Chapitre 24
Scène 102 – Harry et Draco
Harry n'entendait pas le brouhaha autour de lui. Les sons étaient étouffés par le battement assourdissant de son cœur dans sa tête. Il voyait une multitude de personnes s'agiter dans la salle de la Tête de Sanglier, leurs mouvements rapides le rendant malade. Son corps était tremblant, anesthésié, et il était seulement conscient de la main froide de Draco autour de son poignet. Ron apparut devant eux, le visage blanc et le regard frénétique. Il n'entendit pas ce qu'il leur disait et fut incapable de lire sur ses lèvres.
« Je veux voir ta sœur. » Fit la voix blanche de Draco.
« Elle ne sait pas où ils sont, Malfoy. » Répondit Ron en tournant les yeux vers lui, le son portant enfin aux oreilles d'Harry.
La poigne de Draco envoya un éclair de douleur dans son bras mais Harry ne bougea pas. Ses poumons étaient incapables de se remplir correctement d'air et son souffle était court et tremblant.
« Comment peut-elle ne rien savoir, Weasley ! » Hurla Draco. « Elle était avec ces malades, elle a dû voir quelque chose, entendre quelque chose ! »
Harry croisa le regard d'une personne dont le visage lui était familier. Alarik. Celui qui avait indirectement été le point de départ de sa relation avec Draco. Le jeune homme, qui devait avoir trente ans à présent, les observait avec un air dévasté comme si ses propres enfants avaient disparu alors qu'il tenait contre lui une petite fille qui ne devait pas avoir plus de cinq ans. S'il était dans la salle, c'était qu'il avait été présent lors de l'attaque. Les Aurors avaient empêché quiconque d'entrer ou sortir, n'autorisant que les allées et venues de leurs collègues.
Alarik hocha brièvement la tête dans sa direction, et les oreilles d'Harry se débouchèrent juste à temps pour entendre Ron essayer de calmer Draco.
« Elle ne se souvient de rien. Si elle savait quoi que ce soit, le Véritasérum l'aurait forcée à nous le dire. »
« Elle a peut être fait un Serment Inviolable ! » S'égosilla Draco dont la voix se mettait à trembler. Harry déglutit. Toute la salle les regardait, mais ce n'était pas ce qui le dérangeait. Ce qui l'horrifiait, c'était que ses quatre enfants avaient disparu sous ses yeux et qu'il avait été incapable de les protéger.
Ils pouvaient être n'importe où. Merlin, ils pouvaient être déjà morts et ils perdaient leur temps à discuter avec des Aurors tout autant incapables qu'eux de comprendre ce qui s'était passé. S'il y avait un coupable dans la salle de la Tête de Sanglier, il devait déjà être loin, ou il devait avoir fait le même Serment que Smith, l'empêchant de divulguer ce qu'il savait malgré le Véritasérum.
Rester ici était inutile, mais Harry n'avait aucune idée de la direction qu'il devait prendre pour retrouver ses enfants. Draco avait raison, seuls les souvenirs de Ginny pouvaient les aider à découvrir un indice quant à leur localisation.
« Il nous faut ses souvenirs. » Intervint-il alors, fixant finalement ses yeux sur son meilleur ami qui le regardait avec désespoir. « Même s'ils sont flous, même s'il n'y a rien à en tirer, c'est tout ce que nous avons. »
Galvin entra alors dans l'auberge, sa longue robe pourpre frôlant le sol devenu boueux à cause des multiples passages de ses Aurors. Elle frappa des mains, une onde de choc traversant la salle et accaparant l'attention de toutes les personnes présentes.
« Mesdames, Messieurs. » Commença-t-elle sérieusement, le visage grave. « Je veux tout le monde au Ministère. La cheminée du sous-sol a été ouverte. Mot de passe : Hydre. » Dit-elle, la voix autoritaire et inflexible, donnant subtilement le nom de la créature à plusieurs têtes au mystérieux et dangereux groupe de sorciers qui faisait frémir la Grande Bretagne.
Ses Aurors s'agitèrent alors à nouveau, guidant les témoins jusqu'à la cheminée.
« Chef ! » Interpella la voix de Dean. Harry se tourna vers lui, délogeant sans le vouloir la main de Draco qui l'imita. Il le sentit s'accrocher à son autre poignet. Ses doigts tremblants étaient glacials. Il bougea le bras pour qu'il le lâche puis attrapa directement sa main avec la sienne. Il ne put croiser le regard de son ami qui fixait son Chef de Section, accroupit devant la table qui avait empêché Draco de protéger Scorpius. Un objet rond et argenté était fiché dans le bois.
« Je crois que c'est ce qui les a fait disparaître. » Dit l'Inspecteur-Auror.
Draco lâcha sa main et se précipita vers la table. Harry n'eut pas le temps de l'arrêter qu'il touchait déjà ce qui devait être un Portoloin, mais rien ne passa.
« Malfoy, les empreintes ! » Jura Ron en courant derrière lui pour lui attraper l'épaule. Draco se dégagea de sa poigne en reculant. Son dos tremblait.
« Ca n'aurait pas dû traverser le bouclier. » L'entendit-il dire d'une voix étrangement neutre tant il était choqué.
Galvin s'approcha d'eux et Harry lui emboita le pas. La sphère argentée faisait la taille d'un vif d'or et ses minuscules pattes métalliques s'étaient fichées dans le bois de la table.
« C'est de l'argent. » Remarqua la Chef de Section.
« Et alors ? » Demanda Ron, s'attirant un regard fatigué de la part de sa collègue.
« Le meilleur support runique. Les moldus s'en servaient contre les Loups-Garous sans comprendre pourquoi ça fonctionnait. »
« De l'Anti-Magie. » Réagit Draco. Harry plissa les yeux et remarqua que la sphère semblait effectivement gravée d'une multitude de petits symboles.
« Il va falloir rappeler Mellowen. » Déclara Ron en se redressant.
« Il a disparu. » Leur apprit Galvin dans un soupir en fermant brièvement les yeux. « Quelque part dans le Ministère. »
Ron ouvrit grand les yeux et la bouche en la regardant.
« Il a dû être ciblé parce qu'il nous a aidé. » Dit Harry d'une voix qui lui semblait étrangère tant elle était basse et perdue.
« Je vais chercher Hermione. » Déclara Ron. Il se tourna vers les Aurors qui faisaient passer les témoins un à un par la cheminée. « Sparrow ! » Interpella-t-il. L'Inspecteur tourna la tête vers lui. « Vous prenez le commandement en mon absence. Je veux les souvenirs de tout le monde et une équipe du Département des Mystères pour récupérer le Portoloin. » Dit-il en s'écartant pour désigner la sphère accrochée à la table renversée.
Sparrow suivit son doigt des yeux puis hocha la tête avec détermination.
« Harry, Malfoy, allez au Ministère, vous n'êtes pas en sécurité ici. » Ajouta-t-il dans leur direction.
« Ils ne le seront pas non plus là-bas. » Intervint Galvin, son regard sombre se faisant aussi froid que la main de Draco qui effleurait la sienne.
Scène 103 – Ron
Ron transplana dans l'allée qui menait à La Croisée. Hermione et lui avaient donné ce nom à leur maison à cause de son étrange forme de plus. Il s'agissait au départ d'une longue demeure étroite, mais deux parties avaient été ajoutées, l'une devant et l'autre derrière, croisant la maison en son centre. Elle n'avait pas été facile à aménager à cause de son insolite disposition, mais Hermione était tombée amoureuse de sa forme mathématique et Ron avait tout de suite aimé sa singularité. Chaque aile tendait vers un point cardinal. Au sud se trouvait le salon et la salle à manger, au nord la cuisine, à l'est leur bureau commun, et à l'ouest la longue et large entrée qui faisait face au chemin entouré d'arbres sur lequel il pressait le pas. Au centre de la maison se trouvait la cage d'escaliers qui menait à quatre grandes chambres, chacune agrémentée d'une salle de bain, et chaque aile était munie de sa propre cheminée à son extrémité.
Ils avaient pu se permettre un tel investissement grâce à l'argent que le Ministère avait tenu à leur verser après la guerre et qui allait de paire avec l'Ordre de Merlin. Ron avait d'abord été tenté d'emmener celle qui allait devenir sa femme faire un tour du monde bien mérité après avoir finalement terminé leur scolarité à Poudlard, mais il n'avait jamais regretté d'avoir écouté sa femme et d'avoir placé tout cet argent dans cette maison.
Ron ouvrit la porte avec empressement en appelant Hermione. Il tendit l'oreille pour entendre une réponse qui ne vint jamais. Son œil d'Auror remarqua alors plusieurs choses. Les chaussures de sa femme, qu'elle retirait systématiquement en rentrant, n'étaient pas rangées dans leur emplacement réservé dans un meuble de l'entrée. Sa cape n'était pas accrochée au porte-manteau et la sacoche qu'elle emmenait à l'université n'était pas posée sur la commode où elle la laissait d'habitude trainer.
Sortant sa baguette, une sourde panique montant en lui, Ron avança et fit un grand moulinet du bras en prononçant la formule du sortilège de détection de présence. La maison était vide.
« Accio Sacoche d'Hermione ! » Lança-t-il. Il laissa quelques secondes s'écouler sans que rien ne se passe, puis il baissa le bras, son visage se décomposant.
« Non … Non… » Répéta-t-il avec terreur. « Pas Hermione … » Ajouta-t-il en sentant sa gorge se serrer en même temps que son poing autour de sa baguette. « S'il-vous-plaît, pas Hermione … » Supplia-t-il à l'ennemi invisible qui semblait décidé à prendre tout ce qui leur était cher, ses yeux se mettant à piquer alors que des larmes d'impuissance s'y accumulaient.
Ron se détourna vivement et sortit de la maison en courant, prenant le chemin en sens inverse et transplanant dès qu'il dépassa les boucliers magiques. Si sa sacoche n'était pas là, c'était qu'elle n'était pas rentrée depuis la veille.
Scène 104 – Vallen et Lysander
Les deux sorciers étrangers se tenaient côte à côte dans le sous-sol d'entretien du ministère, leur identique regard horrifié rivé sur la mare de sang qui constellait le sol métallique de l'ascenseur défoncé par sa chute.
Vallen fut le premier à réagir, séparant de deux grands pas la distance qui le séparait de la cage de fer tordue. Ce sous-sol était sombre, glauque au possible et n'était utilisé que par les sorciers chargés des mécaniques magiques qui faisaient tourner le Ministère : systèmes de livraison par poulie magique, accès au bâtiment, scellage d'urgence, ventilation, ascenseurs. Personne n'avait encore eu le temps de descendre voir ce qui était arrivé à celui qui était tombé en panne. Un des sorciers de l'entretien se tenait à côté de l'Auror Taylor et Lysander put l'entendre gémir pathétiquement derrière lui. Leurs lumos conjugués faisaient briller le sang qui n'avait pas encore séché complètement.
« Je dois contacter ma hiérarchie. » Dit soudainement l'Auror. « Ne touchez à rien. » Demanda-t-il. Vallen s'arrêta au bord de l'ascenseur, à côté de la seule porte qui était restée accrochée à la structure. L'autre gisait, tordue, un peu plus loin. Il tendit la main vers le sang.
« C'est celui de Julian. »
Lysander serra les dents et se tourna vers Taylor. L'homme lui rendit son regard déterminé et il hocha la tête.
« Reed, avec moi. » Dit-il au sorcier d'entretien qui se redressa légèrement. « Vous deux, ne bougez pas d'ici et empêchez quiconque d'approcher. »
Le détective acquiesça et les regarda détaler vers l'ascenseur de service en déglutissant. Il se retourna pour voir Vallen s'accroupir. Il le rejoignit, le corps engourdit et l'esprit en plein chaos. Pour avoir perdu autant de sang, Julian n'avait pu être que gravement blessé et était sans doute mort à l'heure actuelle. Mais le fait qu'il ait disparu leur laissait entrevoir l'espoir que ses assaillants n'aient pas réussi à le tuer. S'il avait reçu des soins, peut-être était-il encore en vie.
« Qu'est-ce que tu sens ? » Demanda-t-il à Vallen d'une voix rauque alors que son ami continuait de scanner le sol ensanglanté.
« Sa signature magique. » Répondit le Russe. « Mais il y a quelque chose d'autre. »
« Quoi ? » Souffla Lysander en scrutant l'ascenseur, l'estomac dans la gorge et le cœur dans les tempes. Si Julian était encore vivant, ils n'avaient sans doute que peu de temps pour le retrouver.
« Pas sûr … » Murmura Vallen. « Ça me fait penser à … »
« Là ! » S'exclama le détective, montrant du doigt l'étrange tracé à moitié confondu dans la plus grande flaque de sang.
« C'est une Rune de cocon. » Répondit le tatoueur. « Mais elle n'est plus active, le sang l'a brouillée. » Il sortit finalement sa baguette et ferma les yeux. « Reliquiae Revelo. » Dit-il en la guidant dans tous les coins de l'ascenseur alors qu'il tentait d'amplifier son ressenti de la magie de Julian.
Ignorant le dessin qu'il avait deviné sur le sol, Lysander poursuivit sa recherche visuelle en suivant le chemin de la baguette de Vallen. Après de longues secondes de recherche, ils s'arrêtèrent au même endroit. Le Russe rouvrit les yeux avec une brève inspiration alors que le détective lui attrapait le bras pour attirer son attention.
« Une autre rune. » Murmura le géant blond. Lysander s'accrocha au bord de l'ascenseur pour se pencher en avant sans tomber dedans, tentant de mieux voir l'étrange petit dessin rouge brillant contre une des parois.
« J'arrive pas à la lire. » Dit-il à Vallen alors que celui-ci l'imitait, sa haute taille lui permettant d'approcher un peu plus son visage. Le détective n'avait jamais été très bon en lecture de runes et ne s'était pas amélioré avec les années, se tournant systématiquement vers Julian dès que ses affaires le nécessitaient. Les occasions restaient néanmoins rares. L'utilisation des runes était peu habituelle car c'était une magie ancienne et dangereuse qui ne souffrait aucune erreur et demandait des connaissances trop larges pour être maîtrisée en toute sécurité. Julian lui-même ne s'amusait pas à tracer des runes pour le plaisir et était le premier à attester de leur nocuité.
Il vit Vallen plisser ses yeux bleus puis ranger sa baguette pour regarder dans sa main. Il activa le tatouage qui tapissait sa paume et Lysander put voir le tracé noir apparaître sous sa peau blanche. Les deux runes étaient quasiment identiques.
Scène 105 – Rose et Fred
Coincée dans la foule d'élèves qui s'agglutinaient derrière les portes à présent closes de Poudlard, Rose sentait une panique sourde monter en elle. Des Aurors et des Professeurs avaient fait évacuer tous les élèves de Pré-au-Lard et les avaient expédiés en vitesse derrière les murs du château comme si le village avait été victime d'une attaque. Personne n'avait pu répondre à ses questions. Elle avait cherché en vain ses cousins dans la foule et avait hurlé aux Aurors qu'il manquait des élèves à l'appel, mais elle n'avait pas été écoutée ou entendue. Lorsqu'elle s'était adressée à son Directeur de Maison venu en renfort, il avait simplement secoué la tête en lui demandant de se dépêcher.
Quelqu'un lui donna un coup de coude dans les côtes et elle trébucha contre une élève plus âgée qui se retourna avec un regard noir.
« Fais gaffe Weasley ! » Grogna-t-elle.
« Spencer ! » S'exclama Rose en reconnaissant l'attrapeuse de l'équipe de Serpentard. « Tu n'as pas vu James ? »
« Potter ? » Demanda la jeune fille aux longs cheveux noirs. « Non. »
« Rose ! » L'interpella quelqu'un, la forçant à se retourner. Elle vit Fred jouer des coudes dans la foule pour l'atteindre, le visage soucieux. « Tu sais ce qui se passe ? »
« Non … » Gémit-elle avec une boule dans la gorge. « Tu n'aurais pas vu James et Albus ? » Demanda-t-elle une nouvelle fois, soupirant lorsque son cousin secoua la tête.
« Ils étaient avec Lily au village. » Dit-il d'une voix forte pour couvrir le brouhaha de la foule. Rose écarquilla les yeux. Elle savait que les deux frères devaient rejoindre leur père à Pré-au-Lard mais Albus ne l'avait pas prévenu que leur petite sœur serait avec eux.
Elle vit soudainement Roxanne qui grimaçait à quelques mètres de là, tentant de les rejoindre, et tendit le bras pour qu'elle l'attrape. Elle l'extirpa d'entre deux Pousfouffles qui discutaient vivement.
« Il s'est passé un truc à la Tête de Sanglier ! » Leur annonça sa cousine. Fred et Rose pâlirent. « Des Aurors empêchaient les gens d'y entrer. »
« Les Potter étaient à la Tête de Sanglier. » Dit faiblement Rose.
« Ils n'étaient pas les seuls. » Réagit Spencer à côté d'eux, s'incorporant dans la conversation. « L'équipe de Quidditch de Poufsouffle était là-bas pour discuter stratégie. »
« Et ils sont là ? » Demanda Fred en regardant autour de lui. Spencer se mit sur la pointe des pieds en s'appuyant à l'épaule d'une de ses amies à côté d'elle.
« J'en doute. Je ne vois pas la grosse tête de Taylor. Ni les oreilles de Devon. » Dit-elle. « MAX ! » Appela-t-elle soudainement en faisant un grand signe de la main en direction d'un de ses amis.
« Tu as vu Andrei et Emily ? » Demanda le grand élève, un préfet-en-chef appartenant à la Maison de Serpentard, en poussant quelques personnes sans vergogne pour les atteindre.
« Non. Ils étaient où ? » Demanda Spencer.
« A la Tête de Sanglier. »
La rumeur d'une attaque à l'auberge se rependit alors comme une traînée de poudre. Le brouhaha s'amplifia, couvrant les sortilèges de Sonorus que les professeurs utilisaient pour leur demander d'avancer vers la Grande Salle. Roxanne prit le bras de Rose et les trois Weasley se regardèrent en silence, le même sentiment d'horreur leur tombant dessus.
Scène 106 – Astoria
Astoria posa sa tasse de thé avec un soupir, levant les yeux vers l'horloge du salon dont le tic-tac désagréable la rendait trop consciente du temps qui passait. Cela faisait plus d'une heure que Draco et Scorpius avaient rejoint Harry et les enfants de ce dernier, et même si elle avait du mal à se l'avouer, elle commençait à être inquiète.
Elle se doutait que les trois Potter et Scorpius avaient beaucoup de choses à se dire, mais elle savait aussi que Draco n'aurait pas voulu laisser son fils aussi longtemps à découvert. C'était un moment certes important et nécessaire pour le petit Malfoy, mais tous gardaient en tête les dernières disparitions inquiétantes qui secouaient la société sorcière.
Elle espérait que sa sœur et le reste de sa famille avaient écouté ses conseils et restaient en sécurité derrière leur Fidelus. Même si elle n'avait jamais été pas très proche d'eux, et encore moins depuis qu'elle s'était installée en Nouvelle-Zélande, elle ne supporterait pas que quoi que ce soit leur arrive. Ils étaient loin d'avoir les mains propres, leur implication dans la guerre ayant un peu trop souvent penché du côté de Voldemort, mais c'était sa famille et elle ne pouvait pas s'empêcher de les aimer malgré tout.
Un petit bruit provenant de l'entrée attira son attention et elle se leva, traversant le salon pour remarquer trois enveloppes devant la porte. Les hiboux qui n'appartenaient pas à Draco ne pouvaient pas atteindre la maison, mais le courrier, lâché depuis les arbres qui encerclaient le terrain, virevoltait jusqu'à l'ouverture dans la porte pour glisser sur le sol. Astoria se baissa pour les ramasser et posa sur une console l'enveloppe qui était adressée à Draco, puis celle pour Harry, et garda en main celle où apparaissait son propre nom, tracé de la pointe d'une plume avec une écriture identique, celle de Lysander.
Elle décacheta rapidement l'enveloppe et sortit la lettre qui s'y trouvait avec des doigts fébriles. Pour que le détective tente de les joindre tous en même temps, cela ne pouvait être qu'important.
Julian Mellowen a disparu. Si tu sais quelque chose, dis le à Harry ou envoie moi un hibou mais NE SORS PAS !
L.M.
Le cœur d'Astoria se serra alors que l'enveloppe se froissait dans son poing. Elle savait à quel point il tenait à ses amis et elle pouvait lire sa panique dans son écriture étroite et rapide. Elle se sentait terriblement impuissante. Elle ne savait rien et il n'y avait sans doute rien qu'elle puisse faire pour l'aider.
Elle porta la main au pendentif qu'elle portait en permanence autour du cou et que Draco lui avait offert à un de ses anniversaires. Il la représentait si bien. Elle était un arbre immobile et argenté dont les racines et les branches se courbaient pour former un cercle autour d'elle. Tout ce dont elle avait toujours été capable avait été de se protéger elle-même.
Scène 107 – Ron
L'université n'avait rien donné, si ce n'était une idée plus précise du moment où Hermione avait disparu. Elle n'avait pas assuré ses cours du vendredi après-midi, ce qui signifiait qu'elle avait pu être enlevée entre midi et demie et quinze heures.
Ignorant les regards médusés des moldus qui le voyaient courir dans la rue avec sa longue robe pourpre, Ron tenta de retrouver les restaurants où elle aimait déjeuner et qu'elle lui avait fait découvrir. Son préféré se trouvait sur High Street où il tourna. Il s'arrêta brusquement. Benson se trouvait là, entouré de son équipe et de quelques Oubliators caractérisés par leur longue robe noire et leur écharpe violette. Il les rejoignit au pas de course en interpellant son Inspecteur-Auror.
« Benson ! »
« Chef ! »
« Qu'est-ce qui se passe ? » Demanda-t-il en voyant l'équipe d'Aurors se disperser.
« La police moldue a signalé un événement étrange qui nous a fait pensé au mode opératoire de – »
« Vous savez qui a disparu ? » le coupa-t-il.
« Heu, pas encore Chef. » Avoua Benson avec un froncement de sourcils.
« C'est ma femme. » Dit alors rapidement Ron. Ils n'avaient pas de temps à perdre en palabres. Il avait déjà mis trop de temps à se rendre compte de la disparition d'Hermione et chaque seconde qui s'écoulait était une seconde de trop. Son cœur saignait de la savoir en danger même s'il savait mieux que n'importe qui à quel point elle était capable de se défendre seule.
Benson écarquilla les yeux, mais se maîtrisa rapidement et hocha la tête.
« On cherche Hermione Weasley ! » Cria-t-il en direction de son équipe qui filait vers une petite rue. Un Auror se retourna en levant la main, signifiant qu'il avait bien entendu, et repartit à la poursuite de ses collègues.
« Qu'est-ce que vous savez ? » Demanda Ron.
« La police moldue nous a parlé d'une course poursuite. Des personnes vêtues de noir et masquées essayaient d'attraper une femme à travers le Vieil Oxford. Ils ont touché plusieurs moldus, ont défoncé l'entrée d'un garage et quelques portes à l'intérieur. »
Ron serra les dents et se força à inspirer profondément par le nez pour ne pas laisser son visage exprimer toute la douleur et l'inquiétude qu'il ressentait. Il lui était insupportable d'imaginer Hermione tentant de semer ses poursuivants pour finalement être rattrapée et embarquée Merlin savait où.
« Tenez-moi au courant. » Dit-il d'une voix brisée à Benson qui hocha plusieurs fois la tête avec un regard inquiet. « Je retourne au Ministère. » Ajouta-t-il.
Malgré son envie brûlante de continuer de chercher sa femme lui-même, il savait qu'il serait plus utile là-bas.
