Hello !

Chapitre plus long comme promis :) Mayline va passer une nuit en enfer, c'est le cas de le dire ^^

Merci à ceux qui me suivent et un énorme merci à ScottishBloodyMary pour son aide et le superbe passage en italique qu'elle à écrit avec talent dans ce chapitre :D

Note de ScottishBloodyMary : Salut ! Je me permets d'empiéter un peu sur cette page pour vous pousser, comme toujours, à encourager notre chère petite Lumatie, qui a bien travaillé, et qui mérite un gros susucre pour ce chapitre ! A vos claviers !

Bonne lecture :)

17/02/15

Chapitre 25 : Survivre

La nuit venait de tomber, le ciel s'ornait de ses plus beaux joyaux scintillants, et la lune étendait son doux halo pâle sur la campagne environnante. Mais je n'avais pas le temps de m'émerveiller devant la beauté de la voûte céleste. Malgré l'épuisement et les battements fous de mon cœur las, je trouvais encore suffisamment de force en moi pour suivre la compagnie, plus loin, toujours plus loin. Pourquoi courrais-je, déjà ? Ah oui, pour survivre.

La malchance semblait nous poursuivre, et nous arrivâmes au bord d'une falaise, surplombant un gouffre qui nous semblait sans fond. Nous nous mîmes à grimper aux arbres pour échapper au wargs furieux, qui attendaient que l'un de nous tombe pour le dévorer. Les bêtes immenses poussaient des hurlements lugubres, claquant férocement des mâchoires, tournant en rond autour des troncs des hauts pins qui nous avaient accueillis.

« Mayline, montez plus haut ! » M'ordonna Gandalf d'une voix forte. « Vite ! »

Je me lançai pour atteindre une autre branche, juste à temps. Une seconde plus tard et je me serais faite dévorer le pied par la douce créature velue qui voulait faire de moi son dîner. Je regardai en bas et constatai amèrement que les wargs en avaient assez d'attendre et qu'ils essayaient maintenant de grimper, se jetant de toutes leurs forces contre les troncs. Ils secouèrent violemment les arbres et je dus m'accrocher le plus fort possible pour ne pas tomber.

« Allez, Mayline, tiens bon ! » fit Kili en me prenant le bras.

« Monte plus haut ou tu vas te faire dévorer » renchérit Bofur en me prenant l'autre bras.

« Non ! Ne faites pas çaaaaaaaaaaaa ! » Criai-je, parfaitement inutilement.

Les deux nains me tirèrent par les bras pour me faire grimper sur la même branche qu'eux. Je décidai de ne plus regarder en bas, car nous nous trouvions à présent très haut. Depuis notre perchoir, je vis que l'arbre sur lequel avaient grimpé Thorïn et Bilbon était le plus attaqué. Je pris la main de Kili, me maudissant d'avoir autant besoin de son contact dans de tels moments. Kili tourna la tête vers moi et me fit un sourire rassurant tout en me disant qu'on allait s'en sortir, mais une violente secousse ébranla notre arbre, et il dut me rattraper pour que je ne tombe pas.

« Tout va bien ? Me demanda-t-il, l'air inquiet.

« Oui, ça va, il y a juste des wargs, la gueule ouverte, en bas, qui secouent l'arbre comme si c'était un prunier et nous des prunes, attendant tranquillement que l'on tombe pour se régaler » lançai-je ironiquement.

« Ha Ha ! Tu arrives à faire de l'humour même dans ce genre de situations » fit-il en me serrant plus fort contre lui.

Je souris, même dans une situation dangereuse, je me sentais bien dans ses bras. Comme si j'étais en sécurité, que rien ne pouvait m'atteindre ici. Peut-être que pour moi, il était plus qu'un ami, même si j'avais encore du mal à me l'avouer. Mon attention fut attirée par le calme soudain qui régnait au sol. Un épais pan de brume se déchira au centre du groupe de wargs, qui se retournèrent, les oreilles plaquées sur le crâne, l'échine courbée. Un grognement lugubre résonna, remuant mes entrailles passablement malmenées.

La créature de mes cauchemars s'avança, la gueule écumante et fumante, et je distinguai enfin son cavalier. Mon cœur rata un battement et mon souffle se bloqua douloureusement dans ma poitrine. Ce visage. Ces balafres. Cette stature. Tel que le contaient les récits. La mort brillait dans ses yeux clairs, rideaux de brouillard percés de mille paillettes luisant d'un éclat sinistre. De sombres réminiscences s'emparèrent de mon esprit embrumé, se l'approprièrent et s'y lovèrent.

Mes pires cauchemars défilèrent devant mes yeux, à présent emplis d'un sens nouveau.

La bête dévoile des crocs jaunâtres et couverts de bave, la gueule écumante, les yeux fous. Pelage de neige sale, griffes acérées, truffe humide, haleine de catacombe et de cadavre faisandé. Si ce n'est l'Enfer, alors elle n'y comprend plus rien. Tout autour, des cris de peur, des hurlements de douleur. Quelque chose plane autour d'elle, un sentiment de pure panique, une angoisse viscérale et inconnue. L'odeur de la mort flotte dans les airs tel un nuage bas et lourd, exhalant quelques relents de sang et de pourriture.

Le ciel gronde, la lune a disparu, laissant place à quelques éclairs blafards. La neige est souillée à ses pieds, souillée de sang frais et sombre. Des gouttes de rubis étincellent sur le manteau de soie pure, c'est beau et terrible en même temps. Car la mort est belle, tragique et fascinante. Et lui, il est là. Un rictus cruel plaqué sur ses lèvres fines, son regard pâle luisant de désir de sang et de vengeance. Messager de la mort, implacable héraut des desseins les plus sombres, annonceur de tristesses et de désastres, funeste voyageur des nuées nocturnes.

Si La Mort avait un visage, alors ce serait le sien.

« Oh non... » Soufflai-je, désespérée.

« Azog... » Fit Thorïn d'une voix grave et glaciale, mêlée de stupeur.

Je n'aimais pas le nom de la créature blanche. Sa seule prononciation m'emplissait d'une peur profonde. Les traits du visage de Thorïn étaient mêlés de surprise, d'horreur et de dégoût. L'orque se mit à parler dans une langue qui m'était inconnue, mais qui me rappelait celles de certains monstres de films d'horreur. Alors, c'était lui, Azog le profanateur, l'orque pâle de Gundabad, juché sur son warg blanc. Il était encore plus effrayant que dans les récits qui parlaient de lui.
Je regardai son hideux visage qui éveillait une peur sourde au creux de mon ventre.

« C'est impossible » fit Thorïn d'une voix désespérée.

Une violente secousse fit soudain bouger l'arbre et je me mis à maudire les dieux de nous donner autant de malchance. Je m'accrochai tant bien que mal à Kili pour ne pas tomber. Je me mis à hurler quand ce dernier eut la riche idée de me lancer sur le dernier arbre au bord de la falaise. Tous les autres étant déracinés, il était donc notre seule chance de survie. Je n'étais pas vraiment rassurée, il suffisait que l'arbre cède pour que nous tombions tous dans le vide.
Kili avait atterri sur la même branche que moi et m'ordonna pour la énième fois de ne pas regarder en bas. Mais je ne pus m'empêcher de désobéir et regardai en bas pour voir les wargs sauter de plus en plus haut pour atteindre les premières branches de l'arbre. J'aperçus Gandalf, qui avait eu la lumineuse idée d'enflammer des pommes de pin. C'est qu'il n'est pas bête, notre magicien, un peu sénile et perturbé, mais pas bête du tout! Il nous distribua les projectiles enflammés afin que nous fassions reculer les wargs.

Gandalf me lança une pomme de pin en feu que je rattrapai et regrettai aussitôt mon geste. Comment les autres faisaient-ils pour les prendre dans leurs mains ?

« Haa ! Bordel de merde ! C'est chaud ! » Criai-je en lançant l'objet, qui atterrit sur la gueule baveuse d'un warg.

« Hé bien Mayline ? C'est quoi ce langage dans la bouche d'une jeune fille bien élevée? » Se moqua Fili, perché sur la branche au-dessus de moi.

« Je ne vois pas du tout de quoi tu parles, tu as dû mal entendre.

Nous continuâmes à lancer des projectiles enflammés et un beau feu se propagea très vite sur la falaise. Une épaisse fumée âcre se répandit aux pieds des pins, dévorant sans pitié la végétation rase qui tentait de subsister sur ce sol aride. L'avalanche de flammes avait repoussé les wargs, et je crus qu'enfin nous étions sortis d'affaire. Ce qui était loin d'être le cas, puisque nous étions toujours coincés sur cet arbre. Puis le pin commença doucement à se déraciner, produisant de sombres craquements de fort mauvais augure, et je m'accrochai de toutes mes forces à la branche, regrettant de ne pas avoir plus de force dans les bras.

« Gandalf ? » Criai-je, paniquée.

« Accrochez-vous ! » Hurla celui-ci.

Mais je sentis que je glissais et je lâchai prise. Une main s'empara de mon poignet et me remonta avec peine. Je relevai doucement la tête pour regarder le visage de mon sauveur. Thorïn. Je n'arrivais pas à en croire mes yeux, il venait de me sauver la vie. Je ne sus trop pourquoi, mais des larmes se mirent à couler librement sur mes joues noircies par les cendres et la fumée, sans même que je tente de les en empêcher. Pourquoi m'avait-il sauvée, lui qui se montrait si froid envers moi.

Moi qui avais été si inutile depuis le début de la quête, j'avais même été désagréable avec lui. Je ne comprenais pas, il aurait pu me laisser mourir, ma mort n'aurait pas constitué une grande perte. Nous devions nous détester normalement, non ? Et puis, il n'avait aucune obligation envers moi, il n'était pas obligé de me sauver.

« Faites attention » Souffla-t-il avec un léger sourire.

Il posa sa main sur ma joue et essuya mes larmes qui ne cessaient de couler. Puis son regard se changea et redevint dur et froid comme je l'avais toujours connu. Ses yeux de glace se posèrent sur Azog le profanateur, des yeux emplis de rage, de haine. Je pouvais lire inassouvissable désir de vengeance gravé au fond des deux puits de saphir. Je n'avais jamais vu un tel regard, un incroyable sentiment de puissance se dégageait de Thorïn. Je sentis l'air s'alourdir au point qu'il m'était difficile de respirer.

Une aura meurtrière se entourait Azog et Thorïn. Je restai bouche bée en voyant Thorïn dégainer Orcrist et brandir son écu de chêne. Je le vis fixer Azog tout en commençant à se diriger vers lui. J'étais trop choquée pour dire quoi que se soit, pour essayer de l'en empêcher. Il marchait vers lui avec un air si déterminé, si meurtrier que c'en était effrayant. Je ne l'avais jamais vu ainsi, même contre les trolls, les orques, les gobelins, jamais. Tout le monde restait figé, il fallait que quelqu'un l'en empêche, c'était du suicide.

Tout ce qu'il allait y gagner, c'était la mort, non pas celle de son ennemi, mais la sienne. Thorïn se jeta sur Azog, mais sa tentative se révéla être un échec lorsque le warg blanc et l'orque pâle bondirent sur lui.

« Non ! » Criai-je sans vraiment m'en rendre compte.

Thorïn tomba lourdement sur le sol, soulevant un épais nuage de poussière, mais se releva même si cela sembla pénible. Mon estomac se noua lorsqu'il fut mordu, puis soulevé par le warg comme s'il ne pesait rien, et finalement lancé violemment contre un rocher. Azog affichait un sourire satisfait devant l'état de sa victime. Sans un mot, insensible aux cris de plusieurs nains qui me hurlaient de ne pas bouger, je me levai et dégainai mon épée.

M'armant de volonté, je me dirigeai vers le champ de bataille, déterminée. Je voulais aider Thorïn, je voulais le protéger, je refusais qu'il meurt avant de reconquérir Erebor. Il n'avait pas fait tout ce chemin ardu pour mourir ici, pas comme cela. Il était temps de prouver que je valais quelque chose. Je devais au moins tenter de le protéger, même si j'échouais, je ne serais au moins pas restée assise à regarder. Je devais faire quelque chose. Cette situation n'était pas bonne, je n'avais quasiment aucune chance de réussir.

Mais j'étais déjà morte une première fois, alors si je devais mourir une seconde fois, qu'il en soit ainsi. Je courus jusqu'à Thorïn et me plaçai entre lui et l'orque le plus près, en hurlant à ce dernier de ne pas approcher du nain. Je vis alors Bilbon, qui, avec un cris de guerre, se jeta sur l'orque et le tua avant de se placer à mes cotés.

« Je t'aiderai à le protéger » me dit-il tout bas en fixant Azog.

Au moment où les orques allaient nous attaquer, je vis Dwalin, Fili et Kili arriver à notre secours. Je décidai alors de les rejoindre pour combattre à leurs cotés. Par chance, je réussis à esquiver le coup d'un orque et lui tranchai la gorge. Je restai à proximité de Thorïn pour être certaine qu'aucun orque ne profiterait de son inconscience pour le tuer. Je vis alors Dori et Ori, qui, n'ayant plus la force de s'agripper au bâton du magicien, tombèrent finalement pour atterrir avec un bruit mat sur le dos d'un aigle géant.
Je ne savais pas si c'étaient des ennemis ou des amis et j'en avais un peu peur. Je poussais un soupir de soulagement quand je compris qu'ils étaient nos alliés. Puis je sentis quelque chose me saisir et me soulever du sol. Il me fallut un moment pour comprendre que c'était un immense rapace qui m'arrachait à la terre ferme, mais je ne me retins pas pour autant de pousser un cri strident. L'aigle me jeta dans le vide et j'eus la chance d'atterrir sur le dos d'un autre gigantesque oiseau.

Je regardai tout autour de moi et constatai que toute la compagnie était là, sur le dos des aigles, saine et sauve, et en sécurité à présent.