DÉMÉNAGEMENT
Les déménageurs, tous bâtis comme des armoires à glace, se mouvaient sans aucune grâce ou calme, vidant bruyamment la maison de quelques meubles. Un fauteuil, un sofa, un congélateur, un lit... Tout ce qu'Allison avait bien voulu lui laisser. Ces quelques biens s'accumulaient petit à petit dans le camion trop grand pour son contenu.
Dans un coin du salon, Lawrence observait distraitement les montagnes de muscles effectuer leur travail. Les mains dans les poches et le dos appuyé contre le mur, son regard ne suivait plus vraiment le mouvement. Il semblait plutôt fixer un point quelconque, étant visiblement plongé dans une profonde réflexion. Profonde réflexion qui ne semblait pas particulièrement lui plaire.
«Larry?»
L'homme tourna brusquement la tête vers sa droite, surpris d'entendre une voix s'adresser à lui. Le regard qui croisa le sien était celui d'Alison. Son ex-femme.
Ex-femme... cela faisait toujours étrange de parler d'elle ainsi. Elle avec qui il avait passé une majeure partie de sa vie, avec qui il avait vécu pendant toutes ces années. Elle qu'il avait aimée. Il avait toujours imaginé le divorce comme une procédure ponctuée d'insultes et de batailles, de haine et de répliques venimeuses. Il était presque surpris de constater que sa propre expérience du divorce n'avait rien à voir avec ces préjugés. Pas pour eux. Pas dans leur situation. Ils n'étaient plus mariés, mais ne se détestaient pas. Il n'y avait pas de haine entre eux. Juste... une sorte de lassitude. La voix d'Alison, alors qu'elle lui adressait la parole, ne portait aucun reproche, pas la moindre trace de rancune. Ce qu'il y voyait était plutôt... de l'inquiétude.
«Ça va?» demanda-t-elle sur le même ton soucieux.
Clignant des paupières à quelques reprises afin de se reconnecter à la réalité, il lui sourit, d'une façon qui se voulait rassurante, réconfortante. Comme s'il tentait de lui assurer que tout irait bien, que tout était sous contrôle. Cette tentative était vaine, il le savait, mais il ne pouvait s'empêcher de se répéter que tout irait bien. Ces paroles, au fond, n'étaient pas tant destinées à Alison, mais surtout à lui-même. D'eux deux, il était probablement le plus anxieux. Lui qui avait eu si hâte d'emménager dans son nouvel appartement, il réalisait maintenant à quel point il perdait tous ses repères. Il déménageait. Il ne verrait plus sa fille à tous les jours. Il allait devoir apprendre à vivre seul. Et au travers de toutes ces pensées, il ne pouvait ignorer la culpabilité qui lui rappelait que tout était de sa faute, pour avoir été un mauvais mari, et un mauvais père.
«Oui, tout va bien.»
Il ne se faisait pas d'idées. Il n'était plus amoureux d'elle, et elle ne l'était plus de lui. Il ne lui plaisait pas de partir, mais il savait que c'était nécessaire. Vivre ensemble ne leur causait plus que du mal. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher de penser que tout aurait pu être différent. S'il avait agi différemment, s'il avait été attentionné et avait pris soin de leur mariage. Peut-être que l'amour n'était qu'un sentiment à entretenir, dont on devait prendre soin régulièrement, comme toute chose vivante. S'il avait été moins négligeant, en seraient-ils là aujourd'hui?
Il ne savait pas. Il ne savait pas, et c'était exactement ce qui l'énervait dans tout ça. L'incertitude. Pour lui, qui avait toujours eu besoin d'être en contrôle de toute situation, l'incertitude était particulièrement difficile à gérer.
Il ne fut arraché à sa réflexion que par une petite main qui, timidement, agrippa le tissu de son pantalon. Il baissa les yeux, croisant ainsi deux prunelles aussi bleues que les siennes.
Diana.
Elle se tenait à côté de lui, ne lui arrivant pas plus haut qu'à la hanche. Ses yeux étaient légèrement humides, exprimant toute la désorientation qu'elle ressentait à l'instant même. À quelque part où aurait dû se trouver son cœur, Lawrence sentit quelque chose se briser.
Il s'accroupit devant sa fille, et lui adressa un doux sourire, qu'il souhaitait tellement voir se refléter sur le visage de Diana. Qu'est-ce qu'il détestait la voir aussi triste...
«Je ne veux pas que tu t'en ailles.» fit la petite voix timide, définitivement triste.
Visiblement, un cœur pouvait être brisé plus d'une fois.
«Mais, ma chérie, je ne pars pas loin. J'habite tout près! On va se voir souvent!» répondit l'homme, d'une voix se voulant enjouée.
Il voulait tellement qu'elle cesse d'afficher ces yeux de chiens battus. C'était le spectacle le plus déchirant auquel il ait pu assister.
«Je sais.» murmura la fillette. «Mais je veux que tu restes ici.»
Huit ans. Elle n'avait que huit ans. Comment expliquait-on à une fillette de huit printemps que sa mère et son père ne s'aimaient plus? Le dire ainsi lui ferait certainement plus de peine qu'autre chose. Un divorce était parfois nécessaire, même préférable. C'était certainement leur cas, mais allez dire cela à une fillette de huit ans, bientôt neuf.
«Ce n'est pas possible, ma chouette.»
Il disait la vérité... mais il regrettait ses mots. Il savait qu'il devait les dire, mais il détestait cette expression sur le visage de Diana. Si seulement il avait pu l'effacer d'un simple revers de la main...
Ce désir s'avérant irréalisable, il choisit donc de la serrer dans ses bras. La fillette ne protesta pas, enroulant ses petits bras autour de son cou. Elle ne pleurait pas, mais elle luttait. Il le savait.
Ce qu'il n'aurait pas fait pour lui redonner le sourire...
«Lauren?»
La réceptionniste leva les yeux de ses dossiers, les posant automatiquement sur la femme qui venait d'approcher son espace de bureau.
«Que puis-je pour toi, Marlene?» demanda Lauren, un sourire professionnel, mais malgré tout sincère, aux lèvres.
«J'aurais besoin du dossier de M. Malkin.»
«Je te trouve ça à l'instant!»
La réceptionniste, après avoir esquissé un autre chaleureux sourire, partit à la recherche du dossier en question, fouillant dans ses nombreux classeurs. Tout était rangé par ordre alphabétique, gracieuseté d'elle-même, et la recherche ne prit donc que peu de temps. Elle revint donc rapidement vers la Docteure Walker, les papiers en mains, le même sourire aux lèvres.
«Tiens.» dit-elle, tout en tendant le dossier à l'autre femme.
Cette dernière esquissa l'ombre d'un sourire, rien à comparer avec celui de l'autre femme, avant de feuilleter rapidement le dossier qui lui avait été donné. Le regard de la réceptionniste ne la quitta pas, observant attentivement les traits fatigués de la chirurgienne. Cette dernière ne sembla ne pas remarquer l'examen qu'elle subissait, ou alors elle choisissait de l'ignorer. Lauren ne put s'empêcher de froncer les sourcils en voyant cet air soucieux que la docteure semblait tenter de camoufler. Visiblement, elle était préoccupée, et cela n'échappa pas à l'oeil de lynx de la réceptionniste.
«Marlene?»
Docteure Marlene Walker inspirait la crainte auprès de la majeure partie de ses subalternes, mais quelques rares et privilégiés collègues, parmi lesquels Lauren s'était frayé une place grâce à ses années d'expérience et son empathie sans discrimination, avaient la chance de pouvoir l'appeler par son prénom. À condition bien sûr qu'aucune personne non privilégiée auprès de laquelle elle cherchait à maintenir son image autoritaire ne soit dans les environs.
«Hm?» répondit la concernée, ne levant pas les yeux du dossier.
«Est-ce que tout va bien?»
Cette fois, la femme leva les yeux de ses papiers, jetant un regard se voulant confus à la réceptionniste.
«Quoi? Mais… oui, tout va bien. Pourquoi cette question?»
Cette réponse n'était pas naturelle. Un peu trop tendue. Un peu trop forcée. Lauren savait reconnaître un mensonge lorsqu'elle en entendait un. Après tout, elle avait des enfants! Les menteries faisaient partie de sa routine. Elle pouvait immédiatement voir qui avait mangé le dernier biscuit ou qui n'avait pas changé le rouleau de papier de toilette. Elle pouvait donc aussi déterminer si quelqu'un allait réellement bien ou pas. C'était un don de mère, elle supposait.
«Tu sembles tendue... préoccupée. Tu es sûre que ça va?»
Lauren croyait que l'autre femme était tendue quelques minutes plus tôt, mais ce n'était rien en comparaison avec ce qu'elle devenait, alors que la réceptionniste insistait. Visiblement, elle n'avait pas envie de parler de sa vie privée, pas au travail.
Sarah ou Valérie, si elles avaient été présentes, auraient assumé que la docteure était simplement trop snob pour parler de sa vie personnelle avec des subalternes. Mais Lauren savait que cette apparence froide et sévère n'était qu'un masque, forcé sur son visage par une société au sein de laquelle les femmes devaient travailler doublement plus fort pour prouver leur compétence, particulièrement dans un domaine aussi compétitif et exigeant que la médecine. Malgré tout ce que les infirmières pouvaient dire sur cette femme, elle n'était pas l'automate froid, distant et cruel que tous voyaient. Lauren en était certaine.
«Marlene?» insista-t-elle.
«Je ne vois pas de quoi tu parles.» lâcha sèchement la docteure, avant de refermer le dossier et s'éloigner en direction de son bureau.
Derrière elle, les épaules de Lauren se vautraient.
«Tu as besoin d'aide? Tu veux que je vienne avec toi?»
Lawrence se tourna vers sa femme, qui affichait toujours cet air soucieux, inquiet. Un peu comme si elle craignait le pire. Il ne partait pas en guerre, mais il pouvait malgré tout comprendre les raisons de son inquiétude.
«Non, ça va aller.» répondit-il, ne manquant pas de sourire.
Il espérait surtout que son sourire était convainquant.
«Tu es sûr? »
«Oui, Alison. J'en suis sûr. Tu n'as pas à t'en faire.» Pour l'emphase de la chose, il posa une main réconfortante sur son épaule. «Et puis, tu m'as dit que tes parents allaient passer. Il ne faudrait pas que tu sois absente à leur arrivée.»
Évidemment, les parents de son ex-femme comptaient passer lorsqu'il serait déjà parti. Ils avaient mal digéré la séparation et semblaient mettre la faute sur Lawrence. Comme s'il avait voulu tout ça.
Margaret et Melvin, lors de leur unique conversation depuis l'annonce du divorce, ne lui avaient proféré aucun reproche clair, mais il l'avait senti. Dans leurs yeux, dans leur voix. Et maintenant, ils l'évitaient, s'arrangeaient pour ne pas le croiser. Eux qui avaient toujours été si aimables...
Il se blâmait lui-même pour ses erreurs, mais se le faire rappeler par quelqu'un d'autre faisait mal, malgré tout. Les accusations silencieuses de ses beaux-parents lui confirmaient qu'il n'était pas paranoïaque ou dramatique. D'autres personnes pensaient comme lui.
«Mouais, tu as probablement raison.» acquiesça Allison avec hésitation.
Son ex-mari lui sourit à nouveau, avant de l'embrasser sur les joues. Puis, il se tourna vers sa fille, qui attendait patiemment son tour à l'écart, serrant sous son bras droit sa peluche préférée. Un lapin, qui avait un jour été blanc, mais avait connu de meilleurs jours. Lawrence l'avait acheté pour elle alors qu'elle était encore trop jeune pour créer des souvenirs dans son cerveau en développement. Sans en connaître l'origine ou l'histoire, elle le gardait toujours près d'elle.
Il l'embrassa à son tour, parvenant ainsi à lui arracher un faible sourire. Très faible et très bref, mais il s'en sentit victorieux. Elle avait souri!
Puis, d'un dernier signe de tête, il mit les pied hors de cette maison qui n'était désormais plus la sienne.
«Cette femme est un monstre!» s'exclama Valérie, qui rageait depuis déjà un bon moment.
Elle était arrivée un peu plus tôt au bureau de Lauren dans une furie qui paraissait à la réceptionniste exagérée et infantile. Le visage rouge, les yeux exorbités et la voix un peu trop élevée, elle proférait à l'endroit de sa supérieure toutes les insultes qui semblaient lui passer par la tête.
Sarah et Lauren, habituées à ces éclats de colère, se contentèrent de la laisser vider son sac. Elle allait bien s'épuiser sous peu.
«Tu ne trouves pas que tu exagères un peu?» lui répliqua éventuellement Sarah, un sourire amusé aux lèvres, lorsqu'elle sentit que la tirade de sa collègue commençait à tourner en rond.
Elle se mérita aussitôt un regard meurtrier. Si les pupilles pouvaient lancer des couteaux, la jeune femme à lunettes aurait déjà quitté ce monde cruel.
«Si j'exagère? T'es censée être de mon côté! Pas du sien!»
À nouveau, Sarah ne put qu'afficher un sourire amusé, se méritant un autre regard coléreux.
«Je ne suis du côté de personne.» dit-elle simplement, ce qui lui mérita un regard désabusé de la part de Lauren. Pas plus tard qu'hier, c'était Sarah qui s'arrachait les cheveux devant ses collègues.
«Du côté de personne! Tu essaies d'être diplomatique avec le diable!»
Sarah éclata de rire, ce qui ne lui attira qu'une nouvelle vague de dards imaginaires de la part de Valérie, qui sembla renoncer à faire entendre raison à son hypocrite d'amie.
«Et toi, Lauren? » s'exclama-t-elle, redirigeant son attention vers la plus âgée des trois, qui représentait aussi la voix de la raison… lorsque cela leur convenait. « Qu'en penses-tu!?»
Le ton était indigné. Cela amusa la réceptionniste. Valérie était toujours d'une humeur explosive.
Presque aussitôt, toutefois, elle perdit son sourire, repensant à l'attitude de Marlene un peu plus tôt. Cette dernière cachait quelque chose, c'était évident. Quelque chose n'allait pas, peu importe ce qu'elle avait à en dire.
«Lauren?» s'impatienta Valérie, qui attendait visiblement que quelqu'un se range de son côté.
La réceptionniste esquissa un autre sourire, un peu plus forcé cette fois. «Je pense que le docteur Walker n'est pas le monstre que tout le monde décrit.» répondit-elle calmement.
La jeune infirmière, totalement insatisfaite de la réponse, se retourna vers Sarah, déterminant que la voix de la raison ne lui convenait pas du tout aujourd'hui, et que les moqueries de son amie à lunettes demeuraient plus acceptables.
Lauren profita du répit pour poursuivre son classement des plus récents dossiers.
«Waah...» fit Adam, qui venait de mettre les pieds dans l'appartement.
Il observait l'intérieur des lieux avec de grands yeux, exactement comme l'aurait fait un enfant de cinq ans devant l'immense sapin de Noël d'un centre commercial. Cette idée força un sourire sur les lèvres de Lawrence, qui ne pouvait s'empêcher de trouver l'image adorable.
«Tu es déjà venu, pourtant...» constata le docteur, amusé.
Le jeune homme se renfrogna légèrement à la remarque. «Je sais...» répliqua-t-il, sur la défensive. «Mais c'est ton appartement, maintenant. Ce n'est pas celui d'un autre.»
Le chirurgien accepta la réponse avec un hochement de tête pensif.
«Oui, c'est vrai.» acquiesça l'homme aux cheveux blonds, jetant quelques regards aux alentours. «Mais ça reste moins bien que ça ne l'était à ta première visite. Il y a beaucoup moins de meubles. Et puis, j'ai vu que la plomberie avait quelques problèmes dans la cuisine - je vais devoir en parler au propriétaire - et la poussière commence déjà à s'accumuler! Et puis, le papier commence à se décoller dans la chambre d'amis et...»
«Ça reste déjà cent fois mieux que ce que j'aurai jamais.»
Le docteur interrompit aussitôt son énumération, jetant un regard surpris au jeune homme. Ce dernier n'avait que murmuré, de façon presque inaudible, mais le chirurgien l'avait entendu. Et il se sentit soudainement coupable. Parfois, il oubliait qu'Adam ne bénéficiait pas des mêmes privilèges que lui, qu'il avait du mal à rejoindre les deux bouts et ne pas se retrouver à la rue. Cela faisait maintenant quelques fois que Lawrence lui passait de l'argent, ignorant les protestations du jeune homme. Mais dans des moments comme celui-ci, il arrivait malgré tout à oublier à quel point ses paroles pouvaient faire mal.
Adam, lui, semblait regretter ses mots, posant ses yeux sur tout ce qui n'était pas Lawrence, tandis que celui-ci cherchait ce qu'il était censé dire, dans les circonstances. Devait-il s'excuser? Préciser qu'il n'avait pas du tout cherché à le blesser? Lui dire qu'il n'était pas une moins bonne personne à cause de ses problèmes d'argent?
Étrangement, il se disait qu'Adam n'était pas du genre à chercher une épaule pour pleurer et qu'il ne souhaitait pas entendre ce genre de phrase toute faite. Mieux valait probablement garder le silence.
Alors un ange passa. Bien vite suivit de tous ses amis. Puis de ce qui semblait être leur parenté éloignée et tous leurs collègues du paradis. Finalement, la population entière des cieux leur fit une petite visite surprise, ne manquant pas de leur faire quelques tatas en passant.
Bref, tout un malaise. Après un certain temps, c'est Adam qui brisa enfin la glace.
«Tu vas t'arranger comment, pour le reste de tes meubles?»
Ce n'était qu'une question complètement banale, mais Lawrence se sentit soulagé de l'entendre. N'importe quoi pour briser le silence.
«Eh bien, pour l'instant je possède le strict nécessaire et, pour le reste, je vais probablement devoir faire un peu de shopping.» se contenta-t-il de répondre.
Le plus jeune hocha la tête distraitement, avant de s'avancer davantage dans l'appartement l'observer d'un angle différent. Ils ne s'étaient presque rien dit, mais le malaise semblait enfin se dissiper.
Mettant ces pensées de côté, le chirurgien suivit le jeune homme à travers les diverses pièces de l'appartement, lui expliquant quelques particularités de l'aménagement, ne sachant pas quoi dire d'autre.
«Est-ce que Alison va passer plus tard?» demanda le photographe, sans lever les yeux des quelques photos placées sur la commode de la chambre.
«Non.»
«Non?»
«Non.»
Adam arracha son regard à la couleur bleue des murs, pour le poser sur l'homme devant lui. Sans que Lawrence ne puisse se l'expliquer, les yeux noirs qui le fixaient semblaient surpris.
«Je croyais qu'elle ferait un tour, comme la dernière fois. Avec Diana, peut-être.» expliqua nonchalamment le jeune homme, haussant les épaules.
«Eh bien, ses parents venaient la voir aujourd'hui, alors elle a dû rester.»
«Ah.»
Le jeune homme aux cheveux foncés hocha distraitement la tête, semblant chercher quelque chose sur lequel poser les yeux.
«Et tes beaux-parents?» demanda-t-il.
Le chirurgien fronça les sourcils.
«Quoi?»
«Eh bien, vont-ils venir visiter ton appartement?»
Lawrence fronça les sourcils davantage, si cela était seulement possible, ne sachant pas dans quelle direction cette conversation se dirigeait. En fait, Adam le savait-il lui-même?
«Non.» répondit l'aîné, d'un ton neutre. «Je ne crois pas qu'ils vont se donner la peine. Ils ne m'ont pas pardonné d'avoir laissé leur fille.»
Deux yeux verts se relevèrent et rencontrèrent deux pupilles bleutées. Ils se fixèrent longuement, sans qu'aucune parole ne soit prononcée. Pourtant, aucun mot n'aurait été utile, dans les circonstances.
Un simple regard suffisait.
