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Chapitre XXIV. HAULTEPENNE

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« En savez-vous plus sur ses pouvoirs? »

« Hélas, ça remonte très loin et nous n'en savons que ce qui s'est transmis de fabricant en fabricant. Il est très rare que le sorcier apporte le bois et le contenu de la baguette lui-même car ça peut mener à des résultats déplorables. Rien ne peut assurer le sorcier que le résultat va lui convenir. Dans ce cas, l'artisan a estimé avoir accompli son chef d'oeuvre pourtant nul n'a vu la baguette agir. La retrouver dans cet état mille ans après est incroyable et inespéré.

Où l'avez-vous trouvée, si ce n'est pas indiscret? »

« En France, dans la maison ancestrale des Saint-Maur. »

« Peut-être faudrait-il regarder la généalogie de la famille pour retrouver des descendants de Salazar Serpentard.

Le choix de cette baguette fait de vous l'héritier de la maison serpentard, pour un griffondor voilà qui n'est pas banal. »

« Puis-je vous demander la discrétion? »

« Bien entendu. Je vais aussi regarder dans mes notes et archives et si je trouve un renseignement intéressant, je vous envoie un hibou. »

Harry se retrouva dans le Chemin de Traverse bouleversé. La baguette de Salazar Serpentard! Lui! Qu'allait-il en faire? Bien sûr son père était un descendant de Ignotus Peverell tandis que Voldemort descendait de son frère Cadmus Peverell, les frères Peverell étant eux-mêmes descendants de Serpentard Salazar. Mais de là à devenir l'héritier de Serpentard, il y avait loin. Il ne parlait fourchelang que par accident enfin c'est ce que lui avait dit Albus Dumbledore.

Les quatre amis le regardaient, manifestement il n'aimait pas ce que lui avait dit Ollivander.

« Harry, ce n'est pas si terrible que ça! Serpentard était un grand sorcier. »

« Mais tout à l'opposé de mes principes, Draco. Que dirais-tu si je te disais demain que tu passes chez griffondor? »

« Ne crois-tu pas qu'ici la notion est différente, en tant que l'héritier tu pourrais enfin faire l'union des deux maisons qui vous était si chère à Albus et toi. Et puis as-tu encore le choix? »

« Je vais aller à Astor's Lodge chercher le cadre de Severus. Il n'est plus au courant de rien depuis presque deux semaines. Je voudrais son avis et celui d'Albus. »

« Je dois aller voir Jimmy, je vais te le rapporter. »

« Merci. Alors nous rentrons à Paris. »

Harry saisit Jim contre lui et transplana s'occupant très peu des sorciers que ça pouvait choquer. Draco, Sylas et Hermione se regardèrent alarmés par la rancœur qu'ils avaient sentie dans la réaction de Harry.

« Explique moi le problème, mon amour. »

Installé devant la cheminée, sa tête sur les genoux de Jim, Harry n'avait pas dit un mot depuis leur retour. Il poussa un soupir. Il lui raconta la fondation de Poudlard, les dissensions entre les fondateurs qui persistaient encore à travers les maisons après un millénaire. Il lui parla de Voldemort considéré comme le descendant de Serpentard, de sa capacité à parler fourchelang comme lui, du choixpeau qui avait voulu le répartir dans la maison verte et argent et l'avait mis chez griffondor seulement à sa demande.

Il lui parla de leurs ancêtres communs, les trois frères Peverell, possesseurs des reliques de la mort la bague des Gaunt avec la pierre de résurrection, la baguette de sureau et la cape d'invisibilité qui lui était revenue. Il lui parla aussi de Goderic Griffondor de sa fidélité à son idéal, de l'aide apportée par le choixpeau et l'épée pour vaincre Voldemort, de son mentor Albus Dumbledore.

« Tu es un peu tout cela, à la fois serpentard et griffondor. Tu as pas mal de qualités que demandait Salazar Serpentard à ses élèves, l'ambition, l'ingéniosité, la détermination, un certain dédain pour les règlements et en plus la faculté de parler le Fourchelang, ainsi que celles que demandait Goderic Gryffondor, le courage et même une certaine témérité, une ouverture d'esprit et la fidélité.

Tu as de serpentard une idée négative transmise par les élèves griffondor, si tu demandais à quelqu'un qui l'aime de t'en parler? Tu pourras ainsi mieux juger. Tes meilleurs amis sont tous serpentards sauf Hermione et tu t'entends très bien avec eux. C'est un hasard, tu crois? »

« ... »

« Pourquoi veux-tu le portrait de Severus? »

Harry lui expliqua l'aide des portraits.

« Qui est Severus exactement? Tu m'en as très peu parlé et j'ai l'impression que tu m'as caché le plus important je me trompe? »

« ... »

« Harry, ça te fera du bien... fit-il doucement en se laissant glisser sur le tapis contre lui et en l'entourant de ses bras, sa joue posée sur ses cheveux.

Harry une fois de plus parlait de son enfance, de ce professeur qu'il détestait, de cet homme intransigeant qui le haïssait parce qu'il était le fils de son père et qui le protégeait parce qu'il était le fils de sa mère, de la tendre amitié de Lily, de l'attitude de James Potter et des maraudeurs envers Severus. Il narra son courage infini, la mort de Dumbledore, le fait que tout au long de sa vie il avait été haï, enfin la révélation de son rôle de protecteur quand tout déjà était consommé, sa fin programmée par Voldemort et sa mort dans ses bras, ses yeux dans ceux de Harry tellement semblables au regard de Lily. Et enfin il raconta son sentiment de culpabilité envers cet homme qui l'avait protégé discrètement pendant dix-sept ans, comme il le faisait encore aujourd'hui en les guidant, et auquel il n'avait apporté que du mépris exactement comme James.

« Tu peux encore le lui dire aujourd'hui, il n'est jamais trop tard.

Je suppose qu'il était serpentard? »

« C'était le directeur de la maison serpentard. Pendant sept ans, il a honteusement favorisé les élèves de sa maison au détriment des griffondors. Son préféré était Draco. Il a fait le serment inviolable à Narcissa de le protéger et d'accomplir à sa place la tâche que Voldemort lui avait confiée. Il se retrouvait donc à protéger les deux ennemis, position délicate. »

« Harry? Tiens voilà le portrait de Severus. »

Harry le déballa, l'ôtant de sa valise de protection.

« Et alors Potter? On a besoin de moi? »

« Oui Severus, j'ai besoin de vous, soupira Harry en lançant à Jim un regard désespéré devant le ton mordant de son ancien professeur. »

« Parlez moi de Serpentard, Severus. »

Si il fut surpris par la demande, il ne le montra pas et commença à parler de sa maison et de son fondateur. Leur discussion dura très longtemps. Jim sa main posée sur l'épaule de Harry, y avait assisté sans dire un mot. Quand Harry chercha autour de lui, il lui tendit la baguette noire qui fila de ses doigts dans la main du griffondor. La discussion s'engagea sur la baguette de Salazar.

« Je suis étonné de votre façon de voir les choses, Potter. Vous m'avez d'abord demandé de parler de Serpentard, pouvez-vous me dire pourquoi? Je n'ignore pas vos sentiments pour cette maison et ses élèves, interrogea Severus moins sec. »

« J'ai suivi le conseil de Jim qui m'a dit que je n'avais jamais eu qu'une version des choses, celle des griffondors et que pour juger il me fallait le point de vue des serpentards, vous étiez le mieux placé. »

« Vous vous rendez compte que le choix que vous allez faire pourrait impliquer le devenir de Poudlard. »

« Oui. »

« Cette décision vous n'êtes pas obligé de la prendre de suite, réfléchissez. Soit vous rejetez cette baguette soit vous l'acceptez et vous essayez de faire la paix entre les deux maisons sans les réunir pour autant. »

« Je ne suis pas sûr que tu aies le choix, murmura Jim, car il y a la chanson du choixpeau qui pousse à l'union des maisons, la prophétie et l'aura de l'Elu. Vas-tu renier le fait d'avoir sauvé Draco et de lui avoir confié le bonheur d'Hermione? Et en choisissant tes amis à serpentard n'as-tu pas décidé il y a plusieurs mois déjà? »

« ... »

« Harry? »

« Quand il y a deux façons d'envisager les choses, tu m'en montres toujours une troisième. »

« Désolé, mon grand. Je dis ce que je pense. »

Severus suivait avec intérêt l'aparté des deux garçons. Minerva lui avait résumé la dernière réunion de l'Ordre du Phénix, il savait qui était le garçon mais ne savait de lui que ce qui avait choqué les membres c'était un moldu et l'amant de l'Elu. Pour le moment, il le couvait des yeux avec tendresse, pourtant nulle féminité chez ce garçon au corps musclé, au port de tête altier, au profil de statue grecque.

Harry semblait perdu dans ses pensées. Il entreprit soudain de résumer tout ce qui s'était passé ses derniers temps, ainsi que le bris du miroir.

« Tu dois le dire, Harry. »

« ... »

« Si. Si c'est exceptionnel comme tu l'as dit, tu dois le dire pour être aidé à développer plus encore ta puissance. Nous en aurons sûrement besoin. »

« ... »

« Harry a fait hier quelque chose qui a laissé muets d'étonnement tous les autres, je voudrais qu'il vous le montre. »

« Potter, je n'aime pas attendre! Fit Severus de son ton le plus détestable. »

« Je vais chercher ma pensine. »

« Pourquoi pensez-vous que je ne connaisse pas cet aspect de Harry. »

« Parce qu'il apprend à travailler sa concentration. »

Ils revirent pour une troisième fois le combat de Harry et Jimmy contre les sbires du crapaud. A la demande de Severus, il lui montra aussi le bris du miroir.

« Qui vous apprend à travailler? »

« C'est Jim, il est karatéka. »

« Vous réussissez là où j'ai échoué avec cette tête de mule! »

« Je ne faisais pas grand effort Severus. Si je devais changer une seule chose dans ces années à Poudlard, ce serait mon attitude envers vous. »

« Assez de pommade Potter, travaillez. »

Harry lança un regard ulcéré à Jim, il en avait assez de ce portrait qui soufflait le chaud puis le froid.

« Vous devriez lui dire que vous l'aimez, il va me rendre la vie impossible. »

« Moi aimer un Potter? »

« Le fils de Lily peut-être? Ou tout simplement Harry? Peu importe. »

« ... »

« Lui vous admire et vous, vous l'aimez, ce serait plus facile de mettre les choses à plat. »

« Je vais aller rendre compte de tout ça à Albus, si il juge utile de te voir tu le sauras très vite, mais à mon avis tu es apte à prendre ta décision seul Harry. »

Et le cadre fut vide.

« A sa manière, il te l'a dit quand même. »

« Drôle de manière. »

« Lis entre les lignes. Draco aussi te l'a dit aujourd'hui et, à ce propos, j'aimerais que tu me réserves ta bouche dorénavant, Draco ou pas Draco! fit Jim moqueur.

« Jaloux? »

« Pas d'une plaisanterie, mon amour. Il serait temps de rejoindre les autres pour dîner. »

Ils rentrèrent à Astor's Lodge le vendredi soir. Sylvain eut difficile de voir partir ses grands amis. Seule la promesse de venir le voir bientôt le week-end ramena un sourire sur sa figure.

Les autres avaient l'habitude de prendre tous leurs repas du côté sorcier. C'est donc autour d'un repas préparé par les elfes de maison qu'ils se retrouvèrent au complet.

« Demain il nous faut aller acheter au moins deux autres tenues classiques pour participer à la conférence. »

« Tu crois qu'elle va prendre longtemps? »

« Mon père a débloqué une semaine de son agenda. Il sera ici dès ce soir pour nous aider en nous informant des derniers évènements du côté moldu. fit Jim.

« On pourrait peut-être acheter nos kimonos aussi fit Hermione. Faire du karaté en jogging n'a rien d'agréable, ça gratte. »

« On vend des kimonos pour femme enceinte? interrogea Draco d'un air innocent.

Hermione le fusilla du regard et Jim éclata de rire.

« Tu seras très jolie en future maman, Mione, lui fit-il partageant le même diminutif que son homme. La pratique du karaté n'est pas contre-indiquée pour les femmes enceintes contrairement à une idée souvent répandue, pour autant qu'elle soit adaptée à leur état. Des katas exécutés lentement, des exercices respiratoires aident à maintenir une bonne forme physique. Quand on en sera là, je me ferai remettre un programme par mon senseï, certains katas qui demandent un effort important aux muscles abdominaux ne sont pas recommandés et on se dirige au fil des mois vers une forme de yoga favorisant les exercices respiratoires pouvant faciliter l'accouchement. Et en effet, fit-il en se tournant vers Draco, il y a des tenues spéciales qui soutiennent le ventre pour les femmes enceintes désireuses de faire du sport. »

« Merci senseï Jim! Fit Hermione en souriant.

« Non au secours! Je ne veux pas enseigner, surtout à des élèves pareils! se marra-t-il.

« Plains-toi tu aurais pu avoir des élèves tous semblables à Harry! Le taquina Sylas.

Jim lança un coup d'œil à Harry qui, faisant la sourde oreille, sirotait impassible son café de fin de repas. Il le connaissait maintenant, il voyait au tremblement du coin de sa bouche qu'il était près du rire. Le GSM de Jim sonna.

« Mon père est devant la porte côté moldu, je vais le chercher. »

Quelques minutes plus tard, celui-ci arriva par la cheminée et Jim lui présenta le reste du groupe. Quand l'elfe vint lui apporter un thé et des petits gâteaux, il ne sembla pas surpris, son fils lui avait fait la leçon. Après deux heures de politique européenne, ils finirent la soirée dans le salon télévision du côté moldu.

« Il a l'air gentil le père de Jim. fit Sylas.

« Et il a l'air de bien s'entendre avec Harry. Je suis content pour lui, ils ont l'air de plus en plus unis. »

« Oui même si je trouve que parfois il le guide un peu trop. intervint Draco.

« Personne n'influence Harry. corrigea Hermione.

« Si tu le dis, ma douce. Maintenant, si on parlait un peu d'autre chose que de politique, de Harry, de Jim... »

« Tu parles beaucoup ces derniers temps, mon tendre amour. »

« C'est censé nous suggérer que nous n'agissons pas assez? demanda Sylas en l'attirant contre lui et en remontant sa nuisette jusqu'à sa taille pour caresser les rondeurs fermes tout en l'attirant contre son bassin.

« C'est toi qui l'interprète comme ça, mon ange. »

« Tu parles trop, Mia... beaucoup trop! »

Draco se colla doucement contre le bas des reins de sa femme cherchant à la fois sa peau douce et une des mains de Sylas qui ne se fit pas prier pour dévier de son objectif premier et saisir la virilité de son amant.

Harry, Jim et son père était resté à discuter de l'atmosphère actuelle du monde moldu quand Harry s'excusa et quitta la pièce avant que son amant puisse le retenir.

« Que se passe-t-il, Jim? Vous vous êtes disputés? »

« Non, Harry a une décision grave à prendre et quoi qu'il décide il pense qu'il va y perdre une partie de sa propre estime. »

Devant l'air interrogatif de son père il résuma le dilemme qui s'offrait à lui.

« Il n'a pas vraiment le choix. »

« Au fond il le sait et c'est bien ce qui lui tombe dur. Ce n'est qu'un semblant de choix. Il doit aller contre ses principes, contre tout ce qu'il a appris depuis sept ans, contre les convictions d'un père qu'il n'a pas connu mais qu'il admire, d'un parrain qui est mort en le protégeant, d'une mère qu'il idolâtre, de professeurs qu'il respecte, tous griffondors. L'héritier de serpentard avant lui c'était le mage noir dont il a libéré le monde sorcier et qu'il a tué et là, il sera tôt ou tard amené à prendre sa succession. La maison des serpentards est la maison des sang-pur, c'est eux qui ont formé la majorité des partisans de Voldemort. Bien entendu, il n'entrainera jamais les serpentards sur la même pente mais cela sera perçu par bon nombre comme une trahison et ça, des deux côtés. »

« Et le fait qu'il sorte avec un jeune moldu sera perçu comment Jim? »

« Il s'en moque, ce n'est pas contre ses propres valeurs. »

« Va près de lui, va l'aider de ta présence même si tu ne dis rien. Qu'il sache que tu es là quelle que soit la décision qu'il prendra. »

La chambre était plongée dans le noir. Jim se glissa entre les draps, aussitôt un bras ferme l'attira et il se retrouva dans ses bras.

« J'ai cru que tu n'en finirais jamais de parler. »

« Je suis là, mon amour. Je serai toujours là. »

« Quoi que je fasse? »

« Je n'irais pas jusque là! »

« ... »

« Si tu me trompais, je serais incapable de gérer le fait que tu ais pu murmuré les mêmes mots d'amour, gémi de plaisir dans d'autres bras, crié... »

« Chut! l'interrompit Harry en le serrant contre lui, calme toi. Ça n'arrivera jamais. »

Jim pensa qu'il était là pour le réconforter et à la place il commençait une discussion sur la fidélité qui ne pouvait que déraper. Même la provocation de Harry au chemin de traverse, il l'avait mal supportée alors que ce n'était qu'une plaisanterie, ce qui semblait-il n'était pas passé inaperçu car...

« Jim, tu te rends compte que tu deviens de plus en plus possessif? Tu crois que je n'ai pas vu ta tête devant chez Fortarôme? »

Il se rendit compte au son de sa voix que Harry était amusé. Il fit la seule chose que sa fierté restante lui dictait, il se tut. Harry eut un rire tendre.

« Que je t'aime, mon grand. Ne change jamais. »

Une main douce et ferme attira son visage puis une bouche avide chercha la sienne et ne se lassa pas de l'explorer, de lécher doucement ses lèvres, de caresser sa langue. Jim eut envie de soupirer de bien-être sous les mains qui commençaient à errer sur sa poitrine. La bouche mordilla et lécha le creux de son cou là où il aimait respirer son parfum. Pourtant, il l'interrompit.

« Laisse-moi une fois encore te guider vers la jouissance... «

Il le voulait attentif à son propre corps, frémissant sous ses caresses, il voulait se consacrer à son plaisir entièrement pour l'entendre crier comblé, c'était son extase à lui.

Le lendemain, dès le matin, ils se plongèrent avec le père de Jim et Lucius dans la politique européenne. Après avoir été en monde moldu acheter les vêtements classiques qu'ils voulaient emporter, ils se replongèrent encore et toujours dans les arcanes de la politique. La journée du dimanche ne se passa pas différemment.

La grande salle de Poudlard était remplie du bruit des couverts et des discussions. Lorsque la double porte s'ouvrit les élèves curieux tournèrent la tête pour voir les arrivants. Le silence se fit. A l'entrée se tenaient le survivant et ses amis. Ils étaient accompagnés de moldus, du ministre de la magie, du secrétaire d'état, de leur professeur d'astronomie et de trois jeunes sorciers que les dernières années des serdaigles reconnurent pour être des anciens de leur maison. Les plus âgés se dirigèrent vers la table des professeurs où manifestement ils étaient attendus, les plus jeunes vers la table de la septième bis.

Jeunes gens, commença la directrice, je voudrais votre attention. J'aimerais que vous écoutiez attentivement ce qui va vous être dit. Harry, c'est à toi mon garçon!

Harry posa sa baguette sur sa gorge pour amplifier sa voix.

« Nous estimons juste de vous faire part de ce qui se passe dans notre monde. Nul ne pouvait ignorer la menace que représentait Lord Voldemort, ses exactions, ses crimes étaient publics et défrayaient la chronique. Celui-ci n'est plus mais ce n'est pas pour autant que notre monde est en paix et que le mal n'existe plus. Il est simplement plus insidieux et plus diversifié.

Une faction menée par un professeur tristement célèbre, Dolorès Ombrage essaye de prendre le pouvoir pour appliquer une doctrine proche de celle du mage noire, mettant au pilori les minorités, montrant du doigt les sang-mêlé.

Les moldus ont beaucoup souffert lors de notre guerre avec Voldemort. Certains ont été torturés, violés, tués, des familles ont été brisées, des enfants sont orphelins, des maisons, des commerces, des axes de communication ont été détruits pour le plaisir. Ils nous réclament des comptes. Ils ne les demandent pas au mage noir qui n'est plus mais au monde sorcier.

Une conférence est organisée dès demain entre les représentants des différents états membres de l'Europe et nous. Je n'ai pas besoin de vous préciser qu'en cas de conflit armé nous avons peu de chances de voir notre monde survivre. Nous préparons cette conférence depuis plusieurs semaines maintenant et nous ferons de notre mieux.

Enfin, une prophétie existe qui dit que notre monde devra bientôt combattre ses ennemis, nous aurons un grand rôle à y jouer, il aura besoin de vous.

Quelle que soit l'issue de ces négociations, il vous faudra accepter que notre monde s'ouvre aux moldus et à leurs technologies.

Je demande à toutes les maisons de faire cesser leurs querelles, vous avez d'autres préoccupations. »

Le ton de Harry se fit froid et incisif.

« J'exige des maisons griffondors et serpentards un effort tout particulier. Je ne tolèrerai aucun manquement à la discipline. Les salles communes seront désormais ouvertes aux élèves de toutes les maisons. Je demande aux élèves de la septième de se perfectionner au combat, à ceux de la septième bis de reformer l'armée de Dumbledore. Votre monde aura besoin de vous. Si vous avez des questions nous sommes à votre disposition. »

Des questions il y en eu pour tout le monde, pour Harry et les ministres, mais aussi pour le moldu qui se tenait à leurs côtés. Et comme le monde ne change pas en un jour, une querelle éclata entre deux élèves des maisons sang et or, vert et argent.

« Ça suffit! fit Harry en interrompant les deux protagonistes d'une voix sèche. Je croyais les griffondors loyaux, courageux et les serpentards rusés, ambitieux. Vous nous démontrez qu'ils sont surtout stupides si ils sont incapables de dépasser leurs petites querelles pour envisager un avenir commun dans notre monde. Ne comprenez-vous pas que ce sera ensemble ou pas du tout? »

« Il y aura bientôt la nomination d'un nouveau ministre de la magie. Tout changera à ce moment là. fit le sang-pur.

« Crois-tu? Qui sera nommé d'après toi? interrogea Harry très calme.

« Mon père dit que c'est Monsieur Malefoy, c'est un sang-pur et un serpentard. »

« Lucius? invita Harry.

« En effet, j'espère être nommé ministre de la magie, mais pas parce que je suis un sang-pur et je ne suis pas l'héritier de Salazar. Notre monde a besoin d'être reconstruit et je pense en avoir les capacités. Je crois, comme le Survivant, qu'il est inéluctable qu'il s'opère des changements, que notre monde s'ouvre sur le monde moldu. C'est un des résultats engendrés par la folie de Voldemort. J'espère que vous êtes prêts à aller de l'avant car vous êtes notre devenir. »

« Beaucoup ont suivi Voldemort parce qu'il était l'héritier de Salazar Serpentard, Si vous dites ne pas l'être et que vous ne poursuivez pas la tradition des sang-pur, il ne reste alors que le parti d'Ombrage pour maintenir nos privilèges. »

« Non! Il y a et il y a toujours eu un héritier de Salazar, à vous de le suivre, mais tout héritier qu'il soit, il ne pourra entraver la marche du temps. »

« Il ne le peut et il ne le veut! Si vous voulez que notre monde vive, il faut qu'il évolue. fit Harry d'une voix glaciale. Si les serpentards ne me suivent pas, ils ne feront pas partie de cet avenir là. »

Le silence qui régnait dans la grande salle était total. Avaient-ils bien compris? Le Survivant, l'Elu, le griffondor venait-il de réclamer l'héritage de Salazar Serpentard?

Jim contemplait son amour. Il savait ce que la phrase qu'il venait de prononcer lui avait coûté. Une fois de plus, il sacrifiait beaucoup au monde sorcier.

Quand il s'était réveillé le matin, Harry ne lui avait rien dit mais il savait, il avait le regard douloureux de ceux qui font table rase de leur passé. Quand il l'avait pris dans ses bras, il s'était serré fort contre lui et Jim avait senti une larme couler dans son cou. Il ne l'avait jamais vu pleurer, il ne le verrait peut-être jamais, quand il s'était détaché de lui, ses yeux étaient un peu rouges mais secs. Son visage était fermé et fier comme celui de ces sang-pur dont il n'était pas. Mais cette perle d'eau qui s'était échappée lui avait tout dit.

Son regard vert survolait la table des serpentards en quête d'une réaction. La stupéfaction semblait régner. Un adolescent de première année se leva pour s'adresser à Harry, mais personne ne comprit les sifflements qui s'échappaient de ses lèvres sauf Harry qui lui répondit à l'étonnement de tous sauf des élèves de la septième bis qui se rappelaient les duels avec Malefoy et le basilic.

« D'autres parmi vous sont des fourchelangs?

Il n'obtint pas de réponse. »

« Je n'accepte pas cet héritage avec le sourire. Il se fait que je n'ai pas le choix. La baguette de Salazar m'a choisi et je ne me vois pas, dans les circonstances actuelles, refuser. Bien qu'étant un de ses descendants par un des frères Peverell, je n'ai pas été élevé dans ses principes mais dans ceux de Griffondor. Je ne suis pas non plus un sang-pur mais un autre sang-mêlé a été considéré, il n'y a pas si longtemps, comme héritier de Salazar. Je crois que tous vous me connaissez assez pour savoir que je ne fais rien à la légère. Les qualités demandées par la maison des verts et argent sont loin d'être incompatibles avec celles demandées par celle de Griffondor. Quelqu'un à qui je confiais mes incertitudes, m'a dit que j'étais autant l'un que l'autre. Je ne le démentirai pas, je ne renierai pas l'une, je ne dédaignerai pas l'autre. Sans le courage et la fidélité, je n'aurais pas vaincu Voldemort, sans la détermination et la ruse non plus. Comme Dumbledore avant moi, je veux que nos maisons travaillent ensemble pour le bien du monde sorcier. A vous de me suivre. »

« Tu parles d'une baguette qui t'a choisi, il faut au moins nous la montrer. fit une jeune fille en se levant et en se dirigeant vers Harry.

Harry sorti la baguette d'ébène et la tendit au professeur Slughorn pour qu'il l'examine.

« C'est bien la baguette d'ébène que Salazar Serpentard avait fait faire après avoir quitté cette école. Il voulait une nouvelle baguette pour une nouvelle vie, c'est pourquoi le symbole de la maison serpentard y figure pour l'identifier mais en très petit. »

« Je l'avais déjà fait authentifier par Mr Ollivander. fit Harry en regardant la jeune fille qui se dressait devant lui le fixant de ses yeux mauves.

« Alors nous n'avons pas d'autre choix que de te suivre. conclut Mara.

Draco, Sylas et Erwin s'étaient avancés et se tenaient derrière Harry.

« Qui est-ce? souffla Jim à Hermione.

« C'est Mara. répondit celle-ci à voix basse, après une hésitation.

Jim regarda avec attention la jeune fille qui dévorait Harry de ses améthystes, son ex-petite-amie était plus que jolie.

Harry se retourna pour récupérer sa baguette qui fila entre ses doigts.

« Harry mon enfant, c'est un grand plaisir de vous voir parmi nous. dit le directeur de la maison des serpents.

« Merci Professeur, répondit-il d'une voix neutre.

Je vous demande donc pendant mon absence de travailler avec les autres vos cours de défense contre les forces du mal. Vous avez un bon professeur, faites lui honneur ainsi qu'à votre maison. Je compte sur la septième bis pour vous y aider et aussi vous encadrer même en l'absence des élèves de votre maison qui viennent avec moi, fit-il en se tournant vers sa tablée. Nous préparerons la suite des évènements dès notre retour. »

« Tu peux compter sur nous. répondit Ernie Mac Millan.

« Je n'en doutais pas Ernie. »

Lord Spencer regardait le garçon vêtu d'une tenue neutre sans blason pour ne choquer personne se diriger vers sa table encadré de ses trois amis habillés de l'uniforme de serpentard. Il avait été impressionnant de sa dignité, il avait un charisme prenant, celui dont on fait les meneurs. Il s'assit à côté de Jim cherchant ses yeux, il lui sourit douloureusement. C'est à ce moment qu'il comprit son fils.

Les conversations reprirent peu à peu, elles avaient bien évidemment changé de sujet. Bon nombre des plus grands se souvenaient des avertissements donnés par Dumbledore ces dernières années, celui de l'Elu leur ressemblait étrangement.

A la cinquième table par contre, le silence régnait. Ils retrouvaient le Harry des mauvais jours, des jours où sa cicatrice se rappelait à lui avec violence. Quand il voudrait parler il le ferait. Après le repas, tout naturellement, il se dirigea vers la salle commune de la septième bis.

« Laissez la porte ouverte, c'est maintenant que nous allons voir si ils ont compris. »

Peu à peu, les fauteuils se remplirent, tous les élèves de la septième bis étaient là. Harry leur donnait ses instructions pour la semaine, leur demandant de ne brusquer ni les uns ni les autres, ils devaient les laisser venir à eux.

« Harry, tu comptes être plus présent dorénavant car nous ne suffirons pas à les tenir, tu le sais. Ça fait un mois que tu es absent. »

« Ce que j'ai fait aujourd'hui est un lourd tribut payé au monde sorcier, j'essaierai d'être plus présent mais je ne renoncerai pas pour autant à avoir une vie privée en dehors de l'école. Pour le moment, je n'en ai pas encore discuté avec la directrice. Nous verrons ça à notre retour de Belgique. »

« Le moldu est avec nous dans ces négociations? »

« Officiellement, mon père ne peut pas l'être mais il nous a beaucoup aidé. intervint Jim un peu sèchement n'appréciant que peu le vocable utilisé pour désigner Sir Spencer.

« Il en a déjà fait beaucoup en nous expliquant les opinions actuelles des divers représentants européens, il ne peut faire plus. Jim nous enseigne depuis un mois dès que nous avons du temps libre la politique des moldus. Nous ne pouvions trouver meilleur professeur, il étudie les sciences politiques à Cambridge depuis cinq ans et il est le plus brillant de sa promotion. expliqua Sylas.

« C'est ton père qui va négocier Draco? »

« Oui, mais pas seulement. De notre groupe ce sont Sylas et Jim qui le feront. Nous serons là pour les soutenir, pour essayer aussi d'impressionner les moldus en leur montrant nos pouvoirs et pour les protéger. Depuis un mois, Harry a échappé à plusieurs tentatives d'assassinat. »

Harry lança un regard de reproche à son ami.

« Draco a raison nous devons savoir, Harry! Nous devons savoir où nous en sommes. J'ai entendu dire que Ron était au secret à Azkaban, est-ce vrai? fit Neville.

« Ron est à Nurmengard pour tentative d'assassinat sur la personne de Harry, il est devenu un des exécutants d'Ombrage. fit Draco.

« Tu trouves normal que ce soit un moldu qui négocie l'existence de notre monde face à d'autres moldus? »

« J'ai toute confiance en Jim et son père et j'ai l'habitude que ma parole suffise. asséna Harry en regardant, d'un œil sombre, Mara qui s'était approchée de leur table.

La salle de la septième bis semblait trop petite pour contenir les élèves des quatre maisons qui venaient les rejoindre. Les directeurs avaient accordé aux élèves des trois dernières années une permission exceptionnelle reportant le couvre-feu à vingt-trois heures. Les questions fusaient auxquelles ils essayaient de répondre de leur mieux. Soudain Harry s'interrompit pour émettre un sifflement. Une petite silhouette sortit du coin où elle s'était dissimulée.

« Que fais-tu là? Tu devrais être au lit! »

« Je voulais savoir. Cette histoire d'âge est stupide, je suis plus intelligent que la plupart des grands! fit l'enfant avec morgue.

« Tu sais que tu me rappelles quelqu'un toi? Un satané serpentard qui croyait toujours tout savoir mieux que personne... »

« Qu'est-il devenu? demanda l'enfant sérieux.

« Il est mon meilleur ami. fit Harry en échangeant un regard complice avec Draco. Comment t'appelles-tu? »

« Aymeric de Montsalve. »

« Tu es français? »

« Oui, mon père était français, ma mère anglaise mais mes parents sont morts. Je vis chez mon oncle mais je ne l'ai plus vu depuis que je suis entré à Poudlard. »

« Tu as passé tes vacances ici? »

« Oui, mais c'est mieux que chez mon oncle. Poudlard c'est chez moi. »

Harry échangea un long regard avec Draco puis avec Jim qui leva les yeux au ciel.

« Va dormir Aymeric, directement. »

L'enfant poussa un soupir et se dirigea vers la porte. Soudain, il fit demi-tour et se planta devant l'Elu. Harry le regarda puis l'entoura de ses bras et le serra déposant un baiser sur son front.

« Va dormir. fit-il gentiment puis s'adressant aux autres, il est vingt trois heures nous avons encore du travail avant notre départ demain matin. Nous nous reverrons tous à notre retour avec de bonnes nouvelles je l'espère. »

Quand tout le monde fut sorti, Harry se tourna vers ceux de la septième bis.

« Avez-vous toujours les pièces pour les convocations?

En voici d'autres pour les nouveaux. Les cas discutables vous attendez Draco avant de les intégrer. Surveillez-moi le petit Aymeric, il va nous donner du fil à retordre. Il me rappelle trop quelqu'un! »

« Toi peut-être? fit Draco avec un air moqueur.

« Aussi. admit Harry.

Lorsque la salle commune fut presque déserte, il poussa un soupir de soulagement. Il lança un regard à Jim qui sortit avec lui.

« Ils sont ensemble? questionna Dean.

« Je crois que Harry t'a déjà remis à ta place lors de la soirée, ça ne t'a pas suffi? intervint Neville.

« Ça ne veut pas dire que maintenant ils sont en couple. fit l'autre en haussant les épaules.

« Reste tranquille, Dean. »

« Je suppose que ça veut dire oui. »

Harry entraîna Jim vers sa chambre. Il se laissa tomber sur son lit attirant son amant contre lui. Il referma ses bras avec rage, le fit rouler en dessous de lui pour le dominer et l'embrassa âprement. Jim lui rendit son baiser se mettant au diapason de sa violence, il sentait qu'il avait besoin d'extérioriser cette angoisse, cette rancœur qu'il avait en lui depuis le jour précédent. Quand il sentit son baiser changer, devenir passionné, il le conduisit doucement vers la volupté. Il inversa les positions et embrassa doucement son visage, ses yeux, la ligne de son menton volontaire tout en lui murmurant des mots d'amour entre chaque baiser léger, il suivit de sa langue l'éclair de son front... Il le sentait se détendre peu à peu.

« Moi aussi, je t'aime mon amour. lui souffla-t-il.

Jim ferma les yeux pour savourer ses instants précieux entre tous. Avant qu'il le réalise, leurs positions s'étaient de nouveau interverties et une bouche se faisait caresse sensuelle sur son visage, une langue traçait de tendres sillons dans son cou remontant dans le creux si sensible derrière l'oreille que maintenant sa bouche, dont le souffle doux lui mettait des frissons dans le dos, taquinait. Il ne put s'empêcher de pousser un soupir de bien-être qui ramena sur ses lèvres celles de Harry.

« T'ai-je dit que sans ta présence à mes côtés, je n'y serais pas arrivé? souffla-t-il contre sa bouche.

« Si mon aimé tu l'aurais fait, parce que c'était ton devoir et crois-moi, ils sont fiers de toi comme je le suis. »

« J'aimerais en être sûr. »

« Moi, j'en suis persuadé. Embrasse-moi... »

Harry passa sa langue doucement sur ses lèvres sans lâcher son regard, il glissa une main sous ses vêtements, caressant sa poitrine et son côté. C'est Jim qui ne supportant plus la douce attente, attira Harry par la nuque pour un baiser profond et voluptueux.

« Il est en train de faire sa valise. disait une voix juste derrière la porte, cette dernière s'ouvrit en même temps, révélant aux deux jeunes gens enlacés Lord Spencer, Hermione et en arrière plan, Dean qui passait dans le couloir et n'avait plus maintenant de question à se poser.

« Mione! reprocha Harry.

« Je suis désolée, je ne pouvais pas savoir! Tu as dit que tu allais préparer un sac avec des vêtements pour partir demain. »

« Tu aurais pu frapper quand même! »

« Désolé les enfants, mais les autres s'impatientent et veulent rentrer. Nous n'allons pas défiler chacun notre tour dans le bureau de la directrice pour passer par sa cheminée. »

« On y va, Papa. »

Harry se leva, sélectionna dans sa garde-robe les vêtements plus habillés qu'il voulait emporter, mit le tout soigneusement dans un sac de voyage en cuir fauve, qu'il réduisit à la taille d'un gros porte-clefs.

« Voilà qui est pratique! Vous allez voyager sans bagage? s'enquit le père de Jim.

« Nous allons utiliser tout ce qui peut perturber les moldus, y compris ce genre de chose. Nous aurions pu choisir d'arriver comme tout le monde en voiture, comme nous l'avons fait pour le bal de Cambridge, mais nous avons choisis de transplaner tous en même temps. admit Harry

« Et Jim? »

« Nous transplanerons par trois main dans la main, ainsi il n'y aura pas de problème. »

« Transplaner dans tes bras ne me dérangeait pas. »

« Si tu préfères, ça peut se faire comme ça aussi. lui répondit Harry avec un sourire moqueur mais c'est dans ton monde qu'ils sont les plus intransigeants à ce sujet.

Ils se dirigeaient vers le bureau de la directrice quand Harry s'arrêta et se retourna vers un point invisible.

« Aymeric sort de sous cette cape. soupira-t-il.

« Que fais-tu encore là? »

« Comment as-tu su? interrogea le jeune garçon sans répondre.

« Je l'ai senti et j'ai vu ta forme, vu la taille ce ne pouvait être qu'un désobéissant jeune serpentard de ma connaissance. Alors que fais-tu là? »

« Je voulais te dire au revoir et vous souhaiter bonne chance. »

Harry embrassa le gamin en pensant que celui-ci commençait à en faire une habitude et qu'il se retrouvait dans la position du grand frère et non de l'héritier.

« Veille bien sur lui! fit l'adolescent d'un ton sérieux à Jim qui le regarda d'un air stupéfait.

« C'est bien mon intention.

Je peux savoir comment tu es au courant de ça aussi? lui répondit-il une fois revenu de sa surprise.

« J'ai entendu Thomas qui en parlait avec Londubat, il veut sortir avec toi quand bien même tu es avec Harry. »

Harry leva les yeux au ciel.

« Il est têtu celui-là! maugréa-t-il. Aymeric, promets-moi quelque chose. Tu vas dormir maintenant, de toute façon les rondes des préfets ont commencé et tu vas avoir de gros ennuis. »

« C'est promis. C'est vrai que ce serait plus facile si tu me prêtais ta carte des maraudeurs mais je suppose que je ne dois pas y compter. »

Ce fut un éclat de rire général autour de Harry qui ne savait pas comment s'empêcher de rire et tancer l'incroyable petit curieux.

« En effet! Allez dans les cachots et vite. fit-il d'un ton sec!

L'enfant le regarda d'un air désabusé puis fit demi-tour pour se diriger vers le dortoir de sa maison.

« Par Merlin! Quel petit monstre! »

« Tais-toi, tu en es déjà fou, comme de Sylvain. Tu ne sais pas résister à un enfant tel que lui. se moqua Jim tendrement.

« Il fera un parfait petit compagnon pour Sylvain pendant les vacances. »

« Ce sera très reposant. confirma son compagnon en riant. Ne me regarde pas comme ça, je sais que tu penses aux vacances qu'il passe seul ici parce qu'il est orphelin et il est manifeste qu'il manque d'amour. soupira-t-il.

« Tu vas adorer lui enseigner le karaté! le taquina Harry.

« Les enfants, il faut y aller. Je dois encore rentrer à Bruxelles. les interrompit Lord Spencer.

« Nous allons vous y transporter si vous voulez? proposa Draco.

Par la fenêtre du château de Haultepenne, Harry regarde le fleuve serpenter paresseusement entre les rubans de bitume.

Perché sur un rocher, le château est implanté dans un site boisé et escarpé, plein de charme, campé sur une assiette cernée de hauts murs de soutènement à l'ouest et au nord et bordé à l'est d'un superbe jardin disposé en terrasses. Il est construit en L disposant ses bâtiments des XVIIe et XVIIIe s. en équerre, joints au donjon probablement construit vers 1330 par Lambert de Harduemont, premier seigneur du bien. C'est une haute tour de cinq niveaux en moellons de grès, aux rares ouvertures, coiffée d'un bulbe d'ardoises. De style Renaissance mosane, le corps du logis est joint à la tour par une construction intermédiaire en moellons de grès.

L'accès à la seconde cour se fait par un beau portail, c'est là qu'ils ont transplané ce matin. Vingt personnes qui apparaissent de nulle part au milieu de la cour du château, ça avait surpris pas mal des politiciens déjà arrivés. En retour d'angle, il y a un bâtiment en briques peintes et calcaire, de sept travées et deux niveaux. A droite, on trouve un pavillon sous toiture à quatre pans, mansardée, ardoisée et couronnée d'épis. Enfin au nord des dépendances de la fin du XVIIIe siècle, en briques et calcaire, de cinq travées de deux niveaux et demi, encadrées de constructions de quatre travées sur deux niveaux, on aperçoit quatre tours carrées en briques et calcaire sous pavillon ardoisé, dont deux protègent l'entrée.

Les sorciers quant à eux ont trouvé le château bien plus vaste qu'ils ne l'avaient imaginé lorsqu'ils avaient su que les moldus logeraient dans les hotels de la ville et trouvé leur escorte un peu trop réduite pour une telle superficie à couvrir. Jeter des sorts de protection et former un blouclier anti-transplanage et tirs de batterie furent les premières choses qu'ils firent.

Harry était seul, front collé à la vitre, songeur. Jim était allé voir son père, il n'avait pas voulu s'imposer. Ils étaient rentrés tard à Astor's Lodge et avaient dormi presque de suite sans discuter. Harry savait pourtant que certaines questions viendraient à l'ordre du jour comme l'obstination de Dean, comme le regard haineux que Jim avait lancé à Mara, il faudrait qu'il lui explique que comme à George ils avaient dû modifier sa mémoire pour qu'elle ne représente pas un danger pour eux. Absorbé par ses pensées, il n'entendit pas la porte s'ouvrir et son amant approcher, c'est quand il sentit son bras autour de sa taille qu'il s'aperçut de sa présence.

« Tu devrais venir avec moi, mon père est en train de discuter dans le petit salon avec le représentant de la France, Pierre Moscovici, le représentant allemand qui est le président de l'union européenne et son interprète, Sylas est déjà avec eux. C'est bien de te familiariser avec eux, de créer un lien aussi ténu fut-il qu'une conversation sur des sujets en dehors de la politique.

Qu'est-ce qu'il y a Harry? »

« Rien d'important, ça attendra. »

« Mara et Dean? »

« Oui, je vois que je ne suis pas le seul à y avoir songé. fit Harry avec un sourire.

« Mais c'est toi que je retrouve le front contre la vitre avec le regard triste. »

« Ma tristesse n'a aucun rapport avec ça. Si on doit parler de Mara c'est parce que je dois t'expliquer pourquoi Draco a dû lui modifier la mémoire et Dean parce qu'il faudra que tu mettes les choses au point avec lui, mais on a une semaine pour ça, ce n'est pas urgent. Là, je te suis. »

« Harry, attends! Quel que soit le résultat de cette conférence, on l'affrontera ensemble même si ça tourne mal, je serai à tes côtés parce que je t'aime. fit Jim en le prenant contre lui.

« Je ne te demanderai jamais ça, Jim, je ne pourrai jamais te priver de tout ce qui a été ta vie jusque maintenant, de ta famille, de ton avenir... »

« Ce serait bien pire de vivre sans toi. J'en ai déjà prévenu mon père et je ne compte pas revenir sur ma décision. »

« Je n'avais pas réalisé ce que je risquais avant d'être ici. Je ne croyais jamais dire ça un jour, je suis terrifié à l'idée de te perdre. »

Jim le regarda longuement, puis il le tira par la main le long des couloirs ornés de précieuses tapisseries. Harry dénoua leurs mains avant d'entrer, Jim ne dit rien, il savait que la première impression était importante. Déjà pour lui faire plaisir, Harry les avait fait transplaner enlacés.

Le père de Jim l'embrassa à son habitude, apparemment il n'avait pas l'intention de renier leur attachement, ça l'encouragea. Il se mêla à la conversation qui roulait sur un sport moldu, le football. Comme Jim en était féru, il l'avait beaucoup vu à la télévision ces derniers temps et n'eut pas trop difficile de suivre la conversation.

Lucius discutait en italien avec le représentant de l'Italie et de l'Autriche dont la mère était d'origine italienne. Kingsley, Jimmy et Erwin discutaient avec le propriétaire du château de l'organisation à prévoir.

Il manquait toujours les représentants de trois pays.

La porte s'ouvrit sur Hermione et Draco, main dans la main. Harry pensa qu'ils avaient de la chance, puis il se rappela que malheureusement Sylas n'était pas mieux loti que lui. Ils auraient leurs amours contre eux toutes les nuits, de quel droit se plaignait-il?

« Nos trois membres manquants seront là cet après-midi. Je vous suggère donc que nous déjeunions tranquillement sans les attendre, les informa le président. Ils disposaient encore d'un répit de quelques heures. »

Sylas trainait dans la douche à son habitude, Hermione, Draco penché sur son épaule, finissait de consigner dans un carnet les différentes interventions des pays membres. Celles-ci pouvaient se résumer en un maître mot sécurité. Draco assurait le même rôle qu'à Cambridge, il lisait dans l'esprit des différents représentants leurs peurs, leurs sentiments réels, leurs réticences. Réticents, ils l'étaient tous sauf la Belgique, la France et l'Angleterre, plusieurs leur étaient carrément hostiles dont les catholiques Espagne, Portugal et Italie. Si le vote avait eu lieu maintenant, sans nul doute ils auraient été perdants.

Bien entendu le fait d'avoir vu leurs ministres soumis à l'imperium par la faction d'Ombrage n'aidait pas vraiment, car rien ne leur garantissait que leurs amis de demain ne deviendraient pas leurs ennemis un jour se livrant aux mêmes pratiques.

Cela faisait deux jours seulement qu'ils étaient là et déjà ils étaient exténués.

« Harry et Jim ont l'air aussi épuisés que nous, pourtant ils sont restés très discrets. »

« C'est une question de tension. intervint Sylas. Ils ont tellement à perdre tous les deux. Si ça tourne mal, Jim suivra Harry dans notre monde et il perdra son avenir et tout ce qui a fait sa vie jusque maintenant. Harry a peur de le perdre, il l'aime plus que tout mais il veut son bonheur pas son sacrifice. »

« Tu as discuté avec eux, mon ange? »

« Tu sais bien que Harry ne parle jamais de ce genre de chose, mais j'ai discuté avec Jim. Il n'y a pas la moindre hésitation en lui, il ne conçoit pas la vie sans ses yeux d'émeraude. fit Sylas en souriant.

« Pourquoi n'intervient-il pas dans les débats? »

« Il attend! Il guette, il étudie tes notes que je lui duplique. C'est le round d'observation, parait-il. Je crois qu'il prépare un spectacle de magie aussi. se moqua Sylas.

« Tu vas être content. dit-il railleur à Draco.

« Est-ce prudent d'amplifier leur peur? »

« Jim pense qu'il faut leur faire voir tout ce que nous pouvons leur apporter tout en leur donnant à réfléchir sur notre puissance non négligeable, ce qui était ton idée aussi, ma mie. »

« J'espère qu'Harry est capable de se concentrer. »

« Ne te tracasse pas Dray, c'est toujours dans les situations extrêmes qu'il se découvre des ressources insoupçonnées. Il est solide. fit Hermione.

« Je l'espère Mia. »

« Tu as presque fini ma mie? lui demanda tendrement Sylas.

« Oui. soupira-t-elle.

Draco tirait déjà Sylas vers le grand lit sur lequel il le fit tomber pour le rejoindre aussitôt, l'embrassant avec passion. Il ne se lassait jamais des baisers de miel et de feu de son amant qu'il redécouvrait chaque jour. Ses mains couraient sur son corps de soie, aussi doux que la peau de Mia. Ils soudèrent leurs deux corps, virilité tendue contre virilité tendue.

Hermione poussa un soupir de soulagement et rangea le carnet. Se retournant, elle fixa ses deux hommes, admirant leurs corps. Draco arqué contre le corps de Sy, geignait doucement sous la bouche qui parcourait son torse et les mains expertes qui caressaient le bas de son dos. Elle ne se mêlait jamais à leurs jeux, d'habitude elle se glissait entre eux et récoltait les fruits de leur excitation, Ce n'était pourtant pas la première fois qu'elle en avait envie mais elle n'avait jamais franchi la barrière, privant en même temps ses hommes de plaisirs qu'elle ne pouvait leur offrir.

Pourtant cette fois, elle ôta son pyjama de soie et se glissa contre Dray qui ne put retenir un gémissement rauque de plaisir en sentant son corps nu contre son dos. Elle mordillait, léchait sa nuque, ses épaules. Il passa une main derrière lui cherchant et trouvant le sexe humide d'envie de sa femme. Elle lécha ses doigts, puis passa doucement sa main entre ses fesses faisant sursauter son amour, elle vint buter sur la barrière élastique de son intimité qu'elle caressa doucement. Draco tremblait sous leurs gestes conjugués. Sylas promenait sa bouche sur sa hampe dressée, taquinant de sa langue le gland et sa petite fente perlant déjà de son envie, une main caressant les deux bourses, l'autre le sexe gonflé.

Hermione introduisit un doigt puis deux dans l'intimité de Draco qui cria de plaisir. Sylas le sentit prêt à jouir et interrompit la caresse pour prendre ses lèvres pendant qu'Hermione se cambrait de volupté sous la main de Dray. Elle le poussa à se retourner et le fit pénétrer en elle, guettant dans les iris d'acier la montée du plaisir. Sylas avait repris la caresse d'Hermione et positionnait sa virilité contre l'intimité de son homme, il en força le passage doucement. Draco attira Mia contre lui violemment cherchant le plaisir des deux côtés.

Quand Sylas pénétra plus avant dans l'étroit passage, il sentit une vague de plaisir irradier ses reins et ne put retenir un cri rauque. Doucement il se mit à se mouvoir en de doux va-et-vient qui lui procuraient un bien-être indicible puis il obéit aux injonctions de son amant en les amplifiant.

Draco avait saisi la bouche de sa femme qu'il dévastait, elle caressait les épaules, le cou, les cheveux de Sylas collé à Dray, contre qui elle se cambra proche de la jouissance. Guidé par les râles de plaisir de son partenaire, Sylas accéléra et amplifia ses mouvements toujours plus forts, toujours plus vite venant butter contre sa prostate. Dray en harmonie avec le rythme imposé par Sy, accéléra ses mouvements et ce fut Mia qui dans un cri jouit la première déclenchant la délivrance en chaîne de ses deux hommes. Elle quitta les bras de Draco pour se blottir contre le flanc de Sylas qui embrassa son visage amoureusement.

« Ainsi tu t'es décidée. lui fit-il avec tendresse.

« Vous avez eu beaucoup de patience. murmura-t-elle.

« Je trouve aussi, mais ça valait la peine. Nous ne voulions pas te heurter. se moqua-t-il gentiment.

« On pourrait peut-être rattraper le temps perdu? »

« Insatiable Dray! railla Sylas.

« Je trouve que là on t'a négligé un peu mon ange, on peut certainement remédier à ça, qu'en penses-tu mon amour. souffla Hermione mutine en se pressant contre Sylas.

« Je crois qu'en effet, ce n'est que justice! fit Draco d'un ton solennel mais avec une lueur moqueuse au fond des yeux.

Le matin ils entrèrent dans la salle de conférence presque déserte avec les yeux cernés et l'air épuisé. Harry et Jim les fixèrent, échangèrent un coup d'œil puis retinrent à grand peine leur envie de rire. Ils connaissaient leur trio et savaient ce qui les avait mis dans cet état.

« Ils sont incorrigibles ces trois là! se moqua Jim.

« Ça enlève une grosse partie du stress accumulé. fit Harry.

« Oui mais ça épuise et enlève une partie de la concentration. répondit Jim se demandant si Harry ne lui reprochait pas leur sagesse des derniers jours ce qui, pensa-t-il, serait un comble.

Un sourire un peu moqueur sur les lèvres, ce dernier lui lança un regard en coin. Il se pencha pour attraper les parchemins que Sylas avait poussés vers eux, frôlant au passage volontairement Jim, lui posant même la main sur la cuisse pour y arriver y laissant une empreinte chaude. Jim le regarda d'un air incertain. Comment osait-il lui faire ça alors que les représentants et les ministres entraient peu à peu? Il se vengea sur les parchemins qu'il posa rageusement en tas devant lui, faisant ainsi involontairement le jeu de Harry qui fut obligé de se pencher contre lui pour lire. Lorsqu'il changea de parchemin, il en profita pour effleurer ses mains tout à fait par inadvertance bien sûr. Jim mordit sa lèvre inférieure n'arrivant plus maintenant à faire abstraction du corps trop proche de son petit ami. Il lui envoya un coup d'œil furibond qui amena un sourire tendre sur les lèvres du jeune sorcier.

« Si tu répondais au président? lui souffla-t-il.

Répondre à quoi? il n'avait rien entendu!

« Présente l'ordre du jour, c'est le tour des sorciers aujourd'hui! »

« Excusez moi Monsieur le Président, j'étais absorbé par des nouvelles que nous venons de recevoir. Aujourd'hui, nous... »

« Tu manques de concentration mon amour... fit Harry en secouant la tête d'un air désolé.

Jimmy lui lança un regard assassin pendant que Sylas développait le premier point du jour le récit de l'époque Voldemort.

« Tu te moques de moi, Harry! Qu'est-ce qui t'a pris? »

« Je voulais te montrer que ne rien faire ça enlève de la concentration tout pareil. sourit-il.

« Tu crois que c'était le moment? fit-il avec humeur.

« Arrête Jim, ce n'est pas ma faute si j'avais envie de ce beau corps qui dort dans mes bras chaque nuit. »

« Tu deviens de plus en plus serpentard toi!

Viens on va dîner comme ils disent! »

« Je reste ici quelques semaines et je prends dix kilos! ah! leur cuisine, leurs pâtisseries, leurs chocolats... gémit Harry.

« Si tu étais moins gourmand... railla Jim.

« Maintenant que nous connaissons votre version des faits pour cet épisode troublé où la guerre civile faisait rage dans votre monde, pouvez-vous me dire pourquoi nous vous laisserions votre indépendance? »

« Peut-être parce que sept ans de troubles ne peuvent effacer des millénaires de paix? Parce que dans chacun de vos pays, il y a un monde sorcier avec son école, son université, ses hôpitaux, son gouvernement, ses tribunaux... Qu'aujourd'hui vous n'en avez qu'un en face de vous, le monde sorcier de Grande Bretagne, mais que si celui-ci était réduit à subir votre domination les autres mondes sorciers ne tarderaient pas à réagir vous mettant en difficulté. »

« Nous mettant en difficulté? De quel armement disposez vous? »

« Nous n'en en avons pas mais nous n'en avons pas besoin! Vous ne pouvez nous bombarder puisque vous vous détruiriez en même temps et pour ce qui est du reste nous sommes tout à fait capables d'y résister sans armement. »

« Comment pouvons nous être sûrs de cela? »

« Très simplement! Pouvez-vous appeler un de vos gardes du corps? »

Sylas fit la même démonstration qu'à Cambridge recalant la balle tirée, la renvoyant et enfin la détruisant, puis il demanda au propriétaire de lui apporter les lapins qu'ils devaient manger le lendemain, il les tua d'un avada kedavra. Avant que quiconque puisse réagir, Draco désarma les deux gardes du corps présents dans la salle et se retrouva avec leurs armes dans la main.

Enfin Harry leur demanda de reculer dans un coin de la pièce, se leva, se concentra et ce fut le cyclone dans l'immense salle de conférence. Le plafond haut facilitait la circulation des objets, en quelques secondes la pièce fut dévastée ressemblant à un champ de ruines. Les grands lustres en cristal précieux gisaient sur le sol, les chaises et la table de conférence s'étaient envolées puis étaient retombées sur le sol brisées, les vitres étaient cassées, les notes jonchaient le sol... les hommes étaient blêmes, même le père de Jim regardait Harry tétanisé.

« Comme vous voyez nous n'avons pas besoin d'armes et si demain nous voulons détruire un ministère, tuer un président personne ne pourra nous arrêter, il n'y a rien de plus discret qu'une baguette. Pas besoin de bombe! »

Il fit de nouveau un signe avec sa baguette et tout se remit en place et se répara en aussi peu de temps qu'il avait fallu pour le détruire.

« Je vois que nos services de sécurité sont un peu dépassés par les évènements. constata le président du conseil non sans humour.

« Nous n'avons jamais éprouvé le besoin de nous infiltrer dans votre monde pour y commettre des exactions, y prendre le pouvoir ou même y voler des banques. Nous aimons notre monde où nous vivons différemment même si certains parmi nous vivent parfois dans votre monde, ont épousé des moldus ou proviennent de familles moldues. Nous ouvrons petit à petit notre monde à vos technologies principalement l'informatique et le multimédia ce qui représente pour vous un marché non négligeable. Notre université de Cambridge est équipée de l'électricité, du téléphone et d'un tout nouveau réseau informatique, installations faites par des firmes moldues. »

« Nous savons en effet que vous avez négocié avec l'université de Cambridge pour occuper une partie de leurs bâtiments pour y ouvrir votre propre université. »

« Si vous le permettez, je voudrais intervenir, Monsieur le Président. Je suis élève à Cambridge, j'ai assisté à ces négociations et les informations que vous avez ne correspondent aucunement à la vérité. »

« Monsieur James Douglas Spencer? questionna le président en consultant sa liste.

« En effet, Monsieur le Président. »

« Un parent, Sir Spencer? »

« C'est en effet mon fils aîné. Il est le compagnon du jeune homme qui nous a détruit notre salle de réunion il y a quelques instants. Mais qui est aussi le jeune sorcier qui a vaincu Lord Voldemort, le mage noir qui nous a causé tant d'ennuis. fit le père de Jim avec un regard pour Harry.

« Je lis dans vos conclusions, Sir Spencer, que vous êtes favorable à une entente cordiale avec le monde sorcier. »

« En effet, c'est un monde que je commence à bien connaître par mon beau-fils et je crois qu'il peut nous apporter beaucoup. Je m'empresse de dire que ce n'est nullement une position personnelle et que notre premier ministre est évidemment du même avis que moi. A plusieurs reprises, nous avons été protégés par le service des aurors, la police du monde sorcier, de façon discrète et très efficace lors de déplacements ou de sommets organisés dans notre pays, notre collaboration est déjà établie depuis des années et nous n'avons qu'à nous en féliciter. »

« Je vois.

Vous disiez donc Monsieur Spencer à propos de Cambridge? »

Jim expliqua l'origine de l'université de Cambridge, l'aide apportée par les sorciers au monde moldu, la fermeture de l'université deux siècles plus tôt et la réouverture cette année.

Ensuite ce fut au tour de Lucius de développer tout ce que le monde sorcier pouvait apporter au monde moldu.

« Au vu de tous ces nouveaux éléments, je suggère que nous en restions là aujourd'hui même si il est un peu plus tôt que les deux jours précédents afin que vous puissiez Mesdames et Messieurs réviser vos notes et les points que vous aimeriez approfondir. »

« Si nous allions découvrir la ville? demanda Hermione.

« Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée. Nous allons affaiblir les protections en emmenant une partie des aurors et nous avons intérêt à faire ami ami avec les représentants, il n'y en a que quelques uns qui vont travailler sur leurs notes, les indécis. fit Jim.

« Alors les enfants, ça se passe plutôt bien je trouve? leur dit gaiement Lord Spencer.

« Pas vraiment fit Draco. »

« Explique! »

« Nous avons trois représentants en notre faveur et huit indécis et enfin quatre opposants qui ne sont même pas prêts à écouter nos arguments, ils ont reçu des consignes et les appliquent. Je ne suis même pas sûrs qu'ils ont entendu quoi que ce soit de ce qui a été dit en trois jours. »

« Tu es sûr de ce que tu avances? Et si c'est le cas comment le savez-vous? »

« ... »

« Draco, vas-y! intervint Jim.

« Nous avons chacun des dons, Harry la puissance, Mia l'intelligence et l'organisation, Sylas la rapidité, quant à moi je suis un des meilleurs légilimens de notre monde sorcier. »

« LE meilleur. rectifia Harry.

« Ce qui veut dire que je suis la conférence dans les divers esprits des représentants, passant de l'un à l'autre. Je transmets mentalement à ma femme qui transcrit sur parchemin pour les autres. Ça nous permet de savoir ce qu'ils pensent au fur et à mesure, ce qui leur fait peur, ce qui leur plait ou déplait et d'ajuster nos arguments en fonction. C'est le système que nous avions employé pour Cambridge mais je ne l'avais fait qu'un seul jour, je dois avouer que ça me fatigue beaucoup, bientôt je serai obligé d'avoir recours aux forces d'Hermione et de Sylas. »

« Bon. On va voir ça ensemble. Vous pouvez aller chercher vos notes? On va se retrouver dans la chambre de Jim et Harry. »

« Papa on ne peut pas te voir venir faire ça avec nous! »

« En effet. »

« J'ai une solution. fit Harry en souriant, j'arrive.

« Papa, pourquoi avoir décidé de révéler qu'Harry et moi sommes ensemble? »

« Tu as déjà vu comment tu le regardes Jim? Un gosse devant un sapin de Noël! Depuis deux jours vous êtes le sujet de discussion numéro un de trois des représentants. Etes-vous ensemble ou pas? C'est l'objet de leur pari auxquels se sont joints au moins quatre autres parieurs. Bien entendu ils ignoraient que tu étais mon fils, mais à partir du moment où le président posait la question... J'aime bien le représentant belge et là il vient de déjà perdre une belle petite somme. »

Jim lança un regard blessé à son père.

« Voilà. fit Harry en tendant un vêtement fluide à Sir Spencer, mettez-vous la dessous, c'est une cape d'invisibilité.

« Jim? Qu'est-ce qu'il y a? demanda Harry inquiet de voir ses yeux trop brillants.

« Ces messieurs les représentants ont décidé de parier sur nous! Sommes-nous oui ou non un couple gay? Apparemment ce qui les préoccupe le plus ce n'est pas le monde sorcier mais notre sexualité! fit Jim rageusement.

« On s'en fout, mon grand. répondit tendrement Harry en posant un baiser sur ses lèvres. On a tous connu ce genre de pari dans nos collèges, finalement c'est assez rassurant de savoir que ce sont encore de grands collégiens. »

« Ça va nous desservir? interrogea Harry plus tard pendant que Jim était allé demander du café à la cuisine.

« Je ne crois pas. répondit Lord Spencer.

« Non! fit Draco. Le représentant des Pays-Bas est gay lui-même et si tu savais les pensées que tu lui inspires tu rougirais, si il échoue en politique, il pourra toujours se reconvertir en cinéaste de films pornographiques. Les représentants belge et autrichien ne sont pas contraires, la représentante de la Grèce vous trouvent tout mignons ensemble et celle du Danemark voudrait faire découvrir l'amour hétéro à Jim. Je ne sais pas qui sont les deux autres parieurs. »

« Tout mignons? railla Harry.

« Tout mignons! confirma Draco moqueur.

« Et toi et Sylas, elles vous trouvent comment? Quelles sont les idées folles qui traversent la tête de ces dames en pleine crise du retour d'âge devant de beaux et jeunes sorciers en pleine possession de leurs moyens? »

Le père de Jim éclata de rire en voyant le regard suggestif que Draco lança à son ami.

« Je n'ose même pas te le dire! Mais celui qui rassemble tous les suffrages c'est notre page discret et timide dans son coin, c'est notre bel Erwin, avec son air sage et ces yeux clairs d'enfant. Je te conseille de le mettre un peu en avant dans nos démonstrations. »

« Si elles savaient qu'il ne toucherait même pas une femme avec des pincettes! »

« Elles le devinent! C'est bien ce qui les excite. »

« Mes aïeux! en être réduits à faire la pute dans une conférence pour le compte du monde sorcier, quelle décadence! plaisanta Harry.

« Voilà Jim! »

« On va pouvoir commencer. Où est Mione? »

« Je ne sais pas, je vais voir. »

« Elle s'est endormie mais nous avons ses notes elles sont complètes, je rectifierai selon ce dont je me rappelle au besoin. »

« Ma pauvre Mione, cette conférence l'épuise... se désola Harry avec un regard moqueur qui démentait sa compassion.

« Fatiguée mais pas en manque. insinua Sylas avec un sourire railleur.

Jim sursauta, regarda Sylas avec irritation et voulut lui répondre vertement...

« Du calme les enfants, vous chahuterez plus tard, là il faut travailler. les coupa Sir Spencer.

Ils étudièrent les notes d'Hermione les complétant d'informations données par le père de Jim, jusqu'à l'heure du dîner, puis reprirent après le repas avec Hermione, Erwin et Jimmy jusque tard dans la nuit.

Enfin la porte se referma sur leurs visiteurs et Harry se laissa tomber sur leur lit en soupirant d'aise.

« Quelle journée! Les suivantes à mon avis ne seront pas plus reposantes. »

« ... »

« Jim? »

N'obtenant pas de réponse, il chercha son ami des yeux. Il avait le regard plongé dans les lumières du fleuve. Il se leva pour l'entourer de ses bras, posant son visage contre le sien.

« Comme c'est beau et calme la nuit, plus d'usine et de fumée soufrée, juste les couleurs des luminaires qui se reflètent dans l'eau et ce ruban sombre et brillant qui court en légers remous colorés entre les points lumineux. »

« Nous prendrons le temps de voir la ville avant de rentrer en Angleterre. »

« ... »

« Jim, Sylas n'a pas voulu nous blesser, c'était une plaisanterie. Il ne sait de toute façon pas ce qu'il se passe entre nous ou pas, il a certainement vu notre trouble ce matin et en a tiré ses conclusions. »

« A savoir que tu es en manque? »

« A savoir que nous n'avons pas fait l'amour hier, c'est tout. Tu viens dormir? On doit se lever tôt. »

Aussitôt dans les draps, Jim attira Harry pour un long baiser.

« Une minute Jim. Ce n'est pas parce que Sylas... »

« Pas un jour ne se passe sans que j'aie envie de te faire l'amour, soir et matin, encore et encore. »

« ... »

« Tu avais l'air de considérer le trio comme obsédé par l'amour physique alors... »

« Je suis anéanti. murmura Harry. Depuis qu'il est mon ami j'ai toujours taquiné le prince des serpentards au sujet du sexe. Il a toujours eu la réputation à l'école d'aimer ça et de bien le faire et il faisait tout pour renforcer cette opinion, ça l'amusait beaucoup. En le taquinant sur ce sujet, je sais que je ne le blesse pas au contraire. Au début de leur relation, j'avais le chic pour, involontairement, frapper à la porte de Mione au mauvais moment, c'est longtemps resté un de nos sujets de plaisanterie. Hermione ne dit rien parce que ça amuse Draco. Quant à Sylas, il a l'habitude depuis des années de ce genre de boutades à son sujet, il avait la même réputation que Dray. Ça a toujours été une plaisanterie Jim, pas une opinion. Pourquoi est-ce que tu ne m'en as jamais parlé? »

« Je n'ai pas jugé nécessaire que tu te poses des questions sur ma satisfaction à ce point de vue. »

« C'est très bien dit mais tout aussi stupide bien exprimé que mal! »

« Harry, tu vas trop loin! Tu n'as jamais abordé le sujet non plus! »

« Tu étais resté un an avec George sans faire l'amour, j'ai pensé que ce n'était pas ta préoccupation première. »

« Il y a des personnes avec qui tu n'as pas envie, George en faisait partie et c'est pour ça qu'ayant des besoins je suis souvent allé voir ailleurs. »

« ... »

« Harry? »

« ... »

« Voilà, je savais que ça finirait comme ça! »

« Je ne dis plus rien, viens mon grand, viens... conclut Harry en l'attirant par la nuque pour un interminable baiser plein de passion.

« Je vous écoute pour l'ordre du jour, Monsieur Spencer. »

« Oui Monsieur le Président.

Monsieur Kingsley Shaklebolt va vous décrire la répartition des trois pouvoirs, nos administrations et notre justice.

Monsieur Erwin Mac Feal vous parlera de l'enseignement

Monsieur Sylas Van Neeren vous parlera des soins de santé et de notre médecine. »

La matinée se passa donc à entendre Kingsley parler de la politique sorcière, de l'organisation du ministère et du mangenmagot et pour le trio, à noter les réactions des divers envoyés des états européens. En début d'après-midi, il répondit à toutes les questions qui lui furent posées et qui portaient souvent sur l'organisation du ministère.

Ce fut au tour d'Erwin de leur dépeindre leurs écoles, Poudlard et l'université qui allait ouvrir dès l'année académique prochaine. Il leur exposa les diverses matières enseignées. Il parla même à leur demande du quidditch.

Ils n'avaient jamais vu Erwin s'exprimer en public, il était d'habitude plutôt timide. Il eut quelques hésitations au début puis tout se normalisa. Il parlait d'une voix calme et agréable, souriant, posant ses yeux d'azur sur ses interlocuteurs. Il n'avait plus l'air impressionné, maîtrisait son sujet. Harry lança un coup d'œil à Draco qui lui répondit par un regard moqueur, ce qu'il lisait dans les pensées de ces dames semblaient l'amuser beaucoup. Vint la séance de questions auquel il répondit sans se troubler. Jimmy le couvait d'un regard on ne peut plus révélateur de ses sentiments.

Draco sentit son GSM vibrer, discrètement il lut le message. Son visage impénétrable fit le tour des représentants puis des traducteurs. Erwin répondait toujours aux questions.

On frappa à la porte de la salle. Un des aurors qui assurait la sécurité cet après-midi alla ouvrir. Un vieil homme se précipita le bousculant, il tremblait de tous ses membres.

« Monsieur le Comte, Sylvain a disparu, on l'a enlevé! »

« Calmez vous Gauthier, donnez-moi des détails. »


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Quelques bonbons au citron de Dumby? Reviewez...

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