Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à J.. Moi, je ne fais que joujou avec, surtout que sa fin est, comment dire, décevante de mon point de vue.

Note de l'auteur : Bonjour à toutes et à tous ! Je sais ce que vous allez tous me dire, que ça fait trop longtemps que je n'ai pas publié. Je plaide coupable, si cela peut vous rassurer. Mais à l'époque où j'ai commencé à publier cette fic, j'avais commencé un nouveau boulot qui m'a pris tout mon temps, je ne rigole pas ! Depuis février 2009, si je ne trompe pas, j'ai eu le syndrome de la page blanche pour cette fic. Le pire, c'est qu'il ne restait pas beaucoup de chapitres selon mon plan ! Aujourd'hui, plus d'un an après, je vous présente le nouveau chapitre de cette fic. Un conseil : relisez toute la fic avant d'attaquer. Bonne lecture !

Gros bisous à tous ! Crystal of Shadow

Chapitre 24 : Diviser pour mieux régner

La Saint Valentin était passée depuis quelques jours. Mindy était dans son bureau qui donnait sur Central Park à New York aux États-Unis. Elle regardait pensivement les bourrasques de vent qui secouaient les arbres du berceau de verdure niché au cœur de la grande ville. Ce jour-là comme tant d'autres, ces pensées étaient tournées vers sa tante bien-aimée, Cassidy Allan et son problème le plus récurent, Harry Potter.

La jeune femme avait été mise au courant du secret de l'ancien Harry Evans et elle ne comptait pas trahir sa confiance. Elle avait déjà rencontré le brun et elle était loin d'être la seule à avoir craqué sur cette petite bouille d'ange qui avait pourtant le don très agaçant de se fourrer dans les pires ennuis et de s'en sortir comme une fleur.

Mais il fallait l'avouer, ce contrat sur sa tête et celles de ses proches l'inquiétait beaucoup. Qu'on puisse en vouloir à ce point à un ange comme lui la déroutait !

Un battement d'ailes la réveilla. Après les vérifications de rigueur, elle prit la lettre et en sortit la première feuille. Au fil de sa lecture, elle sourit. Enfin ! Elle avait réussit à mettre la main sur l'original du contrat sur Harry !

En effet, contrairement aux autres contrats habituels, ces mises à prix avaient fonctionné sur le bouche à oreille, rendant quasiment impossible de connaître le point initial d'émission. Mais après des mois de recherches, Mindy avait enfin réussi à mettre la main sur ce document inestimable. Tout en souriant, elle sortit délicatement le second document de l'enveloppe et se mit à le lire. Mais contrairement au premier, son visage se mit à pâlir de plus en plus. Épouvantée, elle laissa tomber la feuille sur son bureau et tenta de se remettre du choc qu'elle venait d'avoir.

-MELISSA !

Mindy courut hors de la pièce. La situation était bien pire que tout ce qu'ils pensaient.

Au même moment, Cassidy rêvassait à Hogwarts. Les travaux pour la restauration des protection de l'école étaient fortement ralentis à cause du directeur qui ne la laissait pas voir lesdites protections dans leur totalité. Elle était folle de rage que quelqu'un ait si peu de considération pour la protection des enfants !

Le cri d'un aigle le tira de ses pensées. Elle détacha le courrier et le lut tranquillement. Elle jeta un coup d'œil à la signature. C'était Nathan, son compagnon qu'elle n'a pas vu depuis bien longtemps.

Amour,

Je me doute que tu veux avoir des nouvelles fraîches de tes collègues. Mais d'abord, je t'assure que mon cœur t'appartient toujours !

Cassidy sourit. Ce n'était pas rien que Nathan lui disait cela. Il y avait quelques années, alors qu'elle rentrait de mission, elle avait découvert Nathan, Médicomage de la Confrérie, en train de se faire draguer par une nouvelle assassin tout juste arrivée. Le blond vénitien était complètement aveugle en termes de séduction et c'était bien connu des membres de la Confrérie donc il n'avait rien vu d'anormal dans le comportement de la femme. La rousse était entrée dans une colère noire et avait défié la femme bien connue pour séduire des hommes déjà pris. La punition avait été mémorable et son adversaire y avait perdu la vie suite à ses blessures. Mais depuis, Nathan faisait extrêmement attention.

Mais je pense que tu le sais donc passons à autre chose.

Les triplés Malen.

J'ai été plus que surpris quand ils ont été amené à la base il y a quelques mois. Sans toi. J'ai eu des échos sur leur état plus que horrible mais je ne voulais pas donner foi à des rumeurs et je voulais attendre ta version des faits. Bien que tu m'aies rassuré sur ta santé presque immédiatement, tu ne m'as pas dit ce qui s'était passé.

Soit. C'était ton droit.

Mais il y a une semaine, j'ai été affecté à leurs soins.

Par tous les dieux du ciel et de l'enfer, c'est en dessous de tout ce qu'on a pu raconter !

Les soigneurs qui les ont vu ne leur donnent pas beaucoup de chance de survie, et je dois t'avouer que je ne suis pas loin de penser comme eux !

Je me doutes qu'aucun d'entre eux ne t'a communiqué de nouvelles d'eux et je le fais à leur place. Il y a très peu de chances qu'ils redeviennent tes apprentis. Pour tout dire, je crois qu'ils n'ont plus aucun avenir dans le métier de tueur. S'ils ne sont pas tétraplégiques lorsqu'ils auront terminés leurs soins. De plus, Mélia m'a prévenu qu'ils étaient poursuivis pour de multiples chefs d'accusation dont harcèlement et tentative de viol. Même s'ils s'en sortaient, leur vie est totalement fichue.

Il faut que je sache ce qui s'est passé. Pour au moins les soigner correctement.

Tu ma manques tellement. J'ai hâte de te revoir.

Je t'aime.

Ton Nathan.

Cassidy soupira. L'état des triplés Malen était donc critique, même plusieurs mois après leur correction. Mais il fallait dire que leurs bourreaux n'y étaient pas allés de main morte. Elle se souvint que lorsqu'elle avait vu les souvenirs de Lucius à travers une Pensine, ceux de Harry et de Severus étant trop chargés en haine pure ce qui risquait de blesser ceux qui visionnaient lesdits souvenirs, Cassidy avait bien failli régurgiter tous ses repas de la journée et c'était peu dire car elle était reconnue pour avoir un très solide estomac.

Flash-back

Les triplés venaient de tomber dans une cellule spartiate, dans un enchevêtrement de membres. De l'autre côté de la porte, deux bruns et un blond arrivèrent avec grâce et surtout sur les pieds. Aussitôt, le plus jeune leva la main et les trois jeunes hommes flottèrent dans les airs. Ils furent sortis de leur cellule puis emmenés dans une salle dont la décoration ne laissait guère d'illusion sur son utilisation.

La salle de torture.

Sans attendre, celui qui contrôlait le sort de lévitation les plaça de part et d'autre dans la salle et les crucifia sans état d'âme, prenant cependant bien soin de ne pas coller leurs dos contre les murs.

-Alors, Severus, ils sont bien mis, comme ça ? demanda Harry

-C'est parfait, sourit Severus. Comment on s'organise ?

-J'avais dans l'idée que chacun d'entre nous ait droit de s'amuser une heure à tour de rôle. Comme ça, tu auras tout le temps de préparer tes potions et moi de faire chauffer quelques lames.

-Ça me va. Je te laisse commencer, vu que tu as plus de choses à leur faire payer que moi. Je pourrais en attendant commencer quelques potions qu'ils seront ravis de tester pour moi.

Les trois prisonniers, en entendant ces mots, se débattirent violemment mais les clous dans leurs poignets ainsi que dans leurs pieds ne leur permettaient aucune retraite possible.

Harry se rapprocha d'une table et passa lascivement sa main au dessus des objets exposés. Après quelques minutes de tergiversions, il s'empara d'une pince et vint près des trois hommes. Sans un mot, il arracha un à un tous les ongles, des mains comme des pieds, de chacun d'entre eux, prenant bien son temps pour faire le maximum de dégâts. Ils hurlèrent à s'en casser la voix mais Harry s'amusait bien trop pour s'arrêter en si bon chemin. Quand il eut terminé, c'en déjà au tour de Severus qui s'occupa de leurs dos avec une potion hautement corrosive. Et ainsi continua la torture durant vingt-quatre heures où les deux hommes rivalisaient d'imagination pour leur faire payer.

Fin Flash-back

Cassidy ne pouvait se souvenir de ce qu'elle avait vu sans réprimer à grande peine un frisson d'horreur. Elle savait que les plus grands Death Eaters n'étaient pas des enfants de cœur mais en voyant Severus Snape en action, elle avait vu de ses propres yeux que c'était encore en dessous de la vérité. Quant à Harry, elle savait qu'il avait assimilé avec brio ses leçons mais qu'il les puisse les mettre en pratique était une chose à laquelle elle n'avait jamais pensé. À dire vrai, ce qu'elle avait vu lui avait vraiment fait peur. Et surtout confirmait l'une de ses suppositions, à savoir qu'il ne fallait jamais pousser à bout le jeune homme.

Cassidy soupira et entreprit de répondre à son amant. Il valait mieux qu'il sache ce qu'il s'était réellement passé pour qu'il puisse les soigner convenablement. Et puis, il ne fallait pas que les triplés Malen meurent non plus, ils devaient payer pour leurs crimes.

Sadique, elle ? Non, jamais !

Ce jour-là, Blaise se leva avec un sourire niais plaqué sur les lèvres. Ses camarades le notèrent aussitôt mais préférèrent se trouver loin des oreilles indiscrètes pour le cuisiner. Ils laissèrent passer tranquillement le petit déjeuner, endormirent la méfiance de leur proie avant de lui sauter dessus et de faire en sorte que leur absence à tous passe inaperçu au moins jusqu'au dîner. Sans qu'il ne comprenne quoi que ce soit, le brun fut kidnappé sans ménagement et conduit de force dans une salle loin des grands axes étudiants. Quand Blaise reprit ses esprits, se tenaient face à lui Daphné, Théo, Harry et Draco, un sourire mauvais aux lèvres. Il ne savait pas s'il devait s'inquiéter ou non.

Nan, ils étaient ses amis donc ils ne lui feraient rien.

Quoique … Ils étaient capables du meilleur comme du pire.

Surtout du pire, en fait.

Blaise songea qu'il serait temps qu'il se mette à paniquer.

-Du calme, mon cher Blaise, dit d'un ton doucereux Draco en s'approchant.

Là, s'il criait maintenant, est-ce qu'on l'entendrait ?

-Nous voudrions simplement te poser quelques questions, sourit machiavéliquement Théo.

OK, là, c'était sûr, il allait y passer. Mais qu'avait-il fait dans sa vie antérieure pour mériter des amis pareils ?

-A quel sujet ? couina Blaise

-Sur ton air joyeux, par exemple, fit Daphné.

-Euh …

-Alors ? demandèrent-ils tous en chœur

-Vous ressemblez à des Gryffindor, comme ça, osa Blaise.

-Ne commence pas à nous insulter, se redressa Harry. Réponds-nous simplement.

-Euh … Je sors avec Hermione ?

-On sait, soupira Daphné. Ensuite ?

-Elle est tout simplement géniale ! Je l'aime, vous ne pouvez pas savoir à quel point !

-Vu ton air niais, on en a une bonne idée, ricana Théo. Comment s'est passé la soirée de la Saint Valentin ? On sait juste que Weasley a été envoyé à l'infirmerie.

Blaise leur résuma rapidement le début de son rendez-vous puis en vint à son retour de l'antre de Mrs Pomfrey.

-Le dîner était magnifique, déclara Blaise avec des étoiles dans les yeux. Nous avons discuté pendant le repas de tous les sujets qui la passionnaient. Vous ne pouvez pas savoir à quel point je l'aime.

Et le jeune homme partit dans une description passionnée de sa bien-aimée durant un bon quart d'heure. Ses amis furent légèrement étonnés de le voir si épris. Ce fut Daphné la première qui capitula.

-Il y a rien à en tirer, secoua-t-elle de la tête. Il est tellement amoureux qu'il ne voit que Hermione. On n'est pas si débile quand on est amoureux, hein ?

-En tous cas, songea Théo, je pense à un autre truc. Hermione et Blaise se sont pas trop affichés ces derniers jours mais si leur couple venait à être connu, comment ça va se passer ? Parce que même si Harry ici présent a réussi à rapprocher les maisons, c'est encore trop tôt pour accepter les couples inter maisons.

-Tiens, ça, on n'y avait pas pensé, fit Draco. De toutes façons, les élèves savent que si on s'en prend à l'un des nôtres, ils en entendront parler toute leur vie.

-Mais c'est sûr que ça ne fera pas autant de bruit que quand le grand Harry Potter se mettra lui-même en couple, dit pensivement Théo.

Draco et Harry se jetèrent un regard effaré. Tout à leur couple naissant, ils n'avaient pas songé au regard des autres, sans compter qu'ils n'en avaient parlé à aucun de leurs amis. Il fallait s'en occuper tout de suite.

-Bon, décida Harry. Ce n'est pas la peine d'interroger Blaise sur sa Saint Valentin vu qu'on ne peut pas lui tirer les vers du nez. Notre après-midi est libre. Quand on aura tiré Blaise de son délire, on fait quoi ?

-Le temps est bon, fit Daphné. On pourrait aller se promener dehors. Et même faire nos devoirs.

-Déjà fait, dirent en même temps Draco et Harry.

-Pas drôle, les gars, bouda Daphné. Quiddicht ?

-Pas assez, répondit Harry.

-Reste plus qu'à prendre le soleil, sourit Draco.

-Comme tout serpent qui se respecte, ricana Harry.

Remus et Sirius s'étaient rendus au manoir Black pour y régler quelques affaires. Mais à peine avaient-ils mis un pied à l'intérieur qu'ils surent que quelque chose clochait.

Une personne était venue. Mais qui ? La maison possédait de puissantes protections du fait de leur ancienneté mais il fallait être sacrément fort pour pouvoir passer outre.

Avec leur flair hérité de leur autre forme animale, les deux amis se mirent à la recherche d'indices. Les lieux étaient nickels mais pour un œil averti, on pouvait noter que les objets n'étaient pas à leurs places exactes. Prenant toutes les précautions possibles, ils se dirigèrent vers le cœur de la maison, seul endroit certain où l'invité indésirable n'aurait pas pu mettre les pieds. Une fois à l'intérieur, Sirius fit couler son sang et invoqua l'âme du manoir. Par ce biais, il lui demanda ce qui s'était passé, les sorts laissés ainsi que les choses volées. La réponse leur vint sur de longs parchemins que Remus s'empressa de consulter. Alors que Sirius récupérait du rituel, Remus pâlit de plus en plus. Son ami finit par le remarquer.

-Moony ? Ça va ?

-Padfoot, on a voulu nous tuer.

-QUOI ?

Il se rapprocha et lut par-dessus l'épaule du châtain.

-La maison était truffée de pièges, expliqua Remus. Tous à un niveau tel qu'ils auraient pu nous être fatal.

-Si nous ne nous étions pas servis de nos sens … frissonna Sirius.

-On aurait pu y passer, confirma Remus.

-Tu penses que c'est qui ? Parce que mine de rien, cette personne a passé des barrières très puissantes !

-D'autant plus que personne ne sait où nous habitons. Je penche sur un sorcier puissant.

-Autant demander une signature magique. Je m'en occupe.

Le manoir lui fournit après un certain temps d'attente la réponse qui les laissa bouche bée.

-DUMBLEDORE ?

-C'est logique, réfléchit Sirius. Les traces ont été habilement effacées mais il en restera toujours une trace, aussi infime soit-elle, et c'est pour ça que la maison a mis tout ce temps. Mais pourquoi ?

-Notre ascendant sur Harry, comprit Remus. En tant que tuteurs, il nous écoute et a confiance en nous. Sans nous, qui sera la figure d'autorité du Sauveur ?

-Dumbledore. Il veut vraiment nous éliminer. Je pense que des mesures s'imposent. Mais je crains de recourir au Fidelitas.

-C'est qu'avec ce qui s'est passé pour Lily et James, ce n'est pas encourageant. Mais là, Dumbledore ne sera pas au courant et il ne lancera pas. C'est plus sûr. Sans compter que si Dumbledore veut nous tuer, nous ne sommes pas les seuls sur la liste.

-Tu penses qu'il va s'en prendre aux Malfoy ?

-C'est certain. D'autant plus que Harry est très proche de Draco. Je crois qu'il est temps de les faire venir. Une fois le Fidelitas jeté et eux ici, ils ne seront plus sur le terrain du directeur. Il y aura moins de risques qu'ils se fassent tuer.

-Mais, et Severus ? Il ne peut pas quitter l'école, tu le sais parfaitement !

-On n'a pas le choix. Mais un plan de secours pour ceux qui restent serait le bienvenu. Il faut y réfléchir.

-Je n'ai pas le choix, de toutes façons. Je vais demander à la maison de s'assainir des sorts et ensuite, je vais faire des recherches sur le Fidelitas.

-D'accord.

Les deux hommes vaquèrent chacun à leurs affaires tout en reconsidérant ce qu'ils avaient découvert. Ils avaient été trahi.

Par Dumbledore.

Cassiopée lisait tranquillement dans un fauteuil. Elle se languissait de son amant Remus mais elle savait qu'il avait des priorités, même si elle savait qu'il aurait mille fois préféré rester avec elle. Son frère et sa belle-sœur étant en mission, elle était seule dans leurs appartements dans l'école. Plongée dans son livre, ce fut un courant d'air capricieux qui commença à la déranger. Intriguée, elle leva la tête, fronçant des sourcils. Elle se sentit oppressée, comme si les murs se refermaient lentement sur elle.

BLAM

La femme sursauta. Un vase posé sur un petit meuble venait de tomber au sol, brisé en plusieurs morceaux. Elle posa une main sur sa poitrine, comme pour tempérer les battements de son cœur qui s'était affolé sous le coup de la surprise. Après avoir repris son calme, elle sortit sa baguette et jeta un sort de réparation couplée à un autre de lévitation pour le remettre à sa place. Mais contrairement à ses attentes, rien ne se passa. Elle fronça des sourcils et recommença. Mais cela eut le même résultat.

Ma magie ne fonctionne pas ? s'étonna Cassiopée. Ce n'est pas normal, je me trouve quand même à Hogwarts.

BLAM

C'était cette fois un tableau qui venait de chuter au sol. La blonde décida de se lever et de remettre l'objet en place puis de ramasser les débris au sol. Mais lorsqu'elle s'approcha de la toile, elle se rendit compte d'une chose.

Il n'y avait pas un passage entre le mur et le canapé ?

Elle était de plus en plus inquiète. Des choses bizarres se passaient dans ces appartements et elle n'était pas du tout rassurée. L'envie de voir son amant se fit de plus en plus forte et elle décida d'y céder. Elle se dirigea donc vers la porte et voulut tourner la poignée. Mais là, nouvelle surprise.

C'est fermé ! Comment est-ce possible ? Pourquoi ça n'arrive qu'à moi ? Remus, j'ai peur, là !

Une détonation la fit sursauter et elle ne dut qu'à une chance insolente de ne pas se faire toucher par le sort qui venait de fuser.

Merde ! Mais qu'est-ce qui se passe, par Morgane ? Il faut que je sorte d'ici ! Et si possible, en un seul morceau ! Et sans magie en plus !

Comme la porte était exclue, Cassiopée n'avait le choix qu'entre la fenêtre, située au quatrième étage, et un éventuel passage dérobé se trouvant quelque part dans les appartements. Mais connaissant Dumbledore, il devait avoir pris soin de tous les condamner.

Les sorts volaient de toutes parts, touchant souvent la femme. Il s'agissait en plus de sorts non mortels mais particulièrement incapacitants quand ils touchaient la victime, du style sort de découpe. En sang, elle s'avança péniblement vers les hautes fenêtres, touchées par de plus en plus de sorts. Elle ne pouvait même pas se protéger avec un bouclier vu qu'aucune magie n'était possible.

Alors qu'elle allait ouvrir la vitre, un sort l'atteignit vicieusement derrière le genou droit et coupant net les tendons de la cheville gauche, la faisant s'écrouler dans un hurlement de douleur. Son bras gauche en miettes, elle savait qu'elle n'avait pas beaucoup de chances de s'en sortir si elle n'y mettait pas du sienne. Alors, faisant fi de la douleur qui brûlait son corps, Cassiopée se redressa sur ses deux jambes, retenant à grande peine un nouvel hurlement et tenta de tourner la poignée de la fenêtre. Elle faillit s'écrouler en pleurs en s'apercevant qu'elle aussi était verrouillée. À travers les sorts qui ne manquaient pas de la toucher, elle remarqua un lourd chandelier posé tout près d'elle et s'en saisit de son unique main valide. Puisant dans le peu de forces qui lui restaient, elle le jeta contre le verre qui se fracassa en morceaux. Ne tenant pas compte des bouts restant qui lui arrachaient sa robe et sa peau, elle se laissa glisser en chute libre de l'autre côté, vers une mort certain, elle n'en doutait pas.

Mais ce fut un doux coussin qui l'accueillit au pied du château. Cassiopée qui avait fermé les yeux quand elle s'était sentie tomber, les rouvrit avec difficulté. Se voyant saine et sauve, et surtout sans âme qui vive à proximité, elle en déduisit la seule personne qui avait pu la sauver. Rampant tant bien que mal jusqu'au mur de pierres, elle posa délicatement sa main dessus tout en laissant ses larmes couler de soulagement.

-Merci, Hogwarts, de m'avoir sauvée, murmura-t-elle.

La pierre se réchauffa et lui transmit un peu d'énergie. Cela suffit pour qu'elle se lance un sort de stabilisation, un autre d'anti-douleur et un dernier de désillusion. Plus ou moins remise sur pied, elle s'empressa de quitter le domaine par l'un des passages secrets avant que celui qui avait commandité sa mort ne s'aperçoive de sa fuite.

Il n'y avait qu'une seule personne qui avait pu faire ça.

Dumbledore.

Le bal de l'ambassade de France en Angleterre battait son plein. Ayant pris la place de lointains cousins à eux qui avaient dû se décommander à la dernière minute sous leur insistance, Narcissa et Lucius, sous sortilèges, poursuivaient leur mission. Dumbledore leur avait demandé de surveiller un homme qui avait des liens assez étroits avec des fidèles bien placés de Voldemort.

Alors qu'une valse débutait, Lucius invita Narcissa à danser et tous deux s'élancèrent sur la piste de danse, attirant l'attention sur eux par leur virtuosité.

-Où est-il ? murmura Narcissa

-Près du buffet, répondit sur le même ton Lucius. Crois-tu qu'on devrait l'approcher encore un peu ?

-C'est une bonne idée. Mais vu notre succès, je crains qu'il ne faille attendre encore un peu.

Ils patientèrent donc avant de se rapprocher de leur cible. Sous couvert d'une conversation légère, ils récoltèrent plusieurs informations sur l'homme et avec l'aide de la Légilimencie, Lucius en récolta bien plus. Il fit bien attention à ne pas laisser de traces de son passage avant d'escorter sa femme vers une salle de bain.

-Alors ? pressa Narcissa après avoir lancé un sort de silence autour d'eux

-Dumbledore avait raison, répondit Lucius. Cet homme va rencontrer un Death Eater dans la soirée, dans un salon particulier. Il y aura un échange d'informations. Mais il ne sait pas ce qu'il veut lui dire.

-On ne peut pas entrer avec eux, fronça des sourcils Narcissa. Et un sort d'écoute est hors de question. Un judas prendrait trop de temps à être trouvé.

-Nous pouvons nous poster à proximité pour lui subtiliser ses souvenirs par Légilimencie.

-C'est une idée, enfin la seule applicable. Allons-y.

Le couple revint en salle et attendit patiemment que leur cible quitte la salle avant de faire de même. Ils le filèrent discrètement jusqu'à une salle au fond du manoir dans lequel se déroulait la soirée. Ils entrèrent dans la salle voisine dont ils laissèrent la porte entrouverte et attendirent.

Une heure plus tard, le couple entendit la porte d'à côté s'ouvrir et une silhouette qui n'était pas celle de leur cible s'en aller. Aussitôt qu'elle se soit éloignée suffisamment, Narcissa entra, suivie de Lucius.

Mais il était trop tard.

Devant eux, au sol, se trouvait leur homme baignant dans son sang. Aucun doute qu'il était mort.

-Comment on fait ? demanda Narcissa

-Évacuons les lieux avant qu'on ne découvre le corps, suggéra Lucius. Nous sommes recherchés par le Ministère et par les Death Eaters. Ne leur donnons pas plus de chance de nous trouver.

Mais alors qu'il voulait rouvrir la porte pour qu'ils partent, Lucius découvrit que celle-ci était verrouillée. Fronçant des sourcils, il tenta de déverrouiller la porte mais à chaque fois, cela se soldait par un échec.

-Lucius ?

-Nous sommes enfermés.

-Comment est-ce possible ? Tu n'as pas fermé derrière toi, non ?

-Non. Je pense qu'il y a un problème.

-Un piège ?

-Ça en a tout l'air. Il faut sortir d'ici au plus vite. La situation ne m'inspire pas confiance.

D'un commun accord, le couple se hâta pour chercher une sortie, la porte principale étant exclue. Ils se mirent à la recherche d'un passage secret pour pouvoir partir. Mais le seul qu'ils trouvent est parfaitement bloqué.

-Un piège ! siffla Lucius

-Une précaution ? demanda Narcissa

-C'est possible. Ça ne coûte rien de vérifier.

À l'aide de quelques sorts catégorisés de magie noire, ils découvrent le fin mot de l'histoire avec consternation.

-La pièce est scellé sur notre empreinte magique ? s'exclama Lucius, abasourdi

-Alors une personne savait que nous viendrions ici, en déduisit Narcissa. Et le seul qui savait c'est …

-Dumbledore, termina sombrement Lucius.

-Quelle est cette odeur ? fit suspicieusement Narcissa

Lucius renifla et décela une odeur de brûlé. Mais très vite, la pièce fut remplie de fumée.

-Ils veulent nous brûler vifs ! comprit Lucius

Ils s'acharnèrent sur les issues avec plus de rigueur. Mais soudain, la blonde nota un détail perturbant.

-Lucius ! Regarde la fumée ! Il y a des étincelles de magie ! Ils ont lâché un Feudeymon !

Son mari jura très peu élégamment et elle ne songea même pas à le réprimander.

Il y avait plus urgent, n'est-ce pas ?

Très vite, la fumée envahit le peu d'espace qui restait. Le couple avait de plus en plus de mal à respirer. Bientôt, ils durent s'allonger par terre pour respirer. Inquiet pour sa femme, de santé un peu délicate, Lucius blottit Narcissa contre lui. Il s'efforça de réfléchir avant qu'il ne soit trop tard.

-Lucius …

-Nous sortirons d'ici, Narcissa, ne t'inquiète pas.

-Draco sera furieux. Il criera qu'on aurait dû dire où nous allions.

-Il tient de nous.

-C'est sûr.

-J'ai peut-être une idée.

-Je t'écoute.

-Mais il faudra faire très vite après ça car Voldemort va pouvoir nous repérer.

-Que vas-tu faire ?

-Je vais utiliser le plus puissant sort de destruction de magie noire. Ça va alerter le Ministère mais c'est soit ça soit nous mourrons.

-Alors vas-y.

Le blond se concentra et rassembla son énergie. Sa femme lui serra tendrement la main, lui transmettant tout son amour par ce biais. Il prit son courage et lança toute sa magie dans le sort.

Le mur en face d'eux fut littéralement pulvérisé, réduit en une fine poussière. Aussitôt, Lucius tira Narcissa derrière et la prit dans ses bars pour sauter au-dehors avec quelques sorts pour amortir leur chute. Ils atterrirent quand même durement au sol et Lucius sentit un craquement inquiétant provenant de son épaule. Il serra les dents et entraîna Narcissa à sa suite. Ils coururent hors du domaine alors que le Feudeymon embrasait la maison, heureusement située en campagne. Les cris s'élevaient tandis que la panique s'emparait de toutes les personnes présentes. Mais le couple ne s'en souciait pas le moindre du monde. Par tous les moyens, ils devaient partir sans quoi ils se feraient capturer et sans nul doute tuer. Au moment où ils passaient les barrières, ils aperçurent des Death Eaters apparaître devant eux. Mais ils n'eurent pas le temps de réagir. Le couple disparut de leur champ de vision. Lucius les emporta dans le centre de Londres. Il préférait passer par le monde moldu pour rejoindre le seul endroit à ses yeux qui soit sûr, le square Grimmaud. En plus d'essayer d'échapper aux Death Eaters pour payer sa trahison, il devait échapper à celui qui les avait trahi, Narcissa et lui.

Dumbledore.

Draco était inquiet.

Il savait qu'il arrivait que ses parents et sa tante s'absentent pour les missions de l'Ordre donc il ne s'était pas fait trop de soucis lorsque quelques jours passaient sans qu'il ait de nouvelles. Mais là, cela faisait une bonne semaine qu'il n'avait plus vu sa famille. C'était vraiment inquiétant.

Harry était dans le même état que lui. Son parrain et son oncle n'avaient eux aussi pas donné signe de vie depuis une semaine et même Severus ne pouvait pas les renseigner. Tous les trois avaient tenté de les joindre par tous les moyens qu'ils connaissaient mais ils avaient fait chou blanc. La peur les rongeait. Ils étaient vraiment tentés de quitter l'école pour les chercher mais de par leurs positions respectives, il était hors de question qu'ils disparaissent sans laisser de traces.

Alors qu'ils étaient sur le point de déclencher une mission de secours, Harry, qui fouillait distraitement dans sa malle pour s'occuper, tomba sur un objet qu'il n'avait pas utilisé depuis de nombreux mois. Son téléphone portable. Tout en souriant, il l'alluma, se souvenant des discussions enflammées qu'il avait eu avec certains membres de Requiem. Mais soudain, il se figea.

Il avait reçu un message.

Or, personne ne savait qu'il avait cet objet moldu magiquement modifié parmi ses affaires.

Personne, sauf sa famille.

C'est-à-dire Sirius et Remus.

Il s'empressa de l'ouvrir pour lire le message.

Harry,

Nous sommes désolés mais nous ne pouvons plus revenir à l'école. Il s'est passé quelque chose de grave. Severus, Draco et toi êtes à peu près en sécurité à l'école. Rassure les deux serpents avec toi mais par pitié, ne préviens pas Dumbledore que tu as eu des nouvelles de nous. Les autres sont également avec nous. On te préviendra quand tout sera arrangé.

On t'embrasse.

Sirius et Remus

Harry fronça des sourcils. Cela ne présageait rien de bon. Le message datait de la nuit suivant leur départ, soit d'une semaine. Il se souvenait que le lendemain, le directeur avait annoncé que les deux professeurs seraient absents pour quelques jours car ils avaient des affaires personnelles à régler du ministère, ce dont Harry n'était même pas au courant alors que son parrain et son oncle avaient toujours l'habitude de le prévenir de leurs déplacements au plus tôt, même s'ils devaient partir dans la minute suivante. Et le soir même, les élèves avaient appris que le ministère avait été attaqué, ce qui l'avait angoissé encore un peu plus. Et maintenant ça …

Il rangea ses affaires éparpillées un peu partout. Le dîner n'allait pas tarder et il fallait qu'il rejoigne son amour pour pouvoir lui voler un baiser, chose qu'il n'avait pas pu faire depuis ce matin. Il allait mettre son portable dans sa poche lorsqu'un nouveau message arriva. Il le lut rapidement.

Harry,

Tout est arrangé. Narcissa, Cassiopée, Lucius, Remus et moi sommes au manoir. Personne ne doit savoir que nous y sommes. Préviens Draco et Severus et essaie d'empêcher Sev de nous rejoindre. C'est très important. Dis aussi à Cassidy de quitter les lieux au plus vite, il se peut qu'elle soit en danger.

Faites attention à vous.

Je t'embrasse.

Sirius

Il haussa des sourcils. Cette histoire ne lui inspirait pas confiance du tout. Il s'apprêtait à le laisser dans sa malle mais il se ravisa et lança sur son portable un sort d'indifférence puis le mit en vibreur et le coula dans sa poche. Il jeta un coup d'œil à l'horloge et se dépêcha de se rendre dans le hall pour tenter d'intercepter son amoureux. Mais celui-ci était déjà à table avec leurs amis qu'il salua et il s'installa tout en s'intégrant à la conversation.

Le dîner se terminait quand le directeur se leva pour réclamer le silence. Les élèves se calmèrent assez vite, surtout en remarquant l'air grave qu'il arborait.

-Chers élèves, commença Dumbledore. J'ai une grave nouvelle à vous annoncer. Vous êtes sans nul doute au courant de l'attaque qui a eu lieu sur Diagon Alley.

L'attaque avait fait des dizaines de morts la veille. À ce jour, le bilan total n'avait pas été établi.

-Je viens de recevoir une note du Ministère, continua-t-il. Parmi les victimes de cette catastrophe, ils ont retrouvé les cadavres de vos professeurs de Défense et de Duel. Je vous prie d'observer une minute de silence pour Remus Lupin et Sirius Black.

Tous les regards se tournèrent vers Harry et Severus. Harry parce qu'il s'agissait de sa famille et Severus car il y avait son amant. Tous deux conservèrent un air totalement neutre mais le tumulte de leurs sentiments était sans précédent. Immédiatement après que le silence se soit terminé, le maître de Potions quitta la salle en serrant les dents dans son mouvement de robes célèbre. Harry lui prit tout son temps et d'un seul regard noir empêcha tout le monde de lui poser des questions, y compris ses amis. Draco le rejoignit et lui posa une main sur son épaule pour lui communiquer tout son soutien et ils sortirent ensemble de la Grande Salle. D'un pas vif, le brun se dirigea vers les cachots mais au lieu de se rendre dans le dortoir ou dans les appartements de Draco, Harry se rendit vers ceux de Severus qu'il ouvrit et qu'il sécurisa. Entendant l'eau couler, il n'hésita pas et partit dans la salle de bain sous les yeux ronds du blond. Sous la douche, Severus, tout habillé, laissait couler l'eau qui paraissait glacée sur lui. En sentant la porte s'ouvrir, il tourna la tête et plongea son regard rougi dans les deux émeraudes.

-Que fais-tu ici, Harry ? souffla Severus

-Sors d'ici, répondit fermement Harry. Il faut qu'on parle.

D'un pas maladroit, l'homme sortit de la douche et le plus jeune entreprit de le faire entièrement sécher par magie et de le traîner dans le salon. Sur l'initiative de Draco les attendaient trois verres de whisky. Ce dernier en mit un d'office dans les mains de son parrain qui s'empressa de le boire d'une traite. Aussitôt, son filleul le remplit et l'assit dans un fauteuil. Les deux élèves prirent chacun leur verre et s'installèrent à leur tour.

-Severus, fit Harry. Tu te calmes. Dans quelques minutes, Dumbledore va nous convoquer. Si tu y vas dans cet état, il n'aura aucun mal à découvrir tous nos secrets. Et tu sais que Sirius ne le voudrait pas.

-MAIS SIRIUS EST MORT ! hurla Severus, perdant tout contrôle

-Non.

Pour le coup, Severus et Draco en restèrent bouche bée.

-Pardon ? balbutia Severus, complément calmé

-Mon parrain n'est pas mort, articula Harry. Ni Remus.

-Mais Dumbledore …

-A menti. Ou sinon, je reçois des messages de l'au-delà. Écoutez, je n'ai pas plus de détails mais il faut que vous me croyez. Il faut que tu te reprennes, Severus, sinon les choses s'aggraveront.

-Tu es sûr qu'il est vivant ? Vraiment sûr ?

-Il y a de grandes chances, oui. Maintenant, remets ton masque. Dumbledore ne va pas tarder.

Et il avait raison. À peine eut-il terminé ses mots qu'un elfe de maison apparut porteur d'un message du directeur leur demandant à Harry et Severus de se présenter à son bureau. Draco décida de les attendre là. Harry et Severus rétablirent leurs barrières occlumens durement éprouvées par la nouvelle et se dirigèrent vers le bureau du directeur. Une fois là-bas, ils avaient tous les deux un visage inexpressif.

-Harry, Severus, asseyez-vous, je vous en prie, sourit Dumbledore.

Les deux hommes s'installèrent sans un mot.

-Je comprends que vous cachiez votre tristesse face à la mort de vos proches, fit Dumbledore. Je vous présente toutes mes condoléances.

-Merci professeur, dit Harry d'une voix atone.

-Que nous voulez-vous, professeur ? fit Severus

-Je suis conscient qu'il y a des démarches à faire, dit Dumbledore. Le ministère souhaite voir Harry pour cela. J'ai pensé que vous souhaiteriez l'accompagner, Severus.

-S'il vous plait, fit Severus.

-Alors nous ferons cela, dit Dumbledore. Vous partirez demain dès la première heure.

-Bien professeur, acquiesça Severus.

-Monsieur ? demanda Harry

-Oui mon enfant ? sourit Dumbledore

-Est-ce que vous avez des nouvelles de la famille Malfoy ? demanda Harry. J'en profite parce que Draco est un peu inquiet mais il s'arracherait la langue plutôt que de l'avouer.

-Je comprends, rit Dumbledore. La fierté des jeunes hommes. Malheureusement, officiellement je ne sais rien. Officieusement, je crains qu'on ait également découvert parmi les décombres les corps des trois membres de la famille Malfoy.

-Pourrions-nous emmener le jeune Malfoy avec nous ? fit Severus. Nous pourrions le présenter comme soutien de Mr Potter, ce qu'il est déjà. Je l'ai trouvé en sa compagnie lorsque vous nous avez convoqué.

-Je ne vois pas d'inconvénients, déclara Dumbledore. Vous le préviendrez de l'arrangement, Harry.

-Oui professeur, répondit Harry.

-Pouvons-nous nous retirer maintenant ? demanda Severus

-Oui, allez-y, sourit Dumbledore. Je vous souhaite une bonne nuit, messieurs.

-A vous aussi, professeur.

Ils retournèrent dans les appartements du professeur de potions et Severus, Draco et Harry s'endormirent confus.

Draco ouvrit difficilement les yeux le lendemain matin. Après que Severus les ait quitté pour se coucher, il avait dû calmer Harry qui, tout en sachant que sa famille était en vie, ne savait pas ce qui lui était arrivé. À force de câlins, de caresses et de baisers toutefois, il avait pu reléguer sa tristesse et son inquiétude au second plan. Mais maintenant, il savait qu'il était temps qu'ils reviennent à la réalité.

Le blond s'extirpa non sans mal du lit et se mit à préparer le petit déjeuner. Il songea à ce que les deux hommes lui avait appris en rentrant de leur rendez-vous. En effet, la soi-disant mort de sa famille lui avait donné un grand choc mais la certitude de son petit ami quant à leur vie l'apaisait. Et surtout, il voulait y croire.

Harry arriva dans la cuisine et apercevant le blond, il alla vers lui et l'embrassa tendrement.

-Bonjour, amour, murmura Harry contre ses lèvres.

-Salut à toi, mon bien-aimé, sourit Draco. Tu as faim ?

-Très.

-Vas-y, sers-toi.

Les deux jeunes hommes s'assirent l'un à côté de l'autre et se mirent à manger, chaque bouchée entre coupée de baisers plus ou moins sages. Ce fut pendant l'un d'entre eux que Severus les surprit. Figé sur le coup puis voyant qu'ils ne l'avaient pas encore entendu, avec un sourire machiavélique il décida de les interrompre à sa façon.

-Hum, hum.

Draco bondit de sa chaise et faillit jeter Harry de la sienne. Tous les deux le regardèrent d'un œil noir, leur aîné se foutant allègrement de leur gueule.

-Tu tiens à ce que j'ajoute le tailleur rose qui convient ? grinça Draco

-Tailleur rose ? questionna Harry, perdu

-Dolorès Ombrage, expliqua Severus. Elle a enseigné ici il y a deux ans mais elle était surtout là pour faire taire Dumbledore. Elle avait disons la fâcheuse manie de se faire annoncer par un petit toussotement et s'habillait généralement de rose ou de couleurs avoisinantes du plus mauvais goût. Sans compte ses cours qui consistait uniquement à de la lecture sans aucune pratique. Ce sont les jumeaux Weasley qui nous en ont débarrassé.

-Oh …

-Mais cela n'explique pas le fait que je vous ai trouvé soudé l'un à l'autre, sourit Severus. Depuis quand êtes-vous ensemble ?

-Écoute parrain … fit Draco

-Je demande une simple réponse à ma question, coupa Severus. Depuis quand ?

-Le quinze février, avoua Harry, tête basse. Nous ne savions pas comment l'annoncer.

-Pour ma part je dirais que vous êtes enfin ensemble, ricana Severus. Si vous saviez comme je désespérais de vous voir vous tourner autour sans que vous n'agissiez.

-Eh ! s'offusqua Draco

-Peu importe, fit Severus. Les félicitations m'ont l'air de rigueur. Terminez de manger, nous partirons tout de suite après. Nous devons nous rendre au ministère puis à la banque. As-tu des documents à prendre chez toi ?

-Oui, répondit le brun. Et aussi une tenue un peu plus appropriée, je pense. Je n'ai pas de tenue de deuil à l'école. Et puis, je veux vérifier que Sirius et Remus sont bien vivants et si c'est le cas, j'obtiendrais des réponses qu'au manoir.

-C'est évident, confirma Severus. Alors nous passerons d'abord au manoir puis au ministère et enfin à la banque. Ça ira comme ça ?

-Parfait, fit Harry.

-Nous te laissons manger, déclara la blond. Pendant ce temps, nous allons nous habiller.

-D'accord, dit Severus. Ne faites pas de bêtises surtout !

-SEVERUS !

Vêtus de pied en cape, Severus, Harry et Draco quittèrent l'école avant que les premiers élèves ne les voient. Sitôt hors du domaine, ils s'empressèrent de se rendre aux Trois Balais pour se rendre au Chaudron Baveur via le réseau de cheminée et passèrent dans le monde moldu. Ils se firent le plus discret possible pour éviter de se faire suivre et arrivèrent au manoir Black. Mais à leur plus grande surprise, le manoir n'était pas en vue.

-Où est la maison ? fit Harry qui commençait à paniquer

-Elle doit être sûrement cachée, en déduisit Severus. Et pour le faire avec une maison de cette taille, je pense qu'on a dû utiliser le Fidelitas.

-Le sort qu'on a utilisé pour mes parents ? sursauta Harry. Alors Dumbledore …

-Il n'est pas le seul à savoir jeter ce sort, coupa Severus. Seulement, il est assez ancien et très peu utilisé de nos jours. Une personne seule aurait du mal mais pour deux personnes ou plus ayant une puissance magique supérieure à la moyenne, c'est possible.

-Tu nous as dit que tu avais eu des messages de ton parrain après leur soi-disant mort, se rappela Draco. Tu ne peux pas par ce moyen essayer de les contacter ?

-Mais bien sûr ! bondit Harry. Dray, tu es un génie, mon amour !

Le brun embrassa rapidement le blond avant de sortir de sa poche un téléphone portable. Il appuya sur quelques touches avant de porter l'appareil à son oreille.

-Sirius ?

- …

-Morgane merci, tu es vivant ! Écoute, avant que tu m'engueules sur l'utilisation de mon portable, tu pourrais m'expliquer où est partie la maison, hein ?

- …

-Sirius, s'il te plait, je suis avec … Laisse tomber, passe-moi Remus. C'est important !

-…

-Remus, merci d'avoir pris le téléphone, Paddy allait me rendre dingue ! Écoute, je suis au square devant la maison avec Draco et Severus mais aucun de nous ne voit la maison. Tu peux me dire pourquoi ?

-…

-Ok, je t'attends.

Il raccrocha.

-Remus vient nous chercher, dit Harry.

Ils n'attendirent que quelques minutes avant que le châtain n'apparaisse devant eux. Sans un mot, il leur tendit un morceau de papier.

-Retenez ce qu'il y a écrit puis je le détruirais, dit-il fermement.

Les visiteurs se penchèrent sur la feuille et la lurent attentivement.

Les Slythindor ont leur QG au 12 square Grimmaud, Londres.

Quand il fut sûr que le professeur et les deux élèves eurent appris par cœur la phrase, Remus brûla la feuille et en récupéra les cendres qu'il glissa dans une fiole qu'il mit dans sa poche.

-Maintenant, ordonna Remus, repensez à ce que vous avez lu.

Sous leurs regards incrédules, quelques instants plus tard, le manoir Black apparut dans toute sa splendeur. Le châtain les traîna à l'intérieur pour ne pas qu'on les voit et les conduisit dans le salon. Là, une assemblée les attendaient.

-Maman ! Papa !

Oubliant toute retenue, Draco se jeta dans les bras de ses parents, ivre de bonheur. Severus serra fortement Sirius dans ses bras qui se laissa faire et Harry se blottit contre Remus et laissa enfin ses larmes couler. Après cette série d'embrassades, tous s'installèrent.

-Que s'est-il passé ? murmura doucement Severus, heureux que son compagnon soit sauf

-Chacun d'entre nous avons été victimes de tentatives de meurtres, répondit Narcissa.

Les uns après les autres, tous racontèrent ce qui s'était passé face aux pièges qui avaient été dressés à leur intention. Les visages des trois derniers venus pâlirent de plus en plus au fur et à mesure des récits.

-Et dire que Dumbledore a annoncé vos morts, souffla Draco.

-Pardon ? bondit Sirius

-C'est pour cela que nous sommes ici, expliqua Severus. Hier, le directeur a déclaré qu'on avait trouvé vos corps sur Diagon Alley. Il nous a dit aussi qu'il se pouvait qu'on ait aussi trouvé les corps de Cassiopée, Narcissa et Lucius sur les lieux. Nous sommes passés pour récupérer des documents avant de nous rendre au ministère et à la banque.

-Mais nous ne sommes pas morts ! s'étonna Cassiopée

-Nous le savons, maintenant, confirma Severus. Mais d'après ce que vous nous avez dit, il n'y avait que très peu de chances que vous vous en sortiez vivants.

-Vous savez qui a fait ça ? demanda Harry

-Pour Sirius et moi, le manoir a très clairement identifié Dumbledore, soupira Remus. Pour Cassiopée, il n'y a que lui qui peut agir sur le château, dans une certaine mesure puisque c'est l'école qui l'a sauvé. Quant à Narcissa et Lucius, seul Dumbledore était au courant de tous les termes de leur mission. Personne ne savait qu'ils devaient se rendre là-bas.

-Tout le désigne alors, gronda Draco. Mais comment nous allons faire ?

-Et est-ce qu'il va s'en prendre aussi à nous ? ajouta Harry, se serrant tout contre Draco

-Il y a peu de chance, répondit Lucius. Vous avez fait en sorte de vous mettre sous les feux des projecteurs, comme dit l'expression moldue. Vous êtes au centre de la vie de l'école. Vous faire disparaître reviendrait à amener le chaos dans Hogwarts. Sans compter la place qu'a Harry dans le monde sorcier.

-Et dire que ça va devenir de plus en plus difficile, soupira Draco.

Comme pour le soutenir, Harry lui caressa tendrement la joue, amenant un tendre sourire sur les lèvre du blond ce qui fit sourire le brun. Tous les adultes soupirèrent de soulagement.

-Ça fait combien de temps que vous êtes ensemble ? demanda malicieusement Sirius

-Plus de deux semaines, répondit Harry. On ne savait pas comment vous le dire, en fait.

-Du moment que vous êtes heureux, ça nous va, résuma Narcissa après quelques regards aux autres.

-Mais vous l'avez dit à vos amis ? fit Lucius

-Non, répondit Draco. Et Blaise nous l'a fait remarquer il y a quelques temps. Avec cette nouvelle menace, nous ne savons pas si c'est une bonne chose de s'afficher ou pas.

-Je pense qu'il est mieux que vous restiez bien en vue, réfléchit Remus. Dumbledore ne vous attaquera pas de front comme ça.

Severus avisa l'heure.

-Il faut que nous y allions, fit-il. Nous sommes attendus au Ministère avec Dumbledore. Monte t'habiller, Harry. Je vais prendre les documents dont tu as besoin.

Après une étreinte chaleureuse, chacun remit son masque puis ils transplanèrent vers le ministère.

Un comité d'accueil les attendait dans le hall qui comprenait le ministre lui-même accompagné du directeur de l'école.

-Mr Potter, veuillez recevoir toutes mes condoléances, fit Fudge, un sourire hypocrite au visage.

-Je vous remercie, répondit Harry d'une voix neutre.

-Si vous voulez bien me suivre.

Ils se rendirent tous dans le bureau du ministre qui commença.

-Très bien. Comme vos tuteurs sont morts, et cela bien que vous soyez déjà majeur, il vous faut un tuteur pour la fin de votre scolarité. Le professeur Dumbledore s'est aimablement proposé pour ce poste.

Il rêve en couleur, le vieux ! songea Harry

-De ce fait, il aura un droit de regard sur toutes vos transactions financières et devra aussi vérifier votre logement principal. La tutelle prendra fin à votre dix-huitième anniversaire, naturellement.

Comme si j'allais le laisser mettre les pieds encore une fois au manoir et le laisser fouiner comme il veut, grogna Harry.

-J'ai ouïe dire que vous possédiez le titre de Lord Potter. Comme vous devez le savoir, ce titre vous donne une place dans le Magenmagot. Comme vous êtes encore à l'école, c'est votre tuteur qui vous remplaçait aux réunions. Avec sa mort, vous devez également hériter de son titre de Lord Black ainsi que de sa place dans le conseil. Le professeur Dumbledore vous y remplacera donc.

Lui donner le poids des clans Potter et Black dans le Magenmagot ? sursauta Harry. C'est du délire !

-Nous allons maintenant procéder à la signature des papiers. Alors …

-Je crois que j'ai quelque chose à redire à votre programme, Mr le Ministre.

Fudge se figea, apparemment surpris d'être interrompu.

-Que voulez-vous dire, Harry ? fit Dumbledore

-J'ai ici avec moi quelques documents qui vous intéresseront sûrement, susurra presque Harry.

-Quels documents ? demanda Dumbledore d'un air soupçonneux

-Mon émancipation, révéla Harry.

-Pardon ? balbutia le ministre. Mais il ne l'est pas stipulé dans nos registres …

-Je ne suis pas né sur le territoire anglais, contrairement à ce qu'on croit, fit Harry. Mes parents étaient allés rendre visite à de la famille aux États-Unis et il se trouve que je suis né là-bas avec une semaine d'avance. Ils sont venus me déclarer que le 1er août. De ce fait, je suis américain. J'ai pu ainsi demander avec l'accord de mes tuteurs mon émancipation à mes seize ans. Je gère mes propres affaires depuis cette date. Techniquement parlant, je n'ai plus de tuteurs depuis plus d'un an. Lord Black me remplaçait par procuration du fait que j'étais encore étudiant et non parce que j'étais encore son pupille. Je n'ai donc pas besoin de tuteur pour la fin de ma scolarité vu que j'en avais pas en entrant à Hogwarts.

-Mais il vous faut un tuteur ! s'écria Fudge

-Alors ce sera Andromeda Black Tonks, déclara Harry. Mon parrain avait fait son testament et m'a mis au courant de son contenu. S'il venait à décéder après notre retour en Angleterre avant la fin de ma scolarité et si le problème de tutelle venait à se présenter au cas où mon émancipation ne serait pas reconnue, il m'a dit qu'il aimerait que je sois confié à sa cousine Andromeda.

-Nous devons voir ce testament, fronça des sourcils Dumbledore.

-Il est gardé à Gringotts, répondit Harry. Et il me semble que la lecture d'un testament ne se fait qu'en présence des personnes citées à l'intérieur. Il faudra voir avec les Gobelins.

-Je vois, capitula Dumbledore.

-Il me semble que ce problème est réglé, fit Harry. Autre chose ?

-Non, bégaya Fudge. C'était tout.

-Alors je vais me retirer, déclara Harry. J'ai d'autres rendez-vous et je ne voudrais pas être en retard. Je vous souhaite une bonne journée, Mr le Ministre. Mr le directeur.

Le brun se leva et quitta la pièce suivi des deux Slytherin qui les saluèrent d'un signe de tête. Ils firent leur possible pour partir du Ministère au plus vite et débouchèrent sur Diagon Alley peu de temps après. Ils s'engouffrèrent sans un mot dans Gringotts pour éviter que Dumbledore ne s'invite à la réunion. Harry avisa un Gobelin seul et s'approcha de lui pour que personne ne puisse entendre la conversation.

-Je souhaite le bonjour, noble gardien des trésors, salua Harry dans la langue des Gobelins.

L'être sursauta en entendant un Humain parler sa langue et encore sans accent ni aucune faute de prononciation. -Je vous souhaite également le bonjour, noble visiteur, répondit le Gobelin dans la même langue. Que puis-je pour vous ?

-J'aimerais rencontrer le Gobelin qui garde les coffres de ma famille, fit Harry.

-Votre nom ?

-Harry Potter. Je souhaiterais aussi rencontrer les Gobelins qu s'occupent des coffres de mes tuteurs ainsi que de deux de mes amis en même temps.

-Très bien. Leurs noms ?

-Sirius Black, Remus Lupin, Cassiopée et Lucius Malfoy.

-Compris. Je vais vous mener dans un salon particulier en attendant que j'aille chercher les personnes que vous voulez voir.

Il les fit passer derrière le comptoir et les mena dans les dédales du bâtiment. Il ouvrit une porte et leur intima silencieusement d'entrer dans une magnifique pièce.

-Je vais faire le plus vite possible, fit le Gobelin dans sa langue. Prenez vos aises. Et toutes mes félicitations pour votre parfaite maîtrise de notre langue, Mr Potter.

-C'est une honneur pour moi que de pratiquer cette noble langue, s'inclina Harry.

Le Gobelin sourit avant de refermer la porte derrière lui. Aussitôt, les deux autres se tournèrent vers lui, interrogatifs.

-Cassidy et la Confrérie, répondit Harry à la question silencieuse. Une fois, je suis allé avec elle chez les Gobelins. J'étais assez jeune et j'étais émerveillé par cette langue. Le Gobelin affilié à la Confrérie a été d'accord pour me l'enseigner, ce qui est un honneur très rare. Et voilà.

-As-tu d'autres choses que tu caches ? demanda Severus. J'ai été très étonné de savoir que tu étais déjà émancipé.

-C'est l'une de mes sorties de secours, sourit Harry. Je savais qu'un jour ou l'autre ça pourrait servir. Surtout depuis qu'on sait que Dumbledore se méfiait de nous.

-Tu penses à tout, félicita Draco.

-Ne jamais se laisser prendre au dépourvu, c'est une chose que les Maraudeurs et Cassidy m'ont toujours dit, expliqua Harry.

-Pourquoi as-tu demandé à voir les Gobelins s'occupant de Remus et Sirius ? demanda Draco

-Ils doivent savoir qu'on a annoncé leur mort, répondit Harry. Cependant, j'imagine que le ministère et Dumbledore vont essayer de profiter du temps de la succession pour se remplir les poches. La banque est une institution indépendante des gouvernements. Je vais juste leur mettre des bâtons dans les pattes. Ils commencent sérieusement à m'énerver.

-Ils peuvent faire ça ? sursauta Draco. Mais alors …

-Ils vont sûrement vouloir se servir dans la fortune de tes parents, termina Severus. Mais tu n'as aucun droit sur les fortunes de Narcissa, Cassiopée et Lucius, normalement.

-Pour les jumeaux, c'est vrai, avoua Harry. Mais pour Narcissa, c'est différent. Elle reste une Black et elle est toujours soumise aux lois des Black. Sirius est le chef de cette famille, étant l'héritier de la branche principale. Narcissa étant dans la branche secondaire, elle lui doit donc obéissance. Mais comme elle est mariée à un Malfoy, elle a procuration sur les avoirs de cette famille, y compris donc sur ceux de Lucius et de Cassiopée. Je suis l'héritier de Sirius et donc le prochain Lord Black donc Draco, en tant que fils de Narcissa, sera sous ma protection. Comme je me doute que le Ministère ne va pas laisser Draco toucher son héritage tranquillement, je m'amuse à me mettre en travers de leur chemin,.

-Tu as l'air d'y avoir réfléchi, soupira Draco.

-En fait, non, avoua Harry. C'est Mindy, la nièce de Cassidy, qui m'a dit de faire ça. Elle m'a prévenu par lettre de ce qui pouvait arriver si Sirius et Remus venaient à mourir. Elle la première se méfiait beaucoup de Dumbledore. Il semblerait qu'elle avait vu juste.

À ce moment-là, le Gobelin revint suivit de trois autres de ses congénères.

-Lord Potter ?

-Exact, répondit Harry dans la langue des Gobelins tout en se levant. Merci d'accepter de me rencontrer.

-On nous a vanté votre parfaite maîtrise de notre langue. Je vous en prie, asseyez-vous.

-Si cela ne vous dérange pas, j'aimerai que cet entretien se déroule en anglais, pour que mes compagnons puissent suivre la conversation, pria Harry.

-Très bien, dit un Gobelin en anglais, comme demandé.

-Vous avez demandé à nous voir ?

-C'est juste, fit Harry. D'ici très peu de temps, le ministère devra vous avoir contacté, si ce n'est déjà fait, au sujet de la mort de mon parrain Sirius Black, de mon second tuteur Remus Lupin, ainsi que de celles de Cassiopée, Narcissa et Lucius Malfoy.

-Cela nous est parvenu aujourd'hui même, à peine une heure avant votre venue. D'ailleurs, j'ai ouïe dire que vous seriez sous la tutelle du sorcier Dumbledore.

-C'est ce que le ministère avait prévu de faire mais il a été porté à leur attention que j'étais émancipé bien avant de revenir en Angleterre. Je suis hors d'atteinte pour l'instant, expliqua Harry.

-C'est compréhensible. Que pouvons-nous faire pour vous ?

-J'imagine que vous avez des moyens propres pour savoir si l'un des propriétaires des comptes est décédé ou pas, non ? questionna Harry

-C'est exact.

-Vous devez donc savoir que malgré les affirmations du Ministère, mes tuteurs Sirius Black et Remus Lupin sont bel et bien en vie, affirma Harry.

-Nous venons à l'instant de vérifier, c'est le cas.

-Parfait, sourit Harry. Mes compagnons et moi-même pensons que le Ministère va essayer de mettre la main sur les clans Black et Potter. Mais mon émancipation les entrave beaucoup trop. Dumbledore souhaite avoir ma tutelle pour faire main basse sur mes possessions. Il va tout faire pour que ce soit le cas mais je leur ai certifié que Sirius avait fait son testament pour que ce soit Andromeda Black Tonks qui l'ait si le cas se présentait. Il va venir pour demander à voir ce testament.

-Nous voyons où est le problème. Cependant, vous devez savoir qu'un testament ne peut être lu qu'à la mort de la personne. Donc nous ne pouvons accéder à le requête du directeur de Hogwarts.

-Je savais que je pouvais compter sur vous, remercia Harry. Ce problème réglé, passons à l'autre. Je crois savoir qu'avec la soi-disant mort de mes tuteurs, on a dû vous annoncer celle des trois Malfoy.

-C'est exact. Votre venue a donc un rapport avec la présence du jeune héritier Malfoy à vos côtés.

-C'est ça, reprit Draco. Ma famille est très mal vu par les sorciers, que ce soit ceux dit du bon côté comme ceux du mauvais. Le Ministère a une dent contre mon nom et va faire tout son possible pour me spoiler tout que je possède.

-Le Ministère n'a aucun droit sur une succession. Cependant comme vous êtes censé n'être encore qu'un étudiant, il peut comme pour Mr Potter tenter de vous imposer un tuteur.

-Le testament de Narcissa et Lucius Malfoy me désigne comme le tuteur de Draco, renseigna Severus.

-Un problème de réglé. Mais vu votre passé, cela ne les empêchera pas de s'immiscer dans l'histoire.

-Et c'est là que j'interviens, fit Harry. En tant qu'héritier de Sirius, j'obtiens le contrôle du clan Black, dont fait parti Draco par sa mère. Est-il possible que la fortune des Malfoy passe sous mon contrôle avant que le Ministère ne s'en mêle ? C'est un bon moyen pour qu'elle ne soit pas dilapidée.

-C'est une excellente suggestion, Mr Potter. Il serait sage de le faire tout de suite. Nous garderons ces informations sous le couvert du secret. Pouvons-nous vous aider en quoi que ce soit ?

-Nous avons fait le tour, je crois.

-Très bien. Nous devons avoir quelques signatures pour que les transactions soient officielles.

Moins d'une heure plus tard, les trois Slytherin sortirent de la banque la mine intérieurement satisfaite et retournèrent au manoir Black pour mettre au courant le reste de la famille des derniers évènements puis retournèrent au château.

Alors que Severus allait faire son rapport à Dumbledore en tant que professeur accompagnateur, Draco et Harry se rendirent vers les appartements du premier pour enfin se poser et assimiler correctement toutes les informations qu'ils avaient reçues aujourd'hui. Sans réfléchir, ils se coulèrent dans les bras l'un de l'autre et le blond se mit à masser le brun qui ronronna de bonheur.

-Que faisons-nous pour Dumbledore ? fit Harry par télépathie

-Je n'en ai aucune idée, répondit Draco. Le fait qu'il ait tenté de tuer notre famille démontre qu'il veut absolument mettre la main sur toi, qu'importe le prix. Ou bien qu'il y a une chose qui précipite ses plans, ce qui est plus plausible.

-Tu as raison. Mais qu'est-ce qui nous dit qu'il ne va pas s'en prendre à nous aussi, hein ? Sans compter Severus.

-Nous sommes à Hogwarts et la dernière mort qu'il y a eu remonte à Mimi tuée par le Basilic de Slytherin il y a cinquante ans. De plus, s'il te tuait, toute la société se révolterait contre Dumbledore pour ne pas t'avoir suffisamment protégé.

-C'est vrai. Cela ne nous dit pas ce que nous allons faire.

-Notre famille nous a dit que nous étions sous les feux de la rampe à cause de nos positions respectives. Il faudrait les renforcer.

-Tu penses à dévoiler notre couple ?

-C'est la seule chose assez importante pour braquer tous les regard sur nous pour un bon moment. Je crains que nous n'ayons pas le choix. Cela te gène ?

-Pas vraiment. Un jour ou l'autre, tout le monde aurait été au courant. Que ce soit un peu plus tôt n'est pas un problème.

-Il faut d'abord prévenir nos amis. Ils doivent être au courant les premiers.

-Ça me va. Comment les contacter ?

-Un hibou, nous n'avons pas de moyens de communication plus rapide. En plus, je n'ai pas envie de fouiller tout le château, surtout que je ne sais pas ce que prépare la Weasley.

-Tu te méfies encore d'elle ?

-Je suis sûr qu'elle ne lâchera pas l'affaire. Elle veut la gloire que tu lui apporteras sur un plateau. Elle ne n'en démordra pas, elle sera Mrs Potter quoi qu'il en coûte !

-Tu es jaloux ?

-Furieux qu'elle veuille me voler celui que j'aime, oui ! Dis-toi bien qu'elle ne t'approchera pas à moins de dix mètres sinon je lui ferais comprendre qu'elle n'est pas la bienvenue.

-Tu es mignon, tu sais ?

-Un Malfoy n'est pas mignon ! Je suis beau, époustouflant, tout ce que tu veux mais pas mignon !

-Et effroyablement sexy, ça te va, hum ?

-Ça peut se négocier …

Sur ces mots, Harry enlaça Draco pour lui offrir un long et langoureux baiser qui laissa le blond pantelant puis le brun se leva et partit rédiger les quelques lettres pour appeler ses amis. Draco, encore choqué, ne put se dire qu'une seule chose.

J'ai fait le bon choix en tombant amoureux de Harry Potter …

Peu avant le dîner, un groupe se faufila tranquillement vers un recoin des cachots tout en faisant attention à ne pas se faire voir. Arrivés devant un tableau, ils demandèrent l'accès et lorsqu'il pivota, révélant le salon de somptueux appartements, tous se figèrent.

Sur le canapé se trouvait un couple magnifique tendrement enlacé qui dormait paisiblement. Harry Potter et Draco Malfoy, car c'était eux, s'étaient endormis en attendant leurs amis. L'air serein qu'ils affichaient tous les deux les convainquit qu'ils étaient heureux. Prenant son courage à deux mains, Neville décida de s'approcher d'eux pour les réveiller. À bonne distance, il les appela.

-Draco, Harry.

Aussitôt, une paire d'émeraudes s'ouvrirent, légèrement hagardes. Il ne lui fallut que quelques secondes pour complètement se réveiller et prendre en compte de son environnement immédiat. Son regard fut capté par une mèche blonde qu'il replaça doucement derrière une oreille tout en souriant. Le geste amenant un sourire sur le visage de son vis-à-vis, il s'écarta un peu pour pouvoir l'embrasser à son aise. S'en suivit alors un baiser tendre et amoureux qui les laissa essoufflés.

-Bonsoir, amour, fit Harry. Bien dormi ?

-Toujours entre tes bras, sourit Draco. Il me semble que nous ne sommes pas seuls.

-Je sais. Je pense qu'ils sont maintenant au courant de ce que nous voulions leur annoncer.

-Donnons-leur confirmation.

Le couple se redressa et arrangea sur leur tenue avant de porter leur attention sur leurs amis. D'un geste, ils leur pria de s'asseoir, ce qu'ils firent aussitôt.

-Il semble que les anges vous soient favorable, sourit Luna.

-Je crois qu'ils nous ont béni, répondit Harry.

-Je ne crois pas avoir tout suivi, fronça des sourcils Blaise.

-C'est simple, fit Hermione. Cupidon, le dieu de l'Amour, est toujours représenté sous la forme d'un enfant ange. Vous êtes ensemble depuis combien de temps ?

-Depuis notre soirée du quinze, révéla Draco. On ne savait pas trop comment vous le dire.

-On l'utilise assez souvent cette excuse, remarqua Harry.

-C'est parce que c'est la vérité, haussa des épaules Draco.

-Toutes mes félicitations, sourit Théo. Vous savez, vous formez un très beau couple.

-Encore plus que Blaise et Hermione ? sourit malicieusement Draco

-Incomparable, renifla Neville. Vous êtes tous les deux les plus grandes personnalités de l'école. Votre couple fera un choc.

-Pourvu qu'il tue la Weasley, grogna Draco.

-Ah oui, se souvint Hermione. Vous avez ce petit problème.

-Ce n'est pas un petit problème ! s'enflamma Draco. Elle s'approche encore une fois de Harry et elle n'en ressort pas vivante.

-Du calme, rigola Luna. On voit que tu es très possessif.

-C'est un tord ? grommela Draco en se refrognant

-C'est très beau, au contraire, murmura Harry en lui déposant un tendre baiser sur les lèvres.

-Trêve de plaisanterie, fit Blaise. J'imagine que vous voulez l'annoncer à l'école. C'est parce que tes tuteurs sont morts ?

-Je sais qu'ils veulent me voir heureux, coûte que coûte, sourit pauvrement Harry, parfaitement dans son rôle. De là où ils sont, je veux qu'ils voient que c'est le cas avec Draco. Et que surtout, ça va durer longtemps.

Pour toute réponse, Draco lui serra la main.

-Il n'empêche, fit Blaise. Comment vous allez l'annoncer ? Parce que vous rouler une pelle dans la Grande Salle, ça a le mérite d'être clair mais ça manque de classe.

-Et puis jamais un Malfoy ne s'abaisserait à faire une chose aussi vulgaire, renifla Draco. Nous sommes des aristocrates, non mais !

-Une déclaration ? proposa Luna

-Nous sommes amoureux, pas Huflepuff, grogna Draco.

-Je crois que j'ai une idée, fit soudain Hermione, le regard illuminé. J'ai entendu parler d'une tradition des Sangs Purs concernant la cour.

-Je ne vois …Ah oui ! fit Théo.

-Quelqu'un peut m'éclairer ? demanda Harry, perdu

-Il y a quelques siècles, quand un sorcier de famille noble voulait épouser une fille du même milieu, il fallait respecter plusieurs règles, expliqua Neville. Il fallait qu'il demande la permission aux parents de la courtisée, ensuite qu'il lui envoie une fleur de cristal.

-Une fleur de cristal ? répéta Harry

Il tourna la tête vers son petit ami.

-Tu m'as envoyé un lys de cristal, fit Harry.

-Exact, répondit Draco. Mais ce n'était pas dans l'optique de cette tradition. Elle est quasiment oubliée de nos jours, tu sais.

D'un geste discret de la main, Harry fit venir le cadeau dans la chambre de Draco. Il se leva ensuite pour le récupérer et le faire admirer par ses amis.

-Est-ce que ça ira ? hésita Harry

-C'est parfait ! sautilla de joie Hermione. En plus, il est magnifique !

-Fais attention ! bondit Harry en voyant la fleur vaciller

Il la récupéra et lança un regard noir à Blaise qui avait failli faire tomber l'objet. Ce dernier se ratatina sur place.

-Du calme, tempéra Hermione. Harry ? Tu voulais en faire quoi ?

-Le porter en pendentif, avoua Harry.

-Il ne fait pas trop efféminé, regarda pensivement Théo. Oui, c'est possible. Mais il faudra ajouter quelque chose pour qu'on comprenne bien qu'il vient de Draco et de nul autre.

-Et comment ? demanda Harry, intéressé

-Il faudrait mêler vos blasons respectifs dessus et que ce soit voyant, expliqua Théo.

-D'accord ! sourit Harry. Tu peux le faire ?

-C'est une œuvre Malfoy, Harry, fit remarquer Théo.

-Et alors ?

-Seul un Malfoy peut toucher ce qui a été créé par un Malfoy, expliqua Draco. C'est une caractéristique des anciennes familles.

-Oh ! fit simplement Harry. Alors je te le passe.

Délicatement, le brun tendit l'objet en cristal que le blond reçut avec respect. Il brandit sa baguette et murmura longuement une douce litanie inaudible pour les autres. Au bout de quelques minutes, il se tourna vers le brun.

-Tu peux apposer ton blason, maintenant.

À la plus grande surprise du groupe, Harry ne sortit pas sa baguette mais conjura par magie une fine dague en argent. Il s'entailla la paume de la main avant de faire couler quelques gouttes de sang au cœur de la fleur. Sans un mot, il nettoya la lame avant de la tendre à Draco qui exécuta les mêmes gestes sous les hoquets de stupeur de leurs amis. Une fois cela fait, le couple unit leurs mains au-dessus de la fleur et laissèrent leurs magies respectives filtrer hors de leurs corps. Bouche bée, tous virent la fleur se transformer et se scinder en deux. D'un côté apparut un lys avec en son creux le blason des Malfoy et d'un autre un narcisse avec le blason des Potter. Les deux ouvrages étaient de toute beauté.

-Mais … bégaya Hermione.

-Les miracles de la magie, sourit Harry. Il arrive que la mienne n'en fasse qu'à sa tête quand je la laisse sortir librement. Elle a dû se dire qu'il ne devait pas y avoir que moi qui devait porter un symbole qui soulignerait le fait que j'étais pris et la magie de Draco a dû suivre le mouvement.

D'un coup de baguette, Draco fit apparaître deux chaînes pour y glisser les deux pendentifs. Ces derniers brillèrent vivement sur la peau de leurs propriétaires avant de pulser de façon sourde.

-Ils sont magnifiques, félicita Luna.

-Il va être temps d'y aller, fit remarquer Neville en avisant l'heure. Prêts pour le show ?

-Et comment ! s'écrièrent les autres

Tous se levèrent et réajustèrent leurs tenues avant de se diriger vers la Grande Salle tout en discutant calmement en apparence mais quiconque les connaissant bien pouvait déceler ça et là quelques traces de fébrilité.

Devant les portes battantes, ils s'arrêtèrent pour se calmer un tant soit peu et paraître naturels. Chacun se regarde, impatients du coup d'éclat à venir.

-Prêts ? souffla Draco qui tenait fermement la main de Harry

-Quand tu veux, sourit Harry en lui serrant la main.

Les autres signifièrent leur accord d'un signe de tête.

Avec sa baguette, Draco ouvrit alors les portes, amenant le silence dans la Grande Salle. Le groupe le plus en vue de l'école s'avança alors, en pleine discussion passionnante. Mais alors qu'ils progressaient dans l'allée pour rejoindre leurs places, des sifflements d'admiration fusèrent de part et d'autre lorsqu'on remarqua la beauté des pendentifs. L'immense sourire de leurs propriétaires les sublimait encore plus.

Soudain, un bruit d'étranglement détourna l'attention des élèves du groupe. Tous se tournent alors vers la table des professeurs, à l'origine du bruit. À la plus grande surprise de tous, il s'agissait du grand Albus Dumbledore qui tentait désespérément de reprendre son souffle. Minerva McGonagall essaya sans succès de l'aider et finalement, ce dernier se reprit.

-Professeur Dumbledore ? s'enquit Severus. Un problème ?

-Messieurs Potter et Malfoy, fit Dumbledore en ignorant la maître de Potions, puis-je savoir quand avez-vous décidé de vous Lier ? Sans mon consentement en plus ?

Des hoquets de stupeur s'élevèrent dans toute la salle. Se Lier était un acte haute de conséquences dans le monde de la magie. Il revenait à une promesse de mariage très spéciale car elle aboutissait à une cérémonie qui unissait les magies et les énergies vitales des deux partenaires d'un couple. Très peu de personnes s'étaient engagées dans ce type d'union, trop lourde de conséquences si elle venait à être brisée. Il s'agissait surtout de personnes d'âge mûre qui optaient pour ce genre d'union et le faire si tôt revenait à montrer la force de l'amour qui liait les deux personnes en question. Elle n'était valable cependant que si le couple en question était reconnu comme tel par un sorcier en plein maîtrise de sa magie, généralement le plus puissant des environs. Évidemment celui qui l'était officiellement était Albus Dumbledore.

Cependant …

-Pourquoi aurions-nous besoin de votre permission pour nous Lier ? renifla Draco. Les Malfoy n'ont pas de maître et vous ne serez jamais le mien, que je sache !

-La tradition veut … commença Dumbledore

-Sauf votre respect, je connais la tradition, peut-être même mieux que vous, coupa le blond. Mais si j'ai décidé d'afficher ouvertement ma volonté de me Lier à Harry, c'est que j'ai su remplir les conditions pour le faire.

-A qui avez-vous donc annoncé votre couple, alors ? siffla presque Dumbledore

-A moi, répondit Severus en se dressant contre son employeur. Ainsi qu'à Sirius Black et Remus Lupin.

-Mais … balbutia Dumbledore

-La tradition veut que le couple soit reconnu par un sorcier en pleine possession et ayant la pleine maîtrise de sa magie, déclara perfidement Draco. Le fait que ce soit généralement le plus puissant des environs donne simplement plus de poids et de considération au couple. Ce n'est aucunement obligatoire. Donc votre accord ne nous était absolument pas nécessaire.

Le directeur dût s'incliner. Ivre de rage, il se rassit, dardant sur le couple un regard promesse de mille et une souffrances. Draco en réponse, leva fièrement la tête puis s'approcha de Harry pour lui rouler la pelle du siècle. Ce n'était pas très classe mais cela avait le mérite de s'imprimer durablement dans les esprits des élèves en lettres de feu : quiconque s'approchait de Harry Potter encourait la colère de Draco Malfoy. Et vu la façon dont le brun répondait au baiser brûlant, sans compter sa réputation, la réciproque avec de très grandes chances d'être vraie. Après cela, le groupe alla s'asseoir et se mit à manger, ne se préoccupant pas du tout des autres.

-Très belle mise en scène, félicita Severus.

-Merci, fit Draco. Mais j'ai de la chance qu'il se soit enfoncé de lui-même. Ne jamais essayer de coller un Malfoy dans des domaines dans lesquels il excellera toujours.

-Les chevilles vont bien ? railla Harry

-Parfaitement, merci, répondit Draco.

-Je vous laisse, je dois voir les réactions de Dumbledore, fit Severus.

La soirée se terminait en beauté.

Au cœur de la nuit, une silhouette quitta la tour des Gryffindor pour s'enfoncer dans les entrailles de l'antique bâtisse. Après une dizaine de minutes, elle parvint à des appartements du château où elle prit bien soin de s'enfermer. Une fois cela fait, elle ôta enfin se cape pour dérouler une lourde chevelure rousse. Cassidy, car c'était elle, soupira de soulagement. Dans le plus grand secret, elle avait entreprit de fouiller de fond en comble toutes les parties utilisées de l'école. Bien entendu, elle n'avait pu percer tous les secrets mais ce qu'elle avait découvert était tout simplement édifiant. Consciente qu'il lui fallait faire très vite, elle se mit à préparer ses bagages. Son travail initial, renouveler les protections, étant fait depuis longtemps, elle n'avait plus aucune raison de rester sur place, bien que cela l'ennuyait de laisser Harry, Draco et Severus dans ce nid de vipères. Mais il lui fallait absolument partir et elle avait déjà trop tarder, son départ étant prévu au début dès la mort de Sirius et de Remus annoncée. Elle n'eut aucun scrupule une fois terminé de monter dans le bureau du directeur pour le réveiller et annoncer son départ sous un prétexte des plus fallacieux. Elle eut un sourire intérieur quand elle découvrit de l'autre côté de la porte un Albus Dumbledore aux yeux encore bouffis de sommeil et à la tenue plus que débraillée.

-Miss Allan ? fit Dumbledore d'une voix pâteuse. Y a-t-il un problème ?

-Je viens de recevoir un courrier de la famille de ma famille qui me demande de retourner immédiatement chez moi, débita Cassidy consciencieusement.

-Est-ce réellement urgent ?

-Les affaires familiales, monsieur le directeur.

-N'auriez-vous pas pu attendre le matin pour me le dire ?

-J'en suis vraiment navrée mais la situation est telle qu'il me faut partir tout de suite.

-Certes … Mais pour les protections de l'école ?

-Je voulais venir vous en parler au petit déjeuner. J'ai terminé.

-Vous en êtes sûre ?

-Parfaitement. J'ai procédé aux derniers ajustements il y a quelques jours. Je ne peux plus rien faire d'autres.

-Je vois. Je n'ai plus qu'à vous laisser partir. Je vous souhaite donc un bon retour chez vous, miss Allan.

-Merci, monsieur le Directeur.

-Vous ne prévenez pas le jeune Harry Potter ?

-Je n'ai pas le cœur à aller le réveiller au milieu de la nuit. Je lui écrirais une lettre aussitôt que je serais arrivée. Il comprendra, il m'est plusieurs fois arrivée que je parte très vite.

-Très bien. Bon voyage, alors.

-Bonne nuit.

La rousse s'empressa de sortir des lieux et prit la direction de la sortie. Mais très vite, une sensation oppressante s'abattit sur elle. Les armures bougeaient lugubrement. Les escaliers n'allaient pas dans la direction voulue. L'atmosphère était pesante. Et cela ne voulait dire qu'une seule chose.

Dumbledore veut m'éliminer, devina Cassidy.

Toujours prête, elle sortit de ses poches quelques armes et se prépara à combattre. Sachant parfaitement qu'il était inutile de forcer le chemin, elle alla de bonne grâce dans la direction que lui indiquait indirectement le vieil homme. Elle fronça des sourcils lorsqu'elle comprit qu'elle se dirigeait vers les sous-sols, lieu où se trouvaient les anciennes salles de duel à ce jour tombées dans l'oubli. Elle les avait passées au peigne fin et avait découvert qu'elles n'avaient jamais été vidé de leur matériel. Or, du matériel de duel était extrêmement dangereux. Si des élèves étaient tombés dessus, on aurait eu à déplorer de nombreux morts, sans exagération.

Alors qu'elle passait la porte principale du quartier de duel, celle-ci se referma violemment derrière elle. Elle ne sursauta pas, consciente que le moindre geste de sa part pourrait bien lui coûter la vie. Elle vérifia que ses bagages ne la gêneraient pas avant de se tourner vers la surprise de Dumbledore.

Un bruit non loin d'elle la fit pivoter. Elle tenta de percer les ténèbres des lieux mais elle faillit s'étouffer en découvrant ce à quoi elle devait faire face.

Seigneur …Où ce vieux fou a-t-il pu dénicher ces créatures de l'enfer ? se dit Cassidy

Devant elle se trouvaient quatre Ombres Démentes. Créatures des plus rares apparentées aux Dementors ayant le pouvoir d'enfermer leurs victimes dans un monde de cauchemars.

En clair, Cassidy Allan allait devoir utiliser les grands moyens pour se sortir de là. Car mine de rien, ses mauvais rêves n'étaient guère reluisants. Elle restait une tueuse à gages et elle avait dû faire face à des situations très difficiles.

Inspirant un grand coup, elle resserra sa poigne sur ses armes et se prépara au combat mentalement. Car ce n'étaient pas les coups physiques qui allaient compter mais le match psychique qui allait se jouer entre les créatures magiques et elle qui déterminera qui vivra ou pas.

Autre part dans le château, une salle finissait d'être saccagée dans les règles de l'art par une autre rousse. Ginny Weasley se déchaînait sur les pauvres meubles qui n'avaient rien demandé. Mais la jeune fille s'en fichait éperdument trop aveuglée par sa rage dévastatrice.

Harry Potter, son futur mari, s'était Lié à cette raclure de Draco Malfoy !

Comment avait-il pu oser ? Il était à elle, rien qu'à elle ! Même s'il l'avait rejeté devant toute l'école, elle était persuadée qu'ils étaient faits l'un pour l'autre, peu importe ce que disaient les autres. Il fallait qu'elle trouve une solution, et vite. Il ne lui restait que très peu de temps car si le nouveau couple annonçait ses fiançailles, elle n'aurait plus aucune chance. C'était maintenant qu'elle devait briser leur relation. Mais il était évident qu'elle allait au devant de grandes difficultés. Les deux jeunes hommes étaient de loin les sorciers les plus puissants de leur génération et les attaquer de front n'était pas du tout une chose à faire. Utiliser une autre personne pour les séparer n'avait pas marché, aux vues de ce qui était arrivé à Pansy Parkinson et elle doutait de pouvoir obtenir de puissantes potions de la part de ses frères aînés les jumeaux et encore moins de Albus Dumbledore lui-même. Il lui faudrait se débrouiller elle-même pour une fois, pour pouvoir espérer conquérir l'homme qu'elle voulait. Il fallait qu'elle mette surtout toutes ses ressources et ses capacités à contribution si elle voulait avoir les résultats qu'elle espérait ardemment. Doucement, Ginny reprit son calme pour réfléchir à un plan qui lui assurerait de devenir Mrs Potter.

Un rire machiavélique brisa soudainement le calme de la nuit.

L'aube se levait à peine lorsqu'une main ensanglantée passa difficilement l'embrasure des grandes portes de l'école. Un corps suivait avec tout autant de difficultés, couvert de sang et de blessures plus ou moins profondes. Au prix d'une lutter mortelle et acharnée, Cassidy avait fini par vaincre, non sans payer un très lourd tribu. Consciente qu'il ne lui restait très peu de temps avant que Dumbledore ne découvre qu'elle était encore en vie, elle siffla longuement une douce mélodie et quelques instants plus tard, un aigle géant vint se poser auprès d'elle. Elle le caressa tout doucement avant de s'effondrer entre ses ailes. Elle s'installa avant de murmurer à la créature :

-Ramène-moi chez moi, je t'en prie, mon ami.

L'animal obtempéra en poussant un cri aigu puis s'éleva dans les airs, emportant avec lui la femme loin de jeux dangereux.

Le petit déjeuner fut assez mouvementé ce jour-là.

Le couple phare de l'école, Harry Potter et Draco Malfoy, était encore plus regardé que d'habitude, notamment à cause des pendentifs qui scintillaient doucement autour de leur cou respectifs. Les élèves étaient encore sous le choc de savoir que tous les deux étaient sur le point de s'unir de la manière la plus irrémédiable qui existe dans le monde sorcier et cela forçait largement le respect, déjà conséquent, que tous avaient pour eux.

À la table des professeurs, Dumbledore rageait intérieurement de ne pas avoir pu les séparer plus tôt. En effet, il savait que s'il tentait quoi que soit, cela lui retomberait dessus, avec pertes et fracas, sans compter Voldemort qui en profiterait sûrement, qui savait ce qui se passait dans la tête de ce sorcier mégalomane.

C'est dans cette ambiance un peu incertaine que Ginny Weasley fit à son tour son entrée. Parée de ses plus beaux atours, elle s'avançait dans la Grande Salle, attirant les regards. Le couple ne la regarda que brièvement avant de retourner dans sa conversation, faisant fulminer intérieurement la rousse. Celle-ci s'assit auprès d'Hermione et entra dans la conversation, ou plutôt s'y incrusta, charmeuse. Personne ne lui adressait directement la parole, sauf Hermione, même si c'était d'un ton froid. Mais Ginny ne perdait pas espoir. Elle essayait de capter le regard d'Harry en le fixant mais au bout d'un moment, le jeune homme en eut marre et rendit son regard.

-Mais qu'est-ce qu'elle a ? maugréa Harry

-Je n'aime pas la façon dont elle te fixe, confirma Draco. Envoie-la bouler sinon je le fais et tu retrouveras du sang sur les murs.

-Ça donnera une bonne raison à Dumbledore pour t'enfermer quelque part loin de moi. Non, reste tranquille je t'en prie.

-C'est bien parce que c'est toi.

-Weasley ? demanda froidement Harry. Je peux faire quelque chose ?

-Non, répondit Ginny.

-Alors arrête de me fixer comme ça. C'est agaçant à la fin.

La réplique eut l'effet d'une gifle pour la rousse. Mais son plan était infaillible. Consciente qu'elle n'était plus la bienvenue, elle se leva et s'en alla tout en frôlant le brun, apparemment accidentellement. Elle ne dut la vie sauve qu'à la présence d'esprit de Blaise qui avait vu la scène qui avait immobilisé à son insu Draco qui était sur le point de sauter à la gorge de la rousse. Aussitôt celle-ci partit, le brun se tourna vers le blond.

-Ne te préoccupes pas d'elle, soupira Harry.

-Je ne sais pas ce qu'elle trafique mais je me méfie, fit Draco.

-Aucun d'entre nous n'a confiance, dit Blaise. Mais il ne faut pas de scandale. Elle reste quand même l'une des protégées du directeur.

-Tu as sûrement raison, soupira Draco en enlaçant doucement Harry pour un chaste baiser. Et si nous y allons ?

-Bonne idée, accepta Neville au nom des autres.

Le groupe quitta donc la table. Chacun alla en cours et personne ne repensa à la présence près d'eux de la rousse.

Le soir, Harry décida de rendre visite à Cassidy, ne la voyant que très rarement. Ne voulant pas le lâcher d'une semelle, surtout avec Ginny qui rôdait, Draco décida de l'accompagner. Mais lorsqu'ils arrivèrent devant les appartements de la tueuse à gages, ils furent surpris de trouver la porte scellée.

-Harry ?

-Quelque chose cloche, Dray, et j'ai bien l'intention de savoir quoi. Surveille les alentours s'il te plaît.

Le blond s'exécuta et le brun entra en transe. Ce dernier connaissait la signature magique de la femme et il lui était plutôt aisé de la retrouver malgré les centaines qui s'avoisinaient dans l'école. Il allait la suivre lorsqu'un cri perçant lui fit perdre sa concentration. Fronçant des sourcils, il se tourna, tout comme Draco, vers la source du bruit et découvrirent un aigle posé sur le rebord de la fenêtre.

-Il m'a fait sursauté, avoua Draco.

-Moi aussi, concéda Harry. Mais ce ne doit pas être possible. À moins que …

-Harry ?

Le brun s'avança vers l'animal qui se percha tout naturellement sur son bras. Et à sa patte se trouvait une minuscule enveloppe. Délicatement, Harry s'en empara et l'oiseau s'envola après un coup de bec très gentil. Le blond s'aperçut que son petit ami arborait un air sombre. Conscient qu'il ne pourrait avoir d'explications dans l'immédiat, Draco le traîna jusqu'aux cachots vers leurs appartements qu'il sécurisa

-Qu'est-ce qui se passe, Harry ?

-Normalement, il est quasiment impossible de nous tirer de transe, commença le brun après avoir poussé un long soupir. Mais cet aigle l'a fait. La Confrérie a dressé ce type d'oiseaux pour les messages très urgents.

-Tu penses qu'il vient de là pour toi ?

-Les Grands Maîtres de la Confrérie ne me contactent que par le biais de Idy.

-Alors ouvre !

Harry obéit donc et rendit sa taille normale à la lettre. Mais il haussa des sourcils en déchiffrant l'expéditeur.

-Nathan ? s'exclama Harry

-Qui est-ce ? demanda Draco, perdu

-C'est le compagnon de Idy, répondit Harry, soucieux.

Il décida de lire la missive à haute voix.

Cher Harry

Cela doit t'étonner que je t'écrive mais la situation l'exige. Si je le fais, c'est parce que je connais la relation particulière que tu entretiens avec Cassidy. Et en plus, elle m'a demandé de le faire.

Bref.

Cassidy est arrivée sur le dos de Lot …

-Lot ? interrogea Draco

-Il s'agit d'un aigle géant, répondit Harry. C'est un ami de Idy.

or, tu sais comme moi qu'il ne vient que si on a vraiment besoin d'aide. Il l'a mené jusqu'à moi et il m'a fait comprendre qu'elle avait besoin de moi en priorité. Mais j'ai très vite compris que ce n'était pas en tant qu'amant.

Cassidy était en sang, au bord de la mort. Elle luttait pour rester consciente et les seuls mots qu'elle répétait en boucle c'était « Prévenir Harry ».

Dès que j'ai fini les soins je me suis assis pour t'écrire cette lettre. Je ne te cache pas que ses blessures étaient très graves, autant que celles que tu as infligé aux triplés Malen. Elle est dans le coma pour l'instant mais son état s'est stabilisé. Elle sera sur pied dans quelques semaines s'il n'y a pas de complications.

Je tiens à te préciser que nous avons recherché les origines de ses blessures. Ce que nous avons découvert dépasse l'entendement. Et vu que nous savions qu'elle était à Hogwarts, nous estimons que tu dois être mis en garde.

Connais-tu les Dementors ? Quelle question, je t'ai soigné lorsqu'ils sont venus à la Confrérie. Il existe des créatures semblables bien dangereuses qui leur sont apparentées. On les appelle les Ombres Démentes.

Je te vois hausser des sourcils. Tu te demandes pourquoi je te parle de ces créatures supposées disparues ? Tu te demandes si je n'ai pas perdu la tête en voulant te faire un cours ici et maintenant, hein ? Ce n'est pas pour rien, je te rassure.

Si je t'en parle, c'est parce que nous savons de façon quasi certaine que ce sont elles qui ont blessées gravement Cassidy. Et je ne plaisante pas.

Tu en déduis les conclusions logiques. Il y en a sûrement dans l'école. Je ne te fais pas un dessin sur ce qu'elles sont capables de faire mais tu as compris où je voulais en venir. Malheureusement, Cassidy dans le coma, nous ne savons pas si elle a pu en tuer ou pas.

Mais au-delà de cette menace hautement préoccupante, il faut que tu vois plus loin. Il y a des personnes très puissantes qui en veulent à ton entourage car faire entrer ces créatures de l'Enfer dans un bâtiment que Cassidy venait de protéger du mieux qu'elle pouvait malgré les difficultés relève du tour de force.

Fais très attention, Harry. Parce que tu sais que si tu venais à mourir, je ne pourrais même pas arriver à retenir Cassidy de te suivre. Elle a déjà perdu ta mère, sa sœur de cœur, alors elle ne perdra pas toi non plus, quitte à te suivre, même moi qui suis son fiancé le sait. L'amour qui vous lie est indescriptible et rien ne peut le briser.

Je te donnerais de ses nouvelles le plus vite possible.

Et sois prudent surtout. Hors de question d'enterrer le dernier des Potter.

Je ne veux pas mettre en terre celui que je considère comme mon neveu, presque mon fils.

Je t'aime.

Nathan

-Son fils ? fit Draco

-Cassidy et Nathan sont pour moi ce qui se rapproche le plus de parents, expliqua Harry. Enfin, de l'image que je me fais d'un couple de parents. Je le leur ai dit et ils m'ont avoué qu'ils me considéraient un peu comme un fils, quand ce n'était pas comme un petit frère. Nous n'en avons parlé qu'une seule fois. Mais le fait qu'il le rappelle montre que ses avertissements lui tiennent à cœur.

-Et que sont les Ombres …?

-Les Ombres Démentes. Des cousins éloignés de Dementors en bien plus dangereux. Ils plongent leurs victimes dans un monde de cauchemars. Une fois que tu as croisé leur regards, c'en est fini de toi. Ensuite, l'esprit envoie au corps des signaux lui disant que ce qu'il voit est vrai et les blessures apparaissent. Quand l'esprit et le corps souffrent en cœur, l'Ombre dévore sa victime. Vivante.

-C'est répugnant ! Imagine que Voldemort connaisse leur existence. Il s'en serait donné à cœur joie pour les utiliser !

-C'est vrai mais si ça avait été le cas, il aurait dû se séparer des Dementors car ils ne peuvent pas se supporter. Et les Ombres Démentes sont bien moins contrôlables que les Dementors.

-Je vois. En attendant, nous nous trouvons avec un soutien en moins à l'école. Il vaut mieux le dire à Sev. Il ne va pas être content.

-Nous n'avons pas vraiment le choix. Allons-y.

Les deux jeunes hommes se faufilèrent donc jusqu'aux appartements du directeur de Slytherin qui était en train de brasser quelques potions dans son laboratoire. Il fut aussitôt mis au courant et réfléchit immédiatement à la situation.

-En effet, c'est très embêtant, concéda Severus. Mais comme le dit Harry, nous n'avons pas le choix, nous devons faire avec. Dumbledore cherche vraiment à être ton unique soutien.

-Penses-tu qu'il veuille vous éliminer aussi, Draco et toi ? s'alarma Harry

-C'est une possibilité à envisager mais, coupa le sombre professeur alors que le brun ouvrait la bouche, ça lui sera très difficile. Je suis le directeur de Slytherin et le seul qui maintient les élèves pro Voldemort en laisse. De plus, je suis professeur dans cette école et votre parent de substitution à tous les deux. Me tuer reviendrait à s'interroger sur la mort de Sirius et de Remus et ça, je ne pense pas que Dumbledore le veuille. Quant à Draco, le fait même que vous vous soyez Liés empêche de le tuer. Il faut que vous annonciez vos fiançailles pour qu'on ne puisse plus rien lui faire. Mais en même temps, tu en es conscient, cela donne une cible de choix pour Voldemort car s'il tue Draco, il te tue toi par la même occasion.

Les deux jeunes hommes se regardèrent. Le choix était ardu.

-Lions-nous, décida Draco.

Une paire d'émeraudes l'invita à s'expliquer.

-Peu importe qu'on puisse me tuer pour te tuer toi, fit Draco. Pense au fait que tu auras à disposition ma puissance magique ce qui sera non négligeable face à Voldemort.

-Mais toi … hésita Harry.

-J'ai les mêmes atouts que toi, balaya Draco. Et puis, je suis en danger depuis le début de l'année. Alors un peu plus ou un peu moins … Retiens simplement que je serais toujours à tes côtés.

-Merci.

-Évitez les débordements sentimentaux quand je suis là et quand je ne peux pas en faire de même avec mon Gryffindor, grinça Severus.

-Très drôle Sev, rigola Draco.

-Nous te laissons, alors, fit Harry en emportant son blond. Puisque nous te gênons …

-C'est ça, fuyez, sales gamins !

Sur ces mots, les deux élèves s'en allèrent pour une séance de câlins bien méritée.