Les ressentis de Cas dans le début de ce chapitre
Charlie qui soulève quelque chose d'assez important, à mon sens, et Dean qui reste Dean
Ah, et Violette, encore. En fait, j'aime bien Violette…
Encore merci et en espérant que ça vous plaira!
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Dans le couloir, Castiel s'adosse au mur, assez loin pour ne plus entendre la voix de Dean.
Il ferme les yeux, serre les dents pour ne pas pleurer. Il ne va pas pleurer aujourd'hui. Pas aujourd'hui. Pas encore. Et pas pour Dean.
"Cassie?" fait Gabriel en s'approchant doucement. "Tu veux descendre boire un café?"
Castiel secoue la tête sans ouvrir les yeux, une brûlure maintenant trop familière dans le creux du cœur, mais Gabriel l'attrape par le bras. "Alors tu boiras du chocolat," en l'obligeant à marcher à côté de lui.
"Gabe-"
"Du thé, oui, si tu veux," quand les portes de l'ascenseur se referment sur eux.
Gabriel le guide jusque dans la cafétaria, le fait asseoir, puis lui dit de patienter, avant de revenir avec deux cafés et une part de gâteau au chocolat. Tristement, Castiel la fixe pendant quelques secondes. "Dean préfère la tarte aux pommes," enroué.
"Tu veux bien arrêter de parler de Dean comme s'il était mort?" en levant les yeux au ciel. "A t'écouter, on dirait vraiment qu'il l'est."
Sans répondre, Castiel pose ses coudes sur la table et prend sa tête entre ses mains. "Et s'il avait sauté du haut de ce pont, Gabe?" finit-il par demander du bout des lèvres.
"Il n'a pas sauté."
"Parce que je suis arrivé à temps," en se redressant. "Il ne s'est pas vidé de son sang parce que j'ai défoncé la porte de sa salle de bains. Et il ne s'est pas jeté du toit de son immeuble parce que j'ai réussi à le convaincre de ne pas le faire. Mais peut-être que la prochaine fois-"
"Arrête," l'interrompt Gabriel. "Ne pars pas du principe qu'il y aura une prochaine fois."
Castiel essuie rageusement ses joues. "Tu sais ce qu'il a dit, un jour?" en secouant la tête. "Il a dit 'si tu t'en vas, je vais mourir,' et maintenant, je n'arrive même pas à être là pour lui. J'ai passé la moitié de la nuit à le tenir dans mes bras, et si j'ai réussi, c'est seulement parce qu'il dormait."
"Qu'il en ait conscience ou non, ce que fait Dean, ça s'appelle du chantage affectif," après avoir avalé un peu de café. "Ce n'est bon ni pour lui ni pour toi, et tu ne cèdes pas au chantage, Cassie. Si tu restes, c'est parce que tu l'aimes, pas parce qu-"
"Je l'aime," en le coupant. "Mais peut-être que tout est cassé entre nous, et que je ne pourrai plus jamais le regarder comme je le regardais avant. Ou le regarder tout court."
"Ce n'est pas cassé, parce que si ça l'était, tu ne serais plus en colère depuis longtemps," répond Gabriel. "Tu es en colère parce que ça compte. Mais ça ne veut pas dire que tu dois pardonner si tu n'es pas prêt à le faire," en lui adressant un sourire rassurant. "Dean a compris, tu sais. Que tu avais besoin d'un peu de temps. Charlie m'a dit qu'elle l'avait vu sortir de la salle de garde, l'autre nuit. Il n'a fait que te regarder dormir, parce qu'il t'aime et que s'il doit attendre encore, il attendra."
"C'est maintenant qu'il a besoin de moi, et je ne-"
"Il a besoin de toi si tu veux être là," en secouant la tête. "Mais si tu n'es pas prêt, alors laisse quelqu'un d'autre prendre soin de Dean à ta place pour le moment. Charlie, Jason, ou moi, par exemple. Singer, et même Richmond. On peut le faire, parce que même si c'est toi que Dean veut, ça ne lui fait pas de bien s'il sent à quel point tu es en colère contre lui."
"Je n'arrive pas à arrêter de lui en vouloir, mais en même temps… il s'est évanoui toute à l'heure, et la première chose qu'il a dite en reprenant connaissance, c'est mon prénom," souffle Castiel, la voix tellement tremblante que c'est presque impossible de ne pas sentir toutes les fissures à l'intérieur de lui. "Parce qu'il me cherchait, Gabe, et ça avait l'air si instinctif, comme s'il ne pouvait pas imaginer que je ne sois pas là."
Gabriel se renfonce légèrement dans sa chaise, puis observe son frère quelques secondes. "Tu veux mon avis de psy?" demande-t-il, alors que Castiel hoche la tête. "Dean croit qu'il ne peut pas vivre sans toi, mais la vérité, c'est qu'il ne s'en sortira jamais s'il ne vit que pour toi. Ce n'est pas comme ça que c'est censé marcher, et je pense que tu le sais."
"Je sais," en acquiesçant. "Mais alors, qu'est-ce que je suis censé faire? lui dire que c'est réellement terminé?"
"Tu veux que ça se termine?"
"Non," en se rongeant nerveusement l'ongle du pouce. "Je lui ai dit le contraire, mais je ne voudrai jamais que ça se termine. Je veux réussir à revenir vers lui, recoller les morceaux, parce que je le veux, lui. Même je n'arrive pas à lui parler pour le moment."
Castiel prend une inspiration, lève une seconde les yeux, puis reporte son attention sur son frère. "Son père," dit-il. "Je ne l'ai jamais rencontré, mais il est quand même la personne que je hais le plus sur cette terre. Je le hais tellement que je regrette qu'il soit déjà mort, Gabe, parce que… mon Dieu, mais comment on peut bousiller quelqu'un à ce point? Dean sursaute si on ne prévient pas avant de seulement s'approcher, il a peur de dormir, et putain, il pense encore qu'il ne peut pas être aimé, parce que son père le lui a répété toute sa vie, et parce qu'il l'a réellement bousillé. Je veux l'aider à réparer ça, mais tu crois vraiment que c'est possible? je veux dire… est-ce que c'est possible?"
"Pas entièrement," en secouant la tête. "Jamais entièrement, parce que Dean est marqué pour toujours, mais… tu sais ce qu'il a réussi à faire, hier?"
"Quoi?"
"Balancer des assiettes contre un mur," avec un léger sourire. "Accepter de ressentir ce qu'il essaie sans arrêt d'oublier, et c'est vraiment… énorme."
"Charlie ne m'en a pas parlé, mais je-" se coupant pour reprendre son souffle, un peu bloqué dans sa gorge. "Tu as raison, c'est énorme," avant de se passer les deux mains dans les cheveux. "Je m'en veux d'avoir cherché à lui faire mal, et d'avoir été sur le point de le frapper, même si ça n'a duré que quelques secondes, parce que je sais qu'il m'aurait laissé faire. Il aurait pensé que c'était normal, et qu'il le méritait, alors que rien ne pourrait justifier que je lève la main sur lui."
"Chercher à lui faire mal autant qu'il t'a fait mal, c'est naturel, Cassie," réplique Gabriel, doucement. "Tu as le droit d'être blessé, et de le lui dire. Peut-être que tu es allé un peu loin, mais je suis sûr que Dean sait que la colère fait dire des choses qu'on ne pense pas, ou alors nous les fait dire d'une manière trop violente. Il sait. Comme il sait que tu ne l'aurais pas frappé, même si effectivement, il pense que tu aurais dû, parce que c'est sa manière de fonctionner," le ton un peu bas. "C'est ce qui arrive quand quelqu'un passe la moitié de sa vie à recevoir des coups."
"Et qu'est-ce que je suis censé faire?" demande Castiel, les yeux dans ceux de son frère.
"L'aimer," simplement. "C'est ce que tu fais déjà, et si c'est un peu de loin pour le moment, ce n'est pas grave. Je sais que tu n'as pas quitté l'hôpital depuis que Dean est là, alors… tu l'aimes."
Hochant un peu la tête, Castiel avale une gorgée de café. "On n'en a jamais vraiment parlé," reprend-il. "Mais, tu sais… quand Raphael m'a trompé, ça faisait tellement… mal. J'ai ressenti toute cette rage, et je me suis dit que ça ne pourrait jamais être pire, que rien ne pourrait me détruire plus que ça."
"Tu as ressenti la même chose, pour Dean?"
"Oh, non," les yeux trop brillants. "Quand il est rentré, et qu'il m'a dit qu'il avait couché avec quelqu'un d'autre, j'ai compris. Ce que ça voulait vraiment dire, avoir le cœur brisé," détournant le regard un instant. "J'ai presque eu l'impression de mourir."
"Tu n'étais pas amoureux de Raphael," comme une simple constatation.
"Je l'ai aimé," en se mordant légèrement l'intérieur de la joue. "J'ai vraiment aimé Raphael, mais je n'étais pas amoureux, et il a raison quand il dit que c'était facile. Ça paraissait même logique, en fait. C'était ton ami, puis c'est devenu le mien, il m'a embrassé, et on a couché ensemble. A l'une de tes soirées d'anniversaire, d'ailleurs," avec un petit rire. "Mais c'était vraiment facile, calme, presque seulement rassurant d'être avec lui. Je ne suis pas rassuré, avec Dean. Je suis même… effrayé," dans un souffle un peu trop saccadé. "J'ai peur pour lui. De le perdre, de ne pas lui suffire, de détruire toute cette confiance qu'il a en moi. Tout le temps, Gabe, j'ai peur tout le temps, et pourtant, je ne voudrais pas ne pas être amoureux de lui parce qu'il est… je ne sais même pas comment le dire. Dean est au-dessus des mots."
Au-dessus des mots.
Gabriel penche la tête sur le côté. "Tu as conscience que s'il te ment, c'est parce que c'est sa manière à lui de te rassurer et de te protéger?"
"C'est une très mauvaise manière."
"C'est vrai," admet Gabriel. "Mais ses intentions sont sincères, même quand il ment. Dean est sincère."
"Je vais… pas tout de suite, mais je vais lui pardonner, tu sais?"
"Oh, je sais," tout doucement. "Je te connais tellement bien que je le savais avant que tu me le dises, et probablement même avant que tu le saches. Qu'est-ce que tu ferais sans moi, hein?"
"Vraiment pas grand-chose."
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Le docteur Singer règle le débit de la perfusion, puis adresse un regard à Dean, toujours allongé. "Je voudrais que tu te reposes un peu plus, Dean," dit-il. "Tu n'es pas censé passer ton temps à faire les cents pas dans le couloir, ou à fixer la porte de la pharmacie pendant des heures, parce que-"
"J'ai failli la défoncer, cette porte," en le coupant. "Mais je me suis abstenu, alors je pense qu'on pourrait noter tous les efforts que je fais déjà."
"Parce que c'est un effort pour toi d'aller dormir?"
Dean hoche la tête. "Vous ne pouvez pas me forcer à m'endormir."
"C'est vrai," répond Singer en soupirant. "Je peux juste te le demander."
"Et moi, je peux juste… y réfléchir."
Le médecin lève les yeux au ciel, mais n'ajoute rien, et Dean adresse un petit geste de la main à Charlie quand celle-ci entre dans la pièce. "Comment tu te sens?" demande-t-elle.
"Vous allez tous me poser la même question?"
"Et la réponse, qu'est-ce que c'est?" en s'approchant un peu, échangeant un regard avec le docteur Singer.
"Très mal," finit par admettre Dean, presque à contre-cœur.
"Physiquement ou psychologiquement?"
"Les deux," en détournant les yeux. "Cas n'arrive même pas à me supporter."
"Il t'a supporté cette nuit," fait remarquer Singer.
Dean secoue la tête. "Oh, super," raille-t-il. "Il me supporte quand je suis endormi. Vraiment, super. Il m'a dit de me taire et de dormir. En fait, je suis presque sûr que Cas ne supporte même plus le son de ma voix."
"Et toi, Dean," fait Charlie. "Est-ce que tu te supportes?"
"Quoi?" légèrement déstabilisé. "Qu'est-ce que je suis censé répondre?"
"Arrête de croire qu'il y a une bonne réponse à tout," avant de s'asseoir sur le bord du brancard. "Tout ce que Castiel fait pour toi, à quel point il t'aime, ça ne changera jamais rien si tu n'es pas capable de te regarder dans un miroir, ou seulement de te supporter."
Difficilement, Dean essaie d'avaler sa salive, puis cherche le regard du docteur Singer, qui se contente de hocher la tête.
"Ça ne-" reprend Dean, se coupant pour réfléchir. "Je ne sais pas. C'est nul, comme question."
"Réfléchis à ça," réplique Charlie. "Réfléchis."
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Toute la journée, Dean se contente de rester dans le couloir. Il marche en s'appuyant sur la barre en métal de sa perfusion, s'assoit parfois, se relève, tremble, transpire, refuse de retourner dans son lit et adresse des regards meurtriers à des gens qu'il ne connaît même pas.
Ça ressemble beaucoup à tous ces jours qu'il a déjà passés une première fois, en infiniment plus difficile, parce que Dean se sent très seul.
Vers la fin de l'après-midi, il appuie son épaule contre l'encadrement de la porte du bureau des infirmiers, sans entrer, et Castiel relève brièvement les yeux vers lui. Ils se regardent trop peu de temps mais en même temps vraiment longtemps. Dean penche la tête, puis se racle la gorge. "Est-ce que tu m'aimes encore?" demande-t-il doucement.
"Bien sûr," la voix un peu rauque, en reportant son attention sur l'ordinateur.
"D'accord," après une seconde.
Dean se retourne, mais il n'a pas fait un pas que, derrière lui, Castiel reprend :
"Et toi?"
"Je t'aimerai toujours," sans le regarder, mais assez fort pour être sûr que Castiel l'entende.
"D'accord," souffle celui-ci, alors que Dean disparaît dans le couloir.
Il passe plusieurs fois devant la chambre de Benjamin, mais n'entre pas. Sans savoir si c'est parce qu'il a peur de ce qu'il pourrait dire, ou de ce que le silence pourrait lui répondre. Dean finit par rester assis, le dos calé contre le mur, la tête en arrière et les yeux fermés. "Tu sais," fait une voix féminine, un peu à sa droite, proche dans l'être trop. "Tu te sentirais mieux si tu restais dans ton lit."
Dean ouvre les yeux pour croiser le regard de Violette. "Je suis bien, ici," répond-il simplement. "Le sol est très confortable. Tu devrais essayer."
"Ça t'aide vraiment à supporter le sevrage, de rôder dans les couloirs?" en s'asseyant à côté de lui.
"Je ne rôde pas."
"Si," avec un léger sourire. "On dirait le fantôme de l'hôpital."
"Mmh," fait Dean, sans réprimer un petit rire. "Je n'aime juste pas être tout seul."
"Tu rêves?" demande Violette.
Vaguement, Dean acquiesce, et Violette prend une inspiration. "Moi aussi, je rêve."
"De quoi?" en se passant la main dans les cheveux.
"Je te le dis si tu me le dis."
"On ne se connaît vraiment pas assez pour ça, alors-"
"Je ne t'ai pas demandé de me raconter ton histoire," coupe Violette, très doucement. "Seulement de me dire de quoi tu rêves."
"Mon père, la plupart du temps," finit par répondre Dean, un peu évasivement mais sur un ton qui en dit réellement très long. "Parfois mon petit-frère, et quand j'ai plus ou moins de la chance… Cas. Je n'ai pas beaucoup de chance, en ce moment."
"Castiel?"
"Mmh," en hochant la tête.
"C'est mon infirmier préféré, et je comprends que tu l'aimes."
Dean hausse un sourcil. "Qui te dit que je l'aime?"
"Tes yeux," tout simplement. "Et toi. Et tout ce que j'entends tous les jours en écoutant le personnel, j'avoue, mais quand même."
"Mmh," encore une fois. "Alors, à ton tour, Violette, de quoi est-ce que tu rêves?"
"Je rêve de Benjamin quand il était encore là," répond-elle. "Je rêve qu'il comprend qu'il doit arrêter de boire pour rester en vie, parce qu'il veut rester en vie. Je rêve que le cancer n'est plus là, et que mon mari n'a plus besoin de toute cette morphine. Parfois, je rêve qu'il n'y a jamais eu d'alcool."
Elle se tait un moment, et Dean se mord la lèvre. "Les réveils doivent être difficiles," souffle-t-il.
"La réalité est difficile, mais ça, je pense que tu le sais déjà."
"Je peux te poser une question?" en changeant de position pour se tourner légèrement vers Violette, qui acquiesce. "Comment… mais comment est-ce que tu fais pour rester aussi forte?"
Violette a un rire. Un rire qui sonne un peu comme celui de Dean quand il n'a pas envie de rire, même s'il ne s'en rend pas réellement compte.
"Ce n'est pas parce que j'ai l'air d'être forte que je le suis, et tu sais, Dean," en secouant la tête. "Être fort, ça ne veut pas dire ne pas souffrir, ni même ne pas boire. Ça veut dire beaucoup de choses, mais certainement pas seulement être capable de survivre. Je ne bois pas, je ne me drogue pas, et pourtant je ne suis pas plus forte que toi, parce que… je viens ici tous les jours, j'attends que le temps passe, que Benjamin meurt, sans savoir ce que je suis censée faire ensuite, et je recommence le lendemain. Rien d'autre. J'ai l'impression de ne même pas être en vie, en fait, je suis juste en train de survivre."
Nerveusement, Dean joue avec le fil de sa perfusion, le regard un peu ailleurs. "Je me suis drogué pendant beaucoup trop longtemps," reprend-il finalement. "Presque la moitié de ma vie, pour être honnête, et je ne sais pas si j'aurais survécu sans."
"Tout le monde ne gère pas la douleur de la même manière, et maintenant, tu essaies de te sevrer. Pense à ça."
"Si Cas n'avait pas été là, je n'aurais jamais-"
"Il n'aurait rien pu faire si tu ne l'avais pas voulu," l'interrompt Violette. "Si tu ne voulais pas vraiment t'en sortir, au fond de toi, tu ne pourrais pas supporter tout ce que tu as l'air de supporter en ce moment. C'est très difficile, je le sais et je peux aussi le voir sur ton visage. Tu as besoin d'aide, mais ça vient de toi, Dean. C'est ta force à toi qui fait que tu es encore là. On sauve les gens qui veulent et qui attendent d'être sauvés, et c'est ce que Castiel a fait pour toi. Il fallait juste que quelqu'un croit un peu en toi."
Il y a un petit craquement, dans le cœur de Dean, mais les mots de Violette font tellement, tellement de bien. Il prend une courte inspiration, puis laisse sa tête reposer en arrière contre le mur, ferme les yeux. "Il ne croit plus vraiment en moi," murmure-t-il. "C'est vrai que je n'ai pas exactement été… à la hauteur de sa confiance, et maintenant, j'ai l'impression qu'il essaie de me pardonner simplement parce qu'il ne sait pas quoi faire d'autre."
"Peut-être que c'est toi, qui devrais croire un peu plus en toi."
Dean a un léger sourire, puis rouvre les yeux, sans répondre. "Cas doit faire une ronde, dans deux minutes," dit-il. "Il va passer dans ce couloir, et combien est-ce que tu paries qu'il va faire comme si je n'étais pas là?"
"Cinquante dollars qu'il va au moins te regarder," rétorque Violette.
"Cinquante dollars?" en haussant un sourcil.
"Cinquante dollars."
Dean hoche la tête, réellement amusé, et se cale contre le mur, essaie de respirer le plus doucement possible, ne bouge pas quand, du coin de l'œil, il voit Castiel entrer dans la chambre la plus proche, puis ressortir peu de temps après, et s'approcher. "Violette," avec un hochement de tête, une fois à leur hauteur.
"Castiel."
Resté parfaitement immobile, Dean lève la tête vers lui quand il sent son regard brûler sa joue. Castiel lui tend un gobelet bleu. "Tiens," fait-il avant de détourner les yeux.
"Qu'est-ce qu-" commence Dean, cherchant son regard sans le trouver, alors que Castiel l'ignore, repasse devant lui, pour mettre de la distance en faisant plusieurs pas dans la direction opposée.
Dean baisse les yeux vers son gobelet, sans voir l'intérieur parce qu'il y a un couvercle dessus, et une paille plantée dedans. Prudemment, il goûte, et un sourire s'épanouit sur ses lèvres quand il sent la fraîcheur de la grenadine. Dean jette un coup d'œil à Castiel, qui marche très doucement dans le couloir, comme s'il s'attendait à ce que Dean dise quelque chose.
"Je vais me marier avec toi, Castiel James Novak," assez fort, et celui-ci agite la main pour lui répondre.
Violette ne peut retenir un rire. "J'ai gagné cinquante dollars."
