Disclamer : Harry Potter appartient à JKR , mais cette histoire est à moi.

Correction chapitre : AnitaBlake93100


Chapitre 24

Voldemort était en rage. Le mage n'avait jamais ressenti une telle colère de toute sa vie. Et pourtant, des crises de fureurs, il en avait eu son lot tout au long de sa vie. Mais une d'une telle ampleur, jamais encore. Pourquoi tant de haine, vous demandez-vous ? La raison se résume en un seul mot : Harry. Quand l'apparition a dit à Voldemort qu'il risquait de perdre son petit elfe au profit d'une stupide sorcière, le sang du mage n'avait fait qu'un tour. Voilà donc pourquoi il ressentait cette douleur étrange à l'emplacement où aurait dû se trouver son cœur.

Quelqu'un essayait de lui voler son jumeau. Quelqu'un tentait de lui prendre son cœur, son compagnon. L'amour de sa vie. Car c'était cela que Voldemort avait tant redouté quand il a appris ce qu'il était et ce qu'était un jumeau magique. Une chose que le mage gris avait omis de révéler à Snape, car cela n'était connu que des dragons et de leurs progénitures. En effet, après l'échange des cœurs… non. Bien avant l'échange, au moment où le dragon reconnait son jumeau, celui-ci commence lentement, mais surement, à tomber amoureux de ce dernier. C'était inscrit dans leur code génétique. Dans leur magie. Le dragon pouvait lutter autant qu'il le pouvait, mais au final, il en vient systématiquement à aimer son jumeau.

Pourtant et malgré la naissance de cet amour que l'on pourrait qualifier de soudain et imposé, pour le dragon, il est question du véritable amour. On pourrait comparer cet amour à ce que les moldus ressentent quand ils rencontrent la personne avec qui ils pensent passer le reste de leur vie. C'est inexplicable pour eux, ils le savent, c'est tout. La seule différence avec les dragons, c'est qu'il se développe un peu plus rapidement que la normale et qu'il est éternel. Quand un dragon ou son enfant offre leur cœur, c'est pour la vie. C'est dans leur nature. Cependant, cet amour n'est pas toujours réciproque et le dragon doit toujours conquérir son jumeau par ses propres moyens, car même si l'échange des cœurs se faisait et que cela devait être une réussite, il n'était pas garanti que le jumeau du dragon vienne à partager les sentiments de celui-ci.

C'est la raison pour laquelle les dragons préfèrent généralement séduire leur jumeau avant de faire l'échange. De plus, si le dragon ne parvient pas à se faire aimer en retour, il se laisse d'ordinaire, mourir de chagrin. Le décès de ce dernier a pour conséquence, une fois sur le deux, d'entrainer son jumeau avec lui, que ce dernier soit lié ou pas. Et c'est pour minimiser les morts des jumeaux que les dragons attendent que leurs sentiments soient réciproques pour faire l'échange de cœur. De ce fait, si le dragon meurt de mélancolie, son jumeau a un peu plus de chance de lui survivre. Il existe un autre moyen d'empêcher le jumeau de suivre le dragon dans sa tombe. Cependant, il n'est pas à la portée de n'importe quel dragon, car il revient à faire quelque chose qui est contraire à leur nature : ôter une vie. Leur vie. Pour cela, le dragon doit utiliser son noyau magique pour protéger le cœur de son jumeau, ce qui revient à se suicider, car la perte du noyau magique mène à la mort.

La seule personne connue à avoir fait un tel geste est la mère de Voldemort, Merope Gaunt. Elle le fit pour sauver le père de son enfant et cela, malgré que ce dernier l'ait jeté à la porte alors qu'elle attendait leur fils. Merope Gaunt n'avait pas été la plus séduisante des femmes, n'avait pas hérité d'une grande magie et encore moins de richesses matérielles. Non, elle avait été loin de tout ça. À vrai dire, la jeune femme avait eu un physique ingrat, avait été à la limite du cramol et avait vécu à l'orée de la mendicité en compagnie de son frère et de son père. La première fois que ses yeux s'étaient posés sur Tom Jedusor, le père de son futur enfant, elle avait immédiatement su que c'était lui. C'était lui son jumeau magique. Son amour pour Tom Jedusor s'était développé bien plus rapidement que la moyenne. Et ce fut certainement la cause de ses malheureux.

Son amour avait fleuri si rapidement et était devenu si grand en très peu de temps, qu'il s'était transformé en une obsession malsaine. Depuis sa rencontre avec le riche et beau moldu, elle n'avait plus vécu que pour lui. Pourtant, en dépit de son obsession qui ne faisait que grandir de jour en jour, Merope avait toujours eu conscience que ses sentiments ne lui seraient jamais rendus. Son physique et son statut social ne l'auraient pas parmi. Un homme tel que Tom Jedusor n'était pas homme à s'intéresser à une miséreuse laideron comme elle. Voilà pourquoi, au mépris des avertissements de son père et son frère, elle avait préparé une potion d'amour aux effets irréversibles et l'avait fait boire au moldu.

Tom était, après avoir bu la potion, tombé irrémédiablement sous son charme. Merope avait alors eu l'illusion que son amour était partagé. Néanmoins, elle n'avait pas profité de ça pour faire l'échange des cœurs. Merope ne pouvait se résoudre à le faire, car elle avait trop honte de ce qu'elle avait fait. Et c'est peut-être pour cela que les événements prirent une telle tournure. Son entêtement à ne pas faire l'échange avait eu des conséquences néfastes sur Tom. Lentement mais surement, la gangrène s'était installée dans le cœur du moldu et avait changé l'homme en être sans cœur et démoniaque. Ce fut sans doute pour cette raison, qu'au moment où Tom, rendu complètement fou par la corruption de son cœur, l'avait mise à la porte alors qu'elle portait son enfant, elle n'avait pas protesté.

La jeune femme, seule et ne sachant où aller, car elle avait coupé tout contact avec sa famille, avait vécu dans les rues de Londres durant les quelques mois où elle attendait son enfant. Et quand le moment fut venu pour l'enfant de sortir de son ventre, elle s'était rendue dans un orphelinat pour lui donner la vie. Après la naissance de ce dernier, elle avait pris le temps de lui choisir un nom avant de se concentrer sur son noyau magique. Elle devait venir en aide à son mari. Elle devait le sauver de la folie qui avait pris possession de lui. Elle mourut en quelques secondes après avoir régné son noyau magique pour soigner le père de son fils. Quand Voldemort prit connaissance de cette histoire, il se jura de tout faire pour ne pas finir comme sa défunte mère. Voilà pourquoi il avait passé autant de temps à chercher un moyen de se débarrasser de la malédiction des jumeaux magiques. Mais cela, c'était avant qu'il ne découvre l'identité du sien.

Cela étant dit, revenons à ce qui a mis en rage notre mage gris préféré. Suite aux explications de l'apparition, Voldemort avait tenté de briser la barrière invisible qui les séparait d'Harry sans succès. Une magie bien plus puissante que la sienne protégeait le bouclier. Rendu fou de rage par son incapacité à rejoindre son petit elfe, Voldemort avait déversé sa frustration sur le mur invisible. Et quand l'épuisement magique l'avait gagné, il s'était abaissé à se servir de ses poings. Ce qui ne fut pas une très bonne idée, car il avait reçu une douloureuse décharge magique. Après être parvenu à se remettre de la décharge, le mage s'était résolu à s'approcher de l'apparition pour lui demander de l'aide et des explications. Et maintenant, il attendait des réponses.

_ Quel est ce bouclier et pourquoi ne parviens-je pas à le briser ?

_ Ton jumeau est actuellement sous l'influence d'une puissante potion d'amour, dit l'apparition au lieu de répondre.

_ Quoi ? Comment est-ce arrivé ?

_ Je n'ai pas connaissance de tous les détails, mais le filtre qui a été utilisé sur lui est l'un des plus puissants que je connaisse. Normalement, cette potion a été interdite à la production, car elle est bien trop dangereuse.

_ Pourquoi ?

_ Contrairement aux autres potions de ce genre, celle-ci n'a pas besoin d'être renouvelée, une fois ingérée.

_ C'est impossible ! Aucune potion ou magie au monde ne peut engendrer l'amour, là où il n'y a n'a pas.

_ Certes, mais cette potion en est pourtant capable. C'est l'une des raisons qui ont poussées le ministère à l'interdire.

_ Une des raisons, dis-tu. Cela veut-il dire qu'il y en a d'autres ?

_ Effectivement, il existe une deuxième raison.

_ Laquelle ?

_ Si elle est mal préparée ou bien qu'elle n'est pas prise dans les trois jours suivant sa réalisation, elle entraine la mort des deux concernés quelques heures après l'absorption de celle-ci ?

_ Encore ! Décidément, il y a une entité qui en veut à mon elfe pour je ne sais quelle raison. Que dois-je faire pour parvenir à briser cela ? demanda ensuite Voldemort en désignant la barrière magique.

_ Je crains qu'il ne soit bien trop à présent, lui apprit l'apparition. Si tu avais accouru quand tu as ressenti les premières douleurs, tu aurais pu passer ce barrage. Mais comme tu as mis trop de temps à venir, la potion a eu tout le loisir de solidifier son bouclier.

_ C'est la potion qui est à l'origine de ça !? Et comme ça il est trop tard ? Je refuse de baisser les bras. Personne ne prendra ce qui m'appartient ! Il doit forcément y avoir une solution à ce problème.

_ Oui, c'est la potion qui en est à l'origine. À la base, quand une personne est déjà amoureuse, et cela, qu'il en ait conscience ou non, la magie de cette personne lutte contre les effets du philtre d'amour. Cependant, après avoir découvert cela, l'inventeur de la potion a trouvé comment contourner le problème.

_ Comment ?

_ En faisant en sorte qu'au moment de l'ingurgitation de la potion, un champ de force isole l'esprit de la personne afin de la couper de sa magie le temps que la potion fasse effet.

_ Il n'y a pas un moyen d'abattre cette barrière ? questionna Voldemort fou de rage et effrayé de perdre Harry.

_ Non. Cependant, commença l'apparition avant de s'arrêter.

_ Cependant ? insista Voldemort.

_ Si l'esprit de la personne dont la victime du philtre est amoureuse rejoint assez rapidement l'esprit de celui-ci, à eux deux, ils peuvent combattre ses effets. Et comme tu le sais, tu es arrivé en retard.

_ N'y a-t-il pas un autre moyen pour neutraliser cette potion ? demanda Voldemort en s'empêchant d'envoyer un maléfice sur l'apparition

Si c'était pour lui reprocher une nouvelle fois son retard, il pouvait se taire ! pensa le mage gris avec aigreur.

_ Non. Et à moins de parvenir à créer un antidote dans les prochaines heures, je ne vois pas comment sauver ton jumeau.

_ C'est impossible ! Il doit forcément y avoir une autre solution ! s'exclama Voldemort avec rage.

Le mage s'en voulait d'avoir laissé Harry seul et sans protection, mais aussi de ne pas avoir prêté plus d'attention aux étranges douleurs qui l'avaient prévenu de ce qui arrivait à son jumeau. S'il ne parvenait pas à sauver son elfe, il ne se le pardonnerait jamais. Et il n'était pas même pas certain de lui survivre pour se pardonner un jour.

LDD

Snape avait peur. L'elfe n'avait jamais eu aussi peur de toute sa vie. Cette peur était si grande, qu'elle l'empêchait de se concentrer correctement sur ce qu'il faisait. En parallèle à cette frayeur, le jeune père ressentait un grand abattement qui n'arrangeait en rien ses affaires. Tout en analysant le bouchon découvert par son père, il ne pouvait se sortir de la tête que s'il ne parvenait pas à trouver l'origine de l'empoisonnement de son enfant, celui-ci mourait dans les prochaines heures. Habituellement, il n'était pas du genre à se laisser guider par ses émotions, mais cette fois, c'était de la vie de la chaire de sa chaire dont il était question. Au moindre faux pas, il le perdrait. Et rien qu'à l'évocation de cette perte, ses mains et sa tête se retrouvaient comme paralysées.

Le maître des potions avait beau se dire que cela ne menait à rien de se laisser submerger par sa peur ; et que cela ne servait en rien les intérêts de son fils, pourtant, il ne parvenait pas à se débarrasser de sa frayeur de plus en plus grandissante. Ses mains pourtant habiles étaient devenues maladroites et tremblantes, alors que son esprit vif s'était engourdi en se passant différents scénarios morbides en tête. S'il ne parvenait pas à surmonter sa peur rapidement, Harry allait sans nul doute perdre la vie. Et tout cela sera de sa faute, une fois de plus.

Mais même en ayant conscience de cela, le maître des potions ne parvenait pas à se sortir de son état léthargique. Alors qu'il tentait de lutter contre ses craintes, une petite voix en lui ne cessait de lui dire que cela serait peut-être bien mieux pour son fils, de le laisser mourir. Avec tout ce qui n'arrêtait pas de lui tomber sur la tête, la mort serait certainement une délivrance pour lui. Ses affreuses pensées choquaient Snape, mais il ne pouvait s'empêcher de se les repasser encore et encore.

Tiraillé entre ses peurs et ses idées noires, Snape essaya toutefois d'identifier la nature de la potion qui était en train de tuer son fils afin de créer un contre poison. Cela faisait une demi-heure que l'elfe s'était enfermé dans le bureau de Poppy sans qu'il n'y ait fait, le plus petit des progrès dans ses recherches, quand la porte s'ouvrit avec fracas pour laisser passer un Voldemort de très mauvaises humeurs et criant à tue-tête, le nom de Severus. Mais malgré l'entrée fracassante du mage, Snape ne l'entendit pas pénétrer dans la pièce ni ne perçut les appels destinés à attirer son attention. L'elfe était dans un état prostré.

C'était comme si toute envie de se battre l'avait quitté. Pour lui, le combat était déjà fini avant même d'avoir commencé. À quoi bon lutter contre l'inévitable ? Son enfant mourrait dans tous les cas. Snape s'était persuadé que si le poison ne le tuait pas, le changement de cœur le ferait. Et si le changement devait être une réussite, son Empathie s'en chargerait alors. Dans ce cas, à quoi bon se donner autant de mal, si c'était pour le voir mourir quelques heures plus tard ? Mieux valait le laisser partir.

Loin des états d'âme de Severus, Voldemort commençait à sérieusement perdre patience. Il croyait que les elfes avaient une audition sans pareil. Alors, pourquoi devait-il s'époumoner pour attirer l'attention de celui-ci !? Quelqu'un pouvait-il lui dire au nom de Merlin ? Comme vous vous en doutez, Voldemort n'est pas un modèle de patience, et quand Snape fit la sourde oreille à son quatrième appel, il fit usage de la magie pour l'atteindre. Quand le doloris atteignit Snape, celui-ci sortit instantanément de ses pensées et riposta dans la seconde. C'était un réflexe naturel acquis au fil du temps. Voldemort vola dans le bureau et s'écrasa contre le mur. Ce fut seulement après cela, que Snape se rendit compte de qui venait de l'attaquer.

_ Qu'est-ce qui vous a pris de m'attaquer sans raison et de dos qui plus est. Essayez-vous de vous faire tuer ? demanda Snape avec colère.

_ Et toi, qu'est-ce qui te prend de m'ignorer comme ça, aurais-tu oublié qui je suis ? Je comprends que l'état de ton fils te chamboule un peu, mais ce n'est pas une raison pour m'attaquer. Je suis Lord Voldemort Severus. Et ce n'est pas parce que je t'estime plus que qui conque, que tu dois te croire au-dessus de moi. Déclara Voldemort froidement.

Alors que Snape était sur le point de répliquer, il remarqua l'agitation du mage. Celui-ci n'était pas dans son état habituel. Snape avait l'impression qu'il était sur le point d'éclater. Le mage lui sembla même un peu fragile, pourtant, débordant d'une détermination sans faille. Il devait sans doute se faire un sang d'encre pour son jumeau et pour lui-même. Le professeur de potion avait oublié que si son fils venait à périr, le mage le suivrait dans la tombe sans l'ombre d'un doute. Ce constat ramena Snape à la réalité et lui fit réaliser la stupidité des pensées qu'il venait d'avoir. Comment avait-il pu songer, ne serait-ce qu'une seconde, à laisser son fils mourir !?

Il était vraiment un père indigne et pas à la hauteur. Il devait se ressaisir et trouver un moyen de sauver son fils et accessoirement, son ''maître''. Snape prit alors une grande inspiration avant de s'excuser auprès du mage. Voldemort fut tellement surpris par les excuses qui semblaient, pour une fois, vraiment sincères, de Severus, que sa colère diminua de moitié. Et après s'être suffisamment calmé, il raconta sa rencontre avec l'apparition dans l'esprit d'Harry. Il expliqua à Snape ce qui était à l'origine de l'empoisonnement de son fils.

_ Donc, il est sous l'influence d'un philtre d'amour.

_ Exactement.

_ Connaissez-vous le nom de la potion ?

_ Sempiterno Amoris.

_ Doux Merlin ! De toutes les potions d'amour existantes, il a fallu que ce soit celle-là. Se plaignit Snape d'une voix défaitiste.

_ Ton fils à cette agaçante manie d'attirer à lui des problèmes normalement impossibles à résoudre, pourtant, il parvient toujours à en sortir vainqueur. Et il surmontera cette épreuve aussi, dit Voldemort avec conviction.

_ Et comment ? Dites-le-moi ! Parce que moi, je ne vois pas comment résoudre ce problème, dit Snape avec abattement. Il n'existe aucun antidote pour cette potion et le temps me manque pour en créer un. Je pourrais toutefois essayer d'en produire un et c'est ce que je vais faire, mais rien ne nous garantit qu'il fonctionnera. Et sans compter que je ne suis pas le premier potionniste de l'histoire à vouloir trouver un contre poison à ce philtre. Et jusqu'à présent, aucun n'est parvenu à en trouver un.

_ Aucun d'eux n'était Severus Snape.

_ Je ne suis pas meilleur qu'eux ! L'histoire du monde magique a vu passer de nombreux maîtres de potion dix fois plus doués que moi, et pourtant, aucun n'est parvenu à résoudre ce problème. Dit Snape dont les pensées négatives étaient revenues à la charge.

_ Tu me déçois mon ami, dit Voldemort, je ne te savais pas du genre à renoncer avant même d'avoir commencé le combat. Je te croyais bien plus fort que ça. Tu es donc prêt à laisser mourir ton fils sans rien faire. Tu me dégoutes Severus. Dit Voldemort avec tout le mépris dont il était capable.

Les paroles du mage frappèrent Snape telle une lame en plein cœur. Il avait honte de lui. Honte de son comportement. Pourquoi se sentait-il aussi pessimiste ? Il avait tellement lutté et surmonté tant d'épreuves afin de retrouver son enfant sans jamais baisser les bras une seule seconde ; alors, pourquoi se montre-t-il si défaitiste maintenant qu'il l'avait retrouvé ? Ce n'était pas ses habitudes d'abandonner aussi facilement. Par le passé, il était parvenu à de nombreuses reprises, à réaliser l'impossible rien qu'avec la force de sa volonté. Dans ce cas, pourquoi n'utilisait-il pas cette force pour venir en aide à son fils au lieu de broyer du noir ? Peut-être qu'il avait fini par atteindre son seuil de tolérance de mauvais coups du sort et que tout ce qu'il gardait enfouit en lui depuis de nombreuses années, s'était échappé et venait lui demander des comptes.

L'elfe se souvient qu'il n'avait jamais eu le temps de pleurer la mort de sa femme. Il s'était immédiatement lancé à la recherche de son fils. Et pendant plus de seize ans, même s'il voulait se convaincre que son enfant était toujours en vie quelque part, une partie de lui le croyait déjà mort. Mais pour ne pas perdre la raison et succomber à la douleur, il l'avait enfoui profondément dans un coin de sa tête. Ensuite, quand Harry Potter avait fait son entrée à Poudlard, sa ressemblance frappante avec James lui avait rappelé sa douce Promesse perdue à tout jamais. Ce douloureux rappel, plus que la ressemblance avec James, avait engendré la haine qu'il avait éprouvée envers l'enfant. Son enfant. Voir Harry au quotidien n'avait fait que souligner ce qu'il avait perdu et son animosité n'avait fait qu'augmenter au fil du temps.

Quand il avait finalement compris que l'enfant qu'il détestait le plus au monde et dont il avait mené la vie dure était le sien, il avait failli perdre la raison. Seul son désir de le sauver lui avait permis de rester debout, et de ne pas s'écrouler comme une masse. Et encore une fois, pour ne pas s'effondrer face aux souvenirs de ce qu'il avait fait à son précieux fils, il avait enfermé ses émotions dans la boîte qui avait fini par faire son apparition dans un coin de son esprit et où il rangeait tout ce qui le dérangeait et l'empêchait de se concentrer sur ses objectifs. Découvrir les conditions de vie d'Harry avait fissuré la boîte, mais il était parvenu à colmater la déchirure. Cela lui avait permis de se concentrer en toute sérénité sur la guérison de celui-ci.

Quand il avait compris la nature de l'héritage d'Harry, Snape avait fait tout son possible pour cacher la peur qui l'avait envahi à ce moment-là. Un tel héritage ne pouvait qu'apporter que des ennuis. Et les événements qui avaient suivi, lui avaient donnés raison. Snape se rendit compte que même s'il avait retrouvé son enfant, il ne pouvait pas encore s'en réjouir complètement. Il devait rester sur ses gardes s'il ne voulait pas le perdre une seconde fois. Il se fit donc violence pour ne pas montrer son angoisse et sa peur face à l'avenir de plus en plus obscur de son gamin. Il enferma le tout dans la boîte.

Néanmoins, la boîte n'avait pas résisté à son passage dans la prison moldue. Ce qu'il y avait appris avait créé plusieurs craquelures. Beaucoup trop pour qu'il puisse les calfeutrer. En arrivant à Poudlard, les ébréchures s'étaient étendues suite aux pertes de contrôle d'Harry. L'appel de l'infirmière avait presque fait céder la clef de la boîte. L'empoisonnement d'Harry avait fait sauter le verrou et laissé filtrer quelques émotions, mais le couvercle était toujours en place. Maintenant, si Snape ne parvenait pas à réparer la boîte, il ne serait plus d'aucune utilité. Le problème, c'est qu'il n'avait pas le temps à consacrer là-dessus. Il devait faire vite et trouver un remède avant que tous n'explosent. Sur cette pensée, il se mit au travail sous le regard satisfait de Voldemort. Le mage quitta ensuite le bureau en indiquant à Severus qu'il partait à la recherche du responsable de tout ça.

LDD

Quelque part dans une grotte souterraine, un rassemblement réunissant des Seigneurs des clans des elfes noirs et leur second se tenait. Assis autour d'une table ronde faite de pierre, ils attendaient la venue de leur meneur. Après plusieurs années passées sans jamais voir le visage de celui-ci, ils allaient enfin pouvoir le rencontrer. Peu d'elfes savaient, que la personne à qui ils avaient tous prêté allégeance, n'était autre que leur ancien Prince héritier. Le frère de leur roi actuel.

Tout ce que les chefs des clans savaient, c'était qu'ils allaient enfin pouvoir remonter à la surface et reprendre leurs anciennes activités. L'identité de la personne qui allait leur permettre de réaliser ce miracle n'avait pas réellement d'importance. Certes, ils étaient curieux de découvrir le visage de leur leader, mais cela n'était pas d'une importance capitale. Tant que celui-ci parvient à les mener où ils voulaient se rendre, cela leur suffisait. Les chefs des clans avaient été très surpris quand on leur avait fait comprendre par message qu'ils étaient tous conviés à une réunion secrète dont leurs matrones étaient exemptes, pourtant, tous avaient répondu à l'invitation.

Pourquoi leur meneur voulait-il mettre les Matrones de côté ? Cela, personne ne le savait. Et pour être honnête, cela arrangeait largement la majorité des chefs de clan. Après plusieurs millénaires passés sous le joug des Matrones, certains Seigneurs avaient le secret espoir, de se débarrasser d'elles afin de prendre leur place. La seule chose qui les retenait, c'était leur éducation. Mais surtout, la peur des représailles de ces dernières s'ils venaient à échouer leur coup. Il était bien connu de tous les elfes noirs, que les Matrones étaient les plus féroces et les plus vindicatives de tous les elfes, toutes races confondues. Se mettre une d'elles à dos revenait à creuser sa propre tombe. Ce n'était pas que les Seigneurs avaient peur de la mort, mais de ce qui se passait avant celle-ci.

Donc, de savoir que la présence des Matrones n'était pas souhaitée était une excellente nouvelle pour les Seigneurs, même si cela faisait peur à plus d'un. Après que le dernier chef de clan se soit présenté au rendez-vous, un elfe au visage dissimulé fit son apparition. Il alla prendre place sur une chaise placée un peu plus en hauteur que les autres dans un silence absolu. Après avoir pris ses aises, il lança un regard scrutateur autour de la table. Satisfait de ce qu'il vit, il prit la parole.

_ Je suis heureux de voir que vous avez tous répondu à ma convocation.

Le mot convocation hérissa plus d'un chef de clan, mais ils s'abstinrent de dire un mot. Quand ils avaient donné leur accord, ils avaient tous su à quoi s'en tenir par la suite.

_ Il est bien malheureux que le clan des Exécuteurs ne soit pas des nôtres, mais connaissant leur allégeance, ce n'est pas très surprenant.

Hochement de tête positive de tous.

_ Si je vous ai fait convoquer aujourd'hui, c'est pour vous annoncer une grande nouvelle.

Un silence impatient répondit à la déclaration.

_ Après des années de minutieuses préparations, j'ai le plaisir de vous annoncer qu'il est maintenant temps de remonter à la surface. Il est temps d'aller reprendre ce qui est à nous. Il est temps de rappeler au monde entier ce que sont les elfes noirs. Je vous informe que la guerre est officiellement déclarée.

Des murmures d'excitation s'élevèrent.

_ Mais avant d'apporter la guerre aux créatures de la surface, nous devons reprendre le pouvoir ici. C'est pour cela que je vous demande d'être prêt au combat, car dans trois jours, Ulric ne sera plus de ce monde.

Des cris de joie accueillirent cette annonce.

_ Qu'allons-nous faire des Exécuteurs, car je ne pense pas qu'ils vont rester les mains croisées et nous regarder faire ? demanda l'un des seigneurs de clan.

_ J'ai déjà pris mes dispositions à leur sujet. Dans deux jours, les Exécuteurs ne représenteront plus un problème, dit le meneur avec satisfaction.

_ Comment prévoyez-vous accomplir un tel exploit ? demanda un autre seigneur de clan.

_ Vous n'avez pas à le savoir. Sachez seulement que je m'occupe d'eux.

_ Bien, je vous fais confiance, dit-il par la suite et après réflexion.

À la suite de cela, le meneur expliqua ce qui allait être attendu de chaque clan après leur retour à la surface. Tous écoutèrent les explications avec la plus grande des attentions et la plus pure des joies. Cependant, Kython, le seigneur du clan les Penseurs ne partageait pas l'enthousiasme des autres. Ce que personne ne savait c'était que Kython était fidèle au roi Ulric, tout comme son clan.

Quand le meneur termina avec les explications, il dit :

_ Bien, je pense avoir tout dit. Je suis très heureux de lire autant d'impatience sur vos visages. La réunion est finie, on se revoit dans trois jours. Je vous en verrais un message avec les détails de l'attaque deux heures avant qu'elle ne survienne. D'ici là, préparez vos guerriers. Nous remonterons à la surface le jour même. Je vous promets que nous allons faire notre retour de la plus sanglante des manières.

Les cris de joie furent encore plus grands à cette déclaration. Enfin, l'heure était venue. L'heure pour eux de rependre le sang et la terreur.

LDD

Après sa fuite de l'infirmerie, Hermione, toute contente d'elle, se rendit dans sa salle commune en faisant attention à ne pas se faire voir. Elle allait bientôt devenir, Madame Potter ! La sorcière la plus riche et la plus enviée de tout le monde magique. La jeune fille n'arrivait toujours pas à croire en sa chance. Elle qui avait pensé devoir recourir à la ruse pour parvenir à Harry, était sur un petit nuage. Les dieux étaient de son côté ! La jeune sorcière longea les couloirs et monta les escaliers aussi vite qu'elle le put. Si seulement elle avait encore la cape d'invisible de son futur mari, elle n'aurait pas à faire autant d'efforts se dit Hermione.

En passant devant la tapisserie représentant la tentative de Barnabas le Follet, d'apprendre la danse classique à des trolls pour se rendre devant le portrait de la grosse dame afin d'accéder à sa salle commune, une porte apparue devant un mur vide et les jumeaux Weasley en sortirent. Tous deux avaient un sourire satisfait aux lèvres et se félicitaient de leur réussite. Après de nombreux efforts, ils étaient enfin parvenus à lever le sort que leur professeur de potion avait lancé sur eux. Fiers de leur triomphe sur l'horrible potionniste, et ne regardant pas où ils mettaient les pieds, ils entrèrent en collision avec Hermione qui n'avait pas vu la porte s'ouvrir.

Les trois sorciers tombèrent sur le sol en poussant des petits cris de surprise. Hermione fut la première à se relever. Et sans prendre la peine de regarder sur qui elle était tombée, elle abreuva copieusement d'injures les jumeaux, avant de leur tourner le dos et de reprendre son chemin. Surpris par l'attitude étrange de la jeune fille, les jumeaux se relevèrent et la poursuivirent. Ils parvinrent à la rattraper devant le tableau de grosse dame. Mais alors qu'ils allaient lui demander des explications sur son comportement, Hermione s'écroula sur le sol en portant les deux mains à son ventre. Des gémissements de souffrance s'échappèrent de ses lèvres, alors qu'elle se tordait de douleur sur le carrelage.

Les jumeaux accoururent vers leur camarade. Ils se laissèrent choir devant elle et lui demandèrent ce qu'elle avait. Hermione serra les dents et leur dit que tout allait bien, alors même que ce n'était manifestement pas le cas. Fred proposa à la jeune sorcière de la conduire à l'infirmerie, mais Hermione refusa. Elle ne voulait pas se retrouver dans la même pièce que Harry avant un ou deux jours afin de ne pas attirer les soupçons sur elle quand elle et Harry se mettraient en couple si on venait à découvrir ce qu'elle venait de faire. Elle mentit donc aux jumeaux en leur faisant croire que c'était certainement ses règles qui étaient à l'origine de son mal de ventre. Rien de bien alarmant. Les douleurs allaient partir dès qu'elle prendrait la potion adéquate.

Fred et George furent très peu convaincus par l'explication, mais ils firent ce que la jeune femme leur demanda et l'aidèrent à pénétrer dans leur salle commune. Ils confièrent Hermione à leur jeune sœur qui l'aida à gagner leur dortoir. Hermione prit une potion antidouleur qu'elle avait confectionnée elle-même et qu'elle gardait toujours sur elle, avant de s'allonger sur son lit en attendant qu'elle fasse effet. Mais une demi-heure après l'avoir prise, les douleurs ne s'étaient toujours pas calmées. Elles avaient même augmenté de plusieurs mesures. Mais que lui arrivait-il ? se demanda Hermione avant de perdre connaissance suite à un élancement bien plus fort que tous les autres.

Avant de s'évanouir, Hermione avait poussé un long cri de souffrance, ce qui avait attiré plusieurs de ses camarades de dortoir vers son lit. Craignant pour la santé de son ami, Ginny et Parvati se saisirent d'Hermione pour la conduire à l'infirmerie. Mais alors qu'elles ne se trouvaient qu'à quelques mètres de la porte de celle-ci, Hermione ouvrit les yeux, s'affola en découvrant où on l'amenait et exigea qu'on la reconduise à son dortoir. Ginny tenta de la faire changer d'avis, mais Hermione fut intransigeante et usa même de menaces sur les deux jeunes sorcières. Parvati qui n'apprécia pas le ton sur lequel Hermione s'adressait à elle, leva le sort de lévitation qu'elle avait lancé sur son camarade et fit demi-tour sans se préoccuper du cri de douleur que lâcha Hermione en s'écrasant rudement sur le sol.

Ginny accourut vers son amie et l'aida à se relever avant de céder à ses exigences. Elles rebroussèrent chemin. Au même moment, Voldemort ouvrait la porte de l'infirmerie avec fracas. Il longea le couloir à grands pas coléreux en direction de la pièce où se trouvait son grand-père. Trop pris par sa colère et ses envies de meurtres, il ne remarqua pas la présence des deux élèves et passa en vitesse devant elles sans leur prêter la moindre attention. Le mage marmonnait des phrases étranges et coléreuses. Et le peu qu'Hermione saisit des marmonnements de celui-ci lui confirma sa décision : elle ne devait pas se rendre à l'infirmerie. Quelque chose avait dû mal tourner avec la potion. De ce fait, c'était devenu trop dangereux pour elle de se rendre là-bas. Elle allait devoir rester loin d'Harry pendant quelque temps. Ce fut en serrant les dents pour ne pas hurler sous la douleur, qu'elle retourna dans son dortoir en s'appuyant difficilement sur Ginny.

LDD

Martin Smith était un né de moldu qui avait fini sa scolarité trois ans plus tôt. Après sa sortie de Poudlard, le jeune homme avait postulé au ministère de la magie pour un poste de secrétaire aux affaires moldues, mais malheureusement, il avait été recalé. Non pas par manque de compétence, mais parce que la personne en charge du département ne voulait pas de moldu à ce poste. Martin trouvait cela complètement ridicule et insensé, car en tant que né de moldus, il était plus que qualifié pour les comprendre. Mais comme il fallait s'attendre du personnel incompétent du ministère, ils ont ''gentiment'' prié le jeune homme de partir voir ailleurs.

Après cet épisode, le jeune diplômé s'était résigné à postuler dans un cabinet d'avocat qui s'occupait des affaires sorciers/moldus, qui se situait au Département De La Justice Magique. Au début, il n'avait pas été très enthousiasmé par son poste, mais avec le temps, il s'était pris d'affection pour son travail. Son poste lui permettait de faire de nombreuse rencontre et lui faisait faire beaucoup de voyages entre les deux mondes. Martin avait ainsi pu rencontrer des personnages très haut placés dans la société, aussi bien moldue que sorcière. Souvent, il remerciait intérieurement l'imbécile du ministère qui l'avait recalé sans raison, car sans lui, il n'aurait jamais eu la chance d'occuper sa place actuelle. Martin était très heureux et satisfait de sa vie.

Ce matin-là, alors qu'il était en route pour le travail, Martin décida d'aller prendre un petit déjeuner sur le Chemin de Traverse. Cela faisait longtemps qu'il ne s'y était pas rendu, car son emploi du temps était vraiment chargé. Et comme Martin avant un peu de temps devant lui, il transplana sur place et se rendit au Chaudron Baveur. Après s'être trouvé une place de libre, il héla Tom, le vieux sorcier édenté qui tenait l'établissement. Après avoir passé commande, il se saisit de son journal et commença à le parcourir en attendant qu'arrive sa commande. Ce fut à ce moment-là que l'enfer s'abattit sur le Chemin de Traverse. Au début, personne n'y fit véritablement attention. Tout commença par un affreux bruit répétitif et agaçant, mais qui n'alerta personne. Ensuite, ce fut de petites secousses qui n'étaient pas suffisamment fortes pour donner l'alerte.

Quand l'explosion se produisit, personne ne s'y était attendu. L'entrée du pub vola soudainement en éclats, alors qu'un groupe de soldats moldu armé jusqu'aux dents pénétrait dans le bâtiment. Sans aucune sommation, les balles se mirent à siffler dans tous les sens. Les sorciers pris au dépourvu ne purent rien faire pour se protéger de l'attaque. Certains tentèrent de s'enfuir en transplanant, mais un bouclier anti-transplanage les en empêcha. Quelques sorciers un peu plus téméraires que les autres, parvinrent à lancer deux trois sortilèges, mais ils furent rapidement neutralisés. Quand les tires prirent finalement fin, un véritable carnage se dressait dans le pub. De la dizaine de sorciers se trouvant sur place, un seul sorcier était encore vivant. Ce sorcier était le propriétaire des lieux qui avait trouvé refuge derrière le bar.

_ Incroyable ! C'était donc vrai ! s'exclama un des soldats, après avoir faire un tour sur lui-même. Je n'aurais jamais pensé qu'il y avait un tel bâtiment entre cette librairie et cette boutique de disques. L'espace entre les deux est tellement minuscule que c'est difficile à imaginer. Si ce type aux habits étranges n'était pas apparu comme par enchantement devant nous avant de disparaitre, j'aurais pensé que toute cette histoire de sorcier été du baratin. Mais cela ne l'est pas. Dis Williams, comment as-tu su qu'il fallait se placer à cet endroit précis pour que leur sortilège n'ait plus d'emprise sur nous ?

_ C'est l'instinct, répondit ledit Williams avec une pointe d'arrogance.

_ Non, sérieux, dis-nous comment tu as fait. Parce que d'après ce que nous ont dit nos supérieurs, il est impossible d'échapper à ce sortilège anti-moldu, comme ils disent. C'est tout bonnement impossible. Tu ne serais pas l'un d'eux à tout hasard ? demanda ensuite le soldat avec méfiance.

_ Si j'étais un de ces monstres, penses-tu réellement que je vous viendrais en aide ? rétorqua Williams avec une pointe de mépris dans la voix.

_ Steven, au lieu de raconter des conneries, demande des renforts. Après la démonstration que ces trois-là (le soldat désigna les sorciers qui avaient offert une faible résistance) nous ont faite, je pense que nous devrions demander plus d'effectifs avant de nous aventurer là-dedans.

_ Tu crois vraiment qu'il y a tout un autre monde derrière ce mur ?

_ D'après nos informations, c'est effectivement le cas.

_ Merde alors. Comment allons-nous nous y prendre pour entrer ? Je vous rappelle que c'est seulement par un coup de chance étrange et inexpliqué, que nous sommes parvenus à briser le bouclier qui protégeait cet endroit. Aucune de nos bombes n'est parvenue à le faire. Si j'étais parano, je dirais que quelqu'un qui voulait nous voir pénétrer dans ce bar l'a fait pour nous.

_ Grâce à lui. Intervient Williams qui tenait Tom par le col de sa robe sorcière et qui le trainait au sol comme un sac de pattes.

_ Où as-tu trouvé ça ? demanda Steven en braquant immédiatement son arme sur le sorcier tremblant de peur.

_ Baisse ton arme, idiot ! Je viens de te dire que nous allons avoir besoin de lui pour entrer.

_ Comment ?

_ Il va se servir de sa magie pour nous ouvrir le passage.

_ Ce n'est pas bête comme idée, mec. Mais, tu n'as pas peur qu'il tourne sa baguette contre nous ?

_ Il a bien trop peur pour le faire. Et puis, s'il tente quoi que ce soit, je lui mets une balle dans la tête, ajouta Williams calmement et sérieusement.

_ Je ne vous aiderais jamais ! lança Tom bravement. Je préfère encore mourir que de vous venir en aide.

_ En es-tu certain, sorcier ? demanda Williams avec un sourire qui ne disait rien de bon.

_ Ou… oui… je… je ne tra… trahirais jam… jamais les miens.

_ Laissez-moi une minute seule avec lui. Dit Williams à la canonnade.

_ Qu'est-ce que tu vas faire ? demanda l'un des soldats.

_ Lui faire comprendre qu'il y a bien pire que la mort dans ce monde. Annonçant tranquillement Williams.

_ Capitaine, vous pensez vraiment que c'est une bonne idée ? demanda un autre soldat.

_ Pourquoi ?

_ Entre tuer proprement et rapidement et torturer une personne, il y a une grande marge à franchir.

_ C'est un monstre, pas une personne, lui fit remarque Williams sous les hochements de tête de certains des soldats.

_ Pour moi, il m'a l'air tout ce qu'il y a d'humain.

_ Alors tu vois mal, camarade, car ce n'est qu'un simple déguisement. Aurais-tu oublié les images des vidéos provenant du pénitencier ainsi que le témoignage poignant du gardien de prison qui a était séduit par une de ces créatures de Satan, avant de se faire pourchasser par elle ?... Parce que moi non ! Ces choses ne sont pas des personnes, mais des abominations du diable qui ne méritent pas de vivres ! Et si tu fais partie de ces illuminés qui sont opposés à l'extermination de cette vermine, tu sais où est la porte, Jackson. Lui cracha pratiquement au visage, Steven.

_ Je ne dis pas que je suis contre, mais je me demande si le gouvernement a pris la bonne décision. Cela fait tout de même des années que nous cohabitons sans le savoir, et jamais rien n'est arrivé.

_ Lieutenant Devis. Appela Williams.

_ Oui Capitaine.

_ Veuillez mettre le soldat Jackson aux arrêts pour insubordination.

Le Lieutenant Devis et un autre de ses camarades déchargèrent Jackson de ses armes avant de l'escorter hors du bar. Jackson n'opposa aucune résistance, car il savait que cela n'aurait rien changé. Si cela avait été un autre capitaine que Williams, peut-être aurait-il eu une chance de lui faire changer d'avis. Mais avec le capitaine Williams, il n'avait aucune chance d'y parvenir. Le soldat Jackson était cependant heureux de ne plus avoir à participer à un autre massacre comme celui dont il venait de participer. Un était déjà bien suffisant pour lui. Devis n'arrivait pas à croire aux changements survenus des derniers jours.

Suite à la révélation de l'existence des sorciers, la panique avait envahi la planète. Deux groupes s'étaient alors formés : les anti-sorciers et les pro-sorciers. Des manifestations et des débats souvent très violents, avaient vu le jour aux quatre coins de la planète. Suite à cela, les gouvernements mondiaux s'étaient réunis durant deux semaines afin de débattre de la marche à suivre. Et au bout de ces deux semaines, personne ne sait exactement ce qui s'y était dit, mais il avait été convenu que les sorciers représentaient une grave menace pour la planète entière et la guerre avait été déclaré. Après cela, la police avait fait des recherches sur les personnes pouvant être en liaison avec le monde magique. Les deux premiers jours, rien n'avait été trouvé. Mais le matin du troisième jour, une enveloppe noire avait été trouvée sur le bureau de la personne en charge des recherches.

Dans cette enveloppe, il y avait une liste de toutes les familles moldues ayant un enfant magique. Sans s'interroger sur la provenance de la liste ni qui l'avait déposé à son bureau, le chargé de l'affaire l'avait porté aux personnes concernées. Suite à cela, des descentes policières, souvent musclées, avaient été faites dans chacun des foyers concernés et des interrogations avaient été menées. Après des heures de questionnements et de menaces, quelques familles avaient craqué et avaient tout révélé. Voilà comment ils avaient découvert l'emplacement du Chaudron Baveur et le moyen de pénétrer sur le Chemin de Traverse. Avant leur arrestation et après leur libération, les familles avaient bien tenté de prévenir leurs enfants de ce qui se passait, mais les frontières entre les deux mondes avaient été bloquées. Seuls certains sorciers avaient encore la possibilité de faire des allées retours entre les deux mondes.

Quand Jackson fut sorti du pub, le capitaine Williams fit sortir tous les hommes à sa suite. Ensuite, il traina Tom dans la cuisine, ferma la porte derrière lui et puis la bloqua. Après quoi, il dévisagea le sorcier avec un regard gourmant et impatient.

_ Tu sais sorcier, peu d'entre vous ont eu la chance de croiser l'un des notre. Et encore moins l'occasion d'apercevoir notre véritable apparence.

_ Que… que voulez… vous… dire ? demanda Tom de sa voix tremblante.

_ Tu vas rapidement le comprendre, dit Williams en passant sa main devant son visage.

Ce fut alors que l'incroyable se produisit. Un elfe à la peau aussi noire que l'ébène et à la beauté sauvage prit la place de Williams. Les yeux de Tom étaient partagés entre l'émerveillement et la peur.

_ Vois-tu, je pourrais facilement briser les défenses qui nous empêchent de pénétrer à l'intérieur. Cela me serait aussi aisé à faire que lorsque j'ai placé le sort anti-transplanage sur ce bâtiment. Mais le problème vois-tu, c'est que je ne peux pas me permettre de me faire découvrir. J'ai déjà beaucoup trop aidé ces imbéciles de moldus comme ça. Si je poursuis sur ma lancée, ils vont finir par se douter de quelque chose. Voilà pourquoi je t'ai protégé durant la fusillade. Eh donc ! En remerciement pour mon aide, tu vas gentiment nous ouvrir le passage.

_ Ja… jamais… je ne ferais… ça.

_ Très bien, mais sache que quand nous sortirons d'ici, tu seras prêt à faire tout ce que je désire, sorcier. Se contenta de dire l'elfe noir.

LDD

Les Aurors arrivèrent trente minutes après la première attaque des moldus. Ces trente minutes avaient permis aux soldats moldus et à leurs armes de faire beaucoup de dégâts sur le Chemin de Traverse. Des dizaines et des dizaines de morts avaient été faites et tout autant de blessés. Quand les alarmes que l'Auror en chef, Rufus Scrimgeour et une dizaine d'Aurors avaient placées sur l'entrée se trouvant au Chaudron Baveur retentirent, le chef des Aurors avait vu ses craintes devenir réalité : les moldus venaient de déclarer la guerre. Rufus se dépêcha de rassembler autant de sorciers qu'il put avant de les mener sur place. Mais avant qu'ils n'aient eu le temps de transplaner, le ministre de la magie, Cornelius Oswald Fudge, les arrêta.

_ Que se passe-t-il, Scrimgeour ? exigea-t-il de savoir. C'est quoi tout ce vacarme que l'on entend partout ?

_ Nous sommes attaqués, Monsieur.

_ Pardon ! Quelle est donc cette absurdité ?

_ Ce n'est pas une absurdité Monsieur, le Chemin de Traverse subit à cet instant même une attaque.

_ Vous-Savez-Qui ? demanda avec crainte le ministre.

_ Non, je ne pense pas, répondit l'Auror d'une voix pressée.

_ Qui alors ?

_ Je crois que ce sont les moldus.

_ Hahaha ! Ne racontez pas d'âneries, pourquoi les moldus nous attaqueraient-ils ? Nous sommes en paix avec eux.

_ Peut-être parce que nous ne leur avons pas livré ni les sorciers responsables de l'attaque sur leur prison ni Harry Potter, et que vous avez tenté d'effacer la mémoire de leur Premier ministre, dit sèchement Rufus.

_ Comment osez-vous… Commença Fudge, mais l'Auror lui coupa la parole :

_ Je n'ai pas de temps à perdre avec vous, Monsieur, j'ai des sorciers à aller sauver. Mettons-nous en route, ajouta-t-il à l'intention de ses hommes.

Les Aurors transplanèrent comme un seul homme en laissant un ministre coléreux sur place. Quand Rufus et ses hommes arrivèrent sur place, ils eurent la surprise de trouver une barrière qui leur barrait la route. Cela leur prit une vingtaine de minutes pour parvenir à la briser. Rufus se demanda distraitement qui avait bien pu placer le bouclier là. Ce ne pouvait pas être un moldu, alors qui ? Mais ce n'était pas le moment de se poser cette question. Il se concentra sur ce qu'il avait à faire. Lorsque les Aurors purent finalement prendre part au combat, les moldus se préparaient au second assaut, mais cette fois, ils projetaient d'utiliser de l'armement lourd.

En effet, des soldats armés de lance-missiles portables prirent la place des soldats armés de mitrailleuses et commencèrent à s'attaquer directement aux bâtiments. Les Aurors firent leur possible pour protéger les édifices ainsi que leurs occupants, mais la force de frappe des moldus était bien trop forte pour eux. Alors, ils n'eurent d'autre choix que d'évacuer les sorciers qui se trouvaient sur l'allée marchande avant d'abandonner les lieux et leurs morts. Les sorciers venaient de perdre la première bataille d'une longue guerre.