Bonsoir bonsoiiiir!

Haa ça me fait tellement plaisir de reposter ici!

J'ai en quelque sorte retrouvée l'inspiration (mais je ne préfère pas m'avancer trop trop n'est-ce point, au cas où je mettrais encore 6 mois à écrire un chapitre... HONTE A MOI.)

DESOLEEE DESOLEE DESOLEE. (le correcteur me propose dessolé et ça me fait rire sans que je ne sache pourquoi. L'incompréhension.)

Je le redis encore, je n'abandonne pas cette histoire et je suis toujours motivée -d'une force plus ou moins grande selon les périodes- à la finir!

Donc voici un nouveau long chapitre, qui sera, je l'espère, à la hauteur (bon sang j'ai le trac.)!

Shadow : Oulala.. Je crois que tu as du attendre la suite bien longtemps je suis bien désolée encore une fois :/ Ton commentaire me fait vraiment chaud au cœur! Je suis toute émotionnée :D Ça tombe bien que tu me dises de faire vivre les jumeaux... ;) Je n'en dis pas plus! Encore merci pour cette très gentille review!


Chapitre 25 : Brasier

Les talons de ses bottes claquaient contre le sol froid de Poudlard. Rogue descendait vers les cachots. Une réunion était prévue et elle semblait être plus qu'importante. Urgente même, d'après le ton pressant de la convocation qu'il avait reçue il y avait de cela une demi-heure. Elle tombait à point : il n'avait pas eu besoin d'une quelconque excuse quand à sa présence au château. Si on le voyait roder ici sans raison, s'en était fini de sa vie.

Il avait pris son temps pour venir à cette réunion. Enfin, c'est ce que les autres diraient de lui. Il avait juste gardé quelques minutes de côté, minutes qui lui avait permis d'ouvrir un passage vers Poudlard. Et ce passage lui était apparu sous la forme d'une armoire. Rogue avait lâché un sourire en coin quand il avait vu le meuble. La copie parfaite de l'armoire à disparaître qui se trouvait chez Abelforth. La résistance venait d'avoir un vol direct pour Poudlard.

En redescendant vers les cachots, Rogue commençait déjà à ressentir le vent de panique qui soufflait, certes doucement, mais surement dans les rangs des mangemorts. Si ils savaient… Il se murmurait que Voldemort s'était enfermé dans son manoir, que les seules personnes en qui il avait confiance se réduisaient au fur et à mesure que les jours passaient. Certains commençaient déjà à fuir, d'autres à changer de camp. Il avait suffit d'embraser l'allumette pour que tout explose. Une grande partie d'échec, c'était bien ça. Une mauvaise décision de la part de l'adversaire, une trop grande confiance en son jeu, une prise de risque venant de l'autre côté… Rogue s'autorisa même un petit sourire. Malgré la peur qui lui tiraillerait les entrailles -et il préférait mourir plutôt que de l'avouer-, il sentit une pointe de chaleur pointer le bout de son nez. "Urk. Trop de sentiments."

"Tu te parles tout seul Severus?"

Il aurait reconnu cette voix entre mille. Bellatrix Lestrange. Encore elle. Il se retourna sèchement vers la femme. La pâleur de son visage, ses yeux fous, ses mains tremblantes le choquèrent silencieusement. Il reconnut l'odeur de la peur et de l'angoisse chez elle. Il la connaissait trop bien.

"Bella.

- Ne m'appelle pas comme ça, je ne t'en donne pas le droit.

- Qu'est-ce que tu me veux?"

Un petit rire narquois s'échappa de ses lèvres. Elle s'approcha doucement de Severus et planta ses yeux dans les siens.

"Moi? Rien. Je ne veux que… La vérité", rajouta-t-elle dans un souffle.

Un frisson parcourut l'équine du sorcier et il lut dans le regard de la femme ce qu'il redoutait depuis dix-huit ans.

Elle savait.

Il resta planté là tandis que Bellatrix Lestrange tournait les talons. Il la regarda entrer dans la salle de réunion, sans réellement la voir. Il avait fallu tout ce temps, tout ce temps pour maintenir sa couverture en place. Severus Rogue savait qu'un jour où l'autre, il finirait par être découvert. Malgré tout, il ne put s'empêcher de trembler. Il sentit ses paumes de mains vibrer d'excitation. Il était peut-être bientôt libre.

Libre.


Bellatrix Lestrange jubilait. Enfin, enfin elle allait avoir cette putride limace qu'était Severus Rogue. Elle ne l'avait jamais aimé. Trop… Mielleux, trop absent. Elle n'avait jamais compris l'intérêt que lui portait Lord Voldemort. Juste parce qu'il avait trahi Dumbledore. Il l'avait elle, alors pourquoi s'encombrer d'un pareil détritus? Mais là, elle avait la preuve de sa traîtrise, qu'il n'était pas celui qu'on croyait. Et elle avait hâte d'entendre les cris de douleur, les supplications du traître. Elle arrivait à son but. Enfin.

La silhouette de Lord Voldemort miroitait sur le verre du mur noir. Au début, il n'était pas censé participer à cette réunion. Puis Bellatrix avait demandé une audience et elle avait senti que le sorcier attendait tout d'elle. Mais jamais il ne se serait déplacé de lui-même à Poudlard. La transmission entre son manoir et le collège était faite. D'une certaine manière, Bellatrix Lestrange était rassurée de savoir son maître loin d'elle. Si elle échouait à regagner sa confiance, s'en était fini d'elle.

Un frisson lui parcourut l'échine quand elle sentit le regard de Voldemort se poser sur son dos. Même si il ne se trouvait pas dans la même pièce, elle en eut froid. Il l'observait, la jugeait. Avait-elle mérité la chance qu'il lui avait donné? C'était à voir.


Rogue fit enfin son entrée dans la pièce. Il resta figé un instant, la main sur la porte, en voyant en face de lui le monstre qui avait gâché tant de vie. Dont la sienne. L'ordre de s'agenouiller devant lui siffla dans la pièce. Quelques mangemorts s'y trouvaient. Peu. Lucius Malefoy, les Carrow entre autre. Cela confirmait les rumeurs qui circulaient sur la confiance que le Lord Noir portait à ses troupes. Et Rogue allait être testé. Il savait que Bellatrix Lestrange avait percé son jeu. La question était maintenant de savoir comment lui-même allait réagir. Il voulait plus que tout arrêter son rôle d'espion. Mais il savait aussi que celui-ci était décisif pour l'Ordre.

Alors il s'agenouilla sur les dalles vernies. Il voyait son propre visage y être reflété et avec satisfaction, il n'y vit aucune peur.

Mais le sourire qui était même apparu sur ses lèvres ne plut pas à Bellatrix.

"COMMENT OSES-TU SOURIRE AINSI! ENDOLORIS!"

Rogue tomba au sol et se mit à convulser de douleur. Mais à ce moment-là, plus que la sensation de millions de couteaux lui lacérant la peau, c'était l'image de Lily qui lui était venu à l'esprit. Et rien que pour cela il savait qu'il devait tenir.

"Assez!"

L'ensemble des personnes habitant la pièce à cet instant se retournèrent vers le mur noir brillant qui renvoyait l'image de Voldemort. Tous sauf Rogue qui reprenait son souffle. Qu.. Quoi? Bellatrix fut la dernière personne à se retourner, tremblante de rage et d'appréhension. Qu'avait-elle fait de mal?

"Petite vermine. T'ai-je donné le droit de torturer ainsi le peu de fidèles qui me restent?

- Mais maître…

- Réponds à ma question!"

La force de l'injection fit sursauter la sorcière, qui bredouilla finalement un faible non.

"Ta liste de dettes envers moi ne cesse de s'allonger de jour en jour Bellatrix. Et bientôt je n'aurais plus la patience de supporter tes sauts d'humeur et tes fautes."

Voldemort ferma ses yeux de serpent et s'étira calmement le cou. C'était comme si l'envie de meurtre qui grouillait dans tout son être menaçait de sortir.

"Bien. Le sujet du jour n'est pas de souligner les fautes des autres, mais d'unir nos forces."

Les épaules de Bellatrix semblèrent se libérer d'une partie de la pression qui s'y était installée.

"Nous réglerons cela… Une prochaine fois."

Mais elle revint aussi vite qu'elle était partie.

"Bella. Il me semble que Severus n'est pas ici pour rien. Je te laisse la parole.

- Maitre… Cet homme mérite le châtiment du Doloris que je lui ai infligé et..

- Et tu vas mériter plus si tu divagues encore Bellatrix! cracha le Seigneur des ténèbres.

- B-Bien Maitre… Si je dis cela, c'est parce que cet homme est un traitre."

Les yeux de Voldemort se posèrent sur Rogue, agenouillé à nouveau sur le sol. On pouvait y lire un certain étonnement et peut être même une pointe de déception. Mais plus encore, il y avait de la curiosité.

"Continue…

- J'en ai la preuve ici maitre.. Puis-je?"

Un simple geste de la main pour peut être provoquer la sentence d'un homme. Ce fut tout ce que fit Voldemort.

"Queudver, fais les entrer!"

Les yeux de Lucius Malefoy s'écarquillèrent d'effroi lorsqu'il vit son fils entrer dans la pièce, tirer par deux mangemorts avec à leur tête, ce fichu rat. Mais entrer était un mot bien trop joli pour décrire son cas. Battu, trainé à bout de bras, les cheveux sales tachés de sang… Il n'était pas seul. A ses côtés, Théodore Nott était dans le même état, si ce n'est pire. Tout parvenait quand même à rester debout, l'air très digne. Lucius quitta son fils des yeux pour regarder Nott père. Il réagissait comme lui. Il n'osa regarder le reflet de son maitre. Bien trop lâche. Aussi, il se contenta seulement de regarder son fils. Il n'y avait aucune inquiétude dans son cœur. Seulement de la honte. Et du dégoût.

"Ces deux garçons nous ont…, commença Bellatrix, un petit sourire déplacé naissant sur ses lèvres. Révélé que Rogue avait agi avec le gosse de James Potter à Poudlard…

- Comment?

- On a vraiment tout essayé. Doloris, Veritaserum, quelques tortures moldues… La seule chose qui a marché… Le sortilège Legilimens."

Alors que Malefoy et Nott baissaient la tête de honte, Rogue se remit debout. Ça, il ne pouvait pas le laisser passer.

"En quoi cela peut-il être une.. preuve tangible?! Comment pouvez-vous être sur que ce ne sont pas de faux souvenirs implantés? Après tout, ils sont les enfants de deux des plus grands mangemorts du monde…

- Ils. Ont. Aidé. Potter. lâcha Bellatrix avec force.

- Qu'est-ce qui te dit qu'ils n'agissaient pas sous l'Imperium? Tu es bien naïve de croire que les rebelles sont des êtres purs et droits.

- NE. ME. TUTOIES. PAS, hurla la sorcière, tremblante de rage.

- Maitre… ajouta Rogue en se tournant vers lui. Vous ai-je une seule fois déçu? Ai-je déjà trahi votre confiance? Contrairement à… Elle?"

Le doigt accusateur de Rogue se posa sur Bellatrix.

"Tu mens! Tu mens comme tu respires! Comment oses-tu mentir devant le maitre?! Comment oses-tu me comparer à toi?!

- Il n'a pas tord.", fit doucement Voldemort.

Le regard fou de Bella se tourna vivement vers la silhouette qui avait lâché ces mots. La paupière de son œil droit tressautait au rythme de sa folie. Et le rictus qui étirait ses lèvres n'avait rien de joyeux. Elle ne comprenait pas. Ce qui ne fut pas le cas du Seigneur des ténèbres. Il savait que cette femme était folle. C'était ce qui lui avait plu chez elle au tout début. Ça, sa soif de sang et son immense loyauté envers lui. Mais il ne l'avait pas aussi bien cerné que ce qu'il pensait. Elle était folle, et potentiellement dangereuse. Loyale, et certainement instable dans ses jugements. Meurtrière, et probablement sans limites. Il en vint à douter sérieusement de sa santé mentale. Et le doute, il fallait l'effacer.

"Maitre vous devez me croire… supplia-t-elle.

- Assez de ces querelles. Elles sont digne d'une sang de bourbe.

-Maitre… Mais... Que faites-vous du fait que l'Horcruxe a été volé pendant qu'il était à Poudlard?"

La fureur de Voldemort fit trembler les murs, et ce même si il n'était pas physiquement présent.

"Ceci… était censé rester confidentiel.

- Je…

- La traitre ici c'est toi.

- Maitre… Pardonnez moi, je…

- Il suffit!"

Voldemort ferma les yeux et le calme sembla revenir en lui.

"Je déciderai de ton sort au moment venu. En attendant, je ne te veux plus à mes côtés. Emmenez là!"

Des hurlements stridents jaillirent de sa gorge alors que les deux hommes qui tenaient Malefoy et Nott l'emmenaient par cette même porte où ils étaient entrés.

"Je te tuerais Severus! Je te tuerais! Et vous finirez tous par me croire!"

Le silence s'installa dans la salle. Un silence lourd, pesant.

"Severus. Avance toi vers moi."

Ce qu'il fit.

"Tu comprendras que je ne peux effectivement plus te faire confiance. Je ne te cache pas le fait que tu es un atout intéressant pour notre cause. Je te laisse le choix. Prouve ta loyauté envers moi. Malefoy et Nott te suivront. Il y a du sale travail à faire. Et c'est vous qui allait vous en charger."

Voldemort savoura ses propos.

"Vois-tu, Severus, nous avons déterminé l'emplacement de l'Ordre du Phoenix. Les traîtres sont universels n'est-ce pas? Un certain Mondingus.. Fletcher. Il parle plus qu'il ne réfléchit. A cet instant, l'or qu'il a dans la poche doit être recouvert de vers."

Un rire aigu sortit de sa gorge tandis que le sang quittait peu à peu le visage de Rogue.

"Vous allez y aller. Brûlez tout, tuez tout le monde. Sauf les enfants qui s'y trouve. Eux, je les veux."


Elle y avait réfléchi toute la journée. Le mauvais pressentiment qu'Hermione sentait au creux de son cœur n'était pas parti. Elle hésitait pour la millième fois au moins de l'heure. Au début, c'était parce qu'elle ne savait pas si elle devait partir. Après tout, elle pouvait rester là, avec Rose, lui éviter un nouveau départ peut-être inutile avant le gros vers Poudlard… Et puis peu à peu, elle n'avait plus hésité sur cette question : la raison avait gagné la bataille contre le cœur. Elle devait partir, aider, et si ce n'était pas pour aller au Square Grimmaurd avec les autres, elle devrait aider autre part. Mais surtout, Ron et elle étant déjà allés une fois là-bas, ils connaissaient à peu près les lieux. Mieux valait deux têtes qu'une. Ils devaient y aller c'était ainsi.

Mais maintenant, Hermione se demandait comment annoncer un nouveau départ à Rose. Elle lui avait fait une promesse qu'elle ne pouvait tenir. Et il y avait aussi les autres gosses. Elle y réfléchissait encore, là, assise sur le fauteuil miteux du salon alors que le jour s'était couché depuis longtemps, tout comme les enfants. "Bon sang." Elle ferma ses yeux fatigués. Sa décision était prise depuis plus d'une heure en fait. Mais quelque chose lui criait que c'était la mauvaise. Elle le sentait et elle savait qu'elle allait le regretter. Hermione avait d'abord mis tout ça sur le compte de la fatigue, sur le fait que tout s'accélérait et que le stress lui faisait perdre les pédales. "Idiote. Tu es parano." Et pourtant la petite voix dans son cœur continuait à hurler sa sirène d'alarme dans son crâne.

Elle sursauta au point de suspecter l'arrêt de son cœur lorsqu'une main se posa sur son épaule. Ses réflexes lui avaient fait poser sa propre main dessus.

"Du calme 'Mione, ce n'est que moi…"

La voix tendre de Ron la calma aussitôt.

"Tu ne dors pas un peu?

- Je n'y arrives pas."

Il s'assit sur l'accoudoir du fauteuil et Hermione posa sa tête contre son torse.

"Pourquoi?

- Rose…"

Le rouquin caressait doucement les cheveux de la jeune fille.

"Tu veux aller la réveiller? On part dans une heure, ça te ferait surement du bien de la voir.."

Hermione secoua la tête doucement.

"Non."

Le mot était sorti dan un souffle, à peine audible. Elle sentit l'incompréhension de Ron sans même avoir à le regarder.

"Tu veux partir comme ça? Sans rien dire?"

Elle ne répondit pas avant un moment de réflexion, cherchant ses mots.

"C'est plus facile comme ça… Elle n'a pas à dire au revoir encore une fois."

Ron s'écarta doucement d'elle pour la regarder.

"Parce que tu crois qu'elle réagira comment quand elle verra que tu ne l'as pas réveillée avant de partir? Tu lui as promis tout à l'heure…

- Je ne sais pas, je…

- Je vais te dire moi. Elle va se sentir abandonnée. Plus que jamais.

- On ne part pas longtemps, elle ne se posera pas beaucoup de questions.

- Hermione te moques pas de moi… Tu ne sais pas mentir. Encore moins à toi-même."

Le regard de Ron était brûlant de reproches. Hermione, penaude, regardait dans le vide.

"Tu sais ce que je pense?"

La jeune fille tressaillit. Elle n'aimait pas la tournure que prenaient les choses. Elle perdait le contrôle.

"Tu n'as pas envie de l'entendre mais je vais te le dire quand même. La vérité c'est que tu fuis. "

Hermione ne réagit pas. Elle attendait la suite avec appréhension.

"Tu as beau être la fille la plus intelligente que je connaisse, des fois, tu ne réfléchis pas. Tu te dis que si tu ne la vois pas, tu voudras partir, que comme ça, tu auras moins de peine. Tu vois ça comme un adieu alors que tu la reverras… Tu vas le regretter, je te connais beaucoup trop pour le savoir."

Dehors le vent soufflait avec force.

"Et tu oublies quelque chose. Nous aussi on aime Rose. Et les autres gosses. Et ils t'aiment aussi. Tu ne peux pas nous priver de ce choix."

La jeune fille prit les paroles de plein fouet. Elle voyait où il voulait en venir. Elle avait eu des réflexions purement égoïstes. Elle n'avait pensé qu'à sa personne, ses sentiments et elle avait oublié les autres dans sa détresse. Elle ne pouvait pas faire ça et pourtant…

"C'est mieux pour elle. Et pour nous."

Sur ces mots, la jeune fille se leva de son siège, délogeant la main que Ron avait laissé sur son épaule tout le temps de leur conversation.

"On part dans une heure."

Elle laissa Ron planté au milieu du salon, attrapa son sac à dos, un inhibiteur et sortit de la maison, les larmes aux yeux. Le mauvais pressentiment qu'elle ressentait n'avait fait que grandir et avec ça le doute. Bien sur qu'elle prenait la mauvaise décision. Bien sur qu'elle agissait de manière détestable et égoïste. Mais elle devait agir ainsi, sans savoir exactement pourquoi. Fichue fierté.

"Tu sais il y a des promesses que tu ne peux pas tenir certaines fois hein?"

Ron l'avait suivi, sans qu'elle en soit étonnée. Elle commençait à construire quelque chose avec lui, et le peu qu'elle lui montrait d'elle était moche et terne. Alors pourquoi était-il si têtu?

" De quoi tu parles?

- Je sais que tu as promis à Rose de ne plus partir.

- Comment..?"

Pause.

"Elle te l'a dit hein?

-Oui."

Il se planta face à elle.

"Elle m'a aussi dit qu'elle savait que tu n'allais pas respecter cette promesse. Et tu sais quoi? Elle s'en fout. Elle t'aime Hermione. Et cette petite noisette a peut être plus de jugeote que toi."

La jeune fille rigola doucement à travers ses larmes.

"Je crois que je viens de prendre une belle leçon de maturité par une gamine de cinq ans… Je suis une idiote."

Ron l'attrapa tendrement dans ses bras.

"Non, tu es juste têtue et beaucoup trop compliquée dans ta tête."

Il posa ses lèvres sur les siennes, comme pour apaiser la tornade qui continuait de tourner sous le crâne de la brune.

"Je sais pas Ron. Des fois j'ai l'impression de devenir folle, de prendre les pires décisions au monde. Et je sais que je vais le regretter. C'est ça le pire. Et pourtant… J'ai cette conviction que ce que je fais est logique, même si mon cœur me crie le contraire. Je crois que je perds vraiment la tête.

- Tu réfléchis trop. Ressens. Ecoute ton cœur. La preuve, ça a marché pour nous hein?"

Hermione rigola doucement et enfouit sa tête contre le torse de Ron. Elle avait toujours cette mauvaise intuition mais…

"Tu devrais aller voir Rose. Elle dort à l'étage avec Sirius. Elle l'appelle le Monsieur avec des cheveux sur le visage haha. Il part cette nuit avec Lupin alors elle le squatte tant qu'elle peut, et comme on devait partir plus tôt qu'eux, elle pouvait pas squatter tes genoux..

- Je crois que je n'ai même pas besoin de monter la voir."

En effet, Rose se trouvait sur le palier de la maison, l'air à moitié réveillé mais les yeux pétillants de malice.

"Oh Rose, viens là!", dit Hermione en s'accroupissant, les bras tendus vers la gamine. La petite ne se fit pas prier et s'y jeta avec allégresse.

"Je suis désolée… Tellement désolée…

- De quoi?

- De devoir te laisser une nouvelle fois.

- C'est pas 'rave 'Mione, je suis forte maintenant, comme toi, je vais juste t'atten're un peu!"

La jeune fille serra encore plus fort la petite dans ses bras.

"Minerva devrait revenir demain en même temps que nous.

- Ze sais, elle me l'a dit!

- Bien. N'embête pas trop Sirius d'accord, tu sais qu'il est malade. Je compte sur toi pour tenir les autres.

- Oui!"

Hermione enleva une mèche de cheveux du visage de Rose.

"Rose… Tu sais que je t'aime hein? Vraiment très fort?"

La petite secoua la tête, faisant bouger ses cheveux en rythme.

"Je t'aime très fort aussi, 'Mione.."

La jeune fille sentit soudain la petite main de l'enfant se glisser dans la sienne et y déposer quelque chose.

"Que..

- C'est pour te protéger. "

La résistante ouvrit la paume de sa main et découvrit une chaîne en argent munie d'un petit pendentif représentant un minuscule arbre de vie, lui même dans un cercle.

"Mais c'est le collier…

- De ma maman. Il te protégera, je le sais.

- Rose, je peux pas accepter ça…

- Ma maman me l'a donné parce qu'elle m'aimait. Et moi je t'aime."

Les larmes aux yeux, Hermione regarda la petite fille qui lui avait donné la force de se battre toutes ces années. Elle avait été idiote de croire qu'elle pourrait partir sans la voir une dernière fois avant. Elle avait été stupide sur toute la ligne. Elle était sa famille, sa petite sœur, sa Rose.


La rue était silencieuse. Il n'y avait pas un chat, mis à part le petit groupe qui faisait face aux maisons abandonnées. On remarquait facilement que c'était le cas depuis un moment.

Hermione regarda avec nostalgie les édifices et serra la main de Ron qu'elle venait d'attraper.

"C'est…

- La première fois où l'on s'est rencontré. Ici."

Il l'avait coupé. Mais au lieu de s'énerver, Hermione lui sourit doucement.

"Attendez, lâcha Harry. Il est où le 12, square Grimmaurd? Il y a le numéro 11, le 13.. Enfin je crois, on ne voit pas bien le numéro mais… En tout cas c'est pas le numéro 12. Et si c'est une blague elle est pas drôle.

- Attends deux secondes Harry et tu vas voir, lui répondit Ron. 'Mione?"

La résistante hocha la tête et sortit un inhibiteur de son sac. Celui qu'ils avaient utilisé pour venir ici les avait lâché presque aussitôt. Elle appuya sur un petit bouton sur le côté et le cylindre se teinta de bleu. Il semblait vibrer légèrement.

"Combien de temps il marchera celui-là? demanda Ginny.

- Jusqu'à demain soir je pense…

- On a largement le temps alors.

- On a pas vraiment le temps Ron et tu le sais..

- Ouais."

Hermione regarda Ron du coin des yeux. Elle adorait sa susceptibilité, c'était plus fort qu'elle.

"A toi l'honneur"

Elle se mit derrière lui et le poussa vers la maison.

"Quoi?

- Ouvres-là!"

Il haussa un sourcil, et se plaça face à la demeure. Hermione l'observa se concentrer sur ses pensées.

12, square Grimmaurd.

L'instant d'après, la façade se décala sur le côté, laissant apparaître la porte numéro 12.

"Ha oui, fit Harry, bouche bée. D'accord, c'est… Plutôt pas mal comme système.

- N'est-ce pas? Viens je te fais visiter!" rajouta Ginny.

Elle attrapa sa main et l'attira à l'intérieur.

"Dis, demanda Hermione en se tournant vers Ron, Ginny n'est jamais venue ici non?

- Non, elle n'avait jamais vu l'ouverture ni rien.."

Ils rigolèrent de concert. Elle voulait juste impressionner Harry?

"Ma sœur fait son intéressante j'ai l'impression.

- Ça doit être de famille!"

Elle déposa un rapide bisou sur sa joue, et le laissa planté au milieu de la rue, hébété.

"Elle est pas croyable."

Il la suivit à l'intérieur. Au moment où il passa le seuil de la maison, il entendit des cris. Oh non. Ils avaient omis un détail. Il se précipita vers leur provenance. Contre la barrière des escaliers, Ginny était soutenue par un Harry effrayé et perdu. Hermione, elle, semblait se débattre avec des rideaux. Le tableau de la mère de Sirius. Foutu sortilège de Glue Perpétuelle.

"Bon sang, mais tu vas te taire à la fin vieille bique?!"

Ce qui fit crier de plus belle l'habitante de la toile.

Hermione sortit rapidement sa baguette et la pointa directement vers le tableau. Aussitôt, les rideaux se fermèrent avec violence et les cris s'étouffèrent.

La jeune fille souffla un bon coup, remettant une mèche de cheveux, qui s'était délivrée durant la bataille, derrière son oreille.

"Ginny, Harry… Je suis vraiment désolée, on aurait du vous prévenir pour elle.."

Les deux jeunes gens regardaient la résistante, la main sur le cœur, hébété et le regard plein de questions. Après quelques instants où Hermione et Ron attendaient une quelconque réaction de leurs amis, soucieux, Harry prit enfin la parole.

"C'était quoi ça au juste?

- Je te présente la mère de Sirius, Walburga Black.

- Et elle est toujours de si mauvais poil?

- Ben tu sais, répondit Ron, elle n'a jamais vraiment aimé Sirius, du fait qu'il était à Gryffondor tout ça… alors du coup, tout ceux ayant un lien avec lui, ou même juste tous ceux qu'elle n'estime pas, elle leur hurle dessus."

Ron sembla prendre une petite pause dans ses explications.

"Ouais en fait, conclua-t-il, elle aime pas grand monde.

- Oook…. Et ça sera comme ça à chaque fois?

- Si tu marches sur la pointe des pieds dans ce couloir et que tu la "réveilles" pas t'es tranquille mon vieux. Pas de hurlement de furie."

C'est ce moment que Ginny choisit pour reprendre ses esprits.

"Les cris! On nous a certainement entendu de dehors! Il faut qu'on foute le camp!

- Gin' ! Calme toi, tempéra Hermione, le Square est protégé par le sortilège de Fidelitas, on ne craint rien ici!

- Tu veux dire, c'est comme si tout ça n'existait pas?"

Hermione hocha la tête.

"Cool…

- C'est pareil pour l'Ordre, tu sais, à moins que quelqu'un ne trahisse sa position, il est comme invisible.

- J'avais jamais fait attention… Mais alos... Pourquoi on a quand même besoin d'inhibiteurs?

- C'est bien ça le problème. La magie ne peut pas être cachée par le sort. En soi, le sortilège de Fidelitas libère de la magie uniquement quand il est scellé, ou quand on entre dans le lieu pour ce qui est du Square.

-Eh ben…"

Chacun était bloqué dans ses pensées. Tous semblaient mettre les pièces du puzzle en place, les dernières qui leur manquaient. Et on sentait que la fatigue commençait à peser sérieusement sur leurs épaules.

"Mais… Pourquoi Sirius n'est pas resté planqué ici après y avoir caché l'Horcruxe..?

- Oh.. Aucune idée Harry. Il est peut être reparti à la recherche de ton père. Il devait s'inquiéter je suppose…

- Bon, s'exclama Ron, je propose qu'on commence les recherches après avoir dormi un peu. Et mangé aussi.

- On te suit grand frère! Mais fais nous la visite d'abord!"

Après le tableau, Ginny ne pouvait plus mentir sur le fait qu'elle ne connaissait pas la maison. Hermione regarda ses amis monter les escaliers, attendrie. Après ce qu'ils leur étaient arrivés, ils ne pouvaient pas souhaiter mieux. Ginny faisait tout pour cacher le fait qu'elle était effrayée de revivre à nouveau la perte de ses amis mais personne n'était dupe...

Malgré la situation, Hermione savait qu'ils devaient laisser tomber la pression accumulée. Ou du moins un peu. Ils ne tiendraient pas sinon. Et le moment semblait propice à cela. De toutes façons, il était convenu que Ron, elle et Remus se retrouveraient le lendemain soir à l'Ordre, après que Lunard et Poppy ait déplacé Sirius chez Alberfort à Pré-au-lard. Leur tâche allait être difficile elle le savait mais elle était certaine de la réussite de Lupin. Alors, bien qu'elle avait hâte de retrouver Rose, toujours à cause de ce malaise inexpliqué qu'elle ressentait, elle comptait bien profiter de cette soirée. Elle attrapa machinalement le pendentif de Rose et passa son pouce sur le minuscule arbre.

Et puis, c'était idiot, mais elle avait hâte de voir la réaction des autres quand elle leur dirait que Ginny et Harry étaient censés rester ici pour garder les Horcruxes. Après tout, quatre personnes pour ce genre d'expédition, c'était beaucoup trop, ils devaient bien se douter de quelque chose, non? Elle rigola en pensant à la réaction que Ron allait surement avoir, en sachant qu'il allait laisser sa sœur seule avec son meilleur ami. Sa tête allait chauffer.

"Vous n'êtes pas les bienvenus ici, petite Sang-de-Bourbe."

Hermione se retourna vivement vers la source de cette voix.

"Cette insulte est démodée Kreattur."

L'elfe de maison la regarda avec ses petits yeux plissés. Il portait le même drap sale et malodorant que la dernière fois où elle l'avait vu. Soit il y a longtemps.

"Que fais-tu encore ici?

- Kreattur sert la maison Black, miss. Il y est lié. Monsieur Potter a hérité d'un elfe à la mort du maître."

L'elfe sembla tiquer en disant cette phrase. Alors il ne sait pas que Sirius est toujours vivant.., pensa Hermione.

"Mais Kreattur a le malheur de servir un autre traître.

- Qu'est-ce qui t'empêche de nous faire coincer alors? Pourquoi ne l'as-tu pas déjà fait?

- La petite Sang-de-Bourbe pose trop de questions. Mais… Bien que Kreattur vous hait, il sait aussi que vos ennemis n'auraient aucun respect pour l'héritage des Black. Aucun pour le tableau de ma maîtresse. Vous, cracha-t-il presque, vous en avez un peu."

C'est plutôt qu'on ne sait pas comment enlever ce fichu tableau.., pensa la jeune fille. Mais elle se garda bien de le dire.

"… Et vous savez bien qu'un elfe comme Kreattur n'a pas plus de voix qu'une Sang de Bourbe telle que vous. Sans oublier que, malheureusement, Kreattur doit allégeance à son maître."

Cette fois, c'est Hermione qui tiqua au mot allégeance.

"C'est le gamin qui est entré, c'est cela?"

Hermione hocha la tête.

"Il va te plaire j'en suis sûre."

Et elle tourna les talons. Derrière elle, Kreattur se mit à parler au tableau de sa maîtresse, tout en le nettoyant. Elle crut entendre quelques insultes et autres basses expressions sortir de sa bouche mais après tout, elle s'en moquait. Elle avait toujours voulu la liberté des elfes de maison. Ça lui rappelait que trop bien à quelle point sa situation à elle et aux autres était similaire.. Mais elle devait avouer qu'elle n'aimait pas Kreattur. Il n'était pas comme Dobby. Le jour et la nuit. Lui était juste sombre et fourbe.

C'était fou de se rendre compte à quel point leurs principes les limitaient. Alors qu'ils auraient très bien pu se débarrasser de lui, si enraciné dans l'héritage moral de la famille Black, ils ne pouvaient simplement pas le tuer ainsi. Ce serait un véritable meurtre.

Hermione se savait horrible de penser ainsi mais c'était tout de même vrai. Leur honnêteté, leur loyauté et leur sens de la justice étaient une faiblesse. Et elle était certaine que Voldemort allait l'utiliser.


Alors c'était dans cette maison que Sirius avait grandi. Harry se sentait encore plus proche de son parrain à force de découvrir les pièces de la maison. Il avait vu sa chambre, aux couleurs rouge et or défraîchies et son cœur s'était serré. Il avait aussi trouvé la tapisserie de la salle à manger. Impossible à rater. L'arbre généalogique entier de la famille Black y était représenté.

Il passa l'index sur le nom de Sirius. Puis il continua et suivit les branches de l'arbre.

Bellatrix Lestrange.

"Ron… Sirius est le cousin de Bellatrix?"

Il vit son ami blêmir.

"Oui, malheureusement.

- Et comment ça se fait qu'elle ne connaisse pas cet endroit?

- Aucune idée. Tu devrais demander à ton parrain la prochaine fois que tu le vois."

Harry faillit lâcher un "si je le revois" mais il se retint au dernier moment. C'était bien trop déplacé de dire ça.

Il continua son manège et tomba sur un autre nom connu.

"Tonks?

- Yep.

- Cool."

Tonks, Bellatrix, Sirius… Il y avait même Narcissa Malefoy.

C'était juste fou d'imaginer de tels liens entre ces différents personnages.

C'est ce moment que choisi Hermione pour entrer dans la pièce.

"On a commencé à chercher avec Ginny à l'endroit que Sirius nous avait indiqué mais il n'y avait rien.

- Quoi? Mais comment c'est possible?

- Quelqu'un l'a pris. Et l'a déplacé."

Harry remarqua la petite lueur qui était apparue dans les yeux d'Hermione.

"Toi, tu sais quelque chose."

Elle eut un petit sourire en coin. A force, Harry commençait à la connaitre.

"Il y a quelqu'un qu'il faudrait que tu rencontres Harry.

- Tu veux dire… Ici?

- Oui. Mais je te préviens, ça ne sera pas vraiment une partie de plaisir. Je suppose."

Il se tourna vers Ron qui arborait une grimace. Puis vers Ginny, plongée elle aussi dans l'incompréhension.

"Tu veux parler de Kreattur? fit Ron, amer.

Hermione lui répondit par un haussement d'épaules et un air désolé.

"Qui-est-ce? demanda Ginny, alors qu'Harry voulait poser la même question.

- Un elfe de maison. Celui qui sert la famille Black" répondit Ron, dégoûté.

Harry pensa à Dobby. Il ne comprenait pas vraiment l'aversion de son meilleur ami envers ce Kreattur. Mais après tout, il ne l'avait effectivement jamais rencontré.

"Crois moi Harry. Il est tout sauf sympathique, continua Ron sur le même ton. Il déteste ton parrain, il souhaiterait plutôt servir Bellatrix Lestrange, mais il n'a pas le choix, alors je te laisse imaginer à quel point il est aigri. Même Hermione qui défend à fond les droits des elfes l'aime pas alors tu vois…

- Non c'est pas vrai je…

- Oh Hermione, allez, tu trompes personne. La première fois que tu l'as vu tu l'as fuis pendant le reste du temps où on était ici. Tu ne vas pas me dire que tu as pitié de lui?

- Je…"

Elle s'arrêta aussitôt de parler, fronça les sourcils, pinça les lèvres et croisa les bras sur sa poitrine. "Oh, oh, pensa Harry. Ça elle a pas aimé."

" Tu vois Harry c'est presque un oui!

- Hé! lâcha Hermione avant de se rappeler qu'elle était énervée contre Ron et de reprendre sa position.

- Bref Harry se fera sa propre idée. On est d'accord sur ça au moins?

- Moui…"

Un silence pesant s'installa dans la pièce. Brisé par Ginny.

- "Les gars, c'est pas que vous êtes désespérants, mais en fait oui, vous l'êtes carrément. Alors, est-ce qu'on pourrait manger et se reposer et s'occuper de l'Horcruxe demain?

- D'accord !", répondirent-ils en chœur.

Hermione attrapa son sac.

"On va fouiller les maisons alentours peut être qu'il reste quelques trucs à manger, des boîtes de conserves ou quoi, l'inhibiteur marche encore, autant en profiter.

- Je t'accompagne si tu veux, fit Harry.

- Nous on s'occupe de fouiller la maison alors.

- Parfait. Si on ne revient pas avant trois heures du matin, restez enfermé ok?"

Il était 1h47. Ils auraient largement le temps si tout se passait bien.

"Toujours partant pour m'accompagner Harry?

- J'ai envie d'étendre la visite au quartier."

Elle lui sourit.

"Alors on y va!"

Il la suivit dans le couloir poussiéreux qu'ils traversèrent sur la pointe des pieds.

Puis il observa Hermione regarder par la fenêtre, écartant les rideaux qui bloquaient son champ de vision.

"On dirait que la voie est libre. On peut y aller."

Elle était vachement rassurante… Mais Harry ouvrit la porte grinçante et sortit dans l'allée.

"On commence par où?

- Choisis!"

Il se dirigea vers le numéro 11, suivit de près par Hermione et entendit un grondement sourd dans son dos.

"Wow."

Le 12 avait une nouvelle fois disparu.

"Impressionnant, n'est-ce pas?

- On s'y habitue?

- C'est toujours pas le cas pour moi!"

Harry posa une main sur la poignée du numéro 11. Au moment où il s'apprêtait à ouvrir la porte, Hermione l'arrêta.

"Attends."

Elle sortit la baguette et traça des signes dans l'air.

"Personne. A priori."

Un sort de détection? Bien pensé. Harry se rendit compte qu'il était loin des réflexes de survie des résistants…

Il attrapa de nouveau la poignée et la tourna. Fermée. Il sortit lui aussi sa baguette et la pointa vers la serrure.

"Alohomora!"

Un petit clic! lui annonça que son sort avait marché.

"J'aime ce sort.

- Moi aussi. Quand j'étais petit, je m'en servais pour ouvrir la boîte à bonbons que mon père fermait à clé. C'est le deuxième sort que j'ai appris après Expelliarmus."

Et puis il se rendit compte à quel point ce qu'il venait de dire était déplacé. Pendant un instant, il avait oublié qu'ils avaient eu une enfance totalement différente.

"Désolé, je…

- Harry.. Tu n'as pas à t'excuser de ça. On en a parlé après le.. Manoir..", acheva-t-elle dans une grimace.

Ils en avaient tous eu besoin. Affreusement.

"Tu n'as pas à te sentir coupable d'avoir eu de la chance. Et puis c'est faux. Tu as autant souffert que nous, simplement, ce n'était pas de la même façon. Et quand bien même ça n'aurait pas été le cas, tu n'aurais toujours aucune raison de te sentir mal vis-à-vis de ça. Ce serait oublier le véritable ennemi.

Harry la regarda, les yeux brillants de reconnaissance.

"Et puis, ça m'intéresse de te connaitre plus! finit-elle par dire dans un sourire. On forme une équipe maintenant non? Oh. Ça fait drôlement cliché de dire ça. C'est un peu niais aussi. Pourquoi ça devrait être niais en fait? Harry?"

Jusqu'à maintenant, elle parlait sans regarder Harry, avançant dans le couloir de la maison, un Lumos accroché à la baguette.

"J'ai dit quelque chose qui fallait pas?"

Elle semblait vraiment inquiète, aussi Harry se hâta de la rassurer.

"Non, non… C'est juste que.. Comment tu fais pour être si compréhensive?"

La question sembla la prendre de court.

"J'ai eu un bon entourage tu sais… Ron, Molly et Arthur, Ginny, Lupin… Et surtout Minerva. Il n'y a pas de mérite à ça.

- Arrête…

- Non je t'assure. Si Minerva n'avait pas été là, j'aurais été totalement différente… Furieuse, aigrie avant l'âge je crois.

- Comment tu peux dire ça?

- Harry, ils ont tué ma mère devant moi. A cette époque, j'ai haï le monde entier. C'était comme une spirale de haine dans laquelle j'étais enfermée. Mais Minerva m'en a sorti et je ne la remercierai jamais assez pour ça.

- Comme une mère?

- Comme une mère."

Elle regarda tendrement la baguette qu'elle tenait à la main.

"C'est…?

- La première baguette de Minerva oui.

- Elle a l'air d'être une femme fantastique.

- Elle l'est, rajouta-t-elle, toujours souriante. Bon! Allons fouiller la cuisine, les autres vont nous attendre!"

Ils durent visiter trois maisons avant de trouver de la nourriture. Avec -le peu- qu'ils avaient rapporté de l'Ordre, ils allaient pouvoir bien manger.

Bien qu'elle fût plutôt courte, leur escapade avait encore un peu scellé leur amitié.

Hermione avait hurlé de peur quand elle avait senti une souris passer sur son épaule. Heureusement qu'ils avaient posé un Silencio, et pas que parce qu'Hermione avait crié. Le rire d'Harry aurait pu réveiller un mort. Il en avait même pleuré. Hermione, d'abord boudeuse et honteuse, avait fini par le rejoindre dans son fou-rire.

Ils décidèrent de rentrer, après qu'Hermione ait obtenu la promesse d'Harry qu'il ne raconterait jamais ce qu'ils s'était passé.

Harry commençait enfin à cerner la personnalité de la jeune fille. Derrière la force de volonté qu'elle dégageait, son côté maternel et protecteur, derrière son intelligence, il découvrait une jeune fille un peu trop têtue, fragile et plutôt susceptible. Loin de le décevoir, ces défauts la rendait plus humaine et moins intimidante. Harry restait admiratif de ce qu'elle était mais il la voyait dorénavant d'une façon plus simple qui plaisait surement plus à la résistante.

Ce qui lui fit bizarre, c'est qu'il se rendit compte qu'il s'était fait une amie. Et il avait l'impression qu'elle le resterait longtemps. Après tout, se sauver la vie mutuellement, ça forge les amitiés.

Ils sentaient, tout les deux, qu'ils pourraient compter l'un sur l'autre, parce qu'ils se comprenaient d'une façon spéciale, sans aucune ambiguïté.

Le jeune homme laissa la sorcière vérifier la rue avant de rejoindre le 12. C'était tellement rassurant cette histoire d'inhibiteur!

Au moment où le 12 apparu en coulissant, Harry réalisa quelque chose.

"Hermione…

- Oui?

- Les inhibiteurs… C'est Fred et George qui les ont inventés hein?"

Une nouvelle fois, elle lui répondit par un sourire.

"Oui. Ils ont toujours été fort en sortilèges et en… Fabrication. Il faudrait que Ron te montre certains autres trucs du genre, les oreilles à rallonges, c'est brillant!

- J'en apprends tous les jours!

- Tu aurais peut être aimé Serdaigle!

- Je crois que je préfère Gryffondor.

- C'est vrai!"

Les cris qu'ils entendirent en entrant dans la maison les alertèrent instantanément. Une nouvelle fois, Walburga Black s'était réveillée. Mais en plus d'hurler des insultes, il y avait autre chose.

"LÂCHEZ LE BANDE DE TRAÎTRE A VOTRE SANG! LAISSE-LE TRANQUILLE! C'EST UN ELFE DE MAISON, PAS UN SAC A PATATES OU UN MAUDIT SANG DE BOURBE! IL A PLUS DE MÉRITE QUE VOUS TOUS RÉUNI!"

Harry et Hermione traversèrent rapidement le couloir après s'être lancé un rapide regard. Ron avait plaqué Kreattur contre le mur et lui hurlait dessus, bien que les cris de Miss Black étaient bien plus forts et aigus que les siens. Derrière lui, Ginny essayait tant bien que mal de le résonner.

"Bon sang Ron! cria Hermione. Mais qu'est-ce que tu fous?

- Il a l'Horcruxe! Et il refuse de le donner!

- JAMAIS VOUS M'ENTENDEZ! JAMAIS JE NE VOUS LE DONNERAIS!

- JAMAIS IL NE VOUS LE DONNERA! répliqua Walburga Black.

- Ron, il ne coopérera jamais de cette façon! Lâche le Ron, lâche le!"

Ce qu'il fit aussitôt. Il se détacha soudainement de l'elfe qui tomba sur les fesses, sortit sa baguette, la pointa vers le tableau dont les rideaux se fermèrent sur le moment, étouffant les cris du portrait et quitta la pièce, les oreilles rouges de colère. Sur le dessous de sa joue, on pouvait voir sa cicatrice, blanche au milieu du rose.

"Harry, Hermione, je suis désolée, il est comme devenu fou et je ne sais pas pourquoi…

- Il va se calmer Ginny, ne t'inquiète pas. Il se calme toujours.

- Je vais le voir, fit Harry.

- Tu es sûr?

- Au pire il me criera dessus un bon coup!"

Le jeune homme laissa les deux filles assises sur les escaliers, et commença à chercher Ron dans la maison. Il le trouva rapidement, assis sur le rebord de la fenêtre du salon. Il avait toujours cet air énervé accroché au visage mais il semblait aussi très triste.

"Ron?"

Le rouquin tourna la tête vers Harry, le regarda quelques secondes avant de se tourner à nouveau vers la vitre. Oh, oh. Il lui en voulait, il le sentait. Mais il ne savait absolument pas pourquoi.

"Eh mon vieux, qu'est-ce qui t'as pris?"

Cette fois, il ne daigna même pas lever la tête vers lui.

"Qu'est-ce qu'il y a? J'ai fait quelque chose de mal?"

Toujours aucune réponse.

"Ron écoute… Tu sais que je n'aime pas quand on se dispute. C'est débile. Alors dis moi pourquoi tu m'en veux!"

Rien.

"Ça serait bête de gâcher le dîner avec ça, on a trouvé pleins de trucs cool, Hermione et moi!"

Il sentit son ami se crisper. Oh. Il avait touché dans le mille.

"Mon vieux… ne me dis pas que tu es jaloux?"

Cette fois, il reçut un grognement pour réponse.

Et Harry explosa de rire.

"Ron! Tu te fais de mauvais films pour rien!

- Ah ouais?"

C'était plutôt agressif comme approche mais au moins il avait ouvert la bouche. Un grand pas pour l'humanité. Harry s'avança vers son ami et se plaça face à lui, tout en posant les mains sur ses épaules.

"Ron. Tu es mon ami. J'ai vu à quel point tu tiens à elle. Je te promets, sur mon honneur -enfin si j'en ai un- qu'il ne s'est et ne se passera jamais rien entre Hermione et moi."

Le rouquin haussa un sourcil.

"Vrai."

Il parut réfléchir encore un moment, fixant le sol, avant de finalement se détendre. Un peu.

"Harry, j'ai été idiot. Je sais pas ce qu'il m'a pris..

- Mais non…

- C'est juste que.. Elle mérite tellement mieux que moi…

- Tu vas pas me faire un complexe d'infériorité? Vu comme elle te regarde, tu n'as absolument aucun soucis à te faire.

- Tu charries.

- Du tout. Parole de moi!"

Il sentit un peu de la tristesse de son ami partir.

"Je t'assure.. Cette maison me rend fou. Il y a un truc dans l'air qui ne va pas.

- Ça sent juste le renfermé. Mais.. Tout ça n'explique pas ce qu'il s'est passé avec Kreattur.

- J'étais énervé et il a insulté Hermione.. Encore. Je.. J'ai pas réfléchi.

- Tu fais peut être une allergie à l'air de la maison qui sait!

- On est bête hein?

- On est bête. Surtout toi."


Le petit groupe s'était organisé une sorte de campement dans le salon. A côté du vieux piano, ils avaient poussé les chaises et la table qui s'y trouvaient, avaient tiré le canapé et avaient étalé tous les coussins et couvertures -miteuses- qu'ils avaient pu trouver. Un vrai petit nid. Le ventre plein, ils étaient maintenant chacun sous une couverture, hormis Ron qui s'était dévoué à prendre le canapé, vieux et dur. Au lieu d'utiliser la cheminée et de risquer de se faire repérer, Hermione avait sorti de son sac un bocal et y avait lancé un sortilège. Une petite flamme bleue, douce et chaude, y dansait.

La jeune fille avait l'impression de se retrouver dans une sorte de colonie de vacances. Enfin, elle l'imaginait comme ça, elle l'avait seulement lu dans un livre.

Il était bientôt quatre heures du matin. Ils avaient un peu de temps avant l'assaut final. Un peu. Ce soir-là, ils parlèrent de tout et de rien. Chacun y allait de bon cœur, et personne n'avait envie de dormir, bien qu'ils en avaient tous besoin.

Ginny raconta la fois où Fred et George avaient brûlé la moitié des cheveux de Neville alors qu'ils testaient les inhibiteurs. Ron se lança sur une description totalement irréaliste du balais de ses rêves et comment il gagnerait le championnat du monde de Quidditch si il existait encore. Hermione conta la fois où Hagrid avait assommé Rogue avec un livre, juste en se levant de table. Il avait poussé la table qui avait tapé contre une armoire. Un seul livre en était tombé. Sur la tête de Rogue.

Harry se laissa entraîner par ces histoires et se lança dans de multiples descriptions de Poudlard, de sa vie d'avant et de sa mère.

Hermione vit le jeune homme prendre peu à peu confiance et ça faisait vraiment plaisir à voir. Elle s'était aussi tourné Ron à un moment, qui n'avait pas l'air de vouloir faire le premier pas vers elle. Alors elle avait mis sa fierté de côté pour une fois et elle lui avait juste pris la main. Le sourire qu'il lui avait adressé trahissait tout son soulagement, cela derrière un petit air coupable. Elle avait même cru apercevoir sa petite cicatrice apparaître, mais entre le coussin qui lui cachait le cou et le menton, et la faible lumière qui provenait du bocal, elle l'avait peut être imaginée.

Ils finirent bien vite par s'endormir et le lendemain, ce fut le pouce de Ron caressant tendrement la joue d'Hermione qui la réveilla.

"Bien dormi?

- Comme jamais.

- Pas de cauchemars hein?

- Toi non plus."

Elle déposa un rapide baiser sur sa joue et se leva. La résistante regarda la montre à la vitre cassée qui ornait son poignet. Il était neuf heures du matin.

"On pourrait peut être faire quelque chose pour ta montre, fit Ron.

- C'est-à-dire?

- Attends."

Il attrapa sa baguette et posa la pointe sur la vitre de la montre.

-Occulus Reparo."

Mais rien ne se passa. Il s'éclaircit la gorge et recommença. Une fois, puis deux, et trois. Hermione retint un rire. Au bout de la quatrième fois, et après un petit conseil de la part d'Hermione, le sort fit son effet.

"Merci, murmura Hermione avec un petit sourire.

- On devrait réveiller les autres…

-Déjà faiiit débile…"

Ginny s'extirpa des couvertures, se frottant les yeux avec ses poings.

"Ron la prochaine fois que tu veux jouer les romantiques niais, lances un Silencio avant. Ta grosse voix comme réveil c'est pas le mieux.

- Tu devrais avoir l'habitude avec le temps Ginny!"

Ils avaient déjà perdu assez de temps comme ça. Alors malgré les grognement de certains, Hermione poussa les autres à se lever rapidement. Ils s'étaient tous mis à la recherche de la planque de Kreattur. Au bout d'un moment, alors que les recherches semblaient au point mort, Ron appela Harry.

"Après ce qu'il s'est passé hier -il semblait tout penaud- je ne pense pas qu'il coopérera mais..Vu que tu es son nouveau maître et qu'il ne sait pas pour Sirius..

- Je devrais l'appeler c'est ça?"

Ron hocha la tête. Hermione s'était tendue à ces paroles. Elle n'approuvait pas du tout ça. Obliger quelqu'un à agir contre son libre arbitre… Mais elle se tut. Ils n'y avaient surement pas d'autres moyens.

"Kreattur!"

Il y eut un crac! sonore et l'elfe de maison surgit de nulle part, devant la cuisinière, probablement cassée depuis des lustres.

"Vous avez appelé Kreattur… Maître?"

On pouvait sentir toute la haine qu'il avait à l'encontre de Harry. Il jeta un œil à Ron et marmonna quelque chose, trop bas pour que quiconque puisse l'entendre.

"Tu… Tu as volé quelque chose qui appartenait à Sirius.

- Kreattur a récupéré -il insista sur le mot- beaucoup de choses qui appartenaient à monsieur Sirius, croassa-t-il de sa voix de crapaud.

- Je cherche une chose en particulier. Un médaillon."

Kreattur devint plus blanc qu'il ne l'était déjà, si cela était possible. Et cela semblait effectivement l'être.

"Et je…T'ordonne de me dire la vérité.

- Bien maître. Kreattur a effectivement un médaillon, grogna-t-il en s'inclinant bien bas. Mais il n'appartient pas à Sirius Black."

Hermione sentit Ron se tendre à côté d'elle, aussi, elle posa une main sur son épaule pour le calmer. Elle devait avouer, elle ne comprenait pas où Kreattur voulait en venir. Bien entendu que le médaillon n'appartenait pas à Sirius mais… Il ne pouvait pas le savoir.

"Kreattur. Dis nous tout ce que tu sais sur lui.

- Comme vous le souhaitez… Maître."

Il s'inclina une nouvelle fois.

"Les traîtres à leur sang et la sang de bourbe sont-ils obligés de rester?"

Ron fit mine de s'avancer vers l'elfe mais, d'une main, Ginny le tint à distance.

"Ne traites personne ainsi. Je te l'interdis."

Après avoir regardé Harry avec haine, il reprit la parole.

"Ce médaillon n'appartient pas à Sirius Black. Le propriétaire en est le défunt maître, Regulus Black.

- J'ai vu son nom sur la tapisserie. C'était le frère de Sirius?

- Vous êtes un fin observateur maître", ricana l'elfe de maison.

Et avant qu'Harry n'ait pu s'emporter, il continua.

"Monsieur Regulus était un homme formidable, bien plus vertueux que son frère. Il devint mangemort afin de servir à la cause des sangs purs. Il en était si fier, si fier… Mais le Seigneur Noir l'a trahi, et Monsieur a cherché à se venger. Alors il a voulu dérober le bien le plus précieux de Vous-Savez-Qui.

- Le médaillon, murmura Hermione.

- Mais…, continua Kreattur sans porter attention à ce qu'avait dit la jeune fille, il a réussi à atteindre son but. Kreattur était avec lui, jusqu'au bout. Il y avait un cimetière. Monsieur Regulus a emmené Kreattur avec lui. Il avait découvert que le Seigneur des Ténèbres avait caché l'objet là. Dans la tombe de son père. Il y avait une énorme statue représentant la mort armée d'une faux. Bien entendu, Monsieur Regulus n'avait pas peur, non pas peur. Il était si courageux… Kreattur savait qu'il y avait quelque de mauvais.

- Il t'a ordonné d'aller voir à sa place?"

L'elfe de maison secoua la tête, les larmes aux yeux. Alors Hermione comprit. Bien sur qu'il n'avait rien ordonné.

"Monsieur Regulus aimait beaucoup Kreattur. Alors il a ordonné à Kreattur de récupérer le médaillon quand il apparaîtrait et de repartir à la maison. Et puis, il a dit de le détruire. Tout faire pour le détruire. Alors Monsieur Regulus s'est avancé et la statue a pris vie. Je voulais aider le maître, je le voulais mais j'avais des ordres et…"

La cuisinière sans vie reçut soudainement les coups de tête de l'elfe.

"Arrête-le Harry! cria Hermione.

- Kreattur, reste tranquille, c'est un ordre!"

Tremblant, l'elfe se moucha dans le drap qui lui servait d'habit, tout en s'écartant de l'appareil, maintenant cabossé.

"Kreattur n'a pas pu sauver Monsieur Regulus. Il a récupéré le médaillon et il est rentré à la maison. Il a pleuré pendant des mois. Monsieur Regulus était bon avec Kreattur. Il n'a pas voulu le sacrifier alors qu'il n'était qu'un petit elfe de maison minable."

Les larmes étaient elles aussi venues prendre place dans les yeux d'Hermione.

"Kreattur a essayé tous les moyens pour détruire le médaillon mais rien ne marchait. Et un jour, il a été volé. Cet immonde Mondingus Fletcher.

- Encore lui? Remus aurait dû s'occuper de lui il y a longtemps, lâcha Ginny.

- Kreattur s'en est beaucoup voulu. Il s'est puni de bien des façon pour sa traîtrise. Et puis Monsieur Sirius a ramené le médaillon. Kreattur en était si heureux qu'il en a pleuré de joie!

- Et tu l'as toujours.

- Oui maître."

Les cœurs battants, les quatre adolescents arboraient des mines réjouies. Bon sang. Ils l'avaient. Alors Hermione prit la parole.

"Et si nous te disons que nous avons un moyen de le détruire?

- Impossible. Kreattur a tout essayé."

Il sembla se rendre compte à qui il parlait et se renfrogna aussitôt, ruminant des paroles surement plus horribles que les autres, avant de se remettre à pleurnicher.

"C'est la vérité Kreattur."

Entre deux sanglots, Kreattur parvint à articuler à nouveau quelques mots.

"Vous n'êtes pas comme Monsieur Regulus, Harry Potter. Comment pourrais-je vous croire?"

Hermione attrapa son sac et entreprit d'en sortir les documents que Ginny avait volé quelques mois plus tôt. La jeune concernée ne put retenir une grimace en les voyant mais se remit vite d'aplomb.

"Il y a six objets comme le médaillon."

Tous la regardèrent avec de gros yeux. Elle savait qu'elle prenait un risque en dévoilant tout à Kreattur. Mais non seulement il n'avait plus rien à perdre, à part du temps, mais en plus, ils n'avaient pas le choix. Si elle montrait la même confiance que Regulus avait eu en Kreattur, peut être qu'il les aiderait sans l'obliger à agir contre sa volonté.

"Le médaillon fait parti de ces six objets. C'est ce qui maintient Tu-Sais-Qui en vie. Si on les détruit, on a une chance de le vaincre. Et de finir ce que Regulus avait commencé.

Kreattur leva la tête des documents et la regarda avec les deux grosses orbes qui lui servaient d'yeux.

"Vous…

- C'est la vérité Kreattur. On se bat pour ça. Je crois que nous avons les meilleures raisons du monde de vouloir le détruire."

L'elfe sembla réfléchir quelques secondes tout en fixant le sol. Puis il claqua des doigts et disparut.

"Bon sang Hermione, tonna Ron, qu'est-ce qui t'a pris de tout lui déballer comme ça? Il doit être parti faire le cafard maintenant!

- Balancer quoi? Tu-sais-Qui est déjà au courant du fait qu'on ait les Horcruxes Ronald. Je ne lui aurais rien appris de plus.

- Ils vont débarquer ici! Parce que tu as fait confiance à ce fichu elfe de mais.."

Le discours tumultueux de Ron fut interrompu par un crac! sonore. A la manière d'un enfant, Kreattur tenait le médaillon dans les mains, le tripotant dans tous les sens.

Il s'avança vers Hermione et le déposa dans la paume de sa main.

"Le Seigneur Noir a tué la bien-aimée de Monsieur Regulus. Kreattur l'aimait beaucoup. Elle était bonne avec lui, tout comme l'était Monsieur Regulus. Il était si triste… Ça l'a presque tué. Kreattur vous croit. Il vous a aussi mal jugé. Vous, pas lui!"

Il pointa Ron du doigt, qui semblait ne pas y porter attention du tout.

"Miss… Vous achèverez le dernier vœu de mon maître?

Hermione hocha gravement la tête.

Puis il se tourna vers Harry.

"Vous seriez un bien meilleur maître que ne l'est Monsieur Sirius, Harry Potter."

Et il disparut dans un craquement.

"Il savait que Sirius était en vie, murmura Hermione.

- Depuis tout ce temps… Ça veut dire qu'il aurait pu en informer l'Ordre.

- Maudit elfe! jura Ron. Il devait bien savoir que nous n'étions pas au courant pour Sirius non?

- Ron, ça suffit, intervint Hermione.

- Comment tu peux le protéger?!

- J'essaie seulement de le comprendre! Sirius était surement odieux avec lui. Qui aurait envie de revoir quelqu'un qui ne le respectait pas comme le faisait Regulus? Et je te signale que ce "maudit elfe" comme tu dis ne nous a en aucun cas donné à l'ennemi."

Cette dernière phrase fit taire Ron. Harry devait admettre qu'Hermione n'avait pas tord sur ce coup-là. Il ne se souvenait pas vraiment de Sirius, mais il avait le sentiment qu'il n'aimait pas Kreattur. Ce qui était tout aussi justifiable que ce qu'avait dit Hermione. Seulement, Ron était trop direct dans ses propos.

Hermione tourna le médaillon entre ses mains. Il était plutôt lourd, fait en or vieilli par le temps. En son centre, les pierres précieuses vertes formaient la lettre S. Pour Salazar.

"Plus que deux…" murmura Ginny.

Des sourires étirèrent leurs lèvres. Plus que deux et c'était fini. Des rires nerveux ne tardèrent pas à naître dans la gorge des jeunes résistants. Mais ceux-ci ne durèrent pas longtemps.

Remus Lupin se tenait sur le seuil du salon.

Il avait le regard affolé, les yeux vitreux et un air plus négligé qu'à l'habitude.

"Dieu merci, vous allez bien.

- Remus? Qu'est-ce que tu fais là, que.. bredouilla Ginny. Qu'est-ce qui se passe?"

Son visage se ferma instantanément.

"Vous devez partir d'ici. Au QG de Londres.

- Quoi? intervint Hermione. Remus, explique toi!

- Notre couverture est compromise. On a été trahi."

Puis il se tourna vers Hermione. La respiration de la jeune fille s'était accrue et elle semblait perdre pied.

"Hermione…"

Des larmes perlaient aux coins de ses yeux et elle secoua la tête, faisant voler ses boucles brunes.

"L'Ordre a été attaqué cette nuit. Tout brûle…

- Non, non, non… C'est pas possible…

- Hermione.. Je suis désolé… Ils ont pris les enfants."

Pendant quelques secondes, elle regarda Remus les larmes aux yeux, sans sembler comprendre la situation. L'Horcruxe glissa de sa main et tomba sur le sol dans un bruit sourd.

"Je.. Dois… y aller.."

Elle sortit en trombe de la pièce.

"Hermione!"

Ron courut presque aussitôt à sa suite.

"Bon sang… jura Remus. J'ai été idiot… Harry, Ginny, vous allez bien?"

La rousse s'était réfugiée dan les bras du jeune homme et elle pleurait à chaudes larmes. Tout deux étaient plus que chamboulés par la nouvelle.

"Qu'est-ce qui s'est passé?

- Je vous explique ça en route. Prenez vos affaires, il faut quitter cet endroit.


La maison avait disparu. Il ne subsistait que les fondations et les cendres qui les recouvraient. Le feu était pratiquement éteint mais quelques parcelles brûlaient encore.

Ron avait attrapé Hermione par la main au moment où elle avait transplané. Il avait choisi de l'accompagner pour le meilleur et pour le pire. Et c'était le pire en cet instant. Elle s'était effondrée, genoux contre terre, devant les vestiges de ce qui avait été son foyer. Deux mains dans les cendres, elle avait appelé Rose, tout en sachant pertinemment qu'on lui avait enlevé. C'était ça ce sentiment malsain qu'elle avait ressenti tout le jour durant. Ron ne pouvait que la serrer dans ses bras tout en essayant de la rassurer et de se convaincre lui-même que les enfants allaient bien. Il ne pouvait pas faire grand-chose de plus.

Quand Remus transplana non loin d'eux, accompagné d'Harry et Ginny, tout aussi perdus et tristes qu'ils ne l'étaient eux-mêmes, Ron laissa Hermione quelques secondes seule, à contre cœur. Mais il devait savoir. Il laissa sa main glisser sur son épaule et vint aux nouvelles. Mauvaises.

Fleur était morte. Poppy qui avait accompagné Sirius lors de son transfert, juste avant l'attaque, était arrivée trop tard. Le résistant passa la main sur ses traits tirés. Et merde. Bill et Fleur avaient prévu de se marier quand cette fichue guerre serait finie. Ils n'en auraient plus jamais l'occasion.

Hannah Abbot, qui était venue aider Fleur pour s'occuper des enfants, était dans un état critique. Pomfresh s'occupait d'elle, ainsi que sa tante qui était revenue auprès d'elle en apprenant la nouvelle. Elles ne savaient pas si elle se réveillerait un jour.

Voldemort avait réussi son coup. Il avait cinq enfants en otage, il avait tué un membre de l'Ordre, blessé gravement un autre et il avait détruit leur quartier général.

"On va les récupérer."

Ils se tournèrent vers Hermione. Elle s'était remise debout.

"J'en suis sûr Hermione. Mais toi et les autres devaient me suivre à Londres pour vous mettre en sécurité.

- Non."

Elle se retourna vers eux. Sur ses joues, on pouvait voir les sillons que ses larmes avaient creusé dans la cendre qui était venue se coller à son visage.

"On va à Pré-au-Lard. Il est grand temps de se battre."


"George!"

Fred Weasley observait le dos courbé de son frère. Il l'avait appelé en murmurant mais apparemment, celui-ci ne l'entendait pas. Il se pinça le bras, se demandant si son frère allait ressentir lui aussi la douleur. Ces trucs de jumeaux, tout ça, qui n'avaient jamais marché. En tout cas, pas pour eux. Il s'était fait mal pour rien parce que son frère n'avait pas bronché, trop concentré dans sa planque.

Alors il opta pour la méthode "Lançons lui quelque chose dessus". Il attrapa un bout de bois, de la taille d'un pouce, et visa la tête rousse de George, qui se retourna vivement.

"Hé! Qu'est-ce que tu fous?!

- Chut, moins fort! Tu m'entends pas alors je cherche d'autres solutions pour te faire réagir.

- T'avais qu'à traverser le couloir!

- Et risquer de me faire choper? Non merci!

- Tu es illogique.

- Eh, c'est pas ma faute si t'as ton tympan qui marche plus.

- Certes.

- Puis c'est pas juste, depuis que tu as cette oreille en moins, tu tombes toutes les filles de la planque.

- Je suis un survivant, que crois-tu?

- Qu'on est dans une planque de Rafleurs et qu'on discute filles. On a beau parler à voix basse, on va se faire capter.

- C'est toi qui m'a gêné dans mon espionnage.

- Pour une bonne cause! Enfin, ça dépend de quel point de vue hein.

- Lâche l'affaire et viens. Les couloirs sont vides et on pourra parler moins fort.

- Ok."

Fred rejoint rapidement son frère à l'aide d'une roulade parfaitement maîtrisée.

"Crâneur.

- Tais toi.

- Tu sais que tu aurais pu faire ça dès le début hein?

- J'ai dit tais toi."

Fred lâcha un sac sur le sol. Il s'affaissa dans un cliquetis de bois.

"Des baguettes?

- Les baguettes.

- Des Rafleurs?

- Des Rafleurs.

- Comment t'as fait?

- J'ai fait."

Son frère croisa les bras sur sa poitrine.

"Bon ok. Wingardium Leviosa, tu connais?

- Tu me prends pour une truffe.

- Un peu. J'ai pas utilisé ça.

- Donc sans magie?

- Sans magie.

- Juste avec les mains?

- Un peu avec les pieds aussi.

-… Le garde était endormi.

- Totalement. Un petit chocolat de notre fabrication sur la table. Et comme ces débiles gardent tous leur baguette dans la même pièce. Bam. Pickpocket.

- Bien joué frérot.

- Je n'aurais pas pu dire mieux.

- Et maintenant?

- Bonne question.

- On reste encore un peu. T'as des oreilles à rallonge?

- Toujours!"

Il tendit une masse couleur chair à George qui l'attrapa avec conviction. Accroupis derrière des fûts de bière, ils avancèrent jusqu'à une porte. Des voix semblaient provenir de la pièce.

"Là! murmura Fred

- J'ai entendu, j'suis pas sourd."

Fred se tourna vers son frère, le regard faussement outré.

"Bon ok, à moitié."

George déroula l'oreille à rallonge et la plaça sous la porte. Puis les deux jumeaux Weasley reculèrent dans un coin sombre qui les cachaient plutôt bien.

"Voyons voir ce qu'ils ont à raconter."

George plaça l'extrémité de l'oreille dans la sienne et commença à écouter.

"Eh, te trompes pas d'oreilles!" lança Fred.

Son frère lui fit signe de se taire et lui transmis la conversation des Rafleurs.

"Merde. Ils parlent d'un raid. Fini avec succès.

- Est-ce qu'ils donnent des détails?

- Je crois qu'il y a un mangemort avec eux. Il dit que tout le monde doit être mobilisé et être prêt à combattre parce que… Oh non.

- Quoi qu'est-ce qu'il y a?"

Le visage de son frère avait perdu toutes ses couleurs.

"Parce que l'Ordre est tombé. Fred. Ils ont brûlé l'Ordre, kidnappé les enfants et il n'y a aucun survivant.."

Son frère dû s'appuyer contre le mur pour ne pas chanceler.

- C'est pas possible…

- Fred…"

Il sentit que les mauvaises nouvelles n'étaient pas terminées.

"C'est Rogue qui a attaqué l'Ordre."


TATATAAAM. Hum. Excusez moi.

Voilà, c'est fini pour ce chapitre!

J'espère qu'il vous a plu!

J'ai été obligée de le couper parce qu'il était beaucoup trop long (je crois qu'il fait déjà 30 pages Word...), du coup, cette fin n'était pas vraiment prévue comme ça à la base!

Je vais vraiment essayer de poster plus vite que la dernière fois (ce qui ne devrait pas être très difficile n'est-ce pas...)

En espérant qu'il me reste quand même quelques lecteurs haha :)

Et n'oubliez pas, vos commentaires aident vraiment! Votre avis compte ;)

Des b'sous!

Pauline.