Bon ce chapitre est posté assez tard, désolé pour ça ^^

Nemo : Contente que tes théories se soient avérées :3 J'espère que la suite te plaira tout autant, merci pour ton commentaire !

Bonne lecture !


Chapitre 25 : Un soir au clair de lune

où Oikawa est une drama queen aux plans absolument suicidaires


Dimanche 11 Décembre


Grâce à la tournure qu'avaient prise les événements, Oikawa avait pu aider Akaashi sans trahir la parole de Kuroo, et ce tour de force l'emplissait d'une immense satisfaction. Sa fierté rayonnait d'autant plus que son plan malicieux semblait avoir porté ses fruits : d'après ce que lui avait raconté le Serdaigle, Bokuto avait déjà commencé à révéler des informations sans s'en rendre compte. Cela ne l'étonnait nullement, son petit spectacle avait principalement cherché à le déstabiliser suffisamment pour qu'il dévoile son secret. Et même si Akaashi n'avait toujours pas fait le rapprochement entre le Gryffondor et le Grand Duc, il suffirait de continuer à le faire parler : Bokuto finirait par se compromettre. Oikawa était certain que son cadet obtiendrait les réponses à ses questions. Il devait se douter de quelque chose, mais il fallait avouer que cette révélation était difficile à croire au premier abord ; et le Serdaigle désirait sans doute des preuves irréfutables.

Le Serpentard espérait également qu'Akaashi ne lui en tiendrait pas éternellement rigueur, car il s'était excusé, et ses actions avenantes avaient été nécessaires au bon fonctionnement de son plan. Et puis, sans mentir, un baiser comme celui-ci était loin d'être désagréable.

Oikawa avait donc passé le reste de sa journée avec un sourire qui refusait de s'effacer, trop fier de son habile stratagème et des mystères qu'il avait réussi à dévoiler. Il avait continué de feuilleter les ouvrages sur la lycanthropie, mais il lui était impossible d'y consacrer tout son sérieux tant il se trouvait distrait par les récents événements. Il tâcha tout de même d'étoffer l'idée qui lui était venue juste avant l'arrivée de Kuroo et tout ce qui s'en était suivi, mais même ces considérations pourtant si graves ne parvinrent pas à assombrir son humeur légère.

Après des recherches bien moins productives qu'il eût souhaité, le Serpentard rejoignit finalement la Grande Salle dans la soirée, une fois que le Club de Duel de Gryffondor avait cessé son activité et que l'heure du dîner ne tarderait pas à sonner. Iwaizumi, Hanamaki et Matsukawa étaient partis défier des sorciers de Maisons rivales, et au lieu de faire tout le chemin jusqu'à la Salle Commune, ils avaient dû rester là-bas pour attendre le repas du soir. Le Serpentard pouvait enfin retourner avec ses amis sans risquer de provoquer un vent de panique auprès des élèves duellistes qui pensaient toujours Oikawa susceptible de leur lancer un sortilège impardonnable… À croire que cette réputation le collerait jusqu'à la fin de sa scolarité, car même si les rumeurs allaient et venaient, celle-ci possédait bien plus de véracité que les autres. Malheureusement.

Il ne s'était pas trompé : ses trois amis patientaient bien à la table des Serpentards, remise à sa place après les activités de l'après-midi. Daishou se trouvait même avec eux, à lire La Gazette du Sorcier d'un air passablement ennuyé. Mais en portant, comme toujours, plus d'attention que nécessaire à son meilleur ami, Oikawa remarqua que celui-ci était complètement avachi sur la table, l'air défait. Et, déjà, son esprit soucieux se remit à bouillonner de milliers de cas de figure : avait-il perdu ? Se passait-il quelque chose de grave ?

Le Serpentard commençait à froncer les sourcils en s'avançant dans leur direction lorsqu'il remarqua les mines espiègles d'Hanamaki et de Matsukawa à l'encontre d'Iwaizumi ; leurs sourires carnassiers trahissaient les railleries qu'ils devaient sûrement lui faire subir alors qu'ils lui parlaient, penchés vers lui. Ils semblaient prendre un plaisir extrême à l'agacer, d'autant plus que la forme affaissée d'Iwaizumi ne daignait pas leur répondre ni même fixer autre chose que la surface en bois devant lui. Oikawa en était soulagé : il devait seulement s'agir d'une énième facétie du duo. La routine. Il s'approcha d'eux pour connaître la raison de cet acharnement sur son meilleur ami, et pour décider s'il prendrait sa défense ou s'il les soutiendrait. Le sourire qu'il avait gardé une grande partie de la journée refit surface alors qu'Hanamaki remarquait finalement sa présence.

— Tiens, Oikawa ! Justement !

L'interpellé s'immobilisa quelques secondes, surpris d'être le sujet de leur conversation actuelle (et après ils osaient lui dire que tout ne tournait pas autour de lui…) et son regard croisa brièvement celui d'Iwaizumi, qui se redressa de son état amorphe à l'entente du nom d'Oikawa. Ses yeux s'étaient légèrement écarquillés, et il avait presque aussitôt reporté son attention ailleurs alors qu'il marmonnait un simple « Ta gueule » à l'encontre de Matsukawa et de son air narquois. Ce comportement intrigua quelque peu Oikawa, et il pouvait assurer qu'il n'imaginait pas l'adorable teinte rosée que venaient de prendre les joues de son meilleur ami. Adorable certes, mais déconcertante. Que se passait-il ici ? Quels tourments Matsukawa et Hanamaki faisaient-ils subir à Iwaizumi pour le troubler de la sorte ?

— Je vous ai tant manqué que ça ?

Oikawa les rejoignit en s'installant à son tour avec les Serpentards, non sans lancer un discret coup d'œil en direction d'Iwaizumi parce qu'il ne pouvait pas s'en empêcher et que son attitude ne demandait qu'à être décryptée par son esprit retors. Celui-ci scrutait la table vide avec un profond intérêt.

— Tu n'imagines même pas, déclara Hanamaki en attardant lui aussi son regard vers Iwaizumi.

— Vos duels se sont bien passés ? Vous avez gagné des rangs ou je ne sais quoi ?

— Tranquille, personne n'est mort ou blessé gravement… On en a même profité pour faire gagner quelques points à Serpentard.

Oikawa se contenta d'acquiescer sans ajouter de commentaire ; il ne désirait pas vraiment s'étendre sur le sujet, et la remarque désinvolte de Matsukawa ne lui évoquait pas des souvenirs très agréables. Il les écouta distraitement revenir sur les détails de certains duels particulièrement prenants au cours de leur après-midi.

— Alors Iwaizumi, tu restes bien silencieux, tu n'as rien à dire ?

L'insistance sur les mots l'interpella immédiatement. Avec leurs sourires insolents, ils avaient décidément choisi leur cible, et ils étaient déterminés à jouer avec ses nerfs. Cela changeait de leurs habitudes : normalement, c'était à Oikawa que revenait ce plaisir.

Iwaizumi quitta sa contemplation du mobilier pour les assassiner du regard. Son devoir de meilleur ami criait à Oikawa de rejoindre Hanamaki et Matsukawa dans leurs boutades, bien qu'il ne sache pas exactement de quoi il en retournait.

— Iwa-chan, tu t'es fait laminer pour faire une tête pareille ?

— Oh non, répondit Matsukawa à sa place, il a battu Kyoutani assez facilement… une fois de plus…

— Sérieux, il est obsédé par toi à te coller autant ! Il est même venu te voir après le duel quoi… Cette obstination…

— Je peux parler tout seul, vous savez...

— Ah oui ? Très bien « Iwa-chan », raconte-nous donc pourquoi tu fais cette tête…

Celui-ci se contenta de soupirer sous le regard insistant de ses deux énergumènes d'amis avant d'ignorer les remarques d'Hanamaki :

— Et toi, Oikawa ? T'as su t'occuper cet aprèm' ?

Un geignement dramatique et combiné du duo infernal retentit, mais Oikawa choisit de ne pas relever le changement de sujet :

— J'en ai profité pour bosser un peu, avec les ASPIC et tout…

Cet habile mensonge commençait à lui faire réaliser qu'il devrait peut-être se mettre au travail, car il avait assez mal démarré l'année : il n'avait pas porté d'attention à ses cours. Il avait été trop préoccupé par le Quidditch, et tous les événements de ces derniers mois l'avaient empêché de trouver le temps nécessaire pour étudier avec sérieux. Mais bientôt, cela ne serait plus un problème ; il aurait sa réponse, il pourrait aller de l'avant. Il serait libéré d'un poids qui pesait sur sa conscience depuis le début de l'année, et ce quelles qu'en soient les conséquences. Ce n'était qu'une question de temps.

— Non sérieusement, t'as fait quoi ?

Oikawa en resta légèrement déstabilisé : son mensonge était-il si évident ?

— Je v-

— Oikawa !

La voix grave et irritée de Kuroo retentit dans la pièce, et il arriva à pas rapide dans leur direction. Le mécontentement qui se lisait sur son visage concordait parfaitement avec le ton qu'il venait de prendre à l'encontre de son Capitaine.

Oikawa concevait qu'il puisse être en colère : après tout, il l'avait légèrement malmené sous sa forme de chat, mais Kuroo n'aurait pas dû tenter d'espionner sa discussion avec Akaashi. Il avait trouvé cela particulièrement malvenu, et les mesures qu'il avait prises étaient parfaitement justifiées, même si elles avaient été quelque peu brusques. Oikawa, agacé par cet incident, n'allait certainement pas s'en excuser, qu'importe ce que son Gardien allait lui dire.

— Oui, chaton ?

Tout le monde resta médusé devant l'insolence perceptible dans la voix d'Oikawa, et même Daishou leva les yeux de son journal pour l'observer avec surprise et amusement. Quoi que Kuroo ait initialement prévu de dire, s'il avait souhaité le faire avec ménagement cette idée était désormais révolue. Son regard s'était assombri face à cette petite provocation et ce comportement désinvolte, mais c'était plus fort qu'Oikawa, il n'avait pu s'en empêcher. Une allusion que seuls eux comprenaient ne pouvait faire de mal à personne.

— C'est quoi ce délire avec Akaashi ? T'es sérieux là ?

Ah, ça c'était typiquement les paroles d'un meilleur ami qui avait entendu la version exagérée d'un Gryffondor dramatique et sans espoir, les yeux embués de larmes… Comme c'était triste…

Mais Oikawa était bien décidé à jouer avec les nerfs de Kuroo, car cette tentative d'espionnage lui restait toujours en travers de la gorge. Il prit alors une voix incroyablement enfantine et battit des cils avec un air d'incompréhension :

— Kei-chan ? De quoi tu parles ?

— Depuis quand tu sors avec lui ?

— Moi ? s'exclama-t-il, faussement surpris.

— Oui, toi. À moins que pour toi rouler une pelle à quelqu'un ce soit tout à fait normal…

Le Capitaine de Quidditch réprima une grimace face à cette remarque acerbe. Quelle exagération… et puis, était-il obligé de le dire si fort ? Kuroo semblait vraiment très énervé, il n'avait pas dû s'être remis de cette petite humiliation sous forme féline, même si son attitude protectrice envers son meilleur ami forçait l'admiration.

Oikawa sentit peser sur lui le regard de ses amis à ses côtés, et pour une fois il trouvait qu'être le centre de l'attention avait quelque chose de dérangeant. Mais il les ignora, il était hors de question qu'il lâche l'affaire : Kuroo l'avait provoqué, il répondrait sur le même ton.

— Et alors, qu'est-ce que ça peut te faire ? Tu vois quelqu'un d'autre qui pourrait intéresser notre cher Kei-chan de toute façon ? Soyons sérieux...

Cette attaque indirecte contre Bokuto était peut-être basse et mesquine, mais Oikawa n'avait jamais vraiment porté le Gryffondor dans son cœur. Kuroo semblait l'avoir remarqué : il devait se douter que son Capitaine avait percé à jour l'identité d'Animagus de Bokuto, ainsi que son attirance envers Akaashi. Après tout, s'il avait eu droit à des rapports détaillés de la part du Gryffondor éploré chaque fois qu'Oikawa avait fait quelque chose de peu recommandable à son encontre, ce n'était pas difficile de le supposer. Ils le savaient tous les deux. Le regard de Kuroo se durcit et, les sourcils froncés, il rompit le silence qui s'était installé :

— T'es vraiment un connard, Oikawa.

— Eh, surveille un peu ton langage jeune homme, fit remarquer Daishou qui se prit immédiatement le regard noir dirigé auparavant vers le Capitaine.

— Toi, c'est pas le moment.

— Non, t'as raison, je m'en fiche de vos histoires de cœur de toute façon… c'est bien trop mièvre pour moi.

Kuroo s'apprêtait à répliquer pour faire taire celui qui le regardait avec un sourire mauvais paresseusement étiré sur ses lèvres, mais Matsukawa mit fin à la joute verbale naissante en s'exclamant :

— Mais vous croyez vraiment tout ce qu'il raconte, lui ?

Il désigna Oikawa d'un geste de main qui ne manquait pas de condescendance. Mais devant le silence de Kuroo et de l'interpellé, qui les observaient avec des regards graves attisés par l'agacement de leur dispute, l'incertitude gagnait progressivement leurs amis.

— Attends… c'est pas une blague ?

Oikawa fut surpris de constater à quel point Hanamaki semblait énervé par cette nouvelle. Il l'était presque autant que Matsukawa, qui commençait à soupirer bruyamment…

Mais qu'est-ce qui leur prenait ?

— Mais vous êtes pas sérieux là ! Je rêve…

Hanamaki se prit la tête dans les mains d'une façon bien trop excessive pour la situation. Pourquoi tout le monde agissait-il comme dans un drame romantique tout à coup ?

— Vous êtes vraiment pas possible, reprit-il finalement.

— Je ne vois pas ce que j'ai fait de mal, répliqua Oikawa.

Il n'avait pas nié, parce qu'il ne voulait pas que Kuroo aille tout répéter à Bokuto s'il voulait que son plan fonctionne, mais il n'avait pas confirmé leurs hypothèses non plus. Cela suffirait pour le moment ; et puis, il ne savait pas vraiment à qui Hanamaki faisait référence avec ce « vous ».

Kuroo lui asséna un nouveau regard désapprobateur, mais Oikawa l'ignora pour porter discrètement son attention sur Iwaizumi, qui n'avait pas dit un mot depuis le début de cette conversation. Le cœur battant, il tenta d'apercevoir l'expression de son visage, sa réaction. Il s'en ficherait sûrement, comme d'habitude.

En se risquant à jeter un œil dans sa direction, il remarqua l'air légèrement confus de son meilleur ami, qui fixait le vide, comme s'il faisait un bilan de sa vie jusqu'à présent ou qu'il se rendait soudain compte de l'immensité de l'univers. À le voir ainsi, il n'était même pas sûr qu'il suivait vraiment la conversation ; peut-être était-il en train d'assimiler l'information ?

Dans tous les cas, il évitait soigneusement de croiser son regard. Hanamaki et Matsukawa l'observèrent un instant, une frustration à peine voilée sur leur visage.

— Tu me saoules Oikawa, franchement, t'es vraiment pas possible !

— Ah, merci, intervint Kuroo pour appuyer les deux autres Serpentards et profiter du fait que tout le monde soit de son avis.

— Mais c'est quoi votre problème ? Ça ne vous regarde pas, vous êtes juste jaloux ! Kei-chan peut faire ses propres choix tout de même !

C'était terriblement hypocrite de sa part de déclarer de tels propos, surtout parce qu'Akaashi n'avait jamais eu son mot à dire, mais ils n'avaient pas à le savoir. Kuroo secoua la tête.

— Tu-

— Eh, c'est bon, laissez-le tranquille.

Iwaizumi reprit finalement part à la conversation, et avait efficacement fait taire les exclamations agacées de ses amis à l'encontre d'Oikawa. Ce dernier croisa son regard, et il sentit son cœur se serrer. Rien de ce qu'il pouvait lire dans ses yeux ne lui était familier. Il lui semblait le découvrir sous un nouveau jour, comme si une affliction insidieuse apparaissait soudainement après avoir longtemps été cachée à Oikawa. Il ne savait comment réagir, comment interpréter. Mais quand Iwaizumi lui adressa un très faible demi-sourire qui tentait vainement d'être rassurant, il comprit que quelque chose n'allait pas du tout.

Cette impression ne le quitta pas lorsque le dîner commença, et ces nombreux questionnements le gardèrent éveillé plus que nécessaire.


Mercredi 14 Décembre


Oikawa détestait l'admettre, mais Akaashi avait eu raison : la rumeur s'était répandue. Le Serdaigle devait certainement le haïr pour cela : comme toute histoire croustillante, il n'était plus possible de nier quoi que ce soit lorsque la moitié de l'école en parlait avec curiosité. Quand il voyait ce qu'un tout petit baiser chaste pouvait engendrer comme conséquence… maintenant, tout le monde pensait que les deux sorciers étaient ensemble après s'être passionnément embrassés dans la bibliothèque.

Oikawa n'osait même pas imaginer comment les versions continueraient de muter, mais il savait que dans quelques jours l'intérêt se dissiperait : dans quatre jours, c'était les vacances de Noël, et Poudlard serait de nouveau calme.

Mais toute cette situation l'agaçait fortement, et pour plusieurs raisons. Déjà, malgré sa stratégie, Bokuto continuait de briller par son inutilité et ne faisait aucun effort pour qu'Akaashi découvre que c'était lui l'admirateur. Non, plus que l'admirateur, le messager. Si ces deux-là n'interagissaient jamais, comment le Gryffondor pouvait-il se faire démasquer ? En plus, lors des cours qu'il partageait en commun avec sa Maison, Oikawa pouvait très bien remarquer l'infinie tristesse qui accablait Bokuto ; et à le voir dans cet état il ne semblait pas enclin à se défaire des sentiments négatifs qui le rongeaient… quelle blague, autant que tout cela serve à quelque chose ! Le Serpentard gardait l'espoir que Kuroo parviendrait à convaincre son meilleur ami de tout avouer : avec le temps, soit Bokuto allait se trouver du courage, soit Akaashi finirait par le comprendre tout seul avec les indices habilement insinués par le septième année. Mais cette attente restait incroyablement frustrante, il avait espéré une résolution plus rapide.

Mais le pire pour lui, c'était de voir comment Iwaizumi réagissait à la situation, car c'était tellement inhabituel qu'Oikawa s'en trouvait désemparé. Il avait eu de nombreuses petites amies durant sa scolarité à Poudlard, et cela n'avait jamais provoqué de réactions de sa part, sauf peut-être de l'irritation à voir Oikawa s'en vanter à la moindre occasion. Maintenant, il semblait juste gêné… Peut-être était-ce parce qu'il s'agissait d'un garçon ?

En tout cas, son meilleur ami prenait cela bien plus au sérieux que ses précédents flirts de quelques jours, ou semaines. Plus au sérieux que les principaux concernés.

Peut-être que la réputation studieuse et immaculée d'Akaashi faisait naître le doute ?

Même si c'était le cas, Oikawa ne comprenait pas pourquoi Iwaizumi réagissait de cette manière ; le Capitaine de Quidditch prenait le plus de précautions possible pour ne jamais se trouver avec Akaashi parce qu'il ne voulait pas attirer l'attention et aussi car le Serdaigle devait toujours être en colère contre lui. Iwaizumi n'avait donc aucune raison de réagir de cette manière, encore moins de se cacher derrière une attitude faussement nonchalante. Oikawa avait peut-être perdu la main, mais il connaissait suffisamment son meilleur ami pour voir à travers cette mascarade.

Le pire pour Oikawa fut lorsqu'après une énième plaisanterie de la part d'Hanamaki et de Matsukawa, Iwaizumi lui avait déclaré, toujours aussi mal à l'aise, que cette histoire lui ferait du bien après « tout ça », et qu'il était content pour lui.

Content pour lui, ça restait à débattre. Oikawa n'y croyait pas vraiment, pas avec l'expression qu'arborait son meilleur ami.

Peut-être avait-il peur, comme lui, de se faire remplacer ? Mais cette seule pensée était absurde lorsque l'on constatait l'obstination d'Oikawa : il ne l'abandonnerait jamais, et cette certitude était si catégorique que le Serpentard en avait presque peur. Et il restait toujours à ses côtés, c'était impossible qu'il puisse penser qu'il le laisserait tomber.

Même si lui y avait également cru lorsque la situation était inversée.

Si Iwaizumi osait s'imaginer qu'Oikawa ne le remarquerait pas, il était naïf ; son comportement était bien trop étrange ; son regard s'attardait sur lui, quand il ne fixait pas simplement le vide, en proie à une intense réflexion…

Mais le Serpentard devait faire taire ses pensées égoïstes et paranoïaques ; les agissements d'Iwaizumi n'étaient certainement pas en rapport avec cette rumeur stupide, mais plutôt à cause de la pleine lune qui approchait et qui allait une fois de plus le transformer dans des conditions atroces sans que personne puisse lui venir en aide.

Et ça, Oikawa ne le permettrait plus. Tout allait se jouer maintenant.

Ce soir.

Il obtiendrait la vérité, quoi qu'il en coûte. Son plan était bon : il ne laisserait pas l'opportunité à Iwaizumi de se défiler, et il était prêt à en subir les conséquences.

— Iwa-chan ?

C'était la fin de la matinée, et le cours de Sortilèges ne semblait pas plus intéresser Iwaizumi qu'Oikawa, et aucun des deux n'écoutait vraiment le Professeur Takeda. Il devrait suivre avec attention pourtant, ses résultats commençaient à chuter et il parvenait tout juste à décrocher des « Acceptable » à ses devoirs. La leçon d'aujourd'hui portait sur le Prior Incantato, une formule permettant de découvrir les derniers sorts utilisés par le propriétaire d'une baguette magique, mais Oikawa avait refusé de participer aux travaux pratiques. Il ne voulait certainement pas voir apparaître au milieu de la classe l'image brumeuse de son Silencio contre Akaashi, il ne tenait pas à se faire assassiner par Kuroo et Bokuto qui se trouvaient aussi dans la salle.

Iwaizumi lui lança un coup d'œil interrogateur alors qu'Oikawa le surprenait une fois de plus à le regarder d'un air indéchiffrable. Il semblait étonné par cette interpellation inattendue.

Après tout, ils étaient censés s'entraîner à maîtriser le sort, mais aucun des deux n'était d'humeur.

— Oui ?

— Est-ce qu'on pourrait aller à la Tour d'Astronomie ce soir ? Comme on faisait avant ?

Il déclinerait la proposition, c'était une évidence. Aujourd'hui était un soir de pleine lune. Toutefois, ces derniers temps, Iwaizumi lui refusait difficilement quoi que ce soit, il pouvait toujours tenter cette approche-ci.

— Ce soir ? Avec moi, tu es sûr ?

Oikawa pouvait presque entendre l'insinuation « pas avec Akaashi ? » résonner dans la tête de son meilleur ami, mais il décida d'ignorer ce détail et de ne pas se laisser abattre :

— Oui, comme au bon vieux temps. Ça fait longtemps…

En tout cas, cela lui avait cruellement manqué.

Iwaizumi sembla considérer un instant ces paroles ainsi que le regard de chien battu qu'Oikawa lui offrait. Il s'assura que le Professeur Takeda ne les surprendrait pas en train de discuter avant de continuer leur conversation :

— Tu ne veux pas plutôt attendre le début des vacances ? On sera plus tranquilles, y'aura pas de Préfets dans les couloirs...

Le Capitaine de Quidditch afficha une mine défaite et acquiesça faiblement, avant de faire semblant de suivre le cours, l'air incroyablement déçu.

Il savait qu'Iwaizumi céderait à l'instant même où il l'entendit soupirer longuement à côté de lui, résigné. Oikawa était très fort en manipulation, et obtenir les faveurs de son meilleur ami ne lui posait pas de grandes difficultés.

— Bon… si tu veux. Mais pas trop tard, d'accord ? Genre après l'entraînement, ça te va ?

Iwaizumi était si généreux, il devait vraiment avoir de la peine pour Oikawa s'il acceptait dans de telles conditions.

C'était le dernier entraînement de Quidditch pour lequel le Capitaine était suspendu, il l'attendrait donc en ressassant les détails de son plan, bien qu'il ne soit pas si compliqué.

Il acquiesça avec enthousiasme, un grand sourire aux lèvres.

— Mais même si la nuit tombe tôt, continua Iwaizumi, il n'y aura pas d'étoiles, t'es au courant ?

— C'est pas grave, mentit-il. Ce n'est pas ça le plus important !

Iwaizumi le regarda un instant avant de détourner les yeux, embarrassé.

— Si tu le dis… On ne reste pas longtemps, compris ?

— Compris ! Merci, Iwa-chan !


En rétrospective, admirer le soleil se coucher à l'horizon du lac resterait très romantique, même s'il devrait plutôt se concentrer sur ce qu'il avait à accomplir : retenir Iwaizumi le plus longtemps possible. De cette manière, si son meilleur ami ne souhaitait pas que se produise un incident dramatique, il serait obligé de tout lui avouer.
Oikawa attendait depuis quelques minutes en haut de la tour d'Astronomie, à contempler malgré le froid la lumière du jour déclinante refléter ses lueurs orangées dans le miroitement du lac : ce cadre était vraiment magnifique. S'il devait mourir ici, il ne le regrettait pas.

Iwaizumi fut plus rapide qu'il ne le pensa pour le rejoindre : il s'était même changé et n'avait pas ses affaires de Quidditch avec lui.

— Vous avez fini plus tôt ? demanda-t-il d'un ton légèrement réprobateur.

— Oui, il y a eu une petite altercation entre Kuroo et Daishou, rien d'inhabituel, mais on a préféré arrêter avant que ça ne dégénère.

Le Capitaine soupira à l'entente de ces nouvelles : son équipe avait décidément besoin de lui pour ramener l'ordre et les recadrer. Maintenant qu'il n'était plus suspendu, il allait avoir du travail pour coordonner ses joueurs.

— Au moins, tu es là, c'est le principal.

Iwaizumi se massa nerveusement la nuque. Si Oikawa ne le connaissait pas, il croirait presque qu'il s'attendait à se voir annoncer une mauvaise nouvelle. Peut-être était-il simplement anxieux à cause de la pleine lune ? Oui, c'était sûrement ça.

Il le rejoignit et s'accouda à son tour contre la balustrade, pour admirer l'horizon. Pendant qu'il contemplait le paysage devant lui, Oikawa lança le plus furtivement possible un Collaporta en sortilège informulé pour sceller la porte. Il rangea sa baguette aussi discrètement qu'il l'avait sortie, et prit un instant pour observer Iwaizumi : il ne semblait pas s'en être rendu compte.

Il n'avait plus d'issue.

— Tu comptes rater le repas du soir ?

— J'ai pas très faim, répondit Oikawa en haussant les épaules.

De toute façon, son estomac restait noué à la moindre pensée de ce qui allait advenir.

Iwaizumi ne s'y opposa pas, malgré sa mine réprobatrice. Maintenant, il fallait trouver de quoi l'occuper pour qu'il ne parte pas.

— C'est vraiment magnifique, lança-t-il en laissant son regard se perdre dans les abords de la Forêt Interdite. J'ai toujours l'impression d'être en première année quand je reviens ici, pas toi ?

—… Ouais, c'est vrai. Faut dire que t'as pas vraiment changé depuis… Toujours aussi puéril et obstiné.

À l'entente de ces propos, Oikawa fit mine de bouder, et il entreprit de pousser légèrement l'épaule d'Iwaizumi.

— Qu'est-ce que je disais ?

— Parce que toi tu as changé depuis ?

— Un peu quand même…

Le cœur d'Oikawa ne put s'empêcher de se serrer. Iwaizumi venait certainement de faire référence à sa lycanthropie, et cette idée seule l'emplissait d'une grande tristesse. Tristesse qui s'effaça aussitôt qu'il entendit la suite de sa phrase :

—… je suis passé de meilleur ami à baby-sitter.

— Mais bien sûr… fais pas genre tu n'es pas reconnaissant de m'avoir pour illuminer ton quotidien terne !

Au lieu de nier, Iwaizumi se contenta de secouer la tête pour voiler les quelconques traces d'amusement de son visage.

— Mais qu'est-ce qu'on va faire de toi, Oikawa ?

— T'inquiète, t'as plus qu'un an à me supporter, après c'est fini.

Il ne pensait pas dégrader autant l'atmosphère d'une simple phrase, mais il pouvait déjà constater la tension visible des épaules d'Iwaizumi. C'était rassurant de savoir qu'il n'était pas le seul à appréhender ce moment ; même si Oikawa ne comptait pas l'abandonner pour autant. Jamais.

Ils laissèrent leur regard se perdre dans le Parc de Poudlard, et Oikawa se trouvait partagé entre l'envie d'observer avec attention le soleil en train de décliner ou la mine grave de son meilleur ami. Peut-être pensait-il à quelque chose qu'il ne saurait formuler, ou bien était-il focalisé sur sa transformation prochaine ? C'était difficile à dire.

Mais le silence continua de s'étirer, et le Serpentard pressentait qu'avec cette atmosphère, Iwaizumi n'allait pas tarder à vouloir s'en aller. Il devait trouver une idée :

—… Enfin, c'est fini… j'espère quand même que le grand Iwa-chan passera me voir de temps en temps pour me raconter ses exploits !

Et qu'ils pourraient rester ensemble le plus longtemps possible, mais il n'avait pas besoin de savoir cela…

— Compte là-dessus… Tu seras certainement trop occupé par ta carrière de joueur de Quidditch professionnel...

— Je trouverai toujours du temps pour toi, déclara-t-il avec un grand sourire.

—… De toute façon, on n'y est pas encore, faut déjà passer nos ASPIC…

Oikawa grimaça.

— On a encore du temps, on n'est même pas à la moitié de l'année…

Cette conversation n'allait nulle part. Iwaizumi voudrait partir d'une minute à l'autre, le soleil commençait à se coucher.

Il interrompit sa contemplation et tourna son entière attention vers Oikawa avec beaucoup de sérieux.

Il allait partir.

— Dis Oikawa, tu voulais me parler de quelque chose en particulier ?

Ce dernier s'immobilisa, craignant déjà le départ.

— Non, pourquoi ?

— Non je pensais que… non, rien, oublie ça…

Iwaizumi fit mine de s'étirer, geste d'une spontanéité plus que douteuse.

—… Bon, je pense que je vais partir…

— Déjà ?

— On pourra revenir pendant les vacances si tu veux, on aura plus de temps...

— T'es sûr que tu veux pas rester encore un peu ? S'il te plaît, Iwa-chan…

Oikawa regarda avec appréhension le soleil décliner dangereusement derrière le lac. Oui, c'était bientôt le moment. Il retourna son entière attention vers son meilleur ami lorsqu'il répliqua :

— Non, je dois vraiment y aller.

— Et pourquoi ça ?

— S'il te plaît, ne commence pas. Je te promets que-

— Non, dis-moi pourquoi tu veux partir, Iwa-chan. C'est simple comme question : qu'est-ce que tu as à faire ?

Iwaizumi le dévisagea, immobile. Il paraissait en grand conflit intérieur… peut-être allait-il céder et tout révéler ? Peut-être…

— Mon devoir de potions pour demain, j'ai oublié de le faire et-

C'était la pire excuse du monde. Même Iwaizumi ne semblait pas y croire.

— Tu penses vraiment que je vais te croire ? Iwa-chan, je suis sérieux !

L'interpellé ignora les plaintes d'Oikawa et se dirigea d'un pas résolu vers la porte de sortie, l'air décidé à ne pas écouter ses arguments.

— Crois ce que tu veux, moi j'y vais… qu'est-ce qu-

À l'instant où il se rendit compte que la poignée était bloquée et qu'il se trouvait enfermé dans la pièce, Oikawa se précipita à ses côtés pour se placer entre la porte et Iwaizumi. Il ne devait pas défaire le sort, il fallait l'en empêcher à tout prix, il cherchait déjà sa baguette pour faire céder l'enchantement.

— Oikawa, pousse-toi. C'est pas le moment.

— Iwa-chan, tu peux me le dire, tu sais. Je t'écoute… je peux t'aider même, n'aie pas peur !

— Oikawa, l'avertit-il une nouvelle fois en ignorant ses remarques. Bouge de là, je suis sérieux.

L'intéressé maintenait les épaules d'Iwaizumi pour éviter d'être poussé hors de son chemin. Il suivait le moindre de ses mouvements, qui gagnaient en panique au fur et à mesure que les secondes s'écoulaient. Oikawa essaya d'attirer son attention alors que lui regardait désespérément la porte, décidé à quitter la pièce sans plus attendre.

— Moi aussi, je suis sérieux. Tu ne me fais pas confiance ?

— Tu ne comprends pas, je dois partir !

Le ton d'Iwaizumi trahissait son inquiétude. Il savait qu'il était pris au piège. Il voulait partir.

— Je comprends, je sais. Mais tout va bien se passer, je te le promets, tu dois juste-

— Laisse-moi passer cette putain de porte !

Oikawa se figea devant la violence de ces mots, qui avaient presque été criés en même temps qu'Iwaizumi tentait de le faire bouger avec des mouvements brusques. Il ne l'écoutait pas, il cédait à la panique. Et cela ne l'aidait pas à garder son propre calme : son cœur battait à tout rompre alors qu'il se rappelait des possibles conséquences de ses actions…

Un loup-garou transformé ne saurait reconnaître son meilleur ami, et il le tuerait sans hésitation.

— Non, s'exclama-t-il fermement. Parle-moi et je te laisserai faire ce que tu veux. Tu pourras rester là et je partirai… On sait tous les deux ce qu'il va se passer si on reste ici… alors s'il te plaît Iwa-chan…

— Oikawa, fit-il en sortant sa baguette magique, ne m'oblige pas à faire ça. Laisse-moi passer.

Il ne le regardait toujours pas dans les yeux, et les mots ne semblaient pas l'atteindre. Il ne l'écoutait pas, il ne lui révélait rien. Il le menaçait maintenant, mais le Capitaine n'en avait que faire : il ne se défendrait pas, mais il n'allait pas abandonner pour autant.

Oikawa avait besoin d'un peu plus de temps, mais c'était justement ce qu'il manquait à Iwaizumi.

Il devait trouver quelque chose qui attirerait son attention autre part que sur le désastre imminent qui planait au-dessus de leur tête. Il devait calmer sa frénésie, et l'empêcher de lui jeter un sort.

Il regarda un instant la salle d'Astronomie par-dessus l'épaule d'Iwaizumi : le soleil avait pratiquement disparu… Une multitude de souvenirs remontèrent à son esprit jusqu'à le submerger : il se souvenait de la première fois qu'il avait gravi ces marches pour découvrir l'immensité de Poudlard, il se souvenait de son premier cours d'Astronomie où il avait eu l'impression de vivre parmi les étoiles, il se souvenait de toutes les escapades qu'il y avait faites avec Iwaizumi.

Quels que soient les moments qu'il avait forgés ici, son meilleur ami était une constante, il l'avait toujours été.

Les étoiles ne tarderaient pas à briller.

Mais en cet instant, c'était la lueur des yeux d'Iwaizumi qui aveuglait presque Oikawa. Sans réfléchir, avec une pointe de désespoir, le cœur au bord des lèvres, il prit le visage de son meilleur ami dans ses mains pour réclamer son attention :

— Je t'aime, Hajime.

Iwaizumi croisa enfin son regard. Il s'était immobilisé, et cherchait la vérité dans les yeux d'Oikawa, incertain. Au moins, il avait réussi à le captiver ; il n'avait qu'à continuer.

— Je t'aime, et je veux être là pour toi. Je sais que tu as peur, mais parle-moi. Tu ne sais pas à quel point c'est douloureux de te voir souffrir en silence. Déteste-moi si tu veux, mais ça ne changera rien à mes sentiments, rien à la situation. Je ne bougerai pas de là tant que tu ne me l'auras pas dit. Je finirai par le découvrir très rapidement sinon, à toi de voir comment tu veux que cela se passe.

L'expression d'Iwaizumi restait indéchiffrable, il se contentait de le regarder avec surprise.

La lumière orangée déclinait. La pièce s'assombrit.

Oikawa pensait presque se faire repousser avec dégoût une fois que son meilleur ami aurait repris le contrôle de ses mouvements, lorsqu'il aurait assimilé l'information. C'était vraiment la pire manière de lui avouer ses sentiments, mais il avait paniqué, et cela avait eu le mérite d'avoir retenu son attention. Ils n'avaient plus de temps à perdre.

— Dis quelque chose s'il te plaît, le supplia-t-il.

— Oikawa...

L'interpellé resta pendu à ses lèvres alors que la pénombre se formait autour d'eux, prête à les dévorer dans la seconde de leur hésitation.

Iwaizumi se dégagea de son emprise et recula légèrement, brisant le cœur d'Oikawa. Il pointa sa baguette magique vers lui, sans parvenir à masquer le conflit qui le rongeait.

—… laisse-moi passer. J'hésiterai pas à te pétrifier.

— Iw-

— Tu ne comprends pas, c'est grave ! C'est peut-être déjà trop tard !

Trop tard ?

La nuit tombait.

Il avait peut-être mal compris… Pourquoi disait-il cela ?

Les étoiles commençaient à briller.

— Iwa-chan… pourquoi tu ne te transformes pas ?

La lune illuminait déjà le ciel, baignant la pièce d'une atmosphère diaphane.


Vous sentez que ça va être le bordel ? Non ? ^^

Merci d'avoir lu, bonne semaine !