Après un voyage au cœur de l'hiver, un petit détour par la plage pour notre consultant préféré !

Bonne lecture !

Et à samedi prochain !

PS : J'en suis à 36 mini-scènes ^^)

25. Rayon de soleil

- Jane, je peux te demander un service ?

-Mmm, répondit l'intéressé depuis son canapé.

- Est-ce que tu peux me passer la pochette bleue qui est à côté de toi ? demanda Van Pelt en faisant tourner sa chaise pour se retrouver face à Jane.

- Je dois pouvoir, oui…

- Mais… pourquoi tu es couché sur le ventre ?

- Oh, pour rien, répondit le consultant en tendant la main vers la pochette.

Il grimaça légèrement en prenant le document et l'envoya tel un frisbee à travers la pièce.

- Merci, répondit Van Pelt en l'attrapant au vol. Tu as mal quelque part ?

- Non, non…

- Je ne fais pas ton métier mais j'ai vu ta grimace.

Jane releva la tête vers la jeune femme, qui l'observait bizarrement.

- J'ai un coup de soleil, ça te va ?

Elle grimaça de douleur pour lui puis elle entreprit d'ouvrir la pochette.

- Tu as mis de la crème ?

- Je n'arrive même pas à attraper les choses qui sont plus hautes que mes épaules alors comment veux-tu que je me mette de la crème tout seul ?

- Il y en a dans le bureau de Lisbon, tu veux que je t'en mette ? Proposa gentiment la jeune rousse.

- Non, ça va aller…

- Jane, si tu es bien brûlé, il faut en mettre. Ou va voir un médecin dans ce cas, il te donnera quelque chose pour les brûlures.

- Oui, voilà, j'irai voir un médecin… Le mois prochain.

- J'insiste Jane, laisse-moi te mettre de la crème. Je serai douce, promis, je sais à quel point c'est douloureux.

- Bonjour ! déclara Lisbon en entrant dans la pièce. Monsieur Ferman est arrivé ?

- Non, pas encore patron. Il sera là dans une demi-heure.

- Bien. Où sont Cho et Rigsby ?

- Partis interroger la femme de Verclan. Patron, Jane a…, commença Van Pelt.

- …besoin qu'on le laisse tranquille parce qu'il est confortablement allongé sur son divan, la coupa Jane.

Lisbon regarda Van Pelt qui ne disait plus rien, haussa les épaules et entra dans son bureau en prenant soin de fermer la porte derrière elle.

- Faut toujours que tu répètes tout à maman, se plaignit Jane.

Van Pelt se mit à rire puis elle se concentra de nouveau sur son travail. Jane releva la tête mais il sentit sa peau l'irriter dans le cou. Pourquoi s'était-il endormit au soleil ? Il le regrettait amèrement. Il observa quelques minutes Lisbon qui était dans son bureau et Van Pelt l'observa du coin de l'œil. Il semblait être en pleine réflexion et au bout d'un certain temps, elle le vit esquisser un sourire et se lever de son canapé. Il se dirigea vers le bureau de Lisbon et entra sans frapper, comme à son habitude.

- Jane.

- Lisbon.

Jane referma la porte derrière lui et contempla sa supérieure en pleine réflexion devant son ordinateur.

- Je suis désolé de vous interrompre dans votre travail fort intéressant mais j'aurais besoin d'un petit service…

Lisbon quitta son écran des yeux et pencha sa tête sur le côté, curieuse de savoir ce que le consultant préparait.

- Hier, vous m'avez donné mon après-midi.

- Oui, je m'en souviens.

- Et je suis allée à la plage.

Lisbon haussa les épaules comme si elle s'en moquait mais elle était quand même légèrement intriguée.

- Et ?

- Et je me suis assoupi.

Elle s'appuya contre le dossier de son fauteuil en attendant plus d'explications.

- Torse nu.

Elle tenta de chasser l'image qui s'imposait à elle.

- En plein soleil.

- Aïe, dit-elle alors en grimaçant. C'est… douloureux ?

- Plutôt, oui. Et je n'ai pas réussi à me mettre de la crème. Alors est-ce que par hasard, derrière votre masque de méchante sorcière du CBI, se trouverait une âme charitable qui accepterait de faire ça pour moi ?

- Vous mettre de la crème ? demanda Lisbon, pas tout à fait sûre.

- Oui.

- Non, mon nez de sorcière ne supporte pas l'odeur…

- S'il vous plait.

- Mais vous devriez plutôt demander à Van Pelt, elle sera sûrement plus douée que moi…

- Elle ne veut pas, je lui ai déjà demandé.

Lisbon trouva étrange que son employée si dévouée ai refusé une telle demande mais elle n'insista pas.

- Bon d'accord, alors attendez, dit-elle en fouillant ses tiroirs.

Jane profita du fait qu'elle ne le voyait pas pour sourire de son audace.

- Voilà, dit-elle soudain en arborant un tube de crème.

- Super, dit Jane. Merci beaucoup. Il faudrait aussi que vous m'aidiez à me déshabiller si ce n'est pas trop vous demander.

- Si, c'est trop me demander. Vous avez bien réussit à vous habiller tout seul, non ?

- Oui. Et c'est un douloureux souvenir…

- Bon ok, répondit-elle en se dirigeant vers les stores pour les fermer.

Jane tendit sa main devant lui et Lisbon tira sur la première manche pour l'enlever sa veste. Elle attrapa ensuite l'autre manche et enleva le vêtement. Le consultant défit les boutons du gilet de son costume et la jeune femme se plaça derrière lui pour l'aider à l'enlever. Elle était bien contente qu'il ne la voie pas parce que la situation la gênait vraiment. Il enleva ensuite les boutons de sa chemise et elle l'aida de nouveau à enlever la première manche. Lorsqu'il tourna pour qu'elle lui enlève la deuxième, elle découvrit son dos nu et brûlé par le soleil de Californie.

- Mais vous êtes resté combien de temps au soleil ? Vous êtes fou !

- Je n'ai pas fait exprès ! Se défendit Jane. Je me suis endormit.

Lisbon leva les yeux au ciel tout en observant son dos.

- Asseyez-vous, lui ordonna-t-elle en vidant une bonne couche de crème sur ses mains. Ça risque de faire un peu mal.

- Je sais.

Jane sentit alors les mains de la jeune femme appliquer la crème froide dans son dos. C'était agréable et pénible à la fois. Les picotements qu'il ressentait sur sa peau laissaient deviner qu'il était vraiment bien brûlé.

- Qu'est-ce que vous faisiez sur cette plage ?

- Je… pensais.

- Je ne sais pas à quoi vous pensiez mais la prochaine fois, faites un peu plus travailler vos méninges et mettez-vous de la crème protectrice. Vous êtes brûlé au moins au deuxième degré…

Jane sourit en entendant les reproches et l'inquiétude de sa supérieure.

- D'accord mais la prochaine fois, je vous mets dans ma poche pour que vous puissiez m'aider à étaler la crème.

- Je n'ai…, commença Lisbon.

Mais elle fut interrompue par des coups frappés à sa porte. Elle devina la silhouette de Van Pelt à travers les stores.

- C'est bon, c'est Van Pelt, déclara-t-elle.

- Non, ne…

- Entrez !

« Trop tard », pensa Jane.

- Patron, monsieur Ferman est arrivé.

Soudain, la jeune recrue détailla la scène qui se déroulait devant elle.

- Jane ? Tu te moques de moi ?

- Non, il ne se moque pas de vous, Van Pelt. Apparemment, vous ne vouliez pas trop lui étaler cette crème, ce que je peux comprendre, donc je m'en charge, lui dit Lisbon. Ce n'est pas la peine d'en faire tout un drame.

Jane croisa le regard de Van Pelt et celle-ci le vit mordre sa lèvre inférieure pour ne pas rire.

- Ce n'est pas tout à fait comme ça que ça s'est passé, expliqua Van Pelt en ignorant le regard suppliant de Jane. Je lui ai proposé de lui étaler de la crème et monsieur a refusé. Apparemment, il préférait que ce soit vous, patron. Ce que je peux comprendre, ajouta-t-elle à l'intention de Jane.

Puis elle referma la porte du bureau avec un sourire malin.

- Pourquoi est-ce que j'ai l'impression de m'être fait roulée dans la farine ? demanda alors Lisbon.

- Honnêtement Lisbon, vous la croyez elle plus que moi ? Soyons réalistes, elle a inventé cette histoire pour que…

- Taisez-vous ! rétorqua Lisbon en continuant malgré tout de faire pénétrer la crème dans le dos de Jane.

Jane se contenta de rire mais il ne parla plus jusqu'à ce qu'elle ait terminé.

- C'est bon, j'ai finit.

- Merci, dit Jane en sentant déjà les bienfaits de la crème.

Il laissa Lisbon aller se laver les mains puis elle l'aida à remettre ses vêtements en silence. Alors qu'il s'affairait à remettre ses boutons, Lisbon reprit la parole.

- Vous n'avez vraiment que ça à faire, hein ?

- Quoi ?

- Pendant que vous êtes allongé sur votre canapé ou sur la plage, votre principale préoccupation c'est « Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire pour embêter cette pauvre Lisbon aujourd'hui ? Quelle farce vais-je bien pouvoir inventer ? » Ce coup de soleil, c'est bien fait pour vous.

- Vous vous trompez, dit Jane d'un air sérieux.

- Et pourquoi je devrais vous croire cette fois-ci ?

- Parce que… je préférais que ce soit vos mains qui s'occupent de moi.

- Mais pourquoi ? demanda curieusement Lisbon. Pourquoi moi alors que Van Pelt s'est proposée ?

- Au risque de vous décevoir, je n'ai pas de raison précise, déclara Jane les mains derrière le dos, comme s'il était devant un juge. Ou plutôt, aucune raison… raisonnable.

Lisbon fronça les sourcils en signe de réflexion intense. Soit Jane n'appréciait pas l'idée que Van Pelt le touche, ce qui était totalement absurde étant donné qu'ils étaient amis, s'entendaient bien et que Van Pelt était une jolie femme, soit il appréciait l'idée qu'elle-même le touche, ce qui était totalement… pas raisonnable.

- Je vais vous laissez…

Jane compléta sa phrase en faisant tourner son doigt à côté de sa tempe pour signifier « réfléchir ».

- …à votre travail, bien entendu, ajouta-t-il en regardant ailleurs. Et merci pour le service.

Il rouvrit tous les stores du bureau et sortit devant l'air abasourdit de Lisbon. La jeune femme se rassit sur son fauteuil et regarda ses mains en les caressant précieusement, comme si elle cherchait ce qu'elles pouvaient bien avoir de spécial. Elles n'avaient pas de vertu magique ni de capacité extraordinaire. Pourtant, Jane avait préféré ses mains à celles de Van Pelt. Elle resta ainsi à contempler ses mains pendant plusieurs minutes, jusqu'à ce qu'elle aperçoive Jane qui l'observait depuis le couloir, tout sourire. Elle sentit le rouge lui monter aux joues et elle s'empressa de prendre le dossier de Ferman pour aller l'interroger. Avec un peu de chance, cet étrange instant aurait disparu de sa mémoire le lendemain matin. Ou bien il serait rangé dans le tiroir de son esprit où se trouvaient déjà la fois où ils avaient été enfermés dans un container, le slow qu'ils avaient partagé, les fraises qu'il lui avait offertes pour se faire pardonner, sa main sur son visage à la recherche de son sourire lorsqu'il avait été momentanément aveugle et les nombreux regards silencieux échangés à tout moment de la journée.