Donc... nous sommes dimanche, et le dimanche, c'est nouveau chapitre. On se rapproche tout doucement de la fin. Je crois que ce chapitre est l'un des plus longs que j'ai posté. Niveau news en écriture, j'ai une nouvelle fanfic qui fait son petit chemin dans ma tête, mais ce coup-ci côté Marvel et Avengers. Bonne lecture à vous et merci encore pour les reviews.
Résumé de l'épisode précédent : Stan a tenu sa promesse : il a emmené Hermione Granger voir des licornes. Bien sûr, personne ne le sait et la plupart des gens ont supposé qu'il avait laissé tomber. Sa bonneh humeur disparaît cependant au moment de la seconde tâche : les sorciers ont osé enlever sa sœur pour servir d'otage et Nyssa prend grand plaisir, une fois libérée, à leur faire comprendre son déplaisir… à coups de bâton.
Stan eut une paix royale jusqu'aux vacances de printemps. La démonstration de force et surtout d'agressivité de sa famille avait bien été notée. McGonagall ne lui adressait plus la parole et elle devait certainement regretter de lui avoir enseigné tellement de choses. Ou peut-être d'en avoir pincé pour le Lord au charisme sombre qui lui servait de père. Il ne s'en était pas occupé cependant, continuant de travailler dans son coin.
Il jouait avec ses trois sphères de carbone, dans son compartiment du train, lorsque Hermione entra. Ils s'étaient moins vus pendant les deux derniers mois, principalement parce qu'elle se sentait bien dans sa relation avec Krum, mais il n'y avait vu aucune objection. Les sphères roulaient habilement entre ses doigts, faisant parfois le tour entier de sa main, glissant sur les muscles de sa paume. Il ne les quittait pas du regard et ils restèrent un long moment silencieux.
"Je peux te poser une question ?" demanda-t-il soudainement.
"Si tu veux" répondit Hermione sans bouger, regardant toujours les sphères au spectacle hypnotisant.
"Quand mon père est venu à Poudlard, tu as essayé de prendre notre défense, à Kaheda et à moi. Tu sais qui il est, pourtant, et je sais que tu désapprouves la violence. Pourquoi ?"
Hermione resta silencieuse un moment.
"Je ne sais pas" reconnut-elle finalement. "Ce que ta sœur a fait était mal mais… ils n'auraient pas dû l'enlever. Je veux dire… c'est mal aussi. Ils ont mis une moldue et une enfant en danger dans une épreuve magique. On ne fait pas faire des choses aux gens sans leur demander leur accord."
Il hocha sa tête.
"Merci."
"Tu ne vas pas avoir de problèmes pour ça ?"
Il hésita un bref moment.
"Aucune idée" reconnut-il finalement. "Pas de mon père. De la famille au Pakistan… aucune idée."
"Ils travaillent ensemble ?" demanda Hermione avec curiosité. "Je veux dire… ils ne sont pas supposés être ennemis ou… rivaux ?"
"Mon père ne travaille qu'avec moi, comme sa compagne d'ailleurs" exposa-t-il. "Ils ont juste fait une trêve jusqu'à ce que le problème Voldemort ne soit résolu. Je ne sais pas comment ils agiront des deux côtés ensuite."
Il avait subrepticement lancé des sortilèges d'isolation autour d'eux. Il n'avait aucune idée de pourquoi il répondait aux questions d'Hermione et haussa mentalement les épaules. De toutes façons elle était déjà au courant de son appartenance à la Ligue et des identités réelles de sa famille.
"Le nom que la matriarche licorne t'a donné…" commença Hermione.
"Est mon véritable nom depuis que je suis entré dans la Ligue. Ne le prononce plus jamais."
"Je sais" répondit-elle, vexée. "Je n'ai même pas fait de recherches sur toi, si tu veux tout savoir, je ne veux pas qu'on me demande pourquoi je m'intéresse à ça subitement."
"Sage décision" approuva-t-il.
"Mais donc si ton père travaille avec toi, il ne prend pas des ordres de la Ligue ?"
Stan leva un sourcil, puis ricana cyniquement.
"Personne ne lui donne d'ordres et certainement pas Ra's al'Ghul. Il est son propre maître."
"Ils ne s'aiment pas ?"
Stan resta silencieux un moment.
"Il n'aime pas la Ligue" finit-il par dire lentement "et il pense qu'ils vont me tuer après la mort de Voldemort."
"Mais tu ne le penses pas" remarqua-t-elle avec prudence.
"Non. J'ai grandi avec Nyssa, je ne plaisante pas quand je dis que c'est ma sœur. Elle ne me blessera jamais. Pour la Ligue dans son ensemble… je suis l'un des assassins les plus puissants et je leur suis loyal. Ils n'ont aucun intérêt à me descendre."
"Et si tu es trop puissant ?" demanda Hermione, l'interrompant d'un signe de tête. "Non, attends. Ça finit toujours comme ça dans les livres. Quand quelqu'un devient trop fort pour le chef, il le tue. Ce sont des méchants."
"Excepté" fit-il avec amusement "que nous ne sommes pas dans un livre et que l'utilité d'une personne pèse très lourd dans la balance pour savoir si on s'en débarrasse ou non. J'ai réalisé des missions qui auraient été impossibles pour la Ligue sans moi. Ra's n'est pas un idiot. Il veut mon pouvoir pour la Ligue."
Elle rouvrit la bouche mais Stan la fit taire d'un signe de tête. Un instant après, on toquait à la porte et Cédric glissa son visage dans l'encadrement.
"Hey, les jeunes" fit-il joyeusement. "Je peux squatter ?"
Deux acquiescements lui répondirent et il s'installa, inconscient de la conversation qu'il venait d'interrompre. Hermione ne chercha pas à aborder le sujet à nouveau et lui souhaita simplement de bonnes vacances lorsqu'il rejoignit Nyssa qui l'attendait sur le quai. Ils se fondirent dans la foule sitôt hors du quai sorcier et s'enfoncèrent dans le métro ensuite.
"On ne retourne pas au manoir" observa-t-il.
"Non" répondit-elle. "Nous avons été convoqués. Tu dois détruire un objet."
"Ah… Black t'a parlé ?"
"Peu compliqué" renifla-t-elle. "Il a convenu que ce ne serait pas prudent de te voir quand il est recherché par la police mais il m'a donné les clefs de la demeure familiale en me disant de la raser si ça me chantait. Nous y avions une équipe les trois derniers mois et ils ont fini par le trouver. Nous n'avons pas réussi à l'ouvrir cependant."
Il acquiesça et le reste du trajet se fit en silence. Ils ressortirent dans un quartier excentré et marchèrent plusieurs minutes dans le même silence, jusqu'à parvenir dans une maison branlante.
"C'est la demeure des Black ?" demanda-t-il, surpris.
"Un excellent QG pour la Ligue" commenta sobrement Nyssa en lui ouvrant la porte. "Les sans-pouvoirs ne s'en approchent pas, ni surtout les forces de l'ordre."
"Excellente idée."
Il ne s'inquiéta pas lorsqu'ils descendirent dans le sous-sol. Les murs épais étaient recouverts de magie, ils pourraient probablement déclencher une explosion sans que les voisins ne s'en rendent compte. Ra's al'Ghul se tenait dans le cachot du sous-sol et ils s'inclinèrent en même temps, posant un genou à terre en présentant leurs nuques.
"Debout" ordonna l'homme. "Ta mission, Al'Najin ?"
"Mes soupçons se resserrent autour du professeur de Défense, Maugrey Fol'Oeil."
"Pourquoi ?"
"Parce qu'il fait partie des gens qui sont arrivés au début de l'année. De plus, il est connu comme spécialement excentrique et cela aide à couvrir de nombreuses méthodes de dissimulation."
"Fol'Oeil est un ami de Dumbledore."
"Sauf si ce n'est pas lui."
Le seigneur n'avait pas l'air convaincu.
"Il enseigne les Impardonnables" argumenta le jeune homme. "Même s'il est effectivement parano, vu son aisance avec et en sachant que ce sont des sorts hautement addictifs, la méfiance est de mise."
L'observation sembla un peu mieux porter et Ra's désigna le centre de la pièce d'un mouvement du menton. Comprenant l'ordre, Al'Najin se rapprocha, prenant ses gants de protection. Un médaillon d'or massif se trouvait sur le piédestal. Il était fermé, un S dessiné sur le dessus en pierres d'émeraude. C'était un très bel objet mais il ne réagit pas au contact du jeune assassin. Celui-ci sentit pourtant la légère agression contre ses barrières d'occlumancie – une agression subtile, insidieuse pour discrètement influencer ses pensées.
"Oui, il y en a un dedans" confirma-t-il avant de tenter de l'ouvrir, sans succès.
Il l'examina sous toutes les coutures, puis passa sa main au-dessus, cherchant à dévoiler ses magies. Cela lui prit une bonne trentaine de minutes – il commençait à avoir le coup de main pour le faire sur des humains, mais les artefacts étaient différents.
"Il ne s'ouvre que pour un héritier de Serpentard" nota-t-il. "Pour les Fourchelangue, donc, je suppose, mais dans le doute…"
Ses doigts se posèrent sur son épée et il la tira. Après tout, Serpentard n'était pas du genre à laisser son arme préférée tomber entre les mains de n'importe qui. Il n'eut qu'à frôler le S gravé sur le dessus du médaillon pour qu'un claquement ne retentisse. Les deux artefacts s'illuminèrent en même temps et le loquet du médaillon tomba.
"Une dague et du venin, s'il vous plaît" demanda Al'Najin sans quitter le médaillon dans sa main droite des yeux, ne soulevant pas le dessus.
Il avait confié du venin de Basilic à la Ligue pour qu'ils ne puissent détruire des Horcruxes s'ils les trouvaient. La coupe de Poufsouffle avait déjà était démolie depuis longtemps. L'un des assassins s'avança, déposant une dague sur le piédestal devant lui avant d'ouvrir un coffret contenant effectivement une fiole du venin à l'aspect vivant, rampant le long des parois. Il enfila des gants avant de lui empoisonner soigneusement la dague, puis de la reposer sur le piédestal pour que l'adolescent ne puisse la prendre sans risque.
"La dernière fois ça a sauté" commenta-t-il sobrement, mais personne ne bougea.
Sans plus hésiter, il posa le médaillon et l'ouvrit en grand, puis enfonça sa dague empoisonnée dedans. Un hurlement d'agonie lui répondit mais il ne céda pas, luttant contre la tentative de pénétrer ses barrières mentales. Finalement il y eut une explosion de lumière blanche et il vola contre le mur, son dos le rencontrant rudement. Cela avait été largement pire que lorsqu'il avait détruit la bague.
Nyssa s'avança vers lui mais un claquement de langue l'interrompit. Ra's vint se placer devant lui, visiblement satisfait de la tournure des événements.
"Bien" fit-il. "Maintenant parlons de la seconde tâche du tournoi. Nyssa m'a rapporté les faits."
Il acquiesça et tenta de se relever, mais un coup de botte dans l'estomac l'en empêcha.
"Quelle est la première règle en infiltration ?" demanda le maître assassin d'un ton glacial.
"Ne soit pas remarqué" murmura-t-il. "Ne sors pas de l'ordinaire."
"Que tu te présentes comme un génie pour obtenir des cours particuliers, soit" fit Ra's en lui tournant le dos. "Que tu abattes un Basilic pour maintenir ta réputation de gentil garçon, soit. Que tu remontes le temps pour sauver un élément essentiel à ta mission, soit."
Son poing fracassa le piédestal avec violence.
"Mais, par l'enfer" rugit-il "qu'est-ce qui vous a prit de dévoiler les talents de combat de Nyssa ? Ces idiots ignorent la puissance des moldus, se pensent supérieurs, et qu'est-ce que vous faites ? Vous en tuez presque dix à mains nues !"
"Nous n'en avons tué auc…" voulut faire remarquer Al'Najin, avant de haleter de douleur à l'épée qui s'enfonçait dans son épaule.
"Silence" gronda Ra's. "Tu parleras quand je t'y autoriserai. Tous les gens présents ce jour-là savent que Nyssa aurait pu les tuer aussi bien qu'elle leur a brisé les os. Vous avez failli jeter dix ans de travail et d'infiltration en l'air, et pour quoi ?"
Le silence lui répondit et il aboya, tournant la lame de son épée dans la plaie.
"Pour quoi ?" demanda-t-il d'une voix froide. "Pour venger un stupide orgueil ?"
"Ils m'ont enlevée !" protesta Nyssa. "Ils ont fait échouer ma mission et m'ont emmenée !"
"Alors tu aurais dû agir comme une jeune femme !" rugit-il en se tournant vers elle, dégageant son épée de l'adolescent pour lui transpercer le ventre. "Tu aurais dû te montrer fragile et innocente, être reconnaissante à ton frère d'être venu à ton secours ! En aucun cas tu n'aurais dû te jeter sur eux et les tailler en pièces pour venger ton orgueil !"
Nyssa s'effondra au sol sans un bruit alors qu'il dégageait l'épée. Al'Najin voulut bouger vers elle, mais la morsure dans son épaule était trop vive.
"Vous êtes terriblement décevants" gronda Ra's. "Sûrement vous ai-je laissés devenir trop proches, malgré ce que je pensais. Je suis déçu par ta crise d'adolescence tardive, Nyssa."
Il leva sa main, claquant des doigts.
"Emmenez-la à côté. Ils ne se verront pas pour tout le séjour d'Al'Najin ici. Et, jeune homme…"
Il se pencha sur l'adolescent immobile alors que deux des assassins soulevaient Nyssa et l'emmenaient hors de la pièce.
"Deux ans pour trouver un objet dans un seul bâtiment et démasquer un espion" siffla-t-il "et tu n'as fait ni l'un ni l'autre. De vagues soupçons ne sont pas une réponse appropriée à mes questions. Peut-être devrai-je m'assurer que ton temps d'études avec cette Hermione Granger ne diminue singulièrement."
Al'Najin ne dut qu'à toute sa maîtrise de son occlumancie de ne pas montrer sa peur à cet instant précis, puis il se maudit des milliers de fois.
Bien sûr que Ra's al'Ghul avait au moins un espion autre que lui à Poudlard.
"L'as-tu emmenée voir ses licornes ?" demanda-t-il avec une cruelle ironie.
"Non" répondit-il immédiatement. "J'y suis allé seul."
"Bien. Peut-être te reste-t-il un peu de jugeote. Les assassins marchent seuls, Al'Najin. Ta longue infiltration semble t'avoir fait oublier certaines choses."
La main de Ra's se referma sur sa gorge, le soulevant lentement pour le plaquer contre le mur.
"Tu as deux semaines pour t'en souvenir" avertit-il. "Ensuite la Ligue s'occupera de toutes les distractions qui t'empêchent de mener à bien ta mission."
Il le relâcha et l'assassin retomba à genoux, sa main sur son épaule ensanglantée. Pourtant Ra's al'Ghul quittait déjà la pièce et la lourde porte du cachot se referma derrière lui. Il sut instantanément qu'il ne reverrait pas le jour avant son départ pour l'école.
Stan était installé dans son compartiment du Poudlard Express. Ses sphères en main, il regardait pourtant le vide. La scène ressemblait furieusement à celle de tous ses autres trajets dans le train rouge depuis que Slade lui avait offert les trois objets. La porte du compartiment s'ouvrit plusieurs fois, mais personne ne s'attarda en voyant le jeune homme immobile hors de sa main droite, légèrement penché en avant.
Sauf une personne, et Hermione soupira.
"Bonjour, Stan" salua-t-elle en refermant la porte, avant de faire léviter sa valise dans le filet.
Elle n'eut pas de réponse et se retourna, surprise. Le garçon n'avait pas bougé d'un pouce.
"Stan ?" demanda-t-elle, prudemment.
"Tu devrais sortir" fit-il sans bouger.
"Pardon ?" demanda-t-elle en posant ses poings sur ses hanches.
Elle sortit sa baguette et l'agita, jetant un sortilège de silence.
"Tu es allé au Pakistan ?" demanda-t-elle.
"Ne parle plus jamais du Pakistan" répondit-il d'une voix glaciale.
Hermione eut une expression comme s'il venait de la gifler et le regarda un moment, bouche entrouverte.
"Stan" murmura-t-elle. "Qu'est-ce qu'il s'est passé ?"
"Il a des espions à Poudlard" répondit-il cyniquement. "J'aurai dû le savoir depuis le début. Donc le mieux pour toi c'est de partir maintenant et de ne plus jamais me parler."
"Quoi ?" demanda-t-elle, choquée. "Non ! Tu lui as dit ?"
Une expression de colère apparut sur les traits du jeune homme.
"Non, je ne lui ai rien dit !" rugit-il, visiblement blessé. "Je ne trahis jamais mes promesses !"
"Alors pourquoi je devrai partir ?"
"Pour préserver ta vie, idiote" vociféra-t-il. "Ils te tueront si tu continues à me distraire. Les Assassins marchent seuls. Ils n'ont pas besoin d'aide."
Une gifle sonore lui répondit. Hermione était debout, l'air clairement furieuse. Son ami semblait avoir régressé à quand ils se connaissaient à peine. Il se leva lentement, la tension présente dans chacun de ses muscles, la mâchoire crispée. Elle resserra sa prise sur sa baguette en réponse, le fixant droit dans les yeux sans la moindre peur. Un rire cynique lui échappa et, d'un geste rapide, il retira soudain son pull et son t-shirt, se retrouvant torse nu.
"Si tu ne veux pas préserver ta propre vie" fit-il d'un ton glacial "aurais-tu l'amabilité de préserver la mienne ?"
Une expression d'horreur lui répondit. Sur le torse puissamment musclé, des traces de fouet et de brûlures se faisaient voir, indifféremment mêlées. La peau était abîmée, certaines des lacérations s'enfonçaient profondément dans les muscles.
"Qu'est-ce qu'il s'est passé ?" demanda-t-elle d'une voix tremblante, les yeux humides.
"J'avais une amie" répondit-il sèchement.
"Stan… tu as besoin de soin…"
"Et subir dix fois pires cet été ? Non merci. Je sais me soigner seul. Sors."
Elle rouvrit la bouche pour objecter, puis la referma en voyant ses yeux inexpressifs. D'un mouvement de baguette, elle reprit sa valise alors qu'il remettait son haut, puis sortit en silence, refermant la porte derrière elle. Il se rassit et ses doigts se crispèrent sur l'une des sphères de carbone. La bille tint bon malgré les jointures blanches et il ferma les yeux, serrant étroitement les paupières, dégoûté par sa propre attitude. Hermione n'y était strictement pour rien dans les blessures qu'il portait.
Mais si elle s'acharnait à vouloir être son amie, elle serait morte dans moins d'un an.
"Lord Mallory ?" demanda une voix timide.
Slade se retourna lentement, pour ne rien voir. Après un instant il distingua le miroitement dans l'air. Quelqu'un se tenait là, sous un sortilège de désillusion comme Stan les utilisait souvent. Il avait déjà entendu cette voix cependant et inclina brièvement sa tête.
"Oui, Miss Granger ?"
"J'aimerai vous parler. A propos de Stan."
Il acquiesça et se remit lentement en marche, ses mains dans les poches de son manteau long, parcourant le grand parc de Poudlard déserté. La troisième épreuve devait avoir lieu dans l'après-midi et il était venu reconnaître le terrain, mais n'avait pas eu l'occasion de voir son fils encore.
"Je vous écoute."
"Vous étiez avec lui pendant les dernières vacances ?" demanda la voix, légèrement accusatrice.
"J'ai bien peur que non. Je ne l'ai pas vu depuis la seconde tâche."
Un profond soupir lui répondit. Elle s'en était doutée, visiblement.
"J'ai besoin de votre aide" annonça-t-elle.
"Pourquoi ?"
"Pour le protéger. De sa Ligue."
"Vous avez l'air d'en savoir terriblement beaucoup à ce sujet, jeune fille."
"J'ai juré de ne pas en parler. Mais ils l'ont quand même torturé. Parce qu'on était amis."
"Cela ne m'étonnerait pas de Ra's, en effet" acquiesça-t-il.
Il ne parlait que du bout des lèvres, le mouvement à peine visible. On ne savait jamais, il ne serait pas surpris d'être sous haute surveillance depuis son entrée dans le château. D'autant plus culotté de la part de l'adolescente qui marchait lentement à ses côtés.
"Ils vont le tuer" glapit-elle. "Il peut le nier autant qu'il veut, ils vont le tuer."
"Très probablement" concéda-t-il. "Je m'acharne à le lui répéter depuis plusieurs années maintenant, mais l'expérience m'a appris une chose – pour avoir été à sa place il y a des années, il n'acceptera pas la vérité avant de l'avoir vécue. Qu'est-ce qu'il vous a dit après être passé entre les mains de Ra's ?"
"De ne plus l'approcher ni lui parler" répondit-elle de mauvais gré. "En me faisant me sentir coupable pour les traces, bien sûr."
"Typiquement lui" acquiesça-t-il. "Il l'a fait pour vous protéger."
"Je sais" grommela-t-elle. "Je ne suis pas une idiote. Je ne lui ai plus parlé en public. J'étais en larmes quand je suis sortie de cette conversation, personne ne s'est posé plus de questions que ça."
"Sage décision de votre part."
"Mais ça ne veut pas dire que je le laisserai se faire tuer !"
"Moins fort" reprocha-t-il gentiment, et elle murmura une excuse. "Mieux."
Le silence retomba un moment, puis elle reprit.
"Vous êtes le seul qui a l'air de se soucier un peu de lui" fit-elle de mauvaise grâce. "Même si vous êtes un psychopathe, je n'arriverai pas à le sauver seule."
Il eut un sourire amusé. Peu de gens osaient lui dire en face ce qu'ils pensaient de lui.
"Vous avez découvert mon identité il y a combien de temps ?" s'enquit-il avec curiosité.
"Je l'ai soupçonné en vous voyant à l'infirmerie après le Basilic, mais ça paraissait tellement improbable… j'en ai été sûre quand vous avez tué Lestrange."
"Très intelligente" complimenta-t-il avec amusement. "Donc, êtes-vous venue m'annoncer en fanfare que vous tenterez de sauver la vie de mon fils ou avez-vous une idée précise derrière la tête ?"
"Euh…"
Son sourire amusé s'agrandit à l'hésitation perceptible. Leurs pas les avaient ramenés vers des endroits plus fréquentés et il esquissa un mouvement du menton à peine visible.
"Je vous recontacterai, jeune fille" annonça-t-il d'une voix à peine audible "parce qu'il est certain que nous ne serons pas trop de trois pour le sauver de l'intégralité de la Ligue."
Il était reparti un instant après et sentit la jeune femme s'arrêter plus loin, puis repartir dans une autre direction. C'était une agréable surprise. Il aurait pensé qu'elle s'éloignerait effectivement de Stan mais le jeune homme avait su se faire une amie fidèle malgré tous ses défauts.
Il ne vit pas Stan avant le repas de midi. Le jeune homme le salua sobrement et il maudit allègrement Ra's al'Ghul. Ils déjeunèrent néanmoins ensemble, avec les autres champions dont la famille était également venue, puis ils se rendirent au terrain de Quidditch. Un immense labyrinthe s'y trouvait et le trophée serait en son centre.
Cédric rentrerait en premier, puisqu'il avait le plus de points des deux précédentes épreuves. Il serait suivi par Krum, puis par Fleur, et Stan passerait en bon dernier. Il était après tout le seul à n'avoir obtenu aucun point sur la seconde épreuve et très peu sur la première – puisqu'il n'avait pas affronté le dragon et les avait privé du beau spectacle qu'ils attendaient. Cela lui importait peu cependant et Slade l'étreignit chaleureusement avant de rejoindre les tribunes.
"Fais attention" murmura-t-il.
Le mouvement discret lui fit légèrement écarquiller les yeux. Pourtant il prit discrètement l'arme que lui tendait le mercenaire, la faisant disparaître sous ses propres vêtements. Il avait refusé de porter une robe de sorcier pour l'épreuve, privilégiant des vêtements pratiques et, par chance, assez larges pour qu'il n'y dissimule des accessoires secondaires.
Slade ne le relâcha que lorsque le pistolet fut en sécurité à l'intérieur de sa veste en cuir. Il rejoignit ensuite les gradins et Stan se redressa, attendant patiemment devant l'entrée, son regard fixé sur le tunnel alors que les trois autres champions y disparaissaient un par un. L'arme à feu était invisible dans sa veste entrouverte. Il savait que, quelque part dans ce labyrinthe, il y avait un dispositif quelconque qui allait l'emmener à Voldemort…
Et qu'il devrait laisser le mage noir ressusciter. Il ne leur manquait plus que le Horcruxe caché à Poudlard et celui créé avec la mort d'une sorcière du ministère en Albanie. La Ligue avait déployé énormément de ses ressources pour localiser le dernier Horcruxe et en finir avec cette histoire. Il attendit d'être entré à son tour dans le labyrinthe pour discrètement rajuster l'arme dans sa veste, la fixant dans son holster, puis se mit en marche d'un pas décidé.
Il ne put que constater que le chemin était bien trop dégagé pour que cela soit honnête. Sa baguette s'agita, invoquant des oiseaux, et il jeta un sortilège de vision dessus avant de les faire s'envoler. Ses yeux se rétrécirent. L'avancée de Maugrey était parallèle à la sienne et il jeta souvent de discrets sortilèges vers les buissons, lui libérant la route. Comme si l'assassin avait besoin d'aide…
Il en profita cependant et son pas s'accéléra sensiblement. Les oiseaux eurent la gentillesse de repérer le plan global du labyrinthe pour lui et il redessina mentalement l'itinéraire le plus rapide avant de se mettre en route. Le cri de douleur de Fleur se fit soudain entendre et il jeta une nouvelle fois le sort. Son cœur ralentit en voyant à quel point Cédric était proche du trophée – Fleur, elle, était soumise au Doloris par Krum.
Il ressentit un élan de pitié pour la française. Ce n'était pas un sort agréable à subir, il le savait d'expérience, et il hésita un moment, avant de faire tournoyer sa baguette, créant une vague de brise-sorts. Pas une chose évidente à faire, mais la vague blanche s'éloigna à travers les buissons, annulant tous les enchantements un par un. C'était Flitwick qui lui avait appris à défaire les enchantements de manière brutale. Le cri cessa net au moment où Krum fut frappé par la vague blanche, mais Stan ne s'en occupait plus.
Il était en train de sprinter, maudissant les tours et détours. Sa course s'accéléra encore sensiblement et il parvint dans l'aire centrale alors que Cédric allait saisir la Coupe. Le jeune homme s'arrêta, surpris, puis lui fit un grand sourire.
"Poudlard gagne !" s'exclama-t-il triomphalement alors que l'assassin se rapprochait rapidement.
"Cédric" fit-il à mi-voix "ne la touche pas."
Une expression surprise lui répondit, puis son camarade sourit.
"Ensemble ?" proposa-t-il. "Je n'y serai jamais arrivé sans toi, Stan."
Faute de mieux, le jeune assassin s'avança, avant de bondir en avant, tentant de l'empêcher de prendre la Coupe. Sans succès, et le tourbillon les emporta en même temps.
"Qu'est-ce que…" demanda Cédric en se redressant. "Tu crois que ça fait partie de l'épreuve ?"
"Tue l'autre" siffla une voix glaciale, et un éclair de lumière verte lui répondit.
Stan avait attrapé Cédric, le plaquant au sol. Le sort passa à un demi-millimètre de lui mais, dans l'obscurité, on aurait bien pu croire qu'il était mort et Stan poussa d'ailleurs un cri d'effroi, plaquant le jeune homme qui bougeait au sol.
"Reste mort" murmura-t-il d'une voix à peine audible.
Il "perdit" le duel contre le sorcier qui se tenait là. Sa baguette vola et il se retrouva attaché à une statue. Ses yeux pensifs détaillèrent son agresseur. Il était très grand, entièrement chauve. Son visage ne lui disait strictement rien. Cédric plus loin remua légèrement, le regardant, mais il fit un discret non de la tête. Pendant que le sorcier s'occupait de son chaudron, ses lèvres articulèrent silencieusement des mots.
Portoloin. Fuir ensemble. Je distrais.
Cédric acquiesça d'un mouvement à peine perceptible et ne bougea plus. Stan observa le rituel avec une fascination morbide, spécialement le moment où le Mangemort se trancha lui-même la main. L'indication sur les os du père lui suffit à savoir où ils étaient. Son téléphone vibra légèrement contre sa poitrine. Conformément aux instructions de Ra's al'Ghul, il l'avait gardé en permanence sur lui. La Ligue devait être en train de le localiser.
Il ne réagit pas lorsque son bras fut tranché et son premier mouvement furent ses yeux qui se levaient alors que Voldemort jaillissait du chaudron. Il s'était préparé toute sa vie pour l'affronter. L'homme, si on pouvait encore appeler cela un homme, était grand, chauve également, dépourvu de nez. Ses yeux étaient profondément enfoncés dans ses orbites et tout en lui respirait la malveillance. Oui, l'assassin n'avait aucun mal à croire que l'être face à lui ne puisse exécuter une licorne de sang-froid.
Ses yeux s'écarquillèrent légèrement lorsque l'homme le provoqua en duel. Il ramassa néanmoins sa baguette, légèrement indécis, avant de bondir hors de portée lorsque le premier Doloris fusa, roulant derrière une tombe. Voldemort ne comptait pas le tuer, juste jouer avec lui devant son cercle de suivants. Cédric plus loin ne bougea que lorsque toute l'attention fut centrée sur le jeune homme qui bondissait et esquivait.
Stan se bénit d'avoir eu Bellatrix pour lui enseigner le duel sorcier. Les sorts de la sorcière étaient plus puissants et plus rapides que ceux de Voldemort. Il avait dû apprendre à esquiver, à réaliser des défenses imprévues, et attira plus d'une fois des morceaux de tombe pour intercepter les sortilèges qui le visaient. Seule sa mobilité lui permettait de s'échapper et cela agaçait visiblement Voldemort qui lui jetait des volées de sortilèges plus vicieux les uns que les autres.
Et qui resta choqué un moment lorsque Stan bondit soudain en avant. Son poing percuta l'absence de nez avec violence et le jeune homme se mit à sprinter, agitant sa baguette.
"Aetherna Lux !" beugla-t-il.
La douce lueur se répandit aussitôt dans le cimetière. Des exclamations surprises lui répondirent mais le jeune homme courait toujours vers Cédric. Sa mission ici était réussie, Voldemort avait de nouveau un corps, mais il ne pouvait pas le tuer pour autant. Il restait deux Horcruxes.
"Finite Incantatem !" rugit la voix de Voldemort, et l'illusion se dissipa. "Tuez-le ! Ne le laissez pas s'enfuir !"
Des dizaines de sortilèges plurent vers son dos. Stan dressa un mur de terre qui n'en retint qu'une partie et glissa sa main libre dans sa veste, sortant le pistolet que lui avait confié Slade et débloquant la sécurité avant de le pointer derrière lui. Il visait vers l'origine de tous les sorts, sauf Voldemort lui-même. Personne ne tenait à ce que les sorciers découvrent qu'ils n'étaient pas immunisés aux balles par le Paradoxe de Mordred.
La première détonation retentit sans qu'il ne vérifie s'il avait touché quoi que ce soit, pressant la détente encore et encore dans un large balayage du terrain. Des cris de surprise et de douleur se firent entendre derrière et il vit Cédric qui courrait vers lui à toute vitesse. Son camarade finit par saisir son poignet tenant la baguette et brandit la sienne propre de l'autre main.
"Accio Portoloin !" hurla-t-il.
La Coupe vola aussitôt vers eux. Au même moment, un énorme serpent se dressa devant eux, crochets sortis, et ses crocs s'enfoncèrent dans la cuisse de Stan alors même que Cédric s'emparait du Portoloin. Le plus jeune ne put s'empêcher de hurler à la douleur du poison, indifférent aux changements de couleur autour d'eux. Il fut incapable de se réceptionner à l'arrivée, entraînant Cédric dans sa chute, et le serpent se redressa de toute sa hauteur au-dessus d'eux, ouvrant sa gueule avant de fondre en avant.
Une rafale de tirs retentit et la bête se figea net. Les balles fracassaient ses écailles, se glissant dans son corps. L'une fit exploser l'un de ses crochets avant de pénétrer son palais et le serpent vacilla un moment, puis s'effondra, tué net.
"Stan ?" appela la voix de Slade. "Stan !"
"Poison" marmonna-t-il.
Le borgne se rapprochait rapidement, son semi-automatique encore fumant en main. Il le rangea sous son aisselle en s'agenouillant, écartant les tissus sur sa cuisse avant de faire jaillir son couteau cranté de sous son pantalon, au niveau de sa cheville. La lame déchira largement la plaie sous les hoquets d'horreur de l'assistance mais le venin sortait déjà, emporté par le flot de sang.
"Que s'est-il passé ?" demanda Dumbledore, sourcils froncés, vers Cédric terriblement pâle.
"Il est revenu !" s'écria le Poufsouffle. "Voldemort, il était dans le cimetière, et il a essayé de nous tuer !"
Un silence répondit à sa déclaration, puis une explosion de cris, de questions. Une onde de peur passa sur l'ensemble des personnes présentes – sauf sur Slade, très occupé à déchirer la manche de sa veste avant de bander solidement la jambe de son fils une fois tout le poison sorti.
"Il faut l'emmener à l'infirmerie" fit la voix de Fol'Oeil derrière lui. "Wingardium Leviosa ! Allez, viens là, mon garçon. Dis-moi ce qu'il s'est passé avec le Seigneur des Ténèbres."
Slade comprit instantanément et ramassa le pistolet qu'avait tenu Stan, le prenant dans sa main en le braquant sur la tête du Mangemort déguisé.
"Relâche-le" ordonna-t-il. "Maintenant."
"Lord Mallory" commença Dumbledore.
"Cinq secondes" avertit Slade en faisant sauter la sécurité de son pouce. "Et je vise la tête, je ne manquerai certainement pas à cette distance."
Il y eut un moment de flottement, puis le corps de Stan redescendit doucement. Slade pourtant ne baissa pas son arme, soutenant les épaules de son fils de son autre bras.
"Lâche ta baguette" ordonna-t-il toujours aussi froidement.
"Lord Mallory" intervint McGonagall, mais il la coupa.
"A ma connaissance, seuls les Mangemorts appellent ce crétin le Seigneur des Ténèbres. Lâche ton arme. Maintenant."
Il y eut un moment d'immobilité, puis Maugrey bougea à une vitesse formidable. Moins que Slade, cependant, et deux détonations retentirent, le faisant s'effondrer au sol sans un bruit. Slade jura. Il en aurait bien mis plus, mais visiblement Stan avait vidé le reste du chargeur sur quelqu'un ou quelque chose.
"Il est mort" constata McGonagall après avoir posé deux doigts sur son cou. "Mon Dieu…"
Car les cheveux gris frémissaient et changèrent de couleur. Le corps s'amaigrissait lentement, la jambe de bois chuta, de même que l'œil. En cinq minutes, l'aspect de l'homme eut totalement changé sous les yeux stupéfaits de la foule.
"Barty Croupton" murmura Dumbledore. "Comment cela se fait-ce…"
"Voldemort en a parlé" toussa Stan en se redressant, appuyé sur son père. "De son espion à Poudlard, qui m'avait envoyé là-bas."
Il grimaça vers Slade.
"Il est pas au courant que tu m'as adopté, visiblement."
"Dis-moi tout ce qu'il s'est passé, fils" exigea Slade en ouvrant le chargeur.
Il était bien vide. Cela voulait dire que Stan avait tiré treize fois et lui les deux dernières. Il remit le chargeur vide en place et rangea ensuite l'arme sur son autre aisselle, là où elle s'était trouvée avant qu'il ne la donne à Stan. Le jeune homme tâtait le bandage sur sa cuisse et il écarta doucement mais fermement sa main.
"Dis juste ce qu'il s'est passé et on rentre" promit-il.
"On est arrivés dans… un cimetière" commença-t-il à raconter.
Des centaines de regards étaient posés sur eux. Cédric appuyait son récit, rajoutant des détails qu'il avait remarqué en se faisant passer pour mort en attendant qu'ils ne puissent s'en tirer. L'admiration dans sa voix n'était pas feinte lorsqu'il décrivit les incessantes esquives de son camarade, puis leur fuite éperdue, le feu de couverture qui avait protégé leur course. Le serpent avait mordu Stan juste au mauvais moment, entraîné dans le déplacement.
Les yeux du jeune garçon étaient pourtant toujours fixés sur le cadavre au sol. Il y avait quelque chose de bizarre avec ce serpent. Il était bien plus gros que ce que son espèce devrait permettre et, plissant des yeux, il le vit soudain bouger légèrement.
"P'pa" murmura-t-il. "Tu as ton couteau ?"
"Hm ?"
"Poison à l'arrière de ma ceinture" fit-il en arabe, à peine audible "et plante le serpent."
Car ces idiots de sorciers l'emmèneraient, probablement pour l'incinérer. Mais on ne détruisait pas un Horcruxe ainsi. La main de Slade avait déjà récupéré la fiole dans un mouvement innocent et il en enduisit la lame avant de lancer le couteau d'un geste brusque. Il se planta dans la tête du serpent qui sursauta soudain avant de libérer une fumée grisâtre qui prit la fuite avec un horrible hurlement, ramenant l'attention sur lui au milieu de la dispute entre Amos Diggory et le Ministre de la Magie.
"Plus qu'un" murmura Stan avant de fermer les yeux.
"Un autre détail à rajouter, Mr Mallory ?" demanda Dumbledore avec une inquiétude non feinte.
"J'veux dormir. Non. Cédric a dit les trucs que j'avais oublié pendant que je courais."
"S'il se souvient d'autre chose je vous enverrai un message" proposa obligeamment Slade en glissant son bras sous ses genoux, soutenant ses épaules de l'autre bras, avant de se relever en l'entraînant avec lui. "En attendant je l'amène en sécurité."
"Je crains de ne pas pouvoir vous permettre…" commença le Ministre de la Magie.
"J'ai encore un pistolet semi-automatique dans ma veste, est-ce que vous voulez voir quel effet ça a sur un sorcier ?" interrogea Slade d'un ton froid.
"Cette violence n'est pas nécessaire, Lord Mallory" répondit cordialement Dumbledore.
"Je ne sais pas, Stan a tellement été souvent en danger de mort depuis que je l'ai laissé venir ici que je me méfie un peu" répondit sarcastiquement le mercenaire. "Il a toujours été le plus calme de la famille et le moins porté sur le conflit, et regardez ce que vous faites de lui. S'il ne me l'avait pas expressément demandé je ne l'aurai jamais laissé revenir. Sur ce… je vous le ramènerai à la rentrée de l'année prochaine. Peut-être. S'il arrive à m'en convaincre."
Il n'attendit pas de réponse avant de s'éloigner. McGonagall hésita un instant, puis s'avança à sa suite.
"Par ici, je vous en prie" fit-elle poliment. "Ma cheminée est à votre disposition."
Il acquiesça sèchement et se mit en route vers le bon bureau sans se retourner. Bellatrix l'attendait lorsqu'il émergea du feu et il inclina sa tête.
"Voldemort est ressuscité" confirma-t-il "et il est hors de question que Stan ne voit la Ligue pendant ces deux mois. Nous le préparerons au combat."
"Entièrement d'accord" accepta la sorcière en tirant sa baguette. "Je t'assure qu'aucun assassin n'aura envie d'approcher ce manoir dans les deux mois qui viennent."
"J'y compte bien" fit-il d'un ton sinistre.
