Salut tout le monde !
Un chapitre musclé pour commencer la semaine ! Bienvenue au Capitole !
Bonne lecture et à très vite, puisque la fin de mon histoire arrive à grands pas !
Chapitre 25
La résistance locale semble encore plus nombreuse que lorsque nous sommes venus la première fois, Finnick et moi. Des troupes venues des autres districts sont déjà là aussi et nous attendent. C'est le District 13 qui coordonne l'attaque. Sur le terrain, Boggs serre les mains des chefs de section locaux et parmi eux, il me présente la Commandante Paylor, venue en renfort du 8e District avec ses hommes. Je la salue, étonnée de son jeune âge. Elle doit avoir l'âge de Finnick, peut-être même moins. Pourtant, ses hommes semblent lui obéir fidèlement. Contrairement à Coin, sa poignée de main est franche et rude, comme ce doit de l'être celle d'un guerrier. Sans trop savoir pourquoi, je décide qu'elle me plaît.
Notre groupe se met en route vers le centre-ville. Nous sommes à présent une bonne centaine et je sais que les autres sont là, à quelques kilomètres les uns des autres.
Comme une armée des ombres, nous marchons sur le Capitole.
J'ajuste mes lunettes sur mon nez grâce à une petite modification de dernière minute, Beetee y a ajouté une caméra à visée nocturne ce qui me permet de me repérer aisément dans le noir. Je distingue les spectres de mes alliés qui cheminent près de moi mais aussi le paysage qui s'étend au-devant de nous. Le temps a manqué à Beetee pour en fabriquer davantage mais Boggs en a obtenu une paire lui aussi et c'est pour cette raison que nous nous retrouvons tous deux à ouvrir la marche.
En plus de mon attirail habituel, j'ai hérité de la tablette numérique de Cressida qui me permet de diffuser en temps réel au District 13 les images prises par ma caméra mais qui sert également à Beetee et Plutarch à m'envoyer régulièrement des informations concernant le déplacement de nos troupes. J'ai également à ma disposition un plan du Capitole et un autre du Palais de Snow que nous avons pu obtenir grâce à des espions placés au sein même de la Résidence.
Malgré notre nombre, nous parvenons dans les faubourgs de la ville sans nous faire repérer et nous nous engageons prudemment dans les ruelles désertes. Il est plus de minuit. Tout dort.
Arme au poing, nous progressons néanmoins en rasant les murs, tâchant de rester dans l'ombre le plus possible. Nous sommes sur le point d'atteindre le boulevard circulaire qui délimite l'hyper-centre lorsque des coups de feu se font entendre au loin.
— Beetee ? Tu as entendu ? demande-je dans mon communicateur, faisant signe à mes amis de s'immobiliser.
« Oui, restez sur vos gardes. Un de nos groupes est tombé sur une patrouille de Pacificateurs à trois pâtés de maison de votre position. Ils auront vite fait de comprendre qu'il s'agit d'une attaque, » me répond-t-il.
— Ok, on bouge de là ! Il y a des Pacificateurs dans les parages. Ouvrez l'œil ! Crie-je.
Peeta et Finnick se rapprochent discrètement de moi, comme si je pouvais ignorer leur manège…
Nous avançons encore sur quelques centaines de mètres sans rencontrer âme qui vive jusqu'à arriver à l'angle du boulevard. Je me plaque contre le mur et fais signe à mes amis d'en faire autant : des camions blancs remplis de Pacificateurs déboulent à pleine vitesse au milieu de l'avenue en direction de la zone où retentissent les coups de feu.
Dans les minutes qui suivent, les échauffourées se multiplient et la Cité s'embrase. Avant que les Pacificateurs nous coupent la route, nous tentons notre chance et traversons par petits groupes.
Lorsque nous avons atteints la très relative sécurité de l'autre trottoir, nous nous enfonçons dans la rue commerçante la plus proche. Tous les commerces sont fermés. C'est probablement une des avenues les plus chics du Capitole : joailliers, boutiques de vêtements hors de prix, coffee shop se succèdent de part et d'autre de la rue piétonne. Mais, je n'ai pas vraiment le temps de m'arrêter devant les vitrines colorées…
Un léger bruit au-dessus de nous me fait lever la tête et grâce aux lunettes thermiques, je découvre la sphère menaçante qui nous fonce dessus. Je hurle simplement :
— Drone !
J'encoche une flèche explosive dans mon arc mais, un coup de feu tiré tout près de moi fait mouche. Peeta a été plus rapide que moi. La sphère part en vrille sur elle-même et percute violemment le mur d'un immeuble, un peu plus loin. L'amas de tôles s'écrase au sol avec un chuintement d'air comprimé.
— Bien joué, Peeta ! le félicite Boggs.
Ce dernier recharge son arme, l'air de rien.
— Comment as-tu fait pour le repérer si vite ? lui demande-je, intriguée.
— Je l'ai entendu en fait. Le bruit n'était étrangement familier. Et puis je t'ai vue lever la tête alors j'ai compris.
— Méfions-nous, il risque d'y en avoir d'autres, commente Finnick, en brandissant son trident.
Effectivement, quelques mètres plus loin, nous sommes attendus par une armée de drones et de Pacificateurs. Nous nous replions à l'abri des porches des maisons et des boutiques et répliquons avec hargne.
— Beetee ! On va avoir besoin d'un appui aérien, je crois ! On est bloqué !
« Entendu, les appareils sont déjà en route. Le groupe de Gale et Johanna a du fil à retordre lui aussi. On vous envoie des renforts, tenez bon ! »
Quelques minutes plus tard, un premier hovercraft marqué d'un geai moqueur survole la zone de combat en rasant les immeubles et arrose nos ennemis à la mitrailleuse. Pour achever de nous donner l'avantage, j'envoie deux flèches fumigènes sur les rangs de nos ennemis. A l'impact, une épaisse fumée envahit la zone et les tirs se font moins fréquents.
— On fonce ! crie Boggs par-dessus le tumulte.
Les soldats se redressent et jaillissent comme un seul homme de leurs positions pour s'élancer sous le couvert de la fumée. Peeta, Finnick et moi les imitons et nous pénétrons rapidement dans la mêlée. Le corps-à-corps tourne rapidement à notre avantage car nous sommes bien plus nombreux que les Pacificateurs. Les drones tombent comme les mouches à mesure que nous les alignons à coups de roquettes et de flèches explosives.
Nous traversons la zone de combat sans nous attarder, à la suite de Boggs que j'aperçois à quelques mètres devant moi. Une partie du groupe est resté en arrière pour s'assurer d'éliminer toute menace.
Nous surgissons au bout de l'avenue sur une immense place au centre de laquelle trône une fontaine, surmontée de statues.
Le Palais Présidentiel est situé de l'autre côté de la place, au milieu d'un immense parc arboré, cerclé d'un imposant mur d'enceinte, lui-même surmonté de grilles de fer.
Je consulte rapidement le plan du bâtiment que m'a fourni Beetee pour vérifier l'accès que nous devons emprunter.
Un vrombissement assourdissant occupe soudain le silence de la nuit et une nuée d'hovercrafts et d'hélicoptères de combat emplit le ciel au-dessus de nos têtes : cette fois, les renforts arrivent en nombre !
Les appareils s'éparpillent au-dessus de la ville pour porter assistance aux différents groupes au sol mais trois hélicos foncent directement vers le bâtiment présidentiel, conformément au plan. Ils doivent larguer des hommes sur les toits tandis nous attaquerons par les sous-sols. Une troisième vague prendra l'édifice à revers, par la cour arrière.
Le Palais Présidentiel s'éveille brusquement au son des sirènes d'alerte et des projecteurs s'allument soudain, transformant la nuit en jour. Leurs faisceaux balayent le parc, les grilles, le ciel et ne tardent pas à repérer les appareils qui foncent sur la Résidence de Snow. Les hélicos tentent de leur tirer dessus pour briser les lampes mais, des tirs de riposte se font entendre.
— Ils ont équipé les toits d'une défense anti-aérienne ! grommèle Boggs, impuissant. On a intérêt à dégager de là et vite !
Suivant ses ordres, nous longeons le mur d'enceinte jusqu'à la grille du parc. La cinquantaine d'hommes et de femmes qui composent notre unité se regroupe à couvert, accroupis contre la muraille haute de deux mètres. Deux de nos soldats jouent les équilibristes et sectionnent le bas des tiges de la grille pour nous ouvrir une brèche dans la clôture.
Je suis parmi les premiers à franchir la clôture et à me faufiler à l'intérieur. Peeta est juste derrière moi. Tandis que nous courons à travers le parc, à demi accroupis pour offrir le moins de vue possible, je réalise que toutes mes pensées sont orientées vers Snow. Il est là, quelque part, caché derrière une de ces fenêtres, à se demander dans quelle mesure notre attaque est potentiellement dangereuse. Il ignore encore à quel point nous sommes organisés à présent et combien nous sommes nombreux. C'est une véritable marée de colère qui déferle sur sa ville, alimentée par des années de souffrance, de soumission et de privations.
En arrivant à proximité du bâtiment, j'aperçois enfin la lucarne en demi-lune du soupirail par lequel nous devons pénétrer dans la forteresse. Le fenestron s'entrouvre d'ailleurs à notre approche et nous nous y glissons sans réfléchir au moment où une boule de feu embrase le ciel. Je sursaute et lève la tête, surprise. Un des hélicos s'écrase à moins de cinq cents mètres de nous, dans le parc. J'espère que les hommes à son bord ont pu sauter avant l'impact… Mais, je n'ai pas le temps d'y réfléchir davantage Boggs me pousse vers l'entrée pour me mettre à l'abri. Je me laisse glisser par l'ouverture à ras du sol.
A l'intérieur, je tombe dans les bras d'un homme qui m'aide à me recevoir et à me remettre debout. La pièce où nous nous trouvons est sombre et humide. Un à un, les membres de notre unité pénètrent dans cette cave qui sert de garde-manger et qui regorge de nourriture. Lorsque notre allié intérieur referme le soupirail, la fenêtre épaisse étouffe le bruit des combats qui font rage au-dehors.
— Soyez les bienvenues dans le Palais Présidentiel, précise ironiquement notre guide.
C'est l'un des cuisiniers du Palais. Comme beaucoup de serviteurs, ils ont très tôt fait partie de la résistance locale. C'est grâce à eux que Plutarch a pu obtenir les plans détaillés des jardins et des sous-sols.
— Vos gars sur le toit ont eu quelques problèmes mais, un groupe des nôtres est monté leur donner un coup de main, précise-t-il.
— Nous devons détruire leur défense anti-aérienne, déclare Boggs.
— On est en train de s'en charger. Ne vous inquiétez pas. Encore un nouveau truc de Snow cette saleté ! Il a fait installer ces engins lorsqu'il a su que vous aviez pris le contrôle du 6e District. Il a dû penser que nous essayeriez de le bombarder ou un truc du genre… Il nous a pris de court, nous n'avons pas eu le temps de poser les charges explosives pour les faire sauter. Au fait, je m'appelle Horacio. Venez, suivez-moi ! Il ne faut pas qu'on reste ici…
Tandis que nous remontons vers les étages supérieurs par des escaliers détournés, le son des alarmes nous parvient de plus en plus fort.
— Où est Snow actuellement ? demande Peeta, devançant ma question.
— Ses appartements privés et son bureau sont situés au 2e étage. Mais, nous devons faire vite sans quoi, sa garde personnelle risque de le faire évacuer vers le bunker souterrain et là, rien ni personne ne pourra le déloger.
Nous courons dans les couloirs, nous heurtant régulièrement à des Pacificateurs armés qui essaient de bloquer notre progression. Peeta m'attire brusquement sur le côté et me fait entrer précipitamment dans une pièce pour échapper aux tirs qui inondent tout à coup le couloir que nous empruntons.
— Horacio ! Est-ce qu'il y a une autre issue ? s'écrie Boggs ente deux rafales de tirs d'arme lourde.
Je vois notre ami secouer négativement la tête.
— Tu as une idée ? me demande Peeta.
Je jette un œil par la porte ouverte : Boggs et Finnick sont de l'autre côté du couloir, avec une dizaine d'hommes, protégés dans un salon ouvert, comme nous. Plusieurs de nos hommes sont à terre et le reste de l'équipe se protège comme elle peut des tirs nourris qui proviennent du bout du corridor. Je scrute la pièce où nous avons trouvé refuge et me dirige d'un pas rapide vers le balcon. J'ouvre la porte-fenêtre : une succession de balcons, espacés d'un mètre d'intervalle, conduit jusqu'au bout du bâtiment.
Je me retourne vers Peeta et murmure :
— J'en ai bien une mais, je ne sais pas si elle va te plaire…
Nous nous retrouvons tous les deux à faire les acrobates, sautant de balcon en balcon au-dessus du vide, à douze ou quinze mètres du sol. Entre le deuxième et le troisième balcon, Peeta manque son saut et la barrière lui échappe. Je rattrape son poignet in extrémis.
Il se retrouve suspendu dans le vide, seulement retenu par mes doigts, verrouillés sur son bras.
— Accroche-toi ! lui crie-je.
— T'inquiète ! Je n'ai pas l'intention de lâcher ! me répond-il sur le ton de la boutade, tout en s'efforçant de se balancer pour atteindre le rebord de pierre.
Son pied se pose enfin sur une corniche sous le balcon et j'attrape sa veste de toutes mes forces de ma main libre, par-dessus la rambarde. Il parvient finalement à se hisser à mes côtés et se laisse tomber un instant au sol pour reprendre son souffle.
Je frotte douloureusement mon poignet et lui demande :
— Tu vas bien ?
Il hoche la tête.
— Oui, merci !
— Tu peux te lever ?
— Oui, on continue…
Je l'aide à se remettre debout et nous poursuivons notre périlleuse avancée tandis qu'à l'intérieur, le fracas des combats continu.
Au bout du bâtiment, nous pénétrons dans la dernière pièce, arme au poing, en ordre de bataille, mais le bureau est vide.
En revanche, comme prévu, j'entends les tirs des Pacificateurs derrière la porte, dans le couloir.
Je fais signe à Peeta de se mettre en position et je me prépare à ouvrir. A l'instant précis où je libère l'accès au couloir, Peeta tire plusieurs rafales d'arme automatique. Nos ennemis, pris en tenaille, finissent par se rendre ou par tomber sous les balles.
Un cri de victoire résonne à l'autre bout du couloir et nos alliés nous rejoignent en courant.
Au bout de quelques minutes, guidés par Horacio, nous investissons avec fracas le bureau de Snow.
La pièce empeste le parfum des roses que le Président a coutume de porter à la boutonnière, à tel point que je porte une main à mon nez tellement l'odeur m'incommode. Cette fragrance entêtante me rappelle les jours sombres et sa visite chez moi, au District 12. Ainsi que les menaces à peine voilées qui avaient accompagnées sa venue…
Les soldats s'éparpillent dans la suite, fouillent tous les recoins, en vain.
— Il n'est pas là ! crie l'un des nôtres depuis la dernière pièce.
Boggs laisse échapper un juron avant d'ajouter :
— En route ! Nous n'avons pas une minute à perdre ! Il doit se rendre au bunker. Nous devons l'intercepter avant qu'il y parvienne ! Horacio, montre-nous le chemin !
Le jeune homme s'approche d'une bibliothèque qu'il fait basculer, nous ouvrant un passage secret. Avec un regard complice, il précise :
— C'est la femme de chambre qui l'a découvert. Classique comme passage secret mais le couloir aboutit directement au sous-sol ! Avec un peu de chance, c'est aussi le chemin que Snow a emprunté.
Nous nous engageons en petites foulées dans le corridor étroit, nous efforçant de faire le minimum de bruit pour éviter que nos ennemis ne nous repèrent et n'accélèrent leur fuite.
Au bout de quelques mètres sur l'étage, le couloir se change en escalier, étroit et vertigineux.
Un toussotement se fait entendre plus bas : Snow !
Je m'engage la première dans le tunnel et dévale les marches deux à deux. Si je pouvais, je volerais tant j'ai l'impression que notre victoire ne tient qu'à un fil. Je sens la présence de mes compagnons sur mes talons, je perçois leur souffle juste derrière moi. Le cliquetis de nos armes a quelque chose de rassurant dans la moiteur étouffante de ce tunnel.
Le passage débouche brusquement dans une antichambre et je me retrouve enfin face à Snow. Il est là, à quelques pas de moi, entouré de sa garde personnelle : quatre hommes de confiance qui ne feront pas le poids face à notre petite armée. Dans un geste désespéré, les gardes tentent de pousser le Président à l'intérieur du bunker dont la porte est en train de s'ouvrir. Mais, Finnick lance son trident dont la pointe acérée se fiche en travers de l'ouverture, à quelques centimètres de Snow, lui bloquant l'accès au bunker. Le Président, stupéfait, recule de quelques pas. Ses gardes, rapidement dépassés par le nombre de soldats qui investissent la pièce de seconde en seconde, lâchent leurs armes et se rendent.
Snow demeure seul face à nous. Face à moi.
Son règne est fini. J'ai souhaité vivre cet instant tant de fois, je l'ai tellement rêvé que j'ai encore du mal à croire que c'est réel.
Il jette un regard méprisant à ses acolytes désarmés. Il se tient raide et me fixe, droit au fond des yeux. Est-ce l'euphorie de notre victoire qui me fait le voir tout à coup plus faible et plus maigre que dans mon souvenir ?
Je brandis néanmoins mon arc et ajuste la pointe acérée de ma flèche en direction de son cœur.
Même vaincu, Snow me défie encore et toujours du regard. On dirait presque qu'il me provoque, comme s'il souhaitait que je tire et que je mette un terme à sa vie.
Est-il réellement malade comme le laisse à penser les quintes de toux qui se secouent régulièrement ?
Il sort un mouchoir de coton de sa poche et s'essuie négligemment les lèvres, pour effacer l'écume sanglante qui s'y est formée.
Mes doigts se crispent sur la corde de l'arc et je suis sur le point de tirer lorsque la main de Peeta se pose sur mon bras et retient mon geste.
Agacée, je croise son regard, furieuse qu'il m'interrompe. Mais, les sentiments que je lis sur son visage me font hésiter. Il est calme, résolu.
Comme un ange de miséricorde, il a interrompu l'exécution de Snow en connaissance de cause et il murmure à mon oreille ces mots que moi seule peut entendre :
— Non, Katniss… Ne fais pas ça… Tu vaux mieux que lui.
Ses paroles résonnent en moi, bataillant contre la rage qui me susurre à l'oreille d'achever mon geste pour que tout s'arrête. Ici. Maintenant.
— Allez, Mademoiselle Everdeen, faites ce pourquoi vous êtes venue, m'encourage soudain Snow d'une voix douceâtre.
— Katniss ! Non ! s'écrie Peeta, conscient du combat intérieur que je suis en train de livrer et me voyant tendre à nouveau mon arc.
La lutte en moi fait rage, entre le désir de vengeance et le besoin de Justice.
Finalement, je trouve la réponse que je cherche si désespérément en pensant à Prim.
Je nous revoie toutes les deux en train de rire, dans notre maison, avant les Hunger Games, avant tout ça. Deux filles comme les autres... Et j'entrevois ma vérité.
Je ne suis pas une meurtrière. Je n'ai jamais voulu tuer quiconque. C'est le Capitole qui m'y a contrainte. En tuant Snow, je demeure à jamais son jouet, l'esclave de ses Jeux. C'est pour cela qu'il me toise ainsi, avec ce demi-sourire ironique. Il attend que j'achève mon geste et que je trace à jamais mon destin, conformément à ce qu'il a fait de moi.
Et ça, je m'y refuse !
Le Geai Moqueur a eu sa victoire. Le tyran est à terre.
Lentement, j'abaisse mon arc et annonce d'une voix forte :
— Attachez-le et mettez-le aux arrêts. Il sera jugé par ses pairs pour tous ses crimes !
Snow blêmit et, tombant à genoux tandis que les soldats l'enchaînent, il me supplie :
— Non ! Tue-moi ! Par pitié, Katniss ! Tue-moi !
Je me détourne de lui pour trouver les bras réconfortants de Peeta.
Ce dernier m'enlace et m'entraîne dans l'escalier, loin des cris de rage et d'agonie de Snow.
De retour dans le bureau présidentiel, nous sortons ensemble sur le balcon. La foule de nos alliés s'est regroupée sur les pelouses. Les Pacificateurs survivants sont en train d'être installés dans les camions pour être transportés jusqu'à la prison du Capitole.
L'aube se lève à l'horizon, embrasant le ciel nocturne.
Tous s'immobilisent en nous voyant apparaître. L'espace d'un instant, tout Panem retient son souffle.
Je serre fermement la main de Peeta et, ensemble nous levons nos mains jointes vers le ciel en signe de victoire.
Une immense clameur envahit le parc, qui s'enfle, se propage et semble gagner tout le Capitole. Dans mon oreillette, j'entends les cris de victoire qui résonnent dans la salle de commandement du District 13, tandis que nos amis restés là-bas contemplent par mes yeux cette scène d'allégresse et de triomphe.
En voyant le soleil poindre par-dessus les toits de la ville, je réalise qu'un jour nouveau commence.
Le premier jour d'une nouvelle Ere.
A suivre...
