d'une adolescente hystérique.
Ce n'est qu'en regardant le visage de Severus figé dans une expression stupéfaite que Sirius se rendit compte qu'il avait peut-être laissé échapper une exclamation de trop. Il se repassa lentement le dialogue et...
- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu es allergique à la vanille ? fit innocemment l'ancien Gryfondor.
- Si...Sirius...
- Je peux prendre la commande ?
Deux paires d'yeux, l'une aimable, l'autre légèrement menaçante, se tournèrent vers le serveur qui connut pendant quelques secondes un grand moment de solitude.
- Un sorbet citron vanille et un fondant au chocolat, je vous prie, dit Severus qui avait repris contenance.
Deux minutes plus tard, ils étaient servis. L'ambiance était un brin pesante.
- Heu...Sev ?
- …
- Sevichou...
- ….
- Severus.
- Je...
Le maitre des Potions leva ses yeux vers Sirius.
- Était-ce...possible ? Et Sirius attendait, un peu embarrassé, une réponse, un signe, ou juste qu'il reprenne son attitude habituelle. Pas de grande déclaration, ni de fanfreluche, juste un aveu au milieu du flux de ses paroles, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Alors Severus sourit. Il avait l'impression étrange d'être au bord des larmes, comme si quelque chose en lui s'était rompu définitivement. Ou était né. Il sourit simplement à Sirius qui répondit à son sourire, ravi.
- Tu veux goûter ? Demanda-t-il en tendant sa cuillère. C'est délicieux !
Et Severus s'entendit répondre à sa grande surprise ainsi qu'à celle de Sirius :
- Volontiers !
Et il ouvrit la bouche, comme s'ils étaient un couple de chanceux, d'amoureux, niais et magnifiques.
Après il allèrent faire quelques pas dans le jardin et Severus déclara :
- Écoute, je vais être... absent, pendant quelques temps.
- Hein ? S'exclama Sirius, pourquoi ?
- Parce que la Bataille approche, le Lord va certainement me convoquer sous peu pour vérifier les plans et après... Après, il y aura les combats.
Sirius avait été intégré à un petit groupe de sorciers qui devait patrouiller dans un secteur de Londres, près des studios de la BBC.
- Oh, souffla Sirius. Et donc... Tu as décidé qui va gagner ?
- Je... Non.
Severus baissa les yeux. Sirius allait combattre, peu importe ce que décide le Lord . Il allait falloir que son quartier de patrouille soit relativement peu dangereux. Bien sûr, dès que les combats seront localisés, il se précipitera dans la bagarre, mais d'ici là... Il l'avait vu s'entrainer et regrettait presque de ne pas avoir la même conviction que lui. Parce que lorsqu'il encourageait ses coéquipiers ou se concentrait sur son sort, il avait l'air... de quelqu'un qui a un but. Dont la vie a un sens.
Qui suis-je ? Songea Severus. Encore une fois, je n'ai ni honneur, ni attaches...
- Hey...fit doucement Sirius. De toute façon, l'issue d'une bataille ne dépend jamais d'un seul homme. C'est toujours une infinité de petits évènements.
Severus regarda l'homme qui lui tenait les mains et sentit son cœur cogner fort dans sa poitrine. Sans réfléchir, il l'attrapa par le col et l'embrassa, ignorant les mines surprises des autres promeneurs. Il sentit Sirius, d'abord stupéfait, s'abandonner à la caresse et entourer ses épaules pour le ramener plus près de lui. Et lorsqu'il quitta ses lèvres, il ne le relâcha pas.
- Tu vas me faire avoir une crise cardiaque à force, sourit Sirius.
Severus eut un petit rire et s'apprêta à répondre mais une douleur fulgurante lui traversa l'avant bras, juste au niveau de la Marque des Ténèbres.
- Il était 21h30.
SISOISOSISISOSIOSIOSIS
Hermione poussa un cri de triomphe et Fred hocha la tête, admiratif.
- Mione tu es géniale ! Ces balles moldues transpercent vraiment les boucliers magiques !
- Oui ! Et le sortilège ne devrait pas s'estomper.
- Mais pourquoi des balles de pistolets moldu ? demanda George, mal à l'aise. Des balles en mousses auraient été mieux.
- Ce qui compte c'est le résultat, non ? dit Fred.
Mais il sentit une vraie angoisse chez son frère, alors, lâchant sa baguette et sans se soucier de la présence d'Hermione, il le prit dans ses bras.
- Écoute George, ces balles c'est une garantie. Si le monde des sorciers se joint à celui des moldus, même avec un partage d'artefacts magiques, ils seront vulnérables! Jamais aucune arme n'aura la puissance d'un sort.
- Mais... Si tu leur donnes le pouvoir de nous tuer, qu'est-ce qui te dit qu'ils ne vont pas... s'en servir ?
- Et alors ? Est-ce que ce n'est pas ce que fait Voldemort depuis des lustres ? Lui et ses hommes tuent des moldus innocents qui sont déclarés ensuite victimes d'accidents divers. Alors oui, peut-être que chez eux aussi, il y aura un fou qui voudra massacrer les sorciers, mais ça ne sera que justice non ?
Les jumeaux échangèrent un regard. Hermione était plus que logique et son idée semblait tout à fait dans le bon droit mais...
- Je persiste à croire que ce n'est pas une bonne idée, je te rappelle que nous sommes en guerre, ce n'est vraiment pas le moment d'encourager une nouvelle population à entrer dans la Bataille.
- Si tu parles des moldus, ils sont déjà impliqués ! Et pas seulement dans les massacres. Voldemort a apparemment ralliés des moldus à sa cause, c'est Harry qui me l'a dit.
- Hein ? S'exclama Fred. Ils sont masochistes ?
Hermione se mordit la lèvre. Toute à la défense de sa trouvaille, elle avait laissé échapper une information que Dumbledore ne tenait absolument pas à divulguer. George se tourna vers son frère et le sonda du regard. Ils partagèrent mentalement leur surprise, leurs craintes et à eux deux réunir les éléments qui les firent s'approcher de la vérité.
- Il leur ment non ? Demanda Fred. Il doit leur promettre du pouvoir, ou...
- Ou alors il a vraiment renoncé à son idéologie raciste et compte partager ce monde avec les moldus, compléta George.
La sorcière baissa les yeux, mal à l'aise.
- Je suis désolée, je ne peux pas en parler.
- Bref, bifurqua alors George, donc tu comptes en faire quoi de cet enchantement ?
Je vais le recopier et le ranger dans la section « armes » du quartier général de l'Ordre, tout bêtement. Et si Voldemort gagne et que les moldus apprennent notre existence alors je les armeraient.
- Non Hermione, c'est une folie ! S'écrira George, retenu de justesse par Fred, l'empêchant d'empoigner la jeune femme.
- Je ne vois pas en quoi !
- Les moldus ont peur de ce qu'ils ne comprennent pas !
- Comme la vaste majoritée des humains ! Contrat-elle
- Mais eux ne comprennent pas la magie ! S'ils apprennent notre existence, ils auront peur et deviendront cruels ! Et toi, juste à cet instant tu leur offrira le moyen de se débarrasser de nous? Pense aux moldus de Harry !
Le silence qui suivit ce cri parut s'étirer à l'infini. Fred fit reculer son jumeau de plusieurs pas, lâcha ses hanches qu'il retenait mais saisit fermement sa main.
- Et ils sont bien plus nombreux que nous, conclut George, plus doucement.
Mais le visage d'Hermione s'était buté et le sentir baisser sa garde attisa sa fureur.
- Plus nombreux ? Mais que vaut le nombre quand le plus bête sort de Lévitation peut envoyer percuter un mur dix personnes d'un coup ? Mais enfin, ça ne m'étonne pas que tu n'y comprennes rien, dit-elle avec un mépris écrasant, après tout, tu es un sang-pur, tu as le mépris des moldus dans les veines.
George encaissa l'insulte en crispant la mâchoire et c'est Fred qui s'écria :
- Ne nous parle pas comme ça ! Je te rappelle que Ron aussi est un sang-pur !
Et d'une façon aussi étrange qu'imprévisible, au lieu de renchérir encore à la violence par la violence, la jeune femme fondit en larmes.
Se pliant en deux comme si elle venait de recevoir un coup au ventre, le visage tordu de douleur et dégoulinant de larmes, elle n'émettait pas un bruit, hormis des gémissements plaintifs qui s'échappaient de ses dents serrées.
D'un même mouvement, oubliant leur colère les jumeaux se penchèrent sur elle pour la soutenir et l'enlacer. Pendant quelques minutes ils restèrent là, prostrés, puis Hermione balbutia en se reprenant :
- P...pardon, je suis désolée...Je n'en peux plus de cette guerre, elle me rend ignoble.
- Tu fais de ton mieux, dit George ferment, comme chacun.
- Non, tu ne sais pas, fit-elle en reniflant, j'ai...Harry...
Le chagrin et la culpabilité faillirent la submerger de nouveau et George fixa Fred, un pressentiment épouvantable enserrant son cœur. Mais son frère, refusant de se laisser dépasser releva Hermione et déclara d'un ton ferme :
- Viens, on te ramène à Poudlard, Ron t'attend sûrement.
Et sans rien ajouter, ils transplanèrent devant le château et, trois silhouettes bancales dans l'obscurité franchirent à pied les barrières magiques. Ils croisèrent Rogue qui sortait, le visage figé dans ce masque impénétrable qui lui durcissait les traits, lui donnant ce visage inflexible qui avait terrorisé des générations d'élèves. Visiblement pressé, ils ne leur adressa pas un regard, transplanant dès qu'il franchit la grille.
Ron attendait effectivement dehors et se précipita vers sa petite amie
- Je vais bien, je vais bien, assura celle-ci en savourant l'étreinte de ses bras autour d'elle.
Le rouquin remercia ses frères qui firent demi-tour, lentement. La nuit était fraîche et pourtant son ciel d'orage donnait à l'air une lourdeur qui rendait presque la respiration douloureuse. Encore secoué, George s'arrêta une fois les portes franchies, et frotta son visage contre celui de son frère, sans un mot, les paupières closes. Fred sourit et lui rendit la caresse, se rappelant leurs premiers émois, quand le feu était né dans leurs étreintes jusque là innocentes, quand il les avait dévorés pour les condamner à la dissimulation, quand ils avaient choisit de s'y abandonner, pour vivre infiniment l'un pour l'autre, l'un en l'autre, espérant qu'un jour l'un et l'autre disparaîtraient pour que leurs deux corps ne fissent qu'un, maudits mais en paix.
Empoignant son jumeau par les hanches, il les fit transplaner. Arrivés à destination, il le plaqua contre le mur de sa chambre, dardant sa langue pour lécher les traits délicats de ce visage si semblable au sien. Il entendit un gémissement résonner dans le corps de George avant même qu'il ne franchisse ses lèvres, et le laissa anticiper son mouvement du bassin, parfait pour que se heurtent leurs désirs, pour que se collent leurs cuisses, pour qu'enfin se rejoignent leurs lèvres. George passa ses mains sous le t-shirt de son frère, les remonta le long de ses flans, jusqu'à ses omoplates saillantes comme des ailes d'oiseau. Impatientes, les mains de Fred déboutonnèrent son pantalon et George soupira de sentir disparaître la pression sur son érection. Gourmande, sa bouche remonta le long de la gorge frémissante, déjà, pour finalement atteindre les lèvres et replonger encore dans un baiser dont se lasser paraissait impossible.
Aucun des deux frères ne songea à la formule de l'enchantement, resté sur la table du laboratoire de l'Ordre, et personne ne vit Albus Dumbledore se pencher dessus et sourire de l'inventivité de ses élèves... Avant que ne lui vienne l'idée qui cèlera le sort d'une vie.
PLICPLICPLIC
Jamais le beau palais du Lord n'avait parut si artificiel aux yeux de Rogue. Bien sûr, il avait pu transplaner directement à l'intérieur : Tom Jedusor l'attendait et il avait spécialement ouvert les protections magiques pour lui. Severus fit de son mieux pour rester impassible lorsqu'il aperçut Harry, tenant la main du Lord. Tout deux se tenaient droits, le fixaient, et, volontairement ou non, tout deux étaient vêtus de noir.
La salle était plongée dans les ténèbres, et seuls les reflets vacillants des torches de la terrasses apportaient un peu de visibilité. Dans cette pénombre, les yeux rouges de Jedusor et ceux vert absinthe d'Harry brillaient d'une lueur éclatante.
Côte à côte ,ils ressemblaient à un couple royal de légende.
- Bienvenu Severus ! S'exclama le Lord.
- Professeur, fit plus sobrement Harry en hochant la tête.
Rogue les salua légèrement et le Lord eut un sourire :
- Quelle élégance ! Si je ne vous connaissais pas si bien, je croirais que vous vouliez me faire concurrence.
Le professeur répondit par un sourire en coin, sans faire l'erreur de démentir ce qui n'était qu'une boutade. Harry, lui, écarquilla un peu les yeux quand Rogue s'avança dans la lumière. Effectivement, vêtu ainsi, on oubliait ses traits durs et son grand nez, pour ne plus voir que l'ensemble de sa personne, aussi majestueuse et charismatique que celle du Lord. Sauf que Rogue ne cherchait pas à charmer, et restait neutre là où le Lord se fendait en sourire, froncements délicats de sourcils et autres gracieusetés.
Les autres leaders ne devraient pas tarder. Je vais présenter à chacun séparément votre rôle, bien sûr, mais je tiens à ce que vous vous connaissiez personnellement.
Rogue hocha la tête en récapitulant dans sa tête tous les leaders potentiels qu'il connaissait. Il y aurait Greyback, forcément, lui-même guiderait sûrement les sorciers, un leader moldu ou deux, et un représentant des sangs-purs. Il espérait que le Lord n'avait pas choisit..
- Ah, voilà Bellatrix.
Le professeur sentit Harry se crisper et lui-même eut toutes les peines du monde à ne pas montrer sa contrariété. Effort inutile, puisque le Lord déclara à mi-voix :
- Je sais, ça ne m'amuse pas non plus, mais elle a une grande influence.
- Faire avaler aux sangs-purs la couleur d'un monde de coopération avec les moldus ne sera pas une mince affaire, murmura Harry.
- Ce qu'ils ignorent ne peut pas leur causer de tord Potter, répondit sèchement Rogue. Et une fois que vous aurez le pouvoir Mylord, leurs objections... n'auront plus d'importance.
Jedusor se tourna vers Rogue et Harry le sentait rayonner de satisfaction. Ce n'était pas pour rien qu'il gardait le professeur à ses cotés, malgré toute sa méfiance à son égard.
La sang-pur s'avança et s'inclina profondément devant le Lord, qui lui tendit la main. Elle l'attrapa et la baisa, consciente du décolleté charmant que ce mouvement révélait et Harry se sentit secoué d'un sursaut de dégoût.
- Rogue, salua-t-elle.
Le professeur se contenta de la fixer sans rien répondre. Il venait de noter, comme à chaque fois qu'il la voyait, à quel point elle ressemblait à son cousin. La même finesse dans le visage, ce nez admirablement tracé, parfaitement en harmonie avec ses lèvres sensuelles, la mince douceur des joues et la noblesse des pommettes. Jusqu'à ces iris bleu sombre. Mais celles de Sirius étaient infiniment plus vivantes, rien à voir avec ses gouffres vides de toute chaleur.
Sirius. Severus se fit violence pour le chasser de ses pensées. Presque de loin, il l'entendit demander :
- Mais la Bataille commencera dès que nous aurons réunis nos troupes ?
- Oui ma chère. Demain soir donc.
- Vous n'avez pas peur qu'il y ait des fuites d'ici là ?
- Ne soyez pas stupide, ma chère, répondit-il d'un ton cassant. Toutes vos troupes peuvent être contactées depuis le château.
Un mouvement interrompit la conversation. Deux moldus, un homme et une femme, apparurent. Ils portaient un médaillon qu'ils laissèrent tomber au sol, visiblement un peu secoués. Rogue remarqua les initiales MI6 qu'ils portaient sur des sortes de vestes courtes capitonnées.
- Vous avez donné à ces moldus un portoloin qui leur permet de traverser les barrières du château ! S'exclama Bellatrix d'un ton dégoûté.
Mais le Lord choisit de ne rien répondre, laissant à Harry le soin de lui jeter un regard méprisant.
Enfin Greyback arriva, et, alors que tout le monde le regardait approcher, les moldus visiblement curieux mais peu rassurés à l'approche du lycan, Rogue dit à mi-voix au Lord :
- Il me faudra tout de même quitter le château pour brouiller les plans de Dumbledore.
Le Lord le fixa avec un sourire étrange.
- Non, inutile. Je sais déjà tout ce qu'il me faut savoir sur les troupes de ce vieux fou et comme il ignore la date exacte de la Bataille, brouiller ses plans n'est pas nécessaire. Vous avez été un de mes éléments les plus brillants toutes ces années Severus, mais la guerre est bientôt finie, désormais.
Cette fois, toute l'habilité du monde n'aurait pu suffire à cacher la stupéfaction de Rogue lorsque le Lord conclut :
- Je vous délie de votre rôle d'espion, mon vieil ami. Des tâches plus nobles vous attendent.
Le cerveau du professeur, habitué à ce genre de manipulation, fit rapidement les liens logiques nécessaires. N'étant plus espion, il se retrouvait coincé au Palais du Lord jusqu'à la Bataille, sans possibilité de contacter L'Ordre. D'une manière ou d'une autre, le Lord l'obligeait à choisir un camp.
Severus se sentit presque soulagé, à son grand étonnement. Enfin, c'était arrivé. Après toutes ces années d'entre-deux, d'allées et venues entre deux camps, ces années de mensonges et de dissimulation à se demander lui-même qui il servait vraiment... Il allait choisir son camp. Et curieusement, le dilemme n'en fut pas un.
Face à ce choix, Rogue se rendit compte qu'il avait déjà décidé qui aurait son allégeance, que dans son esprit c'était plus évident que le lever du soleil. Alors, il eut un sourire, un sourire magnifique comme jamais il n'en était né sur se visage trop impassible. Et à la grande surprise des personnes présentes, il mit un genou à terre, devant le Lord. Tom lui rendit son sourire, ravit de cette victoire si incertaine, et seul Hary qui ne regardait pas le visage transfiguré de Rogue vit ses doigts saisir le portoloin que tenait négligemment un des moldus.
- Attention il va... s'exclama-t-il.
Mais c'était trop tard. Le sourire devint éclat de rire triomphant et Rogue disparut.
Jamais les grilles de Poudlard ne lui avaient paru si lointaines, si belles alors qu'il courrait vers elles. Et à peine les avaient-il franchies qu'il vit Dumbledore apparaître.
Le vieux sorcier semblait un peu exténué, mais son visage était illuminé d'une vraie joie lorsqu'il s'exclama :
- Bienvenue Severus !
Sans avoir conscience de prononcer exactement les mêmes mots que Lord Voldemort quelques instants plus tôt.
Rogue lui s'en aperçut et adressa un sourire goguenard au directeur sans interrompre sa course.
Car derrière le directeur, il y avait un autre homme qui l'attendait, anxieux. Severus se jeta dans ses bras en riant, inspira son odeur avec l'impression de respirer vraiment pour la première fois de sa vie. Il appuya son front contre celui de Sirius et chuchota :
- Je suis revenu. Je t'ai choisi.
Bon ben c'est presque fini c't'histoire ^^
