Non, vous ne rêvez pas ! Oui oui tout ceci est réel ! Je poste bien la suite de Oui je le veux ! Je suis désolée de ce long, long, très long délai depuis le dernier chapitre. Je n'avais pas abandonné cette histoire, pas du tout, mais malgré mes efforts je n'arrivais pas à écrire ce (*&?&?*( de chapitre. Conjugué avec le peu de temps que j'ai pour écrire, ça donne un chapitre qui met un an à arriver !
Alors si vous êtes encore là malgré ce temps d'attente, un immense merci à vous ! Vos reviews et messages d'encouragement ont continué à me motiver pour ne pas tout lâcher quand je déprimais sur ce passage qui ne voulait pas s'écrire. Ce n'est pas mon chapitre préféré, loin de là, mais il est tout de même important. Et il vous permettra en même temps de vous resituer un peu dans l'histoire (d'ailleurs si vous avez oublié, Peeta et Katniss se sont mariés. Ils sont en lune de miel et l'hôtel où ils logent est attaquée par des habitants du 4. Finnick les aide à prendre la fuite. Nous en étions à peu près là.)
Je cesse ce blablabla maintenant pour vous laisser, enfin, lire ce chapitre ! On se retrouve en bas !
CHAPITRE 23
Interminable.
L'attente est interminable. Tout serait mieux que de rester là, cachée dans cette maison. À attendre. Attendre que la situation à l'extérieur évolue. Attendre que Peeta se réveille. Attendre que le moment soit venu de prendre une décision, de faire quelque chose.
Les hélicoptères du Capitol ne sont arrivés que depuis quelques minutes, mais ça me paraît être des heures. On dirait que je me tiens sur le bord de cette porte, à faire le guet, depuis une éternité.
Finnick me met la pression. Il veut que je lui donne une réponse sans attendre, parce que le temps presse. Mais je ne peux pas prendre une décision de cette importance sans réfléchir. Je ne peux pas le faire sans l'avis de Peeta. C'est de notre vie à tous les deux dont il s'agit. J'ai aussi l'impression de ne pas avoir toutes les données en main. Qu'est-ce que cela impliquerait de rejoindre ceux qui s'opposent au Capitole ? Quel serait le prix à payer ? Ma vie au district 12? Ma famille ? Qu'arrivera-t-il à Prim, à Gale, à ma mère, si je rejoins les résistants ?
Je n'ai pas besoin de réfléchir, je connais déjà la réponse à cette question. Et je ne suis pas prête à payer ce prix.
Odair, face à moi, m'observe avec acuité.
-Tu te dégonfles, fille du feu ?
Je n'ai pas à me justifier, mais je réponds quand même :
-Ma famille. Ma sœur. Snow leur fera payer pour ma désertion.
-On peut aller les chercher là-bas, si c'est ta condition.
Ma condition à quoi ? Je ne suis pas certaine de comprendre. Je me demande aussi qui a un pouvoir tel qu'il peut faire sortir ma famille du 12, sous le nez des Pacificateurs. Je tais toutes ces questions pour en poser une, plus importante encore à mes yeux.
-Quand ?
-Il faut mettre quelques semaines pour tout préparer…
-Non. Trop long. Dès que Snow comprendra que j'ai disparu, il s'attaquera à eux.
Aussi pénible que me semble cette prise de conscience, je n'ai pas le choix : il me faut retourner chez moi, sous la dictature du Capitole.
-Ne sois pas naïve, Katniss : il s'attaquera à eux à un moment ou l'autre. Même si tu deviens une gentille fille bien obéissante.
-Je sais, mais je peux essayer de repousser le plus possible le moment où ça arrivera.
Finnick reste silencieux alors je n'ajoute pas un mot non plus, me plongeant dans l'examen du district 4. Nous restons ainsi un moment, le silence de la petite habitation seulement troublé par les gémissements de douleur de Peeta. Mon cœur bat douloureusement, je me sens étourdie, nauséeuse.
Les attaques des habitants du 4 contre nous, l'état de Peeta, ma capitulation face à Snow… tout ça est trop pour une journée. J'ai envie de me laisser tomber à côté de Peeta et de sombrer moi aussi.
Je ne peux pas : je dois tenir bon. Pour lui. Je suis la seule qui puisse le protéger.
À ce moment, l'hymne du Capitole retentit dans l'espace restreint de la maison. Je me place aussitôt en position de défense, mais Finnick me rassure d'un geste de la main.
-C'est une diffusion d'un bulletin du Capitole. Je parie qu'ils vont parler de vous.
Je remarque alors un petit écran accroché au mur sur lequel apparaît le logo tant détesté. Je m'approche pour mieux voir. Comme Odair l'a prévu, l'image de l'hôtel où nous logions encore il y a quelques heures apparaît sous mes yeux. Le feu couve toujours et des dizaines de Pacificateurs travaillent pour l'éteindre. Par contre, il n'y a plus aucune foule en colère. Ils s'en sont chargés efficacement, de toute évidence.
-Une terrible nouvelle vient de m'être annoncée, dit une femme vêtue à la mode du Capitole. Je suis en direct du district 4 où un petit groupe d'habitants a mis le feu à l'hôtel dans lequel résidaient les gagnants de la 74e édition des Hunger Games : Katniss Everdeen et Peeta Mellark. Ils étaient à l'intérieur lorsque le feu s'est propagé. Les chances qu'ils aient survécu à un tel carnage est mince. Ce serait une fin tragique pour nos deux amants maudits. Et maintenant, le président Snow va nous dire quelques mots sur cet incident malheureux.
L'image changea, pour être remplacée par celle de Snow, habillé tout de blanc, assis derrière un bureau dans une pièce tout aussi blanche que ses vêtements. Dans ses mains, il tient une rose blanche. Une rose comme celle qu'il m'a offerte avant l'expédition.
-Gens de Panem, dit-il avec un air grave, presque triste. Comme si notre supposé mort pouvait le toucher. Aujourd'hui, deux jeunes héros ont connus des heures tragiques. Deux vainqueurs aimés et chéris de tous ont péri parce que certains habitants ont décidé de s'opposer au Capitole. Ils ont mis fin à la vie de deux jeunes innocents dans le simple but de nous montrer leur mécontentement. Ils ont pris la vie de Peeta Mellark et de Katniss Everdeen, deux amants qui auraient mérité une existence longue et heureuse. Alors à ceux qui ont pensé rejoindre les rangs de ces résistants, réfléchissez bien. Pensez à Katniss et Peeta. Pensez à eux et revenez dans le droit chemin. Pensons à eux et ramenons la paix dans Panem. En leur honneur…
Snow lève la rose dans un salut respectueux, puis l'image revient à la présentatrice. Je me tourne vers Finnick, n'écoutant plus ce qu'elle a à dire. Rien de nouveau probablement.
-Qu'est-ce qu'il raconte ? Est-ce que ce sont vraiment les résistants qui sont responsables de l'incendie ?
Finnick hausse les épaules mais malgré sa nonchalance, je vois à son regard qu'il est furieux.
-Non. Ceux qui ont mis le feu s'opposent au Capitole, mais ils ne font pas vraiment partie de la résistance. Ce sont des idiots qui ne voient même pas que tu joues la comédie. Mais Snow utilise les événements à son avantage. Il le fait toujours. Tu dois lui être utile, même dans la mort.
-Mais je ne comprends pas ce que ça lui rapporte de mentir. Jusqu'à maintenant, il n'avait encore jamais avoué publiquement que certaines personnes se révoltent. Est-ce que ça ne va pas inciter les habitants à se joindre au mouvement ?
-La révolte gronde partout Katniss. Snow est débordé, la situation devient de plus en plus difficile à gérer pour lui. Si les habitants de Panem croient que les résistants t'ont tué, toi leur idole, toi le symbole de l'opposition à Snow, alors ils hésiteront avant de se joindre au mouvement. Snow a opté pour la stratégie la plus payante pour lui, mais il a pris un risque. Un risque qui peut se retourner contre lui si tu acceptes de m'accompagner… là où tu dois aller.
Je ne réponds pas, les yeux rivés sur l'écran. Je me sens prise au piège. Si je disparais, on va faire souffrir les gens que j'aime. Si je me manifeste à Snow, il pourrait décider de nous faire tuer Peeta et moi, en toute discrétion. Personne ne saurait jamais que nous ne sommes pas morts dans l'incendie de l'hôtel. À moins que…
-J'ai une idée pour qu'on survive à tout ça, Peeta et moi.
Je grimace en ajoutant, parce que je n'ai pas le choix :
-Je vais avoir besoin de toi.
Je fixe mon regard dans le sien. C'est maintenant que ça se joue. Maintenant que je vais savoir si je peux lui faire confiance ou non. Finnick hausse un sourcil, surpris.
-Tu me demandes mon aide, fille du feu ? Que vais-je recevoir en échange ?
-Que veux-tu ?
-Des secrets, répond-il après un temps de réflexion. Je demande de connaître tes secrets…
-Je n'en ai pas. Je suis aussi mystérieuse qu'un livre ouvert.
Odair a un petit rire.
-Le plus drôle, c'est que c'est la vérité, dit-il en me souriant.
Je croise les bras et lui lance un regard agacé. Le temps presse, je ne peux pas me permette d'en perdre avec ses petits jeux.
-Que veux-tu d'autre ?
-Rien. Je vais t'aider gratuitement, parce que j'ai une âme généreuse. En retour, je te demande de ne pas oublier ce moment. Souviens-toi, lorsque le temps sera venu, que je t'ai aidé quand tu en avais besoin, que je suis ton allié.
-Hum… on verra.
Il rit de nouveau.
-Je vais m'en contenter. C'est sûrement le mieux que tu puisses faire, de toute façon. Alors, quel est le plan ?
Je lui explique et quelques minutes plus tard, il a quitté la cabane. Je m'approche de Peeta pour le réveiller. Dès que Finnick donnera le signal, nous devrons partir nous aussi.
-Peeta, réveille-toi.
Aucune réaction.
Je pose une main sur son épaule et le secoue doucement.
-Réveille-toi, il faut partir.
Il laisse échapper un petit gémissement, mais n'ouvre toujours pas les yeux. Je le secoue plus fort, encore plus fort, mais il ne se passe rien. Peeta reste obstinément endormi. Je sens un étau d'inquiétude m'enserrer le cœur.
Reste calme, Katniss. Haymitch est souvent difficile à réveiller lorsqu'il a pris une cuite. Et Peeta a dit que son état ressemblerait à celui de notre ancien mentor. Rien d'alarmant là-dedans.
Je sors les grands moyens pour le réveiller : je remplie un verre d'eau et lui lance au visage. Peeta sursaute. Il s'assoit d'un coup et fixe ses yeux hagards sur mon visage.
-Désolée, mais il faut partir. Tout de suite.
Je jette un coup d'œil à l'écran : la présentatrice est encore là, elle attend sûrement l'annonce officielle de ma mort. Mais pas de Finnick. Nous ne sommes pas en retard. Je ramène mon attention vers Peeta qui me regarde sans dire un mot. Puis il se détourne soudainement pour vomir sur le plancher. Il vide le contenu de son estomac avant de se laisser tomber sur le dos, lessivé.
-Va-t-en, murmure-t-il. Je ne suis pas en état de te suivre. Reviens me chercher après.
-Impossible.
Finnick m'a répété, assez souvent pour que j'en saisisse l'importance, que je dois m'éloigner jusqu'à être à au moins trois rues de notre cachette. Si on me trouve dans cette maison, cela aura des répercussions douloureuses pour son propriétaire. J'aide donc Peeta à se lever. Il proteste et gémit, mais je ne l'écoute pas. Je place son bras sur mon épaule, mon bras s'enroule autour de sa taille et je le traîne jusqu'à la porte. Avant de sortir, je jette un regard par-dessus mon épaule. Sur l'écran, la présentatrice n'est plus seule. Finnick est avec elle. Même si je n'entends pas les mots qu'il prononce, je peux aisément les deviner.
-Ils sont vivants ! Katniss et Peeta sont vivants, je les ai trouvés ! Ils vont bien, tous les deux, mais ils ont besoin d'aide.
Je sors sans prendre le temps de vérifier que le plan fonctionne. Je dois faire confiance à Finnick pour convaincre la caméra de le suivre jusqu'à nous. Il est le seul qui puisse le faire. Pour avoir une chance de rester en vie, tout le pays doit nous voir, Peeta et moi, vivants et en bonne santé. C'est le seul moyen d'empêcher Snow de nous tuer en toute impunité. Peut-être que cela ne le retiendra pas, mais c'est la seule idée que j'ai eu.
Je traîne Peeta sur quelques mètres, mais il ne fait aucun effort pour marcher. Il devient de plus en plus lourd. Pendant un horrible instant, j'ai la certitude que je n'y arriverai pas, que je ne pourrai pas l'amener avec moi.
Je me redresse un peu, puisant dans mes dernières forces. J'ai déjà fait bien pire que de le traîner sur quelques rues. Je peux y arriver. J'en suis capable.
Nous avançons encore de quelques pas, puis de quelques-uns de plus. Nous traversons une rue, déserte elle aussi, et je me demande si nous sommes assez loin maintenant. J'espère que Finnick nous retrouvera bientôt. Peeta ne tiendra pas longtemps : son corps tremble, ses yeux sont fermés et son front est couvert de sueur.
Quelques pas de plus encore…
-Je… je ne peux plus…
-Allez ! l'encouragé-je. Encore un peu ! On y est presque !
Mais Peeta tombe à genoux et lorsque je me penche pour l'aider à se redresser, il me repousse brusquement. J'ouvre la bouche pour lui faire entendre mon mécontentement face à son attitude, mais il s'écroule sur le sol.
-Non, non ! Peeta !
Son corps se convulse sous mes yeux, se tord d'une façon qui n'a rien de naturelle. Et je ne peux rien faire. Rien mis à part hurler son nom. Je m'agenouille à ses côtés, mais je n'ose même pas le toucher. Ce n'est pas normal. Il ne devrait pas réagir ainsi. Je n'ai jamais vu Haymitch dans un tel état.
Si seulement ma mère était là. Si seulement ma sœur était là. Si seulement il y avait quelqu'un d'autre que moi ici… Je lève les yeux vers les maisons qui m'entourent. Il y a des gens là-dedans. Des gens que je ne connais pas, des gens qui peuvent nous haïr, désirer nous tuer… mais au point où j'en suis, je ne vois pas d'autres solutions.
-À l'aide ! J'ai besoin d'aide, je vous en prie ! hurlé-je en espérant que quelqu'un répondra à mon appel. À l'aide !
Les convulsions cessent. Peeta ne bouge plus, totalement inerte et d'une pâleur alarmante. Il ressemble à un cadavre.
-NON !
Je refuse. Non ! Il ne peut pas me faire ça.
Je me penche et pose ma tête sur sa poitrine. Son cœur. Il bat encore. Lentement, difficilement. Mais il bat.
Une porte s'ouvre derrière moi. Je n'ose pas me séparer de Peeta pour regarder qui s'approche. Si je m'éloigne, son cœur pourrait bien décider de s'arrêter. Je dois rester. Je dois m'assurer qu'il bat encore. Qu'il bat pour moi.
-Peeta, murmuré-je. Tu as promis. Ne me laisse pas.
-Je vais chercher un guérisseur, lance une voix de femme dans mon dos.
-Oui, s'il-vous-plaît, dis-je même si elle est déjà partie aux pas de course.
Puis de nouveaux pas, nombreux cette fois. La femme revient-elle déjà avec un guérisseur ? Si vite ?
-OUIIII ! C'est bien eux ! C'est bien eux gens de Panem : les amants maudits sont toujours en vie! Mais Peeta semble mal en point : Katniss, que se passe-t-il ?
La présentatrice. Je reconnais sa voix sifflante. Je ne réponds pas. Elle ne m'est d'aucune utilité. C'est d'un guérisseur dont j'ai besoin. Il va sauver Peeta. Peeta dont le cœur bat de moins en moins fort.
-Katniss ?
-Katniss, que se passe-t-il ? demande une autre voix.
Dans un murmure. Juste à côté de moi. Finnick.
-Peeta… son cœur… son cœur va arrêter…
-Pousse-toi, ordonne-t-il en m'attrapant par les épaules. Je peux l'aider.
Je m'accroche à Peeta. Je dois attendre le guérisseur. Il va le sauver. Il va sauver Peeta.
Et soudain… plus rien. Le silence. Juste le silence.
-NON ! PEETA NON ! NE ME LAISSE PAS !
Finnick m'empoigne plus durement et il me pousse loin de Peeta. Je me cogne la tête sur le sol en atterrissant. Étourdie, je resserre la main sur mon arme et j'essaie de me lever. Je vois Finnick pencher au-dessus de Peeta, mais je ne comprends pas ce qu'il fait. On dirait qu'il… qu'il l'embrasse.
Je me fige, surprise, puis lorsqu'il commence à comprimer sa poitrine, je comprends enfin. Le couteau tombe de mes mains et je reviens au côté de Peeta. Finnick va le sauver. Il va le sauver parce qu'il ne peut pas mourir. Je ne suis pas prête à le perdre. Je ne le serai jamais.
Mes yeux ne quittent pas le visage de Peeta. J'attends un signe, un signe qui va arriver d'un moment à l'autre. C'est impossible que ça se passe autrement. Il va vivre.
Il prend alors une grande inspiration par lui-même et Finnick recule pour se laisser tomber sur les fesses.
-Il s'en est tiré.
Je penche ma tête sur la poitrine de Peeta, comme je l'ai fait plus tôt, et là je l'entends. Le son le plus beau, le plus réconfortant : les battements de son cœur. La preuve que Finnick ne ment pas. Peeta s'en est tiré.
J'éclate d'un rire proche de l'hystérie, et même s'il est toujours inconscient, je l'embrasse. Je l'embrasse sur la bouche, sur les joues, sur le nez, partout où je peux l'atteindre.
-Mademoiselle Everdeen, nous devons amener monsieur Mellark. Il a besoin de soin.
Encore une autre voix, inconnue cette fois. Je sors du brouillard dans lequel je suis pour regarder ce qui m'entoure. Finnick est là, assis à côté de moi, me fixant d'un air étrange. Je dois sûrement avoir l'air d'une folle avec mes cheveux dans tous les sens et les larmes qui maculent mon visage. L'équipe de télévision, deux caméramans ainsi que la présentatrice sont là aussi, et ils filment toute la scène. Mais il y a d'autres personnes aussi, des habitants du district curieux et… une équipe médicale. Habillés de blouse blanche, ils tiennent un brancard et attendent que je m'éloigne de Peeta pour l'emmener. Je me lève sur mes jambes tremblantes et recule d'un pas.
-Allez-y, dis-je d'une voix rauque d'avoir tant crié. Mais je vous accompagne.
-Heu… oui. Bien sûr. Vous avez sûrement besoin de soin aussi.
Alors on m'emmène moi aussi. On place une couverture sur mes épaules et on me guide à travers des rues que je ne connais pas. Je prends la main de Peeta entre les miennes et je m'y accroche de toutes mes forces. C'est plus difficile de marcher en le tenant, mais je m'en fiche. Je ne les laisserai pas nous séparer. On nous guide jusqu'à l'hôtel qui a brûlé, là où sont posés les hélicoptères du Capitole. J'ai un mouvement de recul en les voyant, mais les docteurs me convainquent de monter à bord. Tous leurs équipements sont à l'intérieur et ils pourront ainsi nous conduire dans l'un des meilleurs hôpitaux de Panem.
J'obéis, toujours méfiante malgré tout puisqu'il s'agit du Capitole, mais nous n'avons pas fait trois pas que l'équipe se met au travail. Ils branchent Peeta à toute sorte de moniteurs et de médicaments en soluté, ils l'examinent sous toutes les coutures, mais plus réconfortant encore, ils me laissent assister à tout. Aucun d'eux ne me demande de partir. Peut-être sentent-ils que je refuserais de toute façon.
Lorsqu'ils semblent avoir terminé, une gentille docteur vient me voir. Elle pose une main sur mon épaule.
-Ne vous inquiétez plus, Katniss. Il va vivre, nous nous en assurerons. Vous devriez dormir.
-Je ne veux pas le laisser.
Elle approche un lit de celui de Peeta et je m'étends juste à côté, assez près pour ne pas avoir à lâcher sa main. Les yeux grands ouverts, parce qu'il est hors de question de relâcher ma vigilance, je ne me lasse pas d'observer son visage plus pâle qu'à l'habitude.
J'entends un bruit de pas derrière moi et je sens une petite piqure sur mon cou.
-Qu'est-ce que…
Je veux me retourner, mais je me sens si fatiguée. Plus fatiguée que je ne l'ai jamais été. Et même si je ne veux pas, même si je sais que je ne devrais pas, mes yeux se ferment. Je plonge dans un sommeil artificiel et réparateur.
Lorsque j'émerge lentement du sommeil, je suis persuadée que tout ce qui s'est passé n'est qu'un cauchemar. Je sens le matelas confortable sous moi et je reconnais le parfum qui m'entoure. Je suis dans ma chambre, au douze. J'ouvre les yeux pour confirmer mon hypothèse et je pousse un soupir de soulagement.
Je suis bien chez moi. Tout ça n'était qu'un mauvais rêve.
-Katniss.
Je souris à ma sœur qui entre dans ma chambre.
-Hey, petit canard.
Prim a les traits tirés et les yeux bouffis d'une personne qui a beaucoup pleuré. Son regard est triste… tellement triste. Alors ça me revient comme un coup de poing à l'estomac : je ne peux pas me mentir plus longtemps. Tous mes souvenirs sont réels.
-Comment va…
-Il est sauvé, répond doucement ma sœur avant que j'ai terminé ma question. Encore mal en point d'après ce qu'ils ont dit, mais il reçoit les meilleurs soins. Il va être sur pied en très peu de temps.
Mon petit canard s'approche pour s'asseoir au bord du lit et elle me serre dans ses bras. Ma mère entre à son tour dans ma chambre. Elle murmure mon nom et s'approche de nous, hésitant à se joindre à notre câlin. Je tends une main vers elle et elle vient nous prendre toutes les deux dans ses bras en pleurant.
-Nous avons cru que… on nous a annoncé que tu avais… que tu étais…
-Je sais. C'était une erreur. Je suis désolée de vous avoir fait peur.
Nous restons serrées les unes contre les autres encore un petit moment, jusqu'à ce que je ne puisse plus résister à l'élan qui me pousse vers Peeta. Il faut que je le voie, que je m'assure qu'il va bien de mes propres yeux. Je repousse doucement ma mère et ma petite sœur.
Malgré ma fatigue et ma faiblesse, je me lève de mon lit aussi rapidement que je le peux.
-Katniss ! Que fais-tu ? demande ma mère en me retenant.
-Je dois le voir.
Elle fronce les sourcils alors que je tente d'enfiler un pantalon.
-Le voir ? Mais tu ne peux pas !
Je suspends mon geste.
-Et pourquoi ça ? S'il va bien, je ne vois pas pourquoi on m'interdirait de voir Peeta !
Ma mère secoue la tête, mais elle ne répond pas. Je me tourne donc vers Prim qui me regarde d'un air désolé.
-Primerose ?
-Peeta n'est pas ici, Katniss, m'explique-t-elle d'une voix douce. Il reçoit les meilleurs soins, là où on peut lui prodiguer.
Elle n'a pas besoin d'en dire plus pour que je comprenne le sens de ses paroles. Là où on peut lui prodiguer les meilleurs soins. Ce n'est certainement pas ici, dans le douze.
Peeta est au Capitole. Mon Peeta, mon garçon des pains est à des milliers de kilomètre d'ici… au Capitole… entre les mains sournoises de Snow.
Et oui, après un an sans rien, je vous laisse sur cette fin ! Je suis sadique, je sais ! :P J'espère que vous avez aimé malgré tout et je vous promets que je vais réduire au moins de moitié mon temps de publication (malheureusement, ce serait difficile pour moi de promettre mieux que ça). Si certaines trouvent que des passages de ce chapitre ressemblent aux livres, c'est tout à fait normal. J'essaie le plus possible de suivre les trames des trois romans… donc oui, le 13 et la révolte joueront un rôle dans mon histoire, mais pas tout de suite !
Merci d'avoir lu et à bientôt
Sweetmel
xxx
