Merci d'avoir suivi ma fic et merci pour vos reviews et vos encouragements.
Voilà, c'est le dernier chapitre. Il y a un passage un peu difficile, je préfère prévenir.
25 ) Deux
Rodney termina son récit. Il n'avait rien oublié, rien omis. Tout y était passé. De l'instant même où Sora avait fait irruption dans le laboratoire au moment ou Mihran lui avait proposé la liberté. Il avait vu divers sentiments se refléter sur le visage de John : la culpabilité, la peine, la douleur, la colère et l'incompréhension. Rodney ne lui avait rien épargné.
Puis il le regarda dans les yeux :
-John, je t'aime. Je ne sais pas si tu pourras me pardonner mais il faut que tu saches que je n'ai jamais cessé de t'aimer. Tu dois me croire.
John Sheppard, abasourdi dévisagea l'homme qu'il aimait. Rodney était assis à la tête du lit, ses bras entourant ses genoux repliés. Son Rodney. La première réaction de John fut la rage. Il avait envie de frapper. Frapper Rodney, le secouer. Comment avait-il pu faire cela ? le trahir, le tromper et avec Kolya en plus, son pire ennemi. Pourquoi ?
Il serra les poings et aperçut une lueur de crainte dans les yeux de son amant qui se tassa sur lui même comme pour se protéger. Le scientifique tremblait de tout son corps.
John se releva brusquement. Il fallait qu'il se maîtrise, qu'il laisse la vague de colère déferler avant que ce ne soit trop tard. Il se sentait à l'instant même capable de soulever Rodney et de l'envoyer valdinguer contre le mur et de lui faire mal. Très mal. Autant que lui avait mal à cet instant là.
A la place il se saisit de l'ordinateur portable et le projeta à travers la pièce. L'objet alla se fracasser sur le mur, manquant de près la baie vitrée
Rodney cria et John perdant la tête se jeta sur lui, l'attrapant par le col et le secoua violemment.
-C'est ça que tu voulais, hein ? hurla t-il. Je ne te suffisais pas, il t'en fallait plus encore. Tu veux de la force, de la passion alors je vais t'en donner ! Il tira sauvagement sur la chemise du scientifique. Les boutons volèrent dans la pièce comme autant de petits projectiles tandis que Rodney terrorisé criait.
John arracha les derniers lambeaux du vêtement et repoussa Rodney sur le lit, écrasant ses lèvres sur les siennes et empoignant la chair tendre de ses hanches. Il abaissa brutalement le boxer sur les genoux du scientifique.
-John, non ! Sous lui Rodney se débattait. Non ! non !
La voix suppliante perça enfin le voile de fureur de John Sheppard. Il se redressa subitement. Mais qu'était-il en train de faire ? Il relâcha son étreinte. Rodney le fixait terrorisé.
John s'assit hébété au bord du lit. Mais comment en étaient-ils arrivés là ? Il était quasiment en train de violer son amant. C'était irréel. Il regarda Rodney qui tremblait de peur et se sentit secoué de spasmes à son tour.
John essaya de maîtriser le tremblement de ses mains et de reprendre une respiration normale. Il fallait qu'il se calme. Maintenant, avant de perdre la tête pour de bon..
Il ferma les yeux et inspira. Puis il expira longuement une fois, deux fois. Il se força à répéter l'exercice plusieurs fois et s'aperçut qu'il allait mieux. Il reprenait ses esprits.
Rodney le fixait toujours, dans l'expectative. Le scientifique ne s'était pas calmé, il était agité de tremblements convulsifs et des larmes coulaient sur ses tempes.
John tendit doucement la main pour les essuyer mais Rodney se rétracta.
- Ca va, Rodney, murmura John. Pardonne-moi, j'ai perdu la tête. Tout ça, c'était trop, tu comprends ? tu ne peux pas savoir comme ça fait mal. Mais je ne vais pas te faire du mal à toi, d'accord ? Ca va aller ?
Le scientifique hocha la tête, incapable encore de prononcer une parole.
-Ecoute, reprit le militaire. J'ai besoin de respirer et de réfléchir un peu. Reste là, s'il te plait, ne t'en va pas. Tu peux le faire pour moi ?
-Oui, souffla Rodney.
John Sheppard franchit la porte-fenêtre et sortit sur le balcon. Il se pencha sur la balustrade et vomit. Il était terrifié. Qu'avait-il failli faire ? Mais comment en était-il arrivé là ?
La colère et la rage lui soulevèrent le cœur de nouveau. Mais cette fois-ci orientés contre Kolya. Ce salaud, cette ordure. Et dire qu'il l'avait prévenu au sujet de l'arrivée des wraith ! S'il pouvait prendre un jumper et se rendre sur sa planète. Et le massacrer. Lui et les autres. Tous ces foutus genii. D'ailleurs c'était peut-être ça qu'il devrait faire. Et au diable les conséquences. Kolya lui avait pris Rodney. Il en avait fait le serment il y avait quelques mois de cela.
Mais il ne l'avait finalement pas tué.
Rodney lui avait été rendu. Kolya l'avait fait sien l'espace de quelques heures mais Rodney était revenu à lui.
Il contempla un instant les vagues qui venaient s'écraser au dessous de lui, leurs crêtes blanches et l'écume qui s'étalait comme de la mousse autour de la cité. Son regard se porta au loin, suivant des yeux la ligne de l'horizon. Il se sentait mieux, presque apaisé. L'eau lui faisait toujours cet effet là. Quand il ne se sentait pas bien il cherchait un endroit, océan, rivière, lac et s'asseyait sur la rive, se laissant bercer par la vue de l'eau. Cela l'aidait à se calmer et stimulait sa réflexion. Il n'avait jamais cherché à comprendre pourquoi.
L'eau avait un effet bienfaisant sur lui.
Rodney…Si John était bien sûr d'une chose, c'était qu'il aimait toujours le scientifique. Et Rodney l'aimait lui aussi. Il le lui avait redit tout à l'heure et John le croyait.
Maintenant est-ce qu'il allait le quitter ? Pouvait-il vivre encore avec lui, partager cet amour sans l'empoisonner par des souvenirs et des reproches.Ce serait indispensable s'ils voulaient continuer ensemble. Mais John pourrait-il oublier ? Pourraient-ils tous les deux oublier ? Non, certainement pas. Ils ne le pouvaient pas. Comment cela aurait-il été possible d'ailleurs ?
Il faudrait faire avec.
Et Rodney ? John avait bien perçu le sentiment de culpabilité qui rongeait le scientifique à propos de Mihran. Il ne fallait pas se leurrer, Rodney était en partie responsable de la mort du genii même si ce n'était pas lui qui l'avait tué. Mais John était aussi un militaire, il savait quel était souvent le prix de la trahison. Les genii n'étaient pas des tendres, loin s'en faut et Kolya encore moins que les autres. Est-ce que Kolya avait aimé Rodney ? John se remémora le regard que le chef genii avait porté sur Rodney avant leur départ. Ce qui l'avait troublé, il s'en rendait compte maintenant c'était ce qu'il y avait entrevu. Un instant la lueur froide et implacable avait disparu pour laisser place à quelque chose d'indéfinissable, comme une supplique muette adressée à Rodney. Est-ce que cet échange de regard signifiait une dernière tentative de l'un et un refus de l'autre ?
Et lui, quelle était sa part de responsabilité dans tout cela ? Dès le départ il avait menti à Rodney, lui cachant sciemment les menaces du genii sur Dagan. Il avait délibérément omis de mentionner les faits à Elisabeth. Puis il avait encore une fois dissimulé la vérité à Rodney quand Beckett, Zelenka et Ford avaient été enlevés et que Kolya avait exigé le scientifique en échange de leur liberté.
Il n'avait pas fait confiance à Rodney. Il avait tenté de le protéger malgré lui comme s'il n'était pas un adulte. Et bien sûr ce dernier avait foncé dans la gueule du loup, tout seul, se sentant trahi par l'homme qu'il aimait.
John respira l'air marin à plein poumons.
Ils avaient tous les deux leurs parts de responsabilité.
Mais il y avait encore une chose que John devait savoir. Il enjamba de nouveau la porte-fenêtre et s'approcha du lit. Il dévisagea l'homme assis là, l'air vulnérable, les cheveux en bataille, les yeux rougis, la large bouche triste et un peu tordue mais qui lui donnait un charme si particulier. A ce moment là, John eut la certitude qu'il ne le quitterait pas. Jamais. Il aimait Rodney. Il l'aimait tant.
-Rodney, chuchota t-il en s'asseyant sur le bord du lit, j'ai besoin de savoir pourquoi tu ne m'as pas dit que tu avais envie d'autre chose dans nos rapports ?
Rodney rougit mais répondit franchement.
-Je ne sais pas comment te l'expliquer, je n'ai pas osé t'en parler parce que j'avais honte, je ne savais pas comment tu le prendrais, si tu allais penser que je ne suis pas normal ou quelque chose comme ça, moi-même je me sentais coupable d'avoir des désirs pareils alors t'en parler, je n'y arrivais pas,voilà.
John se mordit les lèvres. Ils auraient dû mieux communiquer, se faire confiance. Tous les deux. Est-ce qu'ils auraient évité ce désastre ? peut-être, ce n'était pas sûr mais à l'avenir ce serait différent.
Parce qu'il y avait un avenir à deux, il n'en doutait pas maintenant.
Il prit son amant dans les bras et le serra fort contre lui.
-Rodney, je t'aime et je te demande de me pardonner.
Le scientifique le regarda ébahi. Mais que racontait John ?
-Mais c'est plutôt moi qui le demande John, protesta t-il. Tout est de ma faute, pardonne moi je t'en prie. Je t'aime..
John lui souleva le menton et déposa un baiser sur ses lèvres.
-Rodney, je te pardonne, du fond de mon cœur mais nous avons tous les deux notre part de responsabilité et je te demande de me laisser assumer la mienne. Je t'ai menti, je ne t'ai pas fait confiance, j'ai voulu te protéger parce que j'avais peur de te perdre sans penser que je t'étouffais et je n'ai pas compris tes désirs. J'étais tellement sûr de moi-même, de te satisfaire que je ne me suis jamais remis en question. Nous pourrons en parler encore plus tard si tu le veux mais en attendant je te demande à nouveau de me pardonner.
Rodney le regarda gravement. John avait raison, ils étaient deux. Il aurait voulu porter seul le poids de la culpabilité, il pensait qu'il le méritait mais John prenait sa part de responsabilité. Il pensa qu'il avait de la chance d'aimer et d'être aimé par cet homme là.
-Je te pardonne John et je t'aime.
FIN