Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair est à moi.

Rating : T

Personnages : le Trio d'Or, Albus, Severus, Minerva, OC

Correctrice : Fantomette34.


Vous êtes formidables !

Cent-cinquante et une reviews, ça se fête... champagne virtuel pour tout le monde ! (et de la Sauce Bolognaise pour Flûtiau )

Merci à Miss lyli, Lilou0803, Quetsche et ma chère Fantômette pour avoir aussi reviewé ma petite histoire Fais de beaux rêves. Cela fait très plaisir

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Dans ce chapitre, la quiétude ne va pas durer longtemps, et certains de nos héros vont se retrouver projetés - littéralement - dans l'inconnu.

Bonne lecture !


Se détacher de ses ombres - Effleurer, toucher, guérir

Part 2

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Cokeworth.

Et là, son quartier. Un endroit qui ferait tomber beaucoup de gens en dépression. C'est pourtant là qu'il grandit - ou qu'il a grandi, il ne sait plus - et qu'il arpente - arpentait ? - les rues aux maisons abandonnées ou sur le point de l'être. La crise a emporté les emplois et ceux qui les occupaient, et l'impasse du Tisseur ne fait pas exception à la règle.

Lui fait exception, puisqu'il est resté.

Severus Snape a sept ans et une situation familiale déplorable, entre un père alcoolique et une mère craintive. Son horizon se limite à la rivière d'un côté, l'usine fermée de l'autre ; parfois il pousse jusqu'à l'aire de jeu où il y a des balançoires et d'autres enfants mieux dotés par la vie. Mais ce n'est pas pour lui. Ils le trouvent bizarre, personne ne l'invite.

Alors... il rentre, longeant une fois encore l'eau et ses méandres où elle ne court plus. Et c'est là qu'il l'entend.

Un miaulement, très faible.

Il se précipite : il y a un sac dans la fange, un petit sac de rien du tout d'où provient l'appel à l'aide. Il en défait les liens et sort une boule de poils noirs. Un chaton. Il ne doit pas avoir plus de huit jours, ses yeux sont encore fermés.

Le bébé chat attrape une mèche de ses cheveux et prétend... mais oui, il prétend la téter !

"Hé, je ne suis pas ta mère !" s'exclame le garçon, un peu fâché.

Mais ce sentiment ne dure pas : fouillant dans le fond de ses poches, il réussit à y trouver quelques pences, de quoi acheter une pinte de lait chez Madame Wendell, l'épicière. Le petit animal se jette sur l'écuelle posée à terre et n'en laisse pas une goutte.

Il a l'air en meilleure forme et Severus veut que cela continue, alors il prend le chaton dans ses bras, repart. Et à chacun de ses pas l'animal vieillit un peu, il ouvre les yeux, tourne la tête quand Severus l'appelle - quelle drôle d'idée, d'ailleurs, de l'avoir nommé Harry ! - et passe sa langue râpeuse sur la joue du garçon, en le regardant avec amour et confiance...

Ledit garçon en oublie de respirer, il n'a jamais eu quelqu'un qui l'aime autant auparavant. Il ferait n'importe quoi pour préserver la vie de Harry de tout danger. De toute peine.

Justement un nuage noir accourt et stagne au-dessus d'eux. L'orage gronde ou plutôt, une voix sinistre. Severus plaque le petit chat contre lui pour le protéger.

Les nuées noires se dispersent, la menace est éloignée pour l'instant.

Le temps s'accélère à nouveau : le garçon fait place à un homme et le petit à un chat presque adulte. Severus Snape veut poser ce dernier sur le sol mais il refuse, s'accrochant de ses griffes au tissu noir des robes de Sorcier et grimpant sur son col. Tandis que des larmes animales tombent et coulent sur les joues humaines, des yeux d'un vert insoutenable le supplient : ne m'abandonne pas... ne m'abandonne pas...

"Ne m'abandonne pas !" murmura une voix tout près de son oreille.

Le Professeur Severus Snape reprit conscience. Un poids sur son côté gauche l'empêchait de bouger, il sentait toujours l'humidité sur ses joues et ne savait que croire : rêvait-il ou bien était-ce la réalité ?

Il ouvrit les yeux et un ciel de Crète couvert l'accueillit. En fait de larmes, c'était la pluie qui gouttait sur lui, et l'obstacle sur son corps... Potter, évidemment ! Le jeune homme était collé contre lui, comme quand il le portait vers la ferme de Nomios.

Cela ne change pas. Au moins Potter a-t-il l'air d'aller mieux, maintenant.

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Voulant se renseigner sur l'état de santé de son élève, Severus pencha la tête vers lui et toucha son front avec le sien.

Hum, il a encore un peu de fièvre, pensa le Professeur.

"Vous savez que vous auriez pu faire la même chose avec votre main libre, ou avec votre Don de Diagnostic ?" ironisa une voix.

Asclépios.

Il était assis en tailleur, à un mètre d'eux et les veillait depuis que les soins du garçon avaient été achevés.

"Je me suis endormi ?

- Il semblerait, répondit le Médecin.

- Où sont les autres ?

- Votre compagnon le Minotaure est parti il y a une heure, il n'a pas voulu dire où il allait. Albus l'ancien occupe les deux jeunes à récolter les plantes médicinales locales que je leur ai montrées, Circé et votre amie Minerva se sont métamorphosées en Zeus seul sait quoi et folâtrent dans les environs, Akeso prépare la soupe, Agreus est parti chasser en compagnie du petit Dragon.

- Ouille ! Le Crétois avait une chance, seul, mais avec Flûtiau...

- Oui, je crois que nous devrons nous contenter de légumes et d'herbes, ce soir."

Le Potionniste sourit. Le futur Dieu de la Médecine avait mûri en quelques heures : sa confiance en lui nouvellement acquise rendait aisée toute discussion et le poussait même au bavardage.

"Il s'est passé quelque chose d'étrange, pendant que vous dormiez, poursuivit ce dernier.

- Quelle chose ?

- J'ai... je suis entré dans vos rêves, sans le vouloir.

- Pardon ?!

- Oui. Mon esprit a rejoint le vôtre. J'ai d'abord été spectateur, puis je me suis rendu compte que je pouvais agir.

- Qu'avez-vous fait ? blêmit le Potionniste.

- J'ai juste dissipé le gros nuage noir. Savez-vous comment j'ai pu accomplir ce prodige ?

- Ce sont les prémisses de l'Incubation, un pouvoir qui vous sera très utile dans le futur. Pénétrer les rêves d'un patient permet parfois de mieux le soigner, à condition de promettre de ne rien révéler de ce que l'on verra.

- Hmm, oui !... Sur ce dernier point, je pense écrire un Serment que tous les médecins devront respecter."

Laisse cela à ton descendant Hippocrate ! faillit déclamer Severus.

Il s'en empêcha in extremis, aidé grandement en cela par la jeune Circé-chat sauvage et Minerva-Animagus qui, toutes à leur course-poursuite, sans faire attention lui sautèrent sur l'estomac.

"Vous ne pouvez pas aller jouer ailleurs ?! s'énerva-t-il, Minerva, cent points en moins pour Gryffondor !

- Mais, Severus, je ne suis plus une élève ! fit la Professeure redevenue humaine.

- Même si vos rhumatismes disent le contraire, dans votre tête vous en avez l'âge. Alors je maintiens la punition."

Circé feula, MacGonagall râla mais rien n'y fit : à trois-mille-six-cents ans de distance, le sablier des Lions se vida d'une bonne partie de son contenu.

Ah, quand ils rentreraient... en contemplant le résultat Severus sablerait le Champagne !

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Le Maître des Potions eut du mal à s'extirper des bras d'un Potter toujours dormant et ronronnant - étrange, très étrange- et profita de sa fraîche liberté pour faire quelque pas vers les taillis. Il fut vite rejoint par Minerva.

"N'allez pas plus loin dans cette direction, Severus ! Akeso nous a prévenus : dans les parages se situe une des entrées des Enfers.

- Encore un lieu dangereux, pas étonnant que le tourisme soit inexistant à cette époque !

- Chut !... Ne parlez pas de cela. Je n'ai pas envie qu'un des Crétois nous pose des questions. Surtout Circé. C'est une vraie enquiquineuse, cette gamine !

- Eh bien, maintenant, je sais de qui vous tenez cela...

- Severus !

- ... en plus de votre pouvoir d'Animagus, bien sûr ! Se doute-t-elle de quelque chose ?

- Non... je ne crois pas... et je me vois mal lui expliquer que nous sommes là pour elle et surtout, pourquoi ! Elle ne supporterait pas le fait que nous lui ayons menti par omission, elle se braquerait tout de suite.

- Encore un point commun.

- Oh, laissez tomber ! Vous au moins, vous avez de la chance, cela se passe bien avec Asclépios.

- Oui, il a repris goût à la Médecine et son Destin l'attend : devenir le plus célèbre praticien des temps antiques, être bien plus tard divinisé par Zeus lui-même...

- ... et engendrer une lignée qui donnera, des siècles plus tard, un Sorcier très doué pour les Potions. C'est dommage que vous ne puissiez lui en parler, Severus, je suis sûre qu'il serait très fier de vous.

- Mais je le suis !" fit le jeune homme de dix-sept ans.

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Oh par Merlin, ils ne l'avaient même pas entendu arriver !

"Encore un Don que vous avez hérité de lui," souffla Minerva avec un sourire crispé.

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"Alors tu sais.

- Oui, j'ai fini par comprendre.

- Asclépios... Grand-Père... Je suis heureux que tu saches la vérité. Nous n'avions pas prémédité notre venue, les Parques nous ont envoyés à cette époque pour remettre certaines personnes sur le chemin de leur Destin, j'ignorais que tu étais concerné.

- Soit. Mais pour une fois, je ne vais pas me plaindre des "attentions" des Dieux, puisque cela m'a permis de te rencontrer. Tu es quelqu'un de bien, Severus, et ta seule existence inciterait n'importe qui à obéir aux Déesses de la Destinée.

- Si seulement Circé pouvait penser la même chose ! soupira Minerva.

- C'est votre ancêtre ?

- Oui. Et nous devrons la persuader d'accepter son propre Destin : épouser le Roi des Sarmates et devenir la plus grande Magicienne de tous les temps.

- JAMAIS !" hurla une voix dans les chênes verts.

Et un Mainate s'envola pour se perdre dans les taillis, laissant Sorciers et Demi-dieu désemparés par ce revirement de situation.

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"Tu vas pouvoir la suivre ?

- Oui, Grand-Père, j'ai posé sur elle dès le premier jour un Sort de Traçage. Il ne fonctionne pas très bien mais cela sera suffisant pour la pister.

- Sois prudent !

- Comme toujours."

Ignorant le reniflement dubitatif de Minerva, Severus s'enfonça sous les frondaisons des arbres toujours plus feuillus. La petite était habile, elle changeait de forme toutes les trente secondes mais le Maître des Potions commençait à la connaître : il savait comment la coincer.

"Stupéfix !"

Circé fut figée sous l'apparence d'un Blaireau, de toute évidence son Avatar favori.

"Eh bien cela ne fut pas long," railla le Potionniste, en affrontant les yeux étincelants de colère de la petite.

Il n'eut pas le temps de se réjouir de sa victoire. Un cercle de terre s'effondra sous ses pieds, et lui et la jeune Magicienne furent jetés dans les Ténèbres.

...


Alors, où Severus et Circé ont-ils été projetés ? Une idée ?