Bonjour les gens ! Désolée pour le retard mais… euh… bon, okay, j'ai pas d'excuses. A part que la vie a voulu que j'aille à l'école tous les jours, que j'aie des devoirs, une autre fic à gérer et une passion dévorante pour une certaine série télé et les fics qui y sont dédiées (Seigneur j'ai dû lire au moins une centaine de fics « Sherlock » ^^'). Mais aujourd'hui je suis là avec un beau chapitre, l'avant-dernier mes amis !
Le dernier prendra encore un peu de temps avant d'arriver (les examens approchent à grands pas), mais je vous le promets pour juillet. Je vais essayer d'avoir fait ça pour avant le 15 (je dois en être capable xD).
Nous approchons donc de la fin, et je voulais remercier tout le monde d'avoir suivi cette fic ! Elle m'a souvent donné du fil à retordre, et aujourd'hui je me rends compte qu'en bien des points elle ne correspond plus à ce que j'écrirais… je veux dire, ça fait tellement longtemps que j'ai commencé ce « projet » que j'ai eu le temps de changer de centres d'intérêts et d'affinités, et si je devais refaire cette fic, plein de choses changeraient. Malgré tout je suis très contente que vous l'aimiez « telle qu'elle est », et j'espère que tous les messages que j'ai essayé de porter à travers cette histoire ont quand même fait leur chemin, sur la responsabilité, le pardon, l'amitié, l'amour… Ce n'est pas un chef-d'œuvre, loin de là, ce n'est pas non plus ce qu'on appelle une « histoire moralisatrice », mais j'ai essayé d'insuffler un peu de ma philosophie dedans, et c'est ça qui fait que cette histoire, bien que remplie de tout le fan-service dont j'étais accro à l'époque où j'ai commencée à l'écrire, est autant réfléchie et porteuse de messages que celle que j'ai écrite sur la guerre et l'US Army (« On n'est pas morts », dans le fandom D Gray man) ou que ma fic « Stairway to heaven », gros melting-pot de tous les mangas les plus connus des CLAMP (dans le fandom Tsubasa Reservoir Chronicle), qui parle aussi de traumatismes, de quête du bonheur, d'amitié… J'ai presque envie de dire : en lisant « Quand la vengeance ne suffit plus », vous avez assisté à la métamorphose de mon style, le passage de « fan-service » à « réflexion philosophique » xD J'espère que vous avez aimé, tous et toutes (mêmes ceux/celles qui n'ont pas toujours reviewé) et je vous remercie encore de m'avoir suivi dans cette « aventure ».
Partie III
Chapitre 6
Angoisse
Par la fenêtre, on pouvait voir le ciel noir et les étoiles scintillantes. Il faisait nuit et Itachi aurait dû être en train de dormir dans le lit de Sasuke, avec Sasuke contre lui. Le bureau de Tsunade était blanc et lumineux, parfaitement accueillant et rassurant. Pourtant Itachi aurait mille fois préféré se trouver dans un autre décor, un qui ne soit pas hypocrite, un qui soit sombre et gris parce qu'on n'a pas le droit de demander aux gens d'être bêtement rassurés alors que ceux qu'ils aiment sont en danger.
-Tu veux boire quelque chose ? demanda Shizune en posant affectueusement la main sur l'épaule d'Itachi. Tu sais, ça ne sera pas fini avant une ou deux heures.
L'homme sursauta légèrement, il était tellement plongé dans ses pensées qu'il ne s'était pas rendu compte qu'il n'était plus seul dans la pièce.
-Qu'est-ce que tu as à me proposer ? murmura Itachi après une seconde d'hésitation.
-Saké, whisky, tequila, vodka,… énuméra Shizune.
-C'est pas sérieux, pour un médecin, ricana Itachi.
-Tsunade n'est pas quelqu'un de sérieux.
Ils échangèrent un regard lourd de sens; non, elle n'était pas sérieuse, mais ils connaissaient tous deux sa valeur en tant que chirurgienne.
-Sers-moi ce que tu veux.
Itachi plongea son visage dans ses mains, les coudes sur le bord du bureau.
-C'est censé n'arriver qu'une fois toutes les dix générations. J'aurais dû avoir payé pour lui, non ? souffla-t-il d'une voix tourmentée.
-Cette maladie n'a pas encore livré tous ses secrets, répondit Shizune en lui tendant un double scotch.
-Ça finira jamais, les emmerdes ? marmonna Itachi en serrant les doigts autour de son verre.
Ses articulations étaient blanches tant il était crispé de colère et de frustration.
-Il est quelle heure ? demanda-t-il en levant la tête vers Shizune.
-Vingt-deux heures. Tsunade doit avoir fini l'IRM.
-Et s'il est contaminé ? continua-t-il.
Sa voix était teintée d'une horrible angoisse.
-On l'opérera, répondit la jeune femme avec sa voix la plus rassurante.
-Et si ça rate ? S'il meurt ? Je fais quoi si Sasuke meurt ? se lamenta Itachi en avalant son whisky.
Shizune le regarda fixement pendant un long moment, intriguée.
-Tu as l'air très attaché à ton frère, murmura-t-elle. Enfin, je m'en doutais déjà avant, mais…
-On est ensemble. Officieusement mariés.
Il soutint le regard de Shizune, qui finit par sourire.
-Je peux pas dire que j'encourage le mariage avant la majorité, et encore moins l'inceste, mais bizarrement je savais que ça finirait comme ça… Enfin, je savais que tu voudrais que ça se finisse comme ça.
Itachi sourit, touché par la bonté de Shizune. Son sourire se mua en grimace.
-Je ne veux pas qu'il meure. On n'a encore rien vécu. On n'a même pas couché ensemble.
-En admettant qu'il faille l'opérer : l'intervention ne peut pas rater, dit Shizune d'une voix autoritaire.
-Pourquoi ?
-On l'a fait sur toi, et tu étais dans un état horriblement avancé. Pourtant tu es vivant ! Sasuke n'a pas le quart des symptômes que tu avais à l'époque.
-Il est quelle heure ? demanda Itachi, comme s'il ne l'avait pas entendu.
Pourtant ses mots reposaient en lui, plein d'espoir. Elle avait intérêt à avoir raison.
-Vingt-deux heures dix.
-File-moi un autre whisky.
OoOoO
-De toute façon, s'il meurt, je vous tue et je me jette du toit de l'hôpital (1), balbutia Itachi, à moitié soûl.
-Bien sûr, ironisa Shizune.
-Ouais ! insista Itachi pour la convaincre. J'hésiterai pas une seconde !
La porte s'ouvrit et Tsunade entra. Itachi se leva d'un bond.
-Vous avez les résultats ? s'exclama-t-il en lui attrapant les mains.
-Oui, ils sont négatifs, grommela Tsunade d'un air sombre.
Itachi lui lâcha les mains et resta muet un instant.
-Négatif, c'est qu'il n'a rien ? demanda l'homme comme s'il n'avait plus confiance en son vocabulaire.
-C'est ça, répondit Tsunade.
Itachi ne comprenait pas pourquoi elle était aussi lugubre, mais il ne put s'empêcher d'éclater de rire, soulagé que Sasuke soit en bonne santé.
-Mais… et ses maux de tête ? interrogea-t-il.
-Le stress, sans doute. A-t-il des problèmes à l'école ou ailleurs ?
Itachi ne répondit pas. Il n'y avait rien à dire, il savait quel était le problème de Sasuke.
-Et pour ses yeux ? continua-t-il, comme pour se convaincre. Ils étaient rouges, sur le bord de la pupille, comme moi avant les opérations…
-Une irritation, simplement. Je lui ai prescrit des gouttes apaisantes.
Itachi rit de nouveau, portant ses mains à son visage. Il rayonnait de soulagement.
-Il n'a rien ? répéta-t-il. Rien du tout ?
-Non, sourit Tsunade.
Une ombre triste restait encore dans son regard, mais Itachi n'en avait rien à faire, Sasuke allait bien !
-Où est-il ? demanda-t-il soudain, impatient de le retrouver.
-Dans une chambre. J'ai dû le mettre sous morphine pour l'un des examens, il est encore groggy, expliqua posément la chirurgienne.
-Oh putain, il n'a rien, merci Kami-sama, continua Itachi, les mains devant lui et les paumes tournées vers le ciel, comme s'il ne l'avait pas entendue. C'est quelle chambre ?
Il s'était approché de la porte, mais Tsunade lui attrapa le bras pour l'empêcher de sortir.
-Il vaut mieux que tu n'y ailles pas.
-Pourquoi ? s'exclama Itachi, presque scandalisé.
-Il est à bout, émotionnellement. J'ai cru comprendre qu'il avait été agressé… A cause de la morphine, il est dans un état second, et on dirait qu'il parle à son agresseur. Il vaut mieux le laisser seul.
-Non ! Dites-moi où il est ! exigea-t-il en se dégageant de sa poigne.
-J'ai dit que tu n'irais pas, dit Tsunade d'une voix coupante en croisant les bras sous son opulente poitrine.
-Je sais ce qui est bon pour mon frère, alors laissez-moi le voir, s'irrita Itachi.
-Je n'ai pas pour habitude de me laisser donner des ordres par des gamins deux fois plus jeunes que moi.
-Je n'ai pas pour habitude d'obéir aux gens qui veulent me séparer de Sasuke.
Tsunade soutint son regard, en silence.
-Bien. Je trouverai tout seul, dit Itachi avec un sourire mauvais.
Il fila hors du bureau avant que Tsunade ait pu l'arrêter. Il ouvrit une porte à la volée.
-SASUUUUKEEEE TU ES LAAAAAA ? beugla-t-il, sur-jouant l'inquiétude.
Un vieil homme se réveilla en sursaut avec un glapissement de surprise.
-Ah, ce n'est pas lui, dit platement Itachi.
Il ferma la porte et en ouvrit une autre.
-SASU-CHAAAN MON AMOÛÛÛR C'EST TOI ?
Une femme hurla de frayeur.
-Pas lui non plus, commenta l'homme en refermant de nouveau la porte.
Il semblait déterminé à réveiller tout l'étage jusqu'à ce qu'il ait trouvé Sasuke. Tsunade arriva soudain derrière lui.
-Ok, c'est bon, je t'amène à sa chambre, mais arrête de hurler ! chuchota-t-elle d'une voix outrée.
Itachi sourit.
-On finit toujours par s'entendre !
-Oui, toi, c'est sûr qu'on t'entend, grommela Tsunade, très mécontente.
Elle ouvrit une porte et Itachi entra en silence. Il entendait Sasuke gémir et pleurer.
-On a dû l'attacher, il frappait les infirmières.
Itachi acquiesça. Il connaissait les procédures : lorsqu'un patient dans un état second faisait des mouvements risquant de le blesser lui-même ou d'autres personnes, on pouvait lui attacher les poignets ou les chevilles aux barreaux du lit. Il le savait mais cela ne l'empêchait pas de sentir comme une grande injustice en sachant son frère lié à un lit alors qu'il revoyait en songes son viol.
-Laissez-moi seul avec lui, murmura-t-il.
Tsunade sortit à contrecœur et Itachi s'approcha du lit. Il s'assit sur le bord du matelas.
-Sasu-chan. C'est moi. Je suis là… chuchota-t-il.
-Je ne veux pas…
Sasuke ne l'entendait pas.
-Lâchez-moi ! Je ne veux pas !
Il secouait la tête de gauche à droite et agitait ses bras entravés. Itachi maintint son visage entre ses mains et le força à ouvrir les yeux.
-Sasuke, mon ange, c'est moi, c'est Itachi… calme-toi, tout va bien…
Sasuke le fixait sans le voir.
-Laissez-moi ! cria-t-il. Je ne veux plus !
-SASUKE ! cria Itachi à son tour, les larmes aux yeux. Sasuke, c'est moi, Itachi ! Regarde-moi, Sasuke !
Sasuke sembla l'entendre. Il tourna les yeux vers lui.
-Itachi… ne le laisse pas me toucher…
-Non, Sasuke, murmura Itachi. Il ne te touchera plus.
-Tu m'aimes, hein ? Tu me laisseras plus tout seul ? Quand je suis seul je deviens con.
Itachi rit un peu et détacha les poignets de Sasuke.
-Moi aussi, je suis con sans toi.
-Moi c'est pire, je suis rien sans toi.
-Comme c'est mignon ! s'exclama Itachi pour détendre l'atmosphère. Je devrais te mettre sous morphine plus souvent.
Sasuke se poussa sur le côté, laissant une place pour Itachi.
-Je peux pas dormir ici, essaya d'expliquer l'aîné.
-Si tu pars, il reviendra…
Itachi se glissa entre les draps et serra Sasuke contre lui.
-Quand tu es là, il s'efface, murmura Sasuke.
Itachi sourit.
-C'est vrai ?
-Oui. Mais il disparaît pas totalement. Il devient tout petit.
-C'est bien, c'est déjà ça, souffla Itachi.
-Itachi… J'ai envie de…
Il murmura quelque chose dans son oreille.
-Nan, t'es sous morphine, ça compte pas.
Sasuke soupira et plongea son nez dans la chemise d'Itachi.
-Pourquoi je suis ici ? murmura Sasuke.
-Je pensais que tu avais eu la même maladie que moi. Mais tu n'as rien, mon ange.
-Tu sens l'alcool, dit-il à brûle-pourpoint.
-Hm. J'ai un peu bu.
-Un peu ?
-Un tout petit peu.
-Quand on sera lucides, on fera l'amour comme des bêtes, déclara Sasuke avec le plus grand sérieux.
-Tu n'as pas peur de lui ? demanda Itachi avec hésitation.
-Il ne peut plus venir. Maintenant, tu le fais fuir.
-T'es bizarre quand tu es sous morphine.
-Toi, t'es bizarre tout le temps. Embrasse-moi encore, exigea Sasuke.
Itachi prit quelques secondes pour observer son visage si doux et apaisé par les calmants. Il lui obéit enfin, ses longs cheveux caressant la peau blanche de son frère.
-Mercredi, c'est ton anniversaire, chuchota-t-il finalement. Eh bien, puisque c'est ce que tu veux, et si tu le veux encore à ce moment-là, on « fera l'amour comme des bêtes ».
-T'as pas le sida, au moins ? demanda tout à coup le plus jeune, comme si c'était la question la plus naturelle et la plus délicate à poser dans ce genre de situation.
-Je pourrais te retourner la question, ricana Itachi. Mais tu me répondrais qu'on a fait le test l'autre jour, et qu'il était négatif, n'est-ce pas ?
-Nah, j'avais oublié, balbutia Sasuke, la bouche pâteuse.
-Je t'aime, chaton.
-T'es con.
OoOoO
Itachi ouvrit les yeux en bâillant sans bruit, pour ne pas réveiller Sasuke. Il garda le regard fixé sur son frère. Il était tellement beau. Son visage détendu rayonnait de sérénité, appuyé sur le torse d'Itachi, sa blancheur tranchant avec la chemise rouge sang.
Itachi caressa du bout de l'index les sourcils droits et noirs d'encre de son amour, pour une fois déchargés de tous les soucis qui les tenaient froncés à longueur de temps. Son doigt dériva sur ses temps d'ivoire, puis sur ses joues, effleura sa bouche rosée et alla se perdre dans son cou.
Itachi resserra ses bras autour de son frère toujours endormi et plongea son nez dans ses cheveux de jais.
-Je t'aime, chuchota-t-il.
Sa main chercha celle de Sasuke, et lorsqu'elle l'eut trouvé, ses doigts s'entremêlèrent aux siens. Itachi découvrit avec horreur les bandages qui entouraient ses poignets.
Ils avaient été placés là pour que Sasuke ne se blesse pas avec les lanières qui lui entravaient les bras, mais ils lui rappelaient trop les bandages que lui-même avait portés, quand il avait approché la mort d'un peu trop près, ses ailes d'anges brûlées par l'incendie de ses remords.
Itachi embrassa le poignet bandé de Sasuke, puis son bras tout entier, puis son épaule dénudée, que la chemise de l'hôpital ne couvrait pas.
L'aîné Uchiwa s'étira un peu et ramena ses cheveux en arrière, toujours sans un bruit. Il détacha enfin son regard de Sasuke et vit Tsunade, assise sur la chaise près du lit.
-Tu me vois, enfin, dit-elle, visiblement mécontente.
-Hm, bonjour, marmonna Itachi.
-Tu sais que c'est interdit de dormir dans le lit d'un malade.
-Il n'est pas malade.
-Tu aggraves ton cas en grandissant. Au moins, quand tu étais en prison, tu ne me tenais pas tête.
-Je n'avais rien à protéger.
Tsunade sourit.
-Tu m'énerves, mais je t'aime bien.
-Moi aussi, souffla Itachi. Mais ne le dites pas à Sasuke, il risque d'être jaloux.
Un sourire illumina ses traits alors que ses yeux se posaient à nouveau sur l'endormi.
-Tu l'aimes vraiment, alors ? osa Tsunade.
-Oui.
-Pour sa crise d'hier soir, je…
-C'est passé, l'interrompit Itachi.
Il ne voulait pas en parler, cela n'avait plus d'intérêt puisque le problème s'était réglé de lui-même.
-Ça fait longtemps qu'il fait ce genre d'hallucinations ? insista la chirurgienne.
-Ça n'est arrivé qu'une fois, samedi, lâcha-t-il à contrecœur.
-Tu veux que je lui trouve un psy ? proposa Tsunade.
-Non.
La réponse était nette, coupante. Un silence suivit, maladroit.
-Qu'est-ce qui lui est arrivé ? demanda finalement la femme.
-Rien.
-Il a dû avoir un traumatisme pour que… commença-t-elle.
-Ce n'est rien que vous puissiez arranger, répondit Itachi avant qu'elle ait fini sa phrase.
Il ne se rendit pas compte tout de suite que par cette phrase il s'était vendu : il était arrivé quelque chose à Sasuke et maintenant Tsunade le savait.
-Itachi.
-On va régler ce problème tout seuls. Il est réglé.
Sasuke remua un peu.
-Itachi… souffla-t-il en serrant ses doigts autour du tissu de sa chemise.
-Je suis là, mon ange. La morphine fait toujours effet ?
-Non, répondit Tsunade.
-Itachi…
-Je suis là, Sasu-chan. Ça va ? Tu as bien dormi ? chuchota l'aîné avec la voix douce qu'on prend pour rassurer un oiseau blessé.
-Hm, hm.
-On va rentrer à la maison, promit-il.
Sasuke sourit à peine.
-Je devrais avoir l'habitude, soupira Tsunade.
-L'habitude de quoi ? demanda Itachi.
-L'habitude de te voir n'en faire qu'à ta tête.
-Mais j'étais sage, pendant mon hospitalisation, objecta l'Uchiwa à mi-voix, en dévorant Sasuke du regard.
-Sage ? Toi ? s'étrangla la femme. Tu draguais toutes les infirmières, tu faisais les yeux doux aux cuisiniers pour avoir plus de dessert, tu invitais des amis dévergondés pour organiser des pyjama-parties dans les couloirs, tu as même réussi à faire en sorte que l'anesthésiste vire de bord, alors qu'il allait t'endormir !
-Vous oubliez le plus important, ajouta Itachi avec un sourire malicieux – à peine honteux. J'ai dépucelé tous vos stagiaires.
-C'est vrai ? grogna Sasuke en plissant les yeux.
-Oui mais c'est pas grave, c'est toi que j'aime, mon cœur, bêtifia-t-il en se tournant vers son frère.
Il l'embrassa avec un grand sourire.
-Bon. Mine de rien j'ai du travail. J'ai des vrais patients qui sont vraiment malades, dit Tsunade avec ironie.
-Okay, au revoir, chantonna Itachi sans relever le ton cynique de la chirurgienne.
-Merci, lui dit Sasuke, avec quelque chose d'une profonde honnêteté dans le regard.
Tsunade sourit, puis quitta la pièce sans un bruit, faisant balancer de gauche à droite son corps gracieux et son ample poitrine.
-Je sais pas si tu te souviens de tout ce qu'on a dit quand tu étais sous morphine… commença prudemment Itachi, tout sourire disparu de son visage.
-J'ai dit que quand tu es là, Orochimaru s'efface.
-Mais pourtant, samedi… balbutia Itachi.
-J'étais déboussolé, je n'avais même plus conscience d'où j'étais. Mais je pense que…
Un ange passa, Sasuke ne trouvait pas les mots pour exprimer cette impression si forte qui palpitait en lui.
-Tu apprivoises ta peur, petit à petit, compléta Itachi.
-Ouais, c'est ça, marmonna Sasuke.
« Peur ». Il n'aimait pas ce mot.
-C'est grâce à toi, murmura-t-il en rougissant à peine. Grâce à toi, Itachi.
Ce dernier rayonnait, un sourire s'épanouissant sur ses lèvres.
-Oh, et un autre truc… sembla-t-il se rappeler. Tu as dit quelque chose d'autre.
Sasuke fronça les sourcils, il ne s'en souvenait pas.
-Tu es sûr ? dit-il.
-Plus que sûr, sourit l'autre.
Il se pencha vers son oreille et lui répéta ses paroles de la nuit.
-QUOI ? Je peux pas avoir dit ça ! nia Sasuke, rouge de confusion. C'est pas moi, de dire ça…
-Pourtant… commença Itachi, légèrement railleur.
-Et ce serait pour quand ?
-Mercredi, répondit Itachi en regardant ailleurs, l'air indifférent. En cadeau.
Sasuke resta un instant la bouche entrouverte. Pour les anniversaires, on offre généralement une montre, un paquet de chocolat, un livre, mais pas… pas une partie de jambes en l'air ! Si ?
-Ça n'a pas l'air de t'enchanter, murmura Itachi, un peu blessé.
-Ben… je me demandais, pour… tu sais… Orochimaru.
-Tu sais quoi ? Je suis sûr que si tu me regardes droit dans les yeux, et que tu me laisses faire, il ne t'arrivera rien.
-Tu parles comme Neji.
-Les grands esprits se rencontrent, chuchota Itachi, le cœur toujours pincé d'un peu de jalousie. Bon, on devrait peut-être penser à partir.
-Il est quelle heure ? demanda Sasuke.
-Huit heures et demie. Avec un peu de chance on sera à Konoha dans une heure, tu pourras aller en cours.
Le garçon acquiesça, se leva et piocha des vêtements dans la valise que lui avait préparé Itachi.
Lorsqu'il fut habillé, il se tourna vers ce dernier :
-Ça se voit que j'ai passé la nuit à l'hôpital ?
-Ça se voit que j'ai vidé la réserve d'alcool de Tsunade, avec Shizune ? fut sa seule réponse.
Ils s'entreregardèrent un instant puis répondirent « non » en chœur.
Itachi prit Sasuke par la taille, enfila la sangle de son sac et sortit de la chambre. Ils marchèrent vers la gare du Shinkansen, en discutant sur des sujets anodins tels que la texture du sol du bureau de Tsunade après quatre verres de vodka.
OoOoO
-T'étais où ? demanda Naruto de but en blanc lorsqu'il vit Sasuke arriver – en retard.
-Hôpital, répondit laconiquement ce dernier.
-Pourquoi ? continua Naruto, les yeux plissés.
Sasuke ne répondit pas.
-Elle est zarb, ta chemise, commenta le blond.
Sasuke baissa les yeux sur son habit : il s'agissait d'une chemise noire ornée de fines rayures rouges, fermée par une multitude de minuscules boutons. Sans être extravagante, elle donnait l'étrange impression d'appartenir à une femme. Sasuke haussa une épaule en répondant :
-C'est un cadeau d'Itachi.
-Bah, je comprends mieux. Oh, en parlant de cadeaux, c'est pas ton anniversaire mercredi ?
-Oh… si, répondit Sasuke avec comme de la méfiance dans la voix.
-On se fait un ciné ? proposa gentiment Naruto.
Sasuke fronça les sourcils, pas certain d'avoir bien compris.
-Tous les deux ? fit-il d'une voix hésitante – il connaissait un psychopathe roux et un travesti brun qui n'allaient pas apprécier l'idée.
-Avec Gaara, bien sûr. Et Neji. Saï, aussi. Kiba. Shika et Temari, forcément. Sakura, Hinata et Karin. Peut-être qu'Ino et Chôji vont s'incruster. Lee voudra sans doute venir, Tenten aussi… euh… à part ça c'est tout.
-Tout ça ? s'étonna Sasuke.
-Yep, répondit Naruto avec un grand sourire.
-De toute façon, ce ne sera pas possible, réalisa le brun.
-Pourquoi ? se plaignit le blond.
-Mercredi, c'est le jour, dit fièrement Sasuke.
-Ooooh, fit Naruto, qui avait compris. Tant pis, on se fera un ciné un jour où tu pourras t'asseoir.
Sasuke l'assomma avec son classeur, outré. Sakura arriva sur ces entrefaites.
-Ça fait plaisir de te voir devenir humain, Sasuke, dit-elle avec un sourire doux.
-Euh… hésita Sasuke. J'étais pas humain avant ?
-Nan.
Sasuke leva les yeux au ciel.
OoOoO
-Oui t'es un beau chat, oui, hein ! Oh tu l'aimes papa Itachi, oh oui ! Tu as faim Kuro-kuro ? Oui tu as faim ! Papa Itachi arrive tout de suite avec une montagne de croquettes juste pour le gros Kuro-kuro ! bêtifia Itachi en caressant le chat.
-T'es bizarre, marmonna Sasuke en le regardant du coin de l'œil.
-Tu veux de l'aide pour tes devoirs ? demanda Itachi en sortant le sac de croquettes d'un placard.
-Non, ça va.
-Comme tu veux, répondit l'autre en servant un monticule de croquettes à Kurosaki.
Il s'assit à côté de Sasuke et commença à lire un de ses yaoï préférés.
-Itachi ? murmura Sasuke.
-Hm ?
-Toi aussi, tu trouves… que j'étais pas humain, avant ? demanda-t-il à voix basse, hésitant.
Il devait avoir l'air idiot, il n'aimait pas ça.
-Pourquoi « étais » ? Tu n'as pas changé.
Sasuke resta bouche bée un instant, estomaqué par ce qu'il venait de lui dire.
-Merci ! grommela-t-il, vexé.
-Je veux dire : il faut t'apprivoiser pour se rendre compte qu'il y a un humain sous les sarcasmes et l'indifférence.
Itachi souriait de toutes ses dents, un peu moqueur et très attendri.
-…j'ai pas changé ? répéta Sasuke, sans regarder son interlocuteur.
-Hein ? mais si… soupira Itachi. C'est juste que c'est toujours la même galère qu'avant pour t'approcher. Mais tu as changé. Tu as grandi.
Sasuke sembla méditer sa réponse, puis continua :
-Sakura a dit que je devenais humain.
-Ce n'est pas parce que tu t'es ouvert à tes amis que tu t'es ouvert au monde entier, mon ange.
-Tu voudrais que je m'ouvre au monde entier ?
Un silence s'installa et Itachi prit bien son temps pour sourire.
-Non. Si ça t'ennuie, tu n'es pas obligé de changer pour moi.
Sasuke sourit.
-Encore un stratagème pour me rendre accro, j'imagine.
-Arrête avec ça, soupira Itachi. Tu étais déjà accro à moi avant que je ne parte à Sapporo.
-Même pas vrai ! se buta Sasuke.
-Tu es érotomane.
-Erotomane, répéta Sasuke, plus que sceptique.
-Oui. Comme « héroïnomane ». Tu es dépendant à l'amour.
-« Erotomane », c'est une personne qui est persuadée à tort que quelqu'un est amoureux d'elle. Un mytho de l'amour.
Itachi fronça les sourcils, perplexe.
-Tu es sûr ?
-Oui. J'ai vu un film sur ça et… j'ai vu des cas vivants.
Un frisson parcourut son échine.
-Des cas vivants ? s'interrogea Itachi.
-Deux noms : Sakura et Ino.
Itachi éclata d'un rire franc, alors que Sasuke serrait les dents pour chasser tous ses souvenirs traumatisants de ces années à chercher à échapper aux deux folles.
-Mais alors, c'est quoi, les gens qui sont dépendants à l'amour ? insista Itachi, un doigt posé sur le menton.
-Des animaux de compagnie, trancha Sasuke.
-Ha-ha, très drôle.
-Tu vois pas que je travaille ?
-T'es pas drôle.
-T'es lourd.
-T'es méchant.
-Tu fais chier.
-T'es malpoli.
-Je t'emmerde.
-T'es encore malpoli.
-Ferme-la.
-Seulement si tu me dis que tu m'aimes.
-…ferme-la.
-Je t'aime.
-Hm.
Itachi l'embrassa, considérant peut-être que son « hm » boudeur correspondait à une déclaration d'amour enflammée, puis s'apprêta à sortir de la pièce.
-Je vais prendre une douche et me faire belle pour le repaaas ! chantonna-t-il d'une voix lascive en faisant un clin d'œil à Sasuke.
La porte se referma avec un petit bruit plein de promesses (comment une porte pouvait exprimer ce genre de choses ?) et Sasuke se surprit à sourire à son livre de maths.
On était mardi.
A suivre…
(1) J'avais écrit cette menace il y a bien longtemps, à une époque où le fait de dire qu'on va sauter du toit d'un hôpital ne me serrait pas le cœur de tristesse. Aujourd'hui je connais la série BBC « Sherlock » et je ne peux plus parler de « suicide depuis le toit d'un hôpital » sans avoir une pensée nostalgique pour cette putain de magnifique série ! Ceux qui connaissent comprendront l'allusion (et ma mélancolie) et ceux qui ne connaissent pas… vous attendez quoi pour aller regarder ? xD
Et voilà, il ne nous reste que le dernier chapitre ! Ce sera bien évidemment le lemon, et il sera à l'image de toute la fic : en même temps débile et délirant, et très sérieux xD Je vous souhaite d'ores et déjà de joyeux examens ! (que je suis méchante ^^') laissez-moi des reviews (je les aimeuh).
Tchuss !
