Comme prévu, voici la seconde partie du chapitre Préludes. L'un de mes personnages va commencer à opérer un changement qui lui sera des plus salutaires. Il était temps…

Une fiesta d'enfer se prépare pour cette petite troupe, mais il faudra patienter un peu…pour l'instant, comme le titre l'indique, tout se met en place pour la suite des événements. Bonne lecture…Un bisou à toi Eilonna et merci pour ta fidélité.

Chapitre 25

Préludes

SUITE …

Orlyänne, n'en finissait plus d'ennu…d'emmerder Jack. Le terme était cru, mais reflétait l'agacement du mercenaire. Bon sang, il décida de lui rendre la monnaie de sa pièce. D'un bond il se leva et l'attrapa par le cou dans le but évident de lui faire une manchette et la déstabiliser, sauf que…

On ne piégeait pas une elfine vulcanienne aussi facilement et le soldat se retrouva à terre le bras replié derrière le dos la chausse de l' elfine sur le visage. Furieux, Jack vociférait sans relâche :

Jack : 'tain Orlyänne, fais chier ! Lâche-moi où j'te jure que tu vas le regretter.

Orlyänne : Mais c'est toi qui le regrettes déjà mon ami.

D'un geste sec, elle libéra son étreinte et afficha un sourire radieux :

Jack : Luthïen, c'est pas en fin de journée qu'on va établir le campement près de ce village…comment s'appelle t'il déjà ?

Luthïen : Karlagen et oui, avant que tu ne me le demandes, c'est bien là que j'y ai mes habitudes lorsque j'accompagne le roi au royaume de la Lothlorien.

Aliénor : Tes habitudes ? Tu veux parler d'une maison de joie ?

Jack : Un bordel quoi ! Parfait. On va y emmener cette femelle avant que je lui torde le cou.

Orlyänne : Une maison de plaisir ? Cela me convient parfaitement.

Jack : Tu m'étonnes !

Découvrant une rangée de dents parfaitement alignées et prête à mordre, l'elleth ouvrait de grands yeux brillants. Pour sûr, cette initiative proposé par Jack semblait vraiment alléchante et intéressa beaucoup de monde tout à coup :

Luthïen : Une seule condition mon ami, évitons d'en parler à Chaperon Rose. Si nous l'emmenons avec nous, je crains fort un débordement. La dernière fois, on ne peut pas dire qu'elle ait fait l'unanimité parmi les filles de la patronne.

Opéca : T'as raison beau brun, on va lui coller Amélie dans les pattes comme çà cette petite péronnelle nous fichera la paix. Je vais arranger le coup avec la mama.

Aliénor : Je serais assez d'accord avec Opéca. Mieux vaut éviter de se faire remarquer. Chaperon est trop ingérable.

Alachnÿ : Une soirée des plus prometteuses !

Prince Charmant : Tout ceci est bien beau, mais enfin, si une petite envie de festoyer me venait à l'esprit, comment pourrais-je rétribuer la donzelle ?

Opéca : C'est pour Orlyänne qu'on y va, obsédé ! Toi tu peux toujours t'occuper d'ton poireau tout seul…

Prince Charmant : Vous n'y pensez pas jeune fille, mon outillage demande à être manipuler par de délicates menottes, féminines de préférence.

Alachnÿ : Comme je vous comprends mon ami. Il n'y a de meilleure prise en main que de longs doigts fuselés et désireux de malaxer comme il se doit un outil d'une telle précision.

Personne n'avait remarqué Mic Mac, caché derrière la charrette où Ëlnar stockait ses victuailles. Soudain, la conversation prenait une tournure des plus intéressantes.

Rapporter ce que l'on souhaitait cacher à la principale intéressée devenait un besoin impérieux, aussi prit-t-il le plus grand soin à écouter jusqu'au dernier mot ces échanges passionnants.

Un sourire torve éclaira son visage de fouine. Mettre le bazar dans ce plan foireux relevait d'une obligation quasi divine.

Heureusement pour eux, Gabriel l'avait appelé un peu plus tôt. Le temps que l'archange s'entretienne avec elle, SES amis fabriquait un gros mensonge bien tordu à son encontre afin de l'empêcher de festoyer comme elle était en droit de l'attendre si sa présence avait été souhaitée.

Le simple fait de penser à l'effet produit par l'annonce de cette fabuleuse nouvelle lui faisait presque avoir la gaule.

Bon sang ! Elle allait péter un plomb c'était aussi sûr qu'une poule poussant son cri en pondant son œuf. Il fallait que l'effet de surprise soit total. Il allait soigner sa révélation et y apporter un petit commentaire fort savoureux.

Oui, enfin, on allait s'amuser.

Parce que jusqu'à présent, il manquait un peu de fantaisie. Cette nuit, un feu d'artifice allait éclater et pas besoin d'allumette pour l'allumer, Chaperon, à elle seule, s'en chargerait avec toute la fantaisie dont elle pourrait faire preuve.
Autant dire qu'elle serait fortement inspirée.

Luthïen : Bon, très bien, vous chargerez Amélie de la garder avec elle pour la soirée sans lui révéler le pourquoi évidemment. Nous prendrons pour prétexte de nous entraîner pour un concours de lutte. Je lui donnerais une petite avance sur la soirée. Une petite récréation juste histoire de la faire patienter, ainsi nous aurons les mains libres pour la suite.

Prince Charmant : Veuillez m'excuser capitaine, mais au risque de me répéter, comment allons-nous rétribuer ces filles de joies ?

Luthïen : Avec une partie de ma solde.

Aliénor : Nous ne souhaitons pas t'ôter ton bien.

Luthïen : Le roi a été fort généreux à mon encontre ces derniers temps.

Alachnÿ : J'ADORE ce monarque !

Nimïel : Mais enfin, allez-vous dépouillez ce valeureux soldat dont le courage n'a d'égal que son engagement envers son souverain ? Euh, me feriez-vous crédit capitaine ?

Alachnÿ : Minute papillon, j'ai demandé le premier.

Matouba postillonnait, se moquant de la hardiesse de son maître :

Matouba : En avons-nous si envie que cela, ou n'en avons-nous pas si envie ?

Alachnÿ : Je te conseille de la fermer saleté de chat où il se pourrait bien que je ne te prive de quelques dents, ce qui t'empêcherais de t'empiffrer comme un porc et te permettrais de perdre le surplus de poids que tu as pris en décimant la population de sauterelles.

Le chat tigré le fixa de ses gros yeux ronds et un sourire moqueur s'afficha sur son museau. Il cracha à travers ses quenottes et une traduction du genre : « Cause toujours tu m'intéresses vieux vicelard », aurait pu être proposé sans se tromper de beaucoup.

Aliénor : Mais regardez-moi ces mâles !

Zorgûnn, Jack et les autres spécimens masculins se lancèrent un regard de connivence où une certaine complicité teintée de testostérone, semblait les lier, tel un anneau de pouvoir.

Les lier tous…non pas dans les ténèbres, mais dans le vice c'était une évidence !

Luthïen se mit à rire en secouant ses mèches brunes :

Luthïen : Chacun aura son petit pécule je m'y engage sur l'honneur.

Alachnÿ : Cet ellon mérite que l'on porte un toast afin de commémorer le jour de sa naissance. Penser que la terre puisse porter un tel être me laisse sans voix !

Opéca : Voilà qui nous changeraient.

Alachnÿ : La gueuse, je vous dispense de votre commentaire disgracieux.

Opéca : Tu sais s'qu'elle te dit la gueuse ?

Prince Charmant : Voyons, un jour comme aujourd'hui, est à marquer d'une pierre blanche dans notre aventure mes amis. Je sens qu'elle va soudainement prendre comme une nouvelle ampleur ? N'est-ce pas ! Alachnÿ ?

Alachnÿ : Si fait ! Je m'y engage sur l'honneur !

Aliénor : Je ne sais pas pourquoi, j'ai un très gros doute.

Opéca : Quel honneur l'magicien ? Ce serait bien la première fois qu'j'entends pareille ânerie !

Nimïel : Une bonne livrée de connerie comme tu dirais Jack.

Jack : Mais tu m'ôte les mots de la bouche mon pote !

Prince Charmant : Bien. Alors on fait comme ça ? Tout le monde se met sur son trente et un ? Fichtre ! Je dois m'y mettre dès à présent !

Opéca : Ouais, c'est çà, commence maintenant, y'a du boulot !

Prince Charmant : Vos quolibets ne m'atteindront pas mon amie. Seule compte le régime de faveur dont va pouvoir bénéficier…

Opéca : Je sens qu'tu vas en dire des plus grosses que toi.

Prince Charmant : … ma jolie petite catapulte.

Il désigna d'un geste charmant et gracieux son entrejambe :

Zorgûnn : C'est déjà fait Opéca.

Prince Charmant : Cela intéresserait-il quelqu'un de savoir que je...bande déjà ?

Déjà, les rires fusaient de toutes parts…

Une fois que toute ces précieuses informations se furent enregistrées dans son petit cerveau bien retord, le lutin courut aussi vite qu'il le pouvait. Ah, il moulinait le bougre…

Enfin, il se présenta tout essoufflé devant Chaperon Rose :

Mic Mac : Bonjour la belle. Dis-moi, quèque tu s'rais prête à m'offrir pour une information valant son pesant d'or ?

Chaperon Rose : Que me racontes-tu là petit chancre ? Tu es torché où quoi ?

Mic Mac : Que nenni, je suis sobre comme un nouveau né.

Intriguée, la jeune femme l'observa quelques secondes et remarqua ses yeux enfiévrés. Il était à peu près certain que ce petit lutin avait une sérieuse révélation à lui faire. Prenant le temps de réfléchir, elle fit mine de peser le pour et le contre avant de lui répondre :

Chaperon Rose : A ton air impatient, je me doute qu'il s'agit d'un coup fourré se préparant dans un environnement assez proche. Pour savoir de quel ordre il est composé, c'est une toute autre affaire. Bien, que veux-tu en échange ?

Mic Mac : J'veux qu'tu m'emmènes là où je te le dirais pour prendre ma part du butin, un baiser et p'être bien voir ta culotte en passant.

Chaperon Rose : Ca fait beaucoup de choses pour une seule information dis-moi ?

Mic Mac : Ouais, mais ca les vaut largement.

Chaperon Rose : Très bien. Je prends !

Mic Mac : Tu vas pas l'regretter frangine.

Et là, il se mit à lui rapporter toute la conversation à laquelle il avait eu le grand bonheur d'assister. Au fur et à mesure de la narration, les yeux de Chaperon se rétrécissaient pour finir par devenir deux fentes d'où s'échappait une lueur meurtrière :

Chaperon Rose : Tu as amplement mérité ton dû et je te prie de croire qu'ils vont se souvenir très longtemps de leur velléité à me soustraire de leur petite sauterie. Bien, il me faut être la plus parfaite possible pour ce soir, par conséquent, cherche moi des petits bâtonnets de bois à peu près de cette longueur…

Et s'ensuivit, tout un descriptif d'ingrédients pour soigner sa préparation. Une idée venait de germer dans sa jolie tête et son capitaine n'allait pas le regretter…Où peut être un peu finalement…

Pendant qu'au loin, les deux silhouettes du roi et d'Olana apparaissaient et venaient vers le reste du convoi, deux elleths cancanaient avec toute la grâce de leur condition elfique.

Quelques elfes de hauts rangs, avaient suivis du regard leur souverain « se traîner » tel un animal domestique vers cette humaine délurée. Autant l'arrivée de ces étrangers avait apporté un réel divertissement, autant leur présence commençait à en indisposer plus d'un.

Les éléments féminins de ce peuple sylvestre semblaient les plus virulentes. Ne cessant de critiquer ces femmes à l'allure légère, il n'y avait que l'elleth de feu dont elles se méfiaient, ce qui était plutôt une sage décision de leur part.

Orlyänne n'était pas du genre à tergiverser très longtemps pour dire ce qu'elle avait sur le cœur et mieux valait ne pas se mettre en travers de son chemin. Curieusement, c'était un fait qu'elles avaient immédiatement acquis. A croire que l'elleth aux cheveux de feu dispensait comme un avertissement permanent.

Aucune n'aurait trouvé le courage de s'opposer à cette géante rouge

Alors que deux elfines discutaient entre elles en jetant des coups d'œil vers le souverain, Orlyänne les observaient de loin. Nul besoin d'être devin pour comprendre ce qu'elles s'ingéniaient à se confier, mais l'elfine de feu pensa qu'il serait sans doute bon de se rappeler à leur bon souvenir.

Elle commença par se rapprocher un mielleux sourire sur ses lèvres, ce qui rappelons-le en période de rarlänen n'annonçait rien de bon, puis après une poignée de secondes d'immobilité, cracha une boulette de feu à leurs pieds.

Complètement épouvantées, elles poussèrent une exclamation de surprise et reculèrent tétanisées alors que l'amie d'Olana continuait à les fixer de plus en plus férocement.

Il fallut l'intervention de Luthïen pour la calmer :

Luthïen : Orlyänne, il serait peut être bon que vous retourniez auprès de vos amis.

Orlyänne : Shark !

Elle cracha à nouveau, ce qui fit s'enflammer l'herbe aux pieds des deux elleths qui partirent en courant. Mic Mac savourait le spectacle depuis un petit monticule de terre et leur fit l'un de ses légendaires doigts d'honneur.

Inutile de préciser qu'il le tendit à la perfection. Un savoir faire hors norme !

Lorsqu'il sortit sa langue et la fit tournoyer dans un mouvement des plus obscènes, l'on venait d'atteindre le summum de la distinction !

Ce à quoi Orlyänne répondit par un sourire ravageur. Chaperon Rose qui n'avait rien perdu de la scène, crut bon d'en ajouter une petite couche à leur encontre, alors qu'elles passaient devant elle :

Chaperon Rose : Je vous laisse le soin d'imaginer, charmantes elleths, ce que cette langue pourrait apporter comme réconfort sur votre joli petit bouton de rose.

Les deux elfines partirent en courant cette fois, souhaitant mettre une distance de sécurité entre ce petit monstre et leurs…boutons de roses ?

Mic Mac et Chaperon Rose s'avancèrent ensemble et se tapèrent dans la main avec une évidente satisfaction :

Mic Mac : Morues !

Chaperon Rose : Allons, allons mon ami, faisons preuve d'un peu de compassion.

Luthïen : Ne devais-tu pas être mises aux fers avec Opéca ?

Chaperon Rose : Figures-toi que grâce à Olana, nous y échappons mon lapinou.

Luthïen : Vous avez énormément de chance. D'ordinaire, le roi n'est pas aussi clément.

Chaperon Rose : Il faut croire qu'Olana à su le convaincre. Quelque chose me dit que cela n'a pas dû être très difficile.

Luthïen : Cesse donc de toujours insinuer des choses graveleuses petite délurée.

Chaperon Rose : Mais dis-moi, il me semble bien pourtant que cela ne te déplais pas d'avoir une petite humaine polissonne.

Luthïen : Ce n'est pas faux. Viens par ici ma pùce.

Chaperon Rose : Puce ! Cela se prononce puce et non puche !

Un sourire torve s'afficha sur ses traits et l'elfe lui prouva par un baiser profond et sensuel, qu'il appréciait le charme coquin de sa petite poupée :

Mic Mac : Alors capitaine, face nord où face sud ?

Opéca : Dégage de là morpion !

Elle ramassa un gros caillou et tenta de le viser…hélas, le petit gredin était si habile qu'un saut réussit à le sauver :

Mic Mac : T'as toujours pas trouvé de mâle ? Tu commence à t'aigrir la belette.

Opéca : J't'ai sonné ?

Matouba, aussi rond qu'une barrique, se dirigeait vers eux en trottinant de cette curieuse façon.

L'animal s'était considérablement engraissé pendant son séjour à la Lothlorien.

C'est que la gourmandise de ce chat, avait été sans limite. Alachnÿ le cherchait partout :

Alachnÿ : Ah te voilà gros tas ? Avec tout le poids que tu as pris, je me demande comment j'ai fait pour te perdre. Je te préviens que je te mets à la diète dès aujourd'hui faignasse !

Pendant que le lutin ricanait en se moquant de cette boule de poil, Matouba fixa le magicien, et postillonna entre ses dents pointus, ce qui en langage félin voulait probablement dire : « j'en ai rien à branler le magico ».

Bien évidemment, ceci était une traduction des plus approximatives mais néanmoins elle se rapprochait belle et bien de la vérité.

Pour toute réponse, Alachnÿ, rompu aux insultes en tout genre, s'approcha et lui balança un bon coup de pied ce qui valut au chat d'avancer dans la bonne direction sans bristol d'invitation.

Mic Mac en profita pour se moquer de l'animal. Alachnÿ opéra un demi-tour et faisant mine de se baisser à terre, se plaça d'un bond derrière le lutin et là aussi sa flexion-extension de la cheville fit merveille

L'on vit le gnome voler dans les airs et devancer le chat ce qui lui aurait valu une médaille aux cent mètres très certainement.

Cette fois, ce fut à Orlyänne et ses amis de rire.

Bon sang, quand il le voulait, Alachnÿ savait faire monter la chantilly sans avoir à la battre très longtemps !

Au loin, Thranduil se sépara de sa dame afin de ne point animer les ragots sur les conseils d'Olana :

Olana : A plus tard Majesté.

Thranduil : Nous aurons à parler ce soir mon ange.

Olana : Je n'ai pas oubliée.

Repositionnant sa capuche sur sa tête, elle se dirigea vers ses compagnons de voyage.

La compagnie de Thorin continuait son périple, toujours aussi déterminée. Gandalf les accompagnait chevauchant tout près du roi nain, lorsqu'un croassement se fit entendre. Dwalin, prêt à lancer sa hache sur tout ce qui pouvait se trouver en travers de son chemin, suivit des yeux le vol de l'oiseau. Lorsqu'il le vit approcher du magicien, sa main se positionna sur sa hache et avant que quiconque n'ait pu l'en empêcher, il la lança directement sur le volatile qui dû faire une embardée pour éviter le tranchant de l'arme :

Gandalf : Dwalin ! Vous avez failli nous priver de l'un de nos plus fidèles messagers !

Tous fixaient le corbeau qui, courroucé ne cessait de croasser à l'encontre du nain. La compagnie de ces étranges humains qui accompagnaient le roi Thranduil était de bien meilleure qualité que celle de ces affreuses petites personnes mal embouchées ! Les plumes en désordre, il se posa en catastrophe sur l'épaule de l'istari. Tout deux s'exprimèrent en elfique ce qui était préférable au vu de ce que Roäc énonça :

Roäc : Sont-ils toujours aussi stupides ?

Gandalf : Veuillez excuser les manières un peu cavalières de Dwalin, il est un peu…sauvage.

Roäc : C'est peu de le dire !

Gandalf : Que souhaitiez-vous m'apprendre ?

Roäc : Le Seigneur Cirdan vient d'arriver à la Lothlorien. Ses pensées sont troublées par un fait d'importance…

Gandalf : Venez Roäc, je vais m'assoir et vous allez me raconter ces faits.

Roäc : Me garantissez-vous ma survie ou dois-je me méfier de ces personnes ?

Gandalf : Ne leur en tenez pas rigueur mon ami, eux aussi sont en marche pour une quête et non des moindres…

Balin, le plus âgé des nains s'approcha de Dwalin :

Balin : Dwalin, quand t'empliras tu enfin de nobles manières ? Roäc est une légende vivante dans le monde elfique !

Dwalin : Il n'intéresse pas le monde des nains. Comment aurais-je pu deviner son importance ?

Balin : Fais-toi oublier et montre-toi discret…pour une fois.

Dwalin venait de sortir de sous son morceau de hache plantée dans son front, une explication des plus saugrenue, ce à quoi le plus âgé des nains était habitué. Bien des années après, cette étrange blessure laissait de bien mystérieuses séquelles sur sa faculté de raisonnement…

Thorin écu-de-chêne, ordonna de dresser le campement pour la fin de la journée. Gloin et Oin furent chargés de s'occuper des chevaux, ce à quoi Gloin répondit par un rictus. Râler faisait partie de son mode de fonctionnement. Il détestait recevoir des ordres, mais il n'avait pas le choix. Bombur, le cuisinier de la Compagnie commençait à dispenser lui aussi ses ordres :

Bombur : Bifur, va me chercher du bois, je vais préparer un petit quelque chose juste histoire de ne pas mourir de faim.

Son cousin lui répondit de façon confuse et dans le langage khuzdûl, qu'il irait dès qu'il en aurait envie. Personne ne le comprit sauf Balin qui traduisit aimablement :

Balin : Ne t'inquiètes pas Bombur, il l'aurait fait avec plaisir, mais vois-tu, il est un peu fatigué..Eh oui, sa vieille blessure ! Kili et Fili vont s'en charger, n'est-ce pas les jeunes ?

Fili : C'est comme si c'était fait. Tu viens Kili ?

Kili : Je suis déjà parti frérot…

D'un pas sautillant, le nain aux traits fins s'échappait en courant encourageant son frère à le suivre. Ces deux là ne manquaient jamais une occasion de s'amuser.

Bilbon, quant à lui, s'asseyait sur une grosse pierre, prenant soin d'ôter de ses larges pieds, une brindille sèche coincée entre ses gros orteils. Il y avait un moment qu'il rêvait d'un bon bain. Jamais le confort de son trou de Hobbit ne lui avait autant manqué !

Et que dire de sa cuisine et de son garde manger toujours plein de victuailles toutes plus alléchantes les unes que les autres…La Comté lui semblait si loin…

Roäc eut fort à raconter en cette fin de journée et l'istari l'écouta religieusement en hochant la tête de temps à autre. Le moment du mur d'eau sur la Mer Occidentale et le fait que pour la toute première fois, l'accès aux Terres Immortelles avait été refusé au plus ancien elfe de cette terre le déconcerta. Que se passait-il ? Le monde devenait-t-il fou ?

Une volute de fumée s'échappa de sa bouche tout autant qu'un hoquet de stupeur :

Gandalf : Tout ceci est fortement suspect Roäc !

Roäc : Qu'en pensez-vous magicien ?

Gandalf : Pas du bien mon ami. Pourquoi les Valar sont-ils contre nous ?

Roäc : Ils ne le sont peut-être pas ? Du moins pas comme nous l'imaginons…et si cela n'était qu'une sorte …d'avertissement ?

Gandalf : Un avertissement ? Je dois revoir mon vieil ami Cirdan. Dès que nous serons aux abords de la forêt de Mirkwood, je rendrais visite à cette noble Dame Galadriel. Sans doute pourrait-elle nous éclairer de ses lumières. D'ici-là, invitez le Seigneur Cirdan à m'attendre.

Roäc : Très bien, je pars sur l'instant.

Gandalf : Attendez, ne souhaitez-vous point vous reposer un peu ?

Roäc : Et bénéficier de la légendaire politesse de vos amis nains ? Non merci, je trouverais bien de quoi sustenter mon appétit d'oiseau sur la route…a bientôt Gandalf.

Sans plus attendre, il s'envola sous le regard curieux de Bilbon :

Bilbon : Gandalf, pourquoi repart-il si tôt ?

Gandalf : Hum, un message urgent à porter…

Bilbon : Oh, je vois…

Non, à bien y penser, il n'était pas certain qu'il faisait preuve de clairvoyance.

Amélie, qui avait bien taquinée la bouteille en l'honneur de l'arrivée d'Orlyänne et de Zorgûnn, somnolait de curieuse façon sur son cheval de labour. Il fallait bien une telle monture pour un être d'exception. Sa tête dodelinait de droite à gauche, sa bouche s'ouvrait en grand…un pur bonheur à contempler…soudain, un ronflement sonore se fit entendre.

Un bien désagréable bruit pour nos amis elfiques aux oreilles si délicates.

N'y tenant plus, Ëlnar, l'intendant en chef, s'approcha de la source :

Ëlnar : Mais enfin, quel est ce bruit si incommodant ?

Opéca : Cà, Ëlnar, c'est notre Amélie qui ronfle.

Ëlnar : Mais…comment fait-t-elle cela ?

Opéca : Il faut un bon gosier bien adapté pour cette fonction, ce qui est le cas de la vieille. Pourquoi, vous ronflez pas vous ?

Abasourdi, l'ellon lui lança un regard suspicieux :

Ëlnar : Non. Excusez-nous !

Jack : Y'a pas d'mal, personne n'est parfait !

Alachnÿ : Voici au moins un avantage dont nous pouvons nous montrer fiers ! Vous n'êtes pas prêt d'entendre ailleurs pareille musique et celle-ci est conduite par un maestro de premier ordre !

Et le magicien se mit à ricaner accompagné de Prince Charmant dont les couinements firent redoubler les rires :

Prince Charmant : Oh, mon ami que vous êtes drôles ! Sans vous dans les parages, nous nous ferions…allez, j'ose…chier !

Jack : Tu vois mon pote quand tu veux…tu deviens acceptable.

Ëlnar : Je ne sais si je dois prendre cela pour de l'ironie ou de la provocation.

Jack : Allez, on n'est pas chiens, un peu des deux mon poulet, comme ça t'en a de reste.

Prince Charmant : Mon poulet…oh, Jack, vous vous dépassez en galéjade ! Vous avez toute mon admiration !

Jack : Et ben, c'est déjà ça !

Ëlnar : Ce n'est pas très gentil…

Opéca : Parlons en de gentillesse ! Et la votre, vous vous asseyez dessus ? Vous croyez qu'on n'a pas remarqué les mauvais regards qu'on nous lance depuis ce matin ?

Décontenancé, Ëlnar dû bien s'avouer qu'elle n'avait pas tout à fait tort. Il était contre ce genre de démonstration hostile et en éprouvait une grande honte :

Ëlnar : Je reconnais, à ma décharge, nos torts. Veuillez excusez les miens, ils ne devraient pas vous traiter ainsi.

Opéca : On vous en veut pas, seulement ce serait bien si on pouvait nous voir autrement que des pignoufs avec des mauvaises idées calées dans l'ciboulot !

L'elfe haussa un sourcil. Il n'était pas tout à fait sûr d'avoir saisi le message dans son intégralité, mais il préféra n'en rien dire :

Ëlnar : Surveillez-là et tâchez de ne pas perdre votre amie en route, vu la cuite qu'elle tient, cela ne serait pas impossible.

Opéca : Promis, on l'aura à l'œil not'vieille.

La seconde partie du voyage fut un peu plus agréable. Une légère brise s'était levée apportant un peu de fraîcheur. La chaleur commençait à devenir incommodante.

Olana, prenant soin de dissimuler son visage sous sa capuche restait en retrait, tout en apercevant au loin Thranduil aux côtés de son fils. Seul sa vue lui importait.

Tauriel avait accepté, à contre cœur, de céder son cheval à la jeune femme sur les injonctions du roi. Sa monture montrait des signes de fatigue et l'on préférait le priver de charges afin de le soulager. Luthïen lui proposa de monter avec lui ce qui, notons-le au passage, fit enrager Chaperon Rose.

Le long convoi progressait à son rythme, chacun tentait d'occuper son temps à discuter ou simplement observer le paysage quand certains tentaient de somnoler comme Alachnÿ et son chat Matouba roulé en boule dans une sacoche de cuir que l'on avait fixé pour lui sur le flanc de la monture du magicien. Ce n'était pas la panacée, mais cela permettait au matou de roupiller en débitant toutes sortes de borborygmes ce qui là encore exaspérait au plus haut point son maitre. Au final, chacun s'endormit au son de ses propres nuisances.

Alors que rien ne laissait présager ce qui devait suivre, le cheval de Tauriel se coinça la patte entre deux racines de végétaux effleurant à peine le sol. Il fit une embardée faisant chuter Olana.

Heureusement, cette dernière n'avait rien, mais l'animal stoppa net sa marche en laissant son sabot en suspens. Immédiatement, l'elfine rousse se précipita vers sa monture qui souffrait horriblement. Hennissant, rien ni personne n'arrivait à le calmer. Olana, confuse, ne cessait de s'excuser, mais l'elleth ne voulait rien entendre et la fusillait du regard.

Ishtâk, vint examiner l'animal, mais il était évident, que chacun savait ce qu'il allait se produire. D'un signe de dénégation, le mage fit comprendre au roi que l'on ne pourrait pas sauver cette bête. Olana s'approcha du mage :

Olana : Mais il doit bien y avoir quelque chose à faire ? Vous êtes magicien, tout comme Gandalf, vous devez pouvoir le sauver !

Ishtâk : Hélas Gente Dame, je n'ai pas les pouvoirs de guérison du Seigneur Elrond !

Olana : Et vous Alachnÿ, ne pouvez-vous rien faire ?

Le magicien, descendu de sa monture, examina à son tour l'animal, sans plus de succès. A son grand désarroi, il fit un signe de la tête :

Alachnÿ : J'ai peut-être tous les défauts de la terre, mais si je pouvais le sauver je l'aurais déjà fait.

La jeune femme se tourna vers Tauriel :

Olana : Je suis désolée...c'est un regrettable accident.

Tauriel ne pouvait apercevoir ses traits, mais elle la détailla des pieds à la tête d'un air glacial, puis elle se détourna vers son cheval. A présent couché, elle lui caressait l'encolure :

Tauriel : Allez-vous en !

Thranduil allait répondre lorsque Légolas leva la main :

Légolas : Laissez ada, je m'en occupe.

Il l'entraina à l'écart sans attendre, tandis que l'elfine rousse, que les bras réconfortant de Légolas, ne suffisaient plus à consoler, laissait éclater sa colère comme un coup de tonnerre :

Tauriel : Cette humaine m'a pris ce que j'avais de plus cher en ce monde.

Légolas : C'était un accident.

Tauriel : Pourquoi continuer à la défendre ? Ne voyez-vous pas clair dans son jeu ? Observez votre père et vous comprendrez de quoi je veux parler. Bientôt, votre mère n'aura plus sa place dans son cœur et il la reniera, alors les Valar se vengeront de cet affront et nous subirons leur courroux !

Légolas : Ne dis pas de choses insensées Tauriel. Mon père ne pourra jamais oublier ma mère !

Tauriel : En es tu aussi certain ? Vois les regards qu'ils se lancent et nous en reparlerons...

Légolas : Arrête !

Tauriel : Je n'agis pas pour ton déplaisir, mais pour te faire ouvrir les yeux.

Légolas : Tu vas trop loin.

Tauriel : Nous verrons bien !

Le roi ordonna de monter le campement un peu plus loin, pendant que l'on s'occupait de faire ce qui devait être fait en pareil cas. Légolas emmena Tauriel en pleurs un peu plus loin.

Olana s'était isolée. Cet événement la bouleversait bien plus que cela n'aurait dû. Malgré ce que tous s'accordaient à penser, dans son esprit elle était la seule coupable.

Silencieuse, elle se mit à marcher sans autre pensée que fixer l'horizon où le soleil commençait sa descente sur ce monde. Il se mourrait en même temps qu'un animal n'ayant certainement pas mérité pareille fin.

En temps ordinaire des pleurs auraient accueillis cette fatalité semblant lui coller à la peau, curieusement tel ne fut pas le cas. Au contraire, un détachement soudain et profond l'avait envahi. Trop d'événements s'étaient produits depuis sa venue en ce monde.

Plus qu'une lassitude, elle finissait par accepter ce destin qui s'acharnait à lui mettre des bâtons dans les roues. C'est avec un calme olympien qu'elle reçut la visite de Tauriel.

Le visage encore ravagé par les larmes, ses traits se contractaient sous l'effet de la colère. Elle n'attendit même pas de se trouver près d'elle pour cracher sa colère :

Tauriel : Votre venue sur ces Terres n'amène que désolation et malheur ! Si vous aviez une once de retenue, vous repartiriez sur le champ !

Olana prit le temps de se lever, avant de lui répondre sur un ton qui se voulait conciliant :

Olana : Penser que je souhaiterais le moindre mal à l'un des vôtres ou ne serait-ce qu'à cet animal est une insulte qui m'atteint personnellement…

Tauriel : Vous desservez Sa Majesté en restant à ses côtés !

Olana : Chercher à me nuire, ne vous fera pas entrer dans les bonnes grâces du roi.

Tauriel : Que voulez-vous dire ?

Olana : Nous nous sommes très bien compris Tauriel.

Tauriel : Oseriez-vous insinuer…

Olana : Je n'insinue rien…je constate c'est tout.

Tauriel : Je n'ai pas à écouter vos réflexions stupides !

Olana : C'est fort dommage, cela aurait pu vous éviter bien des désagréments.

Tauriel : Je vois…vous allez vous empresser d'aller raconter …

Olana : Je ne dirais rien qui puisse vous nuire Tauriel, vous seule vous en chargez déjà de parfaite façon.

Tauriel : Votre suffisance est immonde !

Olana : Me tiendriez-vous le même discours face à votre souverain ?

Tauriel : S'il fallait lui démontrer votre félonie…

Olana : Le souverain se doute-t-il de votre penchant à son égard ?

L'elfine pâlit :

Tauriel : Vous êtes pire que ce que j'imaginais…

Olana : Je comprends que vous puissiez être admirative devant un tel être, mais…

Olana s'approcha dangereusement de l'elfine. Son ton se voulait froid et austère :

Olana : Désormais, il faudra compter avec moi Gente Damoiselle, et ne comptez sur une quelconque largesse de ma part. Vous voici prévenu, à vous de faire bon usage de ces recommandations.

D'un signe de tête, la jeune femme fit comprendre que la conversation était terminée. D'un pas lent elle s'éloigna. Pas un instant elle n'avait éprouvé la moindre peur, pas un instant elle ne s'était sentie en état d'infériorité et il y avait une bonne raison à cela…

L'amour éprouvé pour Thranduil, lui avait insufflé cette force !

Plus que jamais, elle se battrait pour lui. Hier elle n'avait rien, aujourd'hui elle l'avait lui. Cela lui paraissait plus que suffisant et valait bien de dépasser ses appréhensions et lui octroyer le courage nécessaire.

Pour la première fois de son existence, un être comptait dans sa vie…

Pour la toute première fois….

La haine s'intensifia dans le cœur de l'elfine tel un dangereux poison et le seul mot qu'elle se sentit capable de prononcer ne fut pas en faveur de la jeune femme :

Tauriel : Ango ! (Serpent) !

« L'auberge du chien borgne » !

Un nom tout à fait évocateur au vu de l'animal qui trônait sur le bar du patron. La seule évocation de ce nom suffit à faire briller les prunelles du capitaine.

L'animal, lui, avait perdu un œil mais dans la prunelle rescapée rejaillissait l'amour de ses maîtres. Au final, cette bâtisse au toit de chaume avait bien été baptisée. Elle regorgeait des meilleures intentions pour qui savaient mettre la main à sa bourse.

Les filles y offrant leurs charmes venaient de tous horizons et savaient s'adapter à toutes les situations.

Lorsque quelques seigneurs du Rohan s'y laissaient piégés, la folie s'invitait à tous les étages et laissait un goût de miel sur les lèvres des courtisanes…

Ce soir, pensa Luthïen, la folie serait fort probablement encore une fois de la partie au vue des énergumènes qu'il allait emmener sur place. La vue, au loin, de sa petite poupée frétillante amena chez lui une demi-once de regret de la tenir éloignée de ce projet, mais bien vite, les souvenirs de son dernier passage dans l'établissement du village, lui revinrent en mémoire et il se dit qu'au final, c'était sans doute la moins pire des solutions que d'omettre certaines vérités.

Après tout, elles n'étaient pas toutes bonnes à dire…non ?

Lourd était le ciel. Sombre les présages à venir. A l'intérieur de la forteresse de Dol Guldur, seul le Mal avait droit de cité. Il fallait qu'il soit le plus retord possible, il fallait qu'il étende très bientôt la noirceur en ce monde et ni les Hommes, ni les Elfes, ni les nains n'y pourraient rien.

Sauron le savait depuis très longtemps, lui qui attendait, tapi dans l'ombre, le moment d'une hypothétique résurrection. C'était un mot dont Asmodée ne lassait jamais !

Emprunté à son ennemi de toujours, il se délectait d'en user et d'en abuser avec la plus pernicieuse jouissance. Un mot qui se voulait provocateur, percutant et annonciateur de ce que sa farouche volonté d'atteindre le Saint encourageait.

Grâce à son savoir, combiné à celui de Sauron dont l'enseignement auprès de Son Maître Morgoth avait été fort appréciable, l'idée de créer un nouveau monstre prêt à semer la mort, la désolation et la peur sur ces terres, prenait forme.

Sous ses yeux rouges luisants où brillait la force du Mal, l'on serait bientôt en mesure de donner vie à cet être maléfique.

Un dragon prenait forme dans les entrailles de Dol Guldur. Une magnifique façon de contrer le Monde Elfique et leur pureté originelle…

Pour cela, il avait fallu remonter dans le temps, s'emplir de ce passé révolu dont Sauron lui-même éprouvait la plus grande rancœur. Ces maudits elfes avaient jugé, blessé et banni Son Grand Maître Morgoth, il était temps pour lui de prendre la relève et de prouver à ces êtres se pensant supérieurs à tout autre qu'il fallait compter sur lui désormais.

Il ferait Acte de présence et pas avec les meilleures intentions. Comme Morgoth avait privé le Monde de lumière en brisant les Deux Lampes, il priverait à nouveau cette Terre de tout ce que les elfes chérissaient et pour cela la venue de cette aide providentielle en la personne de cet étrange personnage aux ailes sombres l'y aiderait.

L'origine des dragons revenait encore et toujours à Morgoth. Le plus grand des Vala, était une source créative à lui tout seul. Fort de son projet de régner en maître absolu, ses idées n'étaient pas restées lettres mortes.

Le père des dragons se nommait Glaurung. Grandissant très lentement dans les profondeurs d'Angband, il fit des dégâts considérables lors de ses nombreuses sorties sur les terres que voulaient contrôler Son Créateur, cependant, il fut tué par Tùrin lors de la Bataille de Dagor Bragollach.

Ce dragon ne possédait pas d'ailes, mais des pouvoirs redoutables. L'idée germa alors dans l'esprit retord de Sauron d'en créer un autre avec toutes les caractéristiques de ce monstre avec pour suprématie la propriété de voler. Etendre son pouvoir sur un territoire plus vaste était une éventualité alléchante.

Malgré toute sa bonne ou mauvaise volonté selon de quel côté de la barrière l'on se plaçait, sa détermination n'était jamais récompensé telle qu'elle aurait dû l'être à son goût.

Il était bien difficile de créer pareil créature, il le savait…sauf que…

Un allié inattendu venait lui offrir le complément de savoir lui faisant défaut. Ainsi, tout en pratiquant son Art qui consistait à diffuser son savoir maléfique à qui pourrait lui être utile, Asmodée lui avait démontré qu'il était toujours possible de contrer son ennemi avec sa seule volonté et aussi un peu d'aide il fallait bien le reconnaitre.

C'est ainsi que les deux entités maléfiques se lièrent, s'apprécièrent, et se narrèrent leur savoir….

Asmodée apprit qu'il existait l'un des derniers dragons vivant en ce monde, qu'il se nommait Smaug et qu'il couvait farouchement un tas d'or sous la montagne Erebor près de la ville d'Esgaroth.

Tentant, mais pas suffisant selon le démon. Ce dragon, quoique puissant avait un défaut d'importance…son amour de la richesse, de l'or et du plaisir de sa contemplation.

Germa en lui l'idée d'en créer un autre…

Il existait deux autres Dragons de légende, Scatha, un ver gigantesque qui avait mené la vie dure aux nains des Montagnes grises et qui en deux mille T.A. par le dénommé Fram un homme appartenant aux ancêtres des Rohirrim.

Vint alors le dragon Ancalagon, le premier pourvu d'ailes, dont la noirceur le rendait effrayant. Père des dragons volants, il était le plus grand et le plus redouté des monstres crée par le Maître.

Lui aussi connu un destin tragique au vu de Sauron. Durant la Guerre de la Grande Colère où les elfes, encore ces maudites créatures, s'étaient alliés aux hommes pour combattre le Mal, Ancalagon avait été tué dans le ciel par Eärendil. Sa chute détruisit le Thangorodrim, les trois volcans noirs de la forteresse d'Angband.

Après cela, les derniers dragons et balrogs furent dispersés, pourchassés, tués…

Asmodée fut séduit par le dragon Ancalagon. Sa noirceur, sa grandeur…

Vint alors en lui l'idée de création…

Créer un monstre aussi cruel que ce dragon noir, à la représentation effrayante, il fallait que sa seule évocation fasse frémir les peuples vivant encore, pour peu de temps, sur ces terres.

Dans les forges souterraines prit forme plusieurs ébauches de dragons ne donnant satisfaction ni à Sauron, ni à Asmodée, jusqu'à ces temps derniers où la réussite était aux portes du domaine maudit.

Encore quelques légères modifications, deux ou trois arrangements, et le monstre prendrait bientôt vie. Une lueur mauvaise anima le regard pourpre d'Asmodée, il se sentit soudain apte à fêter pareille nouvelle et reprenant la forme d'un elfe magnifique, il s'en fut auprès de cette Princesse au doux prénom de Nessälda.

La posséder était une source de satisfaction sans limite pour ce démon de la luxure. Il aimait l'entendre gémir avant de s'abandonner sous les cris que provoquait ce mélange de plaisir et de souffrance que lui seul savait distiller selon sa propre volonté.

Une petite satisfaction bien méritée avant que n'éclate le chaos infernal….

Aux abords du royaume de la Lothlorien…

Fimbron, l'Ent millénaire, possédait un atout incroyable. Sa possibilité d'occulter le sens essentiel d'un elfe « l'odorat » !

Son écorce dégageait une forte odeur d'humus camouflant toute présence indésirable sur ses branches ? Rares étaient les oiseaux se faisant attaquer lorsqu'ils prenaient un peu de repos sur les branches des Ents. Ils bénéficiaient automatiquement d'une protection favorable. Dans certains endroits de la Terre du Milieu cela devenait essentiel pour leur survie.

Voici pourquoi, de nombreux volatiles y trouvaient refuge et ces arbres étaient souvent qualifiés de « Géant chantant », à cause des piaillements et autres sifflements que les oiseaux dans leur extrême bonté voulaient bien offrir au bon plaisir de ces végétaux. Commençait alors, une véritable symphonie entre les animaux et ces créatures doués pour la musique.

Voici d'où leur venait cet amour pour le chant.

Il existait tout de même, en ce monde, un être pour qui ce « don » ne paraissait pas être une chance et pour cause…Edarion n'en pouvait plus de tous ces chants…

Lui, ne rêvait que de silence…

L'arrivée de Roäc apporta, enfin, un petit espoir de sérénité :

Edarion : Chut ! Chut ! Il me faut entendre ce que cet important messager a à me dire…

Aussitôt les chants cessèrent, autant du côté des oiseaux que du vieil Ent et aussitôt un sourire éclaira les traits du vieil homme :

Edarion : Roäc, je vous béni !

Le corbeau pencha la tête de côté cherchant à deviner le sens caché de ces paroles :

Edarion : Ne faites pas attention. Alors, qu'avez-vous à m'apprendre ?

Roäc : Gabriel, votre ami, vous fait dire qu'il vous faut quitter la Lothlorien dès aujourd'hui. Vous devez vous rendre dans la forêt de Mirkwood.

Edarion : Encore une forêt ? Fichtre ! Ne pourrait-on m'envoyer vers quelques paysages désertiques…sans arbres, ni…oiseaux !

Roäc : Pardon ?

Edarion : Non, non, ce n'est rien, ne faites pas attention.

Soudain, le vieil homme frappa l'écorce de l'Ent de sa canne :

Edarion : Eh, Fimbron, nous devons nous rendre dans une autre forêt…Mirkwood, alors en marche et…dites, s'il vous plaît, serait-il possible d'avoir un peu de silence afin que je puisse dormir un peu ?

Fimbron : Vooouus avvveeezz cchhommeiilll ?

Edarion : Oui, je n'ai pas très bien dormi ces dernières heures, il faut dire, que c'est particulièrement bruyant par ici….

Fimbron : Occhhhh ! Cche voiiis. Les ammiichhh, chhileennce pour moon amiiii !

D'un élan incroyable, l'Ent se déracina, le mouvement fit fuir tous les oiseaux, Roäc s'envola vers la Lothlorien et Edarion, enchanté d'avoir un peu de paix, s'endormit bercé par les pas du géant vert….