Chère Emilie,

Lettre du 19 11 07

Chère Emilie,

Sais tu combien je t'adore Emilie, toi et tes idées saugrenues ? Je ne le dirais jamais assez, car en plus de m'avoir offert quelques un de mes plus beaux fous rires, ta folie m'a également sauvée la vie ! Il est vrai que si tu n'avais pas eu la curiosité (stupidité ?) de vouloir démonter entièrement ton portable, juste pour voir, je ne serais probablement plus de ce monde. Enfin plus de l'autre monde… Enfin tu m'as compris. C'est vrai que notre curiosité t'a coûté un portable ; que nous n'avons jamais pu remonter correctement d'ailleurs… (Tu savais que j'en garde encore un morceau dans le tiroir de ma chambre ?) Mais sans cela je serais morte et tu n'aurais jamais pu savoir ce qui nous est arrivé à Riz et moi…

Ecoute plutôt.

Je venais d'assister sans grande surprise à la métamorphose du colonel, mais ce n'était pas le cas de Riza.

Tu savais que Riza ignorait tout des homonculus ? Moi non plus. J'étais persuadée qu'elle les avait déjà rencontré. J'ai du me trompé, ou me mélanger dans les mangas !

En tout cas, la tête qu'elle a fait lorsqu'elle a vu son colonel se transformer en Envy vaut son pesant d'or ! J'ai failli m'écrouler sur le tapis de rire. Mais je ne l'ai pas fait. Je me demande pourquoi… Il est vrai que le faite que nous soyons toutes les deux menacées par ce psychopathe a du y jouer un peu. Effrayée, elle a vidé son chargeur sur Envy.

Acte courageux, mais ô combien stupide sachant l'agaçante capacité des homonculus à se régénérer.

Enfin, au moins, cet acte m'a sorti de ma léthargie et j'ai pu gagner du temps en transmutant un mur de pierre entre nous et le cadavre qui n'allait pas tarder à n'en être plus un. Je me suis alors saisie du téléphone mural de Riza. Parce que, j'étais capable de quelques tours de passe-passe (transmuter un mur… Réparer une théière) mais de là à combattre Envy, il y avait quand même un monde ! Donc me voici donc en train de me précipiter vers le téléphone tout en gardant un œil sur le mur que Envy avait décidé de détruire à main nu… Malheureusement, si Envy est horripilant et agis parfois comme une brute (défoncer un mur à main nu par exemple) , on oublie souvent qu'il a un cerveau et bien souvent il s'en sert pour planifier ses meurtres/enlèvements/machinations/massacres… Et il avait visiblement très bien préparé la mission infiltrons-nous-chez-le-lieutenant-comme-si-de-rien-n-était.

Pour faire simple. Il avait réduit en bouilli le téléphone.

J'arrachais délicatement ce qui restait du dit téléphone quand le mur s'effondra.

Riza revida un chargeur sur Envy, bien que cette fois elle aie conscience qu'elle ne faisait que le ralentir. Donc nouveau chargeur vidé, nouveau mur transmuté. Je demandais alors à Riza de s'approcher de moi et je transmutais un autre mur. Tout autour de nous deux cette fois. Et comme j'avais plus de temps pour ma transmutation, je créais une jolie carapace tout autour de nous deux. Suffisamment solide pour tenir un mini siège.

En sécurité je me ré intéressais au téléphone ( enfin ce qu'il en restait).

Et c'est là que tu m'as sauvé la vie !

Car, comme tu le sais, pour faire de l'alchimie il faut déjà avoir une idée assez précise de ce que l'on souhaite transmuter. Aussi il est impossible de transmuter un shmurf sans savoir au préalable ce qu'est un shmurf…

Je voulais donc transmuter le téléphone de Riza en portable. Mais sais tu combien de gens savent simplement de quoi est constitué un portable ? Au moins deux. Toi et moi. Et grâce à nos expériences (foireuses) j'avais une idée de la constitution d'un portable, sans pour autant savoir la nécessité de chaque bidule j'avais une idée très précise de l'ensemble des dits bidules assemblés.

Je rappelais à ma mémoire la vision de ton vieux portable avant qu'il ne passe entre nos mains et j'effectuais ma transmutation. Et Oh ?! Miracle, l'objet transmuté ressemblait trait pour trait à ton ancien portable ! Je remarquais même les petites traces laissées par ton frère quand il s'était fait les dents dessus. Je souris à ce souvenir et Riza me regarda comme si j'étais folle.

- Euh.. Léa ?

- Léa ?

- Hein, oui ? Quoi ? pardon ? (L'inconvénient de changer de nom…)

- Penses tu vraiment que c'est en souriant à ton machin qu'on va s'en sortir ? Ensuite, c'est qui ce type ? Pourquoi il a pris la forme du colonel ? Comment l'as-tu reconnu ? Et aussi pourquoi revit il ? Et aussi…

- Du calme Riz… Une question à la fois.

- Excuse moi.

- Bon alors allons à l'essentiel car je ne suis pas sure que cette carapace dure assez longtemps. Donc… Le palmier psychopathe que tu as vu est Envy. Un homonculus, un monstre créé par une transmutation humaine raté si j'ai tout suivi. Ensuite il a une dent contre Ed Al et ton Roy adoré…

- Hey !

-Il a la capacité de se transformer à volonté, mais l'apparence ne fait pas tout et j'ai reconnu dans son discours celui d'un psychopathe. Et pour finir cette chose à laquelle je souris est un portable.

- Un ?

- Un portable. Un téléphone sans fil. Une invention de chez moi. Ce qui va nous servir à téléphoner à ton prince charmant…

Riza me regardais avec des yeux ronds, doutant de l'efficacité de mon invention. Légèrement blessée dans mon orgueil je me précipitais sur le téléphone pour composer le numéro.

Euh le numéro.

De centrale…

Que je n'ai pas.

- Riz ? C'est quoi le numéro déjà ?

- Ah oui alors… 1.1.8.

Je notais qu'ici on associait les numéros par trois. Apres tout pourquoi pas.

- 218.

Je ne pu évidemment retenir mon to-to-you-to-118euhh-218… Une fois calmée j'attendis la suite… Qui ne vint pas. Le numéro de centrale est bien 118 218. Snif rien que d'y penser j'en ris encore.

Forcément j'avais oublié le léger détail selon lequel j'étais l'ennemi numéro un de Centrale. Aussi quand je demandais de l'aide à notre cher Roy (visiblement il s'était caché à la bibliothèque pendant que son double envyen prenait sa place. Amoureux ne veut pas dire travailleur) la situation tourna quelque peu au vinaigre. Finalement j'abandonnais.

( extrait de notre sublime et enrichissante conversation : - Bon je te passe Riza.

- Tu as enlevé Riza ? Espèce d'ordure ! Je te jure que si tu touches à un seul….)

Riza lui expliqua brièvement le quiproquo et bien vite une équipe était déployée pour nous venir en aide.

Comme de bien entendu Envy avait arrêté de frapper sur notre « carapace » depuis un bon moment quand les secours arrivèrent, et pour cause, il était parti. Alors qu'à l'intérieur de la protection j'expliquais à Riza (pour la cinquième fois) le pourquoi du comment des homonculus, le mur que j'avais créé entre nous et l'extérieur se dissipa comme par magie (alchimie ?). Et effectivement je me trouvais nez à nez avec le plus petit alchimiste de l'histoire, bien que sur l'instant il ressemblait plus à l'alchimiste le plus en colère de l'histoire.

- Toi ! Je vais te tuer.

Et il se jeta sur moi (à grands coups d'alchimie bien sur !) avant que je ne lui réponde tout aussi vaillamment. Aucun des militaire n'osa s'interposer entre la criminelle la plus dangereuse de l'etat (moi :D) et l'alchimiste le plus susceptible du moment.

Ça a commencé très calmement par un joli coup d'auto mail violement dirigé vers ma personne que j'esquivais tout en répondant par un sublime jet d'eau inondant la pièce. Loin d'être refroidi, Ed transmuta une série de « pointes » qui s'élevèrent du sol dans le but de faire de moi une brochette humaine. Je transmutais alors les pointes en marguerites géantes qui allongèrent leurs tiges pour le ligoter. Ed les coupa d'un coup d'auto mail comme s'il avait coupé une motte de beurre.

On a continué comme ça pendant une dizaine de minutes et on aurait pu continuer encore plus longtemps si Roy n'étais pas intervenu pour nous séparer. Enfin séparé… Il m'avait encerclé avec des flammes de façon à ce que je ne puisse plus bouger. Ed et moi nous sommes regardé interloqués (Il faut dire que nous avions un peu oublié la présence du monde alentour.) et nous avons éclaté de rire. (et je me suis accessoirement légèrement brûlée au niveau des poignets mais c'est un détail).

Si personne n'avait compris ce qui venait de se passer, Ed et moi nous étions entendu sans avoir à prononcer un seul mot.

Edward s'était inquiété. Je lui avais menti. Je m'étais mise en danger. Il avait eu TRES peur. Ce mélange d'inquiétude et de colère avait donné naissance à ce drôle de combat et le fou rire signifiait qu'il me pardonnait.

Je pense qu'après mon bac je passerai un diplôme de psychologie et j'intitulerai ma thèse : comment comprendre le plus petit alchimiste d'état de tous les temps en dix leçons.

Enfin pour faire un peu dans la modestie pour une fois, j'ajouterais que le fait d'avoir un petit frère aidait beaucoup dans la compréhension de cet énergumène !

Bien maintenant que tu sais que j'ai survécu et que c'est grâce à toi, j'achève donc ma lettre ici, car je doute que tu aie la moindre envie d'entendre les explications que j'ai du faire à Mustang team concernant ma vie fabuleuse : univers parallèle, transmutation accidentelle, enlèvement, chantage et homonculus. Pour à nouveau recommencer mon explication depuis le début !

La vie est un éternel recommencement.

Ta philosophe d'amie délurée !